00:008h22, retour de la matinale de l'économie sur BFM Business et sur AMC Life.
00:04L'espace est bel et bien devenu un champ de confrontation.
00:07Il ne suffit pas de regarder le ciel désormais, il faut aussi se défendre.
00:10Là où on en parle avec Nicolas Multan, bonjour, vous êtes le directeur général d'Emeria.
00:14Vous développez notamment un ballon manœuvrant stratosphérique.
00:17Est-ce que c'est le Far West dans le ciel, comme on l'entend parfois dire,
00:21de certains généraux dans l'armée qui utilisent ce terme ?
00:25Bonjour Laure. Alors je dirais plutôt que c'est l'Eldorado plutôt que le Far West.
00:29C'est-à-dire qu'aujourd'hui la THA, la très haute altitude, est effectivement un nouveau domaine
00:34entre le domaine aérien et le domaine spatial.
00:39Aujourd'hui, assez peu de gens et d'entreprises utilisent ce domaine-là.
00:43Et Emeria, avec le ballon ballman, va effectivement tenter d'utiliser cet environnement
00:50à des fins commerciales, mais aussi à des fins militaires.
00:53Oui, parce qu'il y a quand même des enjeux très forts.
00:54Quand on voit là le commandement de l'armée dans le spatial qui a été inauguré.
00:59Alors le terme exact, c'est commandement militaire chargé des questions spatiales
01:03inauguré par Emmanuel Macron.
01:04Là, vous vous dites, on prend le sujet à corps.
01:07Ça change considérablement quelque chose sur le plan business pour vous,
01:10cette évolution à Toulouse ?
01:11Alors oui, effectivement.
01:13En fait, Ballman est un ballon qui est aujourd'hui financé par le ministère de la Défense et le CNES.
01:19Nous en sommes à la troisième phase du développement, donc on est en train de l'assigner en ce moment même.
01:24On aura encore un an de développement.
01:27Et oui, les forces militaires françaises sont vraiment en attente de ce nouveau moyen
01:33qui va permettre effectivement d'être un vrai complément des satellites,
01:37notamment dans sa capacité à être persistant, c'est-à-dire d'avoir un outil
01:41qui est géostationnaire au-dessus d'un point.
01:45Et ça, c'est assez nouveau, effectivement.
01:48Mélinda, c'est quoi la position, justement, de la France et de l'Europe ?
01:51Parce qu'on sait que les Américains sont forts dans l'espace.
01:56Justement, ce commandement-là, il va changer quelque chose ?
01:59Ou c'est le fait de changer d'altitude, quelque part, qui va nous rendre compétitifs ?
02:03Alors, le commandement de l'espace, effectivement, est un organisme que nous avons,
02:08mais qui se retrouve à peu près partout dans les pays forts dans le domaine du spatial.
02:11C'est effectivement le fait de monter en altitude ou de descendre,
02:14tout dépend de là où on vient, qui va effectivement changer la donne.
02:17Et aujourd'hui, avec ce type de mission, on va pouvoir avoir de nouveaux concepts opérationnels,
02:24vraiment nouveaux, qui viennent se greffer au concept opérationnel déjà existant.
02:28Alors, comment ça marche techniquement ? Le ballon, il fait quelle taille ?
02:31Il monte et il descend comment ?
02:32Alors, c'est un ballon qui fait 21 mètres de diamètre, à peu près,
02:35qui embarque quelques dizaines de kilos de charge utile,
02:38entre 18 et 25 kilomètres d'altitude, pour une durée à peu près de 9 mois.
02:42Donc, c'est ça aussi la notion de persistance.
02:45Il est donc green, puisque finalement, une fois qu'on l'a gonflé à l'hélium,
02:48pendant 9 mois, on n'a plus du tout d'intervention dessus.
02:51Et votre question, c'était...
02:55Il monte et il descend comment ?
02:56Comment ça monte et ça descend ?
02:57Donc, on a un système de compresseur qui vient gonfler un ballonnet,
03:01qui est à l'intérieur de la grande enveloppe, elle-même gonflée à l'hélium.
03:04Le ballonnet, lui, est gonflé à l'air.
03:06Et ce système de compression vient gonfler et dégonfler le ballonnet.
03:10Le ballon monte et descend, et donc choisit, finalement, les vents,
03:14qui sont des vents contraires en stratosphère.
03:16Et il va donc maîtriser sa trajectoire ainsi.
03:20Mais donc, vous disiez, il reste à la même place, mais il peut changer de place, en vertical, en fait.
03:24Le fait d'être géostationnaire, c'est un choix de trajectoire, en l'occurrence.
03:27C'est-à-dire qu'effectivement, il va pouvoir suivre une trajectoire d'une frontière ou d'une côte,
03:33ou alors rester géostationnaire au-dessus d'un point, effectivement.
03:37Elina ?
03:38Justement, vous parlez de la durée de neuf mois.
03:41On sait qu'il y a une grande question aujourd'hui dans l'espace,
03:43c'est l'impact environnemental de tout ce qui décolle et qu'on envoie dans l'espace.
03:49Comment vous avez projeté ce problème dans l'éco-conception de votre ballon, justement ?
03:54Quelles sont les idées faites pour...
03:58Que va-t-il advenir dans neuf mois ?
04:00Comment est-ce que vous gérez ça pour éviter d'avoir trop de déchets aussi ?
04:04Alors, en fait, c'est assez simple.
04:06On l'a évidemment intégré très tôt.
04:07C'est-à-dire qu'on a une structure porteuse qui est tout l'ensemble du ballon.
04:11En dessous, on a une nacelle qui, elle, intègre toute l'avionique et les charges utiles.
04:15Et entre les deux, on a un parachute.
04:18Et donc, à un moment donné, pourquoi on dure neuf mois et pas plus ?
04:20C'est parce que le rayonnement solaire abîme l'enveloppe,
04:23un peu comme les chaises dans le jardin, clairement.
04:26Et donc, à un moment donné, elle n'est plus intègre.
04:29Donc, il faut la redescendre.
04:30Et donc, on va la dégonfler.
04:33Le parachute va prendre le relais et on va redescendre l'ensemble.
04:36On va redescendre, pardon, l'ensemble, finalement.
04:39Donc, les charges utiles, l'avionique, le ballon aussi qui n'est plus intègre.
04:42Et on récupère tout, en fait.
04:43Et on va tenter, effectivement, de piloter avec un parachute voile l'endroit où on se pose.
04:51Donc, c'est vraiment tout l'intérêt.
04:52Aussi parce qu'en situation militaire, il est évidemment peu envisageable qu'on laisse tomber le ballon du mauvais côté.
04:58Mais qu'est-ce que ça apporte comme information d'avoir ce ballon qu'un satellite ne donne pas aujourd'hui ?
05:04Ça n'apporte rien de plus en termes de type d'information.
05:08C'est-à-dire que les informations et donc les missions que vont faire Balmain,
05:11c'est des missions d'observation, de renseignement, de relais télécom ou encore de guerre électronique.
05:17Tout ça existe déjà, déjà en aéroporté, sur des drones ou sur les satellites.
05:21Mais c'est tout simplement le fait d'intervenir dans la très haute altitude,
05:25qui est un nouveau domaine de jeu, finalement, qui va permettre de compléter les missions.
05:29des systèmes d'observation de la Terre sont soit très performants et défilants,
05:36soit effectivement...
05:38C'est-à-dire qu'il peut tirer, par exemple ? Il peut envoyer des charges ?
05:43Alors, il y a effectivement des cas d'usage où on peut imaginer...
05:46Ce n'est pas les premiers cas d'usage qu'on imagine mettre en œuvre.
05:48Mais après, il faut imaginer que Balmain est une structure porteuse.
05:51Ce qu'on met en dessous, on peut être très...
05:59On met ce qu'on veut.
06:01Jusqu'à 60 tonnes.
06:03Non, non, non. 60 tonnes, ce n'est pas nous, c'est Flying Welsh.
06:05Nous, c'est quelques dizaines de kilos. C'est beaucoup, moi.
06:08Merci de la précision.
06:09Merci beaucoup, Nicolas.
06:10Multan est venu ce matin sur BFM Business.
06:12Merci à tous.
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