- il y a 2 jours
Les informés du 26 mars
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00:05Générique
00:0920h, 21h, France Info, les informés, Victor Maté.
00:14Bonsoir et bienvenue sur France Info à la une ce soir après bientôt un mois de guerre au Moyen-Orient.
00:19Donald Trump soutient que l'Iran veut toujours négocier avec les Américains.
00:23Son ultimatum pour débloquer le détroit d'Hormuz s'arrête demain soir.
00:27Que peuvent faire ou dire les pays de la région mais aussi la France dans ce dossier ?
00:30On en débat dans un instant.
00:32Il avait modernisé la France de manière inédite.
00:34Les mots d'Emmanuel Macron lors de l'hommage national rendu à Lionel Jospin, ce matin mort à 88 ans.
00:41Quel héritage politique laisse aujourd'hui l'ancien Premier ministre ?
00:44Le début des années 2000, c'est aussi l'arrivée en France de la télé-réalité.
00:48Et un visage, celui de Loana, sa mort a été annoncée hier.
00:52Comment est-on passé en 25 ans de Love Story aux influenceurs ?
00:55On en parle en fin d'émission.
00:57Nos informés, ce soir, bonsoir Valérie Gass.
01:00Bonsoir.
01:00Chef du service politique de RFI à vos côtés, Estelle Martin.
01:03Bonsoir.
01:04Bonsoir Victor.
01:05Présentatrice de l'émission 64 minutes week-end sur TV5 Monde.
01:09Bonsoir Adrien Brachet.
01:10Bonsoir.
01:11Rédacteur en chef adjoint du service politique du Point.
01:14Eric Biegala est avec nous.
01:15Bonsoir Eric.
01:16Bonsoir.
01:16Spécialiste des questions militaires et de défense à France Info.
01:20Et bonsoir Sébastien Schneegans.
01:22Bonsoir.
01:22Journaliste politique à l'Express.
01:26Les chefs de la diplomatie du G7, 7 des plus grandes puissances mondiales, les Etats-Unis,
01:31la France, l'Allemagne, le Canada, la Grande-Bretagne, l'Italie et le Japon réunis aujourd'hui
01:36et demain tout près de Paris pour parler de la guerre au Moyen-Orient.
01:40L'objectif est notamment de convaincre les Américains d'une désescalade.
01:44Alors que le chef de la diplomatie des Etats-Unis, Marco Rubio, n'arrive que demain.
01:48Estelle Martin, les pays du G7 ont-ils un moyen quelconque de pousser Donald Trump à cette fameuse désescalade ?
01:54À mon avis, aucun.
01:55Vraiment aucun.
01:56On voit bien que Donald Trump, de toute façon, n'écoute pas grand monde.
01:58Même ses plus proches.
02:00Même son état-major, entre guillemets.
02:02Donc non, je crains, Victor, que les pays du G7 ne vont pas arriver à lui parler.
02:07Et en plus, il n'y a même pas la Russie ni la Chine qui sont quand même, pour lui,
02:11un peu plus ses égaux.
02:12Donc je crains que ce ne soit vraiment pas très conclure.
02:17On voit d'ailleurs, Valérie Gass, la difficulté pour ces pays du G7 de parler d'une seule voix.
02:22Demain, il n'y aura même pas de communiqué collectif.
02:25Seulement un texte de la France en fin de réunion.
02:28Oui, parce qu'il n'y a pas forcément tous les intérêts convergents.
02:32Et c'est vrai qu'il y a peut-être nécessité d'avoir du dialogue, de se parler.
02:36Mais pas forcément avec quelque chose de conclusif.
02:40Et un résultat affiché derrière.
02:41Donc ça explique certainement cette situation.
02:44La France, Eric Biegala, qui maintient, on le rappelle, sa position défensive dans cette guerre au Moyen-Orient.
02:50Mais qui craint au fond toujours un espèce d'effet d'entraînement.
02:53Oui, un effet d'entraînement.
02:54Mais de toute façon, qui va être un petit peu inévitable.
02:58Alors certes, la France est dans une position défensive.
03:01Mais la France tire des missiles Mika autour du Golfe.
03:05Des missiles Mika, c'est ceux qui équipent les Rafales.
03:07Ces Rafales sont là pour défendre les intérêts, en fait, et le territoire des Émirats Arabes Unis.
03:14Qui, lui, subit des bombardements et des tirs de drones d'attaque iraniens pratiquement tous les jours.
03:20Alors, effectivement, nos avions sont en train de tirer dans le Golfe sur des cibles iraniennes.
03:27Qui, effectivement, se projettent, on n'est pas très très loin d'une certaine manière de prendre parti.
03:34En fait, on s'attaque à l'un des...
03:37Oui, parce que vous dites, Eric, inévitable, la France va à un moment ou l'autre pour vous rentrer dans
03:41cette guerre.
03:43On est déjà sur les franges.
03:45Comme je vous dis, on a 12 Rafales sur place, aux Émirats Arabes Unis, qui font un petit peu plus
03:53que de la police du ciel.
03:54C'est-à-dire qu'ils vont quand même descendre plusieurs dizaines de drones Shahed lancés par l'Iran.
04:01Ce sont des actions de guerre.
04:03Et d'une guerre qui est en cours.
04:07Et, effectivement, l'Iran a choisi de faire ce qu'on appelle une escalade horizontale.
04:12C'est-à-dire d'élargir le champ, parce qu'il n'a pas les moyens matériels et militaires de
04:16procéder à une escalade vraiment militaire.
04:20C'est-à-dire de contrer les bombardements israéliens et américains.
04:25Qu'il s'agisse de bombardements au long cours, enfin à distance, ou de bombardements aériens plus directs, on va
04:31dire.
04:32Et donc, ce qu'il a choisi de faire, c'est de s'en prendre à tout ce qui pouvait
04:37être un...
04:38Il a élargi, en fait, la gamme des cibles qu'il pouvait traiter dans la région,
04:46en s'en prenant notamment à tout ce que sont les infrastructures, notamment énergétiques, des pays du Golfe, dont c
04:55'est la principale ressource.
04:56Et donc, en fait, il est en train vraiment de... j'allais dire d'écarter, non ?
05:01C'est le mot anglais, voilà, d'élargir le spectre des adversaires.
05:08Et la France se retrouve un petit peu là-dedans.
05:10Et on reviendra justement aussi sur l'attitude des pays du Golfe, Adrien Brachet.
05:13Oui, je rejoins totalement cette idée d'élargissement.
05:15Et d'ailleurs, c'est cet élargissement, en fait, du conflit qui place la France sur un fil.
05:21Je discutais avec une ministre il y a quelque temps qui disait que la difficulté, c'est qu'on n
05:25'a plus un conflit,
05:26mais plusieurs conflits qui se superposent.
05:28On voit bien que l'embrasement n'est plus limité qu'à l'Iran lui-même.
05:31Il y a cette question des États du Golfe, avec lesquels la France a des accords de coopération défensives.
05:37Donc, la France doit se mouiller d'une manière ou d'une autre, même si on reste pour l'instant
05:42dans le vocabulaire du défensif.
05:43Il y a la question du Liban, avec lequel la France a des liens particuliers.
05:48Et puis, il y a toute la situation économique mondiale engendrée par le blocage du détroit d'Hormuz.
05:53Et donc, ça place la France dans une posture où elle ne peut pas donner l'impression d'être hors
05:58du monde
05:59et de ne pas être touchée par ce qui se passe.
06:01Donc, c'est sûr que c'est extrêmement compliqué.
06:03La brèche, si vous voulez, est compliquée.
06:04C'est-à-dire que la France veut montrer qu'elle reste dans un domaine défensif.
06:09Et en même temps, elle ne peut pas passer à côté de l'histoire.
06:12Sébastien ?
06:12Pour revenir sur ce qui a été dit, le Premier ministre cette semaine a bien rappelé
06:17que la France ne se laissera pas entraîner dans une guerre qu'elle n'a pas choisie.
06:21À mon avis, cette position de prudence, cette position de mesure,
06:25est une position qui est intéressante pour le président Emmanuel Macron sur le plan intérieur,
06:29puisqu'elle n'est pas contestée.
06:30Elle est même plutôt, comment dire, avalisée par l'ensemble des forces politiques,
06:36y compris par le Rassemblement National.
06:38Je voyais un proche de Marine Le Pen aujourd'hui qui disait,
06:41honnêtement, sur la séquence, on n'a rien à redire à la position d'Emmanuel Macron.
06:46Donc, on n'a aucun intérêt à sortir de la position strictement défensive,
06:52d'autant qu'on tient en fait les deux bouts.
06:54C'est-à-dire, on ne participe pas à une offensive qui n'a pas de but politique précis.
06:58On ne sait toujours pas quel but précis de Donald Trump.
07:01Mais on protège nos intérêts dans la région et ceux de nos alliés.
07:04Valérie ?
07:05Oui, il y a quand même une chose qu'il ne faut pas oublier sur la position de la France.
07:07C'est qu'il y a un soldat français qui a été tué, on parlait des zones, et en Irak.
07:11Au Kurdistan et iratien.
07:11Voilà, au Kurdistan et iratien.
07:13Et ça, ça avait déjà posé la question, quelle réponse de la France face à la mort d'un soldat
07:18qui a été attaqué ?
07:19Donc, il est vrai que le président de la République a répondu calme, sans froid,
07:23et resté sur cette logique d'une position défensive.
07:26Peut-être que des choses ont été faites et qu'on n'en sait rien.
07:29Mais c'est vrai que c'est difficile.
07:30S'il y avait d'autres pertes humaines de soldats, la question se poserait encore plus.
07:35Oui, la France, moi je trouve qu'elle se met quand même aussi en avant.
07:39Alors, certes, sur le mode défensif, mais il y a eu quand même cette volonté,
07:42et à chaque fois, même toutes les semaines du président, de rappeler que la France était là.
07:46Et je pense que ça, ça nous met, en tant que pays, un peu au-dessus,
07:50en tout cas en tant qu'interlocuteur, on en parlait tout à l'heure avec Donald Trump,
07:53on est quand même plus partie prenante, toujours d'une manière défensive,
07:57effectivement, jusqu'à quand, on ne sait pas, mais par rapport au Royaume-Uni,
08:00par rapport à l'Espagne, alors encore plus.
08:02Mais quand même, on rappelle, voilà, l'armada qui est déployée en Méditerranée,
08:07le Charles de Gaulle, on a notre nouveau porte-avions qui est nucléaire,
08:11le France Libre, qui est annoncé.
08:13Là, on voit que le chef d'État...
08:13Par exemple, 2038, ça a un peu de temps quand même.
08:15Non, mais c'est une volonté de communication, de montrer qu'on est là, la France est là, la France...
08:18Alors après, est-ce que ça va suivre ?
08:20Mais je trouve qu'il y a une volonté, vraiment, de montrer qu'on existe.
08:22Et là, le chef d'État-major français a quand même eu cette visioconférence avec 35 pays
08:28pour voir comment on allait mettre en place, peut-être plus tard, une protection du Détroit d'Hormuz.
08:35J'ai l'impression que la France veut quand même montrer qu'elle est en pointe.
08:37Oui, le Détroit d'Hormuz, ce n'est pas tout de suite.
08:39La France a bien dit, tant que ce n'est pas sécurisé, on y va par Éric Biegala.
08:42De toute façon, on ne peut pas, il est quasiment impossible.
08:45Le premier à dire non à Donald Trump pour ce qui est de la réouverture, on va dire, forcée du
08:50Détroit d'Hormuz,
08:50c'est le US Navy.
08:52On n'en est pas capable.
08:53On ne peut pas escorter des bateaux sur un... c'est pratiquement un chenal, en fait, c'est extrêmement étroit,
09:01c'est extrêmement facile de venir à bout avec des drones d'attaque, etc., des tankeurs, évidemment,
09:06mais même des bâtiments de guerre.
09:10Certains ont été touchés par les Houthis, alors c'était en mer Rouge, c'est de l'autre côté de
09:14la péninsule.
09:16Les Houthis qui se préparent éventuellement, disait l'un de leurs chefs à l'agence Reuters cet après-midi,
09:22a rentré dans le conflit pour tout simplement fermer l'autre Détroit par lequel passe le reste des denrées des
09:31échanges mondiaux.
09:32Les Houthis au Yémen, on rappelle, bien sûr.
09:34Les Houthis au Yémen, c'est ce qu'on appelle le Détroit de Bab el-Manded.
09:38Et donc, là-dessus, la France a décidé d'être présente.
09:44Et l'annonce du président de la République quand le groupe aéronaval,
09:50parce que ce n'est pas que le porte-avions, le groupe aéronaval,
09:52il y a aussi des frégates lance-missiles,
09:56enfin, ce sont des bateaux, il y a probablement un sous-marin aussi.
10:00Donc, bon, c'est une force relativement importante.
10:04Elle est présente sur place.
10:06Et quand vous voulez compter sur l'après-coup, l'après-guerre, etc.,
10:12si vous êtes sur place, c'est quand même, évidemment, toujours mieux.
10:16Alors, on n'est pas non plus les seuls.
10:19On participe à la défense des Émirats Arabes Unis,
10:21mais, par exemple, les Britanniques participent à la défense du Qatar
10:27en faisant de la chasse aux drones d'attaque,
10:30exactement comme les rafales le font aux Émirats Arabes Unis.
10:33C'est juste à côté.
10:34Donc, il faut aussi se coordonner avec les Britanniques,
10:37avec les défenses antiaériennes émiraties.
10:39Si on ne se coordonne pas, il se passe ce qui s'est passé
10:42entre Américains et Koweïtiens,
10:44où un avion du Koweït a tiré sur et a battu 3 F-15 américains.
10:53C'est un théâtre d'évolution militaire qui est relativement complexe.
10:59Alors, avoir là-dessus une posture défensive,
11:04ce n'est vraiment pas toujours très simple.
11:06On m'a évoqué tout à l'heure Donald Trump.
11:08L'Iran affirme aujourd'hui avoir répondu à sa proposition de plan en 15 points,
11:12tout en disant à son tour, attendre un retour du président américain.
11:15Voilà sa réponse cet après-midi.
11:18Ce sont de bons négociateurs.
11:21Ils ne se battent pas bien, mais ils négocient très bien.
11:25Ils me supplient de trouver un accord.
11:28Je ne sais pas si ce sera possible.
11:30Voilà, ils me supplient de trouver un accord, dit Donald Trump.
11:32C'est assez flou, toute la réponse qu'a donnée le président américain cet après-midi, Estelle Martin.
11:36Oui, alors c'est flou, peut-être parce qu'aussi c'est une règle de la guerre.
11:39Alors, vous connaissez mieux que moi tous ces sujets-là.
11:41Mais il peut peut-être aussi surprendre, parce qu'il a toujours surpris.
11:46A chaque fois, il a donné des ultimatums, encore cette fois, qu'il aime beaucoup reculer.
11:50L'ultimatum jusqu'à demain soir, c'était 24h, puis 5 jours, pour débloquer le détroit d'Orbeau.
11:55Exactement, c'est une grande habitude de Donald Trump.
11:57Parfois, pendant l'ultimatum, il tape, il frappe.
11:59Et ça, c'est vraiment la méthode Trump.
12:01Mais il semblerait, en discutant avec des experts militaires,
12:04que c'est aussi l'art de la guerre, c'est de surprendre et de ne pas dire quand on
12:07va taper.
12:08Et là, il est resté vraiment très flou, vous avez raison.
12:10On parle beaucoup, on va en parler ensemble, j'imagine, de cette menace terrestre.
12:13Là, il n'a rien dit.
12:14Et on a l'impression, Adrien Brachet, d'assister aussi à un peu à un dialogue de sourds, finalement.
12:17L'Iran d'un côté, les Etats-Unis de l'autre.
12:19On n'avance pas beaucoup.
12:20Oui, mais je rejoins totalement tout ce qu'on a dit.
12:23C'est-à-dire que je pense que l'imprévisibilité, l'illisibilité de Donald Trump,
12:29volontaire ou pas, d'ailleurs, parfois on a du mal à savoir,
12:31c'est à la fois son talon d'Achille et à la fois sa force.
12:34C'est-à-dire que ses adversaires ont beaucoup de mal à le lire et à le comprendre.
12:39Ce qui fait que parfois, ça fait que sur le plan international,
12:43notamment par exemple de la part des Chinois, les Etats-Unis sont beaucoup moins respectés.
12:46On a l'impression d'une puissance qui a beaucoup moins une politique rectiligne.
12:51Mais en même temps, ça permet à Donald Trump de surprendre, de jouer sur deux tableaux
12:56et d'être toujours au cœur de l'attention.
12:58Parce que, comme il est illisible, comme il est imprévisible,
13:00nous passons notre temps à guetter ce que fait Donald Trump.
13:03Donc c'est à la fois un talon d'Achille et à la fois une force.
13:05Sébastien Schneegans.
13:06Oui, je rejoins absolument ce qui a été dit.
13:09Clausewitz, qui était donc un stratège prussien du DGC,
13:12disait qu'une guerre se gagne ou se perd sur le plan politique.
13:15On a vu que dans cette guerre, il y a eu une phase technique
13:17qui incontestablement a été réussie avec l'assassinat d'Ali Khamenei.
13:22Là, on est dans un moment clé, dans le moment politique.
13:25Et sur le plan de paix proposé par Trump,
13:26il faut bien voir qu'il y a un tiers, il me semble-t-il,
13:28qui est consacré au programme nucléaire iranien.
13:34Et accepter cette partie du plan de paix serait vu comme une capitulation
13:40de la part d'une partie du peuple iranien,
13:42du moins de la partie du peuple iranien qui soutient le régime iranien.
13:46En revanche, les analyses sont divisées sur la suite.
13:49C'est-à-dire, est-ce qu'un accord serait possible à moyen terme ?
13:52J'ai dit l'interview du point du géopolitologue Frédéric Ancel
13:57qui expliquait qu'à moyen terme, l'Iran et les Etats-Unis ont besoin d'un accord.
14:04Ce serait gagnant-gagnant, puisque l'Iran, le régime iranien se sauverait
14:10et renoncerait à une arme qui, de toute façon, selon son analyse,
14:15ne serait jamais atteignable du fait des pressions d'Israël.
14:19Et Donald Trump, c'est vite une guerre coûteuse
14:21qui, on l'a dit, atteint son premier mois dans quelques jours.
14:25Avec surtout ces élections de mi-mandat au mois de novembre, Valérie Gaff.
14:28Oui, ce que je voulais dire aussi, c'est que les messages de Donald Trump
14:30sont difficilement lisibles et puis ils ont souvent plusieurs cibles.
14:33Il y a à la fois un message politique pour les Américains
14:36et puis il y a l'international et puis il y a les sous-entendus militaires
14:39mais il y a aussi les marchés, il y a aussi le cours du pétrole,
14:42il y a aussi le prix du gazole et donc il alterne le chaud et le froid.
14:45Et d'ailleurs, on voit que le tarif du baril monte et descend.
14:50Donc Donald Trump joue un peu sur tous les tableaux
14:53et c'est vrai que du coup, personne ne sait vraiment à quoi s'attendre
14:56mais je crois qu'il y a parfois quand même un peu de cohérence
14:59et en tout cas des objectifs.
15:00Qu'est-ce qu'on sait, Eric Biegala, de l'état des négociations en cours ?
15:03On sait que le Pakistan a confirmé aujourd'hui,
15:05joué un rôle de médiateur justement entre l'Iran et les Etats-Unis.
15:08Alors, six négociations, il y a, elles sont de toute façon indirectes.
15:12C'est-à-dire, en fait, là, on va se passer des messages.
15:16Je vous donne un plan de paix en 15 points,
15:18je la donne à mon ami pakistanais qui va le remettre à quelqu'un,
15:22on ne sait pas exactement qui, en Iran.
15:25Bon, voilà, on rend ce plan public.
15:29Bon, c'est assez bizarre, quand on est en négociation,
15:31normalement, les choses ne sont pas forcément publiques.
15:34Alors, qu'est-ce que ça veut dire exactement de rendre ce plan public ?
15:37Donc, l'Iran se sent obligé de répondre publiquement
15:42qu'on ne va peut-être pas du tout en tenir compte.
15:45C'est inacceptable.
15:47Mais, en revanche, dit-on, sous la table,
15:50en passant un petit papier sous la table,
15:52si vous enlevez ça ou ça ou ça, ou telle formulation,
15:55on pourra peut-être commencer à rediscuter.
15:57Mais tout ça se fait de façon totalement indirecte.
16:00et probablement pas seulement avec un interlocuteur pakistanais,
16:06un intermédiaire, on va dire, pakistanais.
16:08D'autres pays, la Turquie, l'Égypte,
16:17se sont plus ou moins mis en avant,
16:21de façon à peu près explicite,
16:24pour eux aussi jouer les intermédiaires.
16:27Et puis, il y a toujours les intermédiaires classiques
16:30du dialogue entre les États-Unis et l'Iran,
16:34que sont la Suisse,
16:35qui représente en Iran les intérêts américains.
16:39Qui avait accueilli les discussions, effectivement.
16:40Absolument.
16:40Et le sultanat d'Oman, qui est juste à côté,
16:44qui n'a pas, lui, été trop...
16:46Il a été un peu attaqué par les Iraniens,
16:48mais pas beaucoup moins que les Émirats arabes.
16:50Et dont le ministre des Affaires étrangères,
16:52récemment, a critiqué la position des États-Unis,
16:54en disant qu'ils avaient suivi, finalement, Israël.
16:57Estelle Martin, les pays du Golfe aussi,
16:59voudraient rentrer, d'ailleurs, dans ces négociations.
17:01Oui, c'est vrai qu'ils ont dit qu'ils étaient parties prenantes,
17:03effectivement, malgré eux.
17:04Ça, ils l'ont rappelé.
17:05Effectivement, le président de ce conseil des monarchies du Golfe
17:09s'est exprimé sur la question.
17:11Il a dit qu'effectivement, ils étaient pour.
17:13Mais alors, moi, c'est plutôt les Iraniens.
17:14On se demande avec qui ils vont négocier.
17:15Parce qu'à force de tuer tous les responsables iraniens,
17:18on se demande, à tel point que même,
17:19il y a une source anonyme pakistanaise
17:21qui a expliqué que, oui, Israël savait où était
17:25Mohamed Galibaf, qui est le président du Parlement iranien,
17:28mais qu'il n'allait pas le cibler.
17:32C'est vrai que là, on se demande...
17:33Il ferait partie, lui, des responsables,
17:35d'après les États-Unis, qui seraient épargnés.
17:36Voilà, qui est un peu l'homme fort.
17:38On a des sources qui ne sont pas ciblées.
17:39Pour l'instant, mais Ali Larijani était présenté
17:40comme l'homme fort avant qu'il soit ciblé
17:43par les Israéliens.
17:44Donc, c'est vrai que là aussi, c'est une donnée
17:48totalement floue avec qui les Américains
17:51peuvent négocier, même de manière indirecte.
17:53Les Israéliens, d'ailleurs, aujourd'hui,
17:54ont affirmé avoir éliminé, c'est le terme,
17:58le chef de la marine iranienne,
18:01qui était notamment à l'origine du blocage
18:03du détroit d'Hormuz.
18:04Comment est-ce que vous analysez, Eric,
18:05la stratégie des Israéliens ?
18:08On voit qu'ils veulent se démarquer,
18:09d'une certaine manière, des Américains,
18:11ou, en tout cas, pas subir un éventuel retrait américain
18:15en bombardant massivement l'Iran et le Liban.
18:17Bon, alors, je ne suis pas dans le secret des lieux,
18:20évidemment, mais ce que j'observe,
18:22c'est que les Israéliens mènent une guerre
18:26qui est assez classique,
18:29qui obéit aux canons des stratèges
18:32de la guerre aérienne,
18:33comme John Warden, par exemple,
18:36qui est une...
18:38On va dire...
18:41Selon John Warden,
18:42il y a cinq cercles
18:43qui constituent, en fait,
18:44la colonne vertébrale d'un pouvoir.
18:46Et le cercle intérieur,
18:48le mieux, c'est la force politique.
18:53Et la force politique,
18:55la première des choses à faire,
18:56c'est de décapiter cette force.
18:58C'est ce qu'on fait,
18:59au premier jour de la guerre,
19:01les Israéliens,
19:02en s'ylandant...
19:03Le 28 février,
19:04en faisant le guide suprême.
19:05Il paraît que Donald Trump a été surpris
19:07de voir qu'ils n'avaient pas été...
19:09Évidemment,
19:10ils avaient été décapités,
19:11mais...
19:12Voilà.
19:13Ils continuaient à se battre.
19:15Il faut bien voir que l'Iran,
19:16en fait,
19:16se prépare à cette guerre
19:17depuis toujours.
19:19Depuis que la République islamique existe.
19:21La défense est organisée
19:23de façon mosaïque,
19:24disent-ils,
19:25c'est-à-dire qu'elle est
19:25complètement déconcentrée.
19:27Vous tuez un général,
19:29il y en a un autre
19:30qui prend la place,
19:31etc.
19:31Ils sont tous de la génération,
19:33ces gardiens de la Révolution,
19:34ou ces anciens gardiens de la Révolution.
19:37Halibaf est un ancien général
19:38des gardiens de la Révolution.
19:40Ils sont tous de la génération
19:42de ceux qui ont fait
19:43la guerre contre l'Irak.
19:44C'est une guerre qui a duré
19:45huit ans,
19:46un million de morts.
19:4780-88.
19:4880-88.
19:49C'est énorme.
19:50Et toute cette génération
19:52qui est au pouvoir
19:53d'une manière ou d'une autre,
19:55ce sont des gens
19:56extrêmement aguerris.
19:58Il faut bien prendre ça en compte.
19:59Ce sont tous
20:00d'anciens chefs militaires,
20:02d'anciens combattants.
20:03Donc,
20:05vous ne vous mettez pas par terre,
20:08un petit peu comme en Israël,
20:09d'ailleurs,
20:10où tout le monde
20:10a fait l'armée
20:11et a combattu,
20:13qu'on soit Premier ministre,
20:16etc.
20:17Mais,
20:20il y a une stratégie israélienne
20:21qui est de,
20:22on va dire,
20:23de casser
20:24la colonne vertébrale
20:25de ce régime.
20:30c'est un petit peu difficile
20:31de voir
20:32à quel point
20:33ils en sont.
20:34Les défenses anti-aériennes
20:35ont été réduites,
20:36c'est clair.
20:37Les lances-missiles
20:38ont été frappées.
20:39On ne sait pas
20:39combien l'Iran
20:40en disposait.
20:42Ils peuvent toujours
20:42disposer d'autres
20:44missiles cachés,
20:45mais s'ils n'ont plus
20:46les lanceurs,
20:47ça devient difficile
20:48d'aller viser
20:50qui que ce soit.
20:51Et après,
20:52d'une manière ou d'une autre,
20:53une guerre,
20:53ça se gagne.
20:54S'il s'agit de gagner
20:55une guerre,
20:55ça se gagne au sol.
20:57Donc,
20:57il va falloir y aller.
20:58À un moment ou à un autre.
20:59D'une façon ou d'une autre.
21:01Sébastien Stegans.
21:02Oui,
21:03sur le plan militaire,
21:04il est évident
21:05que l'Iran est affaibli.
21:06Sur le plan politique,
21:07ça a été dit,
21:07ils se sont préparés
21:08à cette attaque
21:09depuis très longtemps.
21:10Et ce qui est stupéfiant,
21:12c'est le,
21:12comment dire,
21:15les déclarations
21:16de Donald Trump
21:16qui,
21:17visiblement,
21:18pensaient que
21:18cette guerre
21:19se terminerait en deux jours
21:20et qu'ils n'imaginaient pas du tout
21:21qu'ils ne connaissaient
21:23absolument rien
21:24visiblement au régime iranien.
21:26Et on voit bien,
21:27en fait,
21:27toute cette séquence
21:28démontre qu'ils naviguent à vue,
21:29qu'ils naviguent dans le brouillard
21:31et ça rend toute analyse
21:33très difficile
21:34parce que le principal intéressé,
21:35lui-même,
21:36ne sait pas où il va.
21:37Je voudrais qu'on dise un mot
21:37des conséquences économiques
21:39en France
21:40de cette guerre.
21:40On a beaucoup parlé
21:41ces derniers jours
21:42du prix du pétrole
21:43et de l'essence.
21:44Le Premier ministre
21:45Sébastien Lecornu
21:45a annoncé hier à l'Assemblée
21:47une enveloppe supplémentaire
21:48de 8 milliards et demi d'euros
21:50pour acheter des munitions.
21:52Ce qui ne veut pas dire
21:53pour autant
21:53que nous sommes en économie de guerre.
21:55Une réunion sur ce thème
21:57avait lieu d'ailleurs
21:57aujourd'hui à Matignon.
21:58Écoutez,
21:59Emmanuel Aurion,
21:59invité de France Info,
22:01économiste
22:01et à la Tool School of Economics.
22:03Une économie de guerre,
22:05c'est l'Ukraine.
22:05Alors,
22:06comment on le reconnaît ?
22:07Il y a une production
22:09d'armes
22:10et une part du PIB
22:11qui est consacrée
22:12à l'achat d'armes
22:13et aux dépenses militaires
22:15et qui est astronomique
22:16et de l'ordre
22:16de 60% du PIB.
22:17Tout est tourné
22:18vers la guerre
22:19et donc vers
22:20la production d'armes,
22:22la production matérielle
22:23pour l'armée
22:24et en plus,
22:25ça désorganise
22:25dans le cas d'un pays
22:27qui est vraiment en guerre.
22:27Donc,
22:28ça désorganise
22:29l'économie normale,
22:30disons.
22:30Donc,
22:31ce n'est absolument pas
22:32le cas de la France.
22:33Emmanuel Aurion
22:33qui rappelle aussi
22:34que l'objectif en France
22:35est de faire grimper
22:36les dépenses militaires
22:37à 3% du PIB
22:38autant que pendant
22:39la guerre froide.
22:40qu'est-ce que cela dit
22:40Estelle Martin
22:41de cette période
22:42que nous vivons ?
22:43Écoutez,
22:44ce n'est peut-être pas
22:45une économie de guerre
22:45mais il va bien falloir
22:46trouver de l'argent
22:47pour financer
22:48effectivement
22:49ce plan de munition.
22:51C'est toute cette nouvelle
22:53loi de programmation militaire.
22:55On va arriver à...
22:56On était à 413 milliards,
22:57c'est ça,
22:58pour 2024-2030
22:59et on ajoute 36 milliards.
23:01Donc,
23:01on ajoute des milliards,
23:02des milliards,
23:02des milliards,
23:02ce qui peut s'expliquer
23:04selon la situation
23:04mais on les trouve où ?
23:05C'est-à-dire,
23:06est-ce que ça va être des impôts
23:07ou est-ce qu'il va falloir
23:07renier sur d'autres budgets,
23:10c'est-à-dire
23:10l'éducation nationale,
23:11la santé ?
23:12Toutes ces questions-là,
23:13pour l'instant,
23:14on n'y répond pas.
23:15On ne sait pas
23:15d'où vient tout cet argent.
23:16Adrien Braché.
23:17Oui, Sébastien,
23:18tout à l'heure,
23:19soulignait
23:19une forme de consensus
23:21plus ou moins
23:22autour de l'action diplomatique
23:25sur l'Iran.
23:27En effet,
23:28en revanche,
23:29sur la question
23:30des arbitrages budgétaires,
23:32des investissements
23:34militaires de défense,
23:35il faudra voir
23:36si à terme,
23:37il y a des débats
23:38sur, notamment,
23:38en effet,
23:39comment on les finance
23:40parce que c'est aussi
23:41une question.
23:42Comme l'a dit
23:43Catherine Vautrin,
23:44la ministre des Armées,
23:45la souveraineté a un prix
23:47et on est aussi
23:48rentré dans une époque
23:49où le mirage,
23:52en fait,
23:52d'une paix tranquille
23:53installée
23:54est en train de disparaître
23:55et où donc,
23:55on se retrouve
23:56à faire des choix,
23:56des choix qui ne sont
23:57pas faciles,
23:58qui ne sont pas évidents
23:59et qui peuvent susciter
24:00du clivage politique.
24:01Et le gouvernement
24:03est sur deux fronts,
24:04si vous voulez,
24:04parce qu'il y a
24:05l'aspect militaire
24:06mais il y a aussi
24:07l'aspect économique
24:08où on sent
24:09une tension qui monte
24:10et où là,
24:11pour le coup,
24:11les oppositions
24:12attaquent très fortement
24:13sur, on l'a parlé,
24:14du prix de l'essence,
24:17du prix du gaz.
24:18Et donc,
24:18là aussi,
24:19le gouvernement doit agir
24:21avec, encore une fois,
24:22une situation budgétaire
24:22extrêmement compliquée,
24:23une situation budgétaire
24:25très contrainte
24:26où les marges de manœuvre
24:27sont limitées.
24:28Donc, il faut gérer
24:29ces deux fronts en même temps
24:30et c'est extrêmement compliqué.
24:31Que disent les professionnels
24:32de l'armement ?
24:34Éric Biégala,
24:35vous avez rencontré ce matin
24:35le patron de MBDA,
24:38c'est le plus gros fabricant
24:39d'armes en Europe.
24:40Le plus gros fabricant
24:41de missiles.
24:42De missiles, pardon.
24:43Le missilier européen,
24:45bon, français en l'occurrence,
24:46mais européen aussi,
24:47des usines en Italie,
24:49en Allemagne,
24:51pardon,
24:52en Grande-Bretagne
24:53et,
24:53j'en oublie un,
24:55peut-être.
24:55On le retrouvera.
24:59Le problème
25:00que la base industrielle
25:03et technologique
25:04de défense,
25:05ce qu'on appelle...
25:06Ils se frottent les mains
25:07au niveau commande en ce moment ?
25:08Comment ?
25:08Ils se frottent les mains
25:09en ce moment
25:09au niveau commande ?
25:10Ça fait déjà longtemps
25:11qu'ils se frottent les mains.
25:13Le carnet de commande
25:15d'Éric Béranger
25:17est à 44 milliards d'euros.
25:21Ça, c'est le carnet de commande.
25:22Les revenus en 2025,
25:24c'est 5,8 milliards
25:27pour MBDR.
25:28Et la courbe ascendante,
25:31c'est à peu près
25:32deux fois plus
25:32qu'il y a deux ans.
25:33Ils arrivent à produire
25:34deux fois plus de missiles
25:36qu'il y a deux ans,
25:37mais ce n'est pas assez.
25:38Des missiles,
25:39quand on est en guerre
25:40ou quasi en guerre,
25:42on en tire tous les jours.
25:43Et donc,
25:43il faut les remplacer.
25:44Fabriquer un missile,
25:45un missile Aster
25:46comme un missile
25:47de défense antiaérienne,
25:48c'est 30 mois.
25:49C'est 2000 sous-traitants.
25:52Donc,
25:52il faut pouvoir
25:53avoir des commandes
25:54sur le long terme,
25:56des commandes importantes.
25:57C'est pour ça
25:58qu'au-delà
25:59des 8,5 milliards
26:01de rallonge
26:02annoncé hier
26:03par le Premier ministre,
26:06le Premier ministre
26:06a également
26:08évoqué
26:09un nouveau véhicule
26:11de financement
26:13dont on ne sait pas
26:14très bien
26:14comment il sera
26:15abondé
26:16pour justement
26:18financer
26:19au-delà
26:20toujours des munitions
26:22et des munitions
26:22extrêmement compliquées
26:23et chères
26:24à produire
26:24comme les missiles
26:27au-delà
26:27de ce qui est prévu
26:28par la loi
26:29de programmation
26:29élitaire.
26:31Et tout ça
26:31devrait permettre
26:32d'avoir
26:33toute la chaîne
26:34de production
26:35qui encore une fois
26:36est multiple.
26:37Je crois que
26:37MBDA
26:38a 2000 sous-traitants,
26:402000 entreprises.
26:41Alors,
26:41c'est les petites entreprises
26:41qui vont fabriquer
26:42des pièces
26:44dans des alliages
26:45très très particuliers
26:46parce que ces missiles
26:47volent à 4000 km heure
26:50ils ont des chaleurs
26:51pas possibles
26:51ils font des virages
26:52qui prennent 5G
26:53et ils doivent aller
26:54toucher à un machin
26:54qui est gros comme ça
26:55gros comme ça
26:56gros comme
26:57une boîte à chapeaux
26:59C'est mieux
27:00parce qu'en radio
27:00on ne voit pas du coup.
27:03C'est pour ça
27:04que j'ai parlé
27:04de boîte à chapeaux
27:05et qui est chargé
27:07lui-même d'explosifs
27:08qui est un mini drone
27:09d'attaque.
27:11C'est à ça
27:12que servent ces missiles.
27:12Les missiles
27:13qui ont été tirés
27:15au-dessus du Golfe
27:16en défense
27:17des Émirats Arabes Unis
27:20qui ont été tirés
27:21par les Rafales
27:21c'est une centaine
27:23déjà.
27:23Une centaine
27:24de missiles Mika
27:25c'est à peu près
27:26un huitième
27:27de tout le stock
27:29de missiles Mika
27:30qu'on a dans l'armée de l'air.
27:32Et ça en quoi ?
27:33Ça donne effectivement
27:34une idée
27:34de ce qui reste
27:35à produire.
27:37En dix jours.
27:38Donc ces missiles
27:38il va falloir les remplacer
27:40et ça avait été
27:41la même histoire
27:42avec comment contrer
27:43les outils etc.
27:44On avait tiré
27:4522 missiles Aster
27:47pour détruire du drone.
27:48Les missiles Aster
27:50pièce
27:50c'est un million d'euros
27:51et il faut 30 mois
27:52pour en faire un.
27:54Donc vous avez 22
27:55à remplacer
27:56faites le compte
27:57c'est long
27:59c'est difficile
27:59et donc
28:00oui
28:01les missiliers
28:02se frottent les mains
28:03le carnet de commandes
28:04sont pleins
28:05maintenant il faut produire.
28:06Il faut produire
28:06et on aura l'occasion
28:07d'en reparler
28:08dans les informés.
28:08Merci beaucoup
28:09Eric Biégala
28:09d'être venu ce soir
28:11dans les informés
28:12spécialiste des questions militaires
28:14et de défense
28:15à France Info.
28:16Les informés
28:16se poursuivent
28:17seconde partie
28:17dans un instant
28:18juste après l'info
28:20sur France Info
28:21il est 20h32.
28:2720h32
28:28Laura Dullieu
28:28Le ministre de l'éducation
28:30saisit la justice
28:30contre TikTok
28:31pour provocation au suicide
28:33selon Edouard Jeffrey
28:34l'algorithme de la plateforme
28:36favorise les vidéos
28:37de scarification
28:38ou d'incitation au suicide
28:39chez des adolescents.
28:40C'est impressionnante
28:42affaire de détournement
28:43de fond
28:437 personnes ont été
28:45mises en examen
28:45soupçonnées
28:46d'avoir détourné
28:47environ 58 millions d'euros
28:49à l'assurance maladie
28:50annonce le parquet de Paris
28:51l'un des suspects
28:52a été incarcéré
28:54300 000 euros
28:54ont à ce stade
28:55été saisis
28:56et puis autre affaire
28:57de détournement
28:57cette fois d'un million d'euros
28:59de ma prime rénov'
29:00en Charente-Maritime
29:013 personnes ont été placées
29:03sous contrôle judiciaire
29:04soupçonnées d'avoir usurpé
29:06l'identité d'artisan
29:07pour percevoir
29:08cette aide de l'Etat.
29:09Le Liban annonce
29:10saisir le conseil
29:11de sécurité de l'ONU
29:12à propos des frappes
29:13israéliennes
29:14qui menacent
29:15la souveraineté du pays
29:16où Israël a tué
29:17au moins 5 personnes
29:18aujourd'hui
29:18et près de 1100 personnes
29:20depuis début mars.
29:21L'armée israélienne
29:22annonce de son côté
29:23la mort d'un deuxième soldat
29:25dans le sud du Liban
29:26aujourd'hui.
29:27Quant à l'Iran
29:28les Etats-Unis
29:28affirment voir
29:29des signaux forts
29:30que Téhéran veut
29:31un accord de paix
29:32un média officiel iranien
29:34affirme que Téhéran
29:35a répondu
29:35à la proposition
29:36de plan de paix américain
29:37et attend un retour.
29:39En France
29:39dans les Landes
29:40un animateur périscolaire
29:41a été placé
29:42en garde à vue
29:43ce matin
29:43pour agression sexuelle
29:44et viol sur mineurs.
29:46Le suspect est actuellement
29:47visé par trois plaintes
29:48pour comportement inapproprié
29:49et suspendu
29:50de ses fonctions
29:51depuis le mois d'octobre.
29:52Le parquet requiert
29:53750 000 euros
29:55d'amende
29:56et la remise en état
29:57des sites par Nestlé.
29:58Le groupe est jugé
29:59pour avoir maintenu
30:00des décharges sauvages
30:02près de Vittel
30:03dans les Vosges.
30:04Enfin c'est la première naissance
30:05de cette espèce
30:06en dehors de l'Asie.
30:07Un bébé singe doré
30:08est né aux eaux de Beauval.
30:09Ces primates
30:10ont un peu l'âge roux
30:11et la face bleutée
30:12considérée
30:13comme un trésor national chinois.
30:17France Info
30:1920h, 21h
30:20France Info
30:22Les informés
30:23Victor Matel
30:24Avec ce soir
30:25Valérie Gasse
30:26chef du service politique
30:27de RFI
30:28Estelle Martin
30:29présentatrice
30:29de l'émission
30:3064 minutes week-end
30:31sur TV5 Monde
30:33Adrien Bracher
30:33rédacteur en chef
30:34adjoint
30:34du service politique
30:36Dupont
30:36et Sébastien Schneegans
30:37journaliste politique
30:39à l'Express
30:40trois jours
30:41après l'annonce
30:42de sa mort lundi
30:43à 88 ans
30:43les obsèques
30:45aujourd'hui
30:45de Lionel Jospin
30:47à Paris
30:47avant cela
30:48en fin de matinée
30:48un hommage national
30:50lui a été rendu
30:50aux invadides
30:51présidé par Emmanuel Macron.
30:54Animant
30:56des équipes
30:57encore présentes
30:59aujourd'hui
31:00et attachées à lui
31:01depuis toujours
31:03Lionel Jospin
31:05a durant ces années
31:07modernisé
31:07la vie économique
31:08sociale
31:09et démocratique
31:11de la nation
31:13de manière inédite
31:16il a contribué
31:19à faire entrer
31:20la France
31:20dans ce siècle
31:21qui s'ouvrait.
31:22Emmanuel Macron
31:23à propos de Lionel Jospin
31:24lors de cet hommage national
31:26d'ancien Premier ministre
31:27qui a modernisé la France
31:28de manière inédite
31:29a dit le chef de l'État
31:30on a beaucoup parlé
31:31depuis le décès
31:32de Lionel Jospin
31:33des 35 heures
31:34de la couverture maladie universelle
31:35ou encore du Pax
31:36Valérie Gass
31:37on n'a pas connu
31:38finalement depuis ces années-là
31:39une telle addition
31:40d'avancée sociale en France.
31:41Oui c'était l'époque
31:43où la gauche
31:44était au gouvernement
31:45et appliquait des idées
31:47mettait en oeuvre
31:48des politiques
31:49des programmes
31:50c'était un peu
31:52l'ère
31:53ça doit donner
31:54de la nostalgie
31:54au parti socialiste
31:55actuellement
31:56c'est vrai que
31:57on parlait de cohabitation
31:58Il y avait un objectif
32:01de faire progresser
32:01aussi bien
32:02la société
32:03aussi
32:04et donc
32:05Lionel Jospin
32:06a incarné ça
32:07avec aussi
32:08une certaine forme
32:10de rigueur
32:11de droiture
32:12d'intégrité
32:13autant de qualité
32:14que l'on lui a attribué
32:17ces derniers jours
32:18tout le monde
32:18c'est quelqu'un
32:19qui était
32:20respecté
32:21respectable
32:22et qui est
32:23une sorte d'unanimité
32:24pour saluer
32:24et puis
32:25bien sûr
32:26Lionel Jospin
32:27c'est le 21 avril 2002
32:29et ça
32:29c'est
32:30l'événement
32:32choc
32:33quand il est éliminé
32:34par Jean-Marie Le Pen
32:35pour le second tour
32:36de la présidentielle
32:37et ça c'est vraiment
32:38l'événement
32:39qui restera
32:40marqué
32:40à Lionel Jospin
32:41On a beaucoup réentendu
32:42effectivement
32:42le jour de sa disparition
32:44son fameux discours
32:45et son départ
32:46quasi immédiat
32:47de la vie politique
32:48après cet échec
32:49cuisant
32:50cette défaite
32:50dès le premier tour
32:51effectivement
32:52troisième derrière
32:53Jacques Chirac
32:54et Jean-Marie Le Pen
32:55Emmanuel Macron
32:56Adrien Brachet
32:56a aussi dit
32:57que Lionel Jospin
32:58était un inspirateur
32:59on a entendu
33:00toute la semaine
33:00des proches
33:01ou d'autres
33:01dire à quel point
33:02il avait été
33:02un repère pour eux
33:04qui a-t-il réellement
33:05inspiré
33:05quand on regarde
33:06la classe politique
33:06aujourd'hui ?
33:07Alors ce qui est
33:09déjà
33:09chose assez classique
33:11quand quelqu'un meurt
33:11et que c'est l'heure
33:12des hommages
33:13soudainement
33:14tout le monde
33:14se précipite
33:15pour récupérer
33:15la figure
33:16en question
33:17mais ce qui est intéressant
33:18avec le cas
33:19de Lionel Jospin
33:19c'est que
33:21chacun peut un peu
33:22y trouver
33:22dans le bilan
33:23de la gauche plurielle
33:24à l'époque
33:24un peu ce qui l'arrange
33:26c'est-à-dire
33:26vous avez une partie
33:27de la gauche
33:28qui se réfère
33:29aux 35 heures
33:30à la couverture maladie universelle
33:32qui sont pour une partie
33:33de la gauche des repères
33:34à l'inverse
33:35vous avez une partie
33:35de la gauche
33:36plus centriste
33:37plus réformiste
33:38qui va souligner
33:39les privatisations
33:40importantes
33:41qu'avait entamé
33:42le gouvernement
33:42de Lionel Jospin
33:43à l'époque
33:44donc en fait
33:45chacun peut y trouver
33:46un petit peu aussi
33:47ce qui l'arrange
33:49dans ce bilan-là
33:50il y avait aussi
33:51une forme de paradoxe
33:52à voir le discours
33:53d'Emmanuel Macron
33:54à Lionel Jospin
33:56c'est-à-dire que
33:56je pense qu'il y a
33:57en effet cet aspect
33:58de rigueur
33:58que tout le monde
34:00reconnaît
34:01à Lionel Jospin
34:02mais c'est assez intéressant
34:03quand Emmanuel Macron
34:05a loué le fait
34:06que Lionel Jospin
34:07avait modernisé
34:08la vie politique
34:09il a fait référence
34:10aux 35 heures
34:10alors même
34:11qu'Emmanuel Macron
34:12a été
34:14notamment lorsqu'il était
34:15ministre de l'économie
34:16déjà sous François Hollande
34:17un des premiers
34:17à critiquer
34:19les 35 heures
34:19il était intervenu
34:21aux universités d'été
34:23du MEDEF
34:23en 2015
34:24en disant
34:24en critiquant
34:25je cite
34:26cette gauche
34:26qui a pu croire
34:27que la France
34:27pourrait aller mieux
34:28en travaillant moins
34:29donc c'était
34:31assez amusant
34:31assez ironique
34:32que ce soit
34:33Emmanuel Macron
34:33qui rende cet hommage
34:35Emmanuel Macron
34:36beaucoup plus jeune
34:36que Lionel Jospin
34:3740 ans de moins
34:38il l'a assez peu connu
34:39il l'a reconnu lui-même
34:40le président de la République
34:41Emmanuel Macron
34:42qui a dit aussi
34:42que Lionel Jospin
34:43restera comme un repère
34:45dans notre histoire
34:46pas dans son histoire
34:47à lui
34:48à Emmanuel Macron
34:49Sébastien Schneegans
34:50non et c'est même
34:51plutôt paradoxalement
34:53Jean-Luc Mélenchon
34:54qu'on a beaucoup entendu
34:55qui est visiblement
34:56aussi nostalgique
34:57que le PS
34:58qui a écrit un vibrant hommage
35:00qui s'est plaint
35:01de ne pas avoir été invité
35:02avant de dire
35:02qu'il l'avait finalement été
35:03alors qu'il avait été invité
35:04par l'Elysée
35:05il écrit sur son blog
35:06merci Lionel
35:07je vais avec les miens
35:08sur le grand chemin
35:09que tu voulais maintenir
35:11ouvert à ta façon
35:11ce qui ressemble quand même
35:12beaucoup à une déclaration
35:13de candidature pour 2027
35:15mais tout ça pour dire
35:16qu'en fait Jospin
35:18était à la croix
35:18dont personne ne doute réellement
35:19comment ?
35:20dont personne ne doute réellement
35:21c'est un secret de Pouchinelle
35:22bien sûr
35:22mais il était à la croisée des gauches
35:24c'est-à-dire qu'il commence
35:25dans sa formation
35:26en étant trotskiste
35:27trotskiste, l'ambertiste
35:28tout comme Mélenchon
35:29et il finit par être finalement
35:31le dernier gouvernant de gauche
35:33qui a eu des résultats
35:34en matière sociale
35:35on a parlé effectivement
35:36des 35 heures
35:37du PAX
35:37de la CMU
35:39on ne peut pas dire
35:40la même chose
35:41enfin en tout cas
35:42les commentateurs
35:43sont beaucoup plus sévères
35:44sur le bilan de François Hollande
35:46donc
35:48la France allait mieux
35:49à l'époque aussi
35:49économiquement
35:50absolument
35:51c'était pas du tout
35:52le même
35:52c'était à 4% de croissance
35:53c'était pas la même chose
35:54c'est un peu facile parfois
35:55c'est difficile de faire
35:57des comparaisons
35:57aussi
35:58c'est vrai qu'il y a
35:59beaucoup de temps
36:00passé
36:01la jeune génération
36:02j'ai l'impression
36:03aux politiques
36:03Boris Vallot
36:04évidemment
36:05on lui a rendu hommage
36:06à l'Assemblée nationale
36:07exactement
36:08mais je ne sais pas
36:09si la jeune génération
36:10les 40
36:1030
36:1140
36:11effectivement
36:12pour eux
36:13j'imagine que
36:13Lionel Jospin est important
36:14mais est-ce qu'ils s'embêtent
36:16regardez c'est une très bonne question
36:17que vous posez Estelle Martin
36:18on va écouter justement
36:19un témoignel
36:20Lionel Jospin
36:21qui a été inhumé
36:22cet après-midi
36:23au cimetière du Mont Parnasse
36:24à Paris
36:25était présente justement
36:26pour cet enterrement
36:27Florence Mangin
36:28qui était sa conseillère Europe
36:30lorsque Lionel Jospin
36:31était Premier ministre
36:32on l'écoute
36:33beaucoup de jeunes
36:34ne l'ont pas nécessairement connu
36:36puisque après 2002
36:37il a arrêté
36:39il a décidé
36:39de se retirer
36:40de la vie politique
36:41ce qui fait
36:41qu'il y a peut-être
36:42une génération
36:43un peu plus jeune
36:44que la mienne
36:44qui n'aura pas eu
36:45l'occasion
36:46de l'entendre beaucoup
36:48et c'est dommage
36:49c'est dommage
36:50dans les temps qu'est quoi
36:51voilà vous partagiez
36:52cette même interrogation
36:54effectivement
36:54je me posais la question
36:55aussi bien des jeunes
36:56qui ne font pas de la politique
36:58que de la nouvelle génération
37:00de la gauche
37:01alors plus la gauche
37:02plurielle
37:02mais qui aimerait bien
37:04avoir le même
37:06voilà
37:07la même aura
37:08parce qu'aujourd'hui
37:08c'est compliqué
37:09Valérie Gass
37:10est-ce qu'on aurait
37:10une autre atmosphère
37:11dans la classe politique
37:12si certains jeunes
37:13ou moins jeunes
37:14avaient connu Lionel Jospin
37:16très difficile à dire
37:17c'était
37:18en fait il y a quelque chose
37:19en effet très générationnel
37:21dans Lionel Jospin
37:22pour ce que disait
37:23la dame que vous venez de passer
37:24c'est qu'en effet
37:25il n'en a plus du tout entendu
37:27il a eu
37:28cette espèce de panache
37:29de dire
37:30je me retire de la vie politique
37:31et pour le coup
37:32il s'en est retiré
37:33on voit ça comme un panache
37:34aujourd'hui
37:34beaucoup comme un abandon
37:35à l'époque
37:35oui comme un abandon
37:37en tout cas
37:37voilà
37:38il s'est retiré de la vie politique
37:39on n'a plus beaucoup entendu parler
37:40il sortait de temps en temps
37:42accompagné
37:42faire une déclaration
37:43notamment pour la lutte
37:44contre les extrêmes
37:45le rassemblement national
37:46mais bon c'est vrai
37:47qu'on ne peut pas
37:50lui trouver des héritiers
37:51vraiment
37:51et on ne sait pas
37:53ce que ça serait aujourd'hui
37:54lui il avait
37:56on reste avec l'image
37:58de la gauche plurielle
37:58qu'il avait réunie
38:00au gouvernement
38:01et qu'il avait su
38:02faire travailler
38:02et là on est dans
38:04une gauche bordélisée
38:05et ce qui est drôle
38:06c'est que le lien
38:06entre les deux
38:07c'est Jean-Luc Mélenchon
38:08on en parlait tout à l'heure
38:09donc comme quoi
38:11d'une époque à l'autre
38:13avec quelques décennies
38:14il peut y avoir
38:15beaucoup d'évolution
38:16Sébastien
38:16et d'ailleurs j'ai retrouvé
38:17une archive
38:18qui a été citée
38:18par nos confrères de Libération
38:20le premier à parler
38:21de la Nouvelle France
38:22concept dont Jean-Luc Mélenchon
38:23parle beaucoup
38:23c'est Lunel Jospin
38:24c'était le 31 décembre 2000
38:25dans une tribune
38:26voilà et quand on voit
38:27l'état de la gauche
38:27aujourd'hui Adrien Braché
38:28on se souvient aussi
38:29que Lunel Jospin
38:30a été au coeur de la vie politique
38:31à des moments clés
38:32où ce n'était pas facile
38:33pour la gauche
38:34où elle se reconstruisait aussi
38:35on pense à 95
38:36la campagne juste après
38:37l'élégislative de 93
38:39qui avait été un fiasco
38:40exactement
38:41c'est-à-dire qu'il a été
38:42il a incarné en fait
38:44pendant plusieurs
38:45on peut dire une décennie
38:47en fait
38:47une figure majeure
38:48de la gauche
38:49après François Mitterrand
38:51ce qui est intéressant
38:52c'est que si vous voulez
38:52dans l'inconscient collectif
38:54de la gauche
38:55le rapport à Lunel Jospin
38:56est très ambivalent
38:57parce que d'un côté
38:58c'est l'homme
38:59en effet qui reprend
39:00le flambeau en 95
39:01c'est l'homme
39:02d'un parti socialiste
39:03triomphant
39:04au moment de la gauche plurielle
39:05dans une période
39:06où la France
39:07est en pleine croissance
39:08où le chômage diminue
39:10et en même temps
39:11c'est l'homme du 21 avril 2002
39:13c'est l'homme
39:14d'une gauche
39:16qui
39:17sur le moment
39:17ne comprend même pas
39:18ce qui lui arrive
39:19donc c'est très compliqué
39:21de s'y référer
39:21parce qu'il est à la fois
39:23il incarne
39:23pour une gauche
39:24un moment
39:25où il s'était installé
39:26au pouvoir
39:26etc
39:26et ils incarnent aussi
39:28un coup très dur
39:30sur la tête
39:30qu'a été le 21 avril
39:31dont la gauche
39:32n'est en fait
39:32peut-être jamais vraiment remise
39:34c'est-à-dire
39:34qu'on a le sentiment aussi
39:35que l'examen de conscience
39:37de la gauche
39:37qu'il y aurait dû y avoir
39:38au lendemain du 21 avril
39:40que ce soit
39:40sur la question du travail
39:41de la sécurité
39:43des questions sociales
39:44de l'environnement
39:45de la laïcité
39:46tout ça
39:46on a l'impression
39:47que ce travail-là
39:48il est toujours en cours
39:49mais que l'examen de conscience
39:50n'est pas arrivé au bout
39:51donc ça fait que
39:52l'héritage de Jospin
39:53là-dessus
39:54est assez ambivalent
39:55le fameux droit d'inventaire
39:56Valérie Gass
39:57la gauche
39:57toujours choquée
39:58toujours sous le choc
39:59finalement
39:59près de 25 ans après
40:00ce 21 avril 2002
40:02oui c'est vrai que
40:02ce moment
40:03ça a été celui
40:04où on a vu
40:05qu'il y avait une gauche
40:05qui était déconnectée
40:06d'une certaine réalité
40:07du pays
40:08et en effet
40:09Lionel Jospin
40:10avait été complètement
40:11stupéfait
40:12du résultat
40:13personne ne voulait voir
40:14que c'était possible
40:15et en effet
40:16d'où le geste
40:17de panache
40:18ou de
40:18ou la fuite
40:19la fuite
40:20face au résultat
40:21mais depuis
40:23finalement
40:24et bien
40:25ça n'a fait que
40:26qu'aller de mal en pi
40:27et on voit
40:28c'est un petit peu
40:29inversement proportionnel
40:30à la montée
40:30du rassemblement national
40:31et c'est une gauche
40:33qui a perdu
40:33dans certains
40:34les quartiers populaires
40:35dans un certain électorat
40:36et ce en effet
40:37droit d'inventaire
40:38il faudrait peut-être
40:39qu'il le fasse
40:39peut-être que ça pourrait
40:40faire une prise de conscience
40:41de se remémorer
40:42ces années-là
40:44pour le parti socialiste
40:45actuel
40:46voilà pour la France
40:47qu'est-ce qu'il représentait
40:47à l'étranger
40:48Estelle Martin
40:49alors moi je suis concentrée
40:50sur l'Afrique
40:50parce que c'est vrai
40:51qu'à TV5 Monde
40:52on est très tourné
40:52vers le continent
40:53et bien il y a ce côté
40:55un petit peu ambivalent
40:56parce qu'effectivement
40:57il voulait la rupture
40:58avec la France-Afrique
40:59et pendant sa campagne
41:00sa première campagne électorale
41:02il avait dit
41:02il voulait normaliser
41:03les liens entre la France
41:04et le continent
41:05et Dieu sait
41:06qu'il y avait
41:06beaucoup de travail
41:07il voulait vraiment
41:09impulser une nouvelle dynamique
41:10supprimer la cellule Afrique
41:12de l'Elysée
41:13ce qu'il n'a pas pu faire
41:14puisqu'il n'a pas été élu
41:15il a aussi dû composer
41:16ensuite après avec Jacques Chirac
41:18pas du tout la même vision
41:19sur les liens
41:19avec l'Afrique
41:21il y a eu son discours
41:21de Dakar
41:22j'avais oublié
41:23en 1997
41:24devant le président
41:25du Sénégal
41:26Abdou Diouf
41:27et il avait promis
41:28que Paris ne ferait pas moins
41:29mais mieux
41:30en matière de coopération
41:31avec l'Afrique
41:32il a supprimé
41:33le ministère de la coopération
41:34ce qui à l'époque
41:35était quand même
41:35un geste fort
41:36il a aussi installé
41:38l'AFD
41:38l'agence française
41:39de développement
41:40donc vraiment
41:40il y a eu des
41:41des signaux
41:43pas que des signaux
41:44des gestes forts
41:45le désengagement
41:46militaire
41:46de l'Afrique
41:47militaire français
41:48de l'Afrique
41:49il l'a amorcé
41:50alors on s'est passé
41:50de 8000 à 5000 hommes
41:52il y a deux bases
41:53en Centrafrique
41:54qui ont été supprimées
41:55et quand je parlais
41:56d'ambivalence
41:57c'est qu'en allant
41:58sur certains sites
42:00d'information africains
42:01afrique.com notamment
42:02ils ont dit
42:03qu'en fait
42:03l'Afrique trouve
42:04Lionel Jospin
42:05n'en a pas fait assez
42:06c'est-à-dire
42:06entre le ni indifférence
42:07ni ingérence
42:08finalement on n'est pas
42:09allé au bout
42:10on est resté dans
42:11une sorte de
42:11ventre mou
42:13et les Africains
42:14attendaient beaucoup plus
42:15de Lionel Jospin
42:16même s'ils reconnaissent
42:18qu'il avait une volonté
42:19d'en finir
42:20avec cette façon
42:22de faire de la politique
42:24entre la France
42:24et le continent
42:26et ce qui aurait peut-être
42:27amené
42:28à éviter ces crises
42:30au Sahel notamment
42:31et cette détestation
42:33de certains pays
42:34de certains Africains
42:35envers la France
42:36Lionel Jospin
42:37mort à 88 ans
42:38et cet hommage national
42:40qui lui a donc été rendu
42:41ce matin aux Invalides
42:42cérémonies présidées
42:43on l'a dit
42:43par Emmanuel Macron
42:45pour terminer
42:46ces informés
42:46parlons de celle
42:47qui était le visage
42:49de la télé-réalité
42:50en France
42:51Loana 48 ans
42:52qui a été retrouvée
42:53mort hier chez elle
42:54à Nice
42:55l'hypothèse d'une chute
42:56en arrière
42:56est envisagée
42:57par les enquêteurs
42:58elle avait participé
42:59bien sûr
43:00à la première saison
43:00de Love Story
43:01un ovni télévisé
43:03à l'époque
43:03en 2001
43:04il y a 25 ans
43:05Patrick Yvenot
43:06est historien
43:06et spécialiste des médias
43:08le premier mouvement
43:09ça a été
43:10l'horreur
43:11Pierre-Georges
43:12dans le monde
43:13dit
43:13Love Story
43:14est une horreur
43:15une irrésistible
43:16horreur
43:16une honte
43:16etc
43:17on parle de voyeurisme
43:19de sadisme
43:20d'exhibitionnisme
43:21et tout et tout
43:21et puis ça se renverse
43:23quelques jours plus tard
43:24parce que le monde
43:25fait une analyse sociologique
43:27de Love Story
43:28considère que c'est
43:29quelque chose d'important
43:30parce que les gens ordinaires
43:32les gens du peuple
43:33qu'on voit à la télévision
43:34de temps en temps
43:35mais jamais en tant
43:36qu'individu
43:37ayant quelque chose
43:38à dire ou à faire
43:39ces gens-là
43:40deviennent célèbres
43:42mais aussi
43:43deviennent des personnalités
43:44comme des stars
43:46ou comme des politiques
43:47beaucoup d'intellectuels
43:48ont tendance à dire
43:49ce qui est populaire
43:50c'est vulgaire
43:51le monde
43:52et quelques autres
43:52essayent de dire
43:53non c'est pas vulgaire
43:54c'est une tendance sociétale
43:56et ça c'est quelque chose
43:57d'important
43:58vous penchiez
43:59de quel côté
44:00Valérie Gass à l'époque
44:01de quel édito
44:02du monde
44:03au moment de la découverte
44:04de Love Story
44:04et de Loana
44:05ne me dites pas
44:06que vous y aviez échappé
44:07à l'époque
44:07non non non
44:08j'avais pas échappé
44:09j'avoue
44:09j'ai jamais été très attirée
44:11par ce style d'émission
44:12pour être honnête
44:13mais c'était un phénomène
44:15incontestablement
44:15ça animait
44:16toutes les discussions
44:16tout le monde
44:17soit regardait
44:18soit entendait parler
44:20de ce qui se passait
44:21dans le loft
44:22ou regardait
44:23et ne le disait pas
44:23ou regardait
44:24et ne le disait pas
44:25mais de toute manière
44:26on n'y échappait pas
44:26ça a été un vrai
44:27vrai phénomène
44:28de société
44:30et c'est vrai que
44:31Loana
44:32incarnait ça
44:33c'était la première star
44:35de la télé-réalité
44:37qui a émergé
44:38et qui a été
44:39vraiment partout
44:40pendant un grand moment
44:42donc incontestablement
44:43c'est vrai que
44:44quand on voit
44:45tout ce qui est arrivé
44:46après
44:46c'était le début
44:47d'une nouvelle ère
44:49à la fois
44:50voilà
44:50pour la télévision
44:52et puis maintenant
44:52on a les réseaux sociaux
44:54les influenceurs
44:54est-ce qu'on peut
44:55vraiment comparer
44:56une Loana
44:57à une influenceuse
44:58de Dubaï
44:59actuellement
45:00je ne sais pas
45:00mais c'était le début
45:01c'était aussi
45:02une autre époque
45:03Estelle Martin
45:04celle de la télé
45:05toute puissante
45:05de l'information
45:06aussi sur le journal papier
45:07on nous parlait
45:08du monde
45:09à l'instant
45:09ça paraît
45:10très ancien
45:11aujourd'hui
45:11effectivement
45:12en polémie
45:13tout le monde
45:13se déchirait
45:14autour de cette émission
45:15c'était la première fois
45:16qu'il y avait une émission
45:17de télé-réalité
45:17on découvrait tous
45:19alors tout le monde
45:20découvrait cette émission
45:20de télé-réalité
45:21moi j'étais là
45:21je ne l'ai pas trop regardé
45:23j'avoue
45:23mais on en entendait parler
45:25puis tout le monde
45:25devait se positionner
45:27est-ce qu'on était pour
45:28contre
45:28alors c'est vrai que là
45:29c'est drôle
45:30il y a des deux côtés
45:31de la table
45:31il y a celles
45:33qui ont bien connu
45:34et d'autres pas
45:35on en parle or
45:36on en parle or
45:36mais c'est vrai
45:37que c'était quand même
45:38un vrai phénomène
45:39et le 5 juillet 2001
45:41le jour de la sortie
45:42de Loana
45:42qui avait donc remporté
45:43cette émission
45:45de télé-réalité
45:46il y avait plus de 7 millions
45:47de téléspectateurs
45:47et moi j'étais
45:49devant les studios
45:50de la Seine-Saint-Denis
45:51parce que ça se passait
45:52là-bas
45:52j'étais jeune reporter
45:53pour ITL
45:54les débuts aussi
45:55des chaînes de toute info
45:56et il y avait une sorte
45:57de
45:58on sentait l'éther
45:59mais oui
46:00tout le monde voulait voir Loana
46:01et c'est là
46:02où je pense que ça a été
46:03très dur pour elle
46:03parce qu'en fait
46:04ils ne savaient pas vraiment
46:05ce qui se passait
46:06parce qu'on se rappelle
46:06eux ils étaient enfermés
46:07et c'était des cobayes
46:09à la différence
46:09des influenceurs d'aujourd'hui
46:11c'est qu'ils ne savaient pas trop
46:12elles ne savaient pas trop
46:13peut-être qu'elles s'en doutaient
46:14mais je pense non
46:15vu ce qu'elle a dit après
46:17elle ne se doutait pas
46:18que ça avait suscité
46:19une telle
46:21déjà une telle polémique
46:22et puis après
46:23ça a été la violence
46:24des médias
46:24la violence de la sortie
46:25on était quand même
46:27tous là présents
46:27moi je travaillais
46:28pour effectivement ITL
46:29non non c'est un souvenir
46:30qui reste marquant
46:32je trouve que c'est
46:32un marqueur
46:33Love Story quand même
46:34Adrien Brachet
46:35vous étiez deux ans
46:36au moment de Love Story
46:37ce qui ne m'empêche pas
46:38de faire du travail d'archive
46:40c'est horrible
46:41non je pense qu'il y a eu
46:43beaucoup
46:43il y a eu beaucoup
46:45à l'époque
46:47quand on va chercher
46:48les archives
46:50de mépris social
46:52de critiques
46:53très virulentes
46:54et un peu faciles
46:55vis-à-vis de cette émission
46:56comme ensuite
46:56vis-à-vis de toute la télé-réalité
46:58de ce qu'on a pu surnommer
46:59appeler la télé-poubelle
47:01à un moment
47:03mais en réalité
47:03je pense que
47:04la télé-réalité
47:04est davantage un symptôme
47:06qu'une cause
47:08en tant que telle
47:08et en effet
47:09je pense qu'il faut adopter
47:10une approche
47:12d'analyse sociétale
47:13et sociologique
47:14de ce qu'elle dit
47:15et à l'époque
47:16je pense au début
47:16des années 2000
47:17elle parle aussi
47:18d'un moment
47:19d'une époque
47:20où le mur de Berlin
47:21est tombé
47:22où les grandes idéologies
47:24se sont effondrées
47:25et où donc
47:25il y a un repli
47:26si vous voulez
47:27de la société aussi
47:28sur
47:28vu qu'on n'a plus
47:29de grands récits
47:30il y a un repli
47:30sur l'individu
47:31c'est l'époque aussi
47:32des émissions
47:32de Jean-Luc Delarue
47:33où des anonymes
47:35viennent témoigner
47:36sur toute une série
47:38de problèmes personnels
47:40donc on voit bien
47:41que ça correspond
47:42et ça dit
47:42quelque chose
47:43d'une époque
47:44où l'individu
47:46devient un terrain
47:48d'investigation
47:49d'expérimentation
47:49et de spectacle
47:50on continue notre voyage
47:52dans le temps
47:52Sébastien Schneegans
47:53vous n'étiez même pas né
47:54à ce moment-là
47:55en 2001
47:56oui j'étais encore plus jeune
47:58enfin je suis encore plus jeune
47:59que mon confrère
48:00donc je fais presque
48:01oeuvre d'historien
48:02il faut aussi que je me replonge
48:03dans les archives
48:05mais je rejoins tout à fait
48:06ce qui a été dit
48:06je suis un peu plus sévère
48:08qu'Adrien Brachet
48:10je considère que ça marquait
48:11le début du nouvel ère
48:12qu'effectivement
48:12c'était une forme
48:13de libération aussi
48:14qu'on avait envie
48:15de voir des nouvelles choses
48:15à la télévision
48:16mais il y a eu ensuite
48:17des dérives
48:18on allait toujours plus loin
48:19dans le narcissisme
48:20dans la promotion de soi
48:23aujourd'hui on a une émission
48:24qui s'appelle
48:24l'île de la tentation
48:25dont le principe
48:26est de prouver
48:27qu'on ne va pas tromper
48:28sa conjoint
48:30ou son conjoint
48:31son ou son partenaire
48:32donc je pense que
48:34au-delà du cas
48:35en fait Loana
48:36est un miroir
48:36de notre société
48:37elle nous renvoie
48:38à ce qu'a été
48:38la télé-réalité au début
48:40et à ce qu'elle est devenue
48:41aujourd'hui
48:41selon moi
48:41oui mais peut-être
48:42que maintenant
48:42c'est plus encadré
48:43parce que là
48:43encore une fois
48:44c'était les tout débuts
48:45alors il y avait
48:46des psychologues
48:47mais il semblerait
48:48qu'elle n'ait pas
48:48exactement
48:50tout expliqué
48:51on rappelle qu'elle était
48:51gogo dans le sauce
48:52elle avait une enfance
48:53assez très dure
48:54et peut-être
48:55et c'est tout au long
48:57de l'émission
48:57où elle ne se rendait
48:58peut-être même pas compte
48:59comment peut-on se rendre compte
49:01puisqu'il n'y a aucun
49:01il n'y a aucun repère
49:03aujourd'hui il y a des repères
49:04mais là on vous lance
49:05dans cette émission
49:06je ne suis pas sûre
49:06qu'elle ait vu Big Brother
49:07qui était donc
49:08le programme fondateur
49:09l'émission originelle
49:10aux Pays-Bas
49:10elle ne l'avait pas vue
49:11donc je ne sais même pas
49:12si elle se rendait compte
49:13parce qu'il y avait
49:13le fameux confessionnal
49:14que toutes les émissions
49:15de télé-réalité ont repris
49:16où elle racontait sa vie
49:18où l'émission
49:20voilà la fameuse scène
49:21dans la piscine
49:22est-ce qu'elle avait conscience
49:22qu'elle s'était filmée
49:23enfin
49:24et puis c'était jeune
49:25quand même
49:26c'était les jeunes gens
49:28il y a une certaine naïveté
49:29il y avait quand même
49:30une volonté de mettre
49:30dans un aquarium
49:32une population
49:33qui était choisie
49:34bon quand on voit
49:35l'Oala
49:35le profil était
49:36très clairement
49:37de la bimbo
49:38voilà
49:39donc il y avait un côté
49:40c'était des émissions
49:41un peu voyeuristes aussi
49:42ça ne dit pas
49:43que des choses sociologiques
49:44les casteurs
49:44les recruteurs
49:45avaient comparé
49:46à Marie-Mondrose
49:46qui disait des choses
49:47qui s'effaillent
49:48il y avait quand même
49:48un petit côté voyeur
49:49et puis tout le monde
49:50se plaisait
49:50à critiquer âprement
49:52et c'est vrai
49:53que quand ils sont sortis
49:55de cette première expérience
49:57le choc a dû être
49:58très violent
49:59mais bon
50:00il n'y avait pas
50:00que des côtés
50:01sympathiques
50:02dans ce genre d'émissions
50:03la télé-réalité
50:04précurseur
50:05des réseaux sociaux
50:06et des influenceurs
50:06écoutez
50:07Paul Sanfourche
50:08invité ce matin
50:08sur France Info
50:09il a écrit un livre
50:10sur l'Oana
50:11ce qui est en 2021
50:12le loft est en fait
50:13à la genèse
50:14quelque part
50:14des réseaux sociaux
50:15de la logique d'Instagram
50:16et tout ça
50:17et puis le smartphone
50:18avec des caméras partout
50:19exactement
50:19on est tous devenus
50:20nos propres lofteurs
50:21c'est effectivement
50:22une évolution du temps
50:23que l'Oana
50:23avait su incarner
50:24on est tous devenus
50:25nos propres lofteurs
50:27je vois que vous avez réagi
50:27Adrien Brachet
50:28à cette formule
50:29disons qu'il y a eu
50:30une ubérisation du loft
50:31si vous voulez
50:32chacun avec son portable
50:34où ses réseaux sociaux
50:35peuvent mettre en scène
50:36sa propre vie
50:37avec pareil
50:37une transparence
50:38qui est fausse
50:39c'est-à-dire qu'on donne
50:40l'impression qu'on montre tout
50:41mais comme l'a très bien dit Valérie
50:43en fait on choisit
50:44certains profils
50:45on choisit
50:45d'afficher certaines scènes
50:47plutôt que d'autres
50:48mais en effet
50:49je pense qu'il y a
50:49une filiation
50:51entre les deux
50:52avec en effet
50:53maintenant
50:53avec les réseaux sociaux
50:54une dimension
50:55où c'est peut-être
50:55encore moins contrôlé
50:58ou même d'un point de vue
50:59de la réglementation
50:59c'est beaucoup plus flou
51:02donc oui
51:02c'est à la fois
51:03le même phénomène
51:04et en même temps
51:05un phénomène en mutation
51:06c'est intéressant
51:06c'est intéressant Adrien Sébastien
51:07de vous entendre aussi
51:08parce que vous
51:09vous n'avez pas grandi
51:09finalement
51:10enfin vous avez grandi
51:11justement
51:11avec cette télé-réalité
51:13qui était déjà là
51:13vous ne l'avez pas vue
51:14comme nous
51:15apparaître à ce moment-là
51:16en 2001
51:17quel regard justement
51:18à posteriori
51:18vous portez
51:20sur l'hostorie
51:21vous disiez
51:21que vous avez fait
51:22oeuvre de travail
51:23d'historien
51:24en allant chercher
51:24des images
51:25que vous n'aviez pas vues
51:26à l'époque
51:27non j'y vois en effet
51:29une filiation
51:29entre ce que nous
51:32ce dont on est plongé
51:34maintenant
51:34avec les réseaux sociaux
51:35le règne aussi
51:36de l'individu
51:38et ce début en fait
51:41de
51:42c'est ça
51:42de la mise en scène
51:43de l'individu
51:44de l'individu
51:46qui devient
51:47un terrain
51:48de récits
51:49en tant que tel
51:51quitte à ce que
51:52ça débouche
51:53sur un vide
51:53et sur une
51:55et d'ailleurs
51:56souvent
51:56ce qui est terrible
51:57c'est que souvent
51:57c'est le cas de Loana
52:00mais d'autres
52:00de ces stars
52:01de latéralité
52:01ont vécu
52:02toute une série
52:03ensuite de problèmes
52:05dû à cette
52:06médiatisation excessive
52:07soudaine
52:08énormément de problèmes
52:09personnels
52:10on le sait bien sûr
52:11pour Loana
52:12très isolée
52:12très seule Sébastien
52:14oui
52:15ce qui a été dit
52:16en fait
52:17montre que
52:17l'offre était
52:18je ne vais pas regarder
52:19je pense que
52:19je n'aurais pas regardé
52:20à l'époque
52:20mais l'offre était
52:21plutôt soft
52:22par rapport à ce qu'on a
52:23aujourd'hui
52:24malheureusement
52:26et en fait
52:27je pense que
52:28le gros problème
52:29c'est qu'à l'époque
52:30c'était plutôt naïf
52:31on ne choisissait pas
52:32forcément
52:33elle était enfermée
52:34dans ce rôle
52:35aujourd'hui
52:35ceux qui participent
52:36à ces émissions
52:36et qui font ces émissions
52:38puisque maintenant
52:38il y a des saisons
52:39donc il y a
52:39les anges de latéralité
52:41saison 1
52:41saison 2
52:42et ça va jusqu'à
52:42je ne sais plus combien
52:438
52:43et c'est toujours les mêmes
52:45donc pour le coup
52:46eux choisissent de faire ça
52:47et c'est devenu
52:47un business juteux
52:50et donc c'est
52:51à mon avis
52:51pas tout à fait
52:52pas comparable
52:53ça a tellement changé
52:54c'est vraiment
52:55c'était des cobayes
52:57quand même
52:57voilà
52:58et puis alors
52:59Loana
52:59on a écouté tout à l'heure
53:00le journaliste
53:01Paul Sanfourche
53:01qui a écrit
53:02Sexisme
53:03Story sur elle
53:04et il disait
53:04qu'elle avait un petit côté
53:05Marilyn Monroe
53:05c'est à dire qu'effectivement
53:06côté bimbo
53:07mais très fragile
53:10vous savez
53:10ils l'ont un peu exploité
53:12totalement
53:13et là
53:14on est à des années-lumière
53:15de MeToo aussi
53:16en termes d'image de la femme
53:18Nabila
53:18elle en a joué
53:19alors après peut-être
53:19qu'elle en a souffert
53:20mais Nabila
53:20qui est un peu
53:21dans la continuité
53:23alors vous avez connu
53:24Nabila quand même
53:24voilà
53:28elle elle a pris
53:29elle s'est plutôt
53:30transformée en femme d'affaires
53:31et là on est plus
53:32dans l'influenceuse
53:32qui prend quand même
53:34les règnes de sa vie
53:35et qui veut gagner
53:35beaucoup d'argent
53:36allez c'est déjà la fin
53:37de ces informés
53:38à la une du point
53:39cette semaine
53:39Adrien Brachet
53:40vont-ils réussir
53:41à tout gâcher
53:42avec pour ceux
53:43qui nous écoutent
53:44les figures
53:45de Gabriel Attal
53:46Edouard Philippe
53:47et Bruno Rotaillot
53:48le récit de la présidentielle
53:49qui a déjà commencé
53:50à droite et au centre
53:52à la une de l'Express
53:53Sébastien Schneegans
53:54la vie cachée de Poutine
53:55avec les révélations
53:57du livre
53:57Kremlin confidentiel
53:58voilà pour l'Express
54:00et le Point
54:00merci à tous
54:01merci Valérie Gass
54:02d'être venu
54:02dans les informés
54:04merci Estelle Martin
54:04merci à tous ceux
54:05qui ont préparé
54:06et réalisé cette émission
54:07les informés
54:08reviennent demain matin
54:09à 9h
54:10sur France Info
54:10très bonne soirée
54:11merci à tous
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