00:00Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Patrick Roger.
00:06Soyez libre comme chaque matin avec nos éditorialistes.
00:10Le mardi, mercredi, jeudi c'est Elisabeth Lévy.
00:14Voilà, c'est ça.
00:15Avant de retrouver aussi la petite semaine de Régis Maillot le vendredi.
00:19Et le lundi, c'est avec vous Françoise Degoy.
00:20Bonjour Françoise.
00:21Bonjour Patrick.
00:22Alors on parle encore du budget puisque Sébastien Lecornu consulte.
00:25Nous sommes dans un moment crucial mais dans un climat plus que morose.
00:30Vous dites un climat d'épuisement des Français.
00:34Ah oui Patrick, c'est incroyable le nombre d'études commandées
00:37et qui arrivent et qui aboutissent et vont dans le même sens.
00:40On appelle ça la fatigue informationnelle et politique.
00:44Et en l'occurrence on peut même parler d'épuisement psychique des Français.
00:47Et d'abord l'épuisement face au nuage informationnel,
00:51ce qu'on appelle le nuage, c'est-à-dire la multiplication des sources d'informations.
00:54Une information qui chasse une autre information.
00:57Une polémique qui chasse une polémique.
00:59Et surtout la monomanie des sujets, c'est ce qui revient dans toutes les études.
01:03C'est-à-dire un seul sujet répété en boucle sur toutes les chaînes d'information du matin au soir.
01:09Et puis pendant 4 jours, 5 jours et hop, après on passe à autre chose.
01:12Tout ça déboussole complètement les gens qui regardent.
01:15Un sentiment permanent d'urgence, d'édition spéciale,
01:18un tabassage en fait émotionnel permanent,
01:21des bandeaux criards, vous voyez ce que je veux dire.
01:23Toutes les chaînes d'info font la même chose.
01:25Et puis sur les réseaux sociaux aussi,
01:27des habillages de vidéos de plus en plus agressifs pour pouvoir se démarquer.
01:31La multiplication des chaînes d'info et des sources d'informations.
01:34Le ton de plus en plus agressif, binaire, totalement polarisé,
01:38employé sur les plateaux télé.
01:39Et bien tout cela, tous les spécialistes le disent,
01:42pas simplement la Fondation Georges Haurès,
01:44on pourrait dire, c'est encore un truc de la gauche,
01:46mais pas du tout.
01:47Tous les spécialistes disent qu'il y a sa trace,
01:49un malaise extrêmement profond et une défiance de plus en plus grande,
01:53surtout à l'égard des médias traditionnels.
01:55Oui, c'est ça.
01:55Un épuisement également à l'égard des politiques.
01:58Oui, alors là Patrick, je pense qu'il faudrait que tous les politiques,
02:00et ils sont nombreux à écouter Sud Radio,
02:02si vous nous écoutez de gauche, de droite, du centre, de l'extrême gauche,
02:05écoutez bien, parce que les Français n'en peuvent plus.
02:08C'est le ras-le-bol général.
02:10Selon les sondages parus, encore la semaine dernière,
02:13plusieurs instituts, que ce soit notre ami de l'IFOP, Frédéric Dhabi,
02:16mais également l'Institut Elab,
02:19eh bien, on atteint des chiffres de défiance absolument ahurissant.
02:23Moi, je n'ai jamais vu ça.
02:24Neuf Français sur dix, vendredi,
02:27déclaraient ne plus supporter les élus
02:29qu'ils considèrent comme incapables de régler leurs problèmes.
02:32Ça, c'est le résultat direct de la dissolution d'Emmanuel Macron.
02:36C'est-à-dire que...
02:36Enfin, de la dissolution.
02:38Quand vous parlez avec des députés de gauche, du centre,
02:40et même du Rassemblement National,
02:42on pourrait dire que c'est les chouchous de l'opinion.
02:44Mais pas du tout.
02:45Depuis des semaines, ils vous disent tous la même chose.
02:47Moi, je les ai tous les jours au téléphone.
02:48Ils se font engueuler toute la journée dans leur circonscription.
02:52Ils ont encore passé un week-end à pas piquer des hannetons, tous ces députés.
02:57Les gens ne nous supportent plus, me disent-ils,
02:59et ne supportent plus qui ?
03:01Le président de la République.
03:02Mais ce n'est pas forcément parce que c'est Emmanuel Macron.
03:04C'est simplement parce que le président de la République
03:06cristallise toujours la colère et le mal-être dans ce pays.
03:09Mais ça devrait les instruire dans la période.
03:11Parce que pourquoi, Patrick ?
03:13En fait, on est dans un ciseau émotionnel.
03:15C'est-à-dire que toutes les journées, vous, moi, nous tous,
03:18nous jonglons avec les chiffres.
03:19Tiens, 44 milliards de budget.
03:21On va peut-être descendre à tant de 5 milliards.
03:23On va peut-être taxer les hyper-riches.
03:25Tiens, ils ont 100 millions d'euros de patrimoine.
03:27Et pendant ce temps, dans votre cuisine,
03:28vous ramez en ouvrant des conserves.
03:30Eh bien, cette tonalité...
03:31Des boîtes de conserve.
03:32Des boîtes de conserve.
03:33Non, mais ce que je veux dire par là,
03:34c'est le ciseau émotionnel.
03:36Chacun grimpe à l'échelle des perroquets
03:37pour décrocher la meilleure punchline.
03:39Avec, finalement, ce que jugent les Français,
03:42c'est qu'il n'y a aucune solution institutionnelle valable.
03:46Regardez la panade.
03:47Avec l'idée désormais qu'il n'y aura peut-être pas de dissolution.
03:50Mais l'Élysée fait fuiter qu'il y aura peut-être un quatrième Premier ministre
03:53si Sébastien Lecornu...
03:54Attendez, il n'est pas encore formé un gouvernement.
03:56Eh bien, on est déjà parti sur un quatrième.
04:00Évidemment, tout ça n'incite ni à la paix civile,
04:02ni à la sérénité mentale.
04:04Bon, l'épuisement.
04:05Qu'est-ce que vous en pensez ?
04:06Est-ce que vous trouvez qu'il y a un épuisement informationnel ?
04:09Un épuisement à l'égard des politiques ?
04:11Ou que le mal est profond aussi de la société ?
04:13J'aimerais vous entendre 0826 300 300.
04:16Tout à l'heure, dans le Grand Débris,
04:17Françoise de Goua, Robert Ménard.
04:19Et dans un instant, l'invité politique de Jean-François Aquili,
04:21ce sera Sandrine Rousseau,
04:23députée écologiste de Paris.
04:25Il est 8h13.
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