- il y a 3 mois
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Générique
00:05Bonsoir à tous, 62ème jour de guerre, le cessez-le-feu qui tient toujours entre les Etats-Unis et l
00:09'Iran depuis le 8 avril.
00:10Mais il n'y a pas le cessez-le-feu verbal puisque Donald Trump va continuer le blocus.
00:14C'est voué à l'échec et nous coulerons vos navires, c'est ce que répond le guide suprême iranien
00:18dans un communiqué.
00:19Pendant ce temps, le prix du pétrole s'emballe. Total va maintenir ses prix plafonnés jusqu'à la fin de
00:23la crise.
00:23Voilà tous les sujets que nous allons aborder ce soir avec l'ensemble de nos correspondants,
00:27de nos envoyés spéciaux, de nos invités. Mais le militaire nous amène à parler de la France aussi
00:32parce que le président de la République est dans l'aube à Mailly-le-Camp pour assister à la clôture
00:37de ce qu'on appelle l'exercice militaire Orion 26.
00:41Là c'est une démonstration et je me tourne vers le général Pélistrandi d'exercices avec des canons César.
00:46Oui, alors cet après-midi, le président de la République a assisté à quasiment la dernière phase d'un exercice
00:54qui a commencé en fait cet hiver. L'exercice Orion avec une dimension maritime, aérienne.
01:00Et là on est sur le terrain, donc dans ce qu'on appelle les camps de Champagne
01:03avec la démonstration de tir du fameux canon César, celui dont les Ukrainiens raffolent
01:12parce qu'il est extrêmement efficace.
01:14C'est important parce qu'on voit bien avec l'évolution de la guerre, des leçons en Ukraine,
01:21l'artillerie joue un rôle fondamental.
01:23Alors ce qui est intéressant c'est que c'est un canon qui est très efficace
01:26et dans le contexte économique actuel, en plus c'est un succès à l'exportation.
01:31Tout le monde veut des canons César, donc c'est un bon plan.
01:33Alors justement voyons un extrait, si je puis dire, de ce qui s'est passé sur ce champ de bataille
01:39avec le président de la République et la démonstration militaire.
02:16Alors c'est vrai que c'est un exercice comme on en a rarement connu
02:21avec des pays de l'Alliance Atlantique, dans les circonstances que l'on connaît,
02:25avec la toile de fond de guerre que l'on connaît.
02:26Et Hugo Capelli pour BFMTV a suivi tout ça avec Dominique Lepicard,
02:30il était auprès du président de la République.
02:34Le président de la République qui assiste ce jeudi à un exercice de l'armée française,
02:39il est en ce moment à quelques mètres de moins, en train de se faire briefer par des militaires.
02:43On est ici en pleine campagne, au milieu de la Marne, et le président vient d'assister.
02:47Après un raid aérien d'hélicoptère, on s'est posé ici, il assistait à plusieurs tirs,
02:51plusieurs tirs de canons César.
02:54L'objectif de l'armée c'est de montrer qu'elle s'entraîne
02:56et qu'elle est prête aussi pour des combats de haute intensité.
02:59Et ce sont des images assez marquantes auxquelles on vient d'assister
03:03dans ce contexte que l'on connaît avec le conflit au Moyen-Orient,
03:07la guerre en Ukraine, Emmanuel Macron président de la République,
03:10chef des armées qui veut donc montrer que la France,
03:13mais aussi les pays qui sont associés à la France dans le cadre de cet entraînement,
03:16sont prêts aussi à répondre aux différentes menaces.
03:20Le chef de l'État qui dans quelques instants va reprendre un hélicoptère
03:23pour aller survoler d'autres parties de ce camp militaire,
03:28notamment au-dessus de tranchées.
03:30Tout cela aussi, cet entraînement est inspiré de ce qui se passe en Ukraine
03:34pour que la France soit prête finalement à des conflits dans les conditions actuelles
03:39avec aussi des matériaux beaucoup plus modernes.
03:42Voilà donc pour la suite du programme du président.
03:45Voilà donc on va suivre bien sûr la fin de cet exercice.
03:49Le président de la République doit prendre la parole vu le contexte que l'on connaît,
03:52le contexte de guerre.
03:53Mais Thierry Arnault, c'est destiné aussi à montrer à l'opinion publique
03:56que la France a du matériel, du bon matériel, du matériel de pointe,
04:00qu'on se prépare au moment où on a un budget de la défense qui augmente aussi.
04:05Oui, pas seulement d'ailleurs à l'opinion publique française, au reste du monde aussi.
04:08Vous savez ce chiffre que le président de la République répète souvent
04:11entre le moment où il est entré à l'Elysée et le moment où il quittera la présidence de la
04:15République
04:15au terme de son deuxième mandat, le budget de la défense sera doublé.
04:19Il sera passé de 32 milliards d'euros à peu près, au double, c'est-à-dire aux alentours de
04:2465 milliards d'euros.
04:26Donc c'est un effort qui est absolument considérable, indispensable, considéré à le président de la République
04:31compte tenu du contexte international.
04:33Et il veut faire la démonstration aujourd'hui que cet argent est bien dépensé.
04:37Oui, parce que l'opération de com' elle est importante.
04:39On a souvent répété, dit, oui la France n'est pas prête pour la guerre, notre matériel est obsolète.
04:45Donc là, Emmanuel Macron est là pour dire, ne vous inquiétez pas, on va vous rassurer plus exactement.
04:53C'est ça ?
04:54Oui, et ça fait plusieurs fois depuis le début de la guerre qu'il multiplie les opérations extrêmement symboliques en
04:59images.
05:00Il s'est rendu sur le porte-avions Charles de Gaulle, il s'est rendu dans un sous-marin nucléaire.
05:04Il a fait en sorte de publier ces images sur les réseaux sociaux, vous savez, où il était escorté par
05:09des rafales dans les airs.
05:10Il a fait des discours sur notre puissance nucléaire.
05:13Donc il y a vraiment tous ces messages qui sont envoyés aux Français, avec en parallèle ce discours sans cesse
05:18du chef de l'État
05:19qui dit que la France doit rester dans ce conflit-là en position défensive uniquement.
05:25Et on voit bien dans les baromètres d'opinion que les Français sont inquiets sur la tournure du conflit.
05:31Il y a eu d'ailleurs trois soldats français qui ont été tués, deux au Liban dans le cadre de
05:37la finule pris à partie, attaquée par le Hezbollah, un autre en Irak.
05:42Emmanuel Macron a toujours dit qu'il ne fallait pas d'escalade, que nous devions rester en retrait.
05:47Mais néanmoins, là, en fait, s'il veut se poser non seulement en chef d'État et chef des armées,
05:53message vis-à-vis des Français,
05:55et puis message vis-à-vis des Européens, il essaie de réaffirmer ce message disant que nous sommes la première
06:02puissance militaire européenne.
06:04Et donc ces images doivent encore, sont destinées encore à le prouver aujourd'hui.
06:08Mais on est prêt à la guerre, on a renouvelé en partie le matériel, on a ce qu'il faut
06:12aujourd'hui, général Pélistrandi ou pas ?
06:13Les critiques, on s'en souvient, elles étaient venues des militaires eux-mêmes.
06:16Soit officiellement ou en off, comme on dit.
06:19Oui, alors, bien sûr, il faut quand même souligner que lorsque Emmanuel Macron est arrivé à l'Élysée...
06:26Il y a eu le clash avec son chef d'état-major, le général de Villiers.
06:30La seule chose, c'est que la défense a se construit dans le temps long.
06:35Construire un canon César, ce n'est pas une application qu'on met sur un smartphone qu'on développe en
06:41trois semaines.
06:42Et donc, il faut souligner tout l'effort de réarticulation, de renforcement.
06:46Et dès le début de la guerre en Iran, regardez la puissance navale que nous avons pu projeter.
06:52Là, on est concentré sur l'armée de terre, mais oui, on a des armées efficaces.
06:57C'est le Charles de Gaulle que l'on a envoyé dans la région, avec toute son armada.
07:01La loi de programmation militaire, avec sa mise à jour qui a été proposée aux députés ces jours-ci.
07:08L'objectif, pour le moment, n'est pas d'augmenter la masse, mais c'est par exemple les munitions, c
07:14'est les drones.
07:16Et tout ça fait qu'aujourd'hui, de fait, la France est la première puissance militaire européenne.
07:23Ça, c'est une réalité.
07:24Même si les Allemands dépensent plus, parce qu'il y a aussi un facteur qui est essentiel,
07:29c'est que nous, nous avons une armée d'emplois.
07:32Amandine l'a rappelé, nous avons hélas perdu des soldats.
07:34Et ils sont morts en opération.
07:36– Et notre armée est professionnelle depuis plus de 30 ans maintenant.
07:39– Elle est professionnelle, elle est, voilà.
07:39Donc ça, c'est un élément qui est important.
07:41Et le jour où on fera le bilan de la présidence Macron,
07:46on pourra dire que là, l'outil militaire a été très nettement renforcé.
07:50– Oui, mais parce que ce qui résonne, c'est de dire que les Américains se désengagent de l'OTAN
07:55ou ne sont plus nos alliés.
07:57Et on se dit, s'il y a un problème, quelle sera la première armée à monter au front
08:02ou être en première ligne ?
08:03C'est quoi ? C'est l'armée française en fait ?
08:05– Oui, et c'est exactement ce qui s'est passé avec le déclenchement de la guerre en Iran.
08:09Nous avons projeté ces capacités navales.
08:11– Nous le démontrons à travers cet exercice qui était programmé depuis longtemps.
08:17Et c'est une réalité.
08:18Maintenant, il faut poursuivre l'effort.
08:21Il faut continuer à moderniser avec la difficulté qu'on doit à la fois assurer
08:26le temps immédiat, c'est le temps des opérations,
08:29et puis le temps très long, construire un porte-avions.
08:32Oui, ça prend une décennie.
08:33– Oui, mais il y a une chose, c'est qu'aujourd'hui, on dit que la guerre,
08:36elle ne sera pas uniquement une guerre des armes, du fracas des bombes.
08:42La guerre, elle sera cyber, la guerre, elle sera informationnelle,
08:47la guerre, elle se fera sur les réseaux, ce sera une guerre via les satellites.
08:51Est-ce que là, on met le paquet ? Est-ce qu'on sait y aller ?
08:53Est-ce qu'on a les technologies ? Est-ce que notre industrie s'adapte ?
08:57Ou pas, Thierry Arnaud ?
08:58– C'est une guerre hybride qui sera multiforme, effectivement,
09:01et le point fondamental est celui qu'évoquait Jérôme à l'instant,
09:04c'est-à-dire que mettre des milliards d'euros sur un budget,
09:08ça se fait en quelques secondes, ensuite transformer ces milliards d'euros
09:12en un appareil militaire efficace sur tous les sujets que vous venez d'évoquer,
09:17ça prend beaucoup de temps.
09:18– Les drones, les satellites ?
09:21– Bien sûr, c'est de la recherche, des développements,
09:24c'est de l'investissement, c'est de la logistique derrière,
09:27une usine, ça ne se construit pas, ça ne se réoriente pas,
09:32ça ne se reconvertit pas en l'espace de quelques jours,
09:35donc c'est un effort qu'il va falloir conduire dans la durée,
09:40mais le sens de ce qu'on voit aujourd'hui, c'est que l'effort est en cours.
09:45– Effort européen ? On se soutient, on mutualise,
09:49on se dit ce dont on a besoin les uns les autres ou pas ?
09:51– Il y a des sujets qui restent compliqués,
09:53notamment le fameux CAF, l'avion de combat et les divergences franco-allemandes
09:57qui sont évidemment essentielles.
09:59Puis il y a aussi une autre dimension qu'on peut rappeler au passage,
10:02à l'encé qu'à la fin de l'année dernière, vous vous en souvenez,
10:04le président de la République a lancé un nouveau service national volontaire,
10:08ce qui était aussi une façon de dire que la défense,
10:11c'est désormais l'affaire de tous, c'est l'affaire de tous les Français,
10:14et que tous les Français doivent s'engager pour défendre leur pays,
10:17compte tenu du contexte international dans lequel on vit aujourd'hui.
10:20– Anthony Dybala, je vous voyais réagir quand je disais,
10:22est-ce qu'on s'aide, on se soutient, on s'échange d'informations entre Européens ?
10:27– Alors là, c'est vraiment une lacune, on peut le dire,
10:31il y a des enjeux qui sont d'abord industriels pour les Européens,
10:35on pense d'abord à combien d'argent va être dépensé sur son territoire
10:40quand il y a un programme européen, parce que c'est ça l'enjeu,
10:43c'est je mets 30% du programme,
10:45donc 30% du programme industriellement doit être dépensé sur mon territoire.
10:49C'est une condition pour l'instant innégociable.
10:51On ne peut pas négocier ça, et ça donne qu'il y a une fragmentation énorme,
10:57on ne peut pas jouer sur les avantages comparatifs de chaque pays,
11:00et si la République tchèque met 3%, elle doit avoir 3%,
11:03peu importe si ça a une logique industrielle ou pas,
11:06et ça n'en a pas souvent.
11:08Donc c'est un gros désavantage,
11:09surtout qu'il y a une multiplication des plateformes en Europe.
11:12Autre chiffre que vous avez évoqué,
11:14certes, depuis 2017,
11:16le budget aura quasiment doublé,
11:18mais il faut prendre les chiffres en euros constants,
11:21c'est-à-dire qu'avec la petite période d'hyperinflation
11:24que certaines personnes ont peut-être remarqué autour de cette table,
11:2732 milliards d'euros de 2017,
11:30ce n'est pas exactement 32 milliards d'aujourd'hui,
11:33donc c'est plutôt une augmentation de 50-60%.
11:35C'est bien, je ne dis pas qu'il n'y a rien qui a été fait,
11:38mais ce n'est pas exactement la même chose.
11:40D'autant que tout appareil de défense,
11:43tout outil de défense,
11:44et en particulier les navires,
11:47ont ce qu'on pourrait appeler le syndrome de la vieille bicoque.
11:49Vous allez acheter votre maison 20 000 euros dans le lot ou dans le Gers,
11:53ça ne va pas coûter très cher,
11:54mais combien ça va vous coûter à entretenir ?
11:56Par exemple, un bateau...
11:58Si vous trouvez une maison à 20 000 euros dans le lot,
12:00vous nous faites signe.
12:01Il y en a 30-40 000, on va dire.
12:05C'est une boutonne, allez-y, je vous en prie.
12:07Oui, bien sûr, mais elle ne va pas être habitable, forcément.
12:10Et le problème, c'est que vous allez dépenser
12:12plus que ce que ça vous a coûté à acheter.
12:14Un bateau, c'est 4 ou 5 fois le prix d'achat
12:16dans l'entretien au cours d'une vie.
12:18Sur une durée de vie de combien ?
12:20Parce que c'est ça, le matériel militaire...
12:2240 ans.
12:24L'obsolescence, c'est 40 ans.
12:25Si on peut parler d'obsolescence pour un navire de guerre.
12:27La question, c'est qu'il faut avoir une plateforme qui soit costaud.
12:30C'est-à-dire que vous pouvez avoir un véhicule, un avion.
12:34Le Rafale, il va voler jusqu'en 2070.
12:37Il a deux camps, le Rafale ?
12:39Pardon ?
12:39Le Rafale, le programme, le développement, la sortie des usines ?
12:42Le premier, le démonstrateur du Rafale a volé en 1986.
12:48Bon, voilà.
12:48La seule chose, c'est qu'entre le Rafale de 2050 au standard F5 ou F.6,
12:53et le Rafale du début...
12:55Il a été modernisé, rénové.
12:56Il n'y a que l'aspect extérieur qui est à peu près identique.
12:58En fait, la question, elle est là.
13:01Effectivement, l'élément...
13:02On prépare les avions de demain ?
13:03Ou d'après demain, ils sont...
13:04Bien sûr.
13:04Je vais prendre, là aussi, un exemple très concret.
13:07Quand vous prenez, par exemple, nos sous-marins nucléaires d'attaque
13:09de nouvelle génération, le Suffrain, la classe Suffrain,
13:12ce sont des bâtiments qui vont naviguer puisqu'en 2060, 2070.
13:16Et, par exemple, pour la dissuasion nucléaire,
13:18nous sommes en train de remplacer la génération actuelle
13:21de sous-marins nucléaires lanceurs d'engin.
13:23Enfin, le premier, il arrivera en service en 2037.
13:28Et il faut savoir que ce sont des sous-marins
13:30qui iront jusqu'à la fin du XXIe siècle.
13:32D'accord.
13:33Mais ce qu'il faut savoir, c'est que ces équipements militaires,
13:36ils vont durer, vous avez donné vous-même leur durée de vie.
13:40Mais est-ce que ceux qui sont en face,
13:42on est au même niveau ?
13:44Ou est-ce que c'est plus moderne,
13:45c'est plus puissant que nous, plus performant que nous ?
13:48Tout dépend comment on définit l'Europe.
13:49Mais la première armée de l'Europe, c'est l'Ukraine, pour l'instant.
13:52Déjà, de manière sûre et certaine.
13:54C'est la seule qui tient la tête à la Russie.
13:56Et c'est le seul pays qui a l'industrie...
13:58Avec du matériel qu'on lui fournit aussi.
14:00Alors, qu'on lui fournit, mais qu'elle produit de plus en plus.
14:02Et donc, l'industrie ukrainienne, demain,
14:05ça sera un vrai enjeu politique.
14:06Parce que c'est eux qui savent fabriquer des drôles,
14:08qui savent les adapter très rapidement.
14:10Alors, il y a des choses qui sont très bien, qui sont faites.
14:12Mais ce n'est pas du tout au niveau d'un conflit, pour le moment.
14:15Et donc, il faut envisager les choses vraiment sereinement.
14:19Il y a une menace russe.
14:20S'il y a un effondrement de l'Ukraine, elle sera à nos portes.
14:23Et on n'est pas prêts.
14:24Ça, c'est clair.
14:25Ça veut dire quoi, on n'est pas prêts ?
14:28On est passé...
14:28On imagine mal, quand même, une invasion de la France par la Russie.
14:32Bien sûr.
14:32Non, bien sûr.
14:32Mais il faudrait peut-être soutenir des pays.
14:35Et la multiplication des crises ferait qu'on serait dépassés.
14:38Et l'ordre mondial est assuré par les États-Unis et ses alliés.
14:42On en fait partie.
14:43On est dans l'OTAN.
14:44On en fait toujours partie ?
14:45Oui.
14:45Il y a 33 000 soldats américains en Allemagne.
14:49Vous pensez que la France pourrait les remplacer comme ça du jour au lendemain ?
14:51Je ne crois pas.
14:54Et les États-Unis sont nécessaires à l'architecture de sécurité européenne aujourd'hui.
15:01Est-ce qu'ils veulent continuer de jouer ce rôle ?
15:03Oui.
15:03Pour l'instant, ils le font.
15:05Il y a des déclarations qui sont inquiétantes.
15:07Il y a des déclarations qui font peser un doute sur une véritable intervention.
15:13Mais si les États-Unis sont attaqués directement, il y a de grandes chances pour le moment qu'ils réagissent.
15:18Et de toute façon, Donald Trump, dans un an, il n'aura peut-être plus la majorité au Congrès.
15:22Et dans deux ans, ce sera peut-être un autre président.
15:25Les déclarations, pour l'instant, ne sont pas suivies des faits.
15:27Il y a des dizaines de milliers de soldats américains en Europe.
15:31Et la France est capable d'en projeter 13 000, si je ne me trompe pas.
15:34Un peu plus, 18 000.
15:36Un peu plus ?
15:38En fait, tout dépend de l'ampleur de la crise.
15:41Nous avons 5 000 militaires projetés dans le golfe Persique.
15:45Donc, en fait, tout dépend de ce que l'on veut faire.
15:49Et tout dépend de l'attaque que l'on souligne aussi.
15:52Ce qui est important, c'est aussi, et ça c'est un élément qui est déjà, c'est augmenter notamment
15:56les réserves.
15:57Les réserves vont jouer un rôle important.
15:59C'est ce que vous appelez réserves ?
16:00Eh bien, ce sont des citoyens qui ont leur métier et qui vont consacrer une partie de leur temps à
16:06porter l'uniforme.
16:08Vous avez aujourd'hui, par exemple, dans l'opération Sentinelle, des soldats professionnels, dont c'est le métier.
16:14Et vous avez aussi des réservistes qui, ou pareil dans la gendarmerie, cet été, vous pourrez être contrôlés sur la
16:21route par un gendarme qui, le reste de l'année, est pharmacien ou est artisan boulanger.
16:29Et il consacre une partie de son temps ou de ses loisirs à être réserviste.
16:33Et ça, c'est un élément qui est très important.
16:35En fait, ce qui est fondamental, c'est qu'aujourd'hui, même avec une armée professionnelle, c'est toute la
16:40nation qui est engagée.
16:41Dans cet exercice, Orion, par exemple, les industriels ont été, entre guillemets, mobilisés, par exemple, pour accélérer le soutien.
16:49On a joué comme s'il fallait qu'ils aillent réparer très vite qui est un hélicoptère, qui est un
16:54véhicule de combat.
16:55Et c'est ça ce qui est très important.
16:57C'est qu'aujourd'hui, la préparation de notre défense ne concerne pas que les militaires, elle concerne la nation
17:03entière.
17:03– Alors, on a de nouvelles images avant de continuer notre discussion, bien sûr, qui viennent de nous arriver,
17:07de cet exercice Orion 26 que regarde le président de la République en attendant sa prise de parole.
17:14Justement, regardons, ce sont des images tournées par l'armée où on voit, c'est un exercice simplement de déploiement
17:20via des tranchées, Général Pélistrand.
17:21– Oui, et c'est là, c'est dans ces tranchées que nous avons aussi formé un certain nombre de
17:26militaires ukrainiens.
17:27Il y a un retour, un enrichissement mutuel.
17:29Nous formons, ils nous aident à améliorer.
17:33Et ça, c'est un élément qui est essentiel.
17:35Et effectivement, des tranchées, comme en 1914-1918, avec un petit…
17:40Ça, c'est aussi un petit point d'histoire, c'est que les fameux camps de Champagne,
17:46ils ont été aussi les lieux de la guerre de 1914-1918.
17:49Donc, on retrouve des savoir-faire que l'on avait un peu oubliés et que la guerre en Ukraine nous
17:56oblige à réactiver.
17:58Mais il n'y a pas que la guerre en Ukraine, il y a aussi la guerre en Iran qui
18:01nous oblige à modifier et à prendre de nouveaux modes d'action.
18:05– C'est intéressant parce qu'à cette époque des nouvelles technologies, où on nous dit que tout sera à
18:10la fois dans l'espace,
18:12via les portables, qu'il faudra être vigilant sur la cybersécurité,
18:16il ne faut pas oublier qu'à un moment ou à un autre, comme on le voit en Ukraine,
18:19il faut déployer des hommes, il faut faire des tranchées et il faut prendre position, en fait.
18:23C'est ça. Il faut les deux.
18:24– Oui, oui, tout à fait. Et là, on voit qu'il y a un savoir-faire opérationnel que la
18:28France n'a plus, une expérience directe.
18:31– Je ne suis pas d'accord avec vous. Je ne suis pas d'accord avec vous.
18:36– Non, je tiens à le dire.
18:37– Sur le mode de combat en Ukraine, on n'a pas combattu comme ça depuis assez longtemps.
18:44– Je suis désolé, mais on n'a pas combattu comme ça en Ukraine, mais enfin, on a été en
18:48Afghanistan,
18:49on a été… – Oui, oui, mais c'est une guerre contre-actionnelle.
18:51– On a des soldats aguerris. Non, non, mais je tiens à le préciser.
18:54– Non, non, mais il ne faut pas…
18:54– Je ne critique pas du tout l'armée française, bien sûr.
18:57– Non, non, mais nous avons un armée aguerris.
18:59Maintenant, effectivement, nous ne sommes pas dans le contexte de haute intensité.
19:02– Voilà, c'est exactement ce que je voulais dire.
19:05Et d'ailleurs, là, ce qui est très important avec l'Iran,
19:07on a pour la première fois combattu des drones.
19:09Ça avait eu lieu déjà dans la guerre des 12 jours en juin 2025.
19:12C'est la première fois où la France a fait face à des drones one-way attack,
19:17des drones suicides, des drones kamikazes, et a vraiment combattu.
19:20Et là, on voit qu'on est en train de tuer une mouche avec un bazooka, comme on dit,
19:26et c'est très… voilà, avec les missiles Mika qui coûtent extrêmement cher par rapport…
19:30Donc, il faut trouver des nouvelles solutions.
19:32Et il y a beaucoup de choses à réinventer.
19:36C'est des savoir-faire qui se règlent vraiment au millimètre.
19:40On ne peut pas être comme ça, prêt pour un combat en ayant simplement observé.
19:44Et il faut, comme le disait le général, des échanges, il faut de l'expérience, il faut analyser les…
19:49Oui, mais il faut expliquer aussi aux Français quelle est la menace.
19:52Parce que quand on voit les exercices avec les canons, quand on voit les exercices ici avec les tranchées,
19:57on se dit d'accord, mais qu'est-ce qui nous menace, nous, la France ?
20:01Alors, on se doute bien que si on fait ça, c'est pour montrer qu'on a du matériel des
20:04hommes pour pouvoir se déployer.
20:05Mais il faut aussi pouvoir se défendre.
20:08Et là, qu'est-ce qui nous menacerait ?
20:09La menace principale, aujourd'hui, très clairement, c'est la Russie.
20:13Il faut être réaliste.
20:14La Russie est une…
20:15Oui, mais c'est ce que je disais.
20:17On ne va pas faire des tranchées de nouveau, une espèce de ligne Maginot,
20:20pour empêcher les chars russes de rentrer.
20:22Bien entendu.
20:22D'autant plus que nous avons la dissuasion nucléaire.
20:25C'est aussi un élément qui est important.
20:27Mais la seule chose, c'est que nous avons aujourd'hui, par exemple, des forces qui sont déployées en Roumanie
20:30ou dans les États baltes et qui sont confrontés à la menace russe.
20:37Si vous en voyez…
20:37Oui, mais ces États baltes et ces États qui étaient de l'ex-URSS ou du Bloc de l'Est,
20:42ils n'ont pas de frontière avec nous non plus.
20:43Alors, ils ne sont pas très loin, mais ils n'ont pas de frontière avec nous.
20:45En fait, ce qui est très important et ce que nous sommes en train de réapprendre,
20:49c'est qu'aujourd'hui, pour projeter un escadron de chars en Roumanie,
20:55enfin, aujourd'hui, il y a trois ans, il fallait plus de 60 jours
21:00pour avoir un train, pour transporter des véhicules, pour aller de France.
21:05Alors, on écoute le président de la République.
21:06Aujourd'hui, c'est quelques jours.
21:08Donc, le chef de l'État qui arrive au milieu des militaires,
21:11je vous rappelle que nous sommes du côté de Mailly-le-Camp dans l'aube.
21:14C'est l'exercice militaire Orion 26.
21:17Madame la ministre, mesdames, messieurs les parlementaires,
21:23monsieur le chef d'État-major des armées,
21:26monsieur le préfet, monsieur le président du conseil régional,
21:30monsieur le président du conseil départemental,
21:33monsieur le maire, monsieur le chef d'État-major de l'armée de terre,
21:38messieurs les maires, officiers, sous-officiers, caporeaux-chefs,
21:43caporeaux et soldats de l'armée de terre,
21:49je voulais vous dire la fierté qu'il y a la mienne d'être devant vous aujourd'hui.
21:55Et avant de vous dire quelques mots,
22:00honorez la mémoire de vos frères d'armes,
22:05le major Frion,
22:07l'adjudant Montorio
22:08et le sergent Girardin,
22:11morts pour la France,
22:14morts au combat en Irak et au Liban.
22:18En leur hommage,
22:20je vous propose de respecter dès à présent
22:22une minute de silence.
22:25un grand moment,
22:26morts!
22:28Morts!
22:28Morts!
22:29C'est parti.
23:05Merci pour nos morts, pour leurs familles, et j'ai une pensée aussi pour nos blessés. Je sais que leur
23:12combat est difficile et douloureux. Notre présence aujourd'hui est aussi en reconnaissance de cela.
23:21Malgré la gravité de ces mots, de ces moments, je veux ici vous dire la fierté, qui est la mienne
23:29et celle de la ministre des Armées, du SEMA, du SEMAT et des généraux qui m'accompagnent, d'être à
23:37vos côtés pour la conclusion de l'exercice Orion,
23:41qui s'affirme comme un succès et un signal clair envoyé tout à la fois à nos alliés et à
23:47nos adversaires.
23:50Il y a un an, jour pour jour, j'étais déjà au sein de l'armée de terre, sous le
23:57soleil d'Aubagne, pour assister à la cérémonie de commémoration des combats de Cameron
24:03et remettre les certificats de nationalité à trois légionnaires devenus français. Le cadre a radicalement changé, mais être à vos
24:12côtés aujourd'hui, c'est réaffirmer la force de notre armée de terre,
24:17l'esprit de corps et ce sens du collectif. Et ce que j'ai vu aujourd'hui, c'est une
24:24armée qui avance, qui se transforme, qui se modernise, qui est là pour répondre aux défis contemporains
24:31qui sont les nôtres. Et c'est pourquoi cet exercice est si important et vous pouvez être fiers d'y
24:36avoir contribué. Notre armée de terre s'est profondément modernisée,
24:40comme toutes nos armées ces dernières années. J'ai pu voir à vos côtés les derniers équipements que vous avez
24:47touchés. Ils vont continuer de se déployer
24:49conformément aux lois de programmation militaire successives et à la surmarche qui est en train d'être négociée. C'était
24:57une nécessité. Et donc l'armée avance, innove, adopte ces nouveaux équipements,
25:02les transforme, innove elles-mêmes. Je l'ai vu aussi. Ensuite, nous avons vu le défi d'une nécessité pour
25:10les Européens de prendre davantage en charge leur défense
25:13et donc de consolider cette interopérabilité qu'apporte l'OTAN, mais de réussir à agréger autour de nous, avec nous,
25:24d'autres armées européennes.
25:26Je veux ici saluer nos partenaires européens présents à nos côtés, nos amis britanniques et allemands intégrés au sein du
25:37commandement.
25:37Et je salue nos frères d'armes espagnols, grecs, italiens, polonais qui ont aussi contribué à cet exercice.
25:46Merci d'être avec nous ce soir. Votre présence incarne la force dont l'Europe est capable.
25:53Et en effet, à chaque fois ces derniers mois que nous avons conçu des missions importantes pour la sécurité des
26:00Européens,
26:03nous avons pensé la capacité à planifier, la capacité à assurer un commandement et le déploiement de telles opérations.
26:14Et nous avons pensé évidemment des déploiements conjoints.
26:17C'est le sens même de la coalition des volontaires que nous sommes en train d'organiser pour les garanties
26:22de sécurité en Ukraine.
26:23Elles sont sous commandement franco-britannique.
26:27Et cet exercice, Aurion, a permis de tester la robustesse de nombre de ces approches
26:35et nous a permis de conforter à la fois ce qui a été pensé et voulu, et je vous en
26:39remercie pour le commandement,
26:41et également la capacité des Européens à agir ensemble.
26:47Cet exercice nous a montré la crédibilité qu'ont les Européens
26:54à pouvoir déployer ensemble une opération de cette ampleur
26:58et la France à être une nation cadre dans ce contexte.
27:04C'est à mes yeux un message très clair qui est envoyé à nos partenaires ukrainiens
27:10qui nous attendent sur ce registre
27:12et à tous nos frères d'armes européens
27:15qui savent pouvoir s'agréger à de telles missions et travailler à nos côtés.
27:19Je suis là aujourd'hui pour vous dire de continuer à vous battre
27:22pour faire de la France une puissance reconnue par ses alliés
27:26et redoutée par ses ennemis.
27:29Elle illustre chaque jour à quel point notre environnement international se brutalise,
27:33cette actualité que nous vivons,
27:35et nous avons raison de continuer de nous adapter à la menace.
27:43Mais le dernier mot que j'aurai, en étant à vos côtés aujourd'hui,
27:48c'est qu'évidemment, il y a la modernisation en cours,
27:52nos lois de programmation militaire, il y a ce que nous allons continuer de faire.
27:56Évidemment, il y a une France qui, au cœur de l'Europe, avec ses partenaires,
28:01agrège, consolide et sait bâtir une Europe de la défense crédible
28:05pour sa sécurité, la sécurité de ses partenaires de défense
28:09et répondre aux défis contemporains.
28:12Mais derrière tout cela,
28:16il y a notre force d'âme,
28:19les femmes et les hommes qui font nos armées.
28:23Et l'importance d'un exercice comme celui que vous venez de vivre,
28:31c'est aussi de la solidifier.
28:33Et l'importance d'un exercice comme celui qui vient d'être organisé,
28:37c'est de tester la robustesse de notre capacité à résister dans tous les domaines du jeu,
28:42y compris la partie civile,
28:44y compris en engageant, comme vous l'avez fait durant cet exercice, d'autres ministères.
28:49La capacité aussi que nous aurons à intégrer les réservistes,
28:55et nous avons renforcé cela,
28:58et le service national dans quelques semaines.
29:02Mais n'oubliez jamais cela.
29:05C'est vous qui tenez notre capacité d'engagement,
29:09notre efficacité au combat,
29:11notre capacité de résistance,
29:14et à la fin,
29:16la victoire.
29:19Aucun équipement ne le fera à votre place.
29:25Nos frères d'armes ukrainiens,
29:27que vous avez eu l'honneur de former,
29:30ici même,
29:31le démontrent chaque jour.
29:33En février 2022,
29:35il y avait peu d'experts
29:37pour expliquer qu'ils allaient résister.
29:40C'est par leur force d'âme
29:41qu'ils ont tenu.
29:42C'est par leur force d'âme
29:43qu'ils ont innové.
29:44C'est par leur force d'âme
29:46qu'ils ont, pied à pied,
29:48su tenir leur territoire.
29:49C'est un exemple qui doit continuer de nous inspirer.
29:53Je sais une chose,
29:54par l'honneur qui m'est fait depuis
29:56bientôt neuf ans,
29:57d'être là où je suis.
29:59C'est que cette force-là,
30:01nous l'avons.
30:03Et nul ne nous l'enlèvera.
30:06Soyez fiers de cela.
30:08Comme en tout cas,
30:09je suis fier d'être à votre tête.
30:12Car c'est cette force-là
30:14qui est la plus importante
30:15dans les moments
30:16que nous sommes en train de vivre.
30:19Je suis éminemment fier
30:20de notre armée de terre,
30:21de nos armées,
30:22de l'ensemble des frères d'armes
30:23ici rassemblés.
30:25Et je mesure
30:26la révolution du combat terrestre
30:28qui se joue aujourd'hui,
30:30toutes les transformations
30:30que vous avez conduites
30:32et celles qui continueront.
30:33Je suis fier de l'exercice
30:35que vous venez de conduire
30:36et je vous en remercie.
30:38Mais je suis surtout fier
30:40des Françaises
30:41et des Français engagés
30:42que vous êtes
30:42et de cette force-là
30:44qui continuera
30:45de nous tenir.
30:47Vive la République.
30:49Vive la France.
31:01Commencez à l'enconnement.
31:04Bravo !
31:32Sous-titrage Société Radio-Canada
31:35Ces féroces soldats
31:37Ils viennent jusque dans nos bras
31:41Égorger nos fils et nos compagnes
31:47Aux armes citoyens
31:50Prendez vos bataillons
31:54Marchons, marchons
32:00Qu'un sang impur
32:04À bref de notion
32:09Repos !
32:13Voilà, vous venez d'entendre
32:14le discours du président
32:15de la République
32:15quelques minutes
32:16au milieu des armées
32:18au milieu des soldats
32:19à mailler le camp dans l'eau
32:20pour cet exercice
32:21donc Orient 26.
32:23L'important pour le chef de l'État
32:25c'est à la fois la politique
32:26et le militaire
32:27s'adresser aux armées
32:28s'adresser à nos compatriotes
32:29pour dire
32:31la France doit redevenir
32:33une puissance
32:33ce qu'il avait déjà dit
32:34une puissance qui est regardée
32:36une puissance qui est redoutée
32:37Oui, c'est ce qu'il dit
32:38depuis des mois
32:39pour être respecté
32:40il faut être craint
32:41et donc c'est l'objet
32:42de ce type de déplacement
32:44c'est d'envoyer des images fortes
32:46de redire bien évidemment
32:48à ceux qui l'écoutent
32:49des soldats
32:49sa fierté
32:50de ce qu'est aujourd'hui
32:51l'armée française
32:52et puis d'essayer d'envoyer
32:53un message
32:54à nos alliés européens
32:55non seulement sur notre force
32:56mais sur la volonté aussi
32:57de développer davantage
32:58l'Europe de la défense
33:00c'est un souhait
33:01d'Emmanuel Macron
33:01depuis toujours
33:02il pousse
33:04on ne peut pas dire
33:05que ça a énormément avancé
33:06sous ses deux mandats successifs
33:09malgré ses efforts
33:11mais voilà
33:11c'est un message
33:12qu'il voulait aujourd'hui renvoyer
33:13et puis il insiste
33:14sur la modernisation
33:15de cette armée
33:15et en effet
33:17ça avait été l'objet
33:17ça d'un discours
33:18du Premier ministre
33:19qui avait dit par exemple
33:20que la France
33:21allait investir
33:21plus de 8 milliards d'euros
33:23supplémentaires
33:23vous savez
33:24pour des commandes de munitions
33:25pour davantage de lutte
33:27contre anti-drone
33:29qu'il fallait revoir nos modèles
33:30qu'on créait aussi
33:31France Munition
33:32enfin
33:32qu'on essayait de renforcer
33:34nos points faibles
33:35dans les années à venir
33:36avec aussi une augmentation
33:37du budget de la France
33:38et puis Emmanuel Macron
33:39a rendu un hommage
33:41aux trois soldats français
33:43tués
33:43on rappelle au passage
33:44qu'il n'avait pas pu
33:46alors pour des raisons d'agenda
33:47mais se rendre aux hommages
33:49qui leur ont été rendus
33:49Général Pédistrandi
33:51c'est un discours volontaire
33:54mais un discours mesuré
33:55aussi du Président de la République
33:56alors c'est pas un discours
33:57de va-t'en-guerre
33:58ce n'est pas un discours
33:59à la mode Trump
34:00c'est un discours
34:00posé simplement
34:02pour donner le cadre
34:03d'évolution de l'armée française
34:04exactement
34:05et qui est dans la continuité
34:06des discours
34:07qu'il a prononcés
34:08je pense
34:09enfin depuis le début
34:10de l'année
34:11notamment autour
34:12de la dissuasion nucléaire
34:13là il s'adressait
34:14donc à l'armée de terre
34:16on n'est pas rentré
34:17dans le détail
34:18sur ce que doit faire la France
34:19ce que va faire la France
34:20ce qui était important
34:21c'est de dire
34:22que c'est un signal
34:23envoyé à nos alliés
34:25donc les partenaires européens
34:27donc ça c'est un élément
34:28qui est essentiel
34:29cette dimension européenne
34:30et puis il emploie
34:32le mot adversaire
34:33c'est pas anodin
34:35c'est-à-dire que
34:35nous sommes confrontés
34:36aujourd'hui
34:37à des menaces directes
34:38face à des adversaires
34:39et notamment
34:40on en a parlé
34:41donc sur la Russie
34:43à plusieurs reprises
34:45il a parlé de l'Ukraine
34:46ça c'est un élément
34:47qui est extrêmement important
34:47c'est-à-dire qu'effectivement
34:49on est focalisés
34:50nous sommes tous focalisés
34:51sur ce qui se passe en Iran
34:52mais la guerre en Ukraine
34:54est une réalité
34:55Vladimir Poutine d'ailleurs
34:57profite entre guillemets
34:58de la non-fenêtre médiatique
35:01pour essayer
35:03de faire craquer les Ukrainiens
35:04et il n'y arrive pas
35:05et puis avec un élément
35:07qui est récurrent
35:09dans le discours
35:10d'Emmanuel Macron
35:11vis-à-vis des armées
35:11et qui a été très inspiré
35:13par le précédent
35:14chef d'état-major des armées
35:15le général Thierry Burkhardt
35:17sur la nécessité
35:18de la force d'âme
35:19c'est-à-dire qu'effectivement
35:21un soldat
35:22il peut avoir
35:22un très bon équipement
35:23s'il n'a pas la force d'âme
35:24ça ne sert à rien
35:25et justement
35:25c'est ça ce qui est intéressant
35:26c'est que
35:27ça ne se décrète pas
35:27la force d'âme
35:28non ça ne se décrète pas
35:29ça se construit
35:30c'est la nation
35:31qui se construit
35:32et ça c'est un élément
35:33qui est important
35:34donc un discours
35:35très concentré
35:35vous avez vu
35:36ça n'a pas duré
35:36longtemps
35:37moi j'étais surpris
35:39on le voyait
35:40à travers l'écran
35:40la minute de silence
35:41pour nos camarades morts
35:43était d'une intensité
35:44très forte
35:45et on pouvait penser
35:47que tous les soldats
35:48présents
35:49partageaient
35:49cette émotion
35:51donc
35:52et puis même
35:52c'est assez
35:53c'est assez rare
35:54vous savez
35:54quand un président de la République
35:55s'adresse devant les armées
35:56et bien
35:58les soldats ont applaudi
36:00d'habitude
36:01on est au garde à vous
36:02et là
36:03oui il était
36:04il avait le costume
36:05parce que ça veut dire
36:06que c'est quelque chose
36:07enfin
36:07ils ont applaudi
36:08parce qu'ils sont aux ordres
36:09et on leur dit
36:10les gars faut applaudir
36:11après le discours du président
36:12de la République
36:12c'est spontané
36:14vous pensez réellement
36:15et bien oui
36:15il y a le fait
36:17qu'il y a cette fierté
36:20du soldat
36:20quel que soit le grade
36:21du caporal au général
36:23le soldat a besoin
36:23que le chef des armées
36:24soit là
36:24le président de la République
36:25il était là
36:25et fasse passer un message
36:26et ça c'est extrêmement important
36:29Thierry ?
36:30oui il était là
36:30effectivement
36:31alors comme le relevait
36:32à Normandine
36:33il n'était pas là
36:33au moment des cérémonies
36:35pour les deux soldats
36:36au grand dommage
36:39on peut le relever
36:40parce que c'est lui
36:41le chef des armées
36:42c'est lui qui a à cœur
36:42de montrer qu'il est
36:44dans ce rôle
36:44et on peut imaginer
36:45qu'il aurait pu aménager
36:46son agenda
36:47pour être présent
36:48mais c'est vraiment
36:50une démonstration de force
36:51qu'il a voulu faire
36:52aujourd'hui
36:53dans les mots
36:54et dans les images
36:55bien sûr
36:56après lorsqu'on dit
36:57faire de la France
36:58une puissance redoutée
36:59c'est pas forcément
37:00la formule la plus à droite
37:01parce que si on peut faire
37:02une puissance redoutée
37:03ça veut dire
37:03par définition
37:04qu'elle ne l'est pas
37:05complètement aujourd'hui
37:06alors c'est une façon
37:06de justifier l'effort
37:08à faire
37:08bien sûr
37:09mais c'est aussi
37:10une façon de reconnaître
37:11qu'il y a encore
37:12du chemin accompli
37:13oui il y a un discours
37:16qui est vraiment
37:17volontariste
37:18voilà volontariste
37:19où on veut montrer
37:21que cet exercice
37:22a été une réussite
37:23c'est vraiment
37:24un déploiement
37:25très conséquent
37:26avec des moyens logistiques
37:27qui sont vraiment
37:2812 500 militaires
37:30voilà
37:311800 véhicules
37:32800 drones
37:33on est vraiment dans des
37:34et surtout
37:35la capacité
37:36à intégrer
37:38des nations alliées
37:40donc le Benelux
37:41l'Espagne
37:42l'Italie
37:43et un autre
37:44que j'oublie
37:45la Grèce
37:45le pays moteur
37:48le pays du Rhin
37:48c'est la France
37:49c'était ça
37:50qu'on devait incarner
37:51aujourd'hui
37:51c'est important
37:53parce qu'aujourd'hui
37:54les centres de commandement
37:55et de communication
37:57de contrôle
37:58comme on dit
37:59sont très importants
38:00là ils représentaient
38:01plus de 1000 soldats
38:04pour le centre
38:04qui était à Lille
38:06et c'est quelque chose
38:07d'assez conséquent
38:09il faut vraiment
38:10pouvoir intégrer
38:10et surtout
38:11faire circuler
38:11les informations
38:12aujourd'hui
38:13on est à l'heure
38:13de la numérisation
38:14des forces
38:15c'est à dire
38:16qu'auparavant
38:17les engins
38:18sur le terrain
38:20communiquaient
38:20par radio
38:21maintenant ils échangent
38:22de plus en plus
38:22des informations numériques
38:24un peu comme si
38:24vous partagiez
38:25votre position
38:26avec un ami
38:27pour dire
38:27je suis à tel endroit
38:28sur une appli
38:30de carte
38:30que je n'aimerais pas
38:31mais vous voyez
38:32vous partagez tout de suite
38:33une information
38:34ou alors votre Uber
38:35il sait exactement
38:37où vous êtes
38:37votre VTC
38:38pardon
38:38et c'est pas la même chose
38:41pour les militaires
38:42vous allez dire
38:42la cible est là
38:43et vous allez l'envoyer
38:44avec un appareil
38:46ça doit être sécurisé
38:46c'est compliqué
38:47et donc c'est un renouvellement
38:49complet
38:49des systèmes de commandement
38:50et de contrôle
38:51qui sont beaucoup plus conséquents
38:52qui doivent être plus fluides
38:53et ça c'est ce qu'incarne
38:55cet exercice
38:55c'est cette capacité
38:56à faire fonctionner
38:57une armée très technologisée
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