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  • il y a 2 mois
Nicolas Multan, directeur général d'Hemeria, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce jeudi 13 novembre. Il est revenu sur les enjeux du contrôle militaire de l'espace, dans le cadre duquel Hemeria a développé le ballon stratosphérique manœuvrant BallMan, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:008h22, retour de la matinale de l'économie sur BFM Business et sur AMC Life.
00:04L'espace est bel et bien devenu un champ de confrontation.
00:07Il ne suffit pas de regarder le ciel désormais, il faut aussi se défendre.
00:10Là où on en parle avec Nicolas Multan, bonjour, vous êtes le directeur général d'Emeria.
00:14Vous développez notamment un ballon manœuvrant stratosphérique.
00:17Est-ce que c'est le Far West dans le ciel, comme on l'entend parfois dire,
00:21de certains généraux dans l'armée qui utilisent ce terme ?
00:25Bonjour Laure. Alors je dirais plutôt que c'est l'Eldorado plutôt que le Far West.
00:29C'est-à-dire qu'aujourd'hui la THA, la très haute altitude, est effectivement un nouveau domaine
00:34entre le domaine aérien et le domaine spatial.
00:39Aujourd'hui, assez peu de gens et d'entreprises utilisent ce domaine-là.
00:43Et Emeria, avec le ballon ballman, va effectivement tenter d'utiliser cet environnement
00:50à des fins commerciales, mais aussi à des fins militaires.
00:53Oui, parce qu'il y a quand même des enjeux très forts.
00:54Quand on voit là le commandement de l'armée dans le spatial qui a été inauguré.
00:59Alors le terme exact, c'est commandement militaire chargé des questions spatiales
01:03inauguré par Emmanuel Macron.
01:04Là, vous vous dites, on prend le sujet à corps.
01:07Ça change considérablement quelque chose sur le plan business pour vous,
01:10cette évolution à Toulouse ?
01:11Alors oui, effectivement.
01:13En fait, Ballman est un ballon qui est aujourd'hui financé par le ministère de la Défense et le CNES.
01:19Nous en sommes à la troisième phase du développement, donc on est en train de l'assigner en ce moment même.
01:24On aura encore un an de développement.
01:27Et oui, les forces militaires françaises sont vraiment en attente de ce nouveau moyen
01:33qui va permettre effectivement d'être un vrai complément des satellites,
01:37notamment dans sa capacité à être persistant, c'est-à-dire d'avoir un outil
01:41qui est géostationnaire au-dessus d'un point.
01:45Et ça, c'est assez nouveau, effectivement.
01:48Mélinda, c'est quoi la position, justement, de la France et de l'Europe ?
01:51Parce qu'on sait que les Américains sont forts dans l'espace.
01:56Justement, ce commandement-là, il va changer quelque chose ?
01:59Ou c'est le fait de changer d'altitude, quelque part, qui va nous rendre compétitifs ?
02:03Alors, le commandement de l'espace, effectivement, est un organisme que nous avons,
02:08mais qui se retrouve à peu près partout dans les pays forts dans le domaine du spatial.
02:11C'est effectivement le fait de monter en altitude ou de descendre,
02:14tout dépend de là où on vient, qui va effectivement changer la donne.
02:17Et aujourd'hui, avec ce type de mission, on va pouvoir avoir de nouveaux concepts opérationnels,
02:24vraiment nouveaux, qui viennent se greffer au concept opérationnel déjà existant.
02:28Alors, comment ça marche techniquement ? Le ballon, il fait quelle taille ?
02:31Il monte et il descend comment ?
02:32Alors, c'est un ballon qui fait 21 mètres de diamètre, à peu près,
02:35qui embarque quelques dizaines de kilos de charge utile,
02:38entre 18 et 25 kilomètres d'altitude, pour une durée à peu près de 9 mois.
02:42Donc, c'est ça aussi la notion de persistance.
02:45Il est donc green, puisque finalement, une fois qu'on l'a gonflé à l'hélium,
02:48pendant 9 mois, on n'a plus du tout d'intervention dessus.
02:51Et votre question, c'était...
02:55Il monte et il descend comment ?
02:56Comment ça monte et ça descend ?
02:57Donc, on a un système de compresseur qui vient gonfler un ballonnet,
03:01qui est à l'intérieur de la grande enveloppe, elle-même gonflée à l'hélium.
03:04Le ballonnet, lui, est gonflé à l'air.
03:06Et ce système de compression vient gonfler et dégonfler le ballonnet.
03:10Le ballon monte et descend, et donc choisit, finalement, les vents,
03:14qui sont des vents contraires en stratosphère.
03:16Et il va donc maîtriser sa trajectoire ainsi.
03:20Mais donc, vous disiez, il reste à la même place, mais il peut changer de place, en vertical, en fait.
03:24Le fait d'être géostationnaire, c'est un choix de trajectoire, en l'occurrence.
03:27C'est-à-dire qu'effectivement, il va pouvoir suivre une trajectoire d'une frontière ou d'une côte,
03:33ou alors rester géostationnaire au-dessus d'un point, effectivement.
03:37Elina ?
03:38Justement, vous parlez de la durée de neuf mois.
03:41On sait qu'il y a une grande question aujourd'hui dans l'espace,
03:43c'est l'impact environnemental de tout ce qui décolle et qu'on envoie dans l'espace.
03:49Comment vous avez projeté ce problème dans l'éco-conception de votre ballon, justement ?
03:54Quelles sont les idées faites pour...
03:58Que va-t-il advenir dans neuf mois ?
04:00Comment est-ce que vous gérez ça pour éviter d'avoir trop de déchets aussi ?
04:04Alors, en fait, c'est assez simple.
04:06On l'a évidemment intégré très tôt.
04:07C'est-à-dire qu'on a une structure porteuse qui est tout l'ensemble du ballon.
04:11En dessous, on a une nacelle qui, elle, intègre toute l'avionique et les charges utiles.
04:15Et entre les deux, on a un parachute.
04:18Et donc, à un moment donné, pourquoi on dure neuf mois et pas plus ?
04:20C'est parce que le rayonnement solaire abîme l'enveloppe,
04:23un peu comme les chaises dans le jardin, clairement.
04:26Et donc, à un moment donné, elle n'est plus intègre.
04:29Donc, il faut la redescendre.
04:30Et donc, on va la dégonfler.
04:33Le parachute va prendre le relais et on va redescendre l'ensemble.
04:36On va redescendre, pardon, l'ensemble, finalement.
04:39Donc, les charges utiles, l'avionique, le ballon aussi qui n'est plus intègre.
04:42Et on récupère tout, en fait.
04:43Et on va tenter, effectivement, de piloter avec un parachute voile l'endroit où on se pose.
04:51Donc, c'est vraiment tout l'intérêt.
04:52Aussi parce qu'en situation militaire, il est évidemment peu envisageable qu'on laisse tomber le ballon du mauvais côté.
04:58Mais qu'est-ce que ça apporte comme information d'avoir ce ballon qu'un satellite ne donne pas aujourd'hui ?
05:04Ça n'apporte rien de plus en termes de type d'information.
05:08C'est-à-dire que les informations et donc les missions que vont faire Balmain,
05:11c'est des missions d'observation, de renseignement, de relais télécom ou encore de guerre électronique.
05:17Tout ça existe déjà, déjà en aéroporté, sur des drones ou sur les satellites.
05:21Mais c'est tout simplement le fait d'intervenir dans la très haute altitude,
05:25qui est un nouveau domaine de jeu, finalement, qui va permettre de compléter les missions.
05:29des systèmes d'observation de la Terre sont soit très performants et défilants,
05:36soit effectivement...
05:38C'est-à-dire qu'il peut tirer, par exemple ? Il peut envoyer des charges ?
05:43Alors, il y a effectivement des cas d'usage où on peut imaginer...
05:46Ce n'est pas les premiers cas d'usage qu'on imagine mettre en œuvre.
05:48Mais après, il faut imaginer que Balmain est une structure porteuse.
05:51Ce qu'on met en dessous, on peut être très...
05:59On met ce qu'on veut.
06:01Jusqu'à 60 tonnes.
06:03Non, non, non. 60 tonnes, ce n'est pas nous, c'est Flying Welsh.
06:05Nous, c'est quelques dizaines de kilos. C'est beaucoup, moi.
06:08Merci de la précision.
06:09Merci beaucoup, Nicolas.
06:10Multan est venu ce matin sur BFM Business.
06:12Merci à tous.
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