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  • il y a 11 heures
Jeudi 12 mars 2026, retrouvez Michaël Israël (Cofondateur, IVO Capital Partners) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.

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Transcription
00:01Générique
00:09Le dernier quart d'heure de Smart Bourse, comme chaque soir, c'est le quart d'heure thématique.
00:13Le thème ce soir, c'est celui de la dette émergente.
00:16Nous parlons de cette classe d'actifs avec les spécialistes d'Ivo Capital Partners et son co-fondateur,
00:20Michael Israël, qui est à mes côtés en plateau.
00:22Michael, bonsoir.
00:23Bonsoir, Jean.
00:24C'est spécialiste de la dette émergente en devise dure, comme on dit, Michael.
00:29Première question, comment se comporte cette classe d'actifs,
00:32qui fait partie quand même des univers d'actifs risqués dans le grand océan des marchés et des classes d
00:39'actifs.
00:39Comment se comporte cette classe d'actifs depuis le 28 février dernier et le déclenchement de la guerre d'Iran
00:44?
00:44Alors d'abord, plutôt bien.
00:46Et en plus, je dirais que ça fait partie.
00:48En plus, on a dans notre univers d'investissement le Middle East.
00:51Donc on est vraiment dans le cœur du sujet.
00:53Ça représente à peu près 10% de l'indice.
00:55Donc ce n'est pas rien du tout.
00:57Mais il se trouve que les marchés résistent bien.
00:59Je pense que, bon, de manière générale, ils résistent bien.
01:01Et particulièrement, le high yield émergent, corporate, résiste vraiment très bien.
01:07Il y a une baisse de 0,8 seulement sur l'indice.
01:09Ce n'est vraiment pas grand-chose.
01:11C'est vraiment négligeable.
01:12Et je crois que, tout simplement aussi, parce que jusqu'à maintenant,
01:15et aussi la manière dont on est rentré dans cette crise,
01:18c'est avec une configuration assez défensive.
01:21Pas que nous.
01:22Je dirais l'indice même.
01:23Il n'y a pas beaucoup de duration dans cet indice.
01:25Il y a un niveau de carré qui est assez élevé.
01:27Donc ça absorbe assez bien et assez facilement les chocs de volatilité.
01:31Et après, pour le moment, il y a eu des choses un peu localisées.
01:35Mais rien, ce n'est pas un choc de crédit global.
01:38Et ce qu'il y a, comme toujours dans les émergents,
01:40en revanche, ça c'est plutôt le point intéressant,
01:42c'est qu'il y a toujours des gagnants et des perdants.
01:44Et comme c'est un bloc hétérogène,
01:46on peut s'amuser à commencer à compter les points.
01:49Même si au global, vous dites, la classe d'actifs tient bien,
01:52il y a un peu de dispersion.
01:53En plus, quand le pétrole est au cœur du jeu,
01:56il y a toujours l'histoire du transfert de richesse
01:59entre les pays producteurs ou les pays consommateurs,
02:02en l'occurrence, vers des pays producteurs aujourd'hui.
02:05Des pays producteurs, on en trouve au Moyen-Orient,
02:07mais ils ont du mal à vendre leur pétrole dans le contexte actuel.
02:11On en trouve aussi en Amérique latine, c'est ça ?
02:13Exactement, en Afrique.
02:15Il y en a en Asie, mais c'est moins un terrain de jeu pour nous.
02:18C'est vrai qu'entre l'Amérique latine et l'Asie...
02:20Et il y a une différence qui s'est créée, justement,
02:22avec cette ligne de fractures consommateurs-producteurs ?
02:24Oui, alors d'abord, il y a une différence sur les pays
02:26qui sont importateurs de pétrole.
02:28On a vu clairement, là, ça fait partie des pays
02:30où il y a une petite baisse.
02:31Ce qu'il y a, c'est qu'il n'y a pas encore des grandes baisses.
02:33Mais si on prend, par exemple, l'exemple de la Turquie,
02:35qui est un pays qui a une vraie sensibilité au prix du baril,
02:37on a vu quand même une baisse des prix
02:40sur les actifs, enfin, sur les obliques d'entreprises turques.
02:43Si je prends l'exemple aussi de l'Europe émergente,
02:45c'est intéressant, c'est aussi une zone qui dépend
02:48pas mal du prix du gaz.
02:49Donc, on a eu aussi une baisse des prix.
02:52Alors après, il n'y a pas que les baisses de prix
02:54pour se rendre compte qu'il y a une opportunité ou pas.
02:55Parce que parfois, si on prend l'exemple
02:57d'un secteur pétrolier en Amérique latine,
03:00eux, ça devrait être les grands gagnants.
03:03Puisque, justement, eux, ils peuvent exporter
03:07et ils profitent d'un prix du baril qui est plus élevé.
03:09Et ils vont aussi profiter d'une demande en volume.
03:12Parce que, n'oublions pas qu'avant cette crise,
03:14on était dans un marché qui était excédentaire.
03:17Donc là, on se retrouve dans une situation inversée.
03:19Donc, il va falloir aussi augmenter les volumes
03:22pour ceux qui peuvent opérer.
03:24Et donc là, il y a des vrais grands gagnants.
03:26Alors, on n'a pas forcément eu...
03:28Augmenter les volumes, ça veut dire aussi pouvoir stocker,
03:29par exemple.
03:30Avoir encore des capacités de stockage
03:32pour stocker les volumes supplémentaires.
03:34Mais là où c'est intéressant, c'est qu'il y a parfois
03:35des opportunités qui sont...
03:38Elles n'apparaissent pas très claires comme ça.
03:40C'est-à-dire qu'on voit les prix qui ne sont pas appréciés.
03:43Mais on a quand même le profil de crédit de la boîte
03:45qui a considérablement changé.
03:46Parce que là, elle évolue d'un coup
03:47dans un environnement avec un prix très élevé.
03:49Pas de problème de restriction sur ses volumes.
03:52Et donc, elle va pouvoir avoir une génération
03:54de free cash flow qui va être bien meilleure.
03:55Donc, un prix qui ne bouge pas,
03:56mais une situation qui s'améliore,
03:59c'est une opportunité aussi.
04:01Sur l'Amérique latine,
04:02qui est votre zone de prédilection,
04:03alors parmi les grands pays producteurs,
04:05on pense bien sûr au Brésil,
04:07pays central majeur.
04:09Vous avez travaillé là, chez IVEO,
04:12sur ce qu'on appelle la doctrine Donnero aujourd'hui,
04:14ou la version trumpienne de la doctrine Monroe.
04:17L'idée que les Etats-Unis,
04:19alors en l'occurrence, l'actualité,
04:22montre qu'il n'y a pas que les Amériques
04:24qui intéressent Donald Trump.
04:25Il y a aussi ce qui se passe encore ailleurs dans le monde.
04:27Mais c'est quand même l'idée de se recentrer
04:29en matière de politique étrangère sur les Amériques,
04:33alors du Groenland peut-être jusqu'au sud de l'Amérique latine.
04:38Qu'est-ce que vous comprenez de cette approche américaine
04:41et quelle implication ça a pour des investisseurs comme vous,
04:46spécialisés dans la dette émergente,
04:48le crédit émergent de ces entreprises appartenant à cette zone ?
04:52Alors, moi j'aime bien d'ailleurs le mot,
04:54la doctrine Donnero,
04:54parce qu'en fait, il y a un autre mot qui passe vachement,
04:57pardon pour dire vachement, mais beaucoup mieux,
05:00et dont on parle depuis quelques années,
05:02qui s'appelle la souveraineté.
05:03C'est un joli thème.
05:05Mais à la fin, la Donnero, c'est un peu la même chose en extension,
05:08mais comme c'est autour de Trump, etc.,
05:11c'est interprété un peu différemment.
05:13À la fin de l'histoire, qu'est-ce que c'est le sujet ?
05:15Le sujet, c'est que l'économie mondiale
05:18et les participants à l'économie mondiale ont compris
05:20qu'il fallait avoir une certaine souveraineté,
05:23un certain contrôle sur ces approvisionnements,
05:26qu'ils soient en matière première
05:28ou sur d'autres sujets stratégiques.
05:31Donc effectivement, Trump,
05:34lui, on sait très bien qu'il ne se cache pas,
05:37il est allé pleinement dans ce sujet de souveraineté
05:40en essayant de reprendre du contrôle
05:42et reprendre donc du levier
05:45sur les sujets qui peuvent menacer les États-Unis
05:48à moyen, long terme,
05:50que ce soit sur la monnaie de réserve qu'est le dollar
05:53et que ce soit sur l'accès aux matières premières
05:57pour les États-Unis,
05:59mais aussi pour avoir un certain contrôle
06:01pour l'accès des matières premières d'autres pays
06:03et vous savez qui cible sur ce sujet
06:06pour avoir toujours ce levier.
06:08Donc c'est un sujet qui est intéressant dans un sens
06:11parce que ça remet les matières premières au centre du jeu.
06:14Les ressources.
06:15Exactement, avec une dimension stratégique
06:17et on sait très bien que les émergents
06:20sont la région du monde
06:21où on va retrouver le plus de matières premières.
06:23Donc je dirais que pour nous, quand même,
06:24c'est loin d'être une dimension négative.
06:28Ensuite, pour l'Amérique...
06:28Ça clarifie ça.
06:29Ça amène de la visibilité, de la sécurité.
06:32Ben oui, parce que...
06:33Dans des pays qui pouvaient en manquer.
06:34Ben exactement.
06:34Pour l'investisseur, j'entends.
06:36Exactement, c'est-à-dire que la dimension stratégique,
06:39la valeur stratégique des ressources naturelles
06:43a repris le dessus très clairement
06:46depuis l'arrivée de Trump.
06:48On a vu qu'il a essayé avec les droits de douane
06:51et il a compris que c'était pas suffisant
06:53d'avoir des droits de douane,
06:55d'avoir la plus grande économie de consommateurs au monde.
06:57C'est pas suffisant pour avoir un levier
07:00sur les autres si fort que ça.
07:02Donc, et il a compris aussi
07:05que l'accès aux matières premières,
07:06on lui a répondu avec ça.
07:10Donc, tout ça est assez clair.
07:11Donc, pour les économies des pays émergents
07:14et pour nos investissements,
07:15c'est quand même intéressant de savoir
07:17qu'il y a une clarté, comme vous dites aujourd'hui,
07:20sur l'importance et la valeur de ces matières premières.
07:23Et en plus de ça, pour l'Amérique latine,
07:25c'est vraiment un continent sur lequel,
07:27là pour le coup, on a des richesses
07:29très très importantes.
07:30Et il y a cet historique, tout simplement,
07:32entre les États-Unis et l'Amérique latine.
07:34Et ce qui va se passer, c'est pas quelque chose d'uniforme,
07:37mais ce qui est en train de se passer
07:38ou ce qui va se passer,
07:39c'est tout simplement qu'avec l'appui
07:43des États-Unis,
07:44certains pays vont avoir probablement,
07:46comme on l'a vu pour l'Argentine,
07:49être amis des États-Unis à Servi.
07:52Bon, c'est un petit peu ce jeu
07:54qui va se mettre en place.
07:55Donc, c'est pas venir contrôler
07:56les actifs de ces pays-là,
07:58mais c'est avoir une influence
08:00sur ces actifs-là.
08:01Et c'est pas négatif pour nous
08:03en tant qu'investisseurs.
08:04On a vu, le secrétaire au Trésor américain,
08:07Scott Besant,
08:09a soutenu le régime de Milley
08:13à travers des pare-feux financiers,
08:15effectivement, pour protéger l'Argentine
08:17de la spéculation éventuelle
08:19contre sa devise.
08:20Exactement.
08:22Alors, comment on gère,
08:25tactiquement ou stratégiquement,
08:26le moment actuel ?
08:30Mickaël, sachant qu'on parle
08:31avec vous des émergents,
08:32mais ce qui reste le juge de paix
08:34ou en tout cas le taux de référence mondial,
08:36c'est le 10 ans américain.
08:38En tout cas, c'est la courbe en dollars,
08:39comme vous dites.
08:40Vous opérez en devise dure
08:41sur cette dette
08:42des entreprises émergentes, Mickaël.
08:44Comment vous regardez
08:45les mouvements de la courbe ?
08:46Alors, petit phénomène d'aplatissement
08:49avec en absolu quand même
08:51des taux qui remontent un peu
08:52tout au long de la courbe,
08:53avec un 10 ans à 4,25 peut-être
08:56au moment où on se parle.
08:58Est-ce que c'est des niveaux appropriés
08:59qui reflètent les tensions du moment ?
09:01Est-ce qu'il y a matière
09:03à y voir des opportunités
09:04par translation, évidemment,
09:06pour des marchés émergents ?
09:08Alors, d'abord,
09:09quand les taux remontent,
09:10donc on a eu, nous,
09:10on est plutôt sur la zone,
09:11on va dire,
09:12sur les durations
09:12sur lesquelles on travaille.
09:13C'est plutôt le 5 ans américain
09:15qui va nous intéresser.
09:16D'accord.
09:16On a eu quoi comme repricing ?
09:18À peu près 30 BP.
09:19Mais c'est vrai que c'est 30 BP
09:20qui venaient après un fort rallye
09:22du début d'année.
09:24Bon, chaque fois qu'il y a
09:25une remontée des taux comme ça
09:26sur les Etats-Unis,
09:27pour nous, il y a deux aspects.
09:29Il y a d'abord,
09:30est-ce qu'on est impacté
09:30au niveau des prix ?
09:31Pas tellement parce qu'on a cette chance
09:33que je précisais au début
09:34de la conversation,
09:35on n'a pas beaucoup de duration.
09:36Donc, on n'a pas
09:36une très forte sensibilité aux taux.
09:38En revanche,
09:39ça nous donne des opportunités
09:40d'améliorer notre niveau
09:41de carry du portefeuille.
09:43Donc là,
09:44on a eu un petit écartement
09:45des spreads
09:46plus un petit repricing des taux.
09:49L'addition des deux
09:50nous permet d'avoir un carry
09:51qui est un petit peu meilleur
09:51et qui s'améliore.
09:53Donc nous, évidemment,
09:54à chaque fois,
09:54graduellement,
09:55pas du tout de manière dogmatique,
09:56on va essayer d'aller profiter
09:58de chacun de ces moments
09:59où on peut saisir
10:01des opportunités
10:02sur des risques
10:05volatilité et rendement
10:07qui nous paraissent intéressants.
10:08Donc, on va augmenter
10:09sur certains dossiers
10:10un petit peu la duration.
10:12Je vous ai dit tout à l'heure,
10:13l'avantage des émergents,
10:14c'est que c'est très hétérogène.
10:15Et il y a de tout.
10:17Et donc, l'avantage,
10:17c'est qu'il va y avoir
10:18des choses qui ont été
10:19un peu impactées,
10:21d'autres beaucoup plus
10:22et d'autres pas du tout.
10:24Et là, déjà,
10:24on a commencé
10:25à avoir des opportunités.
10:27On a le secteur
10:28de l'aérien,
10:30on a vu
10:31quelques baisses de prix
10:32et donc un rendement
10:34un peu plus important
10:34sur certains noms
10:37du secteur pétrolier.
10:39Donc, on va pouvoir
10:40faire notre picking.
10:41Et je dirais
10:42que la grande différence,
10:43c'est marrant
10:44parce qu'hier,
10:44j'étais à une conférence
10:45et on a parlé de ça,
10:46il y avait le sujet
10:47des souverains
10:48et le sujet
10:49des corporates.
10:51Et ce qui est vraiment intéressant
10:52quand il y a des petites crises,
10:53on verra si celle-ci
10:55elle va plus loin,
10:56mais quand il y a des crises,
10:58en fait,
10:58on peut vraiment,
10:59par la granularité
11:00du corporate,
11:01on peut vraiment
11:01aller chercher
11:03le bénéficiaire
11:04sans prendre le problème.
11:05Je m'explique.
11:05Si je fais une analogie
11:07avec un pays
11:07sur le souverain,
11:08ça reste un souverain.
11:10Imaginez que ce soit
11:10un pays producteur de pétrole.
11:12On va dire
11:12que c'est un gagnant.
11:14Mais c'est un gagnant,
11:15on peut l'acheter,
11:16mais vous achetez aussi
11:17les problèmes du pays.
11:18Il y en a d'autres,
11:19il n'a pas que le pétrole.
11:20Alors que là,
11:21on peut vraiment se focaliser,
11:22aller chercher
11:23une société
11:23qui est dans le segment
11:24dont on sait
11:25qu'il va y avoir un bénéfice
11:27et très finement
11:29aller se positionner.
11:30On n'est pas obligé
11:30de prendre quelque chose
11:31qui est une globalité.
11:32On n'embarque pas tout avec.
11:32Exactement.
11:33Et donc là,
11:34c'est vraiment
11:34le moment dans lequel on est.
11:35C'est qu'on peut vraiment
11:36aller faire
11:37de manière assez fine
11:38notre marché
11:39sur les noms
11:40qui nous intéressent,
11:41qui ont bougé
11:41de manière justifiée,
11:43moins justifiée, etc.
11:45Bon, un moment
11:45de sélection,
11:46effectivement,
11:47d'opportunités
11:48dans cet univers
11:48de la dette émergente
11:50en devise dure.
11:51Merci beaucoup, Mickaël.
11:51Merci d'être venu nous éclairer
11:53sur la classe d'actifs
11:53dans ce moment
11:55de crise
11:56et de crise iranienne.
11:58En l'occurrence,
11:59Mickaël Israël,
11:59cofondateur
12:00d'Ivio Capital Partners,
12:01était l'invité
12:01de ce dernier quart d'heure
12:02de Smart Bourse ce soir.
12:08Sous-titrage Société Radio-Canada
12:09...
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