- il y a 3 mois
Ce mercredi 22 octobre, les différentes raisons qui favorisent la hausse de la bourse, notamment l'impact de l'IA sur le CAC40 et Wall Street ont été abordés par Ludovic Desautez, directeur délégué de la rédaction de La Tribune, Rafik Smati, fondateur de Louxor.ai et président du groupe Aventers, et Isabelle Bordry, fondatrice de Retency, dans l'émission Les Experts, présentée par Raphaël Legendre sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00Il est 10h30, bienvenue pour la seconde partie des Experts, avec toujours autour de la table Ludovic de Sauté, Isabelle Bordry, Rafi Kismati.
00:08On va parler marché avec deux records simultanés hier, Wall Street et le CAC 40 au plus haut.
00:17Alors Wall Street, on sait, c'est principalement l'IA et on va y revenir très largement dans cette seconde partie.
00:22Le CAC 40, Ludovic, moi je suis quand même un peu surpris qu'on batte des records en France quand on voit l'état général du pays.
00:30On a une France dégradée et des marchés au sommet.
00:33Il y a déjà fait le cornu, ni abrogation, ni suspension.
00:38Non, plus sérieusement, alors déjà, oui, c'est un record pour le CAC 40, mais attention parce que c'est un record qu'il faut mettre éclairé par rapport à d'autres records qui sont battus en Europe.
00:48Parce que le CAC augmente environ 12% depuis le début de l'année.
00:51On est en retard par rapport aux autres places.
00:53Là où l'Allemagne c'est à 22%, là où l'Espagne c'est à 39%.
00:56Donc oui, il y a en ce moment un appel d'air européen, c'est pas la France qui superforme là-dedans.
01:01Première chose, donc ne mettons pas numéro 1 sur le podium parce que la France est plutôt en retard par rapport aux autres places européennes dans ce mouvement aussi.
01:10Après, je veux dire, quelque part, merci Donald Trump, c'est-à-dire que l'instabilité qu'a créée Donald Trump sur les droits de douane,
01:16sur différents dossiers, mais énormément sur les droits de douane, a créé un refléchage qu'on a vu se dessiner avant l'été,
01:23on va dire, on a vu des investissements traverser l'Atlantique gentiment dérivés avec le Gulf Stream pour arriver jusqu'aux places européennes.
01:29Pourquoi ? Parce que les actions européennes, elles sont aujourd'hui largement sous-côtées.
01:33Il y a des bonnes affaires à faire, c'est ça que vous nous expliquez, Ludovic.
01:36Oui, très clairement, il y a des bonnes affaires, il y a une partie de cet investissement qui va sur la place européenne.
01:40Maintenant, attention, c'est pas une manne éternelle.
01:43Pour l'instant, il y a une mécanique d'opportunité, il y a un appel d'air,
01:47les marchés européens ont été jugés un peu plus rassurants pour rééquilibrer des portefeuilles,
01:51mais ça sera pas éternel, sauf qu'on n'est jamais à l'abri avec Donald Trump,
01:54qu'il y ait des rebonds en plus par ailleurs dans les mois qui viennent.
01:57Oui, effectivement, mais ça veut dire que nos entreprises partent un peu plus à l'étranger aussi,
02:00si on se fait racheter en ce moment, Isabelle Banderie.
02:03Oui, et puis je crois qu'il y a aussi un effet valorisation des valeurs aux US
02:07qui est devenu tellement gigantesque, justement poussé par l'IA.
02:11Aujourd'hui, investir aux US coûte extrêmement cher pour un petit porteur,
02:16et donc effectivement, se réintéresser à des sociétés plus traditionnelles
02:20qui intègrent d'ailleurs l'innovation, c'est ce qu'on voit avec Essilor,
02:24où effectivement, ces lunettes avec Meta ont clairement généré,
02:29mais non seulement une innovation, mais des augmentations de marge.
02:32Et puis, une agilité, même des plus grandes vieilles dames comme LVMH,
02:38c'est-à-dire qui était en début d'année,
02:43et qui là, tout d'un coup, annonce des marges tout à fait à la hauteur,
02:46avec plusieurs choses, je pense.
02:48C'est que ce que vous évoquiez avec les tarifs,
02:51les tensions géopolitiques entre la Chine et les États-Unis,
02:54on est dans un moment, on ne sait pas combien de temps,
02:56il va durer, qu'ils s'apaisent, et donc les Chinois et les Asiatiques
03:00rachètent et reprennent les achats auprès des marques européennes,
03:04donc ça, c'est une première chose.
03:06Et puis, effectivement, on s'aperçoit qu'en termes géopolitiques,
03:10c'est un effet Trump aussi, même si on va voir combien de temps tout ça dure.
03:16Au Moyen-Orient, ça se calme un petit peu, on va voir pour combien de temps.
03:21Et puis, en Ukraine, il y a, en tous les cas, de la part de Trump,
03:26une prise en compte du sujet ukrainien,
03:29qui n'est pas uniquement Poutine,
03:32mais qui commence à être beaucoup plus balancée,
03:35et qui met en avant, beaucoup plus, en tous les cas,
03:37l'Ukraine et les nécessités de l'Ukraine.
03:39Il y a donc une fenêtre de marché.
03:41Il y a une fenêtre de marché géopolitique et économique,
03:44qui font qu'aujourd'hui, même si la politique n'est pas à la hauteur,
03:48il y a quand même un décalage avec ce qu'on entend dans le paysage politique
03:53qui est absolument incroyable.
03:55Aux Etats-Unis, c'est clairement l'intelligence artificielle
03:57qui tire les marchés, Rafik Smati.
03:58Pas que l'intelligence artificielle.
04:01Il y a aujourd'hui quelque chose d'absolument passionnant,
04:03c'est qu'on est en train de vivre la plus grande révolution
04:07de toute l'histoire de l'humanité, pour plein de raisons.
04:08Ça passe par l'IA, ça passe par la biogénération,
04:11ça passe par le fait que quelque chose dont vous allez entendre parler
04:14dans les prochains mois, c'est la révolution qui va nous permettre
04:16de passer du bite à l'atome.
04:18C'est-à-dire que comment les intelligences artificielles
04:20vont pouvoir interagir sur des molécules
04:22et nous permettre de créer des nouveaux traitements
04:23avec, à la clé, une révolution majeure dans le domaine biomédical
04:27qui peut repousser de manière drastique l'âge de la vie.
04:30On est en train de parler de cette civilisation-là.
04:33Alors, il y a en ce moment...
04:33Dans les prochains mois, vous nous dites.
04:35Dans les prochains mois, c'est en ce moment que ça se passe.
04:36Dans le domaine de la fusion nucléaire.
04:38Là aussi, le mix entre la fusion nucléaire
04:42et l'intelligence artificielle nous permet d'atteindre des plasmas
04:45à des vitesses que l'on ne pouvait pas imaginer.
04:47Bref, tout ça est en train de changer la planète
04:49et est en train de changer l'humanité.
04:50Alors, il y a des soubresauts.
04:51Nous, en France, vous allumez une chaîne d'info,
04:54on est dans la crise politique.
04:56Il y a évidemment les crises géopolitiques,
04:58l'Ukraine, le Moyen-Orient,
04:59qui font passer un bruit de fond assez anxiogène,
05:03qui monte selon...
05:04Mais en réalité, la réalité, le monde, aujourd'hui,
05:08est en train de se métamorphoser.
05:09Et c'est ce que traduisent les marchés.
05:11Je prends le pari avec vous que si, aujourd'hui,
05:12on avait une baguette magique,
05:13qu'on arrêtait le conflit en Ukraine, au Moyen-Orient,
05:16et qu'on avait un gouvernement digne de ce nom en France,
05:19mais je prends le pari avec vous
05:20que nous vivrions une période de très grande euphorie
05:23et de prospérité, de nouvelles trente glorieuses.
05:25Parce qu'aujourd'hui, tout se prête à ça.
05:27C'est-à-dire qu'on se dit,
05:28aujourd'hui, le moral des ménages est au plus bas.
05:30On pourrait se dire, oui, mais parce que notre société,
05:33notre civilisation est arrivée à bout de course.
05:35Et il y a eu des moments dans l'histoire de France
05:37où on arrivait à des moments où on ne savait plus quoi faire.
05:40Et c'est pour ça qu'on a fait des guerres,
05:41c'est pour ça qu'on a fait des révolutions.
05:43Aujourd'hui, on sait quoi faire.
05:44On a un monde à inventer.
05:45Et notre jeunesse, aujourd'hui, ne demande que ça.
05:47Cette partie prenante de la fondation de ce monde qui vient.
05:50Donc moi, je suis, malgré toute la mascarade
05:53et la médiocrité ambiante du débat public,
05:55je suis convaincu que nous avons de grandes choses à faire.
05:58À condition que nous soyons, collectivement,
06:01en tant que Français et en tant qu'Européens,
06:04animés par un état d'esprit entrepreneurial.
06:06Quand je vois, et ce sera ma conclusion,
06:08que l'acte fondateur de l'Union Européenne
06:11en matière d'intelligence artificielle,
06:12c'est un acte de régulation.
06:14C'est-à-dire que le fameux AI Act,
06:17c'est-à-dire qu'on a voulu réguler avant de créer de la richesse.
06:19Je me dis qu'il y a une véritable révolution copernicienne
06:22à laquelle nous devons procéder
06:23si nous voulons faire partie des maîtres du monde.
06:25Sur l'évolution du monde,
06:28un article passionnant du New York Times
06:29que je vous conseille aujourd'hui sur Amazon.
06:32Ils ont eu accès à des documents internes d'Amazon
06:34qui va...
06:36Alors, il ne va pas supprimer,
06:37mais il ne va pas embaucher 600 000 personnes
06:40dans les dix prochaines années pour doubler la production
06:41parce que ce sont des robots
06:43qui vont remplacer ces 600 000 personnes.
06:46Amazon, aujourd'hui, Isabelle Bordry,
06:47c'est un million de robots,
06:491,2 million de salariés.
06:51Et la proportion va s'inverser.
06:52Les robots vont prendre le pouvoir,
06:56on n'en est pas encore à là,
06:57mais être plus importants.
06:58Et ça, en Europe, on en est encore très, très loin.
07:00Mais je ne suis pas de celles qui pensent
07:02que l'IA va tuer l'emploi.
07:05L'IA va transformer l'emploi.
07:08Et on parlait tout à l'heure du niveau des diplômes
07:10et des talents.
07:11Aujourd'hui, quand vous regardez sur le marché du retail
07:13aux États-Unis,
07:14donc de la grande distribution,
07:15le niveau moyen des études
07:17a augmenté dans les embauches.
07:19C'est-à-dire que sous pression,
07:21notamment d'Amazon,
07:22lorsque vous travaillez maintenant
07:23dans l'univers de la grande distribution,
07:26vous avez en moyenne un diplôme plus élevé
07:28que ce que vous aviez il y a 30 ans.
07:30Donc en réalité,
07:31il ne va pas y avoir une perte des emplois,
07:33il va y avoir une transformation des emplois.
07:36Et ce qu'évoquait effectivement Rafi,
07:38qui est absolument passionnant,
07:39parce que lorsque l'on parle effectivement
07:41des travaux de l'IA sur l'atome,
07:43ce que tu évoquais tout à l'heure,
07:46ça veut dire la fusion.
07:47Et la fusion, si un jour on l'a,
07:49c'est l'énergie éternelle.
07:50Donc il n'y a plus de problème de climat,
07:53il n'y a plus de problème
07:54de contingence énergétique.
07:57Et donc ça veut dire que la vie totale
07:59est transformée.
08:00Donc non seulement on s'augmente
08:02en termes médicaux,
08:04mais en plus on a accès à une énergie
08:06qui va devenir une énergie quasi éternelle.
08:09Illimitée et gratuite.
08:10Illimitée et gratuite.
08:11Et donc il y a un enjeu aujourd'hui
08:13que l'on sent, une espèce d'enjeu géopolitique
08:16entre la Chine et les Etats-Unis,
08:19sur qui aujourd'hui a les meilleurs talents
08:22et crée le contexte économique
08:25qui sera le plus favorable
08:27pour obtenir ces grandes transformations.
08:31Et l'enjeu sur Taïwan...
08:32C'est hyper anxiogène ce que vous nous dites là Isabelle,
08:34parce que je peux vous dire qu'en Europe,
08:35on en est encore très très loin, non ?
08:37Je ne pense pas, parce que regardez,
08:38on a des prix Nobel.
08:39L'école normale supérieure
08:41est l'école sur les 20, 30, 40 dernières années
08:45qui a promu ou formé le plus grand nombre de prix Nobel
08:49et notamment mathématiques avec les médailles Fields.
08:52Donc non, en fait...
08:53Est-ce qu'on est une force d'attraction encore
08:55pour les talents, qu'ils soient asiatiques ou américains ?
08:58Alors, je ne sais pas si on est une force d'attraction.
09:00Il faudrait déjà qu'on arrive à retenir nos talents,
09:03ce qu'on évoquait tout à l'heure,
09:04et donc faire en sorte que ce pays qui aujourd'hui vieillit
09:08porte un regard positif sur la jeunesse
09:11et entraîne la jeunesse vers le haut.
09:13Ce qui veut dire investir dans l'éducation,
09:16mieux payer nos professeurs,
09:18et faire en sorte que l'univers fiscal de ces jeunes
09:21qui veulent se lancer beaucoup dans l'entreprenariat
09:24soient facilités et leur permettent effectivement
09:28de générer de la croissance.
09:29– Oui, Ludovic, on voit que ce n'est pas tout à fait
09:31ce qui se présage, en tout cas, pour le budget 2026.
09:33– Je voulais que je fasse le rabat-joie.
09:34Non, mais ce que dit Raphique est important,
09:37et d'ailleurs, finalement, on témoigne dans les chiffres,
09:38c'est-à-dire que c'est une espèce de miracle
09:40dans lequel on est, malgré tout ce qu'on commente,
09:42les situations politiques, le budget, tout ça,
09:44toujours un peu de croissance.
09:45Donc ça prouve que s'il n'y avait pas tout ça,
09:47il y aurait vraiment de la croissance.
09:48– Ça sera même un peu meilleur en 2025,
09:50comme nous dit la Banque de France.
09:51– Après, là où je vais peut-être faire l'avocat du diable,
09:55mais peu importe, c'est-à-dire que je pense
09:57que ce qu'on est en train de vivre fait partie d'un tout,
09:59c'est-à-dire qu'on est dans des périodes de rupture,
10:01et une période de rupture, ça ne crée pas que du positif.
10:03C'est évident aussi.
10:05Même une période où il va y avoir des ruptures technologiques
10:08va créer des à-coups, des à-coups dans l'économie,
10:10et ça fait partie d'un rupture, très clairement.
10:13Le risque, puisqu'on parlait des marchés,
10:15on parlait du CAC, on parlait de Wall Street,
10:18le risque, on le connaît tous, Isabelle l'a vécu,
10:20c'est le syndrome de la bulle internet du début des années 2000.
10:24C'est-à-dire que, par contre, là, il y a un peu une alerte
10:27sur certaines valos, on va dire.
10:28– Est-ce qu'on peut comparer ce qui se passe aujourd'hui
10:30sur l'intelligence artificielle, les Magnificent Seven à Wall Street,
10:33et la bulle des nouvelles technologies de l'information
10:36et de la communication au début des années 2000 ?
10:37– En tout cas, il y a un lien d'investissement,
10:40avec notamment des gros investissements.
10:42Je crois qu'on est sur un régime,
10:44rien qu'aux États-Unis, 350 milliards.
10:45– 350 milliards pour les…
10:47– Investissements pour les centres de données et tout ça.
10:48– Absolument. – Ce n'est pas juste, j'allais dire,
10:51des logiciels.
10:52On est aussi sur des infrastructures très énergivores
10:55qui demandent des capacités et des microprocesseurs,
10:58ainsi de suite.
10:59Mais au-delà de ça, le risque qu'on peut poindre aujourd'hui,
11:05c'est que, par l'instant, l'IA,
11:06on est à la période de l'investissement
11:07et on attend la période du retour sur l'investissement.
11:10Moi, ce qui m'a marqué, pour la petite anecdote,
11:12la semaine dernière, on avait une journaliste
11:13qui était en Californie sur un événement
11:15sur l'intelligence artificielle.
11:17où il y avait plein, plein de stands et tout ça.
11:19Et la réalité, c'est que quand on disait
11:20« Au fait, qu'est-ce que vous faites exactement ? »
11:22Dans 90% des cas, c'était un chatbot.
11:24– Eh oui.
11:25– Et avec un service client.
11:26Donc, il y a encore quand même, aujourd'hui,
11:29un décalage entre ce qu'on raconte sur l'IA
11:31et la réalité des choses dans l'économie.
11:35Et il y a un effet de mode sur l'IA
11:37qui est très réel.
11:38Ça va toucher l'école blanc,
11:39ça va toucher l'école bleue
11:40et ça va être une mutation.
11:41En termes d'accord avec Isabelle,
11:42ça ne va pas enlever de l'emploi,
11:45ça va créer des vases communicants
11:47en termes d'emploi.
11:48Mais cette période-là, aujourd'hui,
11:50on attend vraiment la période
11:51sur le retour sur l'investissement,
11:52qui n'est pas très claire.
11:52– En même temps, la différence
11:53entre la bulle des années 2000
11:55et aujourd'hui,
11:56c'est que tous ces chatbots,
11:58ils ont un débouché industriel,
11:59si je puis dire.
12:00Il y a un marché
12:01et il y a une demande.
12:02Alors que les produits
12:03qui émergeaient au début des années 2000
12:04étaient arrivés un peu trop tôt,
12:05finalement,
12:06puisque tout le monde
12:07n'avait pas encore Internet.
12:09Donc, bulle ou pas bulle ?
12:10Isabelle Bordry.
12:11– Le sujet, effectivement,
12:12de la bulle Internet des années 2000,
12:14c'était qu'il y avait un décrochage
12:15entre l'audience espérée
12:17et la transformation espérée
12:19dans un délai très bref
12:21et la réalité des marchés.
12:23Ça, c'était effectivement,
12:24c'est ce qui a déclenché la bulle
12:25dans les années 2000.
12:28Aujourd'hui, on vit un peu ça
12:29avec Nvidia, les microprocesseurs,
12:33mais ce qui est plus dangereux
12:34qu'il y a 25 ans,
12:37c'est qu'aujourd'hui,
12:37on est sur un oligopole
12:39extrêmement riche
12:40et extrêmement puissant.
12:42Et quand on voit
12:42ce qui s'est passé ce week-end
12:44avec la chute de AWS
12:46qui a mis à mal
12:47une très grosse partie
12:49de l'économie…
12:49– Le cloud d'Amazon
12:51qui a empêché
12:52beaucoup de services.
12:52– Il y a dépendance au cloud
12:53depuis maintenant 5 ou 6 ans
12:55et le cloud,
12:55c'est 3 sociétés.
12:57C'est Google,
12:58AWS
12:59et Microsoft.
13:00Et donc, effectivement,
13:01on est,
13:02à la différence d'il y a 25 ans,
13:04dans une sorte de dépendance
13:06sur 3 ou 4 sociétés
13:08qui est extrêmement forte
13:09dans l'économie.
13:10Et puis, pour effectivement
13:11rebondir sur ce que vous disiez
13:13sur les chatbots
13:14relationnels à la satisfaction client,
13:15il y a encore effectivement
13:16une difficulté aujourd'hui
13:17des grandes entreprises,
13:19les entreprises industrielles,
13:20les entreprises de service,
13:21on va dire,
13:22plus traditionnelles,
13:22d'intégrer ces nouveaux supports.
13:25Pourquoi ?
13:26Parce qu'ils sont assez chers.
13:28Et en fait,
13:28trouver une rentabilité
13:29à ces nouveaux produits
13:31est encore assez compliqué.
13:33Pourquoi ?
13:34De nouveau,
13:34parce qu'ils sont détenus
13:35par 3 ou 4 sociétés
13:36et qu'il n'y a donc pas
13:37véritablement une concurrence
13:39sur le prix.
13:40– Donc là,
13:40c'est un sujet de droit
13:41de la concurrence.
13:42– C'est un sujet
13:42de droit de la concurrence.
13:43Et c'est pour ça que l'Europe
13:44a raison de continuer.
13:47Et à la différence
13:47de ce que disait Rafik,
13:48je pense que l'IA Act
13:50est absolument fondamental.
13:51– Pourquoi ?
13:52– Parce qu'on peut innover
13:53dans un cadre
13:55qui doit être respectueux
13:57des valeurs européennes.
13:58– Oui.
13:59– Et c'est absolument important
14:00de le faire dès le départ
14:02puisque si vous laissez faire,
14:04c'est très compliqué
14:05de revenir en arrière.
14:06– Et c'est ce qui se passe
14:07aux États-Unis ou en Chine ?
14:09– Aujourd'hui, en Chine,
14:10vous avez le scoring social.
14:12Aux États-Unis,
14:13vous êtes tracé en permanence.
14:15Alors, il y a 4 ou 5 ans,
14:17on disait que je préférais
14:18être tracé par une société américaine
14:20qu'une société chinoise.
14:22Aujourd'hui, je ne suis plus sûre
14:23de rien et je suis très contente
14:25d'être européenne.
14:26Donc, toutes ces règles
14:27et d'ailleurs qui sont demandées
14:28à corps et à cri
14:29par des prix Nobel,
14:31par des salariés des sociétés
14:33qui, en fait, aujourd'hui,
14:35produisent de l'IA,
14:36il n'est pas question
14:37d'une régulation
14:38qui s'immisce
14:39dans l'exécution
14:41de l'innovation.
14:41Il est question
14:43d'un cadrage
14:44de principes,
14:45ce qu'a fait le RGPD
14:46et ce que fait l'IA Act,
14:49c'est des principes
14:50de vivre ensemble
14:51en société
14:51et c'est extrêmement important
14:53pour éviter
14:54tout débardement.
14:55La force de l'IA
14:56est telle
14:57qu'il faut avoir
14:59absolument des lignes rouges.
15:00– La force de l'IA
15:01est telle
15:01que certains demandent,
15:02même,
15:02il y a un appel
15:03qui vient d'être passé là,
15:05d'énormément
15:06de personnalité
15:07pour stopper
15:09la recherche
15:10sur la super
15:11intelligence artificielle.
15:12– L'étape d'au-dessus.
15:13– Ludovic.
15:14– C'est l'étape suivante.
15:15J'abonde,
15:16alors Rafi,
15:17mais Rafi réagira,
15:18etc.
15:18J'abonde vraiment
15:19sur les propos d'Isabelle
15:22parce que,
15:24j'allais dire,
15:25il y a deux exemples
15:26assez patants.
15:27C'est-à-dire qu'on ait mis
15:2725 ans
15:29pour arriver
15:29à commencer à réfléchir
15:31comment les mineurs
15:32on peut limiter
15:34auprès des mineurs
15:34l'accès à des sites pornos.
15:36Ça montre,
15:37en fait,
15:38que si on ne prend pas
15:39le problème à la racine,
15:40c'est très compliqué
15:41de rattraper derrière.
15:42Et même quand on tente
15:43de rattraper,
15:43c'est compliqué.
15:44Je ne vais pas aller
15:45de TikTok,
15:45mais TikTok,
15:46il y a eu un rapport
15:47parlementaire
15:47qui est une catastrophe
15:48quand même sanitaire.
15:49On n'a pas peur des mots
15:50pour une jeunesse
15:52et tout ça.
15:52C'est très compliqué
15:53de poser un rapport
15:56et quelque chose
15:56alors qu'on est déjà
15:57dans des usages
15:58qui sont complètement installés.
15:59– Oui,
15:59quand le tsunami est là,
16:00c'est compliqué
16:00de construire la digue.
16:01– Alors,
16:02il faut faire comme Trump,
16:03c'est le racheter.
16:04– Oui,
16:04voilà,
16:05exactement.
16:05Mais donc,
16:06il y a 100 années après,
16:08je ne voudrais pas
16:09non plus diaboliser
16:10l'intelligence artificielle.
16:11L'intelligence artificielle
16:12va sûrement poser
16:13des questions,
16:14des questions très aiguës
16:16dans certains domaines
16:17sur lesquels,
16:18aujourd'hui,
16:19finalement,
16:21dans le militaire,
16:22dans le scientifique
16:23et tout ça.
16:24Après,
16:24là,
16:24on est en train
16:25de parler de l'IA,
16:25j'allais dire de métier,
16:26c'est-à-dire l'IA
16:27qui va se déployer
16:28dans les entreprises,
16:29sur lesquels,
16:30là,
16:30l'enjeu va être
16:32l'intégration au sein
16:33des équipes,
16:34au sein des ressources humaines
16:35et d'aller perturber
16:37peut-être une population
16:38qui n'était pas habituée
16:39à être perturbée.
16:40Donc,
16:40c'est aussi des métiers
16:41qu'on va qualifier
16:42à plus,
16:43à valeur ajoutée,
16:44à valeur cognitive,
16:45c'est-à-dire des métiers
16:46qui se croyaient protégés
16:47en des ententes.
16:47– Qui est de col blanc.
16:48– Voilà,
16:48tant que c'est des robots,
16:49tant que c'est des automatismes,
16:51je ne vais pas être concerné.
16:52Maintenant,
16:53on peut aller vers
16:53un monde merveilleux,
16:54un monde augmenté,
16:55parce que finalement,
16:56honnêtement,
16:57lire un rapport annuel
16:58d'une entreprise
16:59du CAC 40,
17:00il y a un plus sympa
17:01comme journée,
17:02il y a une intelligence
17:03artificielle
17:04qui arrive à faire
17:04un compte-rendu
17:05avec du sens
17:06et que ça nous permet
17:07pendant ce temps-là
17:07de faire une belle émission,
17:09tant mieux.
17:09Non, mais honnêtement,
17:10vous ne savez pas
17:11comment tout ça
17:12va être géré.
17:13La grosse, grosse alerte,
17:14c'est vraiment
17:14le retour sur l'investissement
17:15parce que très clairement,
17:17moi, je sens
17:18une fragilité là-dessus
17:19et j'entends
17:21que sur l'usage,
17:22il y a un développement
17:22massif,
17:23contrairement à ce
17:23qu'on avait connu
17:24le décalage
17:24début des années 2000,
17:26mais vu les niveaux
17:27de valo qu'on a,
17:28honnêtement,
17:29comme Nvidia et d'autres,
17:31attention,
17:31parce qu'aujourd'hui,
17:33chaque semaine,
17:34on observe
17:34les petites flamèches
17:35en disant
17:36est-ce que c'est
17:36la flamèche qui ?
17:37Honnêtement,
17:38on voit bien
17:38cet exercice
17:39sur les marchés
17:40en ce moment.
17:41C'est vraiment
17:41cette vigilance
17:42en disant
17:43est-ce que ça va être
17:44le point de déstabilisation ?
17:45Alors, Fix Maty,
17:46il y avait,
17:47je me souviens
17:48d'un slogan
17:48qui disait
17:49sans contrôle
17:49la puissance n'est rien
17:50ou quelque chose
17:50comme ça,
17:51c'est un peu
17:51ce qui se passe
17:52avec l'IA.
17:52Quand vous entendez
17:53cet appel de 700 personnalités
17:54à stopper
17:55la recherche
17:56sur la super-intelligence
17:57artificielle
17:58qui risque
17:59de détruire
18:00beaucoup trop d'emplois.
18:02Qu'est-ce que vous dites ?
18:03Vous-même spécialiste
18:04de l'intelligence artificielle.
18:04Je trouve que l'on mélange
18:06pas mal de sujets.
18:08Si vous me permettez,
18:08je vais essayer
18:09de faire un part des choses.
18:11Je pense,
18:13et j'ai écrit un livre
18:14il y a à peu près
18:14un an et demi
18:15qui s'appelle
18:15Le Nouveau Temps
18:16où je parle
18:16de la nécessité
18:17d'accompagner
18:18l'avènement
18:18de ce que j'appelle
18:19un humanisme technologique.
18:21Donc la question
18:21des valeurs
18:22qui sont portées
18:23et que l'Europe
18:24doit s'approprier
18:25et que l'Europe
18:25doit apporter,
18:26pour moi,
18:26elle est absolument cardinale
18:27et je ne les conteste pas.
18:29Maintenant,
18:30je regarde les choses
18:30de manière pragmatique.
18:32Je regarde les choses
18:32en entrepreneur.
18:33Je vois une chose,
18:34c'est que l'intelligence artificielle,
18:36ce n'est pas qu'un fait économique.
18:38C'est un fait civilisationnel.
18:40C'est un fait civilisationnel
18:41aujourd'hui
18:41dont vous avez
18:43deux centres de gravité.
18:44L'un se situe aux Etats-Unis
18:45et l'autre se situe
18:46en Chine.
18:48Vous avez les deux maîtres du monde
18:49qui sont en train
18:50de changer le cours
18:51de l'avenir de la planète.
18:53Lisez le dernier rapport
18:55de l'analyste américaine
18:56bien connue
18:56qui s'appelle
18:56Marie Meeker
18:57qui a été sur
18:58l'intelligence artificielle
18:59qu'elle a publiée
18:59il y a quelques semaines.
19:00Un rapport absolument remarquable
19:02dans lequel
19:03elle dresse
19:04l'état des lieux
19:04de ce qu'il y a aujourd'hui.
19:06Elle parle évidemment
19:06de ce qui se passe
19:07aux Etats-Unis,
19:07évidemment de ce qui se passe
19:08en Chine.
19:09Et l'Europe est citée
19:10trois fois uniquement.
19:11Et trois fois
19:12uniquement pour parler
19:13de régulation.
19:15C'est-à-dire que
19:15moi,
19:16ce que je dis
19:17et ce que je répète,
19:18même si je ne nie pas
19:19la nécessité
19:20d'une régulation à terme,
19:21c'est que si notre prisme
19:22d'analyse aujourd'hui
19:23c'est le prisme
19:24de la régulation,
19:25on ne fera pas partie
19:26des gagnants
19:27de cette guerre.
19:28Parce que la priorité
19:29aujourd'hui,
19:30et j'emploie volontairement
19:31et à dessein ce mot,
19:32nous sommes dans une guerre,
19:33nous sommes dans une guerre
19:34pour l'intelligence.
19:35Entre les Etats-Unis
19:36et la Chine,
19:37c'est très clair.
19:37Exactement.
19:38Ceux qui maîtriseront
19:39l'intelligence artificielle
19:40et toutes ses conséquences
19:42dans le domaine
19:42de l'énergie
19:44avec la fusion nucléaire,
19:45dans le domaine
19:45de la biogénétique
19:46avec le fait
19:47de décaler
19:47l'âge de la vie,
19:49ceux-là seront
19:50les nouveaux maîtres du monde.
19:51C'est un peu cru ?
19:51C'est foutu déjà
19:52pour l'Europe ou pas ?
19:53Raphix Maty ?
19:53Non mais moi je pense
19:54que rien n'est jamais foutu.
19:55Quand on est entrepreneur,
19:56on est par définition
19:58optimiste
19:58et on regarde
20:00le verre à moitié plein
20:01plutôt que le verre à moitié vide.
20:02Mais par contre,
20:03on est mal.
20:03Quand je vois que d'un côté,
20:05alors le verre à moitié plein,
20:06c'est quoi ?
20:06C'est le rapport Draghi
20:07qui est extrêmement lucide
20:09et qui vous dit
20:10voilà,
20:10il faut mettre 800 milliards
20:11sur la table
20:12tous les ans
20:13pour qu'on fasse partie
20:14des piliers du monde qui vient.
20:1614% appliqués
20:17alors qu'on l'a depuis 18 mois.
20:19Là je dis banco
20:19à condition
20:20qu'il y ait un leadership européen.
20:22Leadership qui est capable
20:23d'incarner un Mario Draghi
20:25qui est incapable
20:25d'incarner une Ursula von der Leyen.
20:27Donc on a un vrai problème
20:28de leadership en Europe.
20:29Et on a,
20:30et c'est là où je suis optimiste aussi,
20:31on a des sacrées entreprises,
20:32des sacrés entrepreneurs en Europe.
20:34On a des têtes,
20:35on a des médailles fils,
20:35on a des ingénieurs.
20:37Donc la messe n'est pas dite
20:38si je puis me permets.
20:39En revanche,
20:40on est aujourd'hui,
20:41et je veux revenir
20:42à ce que disait Isabelle Bordry.
20:43C'est la question
20:44de la temporalité.
20:45La régulation
20:46dans l'absolu,
20:47évidemment,
20:47parce que la superintelligence
20:48elle peut compromettre
20:49l'avenir de l'espèce humaine.
20:50En revanche,
20:51qu'est-ce qu'on fait là maintenant ?
20:52Est-ce qu'on fait partie du game ?
20:53Et est-ce qu'on joue
20:54le rapport de force ?
20:55Et là, dans ce cas-là,
20:56il faut qu'on y aille,
20:56il faut qu'on innove
20:57et qu'on ne se pose pas de questions.
20:59Ou est-ce qu'on régule maintenant
21:00au risque d'encourager
21:02nos chercheurs et nos jeunes
21:03à aller le faire ailleurs ?
21:03Je vous voyais réagir
21:04Isabelle Bordry
21:05en question un peu provoquante
21:07pour dire
21:07est-ce que ce n'est pas déjà
21:08foutu en Europe ?
21:09Mais on a quand même raté
21:11assez grandement
21:12le virage de la robotisation
21:14au début des années 2000.
21:15On a raté le virage du numérique
21:17au début des années 2010.
21:19Donc, il y a une vraie question
21:20qui se pose aujourd'hui
21:22sur la révolution
21:23de l'intelligence artificielle
21:24quand même.
21:25Oui, mais je crois
21:27que tout va très très vite.
21:29C'est-à-dire que moi,
21:29j'ai vécu le passage
21:31de le leadership de Yahoo
21:33qui était basé
21:34sur une réflexion humaine
21:36et une orchestration,
21:37un annuaire
21:37qui était fait
21:38uniquement par des hommes
21:39et enrichi par des hommes.
21:41L'idée au départ,
21:42c'était effectivement
21:43d'organiser
21:45toute la connaissance humaine,
21:46ce qui était une ambition
21:47extrêmement forte.
21:48Et puis, tout d'un coup,
21:49est arrivé Google.
21:50Et Google, en fait,
21:51c'est que des maths.
21:52C'est uniquement des maths.
21:54Et donc, à l'époque,
21:55on n'y a pas cru.
21:56On s'est dit
21:57l'algorithme ne sera jamais
21:58plus intelligent
22:00que l'ensemble
22:01de nos surfers,
22:02c'est-à-dire
22:02nos bibliothécaires
22:03qui, à l'époque,
22:04mettaient en ordre,
22:05justement,
22:06Internet sur quelques pages
22:07de WebG.
22:07On se rappelle qu'à l'époque,
22:08vous dirigeiez Yahoo France.
22:10Et donc, en fait,
22:11ça va très, très vite.
22:13Et une grande société,
22:16quelle que soit sa valorisation,
22:18peut du jour au lendemain
22:19être préférée à une autre.
22:21Et donc, c'est ça
22:22pour lequel je reste optimiste.
22:24C'est-à-dire que
22:25dans tout cet univers-là,
22:27une innovation,
22:29un usage.
22:29Regardez aujourd'hui
22:30OpenAI
22:31qui, tout d'un coup,
22:33tout le monde fait ses recherches
22:34sur OpenAI
22:35et Google
22:36qui n'avait jamais été déstabilisé.
22:38Et qui lance son navigateur,
22:39exactement.
22:39Et qui lance son navigateur.
22:41Donc, le marché est en train,
22:42en quelques mois,
22:43de complètement se transformer.
22:44Donc, il n'y a aucune raison
22:45pour que les Européens
22:47n'y arrivent pas.
22:47Alors, sauf qu'on passe
22:48de Yahoo à Google,
22:50donc d'Américain à Américain,
22:51à OpenAI
22:52qui est aussi américain.
22:54Voilà.
22:54Mais après, il y a Mistral.
22:56Moi, je crois beaucoup
22:56en des, par exemple,
22:58Skyway,
22:58qui aujourd'hui
22:59se positionne sur le marché.
23:01Alors, on a vu qu'OVH
23:01avait quelques difficultés,
23:02mais Skyway, aujourd'hui,
23:04c'est des gens
23:04extrêmement brillants
23:05qui apportent
23:07une dimension
23:08qui est une dimension RSE,
23:11une nouvelle approche
23:12sur tout ce qui est hébergement.
23:13Donc, aujourd'hui,
23:14on a des talents
23:15et il faut que les grandes entreprises
23:17françaises et européennes
23:19acceptent de travailler
23:20avec des entreprises
23:21start-up
23:22ou plus jeunes
23:23qui portent l'innovation
23:25sans forcément
23:26aller vers les GAFA.
23:27Il faut peut-être des fonds aussi.
23:28C'est ça qui manque
23:28beaucoup en Europe.
23:30C'est vraiment un des constats.
23:32C'est qu'il manque de financement.
23:33Après, je ne pense pas
23:35que la situation soit foutue
23:37pour reprendre l'expression,
23:38Raphaël, sur l'Europe.
23:40Elle est vraiment complexe.
23:41Elle est liée aussi
23:42au vieillissement
23:42de ce qu'est l'Occident.
23:44C'est-à-dire que,
23:44honnêtement,
23:45un continent qui vit
23:46et pas un continent
23:47qui est favorable
23:47à une mécanique d'innovation.
23:49C'est-à-dire que,
23:49nos problématiques
23:50sont un peu ailleurs.
23:52Après,
23:53l'IA est un moteur.
23:54C'est-à-dire que,
23:55évidemment,
23:56là, en ce moment,
23:57c'est les sept merveilleux.
23:59Le nombre n'arrête pas d'évoluer,
24:01mais OK,
24:02on est très concentré
24:03sur des acteurs.
24:04Demain,
24:05ces outils,
24:06on va espérer,
24:07se déploient dans l'économie
24:08et en se déployant
24:09dans l'économie,
24:10ils vont créer
24:10d'autres merveilleux
24:11dans d'autres domaines.
24:12C'est-à-dire que c'est...
24:13Là, aujourd'hui,
24:13on est en phase première,
24:14on est en phase pionnière.
24:15Évidemment,
24:16ceux qui sont à la manœuvre
24:17sur cette technologie
24:18au sens matrice,
24:20aujourd'hui,
24:21engrangent.
24:22Demain,
24:22on va peut-être avoir
24:23des pépites en biomédecine,
24:24des pépites en industrie
24:26qui vont apparaître,
24:27qui dotent de ces outils-là.
24:29Et là,
24:29le jeu est ouvert.
24:30Honnêtement,
24:31le jeu est ouvert.
24:32Dans les années 70,
24:33les experts n'existaient pas.
24:35On aurait fait une émission,
24:35on aurait probablement
24:36déprimé sur la place
24:37de l'Europe
24:39dans l'aéronautique.
24:40Et voilà,
24:41il y a eu une solution,
24:42il y a Arbus qui n'a pas eu.
24:43Donc, ça veut dire
24:44que c'est à l'Europe
24:45surtout de se saisir
24:46des entreprises,
24:48de se saisir
24:48de ces outils-là
24:49qui vont créer
24:50des opportunités.
24:52Clairement,
24:52le secteur de la santé
24:53en est un majeur.
24:55Oui, mais on a
24:55le principe de précaution.
24:56On a le principe
24:57de précaution.
24:58C'est-à-dire qu'il y a
24:59les vieilles lunes
24:59françaises et européennes
25:00qui viennent à chaque fois
25:01s'inviter
25:01dans cette révolution.
25:03Oui, en matière
25:04de biogénétique,
25:05on va pouvoir faire
25:05des trucs extraordinaires.
25:06Mais Emmanuel Charpentier
25:08qui a inventé
25:10l'ADN CRISPR-Cas9,
25:13elle est allée le faire
25:13à Berlin.
25:15Et quand vous lui posez
25:15la question
25:16est-ce que tu aurais pu
25:16le faire en France,
25:17elle vous dit non.
25:18Donc, c'est ça
25:19la révolution copernicienne
25:20que l'on doit mettre en œuvre.
25:22Accepter l'idée
25:23que le monde
25:24et que l'Europe
25:25se reconstruira
25:25en valorisant le risque
25:28plutôt que la protection.
25:29Et l'innovation.
25:30Et si on devait avoir
25:30une politique industrielle,
25:33une idée parmi d'autres,
25:36très simple,
25:37parce que la bataille
25:38des chatbots
25:40est très difficile
25:41à gagner,
25:41essayons de nous mettre
25:42en amont.
25:43On sait que l'intelligence
25:44artificielle,
25:44la matière première,
25:45l'électricité,
25:46c'est quelque chose
25:46de majeur.
25:47Eh bien,
25:48essayons de faire
25:49de la France
25:52une terre
25:53en construisant
25:54massivement
25:54un nombre
25:55de nouveaux EPR,
25:56le pays
25:57où l'électricité
25:58est la plus abondante
25:58et la moins chère possible
25:59pour que vous ayez
26:00des Open AI
26:01qui aient envie
26:01de venir entreprendre
26:02en France
26:02dans un terrain
26:03fiscalement
26:04et en termes
26:06de règlement acceptable.
26:08Voilà,
26:08tout est question
26:08d'écosystème.
26:09En fait,
26:09il faut créer
26:10l'écosystème.
26:10Et aujourd'hui,
26:11on a les chercheurs,
26:12on a les laboratoires,
26:13on a les laboratoires
26:14des grandes universités
26:15qui se sont regroupées
26:17ces cinq,
26:17dix dernières années
26:18pour effectivement peser
26:20et faire en sorte
26:21d'avoir des chercheurs
26:21qui soient encore
26:22à la pointe.
26:23Vous avez le groupe
26:24sur le plateau
26:26de Saclay
26:26où il y a eu
26:27énormément d'innovations
26:28et de regroupements
26:29et ça se passe
26:30aujourd'hui.
26:32Tant en IA
26:32qu'effectivement
26:33en biotech
26:34ou l'IA biotech,
26:35aujourd'hui,
26:36il y a énormément
26:36de jeunes
26:37qui s'emparent
26:37de ces sujets
26:38et il faut les aider.
26:39Il manque l'étincelle
26:39pour faire émerger
26:41tout ça.
26:41L'étincelle est là,
26:42il faut l'écosystème
26:43et les politiques.
26:45Et puis,
26:46c'est tellement passionnant
26:47qu'on n'aura même pas
26:47le temps de parler
26:48du bras de fer
26:48que Paris lance
26:49avec Berlin
26:50sur l'interdiction
26:53des véhicules thermiques
26:54en 2035.
26:55Ce n'est pas grave,
26:55on aura l'occasion
26:56d'y revenir
26:56dans une prochaine émission.
26:58Merci à tous
26:58de nous avoir suivis.
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