- il y a 20 heures
Ce vendredi 23 janvier 2026, Audrey Maubert a reçu David Benedek, fondateur de BDK Parfums, et Katia Boneva-Desmicht, Partner chez Baker McKenzie, dans l'émission Iconic Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission le mardi et réécoutez la en podcast.
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00:00Générique
00:00Iconique Business, le luxe by BFM Business, Audrey Maubert.
00:11On l'a déjà dit ici même, le parfum, notamment le parfum de niche, est un segment ultra dynamique.
00:17Il a électrisé les fusions acquisitions de ces derniers mois, il porte la cosmétique, attire une clientèle plus jeune.
00:23David Bénédic a, il y a 10 ans, lancé sa maison de parfum, BDK Parfum, une histoire familiale, une aventure entrepreneuriale.
00:3210 ans sur fond de transformation et d'évolution du segment. David Bénédic est dans Iconique Business dans quelques instants.
00:39Les maisons de luxe ont-elles raison de croire à l'eldorado indien ?
00:43Les classes moyennes aisées peuvent-elles porter l'essor et offrir des débouchés comme la Chine ?
00:48Auparavant, décryptage avec Katia Bonnevade-Schmidt, responsable du groupe Consumer Goods & Retail chez Baker McKenzie.
00:55Décryptage avec elle dans quelques minutes donc. C'est Iconique Business, bienvenue.
01:03David Bénédic, fondateur de BDK Parfum, bonjour.
01:07Bonjour.
01:07Une maison de parfum de niche, une maison indépendante et c'est à souligner.
01:12Dans votre cas, clairement, vous ne pouviez pas faire autre chose que d'emprunter cette voie du parfum.
01:17Vous êtes complètement tombé dedans.
01:19Complètement, complètement. C'est très lié à mon histoire familiale parce que mes grands-parents ont ouvert leur première parfumerie en France en 1959.
01:28Et donc après, la parfumerie a été reprise par mes parents et moi, j'ai grandi dans cette parfumerie.
01:32D'où ma passion pour le parfum et mon envie d'en créer.
01:34Votre passion, mais votre parcours, votre formation, vous avez constitué toutes les étapes en ce sens finalement.
01:41Oui, un peu inconsciemment et en fait, c'était aussi par passion.
01:45Je n'avais pas trop une idée concrète de ce que j'avais envie de créer.
01:49Je sais juste que j'avais envie d'avoir un pied dans la parfumerie.
01:52Et en fait, ça s'est fait assez intuitivement et jusqu'à la création de ma maison BDK Parfum.
01:57Vous êtes passé par l'Institut français de la mode notamment.
02:00Vous êtes nourri en fait de culture générale presque ou de savoir-faire autour du parfum.
02:06Et après, vous aviez en tête quand même que ça passerait par une création d'entreprise.
02:11Oui, oui. J'avais vraiment envie de m'inscrire dans un projet entrepreneurial parce que j'avais à la fois envie d'incarner un projet et aussi de constituer une équipe et que je puisse porter à travers ce projet.
02:24Donc pour moi, ça passait par la création d'entreprise.
02:26Et donc, j'ai créé ma société en 2014.
02:29J'étais assez jeune, j'avais 24 ans.
02:30Oui, tout à fait.
02:30Oui. Et finalement, j'ai lancé ma maison à 26 ans.
02:34Vous fendez BDK Parfum donc dès 2016 avec une idée précise en tête et je dirais presque même complètement en amont de la tendance.
02:42Aujourd'hui, on dirait oui, évidemment, encore un parfum de niche.
02:45Mais vous, vous étiez totalement en amont.
02:47Est-ce que ça vous a joué des tours ? Est-ce que c'était plus dur donc ?
02:50Oui, elle est très intéressante votre question parce que c'est vrai qu'aujourd'hui, il y a tellement de maisons qui se montent, il y a tellement de marques.
02:57Le marché est un peu saturé et c'est vrai que moi, quand je reprends un peu la vision que j'avais en 2016, c'était vraiment l'envie de créer des parfums d'exception parce que j'étais vraiment passionné par ce métier et par ce sujet.
03:10Aujourd'hui, il y a beaucoup de jeunes qui viennent me voir et qui ont envie de monter leur maison, ce que je comprends entièrement.
03:16Mais moi, à chaque fois, ma première question que je leur pose, c'est est-ce que vous êtes vraiment passionné par le parfum ? Parce que finalement, il s'agit de ça et c'est pour ça qu'on fait ce métier.
03:24Est-ce que ça a été difficile justement de convaincre ou ne serait-ce que de se positionner en fait dans le storytelling ?
03:31Oui, bien sûr, surtout à 24 ans. Quand on va rencontrer ses premiers fournisseurs, quand on va convaincre des usines de fabriquer les produits, il faut avoir quand même un certain aplomb et aussi être convaincant.
03:43J'ai essayé d'user de ma jeunesse pour convaincre et surtout, j'ai essayé de montrer à mes fournisseurs que le projet s'inscrivait dans la durée et qu'il était amené à être pérant. Ça, c'est important.
03:54Est-ce que le patrimoine familial, à ce moment-là, ou les fonds d'ailleurs, vous ont aidé ?
03:58Non, pas du tout. Alors vraiment, la maison s'est constituée de façon très indépendante. J'avais vraiment envie de porter mon projet seul, toujours en lien avec cette histoire familiale,
04:08mais j'avais envie de créer ma propre histoire et c'est pour ça que ça s'est passé par un emprunt bancaire et par un peu d'argent que j'avais de côté.
04:16Votre propre parcours. Donc est-ce qu'il y a aujourd'hui un héritage twisté, de la modernité à votre patrimoine ou rien de tout ça ?
04:26Si, si, clairement. C'est très juste ce que vous dites. Pour moi, la parfumerie, c'est vraiment ça. C'est le lien entre les émotions et les matières premières.
04:33Et en fait, à travers BDK Parfums, j'avais vraiment envie de m'inspirer la parfumerie française, de cet héritage, mais de retranscrire cet héritage avec une vision très contemporaine
04:43qui s'inscrive aussi dans une vision urbaine et j'avais envie de parler aux gens de mon époque et c'est ce que j'essaie de faire encore aujourd'hui.
04:50Une maison indépendante, ça passe aussi par un flacon particulier. Le positionnement, ça passe évidemment par l'écrin, l'identité de la marque d'une part
04:59et le message d'autre part, outre le fait que cela soit unisexe, ce qui était un parti pris aussi à l'initial, des créations qui font écho à l'univers des mots et du récit.
05:08Vous aviez dans l'idée aujourd'hui encore de créer une bibliothèque olfactive. Qu'est-ce que c'est ?
05:15C'est une idée que j'ai imaginée. En fait, pour moi, les mots ont un sens. Les mots sont porteurs d'émotions.
05:21Et en fait, BDK, ça vient de mon nom de famille, Bénédicte BDK. Et en fait, à travers cet acronyme, j'avais envie d'imaginer un studio de parfum parisien
05:30qui soit très lié aux mots et aux récits parce que pour moi, le storytelling est très important.
05:33Et j'avais envie que les clients, finalement, ils comprennent pourquoi il y avait une telle démarche artistique au sein de chaque création.
05:41Et donc, j'ai imaginé une bibliothèque olfactive qui raconte des histoires, d'où les mots et les récits qui sont très importants.
05:47Vous êtes chef d'entreprise. Est-ce que vous créez seul ? Vous avez une vision seule ?
05:51Ou vous vous adressez à plusieurs parfumeurs aussi ? Et vous constituez ?
05:55Oui. Alors, oui. C'est important de le dire. Moi, je ne suis pas parfumeur.
05:57Je me suis formé au métier de la parfumerie à l'Institut du Français de la Mode.
06:00J'ai continué ensuite mon apprentissage avec un institut qui s'appelle 5e Sens à Paris.
06:05Mais je ne suis pas parfumeur. Mais toutes ces études, tout cet apprentissage m'a permis de pouvoir parler le même langage que les parfumeurs.
06:11Et mon choix chez BDK Parfum, c'était de travailler pas avec un seul parfumeur, mais avec plusieurs.
06:17Parce que je trouve qu'ils ont chacun leur personnalité. Ils ont tout un univers.
06:22Et ce qui m'intéressait, c'était d'avoir cette richesse au sein de la maison.
06:25Finalement, comme un studio qui collabore avec des artistes. C'est un peu l'idée qu'on retrouve chez BDK.
06:29Et donc, vous retrouvez l'idée d'une bibliothèque. Mais est-ce que vous arrivez à transmettre à chaque fois, en multipliant les parfumeurs, l'identité de la marque ?
06:37C'est un challenge. Parce que finalement, quand on parle de signature olfactive, qu'est-ce que ça veut dire ?
06:42En effet, chaque parfumeur a sa propre signature. Mais moi, j'ai un rôle un peu de directeur artistique.
06:48Mon rôle, c'est d'harmoniser ces signatures pour donner naissance à la signature BDK Parfum.
06:54Et là, peut-être que vous allez me demander, qu'est-ce que la signature BDK ?
06:56C'est ça. Où est-ce qu'on se positionne justement au milieu de toutes les fragrances aujourd'hui ?
07:01C'est une parfumerie chez BDK Parfum. C'est une parfumerie qui est généreuse, qui est très basée autour de la sensualité.
07:07Parce que je suis convaincu qu'on veut porter des parfums pour soi, mais aussi pour se faire remarquer.
07:11C'est toujours un plaisir quand on vous dit que vous sentez bon.
07:14Oui, c'est mieux.
07:14Voilà, c'est aussi le propos. Et donc, moi, j'avais envie de parler d'une parfumerie généreuse, sensuelle et aussi un peu avant-gardiste.
07:23Mais tout en trouvant le bon équilibre entre l'avant-gardisme et cette tendance à être compris par les gens de mon époque.
07:31Il y a un juste équilibre. Parce que pour moi, le parfum, c'est un objet qu'on porte tous les jours.
07:37Ce n'est pas une installation olfactive. On ne va pas faire une installation olfactive dans un musée ou dans une galerie.
07:42C'est un objet qu'on porte, qui fait partie de notre vie. Donc, il y avait quelque chose qui devait être compris assez facilement, finalement.
07:48Et là, vous répondez finalement à un questionnement générationnel et à une clientèle qui a évolué.
07:54On l'a vu aussi sur les parfums de niche où, en fait, on a constitué certes une bibliothèque, mais un dressing pour un moment de la journée, pour évoquer une personnalité.
08:02Et c'est ce que vont chercher les jeunes clients à présent parce qu'ils ont bousculé les codes de la cosmétique et du parfum.
08:10Et donc, vous avez vu, vous aussi, l'évolution de la clientèle et un rajeunissement de cette clientèle.
08:14Clairement, clairement. Et c'est ça qui est passionnant.
08:17C'est qu'il y a dix ans, je n'aurais jamais prédit qu'il y allait y avoir une nouvelle génération, une jeune génération qui allait être passionnée de parfum.
08:24En fait, le propos du parfum, le savoir-faire a été vraiment remis au centre du discours des marques en général.
08:30Mais aussi, la place du parfumeur reprend un peu son droit.
08:34Et ça, je trouve ça génial.
08:35Et ce que je trouve très passionnant, c'est que la jeune génération soit très passionnée par ce sujet-là.
08:41Donc, avec les réseaux sociaux, que ce soit sur Instagram, sur TikTok, il y a toute une communauté qui s'est créée dans différentes parties du monde.
08:48Et ce qui est incroyable, c'est que ces communautés parlent entre elles.
08:51Et moi, je suis ravi parce que justement, l'idée du parfum, c'est aussi de connecter et on y est vraiment.
08:55Est-ce qu'ils vous ont adoubé ?
08:57Je ne sais pas.
08:58Vous espérez.
09:00J'espère, voilà.
09:01Vous parliez de savoir-faire.
09:03Votre positionnement, c'est aussi du Made in France.
09:05Est-ce que c'est possible en parfum ?
09:07Complètement. Et il le faut.
09:09Pour moi, c'est évident que toute ma production devait être faite en France, que je devais travailler avec des fournisseurs et des fabricants français.
09:16J'avais envie de porter ce message parce que dans un monde qui est de plus en plus globalisé,
09:19il y a quand même des très beaux savoir-faire en France et c'est aussi un gage de qualité.
09:23Je suis très fier de mes racines et je trouve qu'on a des savoir-faire exceptionnels en France,
09:27que ce soit au niveau des verreries chez Bross en Normandie, que ce soit au niveau du packaging.
09:31Je travaille avec une entreprise familiale qui est basée au Mans, que ce soit les pompes et les cache-pompes.
09:37C'est Aptar dans le Massif Central.
09:38Il y a toute une chaîne de savoir-faire qui est vraiment très intéressante, qui est passionnante.
09:43Et j'ai réussi à nouer des relations solides avec eux et j'en suis très fier.
09:47Et ce qui donne aussi le signal prix, c'est ce qui donne la gamme de prix.
09:51Vos marchés aujourd'hui, est-ce que c'est la France encore ou alors les Etats-Unis et le Moyen-Orient
09:57qui sont de gros consommateurs en termes de parfumerie ?
10:00Oui, alors notre premier marché, c'est la France.
10:02Ce que je trouve bien, c'est qu'on se revendait comme une maison parisienne, une maison française.
10:06Pour moi, c'était toujours très important d'être fort sur son marché local
10:09parce que c'est important d'incarner ce qu'on veut représenter.
10:12Et après, les marchés qui sont importants pour nous, forcément, c'est les Etats-Unis
10:15où il y a un vrai engouement autour de la parfumerie de niche.
10:18Et ce qui est génial avec les clients américains, c'est qu'ils adorent en parler.
10:21Donc, ça crée des conversations.
10:22Et le Moyen-Orient, c'est une zone aussi qui est très importante.
10:25L'Europe aussi est une zone importante.
10:27Ça constitue quand même au moins 40% de notre chiffre d'affaires
10:31et suivi par les Etats-Unis et le Moyen-Orient.
10:33L'influence, le modèle d'influence en termes de communication
10:37fait partie aujourd'hui de ce qui porte la marque pour vous ?
10:40Oui, oui. Après, ça s'est fait assez naturellement.
10:42Je n'y connaissais pas grand-chose à l'influence.
10:44Et c'est des relations que j'ai nouées avec certains créateurs de contenu
10:47qui sont aussi passionnés par le sujet.
10:49Et c'est vrai qu'on a créé des liens.
10:51Et je n'avais pas envie de créer des liens qui ne soient pas honnêtes ou pas sincères.
10:55Et j'en suis fier de pouvoir dire qu'aujourd'hui,
10:58ces personnes-là qui parlent de la maison
10:59sont aussi des ambassadeurs et portent le message de la maison.
11:02Donc globalisation, d'une part, avec cette influence.
11:06Mais à côté, il y a une stratégie de distribution
11:07qui est, comme votre parcours, très réfléchie.
11:11Parce que c'est très exclusif et très sélectif.
11:13Votre flagship à Paris, 312 Saint-Honoré,
11:15c'était seulement il y a deux ans.
11:19C'est le vaisseau amiral.
11:22Mais il n'y a que ce flagship, en fait.
11:23Pour l'instant.
11:24Pour l'instant, les autres, donc prévu quoi ?
11:26New York et Dubaï ?
11:27Il y a une boutique qui va ouvrir à Dubaï d'ici la fin de l'année.
11:31Voilà, ça a été un peu retardé,
11:33mais ce n'est pas une question de travaux, mais ça arrive.
11:36Et l'idée, c'est d'ouvrir plusieurs boutiques dans le monde,
11:38mais toujours de façon très choisie.
11:41L'idée, ce n'est pas d'ouvrir des boutiques pour ouvrir des boutiques,
11:43c'est d'ouvrir des boutiques sur des marchés clés,
11:45pour se représenter et aussi pour donner l'expérience en magasin
11:49à nos clients finaux.
11:50Parce qu'en fait, il y a un modèle de distribution
11:52qui joint le wholesale au retail.
11:54Et donc, on avait quand même envie,
11:56quand on maîtrisait un peu mieux la distribution,
11:59chez nous, dans nos boutiques,
12:00de donner une expérience assez unique
12:02où on découvre les parfums BDK.
12:04Quand ce sont vos boutiques en propre,
12:05il s'agit de transmettre l'expérience l'aile
12:07et sinon de diffuser la marque.
12:09Exactement.
12:10LVMH Structury Ventures est entrée au capital
12:12pour répondre à ces projets,
12:14notamment de développement, évidemment,
12:16et aussi parce que ça a du sens aujourd'hui
12:18en termes de produits, en termes de cibles ?
12:19Oui, alors il y a plusieurs choses à dire
12:22sur cette entrée au capital d'LVMH Ventures.
12:25L'idée, c'était vraiment de continuer à faire ce qu'on fait.
12:28Parce que ce que j'ai aimé avec les personnes
12:30que j'ai rencontrées,
12:31c'est qu'on avait une vision alignée
12:33qui était sur le long terme
12:34et qui allait vraiment servir à continuer
12:36à construire la marque,
12:37continuer à la développer
12:38et faire justement,
12:40pouvoir avoir des investissements
12:41qui vont pouvoir nourrir la réflexion,
12:44recruter des gens de talent au sein de l'équipe
12:45et à la fois pouvoir ouvrir des boutiques,
12:48mais encore une fois,
12:48de façon très réfléchie
12:50et de penser le projet bien en amont
12:53avant de faire les ouvertures.
12:54Vous ne craignez pas aujourd'hui
12:56ce qu'on qualifie de fragrance fatigue ?
12:59Non, non.
13:01Je pense que le parfum existe depuis des siècles
13:04qui ne va pas s'arrêter.
13:05Ça ne va pas s'arrêter demain.
13:06Ce que je pense qui est important,
13:08c'est de ne pas galvauder le mot niche, par exemple.
13:12Il y a beaucoup de maisons qui se lancent,
13:14qui se disent,
13:15on est une marque de niche,
13:16on est une marque de niche.
13:17Le mot niche, il y a dix ans,
13:18il était précieux.
13:20Aujourd'hui, il est repris un peu trop, selon moi.
13:23Même moi, j'en viens plutôt à dire
13:24qu'aujourd'hui,
13:25PDK Parfums, ce n'est pas une maison de niche,
13:27c'est une maison de parfumerie artistique.
13:30Ce n'est pas la même chose.
13:31Les prochains projets, c'est quoi pour vous ?
13:33C'est de continuer ce développement retail.
13:36Cette année, on fête les dix ans de la maison,
13:37comme vous l'avez dit,
13:38et on lance une nouvelle collection au mois de mai,
13:40une très, très jolie collection,
13:42en partenariat avec Jordi Fernandez et Givaudan.
13:46Et pour cette occasion,
13:47on aura un très bel événement à Paris.
13:49Je ne peux pas trop révéler,
13:50mais pendant une semaine,
13:51on va avoir des conversations autour du parfum
13:53et on va inviter à la fois nos partenaires
13:55et à la fois nos clients.
13:56Et j'espère que ça va être bien.
13:56Et ça fait écho aussi à votre manière
13:58de créer les collections,
14:00la collection parisienne
14:01ou alors la collection autour des matières.
14:03Et c'est toujours ces relations
14:04qui sont importantes ?
14:06Effectivement.
14:07Pour moi, la parfumerie, c'est vraiment ça.
14:09C'est vraiment le lien entre les émotions
14:10et les matières premières.
14:11Et je n'avais pas envie de parler
14:12que de matières premières,
14:13parce que pour moi,
14:14les matières premières,
14:14c'est le B.A.B. de la parfumerie.
14:16Donc, c'est évident qu'on utilise
14:17des matières premières.
14:17Et sortir aussi des matières
14:18telles que le cuir, etc.,
14:20qui sont très particulières
14:21en termes de messages.
14:22Oui, mais en plus,
14:23il y a des matières premières fabuleuses
14:24qui viennent du monde entier.
14:25Donc, chez Beletia Parfum,
14:26il y a un grand respect
14:27des matières premières.
14:27Il y a un grand respect
14:28des cultivateurs de matières premières
14:30qui sont partout dans le monde.
14:32En fait, les matières premières
14:33viennent de partout,
14:34mais le concentré est fabriqué à Grasse.
14:36Et après, il est mis en alcool
14:37à Chartres, dans l'usine.
14:38Et aussi, je voulais parler d'émotions,
14:40parce que pour moi,
14:40la parfumerie contemporaine,
14:41c'est vraiment ça.
14:42C'est ce lien entre les émotions
14:43et les matières premières.
14:44Voilà.
14:45Bon, il faut aller dans les rayons
14:47et dans les étagères
14:48de cette bibliothèque olfactive.
14:49Merci, David Bénédic,
14:50fondateur de BDK Parfum.
14:52Vous vous êtes ouvert aux soins
14:53parfumés, d'ailleurs.
14:54Le marché indien,
14:55est-ce que c'est un Eldorado
14:56pour vous, une réalité déjà ?
14:58Est-ce que c'est quelque chose
14:59que vous projetez ?
15:00Écoutez, le marché indien,
15:01on s'y intéresse,
15:01on y est déjà.
15:02Il y a des acteurs français
15:04qui ont ouvert des magasins là-bas.
15:05Tout à fait.
15:06Et donc, on y est.
15:07Et j'y vais le 20 février.
15:09Donc, je vais pour la première fois
15:11découvrir ce marché,
15:11j'ai hâte.
15:12Oui, oui, je pense que
15:13les yeux brillent
15:14quand on parle du marché indien.
15:16Dans la réalité,
15:17c'est pas si facile,
15:18mais dans tous les cas,
15:19on y revient tout de suite.
15:20Le marché indien,
15:21terre d'accueil ou terre hostile
15:22pour les maisons de luxe,
15:23un décryptage à venir
15:24avec Katia Bonnevad et Schmitt
15:26dans un instant
15:26dans Iconic Business.
15:29Iconic Business,
15:30le luxe by BFM Business.
15:33Le marché indien,
15:34terre d'accueil ou terre hostile
15:35pour les maisons de luxe,
15:37un décryptage tout de suite
15:37avec Katia Bonnevad et Schmitt.
15:42Vous êtes partenaire
15:43chez Baker McKenzie.
15:45Bonjour.
15:45Bonjour.
15:46Les marques fantasment-elles
15:47le marché indien ?
15:49C'est la question
15:49qu'on se pose aujourd'hui
15:50parce qu'on en parle beaucoup,
15:52mais ça fait des années
15:53qu'on en parle.
15:54Est-ce que c'est vraiment
15:55l'Eldorado escompté ?
15:57Alors, oui,
15:58en quelque sorte.
15:58Je dirais qu'aujourd'hui,
16:00on voit énormément d'articles
16:01dans la presse,
16:03dans les médias,
16:04de façon générale,
16:05sur le potentiel
16:06du marché indien.
16:06Ce n'est pas un nouveau sujet
16:07à proprement parler
16:08parce que ça fait des années
16:09qu'on s'interroge
16:10sur ce marché.
16:11Je me souviens,
16:12en 2004, 2005,
16:13le PDG de Prada avait dit
16:15que c'est un marché
16:15à très fort potentiel,
16:16mais il faut se projeter
16:17dans 50 ou 100 ans
16:19pour pouvoir vraiment
16:20mesurer véritablement
16:21le potentiel de ce marché.
16:23Mais incontestablement,
16:25c'est un marché
16:25qui intéresse énormément
16:26en raison notamment
16:28du contexte géopolitique.
16:30Oui, tout à fait.
16:30Donc, on a un marché russe
16:31aujourd'hui qui est fermé
16:32pour les marques,
16:34un marché chinois
16:35qui s'essouffle.
16:36Oui, c'est ça,
16:37un marché chinois
16:37qui s'essouffle
16:38et aussi qui s'est refermé
16:39presque sur un luxe national.
16:41Les arbitrages sont différents.
16:43Exactement.
16:43Et les marques
16:44le gèrent un petit peu
16:46plus différemment
16:47pour certaines même sortes
16:49en quelque sorte
16:50de ce marché.
16:51Et après,
16:51on a les États-Unis
16:52qui étaient vus
16:53comme le marché refuge.
16:55On en a discuté
16:55l'année dernière
16:56à ce sujet.
16:57Mais c'est vrai
16:57que c'est aujourd'hui
16:58un marché
16:58qui est très incertain.
17:00On n'a pas de boule de cristal.
17:01C'est très difficile
17:02de prédire effectivement
17:03ce qui peut se passer
17:03avec les États-Unis.
17:05Et donc, l'Inde
17:05apparaît un petit peu à part
17:07avec un énorme potentiel.
17:09C'est un marché
17:09où vous avez quand même
17:10une population
17:11de 1,4 milliard de personnes,
17:13350 milliardaires.
17:16Donc, un vrai potentiel
17:17pour le luxe.
17:18On parle de débouchés
17:19depuis des années,
17:21mais on a l'impression aussi,
17:22ça revient à ce qu'on disait,
17:23que c'est pas si simple
17:25à pénétrer,
17:26à s'installer finalement
17:27pour toutes ces maisons de luxe.
17:28Oui, c'est un marché
17:29qui est très spécifique.
17:31Et je pense que
17:31toutes ces années
17:33qu'on a mis
17:34à essayer
17:34de le comprendre,
17:37d'y pénétrer,
17:37de le développer,
17:39s'expliquent d'abord
17:40par des taxes
17:41et des droits de douane
17:42qui sont quand même
17:42très élevés.
17:43Alors, ça va peut-être changer
17:45parce qu'on a eu quand même
17:46cet accord
17:46qui était conclu
17:47entre la Suisse,
17:48Norvège,
17:48Liechtenstein,
17:49avec l'Inde
17:50où on voit
17:51que les droits de douane
17:52progressivement
17:52vont être diminués,
17:54notamment sur les produits
17:55de l'orogerie.
17:56Et aujourd'hui,
17:57on pense qu'il va y avoir
17:59un développement
18:00quand même assez substantiel
18:01sur la vente
18:03de montres de luxe.
18:04Je crois que les prévisions
18:05sont à plus de 18%
18:06comparées à 6 ou 7%
18:08sur les autres produits.
18:10Donc, l'Union européenne
18:11aussi négocie,
18:12c'est imminent.
18:13Il y a quand même
18:13une visite prévue
18:14le 27 janvier
18:15sur un accord
18:17de libre-échange
18:17avec l'Inde.
18:19Tout le monde y voit
18:19son intérêt
18:20au regard de cette tension
18:22qui existe
18:22avec les États-Unis.
18:24Donc, je pense que
18:24les taxes,
18:25droits de douane,
18:26c'était une des raisons.
18:27Infrastructure aussi,
18:29pas suffisamment développée.
18:30Donc, il y a des efforts
18:31qui ont été faits,
18:31mais ce n'est toujours
18:32pas suffisant
18:33pour pouvoir vraiment
18:34bien s'implanter.
18:35Densité aussi,
18:36très importante
18:37sur ce territoire.
18:38Donc, la surface
18:39commerciale à trouver
18:40n'est pas si simple.
18:42Et puis,
18:42une complexité aussi
18:43administrative.
18:45Donc, voilà,
18:45on a parfois
18:46des difficultés
18:47d'un point de vue
18:47administratif
18:48pour faire les permis.
18:50Donc, très souvent,
18:50les marques s'orientent
18:51pour trouver
18:52des partenaires locaux.
18:53et c'est par ce biais-là
18:55qu'elles développent
18:56leurs activités.
18:56En fait, il faut
18:57s'adosser
18:57à des marques locales.
19:00Est-ce qu'il y a aussi
19:00une question
19:01autour de la propriété
19:03intellectuelle ?
19:04Parce que,
19:05comme en Chine,
19:06à une époque
19:07où il fallait
19:08s'adosser justement
19:09à un savoir-faire
19:10et puis laisser
19:11léguer la propriété
19:13intellectuelle
19:13pour pouvoir s'installer,
19:15est-ce que le marché
19:15indien
19:16joue la même carte ?
19:18Alors, oui.
19:20L'Inde a quand même
19:21un droit
19:22qui est très bien développé
19:23sur certains domaines,
19:25en matière de propriété
19:26intellectuelle,
19:26par exemple,
19:28influencé aussi
19:29par le droit anglais.
19:31Alors,
19:31tout n'est pas
19:32parfaitement protégé,
19:33donc les règles existantes
19:36ne sont pas suffisantes.
19:37Et puis, peut-être,
19:38il y a aussi
19:38les règles telles
19:39qu'elles existent
19:40et puis l'application
19:41qui en a été faite
19:41par les tribunaux.
19:43J'ai eu quelques dossiers
19:44en Inde.
19:46Ce n'est pas
19:46le système judiciaire
19:47le plus rapide
19:47du monde.
19:48Il y a d'excellentes juristes.
19:50J'ai travaillé
19:50avec d'excellentes juristes
19:51là-bas,
19:51mais ce n'est pas
19:52le système judiciaire
19:54le plus rapide.
19:55En revanche,
19:56oui,
19:56c'est absolument
19:58un marché
19:59dans lequel
19:59il y a un véritable potentiel
20:01et je pense
20:02qu'en dépit
20:02de ces obstacles,
20:03les marques
20:04s'y intéressent
20:05tout particulièrement.
20:05À ce stade,
20:06on parle encore
20:07d'incursions
20:08avec notamment
20:09les galeries Lafayette
20:10qui se sont implantées.
20:12Un marché
20:13très particulier.
20:14On y va
20:14par petites touches.
20:15Est-ce qu'on peut miser
20:16aussi sur la croissance
20:17des classes moyennes aisées ?
20:20Absolument.
20:21Oui,
20:21ça c'est sûr
20:22qu'aujourd'hui,
20:23il y a effectivement
20:23ces fortunes
20:24traditionnelles,
20:26bien établies
20:27et puis il y a effectivement
20:27ces fortunes
20:28plus récentes
20:29qui émergent
20:30et une classe moyenne
20:31également
20:32qui se développe
20:33et c'est ce qui fait
20:33que du coup,
20:34les marques
20:34s'y intéressent
20:35de plus en plus.
20:36c'est parfois
20:37plus compliqué
20:38de s'y implanter
20:38tout de suite.
20:39Les galeries Lafayette
20:40c'est un excellent exemple
20:41parce que ça va servir
20:42de vecteur
20:42pour que certaines des marques
20:44entrent par ce biais-là
20:45sur le territoire indien
20:46et il y a déjà
20:49un centre
20:49qui a été ouvert.
20:51Il y a un projet
20:51pour l'ouverture
20:52d'une deuxième galerie Lafayette
20:54également sur le territoire indien.
20:56Donc oui,
20:56il va y avoir
20:56absolument des...
20:57Et c'est aussi
20:58l'exemple
20:58d'une marque
21:00comme L'Oréal
21:01qui tente
21:02le luxe,
21:04le positionnement luxe
21:05en étant sur le marché indien
21:07et d'aller capter
21:08justement
21:08une clientèle
21:09tellement vaste.
21:10Oui,
21:11parce que les produits
21:12de beauté par exemple,
21:13tout ce qui est skin care
21:14est très...
21:16en développement
21:17effectivement
21:17sur le marché indien
21:19on voit
21:19de exclusive fluctuation
21:21qui se développent
21:21sur certains
21:22notamment dans
21:23les grandes...
21:25enfin les surfaces
21:26les...
21:28ce qu'on appelle
21:28les molles
21:29un petit peu
21:29qu'on avait l'habitude
21:30de voir à Dubaï
21:31et aujourd'hui
21:32on a les mêmes types
21:33de surfaces de vente
21:34qui se développent
21:35en fait sur le marché indien
21:36et dans lesquelles
21:36vous allez trouver
21:37des espaces exclusifs
21:39de produits cosmétiques
21:40et de beauté
21:41voilà
21:42de très grandes marques
21:44il y a la Prairie
21:45qui se lance
21:46L'Oréal aussi
21:47donc oui absolument
21:48après
21:49c'est vrai que ces marques-là
21:50doivent aussi s'adapter
21:51à la culture indienne.
21:52C'est ça
21:52c'est ce que j'allais dire
21:54est-ce qu'il y a une carte
21:54à jouer pour le luxe français
21:56ou alors
21:56comme le marché chinois
21:57elles ont été échaudées
21:58aussi par le storytelling
22:00pour le marché chinois
22:01où
22:01elles ont sous-estimé
22:02parfois
22:03la culture locale
22:04est-ce que là
22:05c'est la même chose
22:06et l'approche doit être différente
22:08et le message doit être
22:09localisé
22:09si je peux dire ?
22:11Je suis parfaitement d'accord
22:12il faut prendre en considération
22:14les traditions indiennes
22:16la culture indienne
22:17c'est vraiment
22:17un marché
22:18qui est sur un
22:19voilà
22:19très spécifique
22:21c'est un marché
22:22qui est en plus
22:22très attaché
22:23à tout ce qui est artisanat
22:24ce qui est quand même
22:25le cœur
22:25de beaucoup
22:26des maisons de luxe
22:27donc
22:27et dans lequel
22:30il faut prendre en considération
22:31ces particularités
22:33il y a beaucoup
22:33de maisons aujourd'hui
22:34qui font des partenariats
22:36par exemple
22:36avec des personnalités
22:37indiennes
22:39qui coopèrent
22:41par exemple
22:41avec des artisans
22:43artisans locaux
22:45ou des maisons locales
22:47des créateurs locaux
22:48pour tenir compte
22:49en fait
22:50pour intégrer
22:51ce savoir-faire
22:52ces particularités
22:54ces modèles
22:54broderies et autres
22:55dans leurs propres modèles
22:56et c'est ce qui peut marcher
22:58je pense que c'est le seul moyen
22:59d'approcher ce marché
23:00de s'implanter
23:02est-ce que là
23:02il y a une bataille
23:03luxe français
23:04haut de gamme américain
23:05est-ce qu'on va se disputer
23:06le même marché
23:07c'est possible
23:08mais je pense que le luxe français
23:09a quand même
23:10une longueur d'avance
23:12parce qu'il y a
23:12cette subtilité
23:14cette
23:14attention particulière
23:17volonté
23:18il y avait
23:19le défilé de Dior
23:20par exemple
23:21à Bombay
23:22où on a voulu
23:23s'imprégner de ce marché
23:24donc je pense que
23:25cette sensibilité
23:26de la culture
23:27locale
23:28est vraiment prise en compte
23:29plus facilement
23:30par les marques françaises
23:30on en parlait
23:31il y a plus de 10 ans
23:32on va en parler encore
23:33les 10 années à venir
23:34merci beaucoup déjà
23:35pour ces premiers éclairages
23:36Katia Bonnvade-Schmidt
23:37de Baker McKenzie
23:38dans Iconic Business
23:39on vous retrouvera
23:40j'espère très prochainement
23:41pour de nouveaux décryptages
23:43Iconic Business
23:44c'est toutes les semaines
23:44en TV et radio
23:45dès à présent bien sûr
23:47en podcast et replay
23:48tout est à retrouver en ligne
23:49Iconic Business
23:51le luxe
23:52by BFM Business
23:53et puis
23:55Sous-titrage Société Radio-Canada
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