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  • il y a 2 jours
Jeudi 26 mars 2026, retrouvez Michaël Herskovich (responsable du vote et de l'engagement, BNPP AM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:01Générique
00:10Le dernier quart d'heure de SmartBourse, chaque soir c'est le quart d'heure thématique.
00:13Le thème ce soir c'est celui de la démocratie actionnariale et de l'engagement actionnarial à l'occasion de
00:19la saison des assemblées générales
00:20qui va démarrer d'ici quelques semaines et nous accueillons en plateau Michael Herskovitch,
00:26le responsable du vote et de l'engagement chez BNP Paribas Asset Management.
00:29Bonsoir Michael, ravi de vous retrouver pour parler de ces fameuses assemblées générales.
00:34Vous allez nous décrypter un peu les enjeux de cette saison 2026 mais je le rappelle,
00:40BNP Paribas Asset Management vient d'absorber d'ailleurs en début d'année les équipes d'AXAIM.
00:48L'union fait la force comme on dit Michael, du point de vue du responsable des votes et de l
00:52'engagement,
00:53qu'est-ce que ce rassemblement des forces change dans la relation et l'engagement que vous avez avec les
01:00entreprises et les émetteurs comme on les appelle ?
01:02Bien sûr, merci pour la question.
01:04C'est vrai que c'est génial pour moi d'avoir ce rapprochement parce que derrière on sait que sur
01:11les sujets de vote et engagement,
01:13ce qui est important c'est d'être un actionnaire important d'une entreprise.
01:17On peut avoir de l'influence quand on détient un certain nombre de votes, un certain poids dans l'actionnariat
01:24d'une entreprise.
01:25Souvent ce que font les entreprises d'ailleurs c'est qu'elles prennent leur liste d'actionnariat,
01:29elles regardent, elles s'arrêtent au 10e ou au 20e et elles vont parler avec ces investisseurs-là.
01:35Donc mécaniquement, la fusion nous apporte une taille critique plus importante.
01:41On devient top 3 asset manager au niveau européen, 1,6 trillion d'assets d'actifs sous gestion.
01:50Et donc plus souvent on sera dans le top actionnariat et on le voit déjà,
01:56plus souvent on est contacté par les entreprises et bien sûr un pouvoir d'influence plus fort
02:00à travers le vote en assemblée générale, à travers l'engagement, ce qu'on va dire aura plus de poids
02:06parce qu'on a plus de poids dans le capital des entreprises naturelles.
02:09C'est assez mécanique.
02:10Ça veut dire aussi plus de participation dans plus d'entreprises, ça veut dire plus de fer au feu si
02:17je puis dire, Mickaël ?
02:19Oui, il y a quand même plus de travail, plus de travail aussi quand même, plus de personnes, plus de
02:23travail.
02:24Mais oui, on va passer, alors pour donner un chiffre, notre périmètre BNP-PAM de l'année dernière,
02:29BNP Paribas Asset Management, sur 2025, c'était un tout petit peu plus de 2 000 assemblées générales dans l
02:33'année.
02:35Sur le périmètre prévisible de 2026 en incluant AXAIM, on parle d'un périmètre de 6 000 assemblées générales.
02:43C'est dingue, c'est dingue !
02:45Donc fois 3...
02:45Ce chiffre est incroyable je trouve.
02:47Fois 3 en prévision.
02:49Vous vous êtes amené à voter à 6 000 assemblées générales d'entreprises à travers le monde sur une année.
02:53Oui, et on va avoir 2 tiers des assemblées générales sur les 2-3 prochains mois, donc un printemps bien
02:59chargé.
03:00C'est intéressant.
03:01Donc plus de poids et donc aussi ça a expliqué pour nous d'essayer d'avancer vite et aussi de
03:09pouvoir parler d'une voix dès 2026.
03:12Oui, se mettre là en ordre de bataille pour cette année.
03:15Exactement, parce qu'on sait que sinon si on rate le printemps, on rate toute une année quasiment pour nous.
03:21Donc on a déjà rapproché en fait, la fusion s'est opérée comme vous l'avez dit en janvier, intégration
03:27juridique en janvier, et en janvier on a publié une politique de vote commune.
03:32Bien sûr.
03:32Donc depuis 2 mois déjà, on engage de manière agrégée et on vote aux assemblées générales avec les positions agrégées.
03:40Et donc on ne rate pas cette saison et on a une influence.
03:46Sachant que le moment de l'assemblée générale, c'est la concrétisation d'un travail qui a déjà été fait
03:51en amont, qui se fait sans doute même en ce moment ou au cours de ces semaines, Mickaël.
03:57Exactement, pour un acteur comme nous, l'engagement il est durant toute l'année.
04:01Oui, il est continu.
04:02Et souvent d'ailleurs le vote, il est avant l'assemblée générale, il est à distance, on ne se déplace
04:06pas à 6 000 assemblées générales.
04:08On vote via des plateformes à distance et en effet l'engagement et l'analyse s'opèrent en amont toute
04:15l'année et avant les assemblées générales en effet.
04:18Bon, quels sont les sujets, alors on ne pourra pas tous les décrire, mais les sujets qui vous paraissent les
04:23plus importants et qui vont se retrouver en haut de l'agenda de ces assemblées générales 2026 ?
04:29Alors on a des sujets récurrents en assemblée générale, ça fait plusieurs années qu'on en parle, les sujets notamment
04:35de rémunération des dirigeants, on en parle beaucoup.
04:39C'est des sujets récurrents parce qu'à chaque assemblée générale on vote sur une politique, sur un rapport de
04:44rémunération et on sait que ça fait partie des résolutions qui sont les plus contestées.
04:48Ça ne veut pas dire nécessairement qu'elles sont rejetées, mais il y a une contestation assez forte.
04:53Donc pas de nouveauté mais de la continuité, on sait que ces sujets, ils sont au cœur des assemblées générales,
04:59au cœur des engagements et ils le seront encore cette année.
05:02Donc ça, pas de surprise.
05:04L'autre sujet qu'on voit parmi tous les sujets qu'il y a, notamment les sujets bien sûr liés
05:09à la gouvernance et la succession des dirigeants.
05:13On a pu voir, pareil, ce n'est pas un nouveau sujet, mais on l'a bien vu que sur
05:19la dernière année, au sein de la France, si on prend les principaux indices, on a eu une vague importante
05:26de successions.
05:27Il y a un moment particulier en termes de succession.
05:29Il y a eu beaucoup de départs, il y a eu des départs qui étaient prévisibles, d'autres un petit
05:32peu moins.
05:34Mais donc le plan de succession, c'est vraiment, quand on parle aux sociétés, quand on engage sur les sujets
05:39de gouvernance, on sait que c'est l'une des, si ce n'est la décision la plus importante pour
05:44un conseil à prendre.
05:46Choisir le bon dirigeant, préparer la succession, l'activer au bon moment.
05:51On ne peut pas se rater sur une décision comme ça.
05:52En tout cas, si on se rate, il faut vite corriger le tir.
05:54Et donc, c'est vraiment un point extrêmement important pour nous dans la manière dont on va dialoguer.
06:02On sait que c'est un impact notable aussi sur nos investissements, sur l'impact financier d'une direction, sur
06:09la stratégie qui va en suivre.
06:11Et donc, ça fait partie pour nous de dialogues et on a bien vu que c'est des travaux qui
06:18sont attendus par le conseil, que l'AMF a fait un rapport en fin d'année, a travaillé au sein
06:23de l'AFG.
06:24Il y a d'autres instances qui travaillent sur ce sujet, qui est un sujet clé pour les entreprises de
06:29gouvernance et de stratégie.
06:31Et vous dites, de ce point de vue-là, il y a encore des choses qu'on peut améliorer.
06:35Alors, on reste assez générique, évidemment.
06:37Mais est-ce que ce sont des plans de succession qui sont effectivement réfléchis en amont, à l'avance ?
06:45Ou est-ce qu'il y a toujours un peu un caractère d'urgence à un moment, y compris quand
06:49c'est une succession qui peut être planifiée, ne serait-ce que pour des questions d'âge, par exemple ?
06:53Alors, il faut, normalement, il faut sur un plan de succession les deux aspects. C'est-à-dire qu'il
06:57faut l'aspect, qu'est-ce qui se passe s'il y a une urgence et qu'on doit demain
07:00remplacer le dirigeant.
07:01Et donc, normalement, les sociétés, c'est intéressant de discuter et c'est important de discuter pour nous, de comprendre
07:07qu'est-ce qui est prévu si demain, il faut prendre une décision urgente.
07:12Et bien sûr, après, il y a toute la discussion de préparation de la succession hors cas urgence, qui peut
07:19être un horizon de temps plus ou moins long selon chaque entreprise, selon chaque cycle.
07:22Et là, ça emmène beaucoup de discussions extrêmement intéressantes. Comment le Conseil s'assure aussi de bien connaître, souvent, c
07:29'est des successions qui sont préparées en interne, notamment de bien connaître le comité exécutif, les successeurs potentiels.
07:37Donc, c'est des choses qui se préparent, qui, bien sûr, doivent être mises à jour tous les ans, évoluent
07:42et donc qui sont extrêmement nécessaires à discuter avec toutes les entreprises, en fait.
07:47Même quand on n'est pas dans un cycle prévisible, il faut le prévoir.
07:50C'est une réflexion qui est toujours intéressante à nourrir.
07:52Mais interne ou externe, il y a un choix meilleur que l'autre ou pas pour désigner un successeur ?
07:57Ou on peut trouver des aspects intéressants dans les deux dimensions ?
08:01Les deux sont bons et, en général, ce qui est plutôt prévu et dans les bonnes pratiques, c'est de
08:05regarder les deux.
08:06C'est-à-dire que c'est souvent développer un pool de candidats en interne pour avoir, normalement, des pools
08:12de candidats qui vont venir de l'interne.
08:15Et souvent, quand c'est des successions bien préparées, qui s'opèrent sur plusieurs années, c'est souvent un profil
08:22interne qui vient.
08:23Mais, bien sûr, après, il faut regarder ce qu'il y a dans le marché.
08:26Et des fois, les profils externes apportent beaucoup de choses.
08:28Ça dépend aussi quand on est dans une situation crise ou prévisible.
08:32Souvent, quand il y a une crise ou quand il y a un problème très important dans l'entreprise qu
08:37'il faut corriger, on est plutôt sur des profils souvent externes qui sont choisis.
08:41Quand il y a une entreprise où la stratégie et le business model se passent bien, c'est plus souvent
08:46l'interne.
08:46Vous parlez de crise, alors, on aime raconter le monde à travers l'idée de la polycrise ou de la
08:53permacrise aujourd'hui.
08:56Est-ce que c'est vrai ?
08:57Bon, on n'ouvrira pas ce débat avec vous, Mickaël.
09:00Mais c'est vrai qu'on peut constater que depuis la crise pandémique, Covid 2020,
09:05il y a une succession de chocs, d'intensités différentes, mais avec une fréquence quand même assez frénétique, si je
09:15puis dire.
09:16La dernière crise en date étant la crise dans le Golfe, bien sûr.
09:21Comment ce sujet-là, cette question de la résilience, alors les États parlent de souveraineté, d'autonomie stratégique.
09:27La question de la résilience, elle est permanente dans les entreprises.
09:30Mais on sent quand même que ce sont des dimensions qui deviennent stratégiques.
09:34On a changé de monde, on n'est plus dans la fluidité des échanges, dans l'efficience, de la mondialisation,
09:40de l'optimisation partout.
09:42Et tout le temps, on sent qu'on a changé de monde de ce point de vue-là.
09:45Les entreprises, évidemment, se saisissent aussi de ces enjeux.
09:49Est-ce que ça se reflète là aussi dans le travail d'engagement que vous faites avec ces entreprises ?
09:54Est-ce que ces sujets se retrouvent aussi à un moment dans les AG ?
09:57Alors, elles se retrouvent, alors, sur les AG et sur les engagements, elles se retrouvent.
10:01Parce qu'en effet, dès qu'on touche à des sujets qui ont un impact fort sur la stratégie de
10:06l'entreprise, sur les résultats de l'entreprise,
10:08c'est au cœur des attentes des investisseurs.
10:11Ça va être au cœur des questions qu'on peut avoir.
10:13Dans les assemblées générales, les premières questions, c'est la stratégie et les résultats.
10:18Donc, nécessairement, ces questions sont là.
10:22La question de la gestion, notamment, des risques est beaucoup là.
10:27Parce qu'en effet, les risques sont de plus en plus présents.
10:30On a notamment la baseline qui est toujours de plus en plus haute de ces risques sur le long terme.
10:35Même quand on regarde des horizons de 50, 60 ans, on voit qu'il y a de plus en plus
10:40une fréquence de risques plus importante.
10:42Ça demande un travail qui est très important, notamment, si on revient sur les sujets de gouvernance, par le comité
10:50des risques.
10:51Le comité des risques, c'est quelque chose qui existe depuis une vingtaine d'années.
10:55Au début, qui a souvent été, d'ailleurs, et qui l'est encore beaucoup associé au comité d'audit.
11:00On a un comité d'audit et de risques.
11:02On a quand même un certain nombre d'entreprises, de plus en plus, qui se rendent compte de l'enjeu
11:06et qui le séparent.
11:07Et qui créent un comité de risques dédié ou qui consacrent de plus en plus de temps.
11:11Et c'est vraiment l'instance de gouvernance, comment on la traite et comment on s'assure qu'on va
11:17cartographier les risques,
11:20anticiper, comprendre les conséquences que ces risques peuvent avoir sur la stratégie de l'entreprise,
11:26quels sont les points pour les adresser.
11:28Et donc, tout ce travail, en termes de gouvernance, bien sûr, il y a des équipes internes, il y a
11:32la direction,
11:33mais pour le conseil d'administration, c'est vraiment le comité des risques qui va être clé sur tous ces
11:39sujets.
11:40Quand on parle de ces comités, comité des risques en l'occurrence, il y a toujours la question des moyens
11:44qui sont offerts à ces comités pour travailler, pour éclairer les décisions du conseil.
11:50Oui, ce sont des comités des risques qui ont des moyens aujourd'hui d'éclairer les décisions.
11:54Alors, ils ont des moyens, notamment internes, parce que bien sûr, il y a des équipes internes à chaque entreprise
12:01sur ces sujets-là qui sont clés.
12:03Les moyens externes commencent à se développer.
12:05On n'est pas historiquement en gouvernance en France, en tout cas sur des marchés anglais, c'est un peu
12:11différent,
12:11sur l'idée qu'on a un conseil qui a des moyens indépendants et qui fait appel à des consultants
12:16externes ou autres.
12:17Alors, ça commence à se développer, souvent ça passe quand même par l'entreprise, par le secrétaire de conseil,
12:21mais d'en effet, faire appel à des études externes, regarder pour un conseil d'administration aussi ces enjeux-là
12:29par le prisme autre que uniquement les personnes de l'entreprise.
12:33C'est quelque chose qui se développe, qui commence à être prôné et qui, à mon avis, va prendre de
12:37plus en plus d'ampleur.
12:38Et surtout, on le voit bien sur les enjeux de risque d'intelligence artificielle, risque et opportunité, bien sûr,
12:45les enjeux de développement durable, environnementaux, sociaux, les risques géopolitiques, etc.
12:51Il y a beaucoup à faire pour les conseils, mais je pense, je trouve, remettre vraiment ces enjeux-là
12:57et ce rôle de ce conseil un peu au centre des enjeux de gouvernance et d'engagement pour les investisseurs.
13:04Et ce besoin d'expertise, effectivement, pour cartographier ces risques aujourd'hui.
13:08Merci beaucoup, Michael Herskovich, responsable du vote et de l'engagement chez BNP Paribas Asset Management.
13:13Et bonne saison d'Assemblée Générale qui va commencer d'ici quelques jours aux quelques semaines.
13:19Merci.
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