00:008h22 et ce matin dans la French Tech sur Good Morning Business, on est ravis de recevoir Sébastien Yves.
00:05Bonjour, vous êtes le président du directoire de Fabentech.
00:07Vous avez conçu le premier antidote à la ricine.
00:10Alors la ricine, c'est extrêmement dangereux, ça peut être utilisé dans le cas d'attaques terroristes.
00:16Comment vous avez travaillé ? Est-ce qu'aujourd'hui vous avez trouvé vraiment un moyen d'arrêter le produit quand vous êtes attaqué ?
00:22Bonjour, oui tout à fait.
00:23Donc on est très fiers d'avoir franchi cette étape décisive pour Fabentech,
00:28une des rares biotech à pouvoir obtenir le sésame, c'est-à-dire l'autorisation de mise sur le marché.
00:35Donc ce produit qui est donc destiné à contrer des attaques terroristes,
00:40à la capacité de neutraliser la ricine qui est donc la toxine végétale utilisée par des cellules terroristes
00:50pour que le patient puisse en sortir.
00:52La ricine, ça vous fait quoi directement ?
00:55La ricine, elle va intervenir sur les cellules qui ne peuvent plus se développer
00:59et donc du coup ça va créer une dévaillance d'organes, à commencer par les poumons,
01:05et donc c'est la mort qui peut arriver en 2-3 jours.
01:09C'est 2-3 jours, parce que du coup vous avez quand même le temps d'agir,
01:12parce que c'est le coup du parapluie vulgaire, c'est comme ça que ça a été rendu célèbre, la ricine.
01:16On s'est injecté à son insu, ou alors ça peut être des lettres piégées également avec l'inhalation,
01:22mais on a 2 à 3 jours pour administrer l'antidote du coup.
01:25Alors le plus tôt le produit est administré, mieux c'est, puisqu'en fait on va,
01:29donc je rappelle la technologie, c'est une technologie polyclonale qui va donc pouvoir neutraliser le pathogène,
01:36ici des toxines, on utilise ça aussi sur des virus par ailleurs,
01:42et donc on va pouvoir arrêter l'effet délétère de la ricine le plus tôt possible.
01:47Alors j'ai une question naïve, mais comment vous êtes sûr que ça fonctionne ?
01:50Vous avez testé ça sur des humains ? Parce que j'ai du mal à croire qu'on puisse injecter de la ricine à des volontaires
01:56pour ensuite tester l'antidote.
01:57C'est une très bonne question, et en effet, c'est la FDA qui a édicté cette règle
02:04pour pouvoir tester des produits et leur efficacité.
02:07C'est non éthique, ou même pas possible de tester sur des cas d'attaques bioterroristes.
02:15Donc on va tester sur l'animal le plus proche de l'homme.
02:20Donc dans notre cas, ça a été testé, l'équivalent d'une phase 2-3 a été fait sur des primates non humains,
02:26où en fait on a vu l'effet de notre produit sur ces animaux.
02:30Et on a pu voir qu'entre le placebo et le groupe actif, le groupe actif a pu être sauvé intégralement.
02:37Alors en termes de marché, ça représente quoi ?
02:39Vous allez avoir des précommandes par des États au cas où il y a des attaques ?
02:44Oui, alors c'est le modèle, en fait, ce sont des marchés de préparation.
02:48Donc en fait, les États, soit le ministère de la Santé ou le ministère de la Défense,
02:52vont constituer des stocks stratégiques qui sont mis à disposition pour,
02:56d'ailleurs c'est important de le rappeler, à la fois pour la protection civile et militaire.
03:01Donc ce sont des marchés, un marché dual.
03:04Donc voilà.
03:05Il y a une menace conséquente, on sait qu'il y a eu un certain nombre d'attaques terroristes
03:08qui ont été déjouées, qui étaient censées utiliser la ricine,
03:11parce qu'en fait, c'est une toxine qui est relativement facile à générer.
03:16C'est ça, parce qu'on part d'un végétal qui est assez classique.
03:18Oui, alors on a pu voir, dans la presse grand public,
03:24certains cas apparaître qui ont, heureusement, été déjoués par les autorités,
03:29par les services de sécurité, mais on a deux à trois cas par an dans le monde qui surviennent.
03:36Le dernier étant en Inde, il y en a eu en Angleterre récemment.
03:41Vous faisiez référence à cet attentat il y a quelques décennies,
03:44mais il y en a eu quand même un certain nombre aussi aux Etats-Unis destinés à des sénateurs ou aux présidents.
03:50Parce qu'on parle du ricin, en fait, c'est ça qui est un végétal qui est tout à fait inoffensif par ailleurs.
03:55Oui, mais quand il est concentré, effectivement, ça devient une arme biologique et c'est réglementé.
04:00Mais ça veut dire qu'aujourd'hui, il va falloir que vous fassiez face à une demande de stock,
04:03j'imagine, importante, qui vienne du monde entier.
04:06Vous allez répondre comment et produire où ?
04:08Alors, on a anticipé ça, c'est-à-dire qu'on a vraiment regardé,
04:12avant l'obtention de cette autorisation de mission en marché,
04:15on a regardé les marchés, on s'est rapproché des principaux décideurs
04:20pour bien regarder la profondeur de ce marché et se préparer à la production.
04:24Vous connaissez le besoin déjà ?
04:25Exactement. Donc, le besoin est sous contrôle.
04:28Donc, on est en capacité de livrer les marchés qu'on a identifiés pour les prochaines années.
04:33Et cette technologie, c'est anticorps polyclonaux, c'est ça ?
04:37À quoi d'autre elle pourrait servir ?
04:39Est-ce que vous travaillez sur d'autres types, soit des toxines, soit des virus particulièrement laitaux ?
04:44Est-ce que vous pouvez nous donner quelques exemples ?
04:46Oui. Alors, depuis ces dernières années, Fabentech a vraiment, sur cette même base technologique,
04:50déployé l'ensemble de son portefeuille.
04:53Donc, on a trois produits, la racine qui arrive sur le marché, deux autres en biodéfense.
05:00Et on a aussi deux candidats sur les maladies infectieuses émergentes.
05:04Donc, un virus Nipa, qui est un virus qui sévit en Asie du Sud-Est,
05:10qui est aéroporté, qui a un taux de létalité très élevé, 60%.
05:14Donc, aujourd'hui, ce virus ne mute pas, il est présent chez l'animal.
05:20Il pourrait muter et se propager à l'homme.
05:24Et c'est dans ce cadre-là qu'en fait, les autorités de santé, dont la France,
05:27a lancé un programme pour avoir une contre-mésure médicale
05:31le premier jour où l'épidémie survient sur notre territoire ou ailleurs.
05:36Et juste, votre antidote, c'est décomprimé ? C'est une piqûre ?
05:40Alors, la voie d'administration, c'est une intra-veineuse,
05:43qui est administrée en milieu hospitalier.
05:47Merci beaucoup d'être venu ce matin.
05:48C'était passionnant, Sébastien Iva, président du directoire de Faben.
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