- il y a 18 heures
Avec Juliette Anglade, Fondatrice « des roses de Juliette »
Retrouvez C'est Ça La France avec Nathalie Schraen-Guirma tous les dimanches à 12h30.
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00:00Le réseau des chambres de métier de l'artisanat, artisans de la nouvelle économie, présente
00:06Sud Radio, C'est ça la France, Nathalie Schrengerma
00:10Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans C'est ça la France, l'émission qui met en lumière
00:14ceux qui font bouger nos territoires.
00:16Aujourd'hui on reçoit une femme qui s'est lancée dans un projet fou, relancée la culture de la rose
00:21de bouche en France.
00:23Juliette Anglade a recréé de toutes pièces une filière qui avait totalement disparu depuis le Moyen-Âge.
00:29Ce n'est pas de la décoration, c'est de l'agriculture, du goût, du patrimoine.
00:33Elle a redonné vie à des variétés historiques pour en faire des produits d'exception.
00:38Alors comment passe-t-on d'une ancienne vie à la terre ? Comment remonte-t-on une filière de
00:43zéro ? On en parle avec elle.
00:45Sud Radio, C'est ça la France.
00:48Merci d'être avec nous au micro de Sud Radio, Juliette Anglade. Comment allez-vous ?
00:52Très bien, merci. C'est le printemps, les fleurs sont là.
00:55Ah oui, les fleurs, oui, c'est vrai. Votre nouvelle passion.
01:00Alors, Juliette, avant les roses, vous aviez une autre vie.
01:03Expliquez-nous un peu quel a été le déclic, le moment précis où vous avez décidé de tout quitter pour
01:08devenir agricultrice.
01:10Oui, alors j'étais chercheuse à l'INRA, l'Institut National de la Recherche Agronomique.
01:15Je m'occupais déjà de questions agricoles, mais j'avais envie d'aller plus loin dans ce qu'on pouvait
01:22faire concrètement
01:23pour refaire vivre une agriculture moderne qui répond aux attentes des consommateurs,
01:30qui soit aussi l'excellence à la française.
01:33Et il y a eu un déclic autour de la rose qui était cultivé dans le jardin familial par ma
01:39grand-mère, par ma mère.
01:42Et puis, la rose en bouche aussi.
01:44Parce que quand j'étais enfant, Pierre Hermé a créé un gâteau qui s'appelait Lyspain,
01:51qui associe la rose, la framboise.
01:52Qui est toujours là d'ailleurs, qui est toujours proposée.
01:54Qui est toujours là, c'est son gâteau phare.
01:56Voilà, donc c'est rose, lit, chiffre, ramboise.
01:59Et bien, elle a créé dans mon salon, parce que maman a créé son premier livre, Plaisir sucré.
02:04Voilà.
02:05Et donc, un jour, je me suis dit, tiens, il y a beaucoup de choses qui correspondent.
02:10J'avais un patrimoine familial, une bâtisse historique, dont il fallait aussi penser l'avenir.
02:17Il y avait tous ces rosiers dans le parc.
02:19J'étais à Washington en tant que chercheuse.
02:22Et j'ai eu un déclic.
02:24Je me suis dit, il faut rentrer.
02:25On ne peut pas laisser ce patrimoine sous des immeubles.
02:29Voilà, il y a eu des projets d'urbanisation.
02:31Il faut sauver les roses.
02:33Il faut sauver les roses.
02:34Parce que ça a un vrai changement de vie.
02:36Vous quittez Washington.
02:37Vous arrivez dans la campagne de Metz, c'est ça ?
02:40Autour de Metz ?
02:41Oui, c'est ça.
02:42Je suis autour de Metz, à quelques kilomètres au sud de Metz,
02:44sur les coteaux de Moselle,
02:46qui ont une très longue histoire d'arboriculture fruitière.
02:49C'était le pays de la fraise.
02:50Ça a disparu aussi.
02:52Donc, je me suis dit, il faut vraiment qu'on refasse vivre l'agriculture de ces coteaux.
02:57Aujourd'hui, vous avez 1,5 hectare de roses anciennes à parfum en agroforesterie.
03:04Vous produisez de l'hydrolat de roses, des sirops, des gelées.
03:07Vous êtes installée depuis 2023.
03:10Et pourquoi avoir choisi justement la rose comestible ?
03:13C'est justement par rapport à ses souvenirs d'enfance ?
03:15Le fait que plus personne n'en cultivait en France ?
03:19Oui, chez ses souvenirs d'enfance, c'est le fait aussi...
03:22Je suis très gourmande.
03:24J'ai été dans l'univers des pâtissiers dès l'enfance.
03:27Et alors, je trouvais que l'odeur délicieuse des roses anciennes du jardin de ma grand-mère
03:33n'avait rien à voir avec les arômes de synthèse qu'on colle à la rose partout.
03:37C'est assez à la mode, mais ça sent le savon.
03:40Et je me disais, quand on sent une rose, elle ne sent pas le savon.
03:43Et alors, j'ai commencé à faire des recherches, à faire des tests de distillation.
03:47Parce que pour extraire son arôme, il faut la distiller dans des alambics.
03:51Et je me suis rendue compte que ces roses anciennes, en fait,
03:54elles avaient un parfum sucré, elles sentent le litchi, elles sentent la framboise,
03:58elles sont délicieuses.
04:00Simplement, on les a délaissées parce qu'elles produisaient moins.
04:02Voilà, on a standardisé les choses.
04:04Et ce qui est terrible d'ailleurs, c'est qu'aujourd'hui, quand on va chez un fleuriste,
04:07les roses n'ont quasiment plus de parfum.
04:11Alors que la rose a un parfum exceptionnel.
04:13Alors, pour ceux qui nous écoutent, certains doivent se dire,
04:15mais attendez, mais la rose en France, il y en a.
04:17On pense notamment à la rose de Damas.
04:19Pour la parfumerie, oui, du côté de Grasse notamment.
04:22Mais ce n'est pas votre secteur.
04:23Vous, c'est vraiment la rose de bouche, la rose comestible.
04:26C'est ça.
04:27Alors, on peut manger la rose de Grasse.
04:29Mais enfin, on va avoir ce petit goût un peu cosmétique, un peu savon,
04:32parce qu'elle est un peu épicée.
04:34Alors que les roses qu'on appelait galiques, galiques, donc vraiment les roses qui poussaient en France au Moyen-Âge,
04:41qui étaient dans les clots des monastères, à l'ombre des arbres fruitiers, souvent,
04:45ces variétés-là, on les a oubliées, alors qu'on en faisait des confiseries délicieuses au Moyen-Âge.
04:51Il y a la rose de Provins.
04:53Oui, bien sûr.
04:55Mais alors, cultiver la rose, qu'on comprenne bien ce changement de vie, ce n'est pas de tout repos.
04:59Expliquez-nous, justement, le temps que ça prend pour la cueillette, ensuite pour la distillation, la transformation.
05:06Oui, c'est un travail, c'est vraiment un travail agricole.
05:09Donc, on est au chevet des roses comme on est au chevet d'une vigne.
05:12Donc, il faut désherber les pieds, parce que moi, je fais le choix aussi d'une agriculture qui se passe
05:18de plastique.
05:19Donc, elles ne sont pas cultivées sur des bâches plastiques.
05:22Elles ne sont pas cultivées avec du glyphosate.
05:24Donc, c'est beaucoup de choix pour la qualité du produit et de l'environnement qui font que c'est
05:29un travail manuel.
05:30Donc, il faut aussi aller cueillir les roses tous les matins, très tôt, avant que le soleil ait fait évaporer
05:37l'essence dans l'air.
05:38Parce qu'alors, on a tout raté.
05:39Oui, mais j'imagine que c'est toujours un moment que vous appréciez profondément.
05:43Ce moment où vous allez justement cueillir ces roses, les sentir, voir un petit peu si la production est bonne
05:49cette année.
05:51Oui, oui, la récolte, c'est le plus beau moment.
05:54Alors, ça dure, c'est très éphémère parce que les roses anciennes, elles ont cette particularité de ne fleurir qu
06:00'au mois de mai.
06:00Alors, c'est pour ça qu'on les a délaissées au profit de variétés qui fleurissent tout au long de
06:06l'été, à l'automne,
06:08et qu'on a obtenues en les croisant avec les roses venues de Chine.
06:11C'est comme ça, les roses modernes qui ont perdu leur parfum.
06:13C'est le croisement entre nos roses galliques avec les roses venues de Chine.
06:17Mais alors, tactiquement, comment fait-on pour retrouver tous ces plans qui n'existaient plus ?
06:25Comment vous avez fait ? Parce que là, c'est carrément un travail de détective, d'historienne.
06:29Oui, alors...
06:30Parce que je rappelle, vous avez 250 variétés, dont la plupart ne sont plus cultivées depuis le Moyen-Âge.
06:37Voilà.
06:37Aujourd'hui, il n'y a plus qu'une variété qui domine le marché mondial, qui est produite en Bulgarie
06:43massivement,
06:43une variété de roses de Damas.
06:45Et toutes celles que j'ai retrouvées, elles existaient, mais elles existaient dans les jardins de particuliers.
06:50Elles existaient chez les collectionneurs.
06:52Elles n'existaient plus pour la production.
06:55Mais j'ai fait le tour des jardins botaniques du monde.
06:58J'ai des amis qui sont même allés m'en chercher en Iran, parce qu'on en a dans les
07:02montagnes d'Iran.
07:04Donc ça a été un travail de quelques années qui continue.
07:07Si certains ont des variétés de roses anciennes dans leur jardin, ça m'intéresse.
07:13Mais c'est vraiment, c'est presque le parcours du combattant, quoi.
07:16Pour retrouver, obtenir justement, retrouver un petit peu toutes ces roses un peu partout.
07:21C'est un travail de longue haleine.
07:23C'est une quête de collectionneurs, d'historiens.
07:27Parce que, aussi dans l'histoire, moi j'ai été attachée à refaire vivre un savoir-faire très ancien,
07:33qui date de l'an 1000, qui avait été inventé en Perse par le médecin Avicenne.
07:37C'est une distillation à l'eau, qui nécessite énormément de fleurs.
07:40Il faut à peu près 800 fleurs pour faire un litre.
07:43Alors c'est énorme.
07:45On ne trouve plus du tout ça aujourd'hui.
07:47C'est très dilué.
07:49800 fleurs pour faire un litre.
07:51Oh là là.
07:52Et c'est vrai qu'au-delà de votre exploitation, vous avez recréé toute une filière.
07:55Donc c'est vraiment, le projet c'était aussi de redynamiser votre coin de campagne,
08:01de créer de l'intérêt chez d'autres producteurs.
08:04C'est ça.
08:04Alors c'est le tout début.
08:06Moi je sers un peu de vitrine, le projet est jeune, mais il y a de l'engouement.
08:11Donc je suis à la recherche de surface, d'investisseurs, pour faire une montée à l'échelle
08:18et permettre de réoffrir ce produit un peu plus largement.
08:22Parce que là, pour l'instant, j'ai des demandes de quelques palaces, des chefs étoilés,
08:28mais je voudrais que ça puisse être plus largement accessible.
08:31Alors justement, qui sont vos clients ?
08:33Ce sont donc ces grands chefs, ces pâtissiers ?
08:37Qui sont vos clients aujourd'hui ?
08:39Alors, j'ai quand même beaucoup de vie locale.
08:42Ça a pris un engouement très important, parce qu'aussi on peut visiter le jardin.
08:48Il y a une vraie clientèle locale.
08:51Et puis après, j'ai des sollicitations pour des plus gros volumes, justement par des palaces.
08:55Mais pour l'instant, je ne suis pas en mesure d'y répondre,
08:57parce qu'il faut vraiment énormément de fleurs pour faire quelques gouttes
09:01qui peuvent venir aromatiser les pâtisseries.
09:04Donc c'est vraiment le début d'une aventure.
09:07Mais oui, 2023, c'est récent, ça fait trois ans seulement.
09:11Voilà.
09:11À peine trois ans.
09:12J'ai montré que c'était possible, que ça marchait, que ces variétés étaient là,
09:15qu'elles avaient un intérêt pour une qualité aromatique vraiment d'excellence,
09:21que nos terroirs pouvaient fournir ça.
09:24En Lorraine, on a des sols profonds.
09:26C'est extraordinaire, parce qu'on ne peut pas qu'ils diraient ces rosses-là en série.
09:29Qu'est-ce que ça apporte, justement ?
09:32On a des sols profonds qui retiennent l'eau.
09:34Ah oui.
09:34Donc ça convient à ces vieilles variétés galliques qu'on avait dans les clos des monastères,
09:39et qui vont avoir besoin d'eau pour pousser.
09:43Donc on peut vraiment avoir une différenciation française sur la culture de la rose
09:47par rapport à des importations massives de Perse, etc.
09:51Et elles ne sont pas impactées par, justement, le dérèglement climatique ?
09:55Si. Alors moi, je m'appuie sur mon expérience de chercheuse en sciences de l'environnement
10:01pour concevoir des parcelles et des systèmes qui me permettent de me passer d'irrigation
10:06et d'apporter de l'ombre aux rosiers.
10:08Alors je cultive des arbres fruitiers de plein vent, des mirabelliers, des pommiers,
10:13des poiriers, des cerisiers, à l'intérieur des champs de rose.
10:16Ah oui.
10:18Ça leur apporte de l'ombre, donc elles supportent mieux les fortes chaleurs.
10:21C'est ça. Il y a tout un système qui est mis en place d'agroforesterie, justement.
10:25Voilà. C'est vraiment repenser la place de l'arbre pour apporter de l'ombrage,
10:32pour retenir l'eau dans les sols, et aussi pour produire une production complémentaire.
10:36Parce que c'est pareil, la production de fruits en France, elle est mise à mal,
10:41alors qu'on a des terroirs qui nous font des fruits vraiment excellents.
10:45Quelles sont les plus grandes difficultés, j'allais dire, au quotidien ?
10:49C'est-à-dire, ce qui est le plus compliqué à gérer depuis que vous êtes lancée ?
10:56C'est de convaincre, de faire réexister quelque chose qui n'existe pas,
11:02et de se projeter dans le très long terme.
11:04Parce qu'entre le moment où on plante un rosier,
11:07et où il va venir à production, il y a 7 ans.
11:08Donc, il faut aller voir les banquiers, dans 7 ans, ça va être fantastique !
11:12Donc, c'est quand même...
11:15Mais là, il commence à y avoir du retour.
11:17Je me suis installée en 2023, mais j'avais commencé avant à planter,
11:21et maintenant, ça a commencé à aller.
11:23Mais c'est vrai que convaincre, quand on propose quelque chose que le marché ne connaît pas,
11:28sur le long terme, c'est difficile.
11:31Il faut se projeter.
11:32Mais il faut se projeter, il faut y croire, il faut...
11:37Bon, je me suis appuyée sur mon bagage scientifique aussi,
11:40pour asseoir une crédibilité autour de ce projet.
11:42Et puis, aujourd'hui, il marche, quoi.
11:44La demande est plus que là.
11:46C'est moi qui n'arrive pas à y répondre pour l'instant.
11:50Oui, et ça, c'est important, effectivement.
11:51Ça montre qu'il y a un vrai potentiel,
11:53et peut-être aussi convaincre...
11:55Vous arrivez à convaincre peut-être d'autres producteurs
11:57à se lancer, de faire en sorte, en fait, que ce coin de France
12:00devienne la référence pour la rose comestible.
12:05Oui, alors bon, c'est vraiment le début, mais c'est l'idée.
12:07Moi, j'ai des jeunes, là, qui viennent travailler sur la ferme,
12:12et puis c'est réapprendre ça, c'est émerveillé.
12:15Alors, c'est vrai que c'est quand même aussi une culture
12:17qui porte cette notion de beauté, de fragilité, d'émerveillement.
12:24C'est une vraie porte d'entrée aussi pour aller vers...
12:27Je pense que l'agriculture française, en général,
12:30au-delà de la rose, a à se positionner sur l'excellence.
12:34Et ça, c'est une façon de remettre un fleuron aussi en avant.
12:40J'ai surtout l'impression que, d'une manière générale,
12:42en France, on doit se positionner sur l'excellence.
12:44C'est vraiment le seul moyen, finalement, de vraiment se démarquer
12:48et de proposer...
12:49C'est la montée en gamme.
12:50Oui, la montée en gamme.
12:52On ne peut pas...
12:53Moi, je ne pourrais jamais concurrencer de la main-d'œuvre bulgare
12:57ou de la main-d'œuvre d'Inde pour produire du volume.
13:00Donc, quand j'ai des industriels qui sont venus me voir,
13:04le trajet, il est autre.
13:06Il est une montée d'échelle, mais en montée de gamme.
13:08Et voilà, on ne peut pas faire juste massivement de la quantité.
13:11Là, on n'y arrivera jamais
13:13parce que c'est extrêmement demandeur en main-d'œuvre.
13:15Chaque fleur est cueillie à la main chaque matin.
13:19On ne cueille que la fleur épanouie du matin.
13:23On ne cueille pas celle de la veille.
13:24On ne cueille pas celle d'après-midi.
13:25Donc, il faut passer en revue les 3000 rosiers tous les jours
13:28et cueillir la bonne fleur.
13:30Donc, ça, c'est la main humaine.
13:32Oui, c'est la main humaine.
13:33Mais comme vous en parlez, il y a de la poésie
13:35dans votre façon de parler de cette cueillette.
13:39Vraiment, la rosée du matin qui doit être présente.
13:41Il faut que la fleur soit épanouie.
13:45Oui, ça l'a inspiré tous les poètes
13:47depuis la nuit des temps, la rose.
13:49Est-ce que c'est un peu comme pour les vendanges ?
13:52Vous avez donc cette période en mai.
13:53Vous avez besoin de main-d'œuvre
13:54pour justement vous aider à cueillir
13:58ou bien vous la trouvez plutôt facilement ?
14:02C'est plutôt facile parce que c'est quand même assez plaisant
14:06de lire des roses, même si on se griffe les bras.
14:12Alors, parce que pour l'instant,
14:13je suis quand même à une petite échelle aussi.
14:15Ce n'est pas des besoins importants.
14:17Donc après, je verrai.
14:19C'est sûr qu'on a beaucoup plus de mal
14:21à trouver du monde pour désherber,
14:24pour cueillir les fruits.
14:26Oui, c'est quand même une problématique.
14:29Et pour ceux qui nous écoutent,
14:30qui aimeraient découvrir ce jardin qui est ouvert,
14:33c'est ça ?
14:33Vous faites des visites également
14:34pour faire découvrir les variétés.
14:35Comment fait-on pour vous retrouver ?
14:37Alors, c'est ouvert tous les mercredis après-midi.
14:40On visite libre.
14:41On peut...
14:42Alors, il faut venir en Moselle.
14:43Ce n'est pas loin de Metz.
14:45Il y a un train qui vient jusqu'à notre village,
14:48aussi sur Moselle.
14:49Et puis ensuite, je vous accueille l'après-midi.
14:51On peut se promener dans le jardin
14:53et on peut découvrir la petite boutique sur place.
14:56Rappelez-nous le nom, justement, de ce domaine.
14:59Les roses de Juliette.
15:00Les roses de Juliette.
15:02De Juliette Anglade,
15:03qui en parle très, très bien.
15:05Et puis, en plus, je trouve que c'est...
15:06Comment dire ?
15:07Ça doit être aussi pour vous une satisfaction
15:09de faire vivre ce domaine familial, quoi.
15:12Et ces roses qui ont fait partie de votre enfance,
15:14de vous dire que, voilà,
15:15ces roses de vos grands-parents
15:16sont toujours là à travers vous,
15:18puis vous les magnifiez.
15:19C'est ça.
15:20Et ça provoque de l'émerveillement.
15:22Et moi, j'ai choisi le mercredi après-midi
15:24pour que les enfants puissent venir
15:26et s'émerveiller d'un jardin au naturel.
15:29En fait, on découvre les roses.
15:30On découvre, comment dire, un patrimoine aussi.
15:34Donc, il y a toute une histoire derrière.
15:36Voilà.
15:37Des façons de cultiver,
15:40du réapprendre le sauvage,
15:42la fausse tardive,
15:43les insectes pollinisateurs,
15:45le parc arboré.
15:46On entend énormément les oiseaux.
15:48C'est toute une expérience sensorielle.
15:50En tout cas, vous en parlez très, très bien, Juliette.
15:53Merci encore, Juliette Anglade.
15:55C'est vous qui avez créé les roses de Juliette.
15:58Merci d'avoir été au micro-dessus de Radio
16:00et de nous avoir raconté l'histoire
16:03de ces roses anciennes
16:04et comment vous vous battez au quotidien
16:05pour les faire revivre
16:07et faire en sorte d'augmenter la production,
16:09mais toujours en respectant le sol,
16:13l'agroforesterie.
16:14Mais du mal en général,
16:15je trouve que les jeunes
16:16qui se lancent dans l'agriculture,
16:17qu'on reçoit souvent au micro de Sud Radio,
16:19sont très sensibles à l'agroforesterie,
16:21ce qui est plutôt encourageant.
16:23Merci en tout cas, Juliette Anglade.
16:26Merci, merci à vous pour l'invitation.
16:28Bonne journée à vous
16:29et on va se quitter un court instant
16:30puis on se retrouve juste après
16:32avec Thibaut, notre French Trotter.
16:33Le réseau des chambres de métiers
16:35et de l'artisanat,
16:36artisans de la nouvelle économie présente
16:40Sud Radio Cécile à la France,
16:42Nathalie Schrengerma.
16:43Et nous voilà de retour dans Cécile à la France,
16:45l'émission du savoir-faire français.
16:47Il est temps d'aller se balader
16:49avec Thibaut, notre French Trotter.
16:52Sud Radio Cécile à la France,
16:54avec Thibaut le French Trotter.
16:56Bonjour Thibaut.
16:56Bonjour Nathalie.
16:57Alors, vous nous emmenez où aujourd'hui ?
17:00Eh bien Nathalie, une fois n'est pas coutume,
17:02on quitte l'Hexagone,
17:03mais sans aller bien loin,
17:05direction l'Italie,
17:06de l'autre côté du tunnel du Mont-Blanc,
17:08dans une vallée alpine
17:09où se mêlent influences françaises et italiennes.
17:11Nous partons à la découverte
17:13de la vallée d'Aost,
17:14une région autonome
17:15où la langue française est encore bien présente
17:17et où les savoir-faire se croisent.
17:19Pour comprendre cette histoire singulière,
17:21j'ai rencontré Claudia,
17:23guide conférencière à Aost.
17:24Elle nous replonge dans le passé de cette vallée.
17:27La vallée d'Aost est une région
17:28très très particulière.
17:29Elle se situe à la frontière
17:31avec la France et la Suisse,
17:33donc vraiment dans l'angle nord-ouest de l'Italie.
17:35Et c'est une région
17:36qui a toujours eu une vocation
17:37de terre de passage
17:38parce qu'ici est toujours passée
17:39une route importante
17:40pour franchir les Alpes.
17:41Donc la première route
17:42avait été construite par les Romains.
17:44On a des vestiges romains
17:45très intéressants dans la vallée.
17:47Et puis la même route
17:47a continué à être utilisée
17:49au cours du Moyen-Âge.
17:50On a 120 châteaux à la vallée d'Aost
17:52qui devaient surveiller cette route.
17:53Et donc c'est une vallée
17:54qui n'est pas refermée sur elle-même
17:56mais qui a toujours été ouverte.
17:58Et donc c'est une région
17:59qui a les montagnes
18:00les plus hautes d'Europe.
18:01Donc on a des stations de ski
18:02très intéressantes.
18:03On a le parc national du Grand Paradis.
18:05Donc l'été aussi,
18:06il y a beaucoup de personnes
18:07qui viennent faire la randonnée.
18:09En plus, c'est une région
18:10qui parle français aussi
18:11parce que nos ancêtres
18:12jusqu'à la fin du 19e siècle
18:14ont parlé seulement français
18:15vu que la vallée d'Aost
18:16faisait partie des domaines
18:18de la maison de Savoie.
18:19Donc elle s'est développée
18:20dans une ère francophone.
18:21Puis les Savoies sont devenus rois d'Italie
18:23et donc l'italien a été introduit
18:25mais seulement à la fin du 19e.
18:27Donc notre histoire, en fait,
18:28est écrite en français.
18:29Nos villages ont des noms français
18:31et on parle un patois franco-provençal.
18:34Je pense à dire aussi
18:34que c'est la première région du monde
18:36où le français est devenu langue officielle
18:38avant la France moderne.
18:40Oui, c'est vrai.
18:41On est passé du latin au français
18:44même avant la France moderne.
18:47Oui, c'était au 16e siècle.
18:49Est-ce que vous pouvez dire quelques mots
18:50sur la ville d'Aost ?
18:51On dit que c'est la petite Rome des Alpes.
18:53Oui, on l'appelle souvent comme ça
18:55justement parce qu'elle a
18:56beaucoup de vestiges de l'époque romaine.
18:58Elle avait été fondée par les Romains
19:00justement à la croisée
19:01entre les routes qui menaient
19:02vers les deux cols
19:03du petit et du grand Saint-Bernard
19:04vers l'Alpis-Grail
19:05et l'Alpis-Pénine.
19:06Elle a encore les remparts
19:07qui sont très bien conservés.
19:08Le théâtre romain.
19:10On a l'arc d'Auguste
19:11qui avait été régi
19:11en l'honneur de l'empereur Auguste
19:13qui avait fondé la ville.
19:14Et puis, il y a la partie souterraine
19:16du foran romain
19:17qui est très intéressante
19:18le cryptoportique.
19:20Et puis, il y a toute la partie médiévale
19:22notamment le complexe de Saint-Ours
19:24avec son beau cloître du XIIe siècle.
19:26Justement, on parle de Saint-Ours.
19:27C'est un personnage très important
19:29pour la vallée,
19:30pour la ville d'Aost.
19:31Pouvez-vous nous raconter son histoire ?
19:32Oui, c'est un prêtre
19:33qui avait vécu au VIe siècle
19:36en ville
19:36parce qu'ici, on a l'extérieur des remparts
19:38et puis il est sorti
19:39à fondé un nouveau monastère
19:40à l'extérieur des remparts.
19:42Et donc, ce monastère s'est développé.
19:44Il a ce prénom un peu bizarre
19:46Ours.
19:46Il est beaucoup vénérant
19:47à la vallée d'Aost.
19:48Et Saint-Ours,
19:50à Saint-Ours,
19:51c'est dédié à la foire
19:52de l'artisanat typique
19:53parce qu'il était un artisan.
19:54Il faisait des sabots en bois
19:55et puis il les distribuait aux pauvres.
19:57C'est une histoire étonnante.
19:58Et cette proximité finalement
20:00avec la France
20:00semblait être un vrai atout
20:02pour la région.
20:03Absolument,
20:03notamment pour le tourisme.
20:05J'ai rencontré Willy,
20:06directeur de la station de ski
20:07de Pila,
20:08relié directement à la ville d'Aost
20:10par télécabine.
20:11Il m'a expliqué
20:12ce qui rapproche aujourd'hui
20:13la vallée d'Aost de la France.
20:14On prend de la hauteur,
20:16on monte dans les hauteurs d'Aost
20:17et on l'écoute.
20:19Avoir la langue qui nous aide,
20:20c'est un facteur en plus
20:22dans le tourisme.
20:23On est content pour ça
20:24parce qu'on arrive
20:25à les accueillir mieux.
20:26On est bilingue à l'école,
20:27on apprend le français.
20:28C'est-à-dire qu'il y a
20:29six heures d'italien,
20:31il y a six heures de français.
20:32Et aussi,
20:33depuis les hauteurs de Pila,
20:34on a une vue magnifique
20:35sur les sommets français.
20:37On voit le Mont-Blanc
20:38du côté français,
20:39les Grandes Juras,
20:40le Dandigien,
20:41vraiment tout.
20:42C'est-à-dire que là,
20:43avec la nouvelle remontée mécanique
20:45qui monte jusqu'à 2750 mètres,
20:48on a choisi de faire
20:49un point d'observation
20:50réservé pas qu'aux skieurs,
20:52mais ouvert même aux piétons
20:54et vélos.
20:55Il y a une chose aussi
20:56qui nous intéresse ici,
20:57c'est que la station du Pila
20:58a bénéficié du savoir-faire français
21:00à travers son architecte
21:01qui était français.
21:02Oui, bien sûr.
21:02Pila, c'est des alpages.
21:04Laurent Chapitre,
21:05dans les années 60,
21:06c'est l'architecte
21:07qui a bâti les arcs
21:08et d'autres superstations
21:09en France.
21:10Le premier projet,
21:11c'est à lui.
21:12C'était super,
21:12c'était ski au pied,
21:13c'était un peu
21:14la station de l'avenir
21:17pensée dans les années 70 et 60.
21:19Ah là là,
21:20ça donne vraiment envie
21:21de découvrir
21:21cette vallée d'Aost.
21:23La semaine prochaine,
21:24vous nous parlez de quoi, Thibault ?
21:25Justement,
21:25de la fameuse foire
21:26de Saint-Ours.
21:28Celle qui est évoquée
21:29par Claudia.
21:30Voilà, exactement.
21:31Eh bien voilà,
21:31rendez-vous la semaine prochaine
21:33pour en parler.
21:34Merci à vous,
21:35chers auditeurs.
21:36On se donne rendez-vous
21:37la semaine prochaine,
21:38même jour,
21:39même heure
21:39et même radio.
21:40Et surtout d'ici là,
21:41portez-vous bien.
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