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  • il y a 10 heures
Les biodéchets représentent 32 % des ordures ménagères en France. Pour la planète, les trier fait donc la différence. Tout le monde n’a pourtant pas encore pris le réflexe, alors que le tri est devenu une obligation légale depuis 2024. Hector le Collector offre une solution aux entreprises et collectivités pour leur faciliter ce geste.

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Transcription
00:05L'invité de ce Smart Impact, c'est Méline Solanacruz, bonjour.
00:10Bonjour.
00:10Bienvenue, vous êtes responsable développement commercial d'Hector le Collector.
00:14Alors c'est quoi Hector le Collector ? Présentez-nous l'entreprise.
00:17Hector le Collector, c'est une entreprise qui est née en 2020 à Toulouse.
00:22C'est le fruit de deux personnes, donc de Valentin et Quentin,
00:25qui ont pris à bras-le-corps la gestion des biodéchets alimentaires au sein des collectivités, des entreprises.
00:33Puisque la question majeure, c'était que deviennent nos biodéchets aujourd'hui ?
00:38La plupart sont dans les ordures ménagères classiques.
00:41C'est incinéré, alors que les biodéchets, c'est 80% d'eau.
00:46Donc on dépense de l'énergie pour brûler de l'eau.
00:50C'est absurde.
00:51Ce qui est absurde, absolument.
00:53Et donc, cette idée est née en 2020.
00:56On est arrivés à Paris assez récemment.
00:59On est dans cinq grandes villes en France.
01:01Et on fait de la collecte dans un cadre hyper urbain, en mobilité douce,
01:06avec nos bacs de 35 titres.
01:10Et ensuite, on valorise ces biodéchets par le biais notamment de la méthanisation.
01:15Alors, on va rentrer dans le détail, peut-être rappeler le cadre réglementaire.
01:19Ce tri des biodéchets, des déchets alimentaires, il est obligatoire depuis deux ans.
01:25Ils peuvent être valorisés soit en compost, effectivement, soit en biogaz par méthanisation.
01:29Il y a environ 32% de nos déchets, de nos ordures ménagères qui sont des biodéchets et qui finissent
01:36encore souvent.
01:37Alors là, je parle des particuliers, mais c'est vrai aussi des entreprises et des collectivités dans les poubelles classiques.
01:43Pourquoi ?
01:44Il y a plusieurs raisons à ça.
01:46Déjà, il y a une grande disparité entre les cadres urbains et le cadre rural,
01:51puisque la plupart du temps, dans un cadre rural, on va avoir un composteur, notamment.
01:58Donc, dans le cadre rural, la plupart du temps, les biodéchets vont être réutilisés au sein même du domicile.
02:05D'ailleurs, dans l'ADEME, il y a une des parties qui est assez marrante, puisqu'on parle de nourrir
02:09les poules.
02:09Alors oui, évidemment, on a toujours cette habitude.
02:13Dans le cadre urbain, c'est différent, c'est beaucoup plus complexe.
02:17Il y a des points d'apport volontaire qui ont émergé suite, justement, au renforcement de la loi AGEC.
02:23Mais on se rend compte aujourd'hui que les points d'apport volontaire sur rue ne sont pas encore hyper
02:29efficaces.
02:30C'est par rentrer dans les habitudes, dans les mœurs ?
02:32Non, c'est compliqué.
02:34Le sondage parle de gens qui y sont sensibilisés malgré tout au réel, au pourcentage capté.
02:40On se rend compte qu'il y a encore une grande disparité.
02:43Ça vient de plusieurs éléments.
02:44Je pense que dans un premier temps, il y a un manque de sensibilisation sur le sujet.
02:49Pour les particuliers, ne serait-ce que de leur dire
02:52« Voilà, on a un point d'apport volontaire qui n'est pas loin et donc vous pouvez y poser
02:55les biodéchets ».
02:56Pour les professionnels, c'est différent.
02:58Ils ne peuvent pas se reposer sur ce point d'apport volontaire puisqu'ils doivent justifier
03:03de tickets de pesée pour justifier de la bonne valorisation, justement, de leurs biodéchets alimentaires.
03:08Donc là, c'est encore un cadre qui est différent pour eux.
03:12Et alors, quand vous, vous démarchez des professionnels, des entreprises, peut-être aussi d'ailleurs des collectivités,
03:19mais quels arguments vous employez pour les convaincre ?
03:24Parce qu'il y a la loi, mais manifestement, elle ne s'applique pas encore suffisamment.
03:28On a plusieurs points.
03:30Alors nous, dans un premier temps, on a une logique qui n'est absolument pas moralisatrice.
03:34On est sur une notion de pédagogie et de sensibilisation.
03:38Je pense que c'est le plus important aujourd'hui.
03:41Et donc, quand on vient vers les entreprises, on a plusieurs points.
03:47Dans un premier temps, moi, ce que je mets en avant, c'est le fait qu'aujourd'hui,
03:51on a ce tri, cette valorisation qui est obligatoire.
03:55Évidemment, il y a le volet légal, mais également la sensibilité de chacun sur le sujet
04:02et l'argument principal, moi, que je mets en avant, qui est une logique factuelle aujourd'hui,
04:09c'est en effet de se dire que est-ce qu'on peut continuer résolument
04:14à laisser passer cette énergie potentielle par le biais de la méthanisation ?
04:19Est-ce qu'on peut laisser passer sur ces 12 millions de tonnes de déchets alimentaires
04:24qu'il y a en France sur 2023 ?
04:27Est-ce qu'on peut se permettre de se dire
04:28que ces 12 millions de tonnes peuvent représenter 12 millions de kilowatts heure ?
04:34Il ne faut pas les laisser passer.
04:36Et donc, je les sensibilise à la fois sur l'importance de la valorisation des biodéchets
04:42et en même temps sur le rappel du cadre de la loi AGEC.
04:47Pour faire de la pédagogie, vous utilisez quoi ? Quels arguments ?
04:51Il faut être plutôt dans le jeu, dans le ludique ?
04:53Plutôt dans, effectivement, la liste d'arguments, un peu des deux ?
04:59Non, pas de liste d'arguments particulières.
05:03La plupart, c'est vraiment de la sensibilisation, ce qui signifie que,
05:07par exemple, quand j'arrive dans une entreprise,
05:09la plupart du temps, on accompagne dès le début.
05:12C'est-à-dire que, quand on vient poser un bac, on ne fait pas que poser un bac
05:17et se dire « Ok, très bien, c'est là, à la semaine prochaine, on passe les collectés ».
05:20On a aussi, et ça, c'est quelque chose que je porte énormément dans cette philosophie,
05:27c'est de leur proposer un temps de sensibilisation pour que les collaborateurs puissent prendre le bon geste
05:36et ne pas le rendre…
05:38Ce n'est pas leur dire « Si vous ne le faites pas, ce n'est pas bien ».
05:40Oui, on n'est pas dans la culpabilisation.
05:42Exactement, c'est leur dire « C'est important de le faire et de mettre en avant les enjeux ».
05:48Et donc, nous, on propose un petit burger quiz, par exemple,
05:51qui est autour des déchets et de l'écologie,
05:55de manière à proposer un temps d'échange.
05:57Un jeu, hein ?
05:58Oui, oui, oui, tout à fait.
05:59Ceux qui ne connaissent pas, vous jouez le rôle d'Alain Chabat,
06:01vous êtes le maître du jeu, la presse du jeu, c'est ça, poser les questions ?
06:05Alors, je ne dirais jamais que j'ai autant de talent qu'Alain Chabat,
06:10mais j'aime beaucoup, en effet, ce côté ludique et somatique.
06:15Et ça marche mieux ?
06:15C'est-à-dire que vous voyez qu'ensuite, ça infuse, en quelque sorte,
06:20dans l'esprit des collaborateurs, c'est ça ?
06:21Absolument, et on se rend compte aussi que,
06:23par des questions très simples sur quelle est la deuxième industrie la plus polluante, etc.
06:29On se rend compte que, la plupart du temps,
06:31les gens sont soit en maîtrise du sujet, donc ils sont sensibles,
06:35soit sont en pleine découverte, et il y a beaucoup de surprises.
06:38Beaucoup de surprises de leur part,
06:40des choses auxquelles ils ne s'attendent pas.
06:41Dans la filière, qu'est-ce qu'ils deviennent ?
06:43Ils sont méthanisés, ensuite, ces biodéchets ?
06:47C'est quoi leur parcours, en quelque sorte ?
06:49Le parcours est très simple. Dans un premier temps, on a la personne qui fait son tri.
06:54Le tri est fait, il y a une collecte qui est effectuée, et ensuite ça part auprès du méthaniseur.
07:01Le méthaniseur, lui, c'est une cuve dans laquelle vous allez avoir une atmosphère qui est contrôlée,
07:08et la décomposition des biodéchets va générer du méthane qui va être capté et réinjecté dans le circuit du gaz
07:17de ville.
07:18Et, à l'issue également, et ça c'est intéressant de le souligner,
07:23à l'issue de cette décomposition, on récupère également le digesta,
07:26et le digesta va servir à faire de l'épandage.
07:29Donc, notamment, pour les agriculteurs, c'est un avantage aussi.
07:32Il y a un retour à la terre et une énergie qui est générée.
07:35Vous êtes déployé dans combien de villes aujourd'hui ?
07:37Aujourd'hui, on est dans cinq villes en France, et on arrive dans cinq nouvelles villes.
07:43Je pourrais vous les mentionner, mais on est évidemment à Paris, parce que c'est moi qui m'en occupe.
07:48Nous sommes à Toulouse, nous sommes à New York, nous sommes à Montpellier, nous sommes à Nîmes,
07:52nous arrivons à Marseille, à Bordeaux, à Nantes, à Lille également.
07:56Est-ce que vous voyez des disparités, c'est pour ça que je vous pose la question,
08:00c'est-à-dire que des endroits où c'est plus difficile de convaincre,
08:06où il y a beaucoup plus de retard à rattraper,
08:08ou est-ce que finalement c'est assez homogène région par région ?
08:13Je trouve qu'il n'y a pas de microclimat.
08:15Il y a par contre des sensibilités qui sont différentes.
08:19On se rend compte qu'à Paris, il y a quand même une sensibilité qui est accrue sur le sujet.
08:24Dans certaines villes, c'est un petit peu plus complexe,
08:27mais par contre, au niveau des infrastructures, c'est quasi similaire.
08:33C'est quasi similaire, mais après, comme le rapport de l'ADEME le soulignait,
08:40par région, on a une sensibilisation qui est plus ou moins accrue,
08:44et on a aussi tout simplement la manière dont les habitations changent ça.
08:50C'est une obligation légale, ok, mais ça coûte cher aux entreprises ?
08:53Et cette notion, ça peut être un frein justement au développement de ce tri des biodéchets ?
08:58Toute source de dépenses aujourd'hui est un frein, quelle qu'elle soit.
09:02Et quel que soit le secteur d'ailleurs, c'est toujours un frein pour une entreprise qui est une dépense.
09:09Ce qu'il faut voir derrière, c'est qu'il y a un effet de bascule,
09:12puisqu'on diminue le volume des ordures ménagères.
09:16Donc le volume d'OMR étant diminué, de facto, il y a une compensation qui se fait.
09:21On paye moins de volume d'ordures ménagères,
09:23et on a ce circuit de biodéchets qui apporte de la valorisation.
09:27Donc en effet, c'est un coût pour les entreprises.
09:30Dire que ce serait gratuit, ce serait mentir,
09:32parce que sinon on aurait un petit peu de mal à aller collecter les biodéchets.
09:36Vous-même, l'entreprise n'existerait plus.
09:38Exactement.
09:39Mais le coût est modeste,
09:42eut égard à ce que ça apporte en général,
09:45et à l'économie sur les OEM.
09:46Un dernier mot, parce qu'il y a les entreprises,
09:48et puis il y a aussi les événements.
09:51Vous proposez aussi des services de collecte de biodéchets sur les événements.
09:55Ça doit être différent, particulier quand même ?
09:57C'est différent, mais c'est tout aussi passionnant.
10:00Pour une raison simple, c'est qu'on se rend compte que la plupart du temps,
10:05sur les événements, le tri des déchets est plutôt complexe à faire,
10:09et passe souvent au second plan.
10:11Donc on accompagne les organisateurs d'événements,
10:15aussi sur ces collectes des biodéchets, et pas que,
10:20mais ça nous permet justement aussi d'aider,
10:23par le biais d'outils à la fois de quantification et de suivi,
10:31et notre présence, d'améliorer ce tri des déchets,
10:35puisqu'on se rend compte que c'est souvent assez complexe sur les événements.
10:39Sur les événements.
10:40Effectivement, merci Méline Solanacouz,
10:42et à bientôt sur Be Smart for Change.
10:44On passe tout de suite à notre débat,
10:45le bilan carbone du secteur de la santé.
10:47C'est parti !
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