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Ce vendredi 24 avril, Audrey Maubert a reçu Derek Barbolla, fondateur de Cercle, Cécile Lejeune, présidente de Kantar France, et Lidia Ageeva, journaliste Icon France dans l'émission Iconic Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission le mardi et réécoutez la en podcast.
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00:01Générique
00:06Iconique Business, le luxe by BFM Business, Audrey Maubert
00:10L'expérientiel, c'est le nouveau terrain de jeu du luxe, que ce soit marketing ou autre,
00:15les consommateurs l'exigent et arbitrent ainsi.
00:17L'expérientiel, ça parle au fondateur de Cercle, un mouvement artistique à la dimension internationale
00:22qui promet à son public cible, amoureux de l'électro, des expériences.
00:26Lieux exceptionnels, mise en image, programmation pointue, Derek Barbola est dans Iconique Business dans un instant.
00:33Sport et luxe font définitivement bon ménage également.
00:36Pierre Gasly et Géry Givenchy, parfum, il est dans Icon France, dans le nouveau numéro.
00:41L'iconique capsule avec Lydia Agiva, les parfums de niche, c'est assurément le bon filon, on en parle avec
00:47elle.
00:48Vuitton, Hermès, Chanel, quelles sont cette année les marques luxe en vue ?
00:52Le classement Brenzi avec la présidente Cantart France, Cécile Lejeune, ce sera dans un instant.
00:57On verra si ça a légèrement bougé.
01:00C'est Iconique Business, bienvenue.
01:05Cette semaine dans Iconique Business, Derek Barbola, fondateur de Cercle.
01:09Bonjour.
01:10Bonjour Audrey.
01:11Cercle, c'est de la musique électro avant tout, de l'expérience surtout, c'est ça ?
01:16Absolument.
01:17C'est comme ça qu'on peut décrire, c'est pas un concert simplement, surtout pas dire ça.
01:21Enfin, ça reste quand même des concerts et des festivals, mais on essaie d'aller plus loin que ça, oui,
01:26effectivement.
01:26La programmation pointue, c'est un prérequis, assurément, c'est un faire venir, mais c'est pas l'unique chose,
01:34c'est quoi ?
01:34C'est toute la place de l'image autour et le lieu qui doit être exceptionnel aussi ?
01:38C'est vraiment le mix entre les deux qui doit être exceptionnel, ou en tout cas qui doit raconter une
01:42histoire.
01:43C'est l'association entre un artiste et sa musique et un lieu exceptionnel qui vont créer, c'est un
01:49peu le 1 plus 1 égale 3, qui vont créer quelque chose qui va susciter l'émotion.
01:54Cercle, ça a 10 ans.
01:56À quel moment vous vous êtes dit, je me lance là-dedans, quel a été le brin de folie justement,
02:03la prise de risque ?
02:04Comment vous avez basculé amoureux de l'électro et envie de faire ça ailleurs ?
02:08Absolument, amoureux d'électro, de cinéma aussi et d'images, j'ai même étudié le cinéma, donc ça a commencé
02:14dans mon appartement, dans mon séjour en fait en 2016,
02:17et j'ai très vite eu des problèmes de voisinage, mes voisins se sont venus toquer à la porte et
02:21en fait ça m'a obligé à m'exporter.
02:24Et quelques mois après, j'ai envoyé un petit message sur le formulaire de contact de la Tour Eiffel en
02:29octobre 2016,
02:30et ils m'ont répondu positivement, on a fait le premier concert sur la Tour Eiffel à ce moment-là,
02:34et c'est là où vraiment le concept a explosé.
02:36Mais donc on y va au culot, on prend des risques sur les financements, comment ça se passe ?
02:41Oui, il y a toujours un petit peu de culot, un petit peu de chance, mais beaucoup de travail.
02:46Et au niveau des financements, en fait, la plupart des financements viennent de la biéterie, donc des tickets qu'on
02:51vend,
02:51et certains de nos concerts sont sans public, comme le premier sur la Tour Eiffel,
02:55puisque tous nos concerts sont filmés, retransmis sur les réseaux sociaux, donc le public étant aussi et surtout en ligne.
03:01Donc vous monétisez sur un autre endroit de la chaîne de valeur justement, pas seulement en présentiel,
03:07mais aussi sur toute la diffusion autour ?
03:09Tout à fait. Alors sur YouTube, il y a une monétisation, même si elle est assez faible,
03:14c'est de l'ordre de 1000 à 2000 euros par million de vues.
03:17Il y a aussi via le label, puisqu'on a un label de musique,
03:20mais en fait, YouTube pour nous, c'est surtout une plateforme de visibilité,
03:24puisque là, on a atteint déjà le milliard de vues sur YouTube.
03:27Et en fait, ces personnes qui voient nos vidéos viennent ensuite à nos concerts,
03:31donc c'est surtout sur la biéterie qu'on vend, enfin c'est surtout les tickets qu'on vend
03:34qui nous permettent de produire les expériences.
03:36Notre communauté est très internationale, ça vient du monde entier, y compris de la France,
03:41puisqu'on est un projet français.
03:44Les concerts, le prix varie entre 50 et 200 euros,
03:48donc il y en a pour aussi tous les budgets.
03:51Mais c'est vrai que nos concerts ne sont pas particulièrement...
03:53Quand je voyais, par exemple, les concerts de Céline Dion qui puissent vendre jusqu'à 1000 euros...
03:56Exactement, c'est à ça qu'on pense tous !
03:58Non, c'est moins cher que le concert de Céline Dion.
04:00Donc ce n'est pas particulièrement non plus cher,
04:02je veux dire, c'est à la hauteur de l'expérience qu'on vit.
04:05Et il y en a à peu près pour tous les budgets.
04:10Et on a même un concept qui s'appelle Cercle Moment,
04:13donc ce sont des concerts plus réduits, cette fois-ci vraiment très privés,
04:17et ceux-là peuvent être un peu plus chers.
04:19Mais c'est vrai que normalement, je dirais que notre communauté a de 25 à 35-40 ans
04:26et vient du monde entier.
04:27Avec un public cible totalement électro.
04:30Quelques incartades parfois, mais vraiment, le socle, c'est l'électro.
04:34Oui, le socle, c'est l'électro.
04:35Depuis le début du projet, je dirais que 90% des artistes qu'on invite viennent de musique électronique.
04:40Après, la musique électronique, c'est très large.
04:42Il peut y avoir FKJ, par exemple, qui fait presque du jazz,
04:46ou en tout cas une musique beaucoup plus chill, on va dire, jusqu'à la techno.
04:50Et aussi parfois de la musique néoclassique, même de la pop de temps en temps.
04:55Tant que la musique colle bien aux images,
04:57et tant que la musique appelle à l'image, à l'émotion, ça nous intéresse.
05:02Par contre, c'est vrai qu'on a un gros socle électronique.
05:04Parce que l'enjeu, c'est que l'image ne soit pas prétexte.
05:08Elle contribue au discours du concert.
05:11Exactement.
05:11Que ce soit la bande sonore du lieu, un petit peu.
05:14On parlait de culot, de rentabilité selon le seuil de billetterie.
05:19Il y a le fait aussi que vous ayez assez vite diversifié des expériences immersives,
05:23des événements, des festivals, même un label.
05:25C'est là où vous arrivez justement à créer l'équilibre, à retrouver vos marges,
05:31parce que vous investissez beaucoup pour de tels événements.
05:34Oui.
05:34Alors, il y a des événements où on investit plus que d'autres.
05:38Par exemple, Cercle Odyssée, qui était quand même un événement avec des frais de production très élevés.
05:43Une scène centrale de l'image sur l'ensemble.
05:46Un petit peu comme ici.
05:47Exactement.
05:48Mais vraiment, c'est 50 mètres par 50 mètres.
05:51Une scène centrale, tout le public autour, un son spatialisé, des images et même des odeurs qui sont liées aux
05:56images.
05:57Et une tournée mondiale.
05:58Et une tournée mondiale.
05:59Donc là, effectivement, des répétitions qui peuvent prendre beaucoup de temps, etc.
06:03Donc là, ce sont de forts investissements.
06:05Mais ils payent puisque le public et les artistes ont vraiment adoré le concept.
06:11Et donc, ce sont des artistes que vous bouquez sur plusieurs années.
06:16Vous renouvelez ou vous jouez justement avec la fidélité ?
06:20Alors, on a des artistes qu'on appelle dans la famille Cercle, avec qui on a noué de très fortes
06:26relations.
06:26Parce que, par exemple, on voyait tout à l'heure Sofiane Pamard sous les aurores boréales.
06:30On a passé une semaine avec lui à chercher les aurores boréales.
06:32Donc, en fait, on crée forcément des relations particulières avec certains artistes qu'on invite plusieurs fois.
06:38Mais sinon, en fait, on peut collaborer avec tout type d'artistes.
06:42Il y a des artistes qu'on a reçus trois, quatre fois.
06:44Et d'autres, qu'on continue des nouveaux artistes aussi, des artistes plus émergents qui arrivent.
06:50Et donc, voilà, nous, on travaille avec tous les artistes qu'on aime bien, finalement.
06:53Et après, vous testez, vous prenez des risques, vous faites sortir un peu du lot ceux que vous avez dénichés,
06:59sourcés ?
07:00Oui, tout à fait. Par exemple, dans la cour d'honneur des Invalides, je me rappelle qu'on a invité
07:06Agna Rani, qui est une pianiste.
07:07Alors que, d'habitude, on a invité vraiment des artistes de musique électronique.
07:12Et je me rappelle au début, même dans mon équipe, je me disais, mais pourquoi on invite une pianiste ?
07:15Attention, un concert assis. Donc, parfois, on prend des risques.
07:17Mais voilà, la vidéo d'Anya vient de dépasser les 10 millions de vues sur YouTube.
07:22Donc, ça a plu au public.
07:23Donc, ce sont des risques, parfois, qu'on prend, mais qui sont...
07:26Enfin, ça reste de la curation.
07:28Donc, on ne peut pas toujours réussir.
07:30Mais la plupart du temps, je suis assez content.
07:33Oser prendre des risques.
07:35Et puis, ça permet d'asseoir une notoriété.
07:37Le cercle festival du 22 au 24 mai prochain au Bourget, directement sur le tarmac du Bourget.
07:43Pas un choix anodin, l'électro et l'espace.
07:46L'un raconte l'autre.
07:47C'était une rencontre évidente ?
07:48Oui. Alors, moi, je suis passionné d'aviation, déjà.
07:51Oui.
07:52Depuis que je suis tout petit.
07:53Mais aussi d'aérospatial.
07:55Je pense que l'espace et le son et la musique s'attirent.
08:01En fait, s'attirent.
08:02Les personnes qui travaillent dans le spatial, en général, sont très attirées par la musique.
08:06Et vice-versa.
08:06Une petite nostalgie. Jean-Michel Jarre, en fond.
08:09Exactement.
08:09Il y a une inspiration de Jean-Michel Jarre.
08:11Et puis, du coup, ça fait déjà quatre fois qu'on collabore avec le musée de l'air et de
08:16l'espace.
08:17D'abord avec un format beaucoup plus petit, puisque le premier concert avait seulement 500 personnes.
08:21Et là, on va, en 2026, accueillir plus de 54 000 personnes dans quelques jours.
08:28Donc, c'est très excitant.
08:29Et c'est une collaboration qui est née petit à petit.
08:34Et sur le spatial, effectivement, on a cette année collaboré avec l'ESA et le CNES.
08:39Donc, on va même créer une coupola, une coupole, où on va avoir des débats et des conférences avec des
08:46petites surprises que je ne peux pas dire ici, mais avec des invités de choix, on va dire.
08:50Oui, des invités de choix directement dans l'espace.
08:55Absolument.
08:55En fait, Sophie Adnaud va ouvrir symboliquement le festival depuis l'ISS.
09:03Mais on va aussi sur place.
09:04Alors, elle, elle sera à l'ISS, elle ne va pas pouvoir venir voir le festival.
09:07Mais sur place, on aura aussi d'anciens ou d'anciennes astronautes, par exemple, qui vont venir débattre avec nos
09:14artistes même.
09:14Donc, ça va être vraiment très intéressant.
09:16Il fallait aussi, j'imagine, se positionner ou avoir une différence.
09:23Il y a beaucoup, beaucoup de festivals sur une fin de saison, mai, juin, juillet également.
09:30C'était l'enjeu aussi.
09:31Est-ce que quand on se lance dans un festival de cet ordre-là, on est sûr de rentrer dans
09:36ses frais ?
09:36On est sûr de son coût ?
09:38Est-ce qu'il y a toujours cette part de risque ?
09:40Oui.
09:41Alors, dans l'événementiel, je pense que tous les producteurs vous le diront.
09:44C'est quand même un secteur qui est risqué, puisqu'il y a des aléas météo, rien que ça.
09:50Il y a les aléas, effectivement, est-ce qu'on va vendre suffisamment de tickets ou pas ?
09:54Mais c'est sûr qu'on a une différenciation par rapport aux autres festivals qui est effectivement le lieu,
09:58mais aussi la scénographie, parce qu'on va essayer de faire en sorte que le public se sente très proche
10:03de l'artiste.
10:04Et si vous voyez nos images, vous verrez que les scènes sont petites et que le public peut presque toucher
10:09l'artiste.
10:09Ce qui n'est pas le cas dans un festival classique où on peut se retrouver très facilement à 100
10:13mètres de la scène, finalement.
10:14Vous avez déjà envisagé et pensé, j'en suis certaine, la prochaine tournée mondiale, avec toujours plus de dates, toujours
10:20plus de régions du monde ?
10:22Oui, alors, oui, oui, moi, je suis un petit peu hyperactif dans ce sens-là.
10:26Donc, oui, oui, je réfléchis à beaucoup de choses.
10:28Après, on essaye aussi de mener un rythme qui soit soutenable, on va dire.
10:35Donc, effectivement, là, par exemple, en 2025, on a fait 29 dates en un mois et demi.
10:39C'était très, très soutenu.
10:41Donc, effectivement, on pense à la suite et à la tournée, potentiellement même à internationaliser le festival.
10:49Mais ça sera annoncé, voilà, bientôt.
10:51Ça sera annoncé bientôt.
10:52Ça nous servira de teasing.
10:57Expérience et émotion, évidemment.
11:00C'est en ça que ça parle aussi à ce momentum du luxe où il faut que ça passe véritablement
11:06par l'expérientiel et ça ouvre une clientèle.
11:08L'innovation, bien sûr.
11:11Est-ce qu'il y a un lieu fou qui vous fait encore envie parce que vous en avez déjà
11:15fait un sacré nombre ?
11:17L'espace, mais je pense que ça restera toujours un petit peu une envie qui ne sera jamais réalisable
11:23parce que je pense que même écologiquement, on ne va pas se mettre à envoyer un artiste dans l'espace.
11:27Je veux dire, je ne vois pas comment ça pourrait arriver, même si ça, symboliquement, ça arrive un petit peu
11:30là avec le partenariat, avec les A et le CNES.
11:34Sinon, j'aimerais bien un jour réussir à faire un concert sous l'eau.
11:37Oui, oui.
11:38Au prouesse technique.
11:39Au prouesse technique.
11:40Mais bon, je vous dis, je vous donne les deux plus gros rêves que j'ai.
11:43Après, il y en a beaucoup d'autres et il y a des lieux assez incroyables qu'on essaye de
11:47viser.
11:48Mais voilà, ça, c'est mes deux rêves presque irréalisables, mais on ne sait jamais.
11:52Est-ce qu'il y a un public qui est plus réceptif ?
11:55Vous avez eu beaucoup de dates sur l'année écoulée.
11:57Ça va recommencer.
11:58Est-ce qu'il y a des plus gros amateurs, des plus gros consommateurs ?
12:03Oui.
12:04Alors, il y a des endroits dans le monde où l'ambiance est extrêmement…
12:08Différente.
12:09Voilà, est très engagée, on va dire.
12:10Je pense par exemple au Mexique.
12:12Je pense d'ailleurs à presque tous les pays en Amérique latine.
12:15En Inde, par exemple, j'ai déjà au Liban ou en Afrique du Nord aussi.
12:21C'est très, très engagé.
12:24Il y a beaucoup d'endroits dans le monde où l'engagement des fans…
12:28C'est vrai que nous, par exemple, ici à Paris, on a une offre de concert assez énorme.
12:34Et ça dépend parfois du concert.
12:37L'ambiance dépend un petit peu du concert, de l'artiste, etc.
12:40Mais il y a des endroits dans le monde où tout le monde saute à 3 mètres de hauteur, à
12:44n'importe quel drop.
12:46Donc oui, c'est vrai que ça, c'est assez drôle.
12:48C'est drôle à voir.
12:50Les contrastes se démarchent.
12:51Donc la prochaine date à retenir, le Cercle Festival du 22 au 24 mai prochain.
12:56Est-ce qu'il y a des… Je reviens sur le label.
12:58Il y a des artistes que vous signez ensuite ou vous dénichez des talents ?
13:03Alors nous, on ne fonctionne pas comme un label classique qui vient dénicher des talents et développer leur carrière.
13:08On signe plutôt des collaborations qui sont de l'ordre d'un EP ou d'un single.
13:12Et ça vous permet d'étirer le fil justement de votre expérience et de la collaboration.
13:17C'est exactement ça.
13:18En fait, c'est pour avoir presque un souvenir auditif de l'expérience.
13:24Et finalement, en général, l'artiste produit un morceau pour le lieu, qui prend d'ailleurs le nom du lieu.
13:30Et c'est cette musique-là qu'on sort sur Spotify et compagnie.
13:35Et du coup, oui, ce n'est pas vraiment la même volonté qu'un label classique.
13:39Ceci dit, de temps en temps, on collabore avec des artistes sur des formats un peu plus longs ou des
13:44albums.
13:44Ça peut nous arriver aussi.
13:45C'est aussi le moyen de clairement maîtriser toute la chaîne de valeur et de capter toute la communication aussi.
13:51Oui.
13:53Merci beaucoup, Derek Barbola, fondateur de Cercle, d'avoir été dans Iconic Business cette semaine.
13:59Dans un instant, l'Iconic Capsule avec notre partenaire Icon France, le phénomène parfum de niche.
14:05Avant cela, on va retrouver le nouveau classement Brenzi.
14:08C'est fini le trio de tête Vuitton-Hermès-Chanel.
14:12On va retrouver Cécile Lejeune, présidente de Cantar France.
14:19Le nouveau classement Brenzi de Cantar.
14:22C'est fini le trio de tête Vuitton-Hermès-Chanel.
14:26Avec nous, à distance, Cécile Lejeune, présidente de Cantar France.
14:29Que faut-il retenir donc de ce nouveau classement, de cette nouvelle édition ?
14:36Bonjour, Audrey.
14:38Alors, il y a plein de choses à retenir.
14:40Alors, d'abord, c'est la première fois qu'on fait le classement tous les ans.
14:44Avant le classement, Renzi était fait tous les deux ans.
14:47Et on a décidé de le faire tous les ans parce qu'on s'aperçoit aujourd'hui que les choses
14:52bougent plus vite qu'avant, même beaucoup plus vite.
14:56Donc, du coup, on s'est dit que ça valait vraiment le coup de le refaire tous les ans.
14:59Et d'ailleurs, on en a eu la confirmation qu'il y a eu beaucoup de changements.
15:04Exactement, changements sur le trio de tête.
15:06On avait Vuitton en première place.
15:08Ça a bien changé.
15:10On le sait, notamment, c'est lié au poids et donc à l'évolution de la valorisation mécaniquement sur l
15:15'année écoulée.
15:16En fait, alors, c'est une très bonne question.
15:19La façon dont est fait notre classement, et c'est une particularité de Cantar, c'est qu'on fait un
15:24classement de valeur de marque.
15:26Comment on valorise les marques ?
15:28En fait, on analyse la valeur financière de la marque qu'on croise avec la perception qu'ont les consommateurs
15:34de la marque.
15:35Donc, c'est un croisement entre la valeur financière et la perception.
15:39Et ça nous permet de faire un calcul de valeur de marque.
15:42Ce n'est pas une valeur d'entreprise, c'est une valeur de marque.
15:45Et effectivement, le trio de tête, c'est toujours le même, mais le classement du trio a changé,
15:51puisque Hermès est passé devant Louis Vuitton et donc est numéro un du top 50 France pour la première fois
15:59de son histoire.
16:01C'est symptomatique, c'est lié à cette année exceptionnelle pour Hermès.
16:04Et c'est à une nouvelle sorte et une nouvelle manière de raconter et de percevoir le luxe ?
16:10Alors, oui, effectivement.
16:11Et d'ailleurs, on le voit dans tout le classement.
16:13C'est-à-dire qu'on voit, alors le luxe représente toujours 60% de la valeur de notre top
16:1950.
16:20Donc, le luxe est toujours, en tout cas pour les marques françaises, évidemment important dans le classement.
16:29En revanche, ce qu'on voit dans le luxe, c'est que ça s'est totalement polarisé.
16:33C'est-à-dire que le luxe qui est plus universel, intemporel, patrimonial, voire artisanal, type Hermès, type Cartier, Van
16:44Cleef, a progressé.
16:46Et le luxe plus, on va dire, fashion, ou plus, je ne dirais pas jusqu'à dire masse, mais en
16:52tout cas plus présent et plus lié à la mode, lui a un peu plus diminué.
17:00Mais ce n'est pas drastique encore.
17:01Mais effectivement, on voit cette polarisation du luxe très clairement dans notre classement.
17:07Je donne les quatre premiers de ce classement.
17:11Hermès, Vuitton, Chanel, L'Oréal Paris.
17:14Ça dit encore beaucoup quand même du poids du secteur dans l'économie française et dans le rayonnement des marques
17:21françaises.
17:22Mais oui, oui, à nouveau, le secteur du luxe et de la cosmétique représentent 60% de la valeur du
17:29top 50.
17:30Donc, effectivement, notre force en France, ça reste le luxe et les marques cosmétiques.
17:37D'ailleurs, dans la cosmétique, j'en profite pour dire que le groupe L'Oréal, lui, continue réellement sa progression
17:44avec toutes ses marques.
17:47Donc, si le luxe a été un peu polarisé, la cosmétique française continue à progresser.
17:54La cosmétique qui a connu une dynamique assez dingue sur l'année écoulée.
18:00Oui, oui, oui.
18:01Et effectivement, on le voit encore.
18:02La Roche-Posay continue à faire plus 6, Vichy plus 5, L'Oréal Paris plus 5.
18:08Donc, effectivement, l'univers de la beauté continue vraiment, vraiment sa progression.
18:14Et évidemment, L'Oréal en est l'étendard.
18:17Après, quand même, il faut garder en tête, pardon Audrey, il faut garder en tête quand même que LVMH a
18:23toujours 8 marques dans le top 50.
18:25Oui, ce qui est quand même une prouesse.
18:27Oui, ce qui reste une énorme prouesse.
18:30Et effectivement, ils ont les marques de luxe qu'on connaît très bien, mais ils ont aussi toutes les marques
18:35de luxe alcool qui sont classées.
18:39Et qui, elles, alors, pareil, diminuent un peu parce que l'alcool en général diminue, puisque la consommation diminue.
18:47Mais ils ont toujours 8 marques dans un top 50.
18:50Donc, ça reste une prouesse incroyable.
18:52Et je voudrais terminer avec vous sur une parenthèse sur les autres secteurs et qui disent aussi de la dynamique
18:58sur l'année écoulée avec ce classement.
19:00Il y a des secteurs qui n'étaient pas présents et on voit cette progression et cette tendance.
19:05Alors, effectivement, en fait, les secteurs qui ont le plus progressé dans notre classement sont les secteurs de la banque
19:12et de l'assurance.
19:13La plus grosse progression du secteur, c'est la Société Générale, plus 98%.
19:19Mais toutes les banques ont progressé, AXA a progressé aussi.
19:23Il y a aussi EDF, ENGIE, donc tout ce qui est énergique a progressé.
19:28Et enfin, Transport avec Air France, qui a fait plus 48%.
19:31Donc, ce qu'on voit dans ce classement, ça reflète sans doute un petit peu clairement ce que pensent les
19:36Français.
19:36C'est que les marques qui représentent le patrimoine français, les marques de confiance, les marques qui inspirent confiance,
19:44sont les marques qui gagnent aujourd'hui.
19:46Et ça rééquilibre quand même un tout petit peu le classement français.
19:49Finalement, les services et l'industrie reprennent de l'ampleur dans le classement, ce qui n'est pas plus mal
19:54aujourd'hui.
19:55Merci beaucoup, Cécile Lejeune, présidente de Cantar France, d'avoir été dans Iconic Business avec nous et ce nouveau classement.
20:02Merci beaucoup.
20:03Tout de suite, l'Iconic Capsule avec Icon France.
20:09L'Iconic Capsule, on retrouve cette semaine avec notre partenaire Icon France, la journaliste Lydia Agiva.
20:17Bonjour.
20:17Bonjour.
20:18Il y a une nouvelle et j'ai rien une d'Icon cette semaine.
20:23Pierre Gasly, ça dit beaucoup du lien luxe et sport et aussi, et ce n'est pas anodin, de la
20:29dynamique parfum.
20:30Et vous allez d'ailleurs nous en dire plus sur cette dynamique.
20:32On y reviendra.
20:33Mais il y a ce choix de Pierre Gasly pour ce nouveau numéro d'Icon.
20:38Oui, effectivement, c'est en fait, Pierre, depuis maintenant trois ans, il représente la ligne des parfums Gentleman Society.
20:46Et il y a le lancement d'un nouveau parfum qui est dédié au sport.
20:50Donc, c'est une nouvelle fragrance et pour nous, c'était une opportunité aussi de mettre Pierre sur notre cocaveur.
20:57Et ce n'est pas anodin, ça touche la parfumerie parce que la parfumerie, c'est une croissance spectaculaire à
21:03présent.
21:03Oui, on peut même dire que c'est le segment du cosmétique qui agrandit le plus vite.
21:11Et c'est vrai qu'il y a 6000 lancements par an.
21:16Et si on compare avant Covid, il y avait 2005 lancements par an.
21:25Donc, du coup, c'est intéressant de voir l'évolution et l'intérêt du public aussi vers les parfums et
21:30les signatures oufractives.
21:32Oui, donc on est complètement, on a complètement basculé dans une nouvelle ère du parfum.
21:38Oui, tout à fait. Et je trouve aussi qu'à aujourd'hui, les parfums sont vraiment non-genrés.
21:44Donc, tout le monde peut, je veux dire, quelque chose à son goût.
21:46Il y a beaucoup de marques de niche qui ont vraiment révolutionné le segment avec les nouvelles stratégies.
21:53Par exemple, Marc-Antoine Brois qui va fêter 10 ans cette année.
21:57C'est vrai que 10 ans de la maison, mais que 8 parfums, 5 fragrances et 3 extraits.
22:04Donc, c'est vrai qu'aujourd'hui, on peut aller contre les dispositifs marketing ou les règles strictes.
22:11Donc, c'est ça qui est intéressant, qu'on peut être beaucoup plus créatif.
22:14Et c'est au client de décider quel parfum va devenir le best-seller.
22:19C'est plus au budget marketing, on va dire comme ça.
22:22Non-genré, ça touche aussi à une génération qui, justement, va chercher quelque chose de différent et qui s'approprie
22:29un parfum.
22:31Est-ce qu'on a encore quand même quelques piliers qui survivent au milieu de tout ça, au milieu des
22:36initiatives et des créations ?
22:38Oui, je dirais qu'il y a toujours des grandes marques.
22:41Par exemple, le Dior Sauvage, c'est le parfum le plus vendu dans le monde.
22:44C'est un parfum dit masculin, mais bien sûr qu'il est porté par pas mal de femmes aussi.
22:49C'est ça qui est intéressant avec la parfumerie et c'est vrai qu'aujourd'hui, on peut s'adresser
22:55avec les parfums, même de niche,
22:57comme Belhelm Parfumerie ou avec le parfum Dear Lord, c'est leur dernier lancement.
23:02Effectivement, quand on entend Dear Lord, ça doit être un parfum masculin.
23:06Et effectivement, quand on regarde la création de Jérôme Épinette, on se dit « Ah non, en fait, il est
23:12une autre, j'aime bien. Pourquoi pas ? Je suis une femme, j'aimerais bien le porter. »
23:16Et donc, il y a cette particularité aussi d'avoir ce segment ultra dynamique quand on parle de parfum de
23:23niche.
23:23Oui, c'est ça.
23:24On s'intéresse de plus en plus, je pense.
23:27Et même les sites pour les fins comme Fragrantica, aujourd'hui, c'est un des sites beauté les plus visités
23:32dans le monde avec 40 milliards de vues.
23:35Donc, c'est dingue. Je trouve que c'est dingue les chiffres et l'intérêt aussi vers les parfumeurs qui
23:41sont derrière chaque création et les notes et les compositions.
23:45Et justement, on repousse un peu le cadre. Il y a un effet boom du parfum niche.
23:53Ça devient presque un peu mainstream, mais pas tant que ça, puisqu'ils se permettent d'avoir des stratégies beaucoup
23:58plus créatives et beaucoup plus ciblées, en fait.
24:01Oui, aussi. Mais moi, j'aime bien cette collaboration, par exemple, entre Yannick Aleno et la maison que gère Joffre.
24:08Ils sont rencontrés dans un restaurant, le créateur de la marque Sergio Momo.
24:12Et en fait, ils se sont dit « Pourquoi pas ? On va essayer de pousser la haute fragrance… »
24:20Enfin, rencontrer la haute fragrance avec la haute cuisine française.
24:25Donc, qu'est-ce que ça donne ? Et c'est vrai que l'expérience qui s'appelle « Saveur
24:29l'offre actif », qui est disponible à Paris, à Londres et à Dubaï, c'est vrai que c'est
24:34quelque chose de très nouveau.
24:38Je dirais que c'est inattendu aussi.
24:40Après, il y a des maisons très installées qui osent aussi, comme la maison Francis Curdjan.
24:45Oui, bien sûr. Très installées. Ça fait 15 ans que la maison existe aujourd'hui. Je fais partie du groupe
24:50AOMH.
24:52Et c'est vrai qu'ils ont fait cette grande collaboration l'année dernière avec le Palais de Tokyo.
24:57Ils ont fait un take-away pendant un mois avec une expo disponible pour tout le monde, accessible à tous,
25:04sur inscription.
25:05Et Francis, il a même fait une de ses versions best-sellers en édition limitée.
25:11Donc, c'est Baccarat 540 qu'il a fait un cristal.
25:16Donc, du coup, un vrai cristal.
25:18Donc, il n'avait que 540 exemplaires, ça je vois ici.
25:21Donc maintenant, de la même manière où on composait son dressing mode, on compose son vestiaire olfactif ?
25:30Oui, c'est ça, exactement. On peut superposer les parfums et on peut aussi porter nos favoris en même temps
25:36et aussi avoir sa propre collection.
25:40Et ça reste toujours la porte d'entrée dans les maisons de luxe ? C'est toujours le déclencheur ?
25:45Oui. Avant, on disait le rouge à lèvres. Aujourd'hui, on peut dire aussi le parfum parce que même les
25:51parfums, on va dire, de niche ou de prestige, ça sera toujours entre 200 et 300 euros.
25:57C'est rare de voir des parfums qui coûtent un peu plus cher. Normalement, ça veut dire que c'est
26:02des extraits ou avoir un silage peut-être un peu plus fort, une composition très singulière.
26:11Mais c'est vrai que c'est facile de construire ce vestiaire et ça a fait très plaisir de le
26:17construire.
26:18Et tout ce qu'il faut savoir sur les parfums de niche et cette dynamique, c'est avec vous, Lydia
26:23Jiva, dans Icon.
26:24Ce nouveau numéro Icon 6 qui est actuellement en kiosque et vous retrouverez Pierre Gasly, justement, nouvel ambassadeur de Givenchy
26:33Gentleman Society, en une en couverture de ce numéro.
26:37Merci d'avoir été dans Iconic Business. Vous retrouvez toute l'émission en replay et podcast sur le site bfmbusiness
26:43.com.
26:44Iconic Business, le luxe par BFM Business. À la semaine prochaine.
26:49Iconic Business, le luxe par BFM Business.
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