- il y a 6 semaines
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journélie.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Continuer les affaires politiques, on va s'intéresser de nouveau à ce qui se passe à gauche après ces élections
00:07municipales.
00:08Jean-Luc Mélenchon est devenu le boulet de la gauche. Qui le dit ? Ça c'est Olivier Faure, le
00:11premier secrétaire du Parti Socialiste.
00:13Du côté de la France Insoumise, Emmanuel Bompard par exemple, voit plutôt une gauche de rupture qui est renforcée par
00:18les élections.
00:19On va en débattre, mais d'abord on écoute.
00:21Jean-Luc Mélenchon est devenu aujourd'hui le boulet de la gauche.
00:25Si Damien Maudet à Limoges et si François Picmal à Toulouse n'avait pas dû supporter le poids de Jean
00:33-Luc Mélenchon,
00:34de ses outrances, de ses dérives antisémites, ils auraient gagné à Toulouse et à Limoges.
00:40La vérité c'est que ceux qui ont largement baissé au premier tour dans les villes dont on est en
00:44train de parler,
00:45c'est les listes dites d'Union, du PS, de LV, etc.
00:48Le repoussoir dans ces villes, le boulet dans ces villes, ceux qui ont fait perdre ces villes à la gauche,
00:53pardon, mais c'est les maires sortants du Parti Socialiste qui ont pris une raclée historique au premier tour.
01:00Donc on va en discuter bien sûr dans le signé Consigny avec Charles Consigny, bonsoir.
01:04Bonsoir.
01:05Et puis nous sommes avec Raquel Garrido qui est avec une ancienne députée France Insoumise,
01:08confondatrice du mouvement après.
01:10Bonsoir Raquel Garrido.
01:11Bonsoir.
01:11– Avant de nous lancer dans la discussion, on va reprendre quand même un peu ce qui s'est passé
01:15dans cette élection municipale.
01:18Avec vous Elisa Trannin, bonsoir.
01:19– Bonsoir.
01:19– Quel bilan tiré des fusions de listes PS-LFI ? On fait le point.
01:23– Eh bien commençons par les villes où l'alliance LFI-PS a fonctionné.
01:28Si l'on se base sur les huit villes de plus de 100 000 habitants
01:31où il y a une fusion entre les socialistes, les écologistes et la France Insoumise,
01:35eh bien la moitié de ces listes l'a emportée selon les comptes de Manuel Bompard que l'on vient
01:39d'entendre.
01:40C'est le cas pour la fusion technique de Grégory Doucet à Lyon,
01:44mais aussi à Grenoble, à Tours et à Nantes, comme vous le voyez sur cette carte.
01:49Mais ces mariages PS-LFI n'ont pas tous été aussi heureux, loin de là.
01:54Exemple à Toulouse et à Limoges qui avaient choisi de placer un insoumis en tête de liste.
02:00Pari perdu pour François Picmal et Damien Modé.
02:05Et puis certains fiefs historiques de la gauche ont même basculé à droite.
02:09Alors que les candidats PS et LFI avaient fait liste commune.
02:13C'est le cas, vous le voyez, sur cette carte à Avignon, à Brest, à Clermont-Ferrand ou encore à
02:19Tulle.
02:19À Tulle où le maire sortant est un proche de François Hollande.
02:22François Hollande fervent opposant aux accords avec les insoumis.
02:26Eh bien le maire avait tout de même fait le choix de fusionner avec les communistes, les écologistes et LFI.
02:31Et ça n'a pas fonctionné.
02:32Alors finalement, ceux qui ont choisi de ne pas s'allier s'en sortent le mieux ?
02:35Exactement.
02:37À Paris, à Marseille, à Rennes, à Montpellier, à Lille.
02:40Dans toutes ces villes où les têtes de liste socialistes ont refusé de fusionner avec LFI,
02:46eh bien la stratégie s'est avérée payante.
02:49Puisqu'Emmanuel Grégoire, Benoît Payan, Nathalia Perret, Mickaël Desfosses ou Arnaud Deslandes l'ont tous emporté.
02:55Et puis il y a ce cas particulier à Strasbourg.
02:58La candidate socialiste Catherine Trottmann, soutenue par un candidat Horizon,
03:04a gagné face à une union insoumise écologiste menée par la maire sortante Jeanne Barseille.
03:10Merci Elisa Trenin.
03:11Alors Charles Consigny, qui est le boulet de qui ?
03:13Moi je pense qu'on prend toujours les électeurs.
03:17Les hommes politiques ont tendance à prendre les électeurs pour des jambons
03:20et à penser qu'ils ne vont pas regarder le détail des choses
03:24et que, somme toute, il suffira d'avoir la bonne étiquette pour recueillir les suffrages.
03:30Ce qu'on voit, c'est que là, il y a clairement un échec des listes
03:35dans lesquelles il y avait cet alliage France Insoumise, Parti Socialiste,
03:39sauf quelques exceptions qui viennent d'être rappelées.
03:42Mais sinon, effectivement, Poitiers-Besançon passe à droite,
03:46Brest-Clairmont-Ferrand-Tulle, pareil,
03:49Limoges et Avignon et Toulouse ne sont pas conquises par la gauche assemblée,
03:55alors qu'effectivement, les électeurs font la différence
03:57et ont fait passer Emmanuel Grégoire, Benoît Payan,
04:01quelques maires comme ça qui n'avaient pas fait cette alliance.
04:04Donc ils regardent les choses.
04:05Moi, ce que je pense, c'est que la France Insoumise,
04:08elle était, sur le plan national, un bon réacteur pour la gauche
04:12parce qu'il y a une certaine forme de radicalité et de sens du combat
04:17qui pouvait aider la gauche.
04:19Mais je pense que la diodonisation récente de Jean-Luc Mélenchon
04:23et les violences physiques sur Quentin Durand,
04:30qui en est mort, émanant de membres de la Jeune Garde,
04:33ont, à mon avis, diabolisé à juste raison la France Insoumise
04:38et ont donc éloigné beaucoup d'électeurs de ce parti.
04:41Donc je crois que si la gauche sociale démocrate, comme on dit,
04:45parvient à dégager un candidat, elle peut faire son beurre de cette diabolisation.
04:51Je pense que le nouveau Front National, un peu, il y a un phénomène
04:54de Front Nationalisation de la France Insoumise.
04:56– Raquel Garrido ?
04:58– Oui, bon, alors on sait que les macronistes, la droite, l'extrême droite,
05:03adorent tellement la gauche qu'ils en veulent deux.
05:05Et c'est d'ailleurs le rêve, le rêve notamment des macronistes,
05:09c'est que la gauche arrive divisée à l'élection présidentielle,
05:13arrive divisée en deux blocs,
05:15qui garderait, dans la thèse un peu fantasmagorique des macronistes,
05:19de taille analogue, on va dire 10-10, 11-11,
05:23permettant du coup à un macroniste, plouf, de se faire un chemin au second tour.
05:27Bon, je vous dis tout de suite, ça n'arrivera pas.
05:29Ça n'arrivera pas.
05:30Il n'y aura pas deux blocs de gauche de force analogue à l'élection présidentielle.
05:34La première chose, c'est qu'il y aura un vote utile à gauche.
05:37Et on l'a vu, et ça s'est vu de façon extrêmement claire
05:40lors des élections municipales.
05:42Le cas le plus frappant étant Paris,
05:44où au final, l'union de la gauche portée par Emmanuel Grégoire
05:47fait six fois plus, six fois plus que Sophia Shikiru,
05:51qui n'atteint même pas les huit points.
05:54Donc, l'électrice et l'électeur de gauche,
05:56quand il craint l'arrivée de la droite,
05:58et alors encore plus l'extrême droite,
06:00ce qui sera le cas à la présidentielle,
06:02ne se trompent pas de boussole, vote utile.
06:05Et ce qu'on a vu à cette municipale,
06:06c'est que malgré les désirs intenses de Shikaya
06:10que l'on peut voir effectivement dans les états-majors
06:13du Parti Socialiste et de la France Insoumise,
06:16les électrices et les électeurs,
06:17eux, ils ont choisi.
06:18Ils ont mis systématiquement l'union de la gauche devant.
06:21Voilà, devant.
06:22Et c'est comme ça d'ailleurs qu'on a gagné quelques villes.
06:24Parce que moi, ce qui m'intéresse,
06:25c'est ce qu'on a gagné sur la droite.
06:29À gauche, sur la droite.
06:30Ça, c'est très intéressant pour la suite.
06:32Vous allez y venir.
06:33On a gagné Pau.
06:34Avec la sagesse.
06:35Regardez, on a gagné Pau.
06:37Alors là, c'est l'union de la gauche,
06:39l'union de la gauche, tête de liste PS.
06:40On a gagné Nîmes.
06:42L'union de la gauche, tête de liste PC.
06:44On a gagné, pour prendre au bon lieu de palaises parisiennes,
06:46Villepinte, union de la gauche, tête de liste écolo.
06:49Il y a en fait des configurations différentes.
06:52Mais au global,
06:53alors de temps en temps même,
06:54on a des configurations avec union totale du NFP
06:57dès le premier tour.
06:58Ça, c'est Bergerac.
06:59C'est Agen.
06:59Y compris avec la France Insoumise.
07:01Des fois, des alliances avec la France Insoumise
07:02au second tour.
07:02Oui, mais ça, c'est le bilan des municipales.
07:04Mais qu'est-ce qui va se passer ?
07:05C'est les élections des municipales.
07:07C'est la présidentielle.
07:10qui va occuper, qui sera le co-motiv, qui sera le co-motiv.
07:12Moi, je pense que l'union de la gauche
07:13avec l'idée d'une candidature commune,
07:16l'idée d'une candidature commune à gauche va...
07:19Oui.
07:20Vous y croyez encore, votre maire ?
07:20Oui, absolument.
07:21Mais plus que jamais.
07:22Plus que jamais.
07:23Parce que je pense que le chemin solitaire de Jean-Luc Mélenchon...
07:26Jean-Luc Mélenchon n'en veut pas
07:27et Raphaël Guzman n'en veut pas.
07:28D'accord, sauf qu'ils n'ont rien démontré
07:29dans les urnes municipales.
07:31Moi, ce que je vois...
07:32Au contraire, leur ligne, elle échoue.
07:34C'est pas ce que dit Raphaël Guzman.
07:35Au contraire, il dit que...
07:36Mais où il a gagné une ville tout seul,
07:38Raphaël Guzman ?
07:39On voit bien la stratégie.
07:41C'est d'affronter l'extrême droite au second tour
07:44et d'espérer une espèce de mobilisation
07:47contre l'extrême droite.
07:48On nous refait le coup de...
07:50C'est soit nous, soit les fascistes, etc.
07:53C'est un peu...
07:54C'est la France qui est comme ça,
07:56avec l'extrême droite à 40%.
07:58C'est votre seul...
07:59Oui, mais posez-vous des questions.
08:01Mais ça ne suffit pas, je suis d'accord avec vous.
08:02Posez-vous des questions.
08:03Ça ne suffit pas.
08:03Moi, déjà, un, je ne suis pas sûr
08:06que si vous êtes face au Rassemblement national,
08:08vous bénéficierez d'un quelconque front républicain.
08:11Parce que je pense que la ficelle sera trop grosse.
08:14Et deux, je pense que parier sur l'assèchement
08:17des autres candidats
08:19et avoir cette espèce de stratégie de la terre brûlée,
08:22je trouve ça discutable.
08:23Mais surtout, trois, moi, en réalité, sur le fond,
08:26je ne fais pas de vraies différences
08:28entre la gauche dite républicaine
08:30et la gauche insoumise.
08:32Pour moi, ce sont les mêmes
08:34qui portent les mêmes mesures
08:36de destruction de notre pays.
08:38Je pense que, par exemple,
08:40les 35 heures ont durablement tué le travail en France,
08:44ont durablement abîmé notre économie.
08:46Je pense que la légende...
08:47Je pense à Lionel Jospin qui nous a quittés
08:49et qui était l'homme des 35 heures.
08:51Enfin, c'était Martine Aubry, mais c'était sous son...
08:53Enfin, c'était lui le Premier ministre.
08:54C'est lui qui portait le programme.
08:55Et c'était, en tout cas, une figure de...
08:56J'ai du respect pour sa figure,
08:57mais je pense que les mesures prises par la gauche en France,
09:01elles sont ce qui nous plombent durablement.
09:05C'est-à-dire la surtaxe sur les salaires,
09:08la surréglementation du travail,
09:10la retraite à 60 ans,
09:12toutes ces mesures phares de la gauche,
09:15je pense que c'est ce qui nous plombe.
09:16Donc, moi, que ce soit les insoumis,
09:18que ce soit les écolos
09:20ou que ce soit les socialistes,
09:21pour moi, ça ne change pas grand-chose.
09:24Mais là où je pense que...
09:25Là où je pense que...
09:27Mélenchon a, à mon avis, une petite chance,
09:29c'est que la gauche sociale-démocrate,
09:31et j'en termine par là,
09:32n'arrive pas à faire émerger un vrai candidat charismatique.
09:35On voit bien, ça se joue entre Glucksmann et Hollande.
09:37Hollande, pour lequel les gens ont déjà voté une première fois
09:40et pour lequel ils auront, à mon avis,
09:42beaucoup de mal à revoter,
09:43contrairement à ce qu'ils pensent, lui et son entourage.
09:45Et Glucksmann, qui, à mon avis, n'a pas les épaules,
09:47tout simplement, pour être président de la République.
09:49Donc, je pense que Mélenchon a de beaux jours devant lui, à gauche.
09:52Alors, je suis 100% d'accord avec vous
09:54sur le profil de Glucksmann.
09:56Hollande, à mon avis, n'ont pas de chemin.
09:57Il n'y a pas, dans ce pays, de nostalgie
09:59de l'époque de François Hollande.
10:01Et ça ne ressort pas des urnes.
10:03As-tu le candidat de Hollande perdu ?
10:06Il y avait une commune de place publique.
10:09Ils ont perdu.
10:10Il n'y a pas, à mon avis, ce chemin-là,
10:11il est fermé.
10:12Quiz du chemin Mélenchonien.
10:14Enfin, il est fermé.
10:15Benoît Payan, à Marseille,
10:17il est sur cette ligne-là, il gagne.
10:18Non, pas du tout.
10:19Emmanuel Grégoire, à Paris,
10:21est sur cette ligne-là, il gagne.
10:21Benoît Payan, je vous invite à lire son interview
10:23dans Le Monde aujourd'hui,
10:24n'est pas du tout sur cette ligne-là.
10:25Il est sur une ligne d'union de la gauche.
10:28Sans et les filles.
10:29Il a rejeté complètement De Logu et LFC.
10:31Sans et les filles.
10:31D'accord, les amis.
10:32Non, mais non, votre union de la gauche,
10:33qu'on comprenne bien,
10:34parce que vous dites l'union de la gauche,
10:35mais c'est sans et les filles.
10:36D'ailleurs, moi, si j'étais Payan,
10:38je penserais à la présidentielle.
10:39Alors, l'union de la gauche.
10:40Emmanuel Laguerre également.
10:41L'union de la gauche,
10:42mais je reviendrai à la question du chemin...
10:44Je reviendrai à la question du chemin Mélenchoniste,
10:46parce que je pense que c'est quand même pas rien
10:48le fait que la France insoumise
10:51ait été confrontée à ce que j'ai appelé en son temps
10:54l'effet Villeneuve-Saint-Georges.
10:56D'accord ?
10:56C'est un problème pour toute la gauche
10:58lorsque, comme on l'a vu par exemple
11:00à Limoges ou à Toulouse,
11:01alors c'était des villes de conquête.
11:03Attention, il ne s'agissait pas
11:04ni de garder une ville à gauche,
11:05ni de laisser la piquer au sein de la gauche.
11:07C'était vraiment l'idée d'aller prendre en face.
11:08Mais ça n'a pas marché,
11:09parce qu'il y a eu ce qu'on a appelé
11:11l'effet Villeneuve-Saint-Georges.
11:13C'est-à-dire, quand bien même
11:14votre fusion à gauche,
11:15elle marche à peu près,
11:17vous fouettez l'électorat en face
11:18de façon si forte
11:20que du coup, hop,
11:21sorte de terre une réaction de gens
11:23qui disent
11:23on ne veut pas un maire France Insoumise.
11:26Ça, c'est un problème
11:26non seulement pour Jean-Luc Mélenchon,
11:28mais par capillarité pour toute la gauche.
11:30Donc, je dis attention,
11:32aujourd'hui, je ne vois pas
11:33comment on peut inférer
11:34du résultat dans les urnes
11:36que Jean-Luc Mélenchon,
11:37tranquillement, il va devenir
11:40candidat logique ou naturel
11:41ou porteur au premier tour.
11:43Mais pour ce qui est du côté
11:45Union de la gauche,
11:47effectivement,
11:48il y a un premier périmètre,
11:49c'est le périmètre Bagneux.
11:50Qui existe déjà.
11:51Donc, Lucie Castex
11:52qui a lancé cette idée
11:53de primaire de la gauche,
11:55de candidature commune.
11:56Avec quel candidat ?
11:57Clémentine Autain ?
11:58Mais Clémentine Autain ?
12:00François Ruffin ?
12:00C'est le second rôle.
12:01Vous aurez d'ailleurs tout à l'heure,
12:02Jean-Marc Covell va interviewer tout à l'heure.
12:04Marine Tondelier, son candidat.
12:06Mais ce n'est pas sérieux Tondelier ?
12:07Vous avez vu son bilan au municipal ?
12:09Mais pardon.
12:09Marine Tondelier,
12:10il faut qu'elle fasse son examen professionnel.
12:13Il faut qu'elle fasse un bilan de compétences,
12:14là, à ce stade.
12:15Pardon, mais d'abord,
12:17les écolos ont quand même
12:21ils sont perdants quand même.
12:22Mais ce qu'on demande, pardon,
12:23mais ce qu'on demande aujourd'hui
12:25au chef de la gauche,
12:27c'est de tracer un chemin de victoire.
12:30C'est tout.
12:30Mais vous, les gens que vous citez
12:31ne sont pas des chefs.
12:33C'est des personnalités.
12:34Ah bon, le nouveau franc populaire ?
12:35Mais le nouveau franc populaire,
12:36il n'existe pas.
12:37S'il n'y a pas Marine Tondelier,
12:38s'il n'y a pas les insoumis unitaires,
12:40il n'existe pas le nouveau populaire.
12:42Je rappelle quand même
12:42que c'est François Ruffin
12:43qui, le soir du premier tour
12:45des européens...
12:46Ce ne sont pas des chefs,
12:47pour l'instant de la gauche.
12:48Ce sont des personnalités.
12:49Bien sûr que oui.
12:50Pardon ?
12:50Pardon ?
12:51Quel leadership ?
12:52Alors du coup,
12:53selon vous...
12:55On parlait de Lionel Jospin,
12:57Lionel Jospin était un leader.
12:58D'un, de la gauche plurielle.
13:01Oui, c'était un vrai leader
13:02avec une autorité.
13:03Il était premier secrétaire
13:04du Parti Socialiste.
13:05À l'époque, les écologistes...
13:06Ce que je vois,
13:06Madame Garrido,
13:08moi je vois un autre élément
13:10dans le résultat
13:11de ces municipales,
13:12c'est qu'on est toujours
13:14sur l'analyse
13:15qu'avait faite Eranova en 2012
13:17pour faire gagner François Hollande
13:18de notre pays.
13:20C'est-à-dire que les bobos
13:21des grandes villes
13:22votent éventuellement
13:23pour les candidats socialistes
13:24ou écologistes.
13:25Donc Doucet à Lyon,
13:27Grégoire à Paris,
13:28Payan à Marseille.
13:29Mais en revanche,
13:30dans le reste du pays,
13:31la droite, en réalité,
13:32remporte très largement
13:34ses élections municipales.
13:36Droite et RN.
13:36Je derrière vient...
13:38Non mais la droite,
13:39toute seule,
13:40sans le centre
13:41et sans le RN,
13:42remporte largement.
13:43Et après,
13:43vient le centre
13:44et vient enfin
13:46le Rassemblement national.
13:47Donc moi,
13:47ce que je vois par ailleurs,
13:48c'est que vous avez
13:49toujours du mal,
13:50c'est étonnant,
13:51à convaincre le peuple français
13:53de vous faire de nouveau confiance
13:55sur le plan national.
13:56Ils vous font confiance
13:57éventuellement
13:58quand ils sont boboisés
13:59jusqu'à la moelle
14:00et qu'ils veulent continuer
14:01à faire du vélo
14:02et planter leurs carottes
14:03en bas de chez eux
14:04même s'ils habitent
14:05sur un grand boulevard.
14:06Mais en revanche,
14:07pour ce qui est de gérer le pays,
14:08je suis désolé,
14:09pour l'instant,
14:09ils ne vous font pas confiance.
14:10C'est peut-être
14:11qu'il y a un petit manque
14:12de crédibilité à gauche.
14:14Charles Consigny,
14:14les résultats de Retailleau
14:17ne lui permettent pas
14:18de considérer
14:18qu'aujourd'hui,
14:19naturellement,
14:20il sera représenté
14:21Je ne vous parle pas
14:21de Retailleau,
14:22mais je parle
14:22de la droite républicaine
14:23qui,
14:24dans toutes les grandes villes,
14:26est très majoritaire.
14:27Moi, je suis humble.
14:28Attention.
14:29Moi, je ne dis pas du tout
14:30que le chemin,
14:31il va tout droit
14:32tracer vers la présidentielle
14:33pour la gauche.
14:34Je dis même,
14:35à l'inverse,
14:35qu'il ne faut pas sous-estimer
14:37ou même dénier
14:40les résultats
14:40de l'extrême droite.
14:4160 villes moyennes
14:42qui passent à l'extrême droite.
14:44Moi, je viens d'une génération
14:45à l'époque
14:45où quand il y avait
14:46trois communes
14:46qui passaient Rennes,
14:48il y avait des manis
14:48dans la rue.
14:49C'est marrant
14:50parce qu'en fait,
14:50vous êtes quand même
14:51une vraie trotskiste.
14:52Je ne sais pas
14:52quelle est votre formation,
14:53mais vous avez une manière
14:54de manipuler le langage
14:55qui est incroyable.
14:58Vous invisibilisez complètement
14:59dans votre rhétorique
15:01la droite traditionnelle
15:02ou le fameux bloc central,
15:05etc.
15:05Vous faites comme s'il y avait
15:07soit la gauche,
15:08soit l'extrême droite.
15:09Non, mais je pense
15:09que vous pouvez avoir
15:10l'honnêteté.
15:11Soit les fascistes
15:12soit la gauche.
15:12Soit vous le faites
15:13sans y penser.
15:15Je pense que vous pourriez
15:16avoir l'honnêteté
15:17de reconnaître avec moi
15:19que l'extrême droite
15:20exerce une force centripète
15:21sur la droite
15:22qui lui est difficile
15:23de résister.
15:24Je suis sûr que c'est
15:24quelque chose
15:24de tout à fait bossé.
15:25Il lui est difficile
15:25de résister.
15:26On est dans des éléments
15:27de l'engagement.
15:27Ça a été théorisé
15:28par Jacques Duclos
15:29au Parti communiste.
15:31Tout ce qui n'est pas
15:32des nôtres est fasciste.
15:33Exactement.
15:34Je n'ai pas dit
15:35que tout était fasciste.
15:36Je dis qu'aujourd'hui
15:37on ne peut que constater
15:38que l'extrême droite
15:42exerce une force centripète
15:44sur la droite.
15:44Ça fait 40 ans
15:46qu'il a pour Nice.
15:47Comment analyser autrement
15:48ce qu'a fait Knafo
15:49à Paris ?
15:50Knafo,
15:50ce qu'elle a essayé
15:51de faire dans cette élection,
15:52ça n'a pas du tout marché.
15:53Ça n'a pas marché
15:54parce que la droite
15:54est prise entre deux feux.
15:56Et aujourd'hui,
15:56elle ne s'en sort pas.
15:57Entre d'un côté...
15:58Elle doit opter
15:59à un moment donné
16:00entre suivre ce mouvement
16:02vers l'extrême droite
16:03et de rencontre
16:05avec les droites.
16:06Les LR n'ont pas fait
16:06alliance avec le RL.
16:07Ou alors d'aller chercher
16:09les centres,
16:09mais les LR à la fois.
16:10Les LR n'ont pas fait
16:10alliance avec le RL.
16:10Pour moi,
16:11ces municipales,
16:12elles ont sonné le glas
16:13de l'union des droites.
16:14En réalité,
16:15elles montrent qu'à part à Nice
16:17où c'est quand même
16:18un cas très particulier
16:19avec Éric Ciotti
16:20qui était vraiment
16:21une figure locale
16:22et qui faisait ça
16:2324 heures sur 24
16:24et 7 jours sur 7
16:25depuis plusieurs décennies
16:26quasiment.
16:28Et donc,
16:29bon,
16:29voilà,
16:29bravo à lui
16:30parce que c'est
16:32l'aboutissement
16:32d'une carrière.
16:34Enfin,
16:34en tout cas,
16:34il a beaucoup travaillé
16:36pour ça.
16:36Mais en dehors de ça,
16:38vous observerez
16:38qu'au contraire,
16:40l'union des droites,
16:41ça n'existe pas
16:42et la droite
16:42s'en sort très bien
16:43sans l'extrême droite.
16:44L'union des droites,
16:45c'est le fantasme
16:45de la gauche.
16:45C'est le fantasme
16:46de l'extrême droite
16:47et de la gauche.
16:48Si la droite se réveille
16:49et elle décide
16:50qu'elle veut,
16:50comme à l'époque
16:51de l'UMP,
16:52refuser toute alliance
16:53avec l'extrême droite,
16:54c'est la première à applaudir.
16:56Applaudissez-le,
16:57elle vient de le faire.
16:59Mais c'est très bien
17:00si on va dans ce sens-là,
17:03moi, je signe
17:04On est dans ce sens-là.
17:06Formidable.
17:07C'est difficile.
17:08Je n'en demeure pas
17:08moins qu'en face.
17:09Non, mais moi,
17:10je n'ai pas de soucis
17:10avec ça.
17:11Moi, je ne nie pas.
17:12Les Français,
17:12ils votent pour qui ils votent.
17:13Ce que je peux vous dire,
17:14c'est qu'en face,
17:14côté gauche,
17:15je vous invite
17:16à ne pas nier
17:17le fait que
17:18le message électoral
17:20des Françaises
17:20et des Français,
17:21ça a été pour l'union
17:21de la gauche
17:22au détriment
17:23des stratégies solitaires
17:24portées soit par
17:25la France insoumise,
17:26soit par le camp d'Utmane.
17:27Mais je ne suis pas d'accord
17:28puisque vous avez perdu
17:29plein de villes
17:30avec votre union de la gauche.
17:31Comment ça se perdue ?
17:33Vous avez perdu Poitiers,
17:34Besançon,
17:35Brès, Clermont-Ferrand,
17:36est-ce qu'elle peut se faire
17:37avec la stratégie actuelle
17:39de la France insoumise ?
17:40Parce que c'est le thème
17:41de notre discussion.
17:42Alors, ce que je dis,
17:43moi, c'est que,
17:44je le répète,
17:45pour conquérir des villes
17:46à droite,
17:47nous avons fait la démonstration
17:49que l'union de la gauche
17:49était plus forte.
17:50Mais non, mais ce n'est pas
17:50l'union de la gauche,
17:51Raquel, parce qu'en fait,
17:52il y a un malentendu.
17:55Union de la gauche,
17:56s'il n'y a pas LFI
17:57ni place publique,
17:58ce n'est pas une union de la gauche.
17:59Ce terme d'union de la gauche...
18:00À Paris, ce n'est pas
18:01l'union de la gauche, peut-être ?
18:02Non, il n'y avait pas LFI,
18:03donc ce n'est pas
18:03l'union de la gauche.
18:04Ah, ben si.
18:05Non, mais non.
18:06Alors, appelez ça
18:07l'union des groupuscules de gauche.
18:09Ah oui, alors,
18:10l'union de la gauche incomplète.
18:11Oui, mais c'est quand même
18:11l'union de la gauche,
18:12ce n'est pas le PS.
18:13Non, mais ce que je veux dire,
18:14ce que je veux dire,
18:15c'est que ce n'est pas
18:15Olivier Truchot,
18:17ce n'est pas le PS.
18:17Moi, je suis impressionné.
18:18L'union de la gauche incomplète.
18:20Non, mais l'union de la gauche,
18:21en fait, vous parlez du PS
18:22et des écolos.
18:23On le dit.
18:23C'est pas l'union de la gauche.
18:24Et de l'après,
18:24et des communistes,
18:26et des courants
18:27comme Lucie Castellet.
18:27Jusqu'à place publique.
18:29Des courants comme Lucie Castellet.
18:30Et ça, ça n'existe plus.
18:31Et, pardon,
18:33Bagneux,
18:33le périmètre
18:34qu'on a organisé
18:35pour Bagneux,
18:36ce que j'appelle Bagneux,
18:37est une union de la gauche.
18:38Et les électrices
18:39et les électriques
18:39sont loin devant.
18:41Alors, vous,
18:42ça ne vous plaît pas.
18:42Non, mais non.
18:43Madame Garrido,
18:45vous vous préparez
18:45le match Hollande-Mélenchon.
18:47Madame Garrido, pardon.
18:48Vous êtes bloqués en 2012.
18:49Vous êtes bloqués en 2012.
18:50Non, mais c'est extraordinaire.
18:51Allez,
18:51on a l'air de Bélenchon.
18:53Ce que vous appelez
18:53l'union de la gauche,
18:54c'est l'union des partis de gauche
18:55sans le parti
18:57qui fait 20%
18:58à la présidentielle.
18:59Et alors,
18:59ça a gâti à Paris.
19:00Oui, non,
19:01mais au niveau national,
19:02ça fait combien ça
19:03si on a dit ça ?
19:03Merci.
19:05Partout,
19:05c'est devant en tout cas.
19:06Mais bravo pour cette rhétorique.
19:08Merci, Charles Consigny.
19:09Merci, Raquel Garrido.
19:10Je rappelle que vous êtes avocate aussi.
19:11Oui, oui.
19:12Vous savez manier
19:13la rhétorique.
19:14En toute fraternité,
19:16en toute fraternité,
19:17qu'on soit vie.
19:17On sent une formation solide
19:19en trotskisme.
Commentaires