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  • il y a 2 heures
Avec Tristan Rodriguez - Vice-Président Groupe Kramer


Retrouvez C'est Ça La France avec Nathalie Schraen-Guirma tous les dimanches à 12h30.

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##C_EST_CA_LA_FRANCE-2026-02-22##

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News
Transcription
00:00Artisans, porteurs de projets, apprentis, les chambres de métier et de l'artisanat vous accompagnent.
00:05La CMA, artisans de la nouvelle économie, présente
00:09Sud Radio, c'est Sala France, Nathalie Schrengerma.
00:12Mesdames, Messieurs, bonjour et bienvenue dans ces Sala France, l'émission du savoir-faire français.
00:17On est ravis de vous retrouver tous les dimanches pour parler de France, d'industrie.
00:21Attention, pas d'industrie fantasmée ni de slogan, une industrie réelle, vivante, enracinée dans les territoires.
00:27Notre invité du jour incarne cette nouvelle génération de dirigeants qui ont fait un choix contre-courant.
00:32Produire en France, c'est important, relancer des sites historiques, investir dans le temps long.
00:38Il s'appelle Tristan Rodriguez, il est vice-président du groupe Kramer et président de Horus.
00:44On en parle avec lui tout de suite dans C'est Sala France.
00:47On va revenir sur cette aventure industrielle emblématique, la renaissance de la jurassienne de céramique française.
00:53L'ancien site Jacob de Lafon qui a été fondé à la fin du 19e siècle.
00:57Il a été menacé de fermeture, relancé en 2021 et en 2025.
01:01Ce site produit à nouveau.
01:02Il crée de la valeur, il forme des équipes, il prouve qu'une autre voie est possible pour l'industrie
01:08française.
01:09Sud Radio, c'est Sala France.
01:11Merci d'être avec nous, Tristan Rodriguez.
01:14Merci à vous, merci pour votre invitation.
01:16Au micro de Sud Radio.
01:18Alors, votre histoire est d'abord familiale.
01:22Vous avez grandi dans une entreprise qui a été fondée par votre père.
01:25Et donc, c'était, comment dire, il a fallu pour vous trouver votre propre voie sans trahir l'héritage familial.
01:32Oui, tout à fait, c'est ça.
01:33Alors, avec une histoire, effectivement, pour dire quelques mots du groupe Cramer, nous sommes fabricants français de robinetterie et de
01:40céramique sanitaire.
01:41Comme vous l'avez très justement souligné, fondée et créée par mon père, Manuel Rodegas, qui est toujours à la
01:47manœuvre.
01:47C'est l'agent d'avoir un papa jeune, donc travailler en famille, c'est aussi du pur bonheur.
01:52C'est une chance.
01:53Un atelier Lorrain, c'était en Lorraine.
01:55Oui, tout à fait.
01:55Nous avons aujourd'hui quatre sites de fabrication, trois en France et un en Italie.
02:00Et le site historique est basé à Éteint, dans la Meuse.
02:03Nous en avons un autre à Barres, en Alsace, et un autre dans le Jura, donc le site historique de
02:08l'ancien site Jacob de Lafon qui est devenu la Jurassienne de Cerny.
02:12À quel moment l'entreprise est passée, donc on l'a bien compris, d'un savoir-faire technique autour de
02:15la robinetterie,
02:16à une véritable vision industrielle beaucoup plus globale ?
02:20Écoutez, moi j'interviens il y a dix ans maintenant.
02:23Au départ, le groupe Cramer, enfin qui n'était pas un groupe, qui était juste une société,
02:27était spécialisé dans la fabrication uniquement de robinetterie.
02:30Et c'est rapidement imposé, grâce à la vision de père, sur les marchés qu'on appelle de MDD,
02:35donc les marques de distributeurs, donc les marchés OEM,
02:38avec un partenaire qui est toujours notre partenaire et qui nous fait confiance depuis de nombreuses années,
02:43qui est le groupe Saint-Gobain.
02:44Donc on s'est vraiment spécialisé dans un premier temps dans la fabrication, je dirais, de ces produits dits MDD.
02:50Et puis le succès nous a amené à considérer, je dirais, plutôt de la croissance externe.
02:55Donc nous avons acheté une première société, donc Horus, labellisée entreprise du patrimoine vivant,
03:00qui est elle spécialisée dans la robinetterie de luxe,
03:03et qui équipe les plus beaux palaces, hôtels, et résidences en France et à l'international.
03:10Et depuis 2021, désormais, nous sommes également fabricants de ceramiques,
03:15avec le sauvetage de la jurassienne de ceramiques, anciennement Jacob de Lafon.
03:20Oui, vous avez repris ce site industriel centenaire, menacé de fermeture.
03:24Du coup, ça permet de sauver aussi le savoir-faire.
03:28Qu'est-ce qui vous a convaincu, justement, de prendre le risque de relancer l'usine Jacob de Lafon ?
03:35Écoutez, je crois qu'avant d'être un centre de profit, et j'en suis fier,
03:38notre groupe est avant tout un centre de valeur,
03:40et nous sommes des fervents défenseurs du savoir-faire français.
03:44Donc c'est-à-dire que notre mission, c'est vraiment de préserver ces savoir-faire,
03:48de les transmettre, parce qu'on considère qu'ils sont plus grands que nous,
03:51et cette histoire nous dépasse, et il faut absolument transmettre ces savoir-faire,
03:54et les faire rayonner en France et à l'international.
03:57Et quand on apprend, en 2021, la fermeture de ce site historique,
04:01c'est un peu comme si vous fermiez l'Olympia,
04:03c'est peut-être pas la salle dernier cri, mais c'est ça qui a le plus d'histoire,
04:07parce que c'est sur ce site qu'a été inventée la salle de bain moderne,
04:11par Émile Jacob et Maurice Lafon.
04:13Alors, je n'aurai pas l'autre occudence de demander à vos auditeurs de penser à nous
04:16la prochaine fois qu'ils sont sous la bûche,
04:18mais sachez que c'est vraiment sur ce site qu'a été inventée la salle de bain moderne.
04:21Donc, en tant qu'industriel et fervent défenseur du savoir-faire français,
04:25il nous était impossible et même insupportable d'imaginer la fermeture de ce site-là.
04:30En fait, il faudrait presque parfois avoir des cours d'histoire d'entreprise
04:33pour rappeler l'histoire de ces savoir-faire,
04:35pour justement rappeler l'importance de sauver toutes ces industries qui ferment.
04:42Est-ce qu'il faut être finalement un vrai fervent défenseur,
04:44en vous écoutant, du savoir-faire pour se lancer dans une telle folie, j'allais dire ?
04:47Se lancer à un tel défi ?
04:50Oui, je pense que folie est le terme employé et le plus juste.
04:54Après, bien évidemment, quand on s'engage dans une telle aventure,
04:58on ne peut pas être seul.
05:00On a été accompagné effectivement par les pouvoirs publics, par nos partenaires.
05:04Je citerai volontairement Saint-Gobain et le groupe Tereva
05:07qui nous ont appuyé dès le départ justement sur la reprise d'un site
05:10qui fait quand même 80 000 m² de bâtiments, je vous laisse imaginer.
05:13Et à l'époque, 150 salariés, il fallait repartir vraiment véritablement sur un nouveau projet.
05:20Et pour ça, vous ne pouvez pas y arriver seul.
05:21Donc, il fallait avoir une vision, il fallait avoir le marché, du volume
05:25et la possibilité, je dirais, d'inscrire ce savoir-faire dans une vision très longue.
05:31Aujourd'hui, l'industrie, c'est ce qu'on dénonce un petit peu en tant que chef d'entreprise.
05:36On est un petit peu tous agacés de ça, c'est effectivement derrière les discours et les postures,
05:40il faut surtout une vision qui s'inscrit dans une temporalité beaucoup plus longue
05:44que des mandats politiques.
05:46Donc voilà, c'est clairement le pari que nous avons fait,
05:49ce qui nous apporte aussi une vraie complémentarité de produits au sein du groupe Kramer
05:52puisqu'aujourd'hui, on a une vision globale de la salle de bain
05:55et on est capable d'apporter à nos clients en France et à l'international
05:59sur différents niveaux de marché, une vision, une expérience client,
06:02utilisateur globalisé sur l'ensemble de la salle de bain.
06:06Alors qu'on comprenne bien, c'était vraiment, vous l'avez dit, un vrai pari
06:08parce que tout était à reconstruire.
06:11Donc les équipes, les outils, les gammes, chercher à nouveau des clients.
06:15C'est vrai que vous ne partiez pas d'une page blanche
06:18parce qu'il y a tout le savoir-faire et toute l'histoire de l'entreprise.
06:22Mais finalement, ça a été quoi la difficulté, j'allais dire,
06:24la plus sous-estimée dans cette renaissance industrielle ?
06:28La plus sous-estimée, je ne vous cache pas que ça a été effectivement,
06:33vous êtes au courant, effectivement,
06:36la guerre en Ukraine s'est déclenchée juste après le rachat du site.
06:40Donc nous n'avions pas validé, nous n'avions pas bloqué encore
06:42de contrats d'énergie à l'époque.
06:44Donc nous avions budgétisé une dépense énergétique
06:47qui nous amenait avec valitablement un business plan,
06:50je dirais, très volontairement, si on considère le prix de l'énergie
06:55volontairement haut.
06:56On s'est dit, allez, on va prendre plus large que prévu
06:58pour justement se donner un petit peu de marge de manœuvre.
07:01Et finalement, effectivement, on est passé sur une dépense énergétique
07:04qui nous amenait à 400 000 euros,
07:05plutôt qu'on est passé juste après la guerre à 4 millions.
07:08Vous voyez, donc c'était complètement infaisable
07:10de ne pas repartir dans un processus industriel
07:13qui nous a permis à la fois de nous mettre un petit peu en PLS
07:16et développer énormément de produits.
07:19Cependant, je dirais que notre BP, en fait, notre business plan
07:21qui était justement arrivé à la rentabilité à 3 ans
07:24était décalé d'un an.
07:26Donc quand vous décalez d'un an, eh bien c'est forcément
07:28de la trésorerie que vous brûlez à titre personnel.
07:32Et donc un projet qui prend un peu plus de temps.
07:34Donc je dirais des difficultés, c'est pas simant
07:38quand vous êtes industriel, surtout en France,
07:40mais je pense qu'effectivement, il faut contrecarrer ça
07:43par la vision, par justement avoir des partenaires
07:46qui vous accompagnent sur le long terme.
07:48Et c'est exactement ce que nous avons fait.
07:50C'était un peu, quand on est reparti,
07:52c'était un petit peu en mode start-up.
07:54Grosse start-up.
07:55Mais force est de constater que le pari est gagnant
07:58puisque à l'heure où je vous parle,
07:59eh bien c'est déjà 150 000 pièces de céramique
08:02qui repartent sur ce site.
08:03On embauche encore 60 personnes sur ce site cette année.
08:06Au global, le groupe Cramer, c'est 200 personnes.
08:08On sera à 260 cette année.
08:09Et j'en suis très fier puisqu'on prouve, je dirais,
08:12qu'il est possible de fabriquer en France
08:14tout en étant compétitif.
08:16Et surtout en sauvant des sites industriels
08:19et de manière très intéressante et collective surtout.
08:23Compétitif, ça c'est important de le dire.
08:24Donc produire en France aujourd'hui,
08:26ça ne coûte pas, alors sûrement un peu plus cher,
08:29mais on peut rester compétitif tout de même.
08:33Il faut l'être.
08:34Je crois que ce discours Made in France
08:36où le Made in France coûterait 30, 40, 50 % plus cher
08:41est complètement dépassé.
08:42Je pense qu'il ne faut surtout pas tomber là-dedans.
08:44Notre force, je dirais, c'est qu'on a la possibilité
08:46d'avoir une vision globalisée, on va dire, des marchés,
08:49puisqu'on a différents niveaux.
08:51On a les volumes avec la MDD.
08:52Ensuite, nos marques propres.
08:53On a deux marques propres au sein du groupe Cramer.
08:55Donc la marque Cramer, qui est plutôt destinée
08:57à la grande distribution.
08:59Je vais citer des enseignes comme Laurent Merlin,
09:00Bricoman, etc., ce que vous pouvez retrouver, je dirais,
09:03de manière générale, sur le marché français.
09:06Et notre marque de luxe, Horus, qui est présente en France,
09:08mais beaucoup à l'international.
09:10Et je dirais que cette complémentarité nous permet d'adresser une offre
09:13sur le marché qui répond à tous les besoins.
09:16Je pense que la fierté qui est la nôtre,
09:19c'est qu'on est capable d'être productif
09:21et surtout moins cher que nos concurrents.
09:23On peut être français et moins cher.
09:24Alors, si on pouvait avoir un petit peu d'aide,
09:27si on pouvait nous foutre la paix un petit peu sur l'énergie
09:29et sur tout un tas de sujets, effectivement,
09:31ce serait plus facile.
09:32Mais on le prouve au sein du groupe Cramer,
09:34que ce soit sur la robinetterie ou la céramique,
09:35qu'on peut être compétitif et adresser des prix très intéressants
09:39pour le consommateur final.
09:40Alors, vous avez deux sites qui sont labellisés
09:42« Entreprises du patrimoine vivant ».
09:44On en parle régulièrement dans cette émission.
09:45C'est un label qui est vraiment très précieux,
09:47qui met en avant justement la spécificité
09:49de certains savoir-faire sur le territoire.
09:51Ce label, c'est une véritable reconnaissance.
09:55Est-ce qu'il aide notamment à vendre à l'étranger ?
09:59Est-ce que vous avez le sentiment
09:59que c'est un vrai plus pour vos marchés à l'étranger ?
10:05Indéniablement.
10:06Pour faire juste un petit mot sur le réseau Excellence EPV,
10:09c'est aujourd'hui 1 400 entreprises, 69 000 emplois,
10:1214 milliards d'euros de chiffre d'affaires cumulé.
10:14Autant vous dire que ça a un vrai impact,
10:16déjà je dirais collectif,
10:18puisque vous avez les plus belles sociétés françaises,
10:20on dirait qu'il y a les plus beaux savoir-faire
10:21qui y sont répertoriés.
10:23Et c'est surtout le seul label d'État
10:25au patronage qui plus est de la présidence de la République.
10:28Donc autant vous dire effectivement
10:29qu'à l'international, c'est un discours.
10:31Alors même ceux qui ne connaissent pas,
10:32quand vous expliquez un petit peu ce que c'est,
10:34effectivement, ça a tout de suite un critère de crédibilité.
10:37Ça rassure, il y a un prestige.
10:39Alors quels sont les pays que vous visez en exportation ?
10:45Quelles sont justement les zones du monde
10:47les plus recherchées par le groupe Cramer aujourd'hui
10:50et par la jurassienne de céravique française ?
10:53Alors notre stratégie repose sur trois axes.
10:55Je reviens, j'étais encore il y a quelques jours aux États-Unis,
10:57qui est notre priorité des priorités.
11:00Il y a un vrai marché là-bas.
11:01Malgré les droits de douane,
11:02vous arrivez toujours à être compétitif ?
11:04Oui, toujours.
11:05Alors c'est principalement notre marque de luxe
11:07qui est exportée là-bas.
11:09Donc effectivement,
11:10on dirait qu'on a un petit peu plus de marge de manœuvre,
11:12mais il y a un marché qui est absolument colossal aux États-Unis.
11:15Et effectivement,
11:16ça reste pour nous une priorité pour le groupe Cramer.
11:18Ensuite, on a des marchés historiques sur le marché européen,
11:22que ce soit Suisse, l'Italie, la Belgique, etc.
11:26Et je dirais aussi des marchés d'opportunité,
11:29puisqu'on travaille beaucoup avec les architectes et designers de renom.
11:32Et ça nous amène régulièrement à aller au Japon,
11:34en Corée du Sud, en Arabie Saoudite, en Chine, etc.
11:37Alors pour une ETI comme la nôtre,
11:39on ne peut pas se dire stratégiquement d'avoir plusieurs priorités,
11:43c'est-à-dire et les États-Unis et la Chine.
11:45Et voilà, on n'est pas une multinationale non plus.
11:48Donc on a une priorité qui reste les États-Unis.
11:50Et puis après, effectivement,
11:52soit des marchés historiques européens
11:54ou des marchés d'opportunité
11:55qui nous amènent sur d'autres continents.
11:57L'autre point important de ce groupe Cramer
11:59que je trouvais très intéressant,
12:00c'est votre engagement dans la transmission,
12:03dans la formation.
12:04Alors j'imagine que quand on est sur un savoir-faire très spécifique,
12:06c'est important de former en interne
12:08et surtout d'avoir justement donné envie
12:10à ces nouvelles générations de rejoindre des métiers industriels
12:14parfois dévalorisés.
12:16Bien sûr, c'est aussi tout un discours.
12:19Vous n'êtes pas sans savoir
12:20qu'on subit une logique de désindustrialisation de la France
12:24depuis maintenant une trentaine d'années.
12:27Donc moi, j'ai entendu le même gamin dire
12:30voilà, si tu ne travailles pas bien à l'école,
12:31tu finiras à l'usine.
12:32Donc c'est des discours qui sont absolument insupportables aujourd'hui.
12:35Surtout que c'est des métiers d'advire.
12:36Surtout dans l'industrie, c'est hyper intéressant,
12:38c'est que vous pouvez vraiment évoluer
12:39et arriver à des postes tout à fait vraiment extraordinaires
12:45en termes de carrière.
12:46Donc ça, c'est vraiment très intéressant.
12:48Et effectivement, le besoin de former
12:50est de plus en plus important
12:53puisque c'est souvent des métiers orphelins de formation.
12:57On n'apprend pas à être mailleur,
12:58on n'apprend pas à être fondeur, etc.
13:01Donc tout ça, ça prend sur le tas.
13:02Et c'est effectivement l'importance, je dirais,
13:05de voir débarquer des nouvelles générations
13:06pour acquérir ces savoir-faire.
13:08Alors ça ne veut pas dire qu'il faut non plus travailler
13:10comme dans les années 70-80.
13:13Il y a une industrie qui doit se réinventer.
13:15Il y a la technologie, il y a les choses changent.
13:17Bien sûr.
13:18Et puis on parle de plus en plus, effectivement,
13:19nous, on est très impliqués
13:20sur la responsabilité sociétale de l'entreprise
13:22et effectivement sur l'innovation.
13:26Puisque je dis souvent que l'innovation,
13:27c'est un savoir-faire qui a perduré,
13:30qui a connu le succès
13:32et qui a besoin de se transformer.
13:33Et c'est exactement dans cette logique-là
13:35que nous essayons d'oeuvrer au sein du groupe Kramer.
13:38D'ailleurs, vous parlez souvent d'industrie vivante,
13:39pour parler justement de votre façon
13:42de travailler, de gérer ce groupe Kramer.
13:46Bien sûr.
13:47Il faut qu'elle soit vivante.
13:48Et je dirais même que ça en va de notre souveraineté.
13:51Aujourd'hui, on a perdu un nombre de savoir-faire
13:53critiques et stratégiques
13:55au sein de notre tissu industriel.
13:57Et on oublie souvent que l'industrie,
13:59c'est ce qui fait le lien avec nos territoires.
14:01Il n'y a pas d'industrie sans territoire.
14:04Et j'ai envie de dire que ce patrimoine vivant
14:06qui est le nôtre,
14:07si la France est devenue la France,
14:10c'est aussi bien évidemment
14:11par sa capacité à élever,
14:13par son industrie
14:14et par ses champions de l'innovation.
14:17Donc, bien évidemment,
14:19plus que jamais, ça doit être vivant.
14:20Aujourd'hui, quand on voit
14:20qu'on représente entre 8 et 9 % du PIB,
14:23ça reste beaucoup trop faible.
14:26Et il faut d'ores et déjà,
14:27je pense dès maintenant,
14:28engager des politiques, je dirais, stratégiques
14:31et surtout impactantes
14:32pour repartir à la hausse.
14:33Et ça, hélas, je pense que le politique,
14:36alors il y a d'excellents politiques
14:38pour être en contact avec eux régulièrement.
14:40Je peux vous assurer qu'il y en a qui font le job.
14:43Mais il y a aussi un besoin, je pense,
14:46d'implication beaucoup plus grandissant
14:48de la part des entrepreneurs.
14:49C'est à nous de sortir aussi de nos usines
14:51et de nous impliquer de plus en plus
14:53pour essayer de faire bouger les choses.
14:55Et je crois qu'il y a un mouvement
14:56qui est en train de s'opérer en France.
14:58Donc je fais plutôt partie des optimistes
15:01plutôt que des oiseaux de mauvaise augure.
15:03Mais même si effectivement au quotidien,
15:05ce n'est pas évident,
15:06mais les choses vont bouger.
15:07En tout cas, je crois.
15:09Oui, voilà.
15:09C'est un discours qui fait du bien.
15:10On sait que les choses ne sont pas simples,
15:12mais c'est tout à fait possible.
15:13Merci beaucoup, Tristan Rodrigues,
15:15d'avoir pris le temps
15:17de nous partager cette aventure industrielle,
15:20cette aventure familiale également.
15:21Je rappelle que vous êtes vice-président
15:22du groupe Kramer,
15:23président de Horus
15:24et vice-président du label d'État
15:27entreprise du patrimoine vivant.
15:28J'ai tout dit là, je crois, presque.
15:30Ça fait un peu général des armées,
15:32mais vous y êtes.
15:33Merci beaucoup, Tristan Rodrigues.
15:35Belle journée à vous.
15:35Merci à vous.
15:36Bonne journée.
15:37Au revoir.
15:37On va se quitter un court instant
15:38et on se retrouve juste après
15:39avec Thibaut, notre French Trotter.
15:41Artisans, porteurs de projets, apprentis,
15:43les chambres de métiers et de l'artisanat
15:45vous accompagnent.
15:46La CMA, artisans de la nouvelle économie,
15:48présente
15:50Sud Radio, c'est ça la France,
15:52Nathalie Schrengerma.
15:54Nous voilà de retour dans ces salles à France,
15:56l'émission du savoir-faire français.
15:58Et il est temps de retrouver
15:59Thibaut, notre French Trotter.
16:02Sud Radio, c'est ça la France,
16:04avec Thibaut, le French Trotter.
16:06Poursuivre la suite de son immersion
16:07dans les coulisses des stations de ski.
16:09Et oui, les vacances de février
16:11approchent à grands pas.
16:12Alors, grâce à vous Thibaut,
16:13on va apprendre un nouveau mot,
16:15la Niveau Culture.
16:18Exactement Nathalie,
16:19je vous donne tout de suite sa définition.
16:21La Niveau Culture,
16:22c'est le procédé de fabrication de la neige.
16:25Et pour faire face aux effets
16:26du réchauffement climatique,
16:27les stations de plus en plus recourent
16:29à cette neige de culture,
16:30comme à Morzine,
16:32l'une des stations des portes du soleil.
16:34Et j'ai suivi à travers le domaine,
16:35Joris Guillard,
16:36le responsable du pôle neige,
16:38qui m'a fait découvrir
16:39les coulisses de cette production.
16:40Une production qui se fait
16:42en maîtrisant la principale ressource,
16:43l'eau.
16:44Écoutez.
16:45On peut voir du coup
16:46quelques enneigères déjà.
16:48Donc on a deux grandes technologies différentes.
16:50On a ce qu'on appelle des lances.
16:51C'est des mains métalliques
16:52avec des têtes
16:53qui vont servir à produire
16:54de la neige sur les parties hautes.
16:56Et des enneigères
16:56qu'on appelle basse pression,
16:57qui sont des gros ventilateurs.
16:58C'est une turbine
16:59avec une couronne de buses
17:02qui projette de l'eau et de l'air.
17:04Et en son centre,
17:04on a la turbine
17:05qui vient projeter ce mélange-là
17:06le plus loin possible
17:07ou le plus haut possible sur la piste.
17:08De manière globale,
17:09ce qu'il faut se dire,
17:10c'est que pour faire de la neige,
17:11il nous faut de l'eau,
17:12de l'air et du froid.
17:14À l'intérieur de ces enneigères,
17:15on a des regards souterrains
17:17dans lesquels arrivent
17:17des canalisations d'eau et d'air,
17:19les deux sous pression.
17:19Et on va venir ouvrir
17:20de manière proportionnelle
17:21l'eau et l'air
17:22pour arriver à faire un mélange
17:23qui nous permet ensuite
17:24de faire de la neige.
17:25Dans les têtes,
17:27on va venir mélanger
17:28de l'eau et l'air
17:28pour faire des gouttelettes
17:30les plus fines possible.
17:31Et du coup,
17:31en les propulsant avec l'air
17:32plus la détente
17:33qui va enlever du chaud,
17:35donc relativement créer du froid,
17:37on va venir créer des petits cristaux
17:38qui vont ensuite repasser
17:39à travers différents jets d'eau
17:40avec les buses qui propulsent l'eau.
17:42Et à force de repasser
17:43dans des jets d'eau,
17:44du coup,
17:44on va faire grossir
17:45nos petits noyaux
17:46jusqu'à arriver au sol
17:47sous forme de neige.
17:48On peut moduler
17:49cette production de neige ?
17:50Oui, tout est proportionnel.
17:52On peut faire plus ou moins
17:53de volume de neige
17:54ou de qualité
17:54en fonction du froid qu'on a.
17:56On n'est pas obligé
17:56d'allumer une piste entière,
17:57mais chaque enneigère
17:59peut être pilotée unitairement.
18:00Au fond,
18:01quelle est la différence
18:01entre cette neige de culture
18:03et la neige naturelle ?
18:04La neige de culture
18:05est plus dense
18:06que la neige naturelle
18:07et on obtient après
18:09le même résultat
18:09que si on passait
18:10de la neige naturelle
18:12à travers une dameuse
18:13qui ferait du grain fin
18:13ou qu'on laisserait la neige
18:15se faire friter par le vent
18:16et compacter.
18:16En fait,
18:17on est directement
18:18à ce rendu-là
18:18avec de la neige de culture,
18:19une neige avec des petites billes
18:21très compacte
18:22qui est très bien
18:23pour nos pistes.
18:23C'est très bénéfique
18:24parce que c'est ce qu'on cherche
18:25à avoir
18:25pour avoir le plus
18:26d'inertie thermique possible.
18:28On est où ici ?
18:28Ici, on est au sommet
18:29du TSH des Têtes
18:30avec une vue
18:31qui surplombe
18:32le lac de Nyonguère.
18:33C'est un lac qui a été construit
18:34et cette retenue
18:35nous permet par gravité
18:36en partie
18:37d'enneiger les pistes
18:38qui sont plus basquelles.
18:39On va juste descendre
18:40un petit peu.
18:40Derrière la digue
18:41qu'on voit juste ici,
18:42on a une salle des machines
18:43avec les canalisations
18:43qui sort du lac
18:44pour voir un petit peu
18:46comment elle fait l'intérieur
18:47et à quoi ça ressemble.
18:48Donc là, on pénètre
18:49dans la fameuse salle des machines.
18:50On peut la décrire, Joris ?
18:52C'est essentiellement
18:52un ensemble de tuyauterie
18:53qui nous permet
18:54de récupérer par gravité
18:55l'eau qui est dans le lac.
18:57Ensuite, on a des filtres
18:58qu'on va pouvoir voir
18:59plus des pompes
19:00si on a besoin
19:00de surpresser le réseau.
19:01Donc soit on passe au travers
19:02de manière gravitaire
19:03soit on a des pompes
19:04pour pouvoir surpresser
19:05et ensuite, on est raccordé
19:06à l'ensemble des canalisations
19:07et on peut voir derrière nous
19:08qu'on a un plan global
19:09de la station
19:10et tous les points
19:12qu'on peut voir
19:12ce sont des enlégères.
19:13Les lignes sont forcément
19:17chacun dans un neigeur
19:18mettent en route
19:18les pompes qui sont ici, etc.
19:21Oui, donc on a compris la recette
19:22pour fabriquer de la neige
19:24il faut de l'eau,
19:24de l'air, du froid
19:26de l'énergie
19:27avec bien évidemment les pompes.
19:28Mais j'ai une question
19:29comment ferait-on
19:30sans cette neige de culture ?
19:32C'est une question importante.
19:33En fait, tout simplement
19:34la neige naturelle
19:34ne suffirait pas
19:35pour garantir
19:36un niveau suffisant
19:36d'enneigement pour le ski
19:37et par extension
19:38c'est toute une économie
19:40tout un pan de l'économie
19:41de la montagne en hiver
19:41qui serait remise en question.
19:43Justement, Joris
19:44nous explique ça
19:45un peu plus en détail.
19:47On ne serait pas capable
19:48de tenir nos dates
19:49d'ouverture et fermeture
19:50et on serait dans l'incertitude
19:51de la proportion
19:52du domaine skiable
19:53qui serait ouverte
19:53et la durée de notre saison.
19:55Ce qui aurait forcément
19:56des gros impacts
19:57pour nous qui sommes
19:57exploitants de remontées mécaniques
19:58mais qui en aurait encore plus
20:00pour tout ce qui est lié
20:02aux touristes
20:02de manière globale.
20:03En fait, les remontées mécaniques
20:04enfin les exploitants
20:05de remontées mécaniques
20:05sont ceux qu'on voit le plus
20:07mais ne sont pas forcément
20:08les plus gros acteurs du tourisme
20:09et demain, si on ne fait pas de ski
20:12une partie du tourisme
20:13restera parce que les gens
20:14aimeraient être à la montagne
20:15aux grandes terres, etc.
20:15mais on perdrait
20:17un certain public
20:18et derrière, tout ce qui est
20:19hébergeur, etc.
20:20on aurait du mal aussi
20:21à travailler
20:22et sans le tourisme
20:23on n'aurait pas autant de gens
20:24qui vivraient à l'année
20:25on n'aurait pas de village
20:26on aurait des stations
20:27de dortoir
20:27qui fonctionneraient
20:28quelques semaines
20:29mois par an
20:29et ensuite qui se revideraient
20:31et ainsi de suite
20:31et ici du coup
20:32on a un dynamisme
20:32qui fait qu'on peut y vivre
20:33et c'est bien le pouvoir
20:35garantir ça
20:36et toute l'économie globale
20:38qui est drainée
20:39autour de ça.
20:40Il est vraiment très intéressant
20:41Joris
20:41c'est extrêmement clair
20:42mais pour information
20:43le ski c'est combien d'emplois
20:44en France ?
20:45Alors j'ai regardé
20:46je crois que c'est
20:46120 000 emplois en France
20:47toutes activités confondues
20:49tous métiers confondus
20:51Merci beaucoup Thibaut
20:52et bien on se retrouve
20:53la semaine prochaine
20:53pour découvrir
20:54d'autres facettes
20:55de la montagne
20:56et merci à vous
20:57chers auditeurs
20:58on vous souhaite
20:58un bon dimanche
20:59et rendez-vous
21:00donc la semaine prochaine
21:01même jour
21:02même heure
21:03et même radio
21:04et surtout d'ici là
21:04portez-vous bien
21:06Sud Radio
21:07C'est ça la France
21:08Nathalie Schrengerma
21:09avec les chambres de métier
21:10de l'artisanat
21:11artisan
21:12porteur de projet
21:13apprenti
21:13nous vous accompagnons
21:14depuis 100 ans
21:15pour faire battre
21:16le cœur de la France
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