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  • il y a 2 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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00:00Antoine, que l'on retrouve maintenant, parce que vous évoquiez un cessez-le-feu entre le président Trump et la
00:04presse,
00:04celui qui nous intéresse de cessez-le-feu, il se passe surtout au Moyen-Orient.
00:08Et là, c'est entre les États-Unis et l'Iran.
00:12On s'interroge, effectivement, Antoine, est-ce que la guerre va reprendre ou pas ?
00:16Est-ce que les hostilités vont reprendre ?
00:21Manifestement, Donald Trump n'a pas envie que ça reprenne, pour une raison d'abord technique et politique.
00:26Si la guerre excède 60 jours, Donald Trump est obligé de demander au Congrès un accord, un feu vert.
00:33Sauf que, tant qu'il y a un cessez-le-feu, a priori, le compte des 60 jours est reporté.
00:40Donc, Donald Trump n'a pas envie que ça reprenne.
00:42Ce qu'on a appris aujourd'hui, en tout cas par le média Axios, c'est que les Iraniens ont
00:47transmis aux Américains
00:49une nouvelle proposition pour mettre fin à la guerre, proposition en deux temps.
00:55Premier temps, on s'occupe de la navigation autour du détroit d'Hormuz.
00:58Ça veut dire qu'à la fois les Iraniens et les Américains acceptent de lever leur blocus.
01:02Et une fois que ça s'est réglé, on s'attaque au dossier de fond, c'est-à-dire la
01:06question du nucléaire.
01:07Et on négocie, on se met autour de la table pour trouver une solution.
01:10Sauf que Donald Trump ne veut surtout pas que ça fonctionne de cette façon.
01:13Il ne veut pas procéder de la sorte parce qu'il est convaincu que le blocus qu'il impose sur
01:17le pétrole iranien,
01:18c'est le meilleur moyen d'obtenir des concessions de la part de l'Iran.
01:21Il est convaincu que c'est le meilleur levier, le meilleur atout dans sa manche pour les faire céder.
01:25Il sait que ça coûte beaucoup d'argent à l'Iran.
01:27Il évoque une somme de 500 millions par jour.
01:30Il évoque aussi des problèmes techniques pour les Iraniens, c'est-à-dire que les Iraniens produisent beaucoup de pétrole.
01:33Mais s'ils n'arrivent pas à l'exporter, il dit que ça va créer des bouchons dans les pipelines
01:37et que les pipelines finiront par imploser.
01:39Il dit même que ça pourrait arriver très rapidement d'ici les prochains jours.
01:42Donc Donald Trump ne veut pas se priver de ce moyen de pression.
01:45Et on est donc dans une impasse, en tout cas au niveau des discussions,
01:47avec d'un côté les Iraniens qui sont prêts à séquencer les discussions
01:51et en face un Donald Trump qui veut négocier tout, tout de suite et en même temps.
01:55Antoine Ellard donc à Washington pour BFMTV.
01:57L'arme du amiral, l'arme du blocus, est-ce qu'elle peut être la plus efficace aujourd'hui
02:03puisque les combats ont cessé, les hostilités ont cessé ?
02:06Non, c'est une arme, un blocus naval qui, je le rappelle, concerne non pas le détroit d'Ormouz
02:12mais les ports iraniens.
02:14C'est une arme assez redoutable parce que ça asphyxie petit à petit les arrivées
02:19et les départs par voie maritime.
02:21Je rappelle que tout ce qui transite par voie maritime aujourd'hui,
02:24ça représente 80% du commerce mondial.
02:27Donc on découvre là un nouveau mode d'action qui est la prise d'otage des flux maritimes
02:33dans un endroit géographique qui est très particulier et qui ne peut pas être contourné.
02:37Donc c'est d'un bord comme de l'autre, un moyen de pression extrêmement efficace.
02:44Maintenant on est dans la gestion du temps, c'est-à-dire qui va craquer le premier ?
02:48Donald Trump dit qu'il a le temps mais pas tout à fait.
02:51Les Araniens disent qu'ils ont le temps mais pas tout à fait non plus.
02:54Donc on est dans une sorte de jeu de poker menteur sur le temps aujourd'hui
02:58qui débouchera un jour ou l'autre.
03:00Parce qu'aujourd'hui l'Iran a des moyens de sortir,
03:02de contourner ce blocus.
03:03Des moyens qui sont évidemment non optimaux,
03:05ça ne permettra jamais à l'Iran bien sûr de contourner complètement.
03:08Mais de fait, entre d'un côté des exportations ferroviaires
03:10par le Turkménistan et l'Asie centrale,
03:12qui sont limitées, qui sont chères,
03:14qui n'ont rien à voir avec mettre 2 millions de barils sur un VLCC,
03:17donc un grand pétrolier, et les faire partir par la mer.
03:20Mais ça c'est un moyen.
03:21Le deuxième moyen, c'est la route terrestre qu'on est en train de voir
03:24entre le nord-ouest de l'Iran et l'Irak.
03:27La troisième route, c'est la route terrestre là encore
03:29qu'on est en train de voir entre le Balouchistan pakistanais
03:32et le Balouchistan iranien.
03:34C'est-à-dire, en l'occurrence, là, cette fois-ci,
03:35à la frontière sud-est du pays.
03:37Et le quatrième élément, ce sont les quelques navires
03:40qui, du coup, ont réussi à sortir jusqu'à maintenant
03:42un peu moins de 10 millions de barils de pétrole.
03:44Donc c'est rien par rapport à ce que l'Iran sort habituellement.
03:47On se parle d'habitude de 1,2 à 1,5 million de barils par jour.
03:51Là, on se parle donc de moins de 10 millions de barils
03:52depuis le début du blocus.
03:55Et là, le seul moyen de sortir pour les Iraniens,
03:57c'est de faire en sorte que les navires épousent
03:59le plus possible la côte iranienne,
04:02puis ensuite déchargent du manier ou du nôtre,
04:05ou alors continuent de passer,
04:05le long de la côte pakistanaise ou indienne.
04:07C'est la seule manière dont ils ont réussi
04:09à sortir quelques barils.
04:10Et sinon, il y a eu même une cinquième route,
04:12mais je vais faire très court,
04:13c'est l'idée de faire des transferts par bateau
04:15dans les eaux irakiennes, par exemple,
04:16avec des navires irakiens, pourquoi pas,
04:18qui ressortiraient ce pétrole
04:19et qu'ils ne seraient plus des navires iradiens sous sanction.
04:21On a François Morizur qui est avec nous,
04:22ancien capitaine de fréate et des commandos marines,
04:25qui est spécialiste de la sécurité maritime.
04:27Bonsoir, François Morizur.
04:28Mais un blocus n'est pas 100% imperméable,
04:32on est d'accord.
04:33Il peut quand même y avoir des petits couloirs
04:36où les navires peuvent passer.
04:38Oui, oui, oui, tout à fait.
04:40Je vais rejoindre votre poste avant internant.
04:42Effectivement, il y avait une compagnie
04:45de sécurité maritime hier
04:46qui donnait 19 navires qui avaient transité
04:50dans l'étroit d'Ormuz,
04:52dont la majeure partie qui était sortant.
04:55Alors, il y avait quelques cas particuliers ce week-end.
04:57Il y avait un super yak russe
04:59qui appartient à un dark russe,
05:02Mosdab-Badov, qui est passé,
05:03alors que cette personne est sous sanction.
05:06Vous avez un bateau, le Savant,
05:07qui est un LPG tanker,
05:08c'est-à-dire ces gros bateaux
05:10avec ces grosses citernes
05:11qui est sorti, le Savant,
05:14et qui a été intercepté par les Américains.
05:16Par contre, vous avez deux gros tankers,
05:19l'Océan Jet et le Lumena,
05:20qui sont sous sanction
05:22et qui, eux, pour le moment,
05:24naviguent et sont sortis d'Ormuz.
05:27Et ce qu'il faut également savoir,
05:28c'est que deux gros tankers
05:30qui avaient été interceptés par les Américains
05:32le 21 et le 23 avril,
05:36ont repris leur route
05:37et sont en train actuellement
05:39de naviguer vers l'ouest,
05:41donc vers la côte est africaine,
05:44semble-t-il,
05:45sans autres entraves.
05:46– Mais François-Maurice,
05:48ils sont sortis,
05:50on les laisse sortir
05:54ou ils se sont fait avoir ?
05:56Parce qu'on se dit quand même
05:57avec les moyens de surveillance
05:59dont disposent les Américains,
06:01que ce soit les moyens de renseignement
06:02par les airs, par les mers,
06:05des bateaux de 100 mètres de long
06:07qui puissent sortir comme ça,
06:08c'est bizarre.
06:09– C'est la majeure partie
06:11sortis avec l'AIS en fonction,
06:13c'est-à-dire qu'ils sont visibles debout d'ailleurs,
06:15comme moi.
06:17Il y a un autre point
06:18qu'il faut prendre en compte
06:19concernant certains navires,
06:20c'est que la marine indienne
06:22et la marine pakistanaise
06:23ont installé un système d'escorte militaire
06:26à la sortie des droits d'Ormuz
06:28pour escorter les navires
06:30qui sont chargés de pétrole,
06:32de gaz qui leur sont destinés.
06:34– Ok, on a mieux compris comme ça.
06:38François Morizur,
06:38je vous remercie d'avoir été avec nous.
06:39Je disais, l'autre pôle aujourd'hui
06:41qu'il faut surveiller,
06:42c'est la Russie.
06:43C'est ce qui se passe à Saint-Pétersbourg
06:44parce que Vladimir Poutine
06:46y a reçu le ministre iranien
06:48des Affaires étrangères
06:49et Vladimir Poutine se voit bien
06:51en monsieur bon office,
06:53diplomatique,
06:54enfin il veut tout faire
06:55pour amener la paix dans la région,
06:56il le dit lui-même.
06:58– Je voudrais que vous transmettiez
07:00mes remerciements les plus sincères
07:02et que vous confirmiez
07:03que la Russie, tout comme l'Iran,
07:04a l'intention de poursuivre
07:06nos relations stratégiques.
07:08Nous voyons avec quel courage
07:10et quel héroïsme
07:11le peuple iranien se bat
07:12pour son indépendance
07:13et sa souveraineté.
07:14Bien sûr, nous espérons vivement
07:16que fort de ce courage
07:17et de cette volonté d'indépendance,
07:19le peuple iranien,
07:20sous la houlette d'un nouveau dirigeant,
07:22surmontera cette période difficile
07:23et que la paix s'installera.
07:26– Alors là, à quoi jouent Poutine
07:28et les Iraniens, Lova ?
07:29– À mon sens,
07:30il fait le plus gros hold-up géopolitique
07:34depuis peut-être le début du conflit
07:36qui l'oppose à l'Ukraine.
07:37Puisqu'en fait,
07:38on parle d'une solution
07:40qui avait déjà été évoquée,
07:41vous savez,
07:41dans le cadre du traité,
07:43enfin de l'accord de Vienne
07:44sur le nucléaire,
07:45qui devait entrer en vigueur en 2015.
07:47Vous savez qu'il n'a pas été
07:49mis en place
07:50à cause du retrait américain.
07:52Et effectivement,
07:52dans le cadre du JCPOA,
07:53il avait été évoqué
07:54le fait que la Russie
07:55puisse transporter l'uranium enrichi
07:58dans le cadre de l'enrichissement iranien,
08:01puisqu'en fait,
08:02le socle de cet accord,
08:04c'était conserver pour les Iraniens
08:05ce droit à l'enrichissement.
08:07Et en fait,
08:08la contrepartie,
08:08c'est qu'ils ne conservent pas
08:10cet uranium enrichi
08:11pour proliférer.
08:12Donc,
08:12c'était une espèce d'équilibre fragile,
08:14mais un équilibre pratique.
08:16Là,
08:16ce que fait la Russie,
08:18c'est pas seulement
08:19de nous aider,
08:20entre guillemets,
08:20à faire du déplacement géographique
08:22de la matière
08:23qui pourrait nous intéresser.
08:24Il faut rappeler
08:24que les Iraniens
08:25ont proposé,
08:26dans le cadre
08:26des différentes modifications,
08:28de dire,
08:28écoutez,
08:29nous,
08:29on veut juste avoir le droit
08:30d'enrichir
08:30pour conserver cette capacité.
08:32L'uranium qu'on enrichit,
08:33le stock,
08:34on vous le donne.
08:34Et effectivement,
08:36la Russie
08:37pourrait être une solution.
08:38Ah oui,
08:39on vous le garde au frais, quoi.
08:40Oui, voilà,
08:41c'est ça.
08:41Mais en fait,
08:42qu'est-ce qu'on fait ?
08:43En faisant ça,
08:44on déplace
08:45une question géographique,
08:46où effectivement,
08:47ils peuvent nous dire,
08:48mais on devient dépendant
08:50géopolitiquement de la Russie.
08:51Et là,
08:52ça pose
08:52d'autres problèmes.
08:53Ça veut dire que,
08:54par le problème iranien,
08:56les Russes redeviennent
08:57un acteur
08:57avec lequel nous devons parler,
08:59négocier sur des sujets
09:00d'autant plus stratégiques,
09:02dangereux,
09:02notamment pour l'Europe.
09:04Alors,
09:04est-ce que les Américains
09:05vont s'aider ?
09:06Il semble qu'au départ...
09:06Ça veut dire que les Américains
09:07se font avoir,
09:08là, sur ce coup-là,
09:09ou pas ?
09:09C'est plus nous,
09:09si ça passe,
09:10que les Américains.
09:11Je pense que les Américains
09:12ont besoin de marquer le coup,
09:14de maintenir la bride
09:16sur le rapport de force.
09:17Autre point,
09:18et c'est peut-être le piège,
09:19puisque la Russie,
09:22les accords avec l'AEA,
09:24entre l'Iran et l'AEA,
09:25aujourd'hui,
09:26récupère le combustible
09:27utilisé pour Boucher,
09:28cette centrale civile,
09:30dont, je le rappelle,
09:31les kilos d'uranium enrichis
09:33ne sont...
09:34En fait,
09:35part de Russie,
09:36alimentent la centrale de Boucher,
09:38et le combustible utilisé
09:39repart en Russie.
09:40Donc,
09:40ils n'ont pas de stock d'uranium, là.
09:42Donc,
09:42il faut rappeler que
09:43les sites de natance
09:44et d'enrichissement
09:45ne sont que faits
09:46pour maintenir un savoir-faire.
09:47C'est important
09:47de faire la différence.
09:48Donc,
09:49on va dire,
09:49cette route d'uranium
09:50de matière fissile,
09:52Oui, mais les 400 kilos,
09:53ces fameux 400 kilos,
09:54ils sont où, aujourd'hui ?
09:55Alors, on ne sait pas.
09:55Justement,
09:56c'est un peu...
09:57C'est la quête d'Illiana Jones, là.
09:59Je crois que si quelqu'un le savait,
10:00ça serait vraiment...
10:00Bien sûr.
10:01Non, mais est-ce qu'il pourrait être en Russie ?
10:03Mais c'est intéressant de ça.
10:04Non, je ne crois pas.
10:04Non, mais en fait...
10:05C'est peu probable.
10:06Mais en fait,
10:07ce qui est certain,
10:07il y a plusieurs thèses.
10:09Moi, je fais partie de ceux
10:10qui considèrent qu'à minima,
10:11une partie ne se trouve plus en Iran.
10:13Mais il y a peut-être
10:14une autre partie
10:15qui se trouve bien enfouie
10:17à Natanz,
10:17comme ça a été dit,
10:18les fameux 200 kilos
10:19dont Raphaël Grossi...
10:20C'est le site nucléaire de Natanz.
10:21Effectivement.
10:22Ils sont dedans,
10:22mais en fait,
10:23ils sont condamnés
10:23par un site
10:24qui a été lui-même bombardé
10:25et dont l'accès sont,
10:26en plus,
10:27non seulement devenus complexes,
10:29mais les Iraniens,
10:30depuis le début de la trêve,
10:31vous savez,
10:32ont renforcé
10:33le blocus,
10:33entre guillemets,
10:34de ce propre site.
10:35Donc, aujourd'hui,
10:36il n'est pas,
10:37on veut dire,
10:37accessible pour les Iraniens
10:38et encore moins pour les Américains.
10:40Vladimir Poutine,
10:40lorsqu'il reçoit
10:41à sa demande,
10:42parce que j'imagine
10:43que ce n'est pas Vladimir Poutine
10:44qui l'invite,
10:44le ministre iranien
10:45des Affaires étrangères,
10:46lorsqu'il le reçoit
10:47à sa demande,
10:48à la demande de Téhéran,
10:49il est là,
10:50il le reçoit en majesté
10:52très heureux
10:52d'être revenu
10:53au centre du jeu,
10:54mais il attend quelque chose
10:55de concret des Iraniens.
10:56Qu'est-ce qu'il peut avoir,
10:58Vladimir Poutine,
10:59dans cette histoire ?
11:00Il est remis au centre du jeu,
11:01c'est ça ?
11:01Il pourrait avoir ça
11:03si jamais cette solution
11:05de stocker l'uranium
11:06très enrichi en Russie,
11:09l'uranium iranien,
11:10était acceptée
11:11par les Américains,
11:12ce qui, encore une fois,
11:12me semble assez invraisemblable.
11:14Mais pour lui,
11:15ça serait évidemment
11:16une sorte de jackpot,
11:18parce qu'il pourrait avoir
11:19entre les mains
11:21un levier extraordinaire
11:23vis-à-vis des États-Unis
11:24et peser dans cette négociation.
11:26Mais vous savez,
11:27on a écouté...
11:27Et faire plier l'Iran,
11:28on imagine Vladimir Poutine
11:29faire plier l'Iran ?
11:30Non, faire plier les Américains,
11:31en tout cas tenir les Américains
11:33à la gorge avec ça,
11:34sur ce dossier iranien,
11:36mais aussi sur le dossier de l'Ukraine
11:37et sur tous les autres dossiers
11:38qui intéressent les deux pays.
11:40Mais vous savez,
11:41on a écouté tout à l'heure
11:42la déclaration de Poutine.
11:44Ça serait intéressant
11:45de regarder les communiqués
11:48ou les déclarations
11:48qui ont été faites
11:49par les Russes
11:50au mois de juin 2025,
11:52lorsque la délégation iranienne
11:54a fait la même démarche.
11:55Au moment de la guerre
11:57des 12 jours,
11:58les Iraniens sont venus
11:59demander aide et assistance
12:00aux Russes,
12:01qui les ont chaleureusement reçus
12:03et les ont envoyés promener
12:05en même temps,
12:05en leur disant,
12:06écoutez, on vous aime beaucoup,
12:07mais on ne peut rien faire pour vous.
12:09Donc, il n'y a pas eu de suite,
12:10ils n'ont pas bougé une oreille.
12:11Et là, c'est un peu
12:12ce qui est en train de se passer aussi.
12:14Les Iraniens, quand même,
12:15s'ils font cette démarche,
12:17alors,
12:17Araqchi,
12:18avec ou sans
12:19le concours
12:20des gardiens
12:21de la révolution,
12:21ils représentent quand même
12:23la République islamique d'Iran,
12:24si Araqchi fait cette démarche,
12:26c'est qu'ils ont besoin des Russes,
12:27ils ont besoin d'aide.
12:28C'est un peu, quand même,
12:29un aveu de faiblesse
12:30d'être obligé
12:31d'aller demander
12:33le soutien
12:34de la grande puissance.
12:35Les Iraniens ne se mettent pas
12:36dans la main des Russes,
12:37quand même.
12:38Moi, je crois qu'il s'agit
12:40d'un déplacement d'opportunité.
12:43Je crois que les Américains
12:45tentent de faire passer l'Iran
12:46pour un pays paria,
12:47qui est le régime iranien,
12:49comme peu recommandable.
12:51Et là, on voit que non,
12:54ils ont encore des alliés,
12:55et que ces alliés, d'ailleurs,
12:56ils font partie de l'organisation
12:58de coopération de Shanghai.
13:00Donc, c'est aussi une manière
13:02à la fois pour l'Iran
13:04de montrer qu'ils ne sont pas seuls,
13:06et une manière pour Poutine
13:07de se remettre au centre du jeu.
13:09Donc, c'est un partenariat
13:11gagnant-gagnant,
13:12si je puis dire, en quelque sorte.
13:14En tout cas,
13:14ceux qui sont perdants pour le moment
13:15sont les pays du Golfe,
13:16avec la crise dans le détroit d'Hormuz.
13:19On va voir ça avec Hugo Sma,
13:21qui est à Doha, au Qatar,
13:22pour BFM TV,
13:23parce qu'il y a certains
13:25cesser le feu,
13:25mais des négociations
13:27qui s'enlisent,
13:28et les économies
13:29de ces pays
13:30qui souffrent, Hugo.
13:33Oui, évidemment,
13:34puisque les économies
13:35des pays du Golfe
13:36sont essentiellement liées
13:37à l'export du pétrole.
13:39Ici, on a les plus gros producteurs,
13:41les plus gros exportateurs
13:42de pétrole au monde,
13:43et le détroit d'Hormuz,
13:44eh bien, c'est 15 à 20%
13:46du pétrole dans le monde
13:47qui passe par ce détroit,
13:48et aujourd'hui,
13:49eh bien, tout est à l'arrêt.
13:50Alors, forcément,
13:51les économies des pays,
13:53ici, sont extrêmement touchées
13:55par cette guerre.
13:56Il y a un autre point,
13:57également, pour eux,
13:58c'est le tourisme,
13:59parce qu'ici, eh bien,
14:00c'est la deuxième région
14:01au monde,
14:02avec la plus forte croissance
14:04touristique,
14:04et là, c'est pareil,
14:05eh bien, la guerre
14:06vient impacter énormément
14:08ces recettes potentielles.
14:10On pense notamment
14:11aux Émirats Arabes Unis,
14:12qui sont particulièrement touchés,
14:13avec Dubaï,
14:13qui a l'aéroport,
14:15le plus gros hub international,
14:17qui existe, donc,
14:18au monde,
14:19qui se situe à Dubaï,
14:20et là, eh bien,
14:21il y a énormément
14:21de vols annulés.
14:22On parle de 30 000 vols annulés
14:24depuis le début de la guerre
14:25sur toute la région,
14:25donc, évidemment,
14:26ça a un impact absolument
14:28énorme sur les économies,
14:29ici.
14:30Et puis, il y a l'Iran,
14:31aussi, extrêmement touché,
14:34notamment par le blocus américain,
14:36qui représenterait
14:38un manque à gagner
14:38de 450 millions de dollars
14:40par jour,
14:41selon le Wall Street Journal,
14:41qui écrivait ça
14:42il y a quelques jours.
14:44Et puis,
14:45l'économie locale,
14:46également, en Iran,
14:47aujourd'hui,
14:47les médias locaux
14:49disent qu'il y a environ
14:5170% d'inflation en Iran
14:52si le blocus continue.
14:54Et si les tirs,
14:55les attaques américaines
14:57reprenaient,
14:57eh bien,
14:57on pourrait même monter
14:58à une inflation
14:59de 120%
15:00des chiffres absolument énormes.
15:02Voilà,
15:02Hugo Smaï,
15:03Clément Gros-Dodier,
15:04en direct de Doha.
15:05Au Qatar,
15:06le président de la République
15:07a fait allusion,
15:07bien sûr,
15:08à ce qui se passe là-bas,
15:09parce que ça a un impact
15:10sur les carburants,
15:12ça a un impact
15:12sur l'économie.
15:13Emmanuel Macron
15:14qui est en Andorre,
15:14aujourd'hui.
15:30Il faut qu'on ouvre
15:34ce fichu Détroit,
15:35c'est ça qui nous met dedans,
15:36enfin,
15:36qui nous fout dedans,
15:37selon l'expression
15:38d'aujourd'hui présidentielle.
15:39Il a raison,
15:40on voit,
15:40les compagnies aériennes
15:41sont obligées de s'adapter,
15:42Transavia qui va annuler
15:432% de ses vols
15:44entre les mois de mai
15:45et les mois de juin,
15:46parce que le prix du kérosène
15:47devient très cher,
15:49vite que ça se débloque là-bas.
15:50Oui,
15:50et puis on a vu KLM
15:51annuler 80 liaisons,
15:53on a vu Lufthansa
15:53annuler 120 liaisons,
15:55ce qui fait 20 000 vols
15:56en règle générale,
15:57donc des petits vols,
15:58mais quand même.
15:58Ici,
15:59effectivement,
15:59il y a un impact
16:00en termes de ce qu'on appelle
16:01la destruction de demandes,
16:02c'est-à-dire que si le pétrole
16:04est trop cher,
16:04en gros,
16:05vous avez deux solutions
16:06pour la faire courte,
16:07soit vous allez effectivement
16:07faire du quoi qu'il en coûte,
16:09donner des aides à tout le monde,
16:10n'importe comment,
16:11ou de manière plus ou moins stratégique,
16:12là je parlais à l'échelle mondiale,
16:14je me limiterais pas à la France,
16:15soit,
16:16deuxième solution,
16:16vous laissez faire
16:17la destruction de demandes.
16:18Et donc,
16:19il y a même des pays,
16:20effectivement en Asie,
16:20qui sont dans une situation
16:21exsangue,
16:22mais telle,
16:22je pense au Sri Lanka,
16:23je pense aux Philippines,
16:25je pense à...
16:25Bref,
16:25où en fait,
16:26l'enjeu ici,
16:27c'est de,
16:27par l'État,
16:28prendre des décisions,
16:29quelque part,
16:30de confinement énergétique.
16:31En tout cas,
16:31c'est comme ça que ça a été présenté
16:32déjà depuis la fin du mois de mars.
16:34Et donc,
16:35l'enjeu,
16:35c'est par exemple
16:36de favoriser le télétravail,
16:37c'est de réduire la journée de travail,
16:39la semaine de travail
16:40de cinq jours à quatre jours.
16:41Tous ces éléments-là
16:42sont en train de se mettre en œuvre
16:43et ça va jusque dans des économies
16:44tout à fait modernes
16:45comme la Corée du Sud
16:46ou comme l'Australie
16:47et même en Californie.
16:48J'insiste sur ce point,
16:49la Californie,
16:50on a tendance à penser
16:51que les États-Unis
16:51sont indépendants énergétiquement
16:52et c'est ce que Donald Trump dit.
16:54La Californie importe
16:5530% de son pétrole
16:56de la zone d'Hormuz
16:57et surtout est dépendante
16:59des Asiatiques
16:59pour faire une transformation
17:01de ce pétrole venant d'Hormuz
17:02en produits pétroliers
17:03qui sont utilisés
17:04par les Californiens.
17:05Il y a eu le langage de vérité
17:06de Patrick Pouyanné,
17:08le patron de Total
17:08ou si on l'a entendu
17:09durant le week-end,
17:11dire si ça continue,
17:12attention,
17:13on risque d'aller
17:15vers de la pénurie.
17:16Pourquoi ?
17:16Parce qu'ils disent
17:16les pays asiatiques
17:17qui ne peuvent pas faire venir
17:18à leur pétrole,
17:19ils vont se tourner
17:20vers les pays
17:21qui produisent pour nous
17:22et ils vont dire
17:22attendez,
17:23nous on en a besoin,
17:24ils vont acheter plus cher
17:25et nous,
17:26on risque d'être impactés.
17:27Donc tout ça,
17:28ce sont des paramètres
17:29à prendre en compte.
17:30Il y a deux volets.
17:32Déjà,
17:33M. Pouyanné,
17:34il parle à l'Aune,
17:35c'est un chef d'entreprise
17:36français, certes,
17:37mais d'une entreprise
17:38qui s'étend dans le monde entier.
17:39Donc il regarde,
17:40effectivement,
17:40il a un équilibre
17:41sur la pro
17:42et sur le prix.
17:43C'est-à-dire que
17:44si effectivement,
17:45comme vous disiez tout à l'heure,
17:46il y a des vases communicants,
17:47il peut effectivement
17:48avoir des gisements
17:49qui continuent à produire,
17:50voire un peu plus,
17:51mais quand vous allez avoir
17:52plus de demandes
17:52sur ces mêmes gisements,
17:54bien évidemment,
17:55les prix vont exploser
17:55et vous aurez des effets
17:57de domino
17:58sur la répercussion des prix.
17:59Donc on a effectivement
18:00ce risque
18:01que tout le monde voit
18:02par ailleurs
18:03à échelle,
18:04on va dire,
18:05moyen-long terme.
18:07Là, c'est pour reprendre
18:07peut-être ce qui a été dit
18:08par le président de la République
18:09qui était beaucoup plus sécurisant
18:10en disant que non,
18:11il n'y a pas de risque
18:12d'approvisionnement.
18:13Là, on est sûr,
18:14actuellement,
18:14il n'y a pas de risque d'approvisionnement.
18:15Il ne faut pas affoler la machine
18:17tant qu'elle n'est pas encore
18:17en train de s'envalier.
18:18Ce que disait Patrick Pouillanais,
18:19il ne faut pas que ça dure.
18:21Là, il n'empêche pas l'autre.
18:23C'est vrai qu'après,
18:23il faut être clair,
18:25il faut dissocier
18:26ce qui se passe aujourd'hui.
18:27Il n'y a pas de risque
18:27d'approvisionnement.
18:28Mais si ça continue,
18:29oui, bien évidemment,
18:30nous serons dans une situation
18:31de crise mondiale.
18:32Dernier mot, Amiral ?
18:33Il faut bien être conscient
18:35que les blocus réciproques
18:38iraniens et américains
18:39ont transformé un fleuve
18:41en ruisseau
18:41et que les 20% de pétrole
18:44qui passaient par là
18:45plus les engrais, etc.,
18:47tout ça est considérablement réduit.
18:48Et oui,
18:49on n'a pas aucun intérêt
18:50à ce que ça dure
18:51et les pays du Golfe
18:52encore moins que nous.
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