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  • il y a 7 semaines
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay et en podcast.

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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:04Le 18-19 d'Edwige Chevrillon
00:09Le 18-19 se poursuit avec mon invité Mathieu Courtecuisse qui est le président fondateur du cabinet SIA.
00:16Bonsoir Mathieu Courtecuisse.
00:18Bonsoir Edwige.
00:18Merci d'être avec nous.
00:20Alors vous êtes un cabinet de stratégie, vous conseillez des dirigeants d'entreprise.
00:27Et en fait si je vous ai demandé d'être là c'est que vous habitez les Etats-Unis, vous
00:30avez développé SIA aux Etats-Unis qui a pris une très très grosse emprise.
00:38Et moi ce qui m'intéressait c'est de voir un tout petit peu comment justement quel était un peu
00:41le climat, le climat des affaires, comment les Américains et notamment les chefs d'entreprise américains avec qui vous travaillez
00:47percevaient ce qui se passe.
00:49Les déclarations parfois un peu intempestives de Donald Trump qui tout à l'heure est passé de la guerre à
00:55la décoration de la salle de balle à Washington à la Maison Blanche.
01:00Donc c'est vrai qu'on est toujours un peu surpris peut-être avec notre vision.
01:04Comment c'est perçu et puis les inquiétudes que ça a, parce qu'elle a un impact sur les taux
01:08d'intérêt, sur la stratégie de la Fed et puis évidemment elle est mid-term en perspective.
01:14Oui, alors ça fait beaucoup de sujets.
01:15Oui mais c'est la même, c'est un peu le moral des troupes américaines.
01:18Oui, oui, alors moi je suis plus spécialiste des affaires que de l'opinion publique.
01:22Alors dans l'opinion publique on voit qu'aujourd'hui il n'y a pas tellement de changements dans son
01:26niveau d'approbation qui est assez bas par rapport à la moyenne des présidents américains.
01:30Mais ça reste relativement stable.
01:31Ça s'est quand même passé de 60% à 40%.
01:33Oui, mais ça reste sur un étiage très, enfin pas dingue mais qui reste correct et puis sa base électorale
01:40reste assez soudée.
01:42D'ailleurs sur les démocrates il y a aussi pas mal de soucis dans un certain nombre d'états fédérés
01:47parce qu'il y a beaucoup de problèmes de finances publiques locales et qui commencent à se traduire pas mal
01:51aussi dans l'opinion.
01:51Mais par rapport à votre question je pense que le climat des affaires reste assez positif.
01:57Il y a des schémas de dérégulation qui continuent à être mis en place, notamment dans le secteur bancaire.
02:02Vous avez probablement vu que c'est moins puissant que ce qui était prévu il y a quelques mois.
02:09Donc il faut expliquer, j'en avais parlé justement avec Jean-Claude Trichet qui lui évidemment a été un peu
02:13con en disant que c'est dangereux aujourd'hui dans le climat actuel.
02:17C'est de dire que les banques américaines pourraient avoir un niveau de fonds propres qui soit moins élevé en
02:22fait.
02:22En gros c'est de l'ordre de 15%.
02:23Voilà, une manière de verser plus de dividendes et de séduire Wall Street.
02:27Bah si, ah bah si.
02:29Je pense que, on l'a déjà vu en fait, la machine à crédit bancaire est déjà repartie même en
02:34anticipation de cette réglementation.
02:36Donc les banques américaines, il faut le savoir quand on est en Europe, prête beaucoup moins aux entreprises que ce
02:40qui se passe traditionnellement en Europe.
02:42Et notamment depuis la crise financière de 2008-2009.
02:45Et là ça a amené un petit peu les banques traditionnelles à prêter davantage.
02:49Et on l'a déjà vu, alors je pense pas qu'il y ait une donnée publique qui était pour
02:53l'instant partagée, mais je le sais par mes capteurs que la production de crédit bancaire est pas mal remontée.
03:01Et là donc, c'est en anticipation.
03:02Par contre le deal, c'est pas tellement de, je dirais, de verser plus de dividendes.
03:08Le deal, il est plutôt de demander aux banques d'acheter des fonds, enfin des bons du trésor américain à
03:1410 ans, pour créer un déséquilibre offre-demande et faire baisser les taux à 10 ans.
03:19C'est ça le vrai deal, c'est pas du tout de verser plus de...
03:21D'accord, non mais c'est ce que j'ai lu.
03:24Alors c'est un deal implicite, c'est pas écrit dans la loi ou quoi que ce soit, mais l
03:29'obsession de...
03:30C'est quand même, il y a l'ombre de Donald Trump un peu derrière, vous êtes d'accord ?
03:32Oui, mais aussi ce que tout le monde a compris, c'est que si quelque part on respectait pas les
03:37deals implicites,
03:37on pouvait se prendre un petit executive order sur un autre sujet.
03:43Ça a été le cas, par exemple, toujours sur le système bancaire, en début d'année, avec la réflexion sur
03:47les taux de crédit sur les cartes bancaires.
03:52Donc vous voyez, tout le monde a bien compris ça, et c'est vraiment l'idée, parce qu'il y
03:56a une étape très importante en mai, juin et au milieu de l'année,
04:00c'est l'enclenchement des renégociations des crédits immobiliers pour les particuliers américains.
04:06En fait, ce qui se passe, c'est que beaucoup de ménages ont emprunté il y a 5, 6, 7
04:10ans.
04:11En fait, le système de crédit immobilier aux Etats-Unis est basé sur des crédits qu'on appelle in fine,
04:17donc vous ne payez que des intérêts tous les mois.
04:18Et en gros, si les taux d'intérêt à disant restent là où ils sont aujourd'hui,
04:23vous allez avoir 10, 15, 20% des ménages qui vont voir le service de leurs dettes doubler, quasiment.
04:30Et donc ça, c'est absolument inacceptable d'un point de vue de l'opinion publique.
04:33Donc ça fait partie de tout le schéma qui est en cours au travers de l'administration,
04:38le changement de présidence et de gouvernance à la tête de la Fed,
04:41mais aussi cette réforme bancaire, c'est un des objets.
04:46D'accord, donc pour vous, c'est plutôt positif ?
04:49Disons que c'est orchestré, c'est-à-dire que du DC, parfois, on a l'impression que c'est
04:52un peu chaotique,
04:55mais c'est orchestré, il y a une forme de logique et de cohérence dans ce qui est fait.
04:59Alors, est-ce que ça va fonctionner ? Ça, je ne sais pas.
05:01Mais en tout cas, il y a une forme d'intention qui est assez claire.
05:06Donc ça, de ce point de vue-là, Wall Street est plutôt favorable,
05:12parce que Wall Street était plutôt démocrate traditionnellement,
05:15donc pas vraiment favorable au République, et surtout à Donald Trump.
05:18Là, c'est quand même, maintenant, c'est un jeu...
05:21Oui, là, je pense qu'à Wall Street, il y a quand même...
05:25Enfin, ça dépend des positions dans les...
05:27Voilà, mais il y a quand même plutôt un avis assez favorable sur la politique de Trump
05:32depuis un an et demi, c'est assez clair.
05:35Alors, Mathieu Courtecuisse, vous avez dit, le mot peut-être clé, en tous les cas,
05:39pour le climat des affaires aux États-Unis, c'est le mot dérégulation.
05:44C'est ce qu'a voulu faire, c'est ce que veut faire, c'est ce qu'a fait Donald
05:48Trump.
05:49Est-ce que... Qu'est-ce qu'il a exactement dérégulé ?
05:52Et est-ce que, du coup, c'est vrai que le milieu des affaires est plutôt favorable à Donald Trump,
05:58même encore aujourd'hui ?
05:59Alors, c'est vrai que le gros morceau, c'est ce sujet, en réalité,
06:03parce que c'est celui qui a le plus d'impact.
06:04Il a pas mal dérégulé aussi l'écosystème IA et spatial.
06:09C'est-à-dire que maintenant, moi, en vacances, j'ai pu observer depuis la Floride
06:13l'envoi de satellites à GoGo, c'est-à-dire que maintenant,
06:16il y a une dérégulation qui permet d'envoyer autant de satellites qu'on veut
06:19dans l'espace aujourd'hui, alors qu'avant, c'était régulé.
06:21Il y avait des temps minimums entre deux lancements spatiaux.
06:27Il a mis en place un cadre de réglementation de l'IA au niveau national
06:31interdisant la réglementation au niveau des États fédérés,
06:34qui était un vrai problème, par exemple, pour le déploiement des voitures autonomes.
06:38Vous aviez n'importe quel responsable de comté
06:41qui pouvait empêcher la circulation de voitures autonomes
06:44en disant que ça ne respectait pas ces règles de circulation
06:47ou ces règles de cybersécurité à la maille d'un comté.
06:50C'est pour ça qu'avant, à San Francisco,
06:52vous ne pouviez pas aller à Palo Alto en voiture autonome.
06:55Maintenant, c'est possible.
06:56Et donc ça, c'est des éléments de dérégulation aussi autour de l'IA.
07:00Il y a évidemment aussi des choses en matière énergétique.
07:04Donc, alors avec l'État fédéral n'a la main que sur le maritime,
07:09en fait, le côtier, en fait.
07:11D'où la remise en cause des projets d'éoliens offshore.
07:14Mais en parallèle de ça, la libération de la possibilité de...
07:18Mais pardon, quel est le rapport, en fait ?
07:19Parce que, quel est le rapport avec les projets d'éoliens cotés ?
07:23Et notamment, ce qui s'est passé avec Total d'énergie,
07:25qui a donc reçu un chèque des milliards pour renoncer à ces produits.
07:28C'est quoi le...
07:29Ce n'est pas de la dérégulation pour le coup, c'est une régulation,
07:31puisque c'est une forme d'interdiction de le faire.
07:34Il va se faire de dire, je ne veux pas d'éoliens offshore, quoi.
07:37Voilà, exactement.
07:38Mais en parallèle, c'est le rétablissement d'un cadre réglementaire plus favorable aux hydrocarbures.
07:44Donc, ça, ça fait partie des choses qui ont déjà été faites.
07:46Puis après, il y a toute une série d'autres mesures qui ont été prises
07:49dans le domaine pharmaceutique également.
07:51Là, c'est plutôt des mesures de régulation plutôt que de dérégulation.
07:54Là, justement, sur le domaine pharmaceutique,
07:58il a dit que les prix des médicaments aux Etats-Unis
08:01étaient 50% plus chers qu'ils n'étaient en Europe.
08:03Et donc, il exigeait de la part des laboratoires.
08:06Même, il avait accusé la France, Emmanuel Macron, justement,
08:10d'influer là-dessus sur les prix, ce qui était quand même un peu bizarre.
08:13Mais enfin bon, il l'a fait.
08:14Et là, il a dit, il faut que ça change tout de suite, etc.
08:17C'est quoi l'enjeu ?
08:18En fait, le constat d'administration américaine,
08:21c'est de dire 75% des profils d'industrie pharmaceutique
08:24sont réalisés sur le territoire américain.
08:26Donc ça, c'est le premier constat.
08:28Le deuxième constat, c'est que
08:31les fonds publics et parapublics américains
08:33financent quasiment l'intégralité de l'innovation de rupture
08:36à l'échelle mondiale.
08:37D'accord ?
08:38Donc, partant de ce constat-là,
08:40il considère que ce n'est pas normal
08:41qu'à partir du moment où c'est le contribuable américain
08:44qui finance les nouvelles molécules,
08:46que ce soit eux qui payent le plus
08:48par rapport au prix d'accès aux médicaments.
08:51Et il trouve qu'il doit y avoir une repère équation
08:55entre ce que payent les Américains
08:56et ce que payent les autres pays.
08:58Parce que, de fait, il y a des écarts.
09:00Alors, ce n'est pas 50%,
09:01il a tendance à arrondir un petit peu les...
09:04Légèrement.
09:04Légèrement les données.
09:06Mais ce que je viens de vous dire,
09:07c'est tout à fait exact.
09:08Donc, ce qu'il veut, c'est qu'il veut un rééquilibrage.
09:11D'accord.
09:11Là, il y a un enjeu important.
09:13On voit bien que chaque fois qu'il fait un discours,
09:15notamment vis-à-vis de...
09:17On peut essayer de dire que la guerre est finie.
09:20Encore tout à l'heure,
09:21qu'il allait porter un coup fatal.
09:23Et en même temps, il envoie des troupes.
09:25Donc, on se dit toujours que...
09:27En fait, en background, derrière,
09:28c'est plutôt un discours de politique intérieure.
09:30Parce que les midtermes,
09:31elles vont commencer en juin.
09:32Donc, c'est demain.
09:34Après, c'est en novembre.
09:37Évidemment, début novembre.
09:40C'est un enjeu qui est essentiel, les midtermes ?
09:43Oui, mais il n'a pas encore démarré, en fait.
09:45Non, c'est en juin.
09:46Oui, les élections sont en novembre.
09:49Oui, je sais.
09:49Mais l'opinion publique commence à cranter.
09:52Alors, elle a été en juin, juillet,
09:54et pas tellement avant.
09:55Donc, tout ce qui se passe avant,
09:56on va considérer que l'électeur a une mémoire de poisson.
09:59C'est un peu...
10:00Il faut se rappeler qu'en 2024,
10:02il était lui-même en retard par rapport à Biden.
10:05Et ça a commencé à bouger à partir du moment où il y a eu le premier débat.
10:07Puis après, tout ce qui s'est passé.
10:10Et c'est pour ça que c'est aussi ça qui donne peut-être un cadre
10:15temporel pour dire jusque quand l'intervention américaine peut avoir lieu.
10:19Et notamment, après, le sujet majeur dans l'opinion publique,
10:22au-delà des problèmes avec les boys qui sont envoyés sur le terrain,
10:27c'est aussi le prix de l'essence.
10:28Et c'est ça qui touche le plus les gens.
10:31Oui, c'est la fameuse règle des quatre, effectivement.
10:34C'est de savoir si plus de 4% d'inflation et plus de 4 dollars le galon.
10:40Mais la réalité, c'est que d'abord, aux Etats-Unis,
10:42la boucle inflation-salaire qui a vraiment existé en 2022-2023,
10:47n'existe plus.
10:48Ça, nous, on le voit.
10:49Et notamment, c'est aussi favorisé par...
10:51Le vrai gros problème auquel est confronté aujourd'hui Donald Trump,
10:54c'est la montée du chômage.
10:56Je vais vous donner un exemple.
10:57Oui.
10:58Vous avez 25% de la promotion de Stanford de l'année dernière
11:02qui n'a toujours pas de boulot.
11:04Donc, c'est comme si vous disiez que vous avez 25% des ICC qui n'ont toujours pas de
11:08boulot.
11:08Oui, parce que cela dit, on n'en est pas loin.
11:10Ce n'est pas 25%.
11:10Et en fait, on est au début.
11:12Et là, on est vraiment au début d'une crise d'école blanc qui est réelle,
11:16que moi, je constate sur le terrain.
11:18Et ce qui fait que...
11:19Alors, ça fait une pression à la baisse sur les salaires,
11:20très honnêtement, sur les écoles blancs.
11:23Et aujourd'hui, on voit, je veux dire, quotidiennement,
11:26ou de façon hebdomadaire,
11:28des annonces de suppression d'emplois
11:29dans plusieurs industries,
11:31par paquet de 5, 10, 15 000 personnes.
11:34Et c'est nous, quelque chose qu'on voit vraiment sur le terrain.
11:37Et c'est assez massif.
11:39Et d'ailleurs, ça touche beaucoup plus l'électorat démocrate,
11:42cette crise des écoles blancs,
11:43parce que c'est beaucoup dans les grandes agglomérations
11:46qui sont principalement quand même démocrates.
11:49Et là, je dirais, le tsunami est en route.
11:53Ah oui, le tsunami est en route.
11:55Mais vous expliquez comment, en fait ?
11:58Parce qu'autant on voit pour les jeunes,
11:59avec l'introduction de l'IA,
12:01on en parle tout le temps ici sur BFM Business,
12:03en disant, attention, ça calme les entreprises,
12:06elles n'ont plus tellement besoin de jeunes de moins de 30 ans.
12:09Puis après, il en faudra bien.
12:10Et si elles ne les embauchent pas avant,
12:12ça sera difficile de les embaucher après.
12:14Mais les écoles blancs, comment vous expliquez ça aux Etats-Unis ?
12:16Alors, il y a une recherche quand même très très forte
12:19des gains de productivité.
12:20Donc ça, c'est une réalité.
12:21Il y a plusieurs choses qui se sont passées.
12:22C'est que, d'un avis à peu près commun,
12:25dans beaucoup d'industries,
12:26après la crise Covid,
12:28il y a eu du sur-recrutement
12:29dans un certain nombre d'entreprises.
12:31Donc il y a eu trop de recrutements.
12:32Donc il y a un ajustement qui se fait,
12:33voilà, de façon, je dirais, classique, cyclique.
12:37En revanche, c'est très concrètement accéléré
12:41par le déploiement de l'IA à l'échelle.
12:43Et là, moi, je constate un écart absolument énorme
12:46entre ce qui se passe aux Etats-Unis et sur l'Europe,
12:50et pas que la France,
12:50vraiment l'Europe en général incluant le Royaume-Uni,
12:53où il y a une agilité transformationnelle
12:55qui est beaucoup plus forte sur l'IA.
12:58Et on a des chiffres, en fait.
13:00On le voit,
13:01alors là, ça se passe beaucoup
13:03dans les métiers de l'informatique
13:05ou de la tech à proprement parler.
13:08Vous savez, en trois semaines,
13:09Anthropique a augmenté son revenu de 5 milliards.
13:12Anthropique, oui.
13:135 milliards en trois semaines.
13:15C'est inédit dans l'histoire, je pense,
13:17de beaucoup d'entreprises.
13:19Et ces 5 milliards,
13:20ils se retrouvent bien quelque part
13:21dans la productivité,
13:23aujourd'hui, dans les couches tech.
13:25Donc on est au début d'un cycle
13:26qui va être assez violent.
13:28Et donc le débat aux Etats-Unis,
13:30c'est de savoir,
13:30est-ce qu'on est sur un cycle de destruction créatrice
13:33ou est-ce qu'on est sur un jeu à somme nulle ?
13:36Et si c'est un jeu à somme nulle,
13:37c'est-à-dire qu'on déplace la valeur
13:38vers ceux qui maîtrisent l'IA,
13:40qui produisent l'IA,
13:41au détriment de ceux qui, finalement,
13:44la subissent.
13:46Et vu la rapidité qu'on constate sur le terrain,
13:50c'est vraiment assez...
13:53Enfin, moi, je pense plus sur cette thèse-là
13:55aujourd'hui qu'une autre.
13:56Et ça touche plusieurs entreprises.
13:58Vous voyez, UPS a annoncé 20 000 départs,
14:01Citigroup 25 000.
14:03Il n'y a pas que les boîtes...
14:04C'est des impacts massifs, oui.
14:05Oui, c'est massif.
14:06Est-ce que vous voyez ça arriver en Europe ?
14:09Pour l'instant, honnêtement, on ne le voit pas trop.
14:11Non.
14:12Non, mais voilà, comme vous,
14:13votre job, si je veux dire,
14:14c'est de prévoir un peu...
14:15C'est d'anticiper, prévoir l'avenir.
14:17C'est la discussion qu'on a avec les dirigeants,
14:18dans les plans qu'on voit.
14:19Il y a des écarts de CAPEX,
14:21d'investissement en IA,
14:22qui sont assez massifs.
14:24Vous n'avez pas une banque américaine,
14:26une grande banque américaine aujourd'hui,
14:27qui dépense moins de 1 milliard de CAPEX en IA
14:29par an.
14:30Il n'y a aucune banque européenne
14:33qui dépasse les 500 millions.
14:36Et donc, vous avez un écart
14:38de 1 pour 4 en fonction de la taille.
14:41Donc, c'est assez massif.
14:42Alors, je ne dis pas que celui qui dépense le plus
14:43est le plus efficace,
14:44mais il y a quand même, à un moment donné,
14:46une clause de rendez-vous.
14:48La clause de rendez-vous pour nous,
14:50pour nous, Européens,
14:51et notamment la France,
14:53sur la question de l'intelligence artificielle,
14:55pour vous, le bilan que vous faites,
14:56c'est quoi ?
14:57C'est intéressant,
14:57quand vous comparez les banques américaines,
14:58vous me dites qu'elles investissent
15:00minimum 1 milliard
15:01dans l'intelligence artificielle.
15:03En Europe, les banques européennes,
15:04c'est grosso modo 500 millions,
15:06donc 200 fois moins.
15:08Est-ce que vous observez ça
15:09dans d'autres secteurs ?
15:10C'est le même différentiel ?
15:13Oui.
15:14Alors, les secteurs qui investissent beaucoup
15:16en matière d'IA aujourd'hui aux Etats-Unis,
15:18il y en a beaucoup dans la pharmacie.
15:20Non, mais là, je suis en France.
15:21Oui, oui, alors.
15:22Et c'est vrai que les entreprises pharmaceutiques européennes,
15:28notamment l'IA dans la pharmacie,
15:30c'est beaucoup de R&D,
15:32et la vérité, c'est que beaucoup de R&D
15:34de groupes pharmaceutiques européens,
15:35aujourd'hui,
15:36sont délocalisés aux Etats-Unis.
15:38Et ça fait partie des demandes,
15:39justement, de l'administration Trump.
15:40Donc, ces entreprises ne sont pas forcément en retard,
15:43mais c'est parce qu'elles ont localisé...
15:44Vous êtes donc en train de dire
15:46que la recherche dans la pharmacie,
15:48elle a traversé l'Atlantique.
15:51Je ne sais pas, parce qu'on écoute ça,
15:52nos filles nous expliquent le contraire.
15:54Donc, c'est pour ça.
15:55Non, il y a quand même un mouvement assez net,
15:57et ça fait partie des demandes.
15:59J'évoquais tout à l'heure le fait
16:00que l'innovation de rupture
16:01était principalement financée
16:02par les pouvoirs publics américains.
16:04Ils demandent des contreparties.
16:06Mathieu Contocuisse, vous êtes aussi,
16:07je disais avec SIA,
16:08vous êtes aussi beaucoup investi
16:12en stratégie, en conseil,
16:14dans les Émirats, à Dubaï, Bahreïn, etc.
16:17Est-ce que pour vous,
16:18c'est des paradis perdus définitivement ?
16:21Enfin, quand je dis définitivement,
16:24par rapport à ce qu'ils étaient, quoi.
16:27Je pense qu'en fait...
16:28Vous avez combien de collaborateurs là-bas ?
16:29On a un peu plus de 150,
16:31qui sont à la fois aux Émirats,
16:33au Qatar,
16:34et en Arabie, c'est-à-dire que
16:36ce qu'on voit déjà sur la situation,
16:37il y a un pays qui est vraiment en difficulté déjà,
16:40c'est le Koweït,
16:41où il y a vraiment des choses
16:42qui se sont vraiment arrêtées.
16:45Après, je pense qu'au-delà
16:46de l'analyse des pays...
16:47Pourquoi plus le Koweït que les autres ?
16:49Ils sont plus exposés,
16:50politiquement,
16:51dans la nature de ces populations.
16:53Vous savez,
16:53la mix chiite-sunnite
16:55n'est pas exactement le même
16:56que ce qu'on peut constater
16:57dans les autres pays
16:57qui sont une immense majorité sunnite.
17:01Et puis,
17:03nous, on a beaucoup travaillé
17:05sur la diversification sectorielle
17:08de ces pays,
17:09c'est-à-dire la sortie du pétrole
17:10et le développement
17:12de nouvelles activités.
17:12Donc, c'est beaucoup de logistique,
17:14c'est beaucoup...
17:14D'immobilier,
17:16et c'est beaucoup de tourisme.
17:17Et puis, les principaux actionnaires
17:18de tas de boîtes,
17:19notamment françaises.
17:20Donc, il paraît évident
17:21que sur ces métiers-là,
17:23par exemple,
17:23qui sont devenus très importants
17:24en emploi de PIB localement,
17:26la nature du scénario
17:28de sortie du conflit
17:29dans cette opérilité
17:31aura un impact majeur
17:32sur la façon dont ça va se faire.
17:34Je rappelle que la prochaine
17:34Coupe du Monde,
17:35par exemple,
17:35de football,
17:36après celle des États-Unis
17:37et du Mexique et du Canada,
17:39aura lieu en Arabie Saoudite.
17:39C'est ce soir le match,
17:40je vous signale.
17:41C'est ce soir le match
17:43contre le Brésil à Bastogne.
17:44En Arabie Saoudite,
17:46le fonds souverain saoudien,
17:47le PIF,
17:48est massivement impliqué
17:50dans le développement
17:50d'une stratégie
17:51autour du sport,
17:52du tourisme,
17:53de l'entertainment.
17:54Et ça, ça va rester ?
17:56Malgré la guerre ?
17:56Je pense que sur l'Arabie Saoudite,
17:58je pense que ça devrait être
18:01bien ancré à long terme.
18:02C'est vrai que sur les Émirats,
18:03il y a un certain nombre
18:04de questions qui peuvent être posées,
18:06mais ça va vraiment dépendre
18:07du scénario de sortie,
18:08très honnêtement.
18:09Donc là, je pense qu'à part
18:10avoir une boule de cristal
18:11et savoir quel sera
18:11le scénario de sortie,
18:14je pense que ces pays
18:15sont quand même financièrement armés
18:17pour supporter une crise
18:19temporaire
18:20et pour pouvoir l'enjamber.
18:22Mais encore une fois,
18:22ça va dépendre du scénario de sortie.
18:24Mais nous, ce qu'on voit en tout cas,
18:25c'est que tous les projets
18:26sur lesquels on travaille,
18:28aucun n'a été suspendu.
18:29Et il y a bien des sujets
18:31de sécurité des personnes,
18:33etc.
18:33Mais je dirais,
18:35les autorités font en sorte
18:36que tout continue comme avant.
18:39Alors, on sort aussi
18:39d'une période un peu particulière,
18:41c'était le Ramadan
18:41jusqu'à la fin de la semaine dernière.
18:43Donc c'est une période
18:43un peu plus calme
18:44d'un point de vue d'activité.
18:46Il y a une semaine de vacances,
18:48en général,
18:48après le Ramadan,
18:49qu'on est toujours encore
18:50un petit peu dans cette période-là.
18:51Et je pense qu'on va commencer
18:53à voir se décanter les choses
18:54dans le mois qui vient.
18:55Et puis, encore une fois,
18:56ça va dépendre du théâtre d'opération
18:57tel qu'il évolue.
18:58Et comment est-ce que vous voyez,
19:00très rapidement,
19:00mais c'est vrai que vous êtes présent
19:01un peu partout,
19:02plus ou moins,
19:02parce que maintenant,
19:03vous étiez en France et en Europe,
19:05et puis vous êtes donc parti
19:06aux États-Unis,
19:07et que les États-Unis
19:08deviennent votre principale
19:09source de revenus,
19:10enfin marché.
19:12vous êtes un peu présent en Inde,
19:14un petit peu en Chine.
19:15Est-ce qu'en même temps,
19:16le coup d'après,
19:17ce n'est pas l'Inde,
19:18Mathieu Courtecuisse,
19:19justement,
19:19pour apporter votre expérience ?
19:21Si, si, tout à fait,
19:22parce qu'on peut anticiper,
19:23nous, on est spécialisé
19:24pour accompagner
19:25les grands groupes
19:25du Fortune 500,
19:27et en fait,
19:27c'est vrai que l'Inde,
19:28dans 10 ans,
19:29aura 15,
19:3120 % de parts de marché
19:32dans les grands groupes
19:33du Fortune 500.
19:34Et donc, c'est vrai que nous,
19:36on anticipe ça un petit peu,
19:37donc on a développé
19:38nos premières implantations
19:39sur place.
19:39Pour l'instant,
19:40c'est aussi pour bâtir
19:42une usine d'IA aussi
19:43qui est là-bas
19:45pour nous servir.
19:47Une usine d'IA
19:47qui vous appartient ?
19:49Oui, oui, tout à fait.
19:49Ah d'accord,
19:50donc vous allez construire
19:51une usine,
19:51ce n'est pas vraiment une usine.
19:52Oui, alors c'est un AI.
19:54Un atelier artificiel ?
19:55Oui, oui, exactement.
19:56Alors, expliquez-nous pourquoi.
19:58C'est intéressant.
19:58Parce qu'en fait,
20:00l'Inde a un savoir-faire
20:02très fort.
20:02Oui, mais vous,
20:03quand on est à Camergue de Conseil,
20:04pourquoi avoir sa propre...
20:05Parce qu'on l'avait historiquement
20:06en France uniquement.
20:07Donc nous, on a 300 collaborateurs
20:09pour exporter la façon
20:11d'adopter l'IA à l'échelle.
20:13Et on a décidé de le compléter
20:14par une équipe indienne
20:16il y a un an et demi.
20:17D'accord, ok.
20:18Et juste,
20:19il nous reste 40 secondes.
20:20En l'Inde,
20:21les secteurs,
20:22ça sera...
20:23Ça va être quoi ?
20:23Parce que c'est intéressant
20:24de voir la transformation
20:25de l'Inde.
20:26C'est absolument spectaculaire.
20:27Ça va être...
20:28Ça sera Tata,
20:29mais qui n'est plus Tata, quoi.
20:32Non, et puis il y aura
20:32une petite crise à gérer
20:33dans l'informatique quand même.
20:35Donc une petite grosse crise.
20:37Mais typiquement,
20:38l'Inde deviendra probablement
20:39un gros acteur de l'automobile.
20:40Oui.
20:42Comme la Chine.
20:43Comme la Chine.
20:44Ce ne sera pas
20:44qu'une économie de service.
20:47Merci beaucoup,
20:47Mathieu Courtocuisse,
20:48d'avoir fait un stop ici,
20:51à Paris,
20:51dans les studios de BFM Business.
20:52Merci beaucoup.
20:53Mathieu Courtocuisse,
20:54le patron de CIA,
20:55a été notre invité.
20:56Voilà, c'est la fin
20:57de ce 18-19.
20:58Merci.
20:58Merci.
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