Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 9 heures
Ce vendredi 20 mars, Audrey Maubert a reçu Pénélope Blanckaert, fondatrice de Penelope's, et Éric Briones, directeur général du Journal du Luxe, dans l'émission Iconic Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission le mardi et réécoutez la en podcast.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:02Générique
00:07Iconic Business, le luxe by BFM Business, Audrey Maubert
00:12Rencontre aujourd'hui dans Iconic Business avec un personnage, une expertise et un défi entrepreneurial.
00:17Pénélope Blancard est tout cela à la fois une amoureuse de l'art et de la mode,
00:21une spécialiste, la va de l'Institut français de la mode à Drou en passant par Arcurial
00:25et elle a, il y a quelques mois, lancé Pénélopise, une maison de vente dédiée à la mode, de la
00:30mode et rien que de la mode.
00:32La manière de se présenter en somme au monde, des sélections exclusives d'art de la mode, prêtes à porter
00:38haute couture,
00:39accessoires, montres et photos, Pénélope Blancard sur le plateau d'Iconic Business tout de suite.
00:45Et dans un instant également, le triomphe de l'émotion, le parti pris d'Eric Brion, directeur général du journal
00:51du luxe.
00:52Il sera avec nous dans les désirables de la semaine. C'est Iconic Business, bienvenue.
00:59En plateau donc avec nous, Pénélope Blancard, fondatrice de Pénélopise. Bonjour.
01:04Bonjour.
01:04On va expliquer ce qu'est Pénélopise. C'est une maison de vente exclusivement dédiée à la mode, mode vintage,
01:10doit-on dire.
01:11Cela n'existait pas du tout avant.
01:14Alors si, les ventes aux enchères de mode existent depuis les années 80 à peu près.
01:18Et à l'époque, c'était destiné à un public très très très restain puisque, évidemment, Internet n'existait pas.
01:27Et puis la seconde main était quand même réservée aussi à des gens extrêmement cultivés, qui avaient une connaissance de
01:34la mode assez précise, etc.
01:37En fait, on ne portait pas du vintage, comme on dit aujourd'hui.
01:40Oui, évidemment, certaines personnes allaient déjà aux puces, mais ça représentait vraiment une minorité.
01:45Oui, une infime partie justement de ceux qui étaient déjà amoureux, piqués à la mode.
01:51Est-ce que cette création, cette fondation d'entreprise, c'est lié à votre parcours aussi, à votre parcours d
01:58'experte finalement ?
01:58C'est ce que je disais d'emblée. Vous avez une expertise de spécialiste de la mode.
02:03Absolument. J'ai travaillé pendant 20 ans en tant qu'expert mode pour des maisons de vente généralistes.
02:11Et quelques années chez Arcurial où j'ai monté le département Fashion Arts dans les années 2010.
02:17Effectivement, l'idée de monter cette maison de vente aux enchères dédiée à la mode m'est venue parce que
02:23je trouvais que les vêtements n'étaient pas assez chouchoutés, on va dire.
02:29Pas assez mis en valeur ou il n'y avait pas l'histoire autour ? Il n'y avait pas
02:32le sens du récit qu'on peut avoir maintenant ou que vous allez chercher ?
02:35Disons que pour les maisons de vente généralistes, et c'est tout à fait compréhensible, ce n'est pas leur
02:39métier, la mode était vraiment la cinquième roue du carrosse.
02:42Oui. Ce qui les intéressait, c'était beaucoup les sacs à main, Hermès Chanel, enfin ce qui évidemment...
02:48Ce qui affole les compteurs et ce qui affole les spéculateurs aussi.
02:52Exactement, qui ne sont absolument pas des prises de risque. Effectivement.
02:56Mais alors, c'est lié à votre parcours donc, logique, c'est lié aussi au marché et à la tendance.
03:01Certes, cinquième roue du carrosse, mais c'est moins le cas aujourd'hui.
03:04C'est moins le cas et d'ailleurs je peux dire que les ventes aux enchères de mode étaient en
03:08avance sur leur temps.
03:09On s'est fait dévorer par des plateformes que vous connaissez évidemment, puisque nos moyens étaient un conventionnement plus faible,
03:16enfin plus important.
03:17Mais effectivement, et c'est plutôt pas mal, nous sommes sur un marché très porteur.
03:22Très porteur, très dynamique, mais là aussi, est-ce qu'on trouve...
03:25Il y a les écueils de ce qui est à la mode et de ce qui est tendance.
03:29Est-ce que c'est encore cette obsession pour certains sacs ?
03:32Est-ce qu'on s'ouvre à autre chose et c'est là où vous intervenez aussi, vous ouvrez la
03:37clientèle à autre chose ?
03:38Nous espérons l'ouvrir à autre chose, effectivement.
03:41Alors nous proposons évidemment des Kelly, des Birking, des Sac Chanel, toutes ces maisons institutionnelles qui n'ont plus leur
03:49preuve à faire, si je puis dire,
03:51et qui est recherchée par le monde entier.
03:53Mais ça nous permet aussi, et c'est une volonté vraiment qui a été là dès le départ, de démocratiser
03:59ses ventes en proposant également soit des vêtements à des prix abordables,
04:03soit des maisons, des marques qui n'existent plus, avec l'idée de faire redécouvrir justement ces créations.
04:11Alors, aux jeunes générations, ou de faire, enfin pas, oui justement, redécouvrir, ça c'est pourtant pour les générations qui
04:18ont connu ces maisons,
04:19et faire découvrir aux jeunes générations ces marques qui n'existent plus, comme la vente d'Eurotébis de ce soir
04:24par exemple.
04:25Et c'est quelque chose qui vous animait aussi de faire découvrir, ou ça vous a accompagné tout au long
04:30de votre parcours,
04:31et vous vouliez que ce soit cette aventure entrepreneuriale aussi, parce qu'il faut porter ça, que ça soit le
04:36passage obligé, que ce soit votre positionnement, votre parti pris.
04:39Alors moi je viens de la mode, je ne viens pas des enchères, et ça c'est une très grosse
04:42différence.
04:43Et mais c'est là où est votre plus-value ?
04:44Absolument, moi j'aime le vêtement, j'aime la silhouette, j'aime l'allure, et j'ai toujours pensé que
04:48ça donnait confiance en soi.
04:49Et comme vous le disiez très justement, c'est ce qu'on donne à voir en premier.
04:52Et aujourd'hui, la mode, qui a souvent été considérée comme futile, la mode qui rentre au musée, toutes ces
04:59séries sur la mode, etc.
05:00Vous voyez, la mode a trouvé un peu ses lettres de noblesse, et je trouve qu'il y a une
05:04vraie curiosité aujourd'hui,
05:06de la part des jeunes générations, qui en plus consomment de la seconde main, pas comme une vertu,
05:14mais parce que ça permet d'accéder à des produits, à des prises tout simplement moins élevées.
05:19Mais ce qui est vraiment intéressant aujourd'hui, c'est qu'on passe d'une logique quand même de la
05:22propriété,
05:23et ça qui sera peut-être intéressant écologiquement parlant, à une logique de la circularité des biens.
05:29Et voilà, pour les ventes aux enchères, on peut acheter des choses qui ensuite vont être vendues,
05:35si on les garde dans un bon état, au moins au même prix, si ce n'est peut-être faire
05:39des plus-values sur des créateurs
05:41qui sont moins connus à un moment T, mais le deviendront plus tard.
05:44Après, je ne suis pas tellement favorable à la notion de spéculation,
05:47ce n'est pas trop ce qui m'intéresse, même si ce n'est pas un problème,
05:51mais j'aime bien que les vêtements soient achetés pour être portés.
05:55Ah, que ce ne soit pas une pièce de musée ?
05:57Alors, nous vendons bien sûr aux musées, aux institutions,
06:00nous vendons également aux départements archives des maisons qui reconstituent leur patrimoine.
06:05Oui, là pour le coup, il y a une vraie tendance de patrimoine, de pièces patrimoniales, d'archives.
06:10Absolument, ce qui est assez récent, quand j'ai démarré, ça n'existait pas,
06:14sauf quelques grandes maisons comme Dior, Chanel, Balenciaga,
06:17mais la plupart des maisons n'avaient pas du tout cette conscience du patrimoine
06:22dont ils se servent aujourd'hui, qui est devenu vraiment un outil de com et un outil marketing.
06:26Ça fait partie, c'est intégré au storytelling de l'ensemble des marques et des maisons,
06:30donc il y avait l'enjeu, et vous le saviez, pour avoir cette liberté aussi,
06:35et ce sens de la mode, ce sens et ce goût de l'expertise,
06:40d'avoir d'un côté de quoi attirer une clientèle qui est habituée des ventes aux enchères,
06:44avec certaines marques et certains sacs, encore une fois,
06:47et à côté, choisir, sélectionner des marques qui vous tenez à cœur peut-être ?
06:54Oui, des pièces, des pièces qui me plaisent, des pièces qui ont une résonance avec aujourd'hui,
06:58que j'imagine pouvoir être portées, alors attention, pas de manière littérale comme à l'époque,
07:03c'est ça aussi, il faut savoir un peu manier le vêtement.
07:07Alors, et puis, vintage, et pas vintage, on n'est pas...
07:09Vintel, aujourd'hui, on définit ça à peu près à 20 ans d'âge dans le passé,
07:13donc c'est ça qui est intéressant aussi, il y a une espèce d'évolution du vintage,
07:16puisque les années 90, il y a 10 ans ou 20 ans plutôt, n'étaient pas considérés comme du vintage.
07:21Et puis, ce que je trouve aujourd'hui très intéressant, c'est qu'on peut vraiment piocher dans la seconde
07:27main,
07:28chez des marques plus ou moins louables aujourd'hui,
07:32et c'est là où je dis que ce n'est pas une vertu, c'est que la plupart des
07:35gens qui achètent de la seconde main
07:36vont également aller...
07:38Consomme aussi, en fait, c'est une clientèle qui va d'un univers à l'autre.
07:41Donc, c'est pour ça que la vertu, là, est une notion un peu ambivalente.
07:46Est-ce que ça rajeunit aussi la clientèle des ventes aux enchères ?
07:50Est-ce que c'est aussi générationnel ?
07:53Alors, je dirais que la digitalisation de ces ventes a vraiment permis de toucher un public beaucoup plus large en
08:00France,
08:00mais surtout à l'étranger, puisqu'en fait, vous pouvez enchérir sur votre île à l'autre bout du Pacifique.
08:07Ce n'est pas un problème.
08:08Tout se passe maintenant en direct.
08:10Et puis, nous, on pratique aussi beaucoup les ventes online, qui sont des ventes purement digitales,
08:15où en fait, les gens s'inscrivent et suivent la vente sur leur ordinateur.
08:19C'est toujours le lundi soir à 19h30, et nous organisons des ventes tous les 15 jours.
08:24Oui, donc il y a un rythme, une récurrence, on va y revenir.
08:27Mais cette sélection aussi de ventes particulières, de marques parfois un peu oubliées ou disparues,
08:34ça vous permet aussi, et c'était important, vous le disiez, de contenir les prix ?
08:38Ça nous permet de nous adresser à une clientèle plus large.
08:41Je trouve qu'effectivement, il y a des pièces qui vont entrer au musée qui peuvent faire plus de 10
08:46000, 15 000, 20 000, 30 000 euros.
08:47Mais je trouve ça intéressant de faire le grand écart entre des pièces très chères,
08:52je ne sais pas, des Kelly en croco, etc., et des pièces à 100 euros,
08:55qui vont faire 120, 130, parfois 80.
08:59En tant que femme d'entreprise, chef d'entreprise maintenant,
09:03il faut que je fasse attention, effectivement, mais j'ai du mal à résister parfois à une jolie robe.
09:07Je sais que ça ne vaut pas grand-chose en prix de départ, en tous les cas.
09:09Mais je me dis toujours, sait-on jamais, peut-être deux jeunes filles vont se battre et le prix va
09:14monter.
09:14C'est vraiment ça, l'excitation des enchères.
09:16Je pense que l'expérience d'achat des enchères n'est pas du tout la même que de payer comme
09:21ça un prix fixe instantanément.
09:23En fait, quand on gagne une pièce, c'est assez grisant, il y a quelque chose en plus.
09:29Et puis ça parle aussi à la résonance d'exclusivité quand on touche à l'univers du luxe,
09:34de savoir que j'ai réussi à accéder à cette pièce,
09:37qu'à une marque soit oubliée, à une archive importante.
09:41Vous le disiez, des ventes tous les 15 jours, comment on arrive à fournir, à sélectionner et à se renouveler
09:51sur cette récurrence ?
09:53C'est beaucoup un métier de bouche à oreille.
09:55J'ai la chance d'avoir une vingtaine d'expériences derrière moi et heureusement, sinon je n'aurais jamais pu
10:01faire ce métier.
10:01D'avoir accumulé tous les coffres possibles et les mâles où on pouvait trouver les choses encore ?
10:09Disons que je pense que mon nom est un peu connu dans ce milieu.
10:13Et puis après, il y a la presse, il y a vous, il y a plein de manières de se
10:16faire connaître.
10:17Mais ce qui est intéressant, nous, on travaille exclusivement avec des particuliers.
10:22Donc c'est des gens qui nous contactent pour des successions, pour des déménagements, pour trois pièces par-ci que
10:29Madame Machin ne peut plus mettre.
10:31Enfin, on a beaucoup de cas comme ça.
10:33Ce qui est intéressant et ce qu'on aime bien faire, c'est les garde-robes entières d'une dame
10:38qui souvent n'est plus là.
10:40Parce que ça raconte vraiment une histoire, l'histoire d'une vie avec la mode, comment cette dame s'habillait,
10:47quel créateur elle aimait.
10:49Comment elle passait les époques.
10:50Exactement. Et c'est une petite histoire de la mode à travers sa garde-robe.
10:54Et ça, je trouve que c'est quelque chose d'hyper intéressant.
10:57Et d'ailleurs, dans ce métier, ce qui est génial aussi, c'est ces rencontres avec ces...
11:00Bon, je parle beaucoup de femmes parce qu'on a beaucoup plus de femmes.
11:03Ces rencontres avec ces femmes qui ont des souvenirs très précis avec telle robe, etc.
11:08Et le vêtement est quelque chose de très intime.
11:11Donc ça crée tout de suite une relation très sympathique.
11:15Et c'est là aussi où vous voulez vous positionner différemment,
11:18dans ce que vous racontez juste en amont de la vente.
11:22Vous racontez du vêtement et de l'histoire et de ce que vous transmettez aussi au moment où la vente
11:28a lieu.
11:29Ce que je trouve intéressant, c'est quand même, il y a plusieurs niveaux de lecture.
11:32Alors vous avez l'image qui est quand même aujourd'hui prépondérante.
11:36Nous, on fait beaucoup de recherches iconographiques, par exemple, chez une super équipe,
11:40où on essaie de trouver les images d'époque.
11:43Ça, ça donne beaucoup de valeur aux pièces, avec une datation précise.
11:47Et ensuite, effectivement, quand on a des ensembles, par exemple,
11:50nous organisons une petite vente sur Anne-Marie Beretta, créatrice des années 80,
11:54évidemment qu'on va raconter son parcours.
11:56Et je trouve que ça fait vraiment partie du plaisir, dans l'achat d'une pièce comme ça,
12:01de connaître quand même un petit peu l'histoire du créateur.
12:04Mais c'est ce que je vous disais, je trouve que la curiosité,
12:05et ça c'est intéressant aujourd'hui avec les jeunes générations,
12:08je pense qu'ils sont moins séduits par le marketing, des énormes marques.
12:14C'est bien le problème pour l'industrie du luxe, il faut réécrire le discours.
12:18Je pense que c'est intéressant de se démarquer un peu.
12:21Ils ont envie de ça aussi, de pièces uniques,
12:23et de pouvoir raconter quelque chose sur cette pièce.
12:27Et donc avec ce segment, on le disait, avec cette tendance autour,
12:31de la mode, cette dynamique.
12:34Est-ce que, outre le fait qu'on vous appelle, on vous sollicite,
12:37est-ce que vous voyez déjà de la concurrence sur certaines pièces,
12:41ou le fait d'être le pas de côté vous permet d'avoir des ventes encore exclusives ?
12:47Vous sentez qu'il y aura bataille sur certaines marques et certaines pièces ?
12:51Il y a bataille sur certaines marques, effectivement.
12:54Il n'y a pas bataille sur d'autres, parce qu'en fait, je pense que ça ne les intéresse
12:57pas.
12:58Parce que c'est trop de travail, trop d'investissement, de temps.
13:02Enfin, c'est très chronophage, toutes ces recherches, etc.
13:04Donc, si vous voulez, le rapport temps-gain financier n'est pas possible.
13:11Et nous, c'est ça aussi ce qu'on apporte.
13:13C'est que grâce à nos sacs, Hermès, Chanel, etc.,
13:16ça nous permet de faire des ventes avec un pas de côté,
13:19de prendre des risques, en fait.
13:21On prend des risques quand on organise la vente des bijoux Slimane
13:25pour les premières collections de Dior, on ne sait pas où on va.
13:27Il n'y a pas de cote.
13:29Il n'y a pas d'archives de cote.
13:31Donc, c'est toujours très stimulant, excitant.
13:34Mais en même temps, ce soir, il y a la vente d'Orotébis.
13:38Voilà, on va voir.
13:40Et justement, Dorotébis, dans le paysage de la mode,
13:43qu'est-ce que ça représente ?
13:45Ça représente 20 ans de joie.
13:47C'est vrai que les gens sont assez nostalgiques de ces années 70.
13:51C'était une époque où, justement, c'est l'émergence du prêt-à-porter,
13:55de tous ces créateurs.
13:56Et la mode, je crois, parce que je ne l'ai pas vécu,
14:00mais était un moment où les créateurs étaient amis entre eux.
14:04On dînait ensemble, on s'amusait.
14:07Ce n'était pas le marketing qui primait,
14:09c'était vraiment la création.
14:10Et donc, ce qui est intéressant avec des maisons comme Dorotébis,
14:12c'est que c'est les premières femmes qui ont fait de la mode pour des femmes.
14:16Et des femmes de la mode de la vraie vie.
14:21confortables, sexy, mais pas fantasmées.
14:23Le quotidien.
14:24Le quotidien.
14:25Et ça, je trouve ça vraiment important.
14:26Et donc, Jacqueline Jacobson a développé beaucoup de pièces en maille,
14:30par exemple, c'est ce qu'elle aimait beaucoup.
14:32Des couleurs, des aplats de couleurs.
14:34C'était très innovant à l'époque.
14:37Et ce qui est intéressant surtout, c'est qu'aujourd'hui, on peut les porter.
14:40Je veux dire, ça n'a pas du tout mal vieilli.
14:42Mais on les mixe avec des choses d'aujourd'hui.
14:45Enfin, des baskets, je ne sais quoi.
14:47Voilà, on est dans son époque quand même.
14:49Il ne s'agit pas d'aller s'habiller en 1960, comme dans les années 60.
14:52Oui, là, c'est autre chose.
14:54Est-ce que vous avez déjà, et j'imagine, le calendrier de vos prochaines ventes ?
14:58Comment vous choisissez ?
14:59Est-ce que vous avez cette envie d'alternance entre époques ?
15:03Est-ce qu'à chaque fois, c'est au croisement de la mode et de l'art ?
15:06Vous faites bien de le dire, parce que nous avons une vente art et mode qui arrive.
15:09Et là, en fait, on aime bien innover dans la thématique de nos ventes.
15:14Par exemple, on a eu une vente art de vivre.
15:16On vendait de la vaisselle.
15:18Hermès, Dior, etc.
15:19Et ça, c'est très, très bien vendu.
15:21Voilà, ça aussi.
15:22On n'avait pas d'archives là-dessus.
15:24Art et mode, ça va être une vente expérimentale encore,
15:26où on va vendre de la photo de mode.
15:29De la peinture qui traite du sujet mode.
15:33Également de l'art de vivre.
15:35De l'artisanat également.
15:36Mais enfin, c'est la première.
15:38Mais oui, on aime bien aller sur des terrains qui, à nouveau, sont à côté.
15:42Qui restent dans la mode.
15:43Parce que les arts de la mode, après tout,
15:45toutes les marques de luxe vont sur tous ces territoires.
15:47Oui, en termes de diversification, on est sur quelque chose qui est devenu très, très large.
15:51Et c'est à chaque fois une porte d'entrée, soit dans une marque, soit dans le luxe, plus globalement.
15:56Donc, vous rassemblez.
15:57Est-ce que ça passe aussi par la maîtrise du nombre de lots ?
15:59Donc, c'est important pour que l'histoire ait l'air saisissable ?
16:04On peut organiser des ventes de 50 lots comme des ventes de 300 lots.
16:08On est assez flexible.
16:09Après, c'est une question de timing.
16:11Puisque comme on publie des catalogues tous les 15 jours,
16:14évidemment, il faut pouvoir assumer.
16:15On peut même faire les photos, les descriptifs et les recherches.
16:20Très important.
16:21Alors, nous, on a une autre spécificité.
16:22C'est que ce que je trouve intéressant, c'est les stylouettes.
16:26Par exemple, quand on photographie, donc on a un studio, un interne, photo,
16:31on ne va jamais proposer une pièce seule.
16:33On va l'associer à une pièce que tout le monde peut avoir dans son dressing.
16:37Un jean, un sweatshirt, une jupe noire.
16:39Donc, c'est une mise en scène.
16:40Parce que la pièce ne dira jamais la même chose seule sur un stockman
16:43avec une épaule comme ça que bien mannequinée avec un pantalon
16:47que tout le monde peut avoir.
16:48Et je trouve que les jeunes filles et les jeunes femmes d'aujourd'hui,
16:52même si elles souhaitent s'habiller vintage, ou en tout cas seconde main,
16:56ce n'est pas si facile à manier.
16:58C'est plus facile de manier un sac à main ou un bijou.
17:01Ça aussi, ça marche très, très bien, les bijoux.
17:02Parce que c'est la pièce forte à côté.
17:04Parce qu'on peut être en noir et mettre sa broche ou avoir son sac Chanel.
17:08Et ça va, on est content, ce n'est pas risqué.
17:11Mais le vêtement est plus risqué.
17:13Et je trouve que de leur donner en tout cas une proposition,
17:16seulement une proposition, peut leur faire percevoir le vêtement
17:20peut-être différemment.
17:21Et en tout cas, elles peuvent peut-être s'identifier davantage.
17:24On retrouve votre œil d'experte presque prescriptrice.
17:29et à côté, en même temps, presque une proposition
17:32comme une stratégie retail de votre entreprise.
17:36Vous avez tout à fait raison.
17:37C'est comme un multimarque de vintage.
17:40Deux secondes mains, pas que du vintage.
17:41On peut vendre des choses qui ont 10 ans, d'ailleurs.
17:44Ou carrément des vêtements du début du siècle, du siècle dernier.
17:48Et c'est un choix.
17:49Effectivement, le fait de curaïté, de sélectionner,
17:52vous avez raison, c'est comme un choix qui vient de nous.
17:56Enfin, oui, qui est assez singulier.
17:58Et aux enchères.
17:59Alors, il y a eu l'aventure entrepreneuriale.
18:02Il a fallu se lancer.
18:0418 mois d'existence.
18:06D'abord, se faire une légitimité, une crédibilité.
18:08Est-ce qu'on atteint vite la rentabilité
18:11quand on se lance sur ce segment-là ?
18:13Alors, les ventes aux enchères
18:14sont un business model assez intéressant.
18:18Évidemment que nous, on ne vend pas des choses à 300 000 euros.
18:21On ne vend pas de l'art moderne.
18:22On ne vend pas du design.
18:24Donc, on est sur des marges beaucoup plus faibles.
18:27Mais on vend quand même beaucoup de choses.
18:28Donc, à la fin, on s'y retrouve.
18:31Effectivement, si je passais ma vie à vendre des robes à 100 euros,
18:34je serais déficitée.
18:35Parce que pour faire ces ventes aux enchères,
18:37il y a tout un process derrière, une équipe.
18:41Et donc ça, ça a été le premier.
18:41L'expertise, l'authentification.
18:43Oui, oui, oui.
18:44Et les sacs, chez nous, sont authentifiés deux fois.
18:47Ce sont des process assez précis pour que ça roule.
18:50Parce qu'on a un turnover qui est assez important.
18:52Donc ça, ça a été le premier enjeu quand j'ai monté Pénélopise.
18:55Donc, chacun trouve sa place et que ça roule.
18:58Et ça roule et qu'il n'y ait pas de...
18:59Parce que s'il y a un pépin pendant le process,
19:02ça rejaillit partout, en fait.
19:05C'est quand même...
19:05Oui.
19:05La prochaine vente ?
19:07La prochaine vente.
19:08Donc ce soir, il y a ensuite la Paris Vintage 11,
19:11qui aura lieu lundi 30 mars, si je vous...
19:15C'est bientôt.
19:16En tout cas, c'est lundi soir à 19h30
19:19et nous publions toujours nos ventes le vendredi.
19:21Et donc celles-ci, les Paris Vintage,
19:23sont un peu un tour du monde.
19:25Là, on s'autorise le Japon, l'Italie
19:27et bien sûr la France et les Etats-Unis, etc.
19:30Mais voilà.
19:31Donc le tour du monde est fait par votre œil d'experte
19:35et donc ça permet à l'ensemble
19:36d'aller dénicher la pièce qui fera envie.
19:39Plein de pièces qui fera envie.
19:41Merci beaucoup, Pénélopise,
19:43encore fondatrice de Pénélopise,
19:45d'avoir été dans Iconic Business aujourd'hui.
19:48Ça va vous parler d'ailleurs,
19:49dans un instant, on va parler du retour
19:51du luxe émotionnel à la Fashion Week.
19:54Ça y est, on retrouve un peu de joie,
19:56même du flirt.
19:57On en parle dans un instant dans Iconic Business.
20:04Les désirables de la semaine,
20:05tout ce qui nous a fait envie, séduit et intrigué
20:07ces derniers jours, avec un parti pris aujourd'hui,
20:09celui d'Éric Brionne.
20:10Bonjour.
20:10Bonjour, Audrey.
20:11Après la désirabilité,
20:12on en a beaucoup, beaucoup parlé.
20:14Le luxe émotionnel peut-il, lui, sauver l'industrie ?
20:17On est parti à l'émotion, là.
20:18Oui, c'est l'idée,
20:19parce qu'on a un ras-le-bol
20:20un petit peu de la désirabilité.
20:22Pourquoi ?
20:22Parce que cette désirabilité
20:23est dans une dimension très top-down,
20:26avec une marque Dieu
20:27et des fidèles dévoués.
20:29On a vu qu'il y avait une crise
20:30du luxe profonde
20:31qui continue,
20:32qui s'accélère même.
20:34Donc aujourd'hui,
20:34on ne veut pas une marque en désirabilité,
20:37on veut une marque en résonance.
20:39Et c'est là où la résonance,
20:41quand on pense résonance,
20:42Mais comment les marques,
20:43elles font justement
20:44pour réagir face à ce désir de résonance ?
20:46On parle encore de désir,
20:47vous avez glissé le mot désir.
20:48Oui, oui, oui.
20:49Mais bon,
20:50ça fait dix ans de vocabulaire
20:51sur la désirabilité.
20:52Donc voilà, évoluer.
20:55Comment ?
20:55Eh bien,
20:56il y a un mot magique,
20:57c'est remplacé par émotion.
21:00La résonance,
21:00c'est ce qui vient de l'intérieur,
21:02la désirabilité vient de l'extérieur.
21:03Et qu'est-ce qu'il y a
21:03de plus intérieur que l'émotion ?
21:05Alors,
21:06l'émotion a été nommée
21:08comme valeur pilier du luxe,
21:10la valeur du luxe en 2026 par Bain.
21:14Le problème,
21:15c'est qu'on a toujours parlé d'émotion,
21:16mais pour que l'émotion marche
21:18et fonctionne,
21:19il faut qu'elle soit inscrite,
21:21il faut qu'il y ait une grammaire,
21:22il faut avoir une définition claire et précise,
21:25parce qu'aujourd'hui,
21:26si vous êtes un luxe émotionnel,
21:28comment vous allez briefer vos équipes ?
21:30Comment, en magasin,
21:31on va pouvoir avoir
21:32une expérience signature ?
21:34Non,
21:35il faut que ces émotions
21:36soient clairement définies
21:38et existent
21:38dans les plateformes de marques.
21:40Or,
21:40aujourd'hui,
21:40les émotions ne sont pas
21:41dans les plateformes de marques.
21:43Est-ce qu'il y a eu un changement
21:44qu'on a déjà pu voir
21:46dès la dernière Fashion Week,
21:47par exemple ?
21:48En fait,
21:48le changement,
21:49il a commencé,
21:50alors,
21:50est-ce que c'est un heureux hasard ?
21:52Il a commencé cet été
21:54avec le premier défilé
21:56de Mathieu de Blasie,
21:57je crois qu'on le voit
21:58à l'écran,
21:59et en fait,
21:59il s'est passé un moment
22:00magique.
22:02Vraiment,
22:03pour moi,
22:03c'est l'alpha et l'oméga
22:04de l'émotion dans le luxe,
22:05c'est la fin de défilé.
22:06Avec le mannequin star
22:08Aouar Odiang,
22:09et on voit,
22:10elle termine le show,
22:11et là,
22:11elle se met à sourire,
22:13à rire aux éclats,
22:14à danser.
22:15Alors que ça,
22:15pour le coup,
22:15le sourire était un peu banni.
22:17Voilà,
22:18ah oui,
22:18exactement,
22:19et c'est la joie,
22:20en fait,
22:20c'est de la joie.
22:21Et ce moment,
22:23vraiment,
22:24qui paraissait spontané,
22:25vraiment,
22:27a réinventé
22:27la communication Chanel,
22:29et pas que Chanel,
22:31on voit,
22:31les dernières communications,
22:32les filles Chanel
22:33ont la banane,
22:34alors que ce n'était
22:35vraiment pas le cas.
22:36Mais,
22:36ce qui est très intéressant,
22:37c'est que cette notion de joie,
22:39et on peut dire,
22:39il y a vraiment de la joie,
22:40se retrouve dans tous les magazines,
22:42les covers.
22:42Vogue a fait ses covers
22:45internationales
22:45sur la notion de joie,
22:47le Final Shot Time,
22:48alors le week-end,
22:49c'est la joie,
22:49ici,
22:51mais pas que,
22:53Céline,
22:53avec son nouveau créateur,
22:55Michael Ryder,
22:55c'est un créateur de la joie aussi,
22:58sans oublier,
22:59l'OEV,
22:59qui devient moins intellectuel,
23:02plus coloré,
23:03on va dire,
23:04plus organique,
23:05ici.
23:06Bon,
23:06il y a une autre émotion,
23:08on a quitté,
23:08on a quitté la joie
23:10pour le flirt,
23:11on cesseait au flirt.
23:12Alors,
23:12on est radical,
23:13là-dessus,
23:13se sentir sexy,
23:15et l'assumer,
23:16c'est vraiment,
23:17aujourd'hui,
23:18on l'a annoncé,
23:20la mise en,
23:22comment dire,
23:23en veille,
23:24et en veilleuse
23:24du Quiet Luxury,
23:26mais aussi de l'oversize
23:27du streetwear,
23:28qui était là,
23:29la silhouette redevient
23:31body conscious,
23:32au plus près des courbes,
23:33et la température remonte,
23:35et,
23:35en fait,
23:36là,
23:36il y a un symbole,
23:37c'est la métamorphose
23:38de Demna,
23:39nouveau créateur
23:40de chez Gucci,
23:41ici,
23:42donc,
23:43excite le Demna,
23:44fin du monde,
23:45en mode Prozac,
23:46ici,
23:47place un Demna,
23:48qui regarde du côté
23:49de Gucci,
23:50de Tom Ford,
23:51on est vraiment
23:51dans un disciple
23:52de Tom Ford,
23:53qui était quand même
23:53la période la plus désirable
23:54de chez Gucci,
23:55clairement,
23:55ici,
23:56donc,
23:56on est sur la confiance,
23:57l'hypersexualité assumée,
23:59c'est la mode ozampique,
24:01entre guillemets,
24:01et elle a un impact,
24:02c'était ozampique,
24:03alors,
24:04même,
24:05le ozampique touche,
24:06entre guillemets,
24:07le cogito de Demna,
24:08il déclare,
24:09c'est vraiment libérateur
24:10de pouvoir,
24:11enfin,
24:12faire des vêtements sexy,
24:13je veux me sentir sexy,
24:15me sentir attirant,
24:16ici,
24:17donc,
24:18pendant une décennie,
24:19Demna dit,
24:20la mode,
24:21c'est enfermé
24:22dans un pseudo-intellectualisme,
24:24mode concept,
24:25là,
24:26c'est vraiment fini,
24:27je ne veux pas
24:28d'une approche intellectuelle,
24:29je veux que Gucci
24:30soit une sensation,
24:32ici,
24:32le vêtement n'est plus évolué
24:34seulement pour sa fonction,
24:35son statut social,
24:36il est jugé
24:36pour son héroïque existentiel,
24:38ça veut dire quoi,
24:39très concrètement,
24:40et on avait déjà parlé,
24:41il y a un an,
24:42avec ce luxe transformatif,
24:43ici,
24:44qu'est-ce que fait le luxe pour moi,
24:46qu'est-ce que fait ce vêtement pour moi,
24:48comment transforme-t-il mon rapport à mon corps,
24:50l'ambition n'est plus seulement d'habiller,
24:52elle est d'électriser,
24:53de réconcilier,
24:54de libérer,
24:55le luxe vend la version la plus libre
24:56et la plus désirable de nous-mêmes,
24:58c'est peut-être cela,
24:59le vrai luxe émotionnel,
25:00donc on voit du concret,
25:01ça veut dire que ces émotions,
25:03le sexy,
25:03le flirt
25:04et la joie
25:05rentrent dans les plateformes de marques,
25:07rentrent dans une vraie grammaire
25:08et vont se vivre maintenant en magasin.
25:10Bon, c'est parti pour le luxe émotionnel,
25:12donc merci Eric Brionne,
25:14la semaine prochaine,
25:15on parlera avec vous
25:16de longévité,
25:17là c'est la nouvelle obsession aussi,
25:19la nouvelle tendance par excellence
25:21pour le luxe.
25:22Et c'est lié,
25:22et ça va avec le sexy et la joie,
25:24la joie pour le long terme.
25:26Pour le long terme,
25:27Iconic Business,
25:28le luxe par BFM Business podcast
25:30et replay sur la BFM Business
25:32dès à présent,
25:33puis on se retrouve tous les vendredis
25:34en télé, radio,
25:35dès 21h.
25:37Iconic Business,
25:39le luxe by BFM Business.
Commentaires

Recommandations