00:006h21, on va parler robotique ce matin dans la French Tech avec EasyBot et Franck Guillaume.
00:04Bonjour, merci d'être avec nous.
00:05Ce matin, vous levez 7 millions d'euros pour industrialiser vos robots collaboratifs.
00:10Vous êtes dédié aux opérations de ponçage et de meulage,
00:14c'est-à-dire des opérations qui sont extrêmement difficiles pour les humains.
00:18L'objectif, évidemment, c'est de réduire la pénibilité.
00:20Racontez-nous comment ça fonctionne, ce bras robotique.
00:24Et donc, en fait, notre robot agit comme un troisième bras humain.
00:27Et donc, pour ceux qui ont pratiqué un peu le ponçage,
00:31c'est un marché qui fait plus de 3 millions de postes de travail dans le monde.
00:35C'est presque toujours un travail manuel, très fatigant.
00:40On estime que les besoins d'automatisation de ce marché
00:44dépassent les 25 milliards d'euros par an dans le monde.
00:47Et en fait, notre robot vient soit aider l'opérateur pendant l'opération,
00:54en rendant l'opération beaucoup moins fatigante,
00:56ou alors, parfois, ils peuvent faire le travail seuls
00:58et laisser l'opérateur la liberté de faire d'autres tâches à côté.
01:02C'est un système qui est très facile à déployer.
01:05Deux boutons suffisent pour le piloter
01:06et quelques minutes peuvent utiliser le robot.
01:11Alors, il faut que vous nous expliquiez.
01:12Est-ce qu'on voit ce gros bras robotique,
01:14comme les bras robotiques industriels qu'on connaît,
01:16mais donc qui est spécialisé avec un humain derrière
01:18qui le guide un petit peu ?
01:20Mais ce qui est très compliqué, et on le sait,
01:22en robotique, c'est de gérer le sens du toucher.
01:24Et c'est ça, en fait, que fait votre robot ?
01:26Parce que poncer, c'est toucher de la matière avec des aspérités.
01:29C'est très compliqué à gérer pour une machine, ça.
01:31Comment est-ce qu'on fait pour faire en sorte
01:33que la machine puisse comprendre, en fait,
01:35ce qui se passe sous ses doigts ?
01:37Alors, effectivement, on parle d'un sujet
01:40qui est en plein développement dans le monde de la robotique.
01:43Comment donner le sens du toucher au robot ?
01:45Alors, je vais vous passer un peu les détails techniques,
01:50mais effectivement, notre robot présente l'avantage
01:53d'avoir très peu d'inertie,
01:55donc il peut se sentir, il transmet directement l'effort de l'objet
02:00vers l'ordinateur qu'il contrôle.
02:03Et donc, nous avons un système qui a très peu de départitions
02:07pendant l'opération,
02:09et donc, ça a deux avantages.
02:11D'abord, il y a une consommation d'énergie
02:12beaucoup plus faible.
02:15Donc, ce robot consomme
02:17deux fois moins d'énergie qu'un grille-pain.
02:19Et d'autre part, il peut
02:20fidèlement transférer l'effort
02:23qu'on ressent
02:24et par conséquent,
02:26ajuster l'effort appliqué sur l'objet.
02:29Mais ce n'est pas n'importe quelle technologie,
02:30c'est que ça vient du CEA,
02:31c'est-à-dire que ça n'a l'air pas grand-chose
02:33quand vous le racontez comme ça,
02:34mais c'est une technologie très précise.
02:35Oui, c'est en fait,
02:37nous sommes vraiment issus du CEA,
02:39donc c'est vraiment une technologie franco-française
02:41qui a été développée à l'origine
02:43pour télépiloter les robots
02:46dans le processus de traitement de déchets
02:49et aussi d'objets radioactifs.
02:51Et donc, justement,
02:52quand on pilote l'objet,
02:54il faut sentir l'effort,
02:55sinon on pourrait casser un mur
02:56ou endommager l'objet.
02:58Donc, c'est ce qu'on a hérité.
03:01Et à partir de cette technologie,
03:03nous avons développé le ponçage.
03:06Et est-ce que,
03:06ce que vous parliez de piloter l'objet,
03:08mais la question qui fâche derrière,
03:09c'est est-ce qu'on va encore avoir besoin de l'humain ?
03:11Là, on le voyait,
03:12il y avait effectivement un ponceur humain
03:14qui guidait le robot,
03:15mais on ne sait même pas trop ce qu'il fait en réalité.
03:17Est-ce que le robot ne peut pas,
03:18à la fin, se débrouiller tout seul ?
03:20Il y a plusieurs modes de fonctionnement.
03:22Soit il y a le mode assistance
03:23ou réplication,
03:25c'est-à-dire que le robot va imiter l'homme,
03:29ou alors parfois,
03:30dans certaines situations,
03:31effectivement,
03:32le robot peut faire le travail seul.
03:34Parce que ce qu'on voit beaucoup en ce moment,
03:35au CES de Las Vegas,
03:37typiquement,
03:37il y avait énormément de robots humanoïdes
03:39qui commencent à être déployés,
03:41d'ailleurs, dans les usines,
03:42dans les entrepôts, etc.,
03:43et qui sont multitâches,
03:44et on peut, en fait,
03:45leur demander de se débrouiller tout seul.
03:47Donc,
03:47qu'est-ce qui empêcherait finalement,
03:48est-ce que l'idée d'avoir des cobots comme ça,
03:51des robots industriels,
03:52des bras robotiques,
03:53ne va pas être remplacée à terme
03:54par ces machines humanoïdes
03:56auxquelles on pourra donner n'importe quel ordre
03:57et qui pourront potentiellement poncer aussi,
03:59par exemple ?
03:59C'est une possibilité,
04:01mais nous, en fait,
04:02notre but,
04:03c'est plutôt de revaloriser ces travails,
04:05ces postes de travail
04:06qui sont pénibles dans les usines.
04:10En fait,
04:10ce que nous voyons,
04:11c'est que,
04:12puisque ces postes de travail,
04:15en fait,
04:16créent beaucoup de maladies professionnelles
04:18et font que le recrutement est très difficile,
04:22alors nous,
04:23dans le mode assistance,
04:25en fait,
04:25l'opérateur,
04:26il va piloter le robot,
04:30et donc,
04:30ce qui fait que c'est un travail
04:32qui est beaucoup plus fun,
04:33beaucoup plus productif
04:34et beaucoup moins fatigant.
04:36Donc,
04:36du coup,
04:36ça rend le recrutement plus facile.
04:37Donc,
04:38nous,
04:38nous voyons dans le court terme
04:39plutôt un impact social positif.
04:42À terme,
04:43d'ici 10 ans,
04:43c'est possible que le champ d'application
04:45de ces robots
04:46soit de plus en plus grand.
04:47Vous avez déjà comme client
04:48Airbus,
04:49Alstom,
04:49Naval Group,
04:50Beneteau,
04:51Saint-Gobain aussi,
04:52avec lequel vous avez un partenariat industriel.
04:54Le carnet de commande est déjà bien rempli pour 2026.
04:57Toute entreprise qui a du ponçage
04:59va utiliser votre bras.
05:01Oui,
05:01en fait,
05:01partout,
05:02il y a de la peinture,
05:03il faut préparer la surface
05:04et il y a l'opération de ponçage
05:05qui intervient.
05:06Donc,
05:07nous sommes déjà très connus en France.
05:08Nous avons déployé une centaine d'unités
05:11dans les entreprises
05:12que vous venez de citer.
05:13Nous avons commencé notre extension mondiale
05:16internationale
05:18Q3 2025.
05:21Le marché allemand
05:22a répondu très positivement
05:24puisque nous avons doublé
05:26notre prise de commande depuis.
05:28Et ensuite,
05:28à l'horizon 2028,
05:30nous irons probablement aux US
05:31et en Asie.
05:32Ça peut s'installer
05:33dans n'importe quelle usine,
05:34c'est-à-dire ces plug-and-play,
05:35c'est aussi simple que ça
05:36ou est-ce qu'il faut
05:37quand même des lignes spécifiques
05:38avec de la formation aussi,
05:40j'imagine,
05:40pour les ponceurs humains ?
05:41Oui,
05:42oui.
05:42Alors,
05:43donc ça,
05:43c'est la spécificité
05:44de notre solution.
05:45Évidemment,
05:46il faut une formation simple
05:48de sécurité
05:49qui prend à peu près une heure.
05:51Mais après cela,
05:51en fait,
05:52un opérateur sans connaissance
05:54en programmation
05:54peut le déployer
05:55en quelques minutes.
05:56Ah,
05:56c'est aussi simple que ça ?
05:57Ça prend une heure.
05:58Donc,
05:58le record que nous avons,
05:59par exemple,
06:00de la descente du camion
06:01en première utilisation
06:02dans l'usine
06:03est de 11 minutes.
06:05Ah oui.
06:05Oui,
06:05c'est rapide.
06:07C'est tout l'avantage
06:08de ce système.
06:09Merci beaucoup,
06:10Franck Gurd est venu
06:10pour nous parler
06:11d'EasyBod.
Commentaires