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Ce vendredi 28 novembre, Audrey Maubert a reçu Chloé Arjona, directrice Pôle Beauté chez NellyRodi, Marie-Christine Jean, directrice du département chez Ipsos, et Charlotte Bouygues, fondatrice de Dix Hectares, dans l'émission Iconic Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission le mardi et réécoutez la en podcast.
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00:00Générique
00:00Iconic Business, le luxe by BFM Business, Audrey Maubert
00:12Sortie produit, les deals les plus importants et stratégiques, les perspectives de croissance, c'est bien la beauté qui crée à l'heure actuelle la dynamique.
00:19En quoi le segment est-il essentiel aujourd'hui, notamment pour les maisons de luxe ?
00:24Comment la Gen Z transforme la beauté ? Pourquoi sont-ils tous obsédés par la longévité ?
00:30Tout de suite dans Iconic Business, Chloé Arjona, directrice du Pôle beauté chez Nelly Rodi et Marie-Christine Jean, directrice de département chez Ipsos.
00:39Dans les désirables de la semaine également, une marque beauté, 10 hectares.
00:43Évidemment, pour être dans l'air du temps, il faut être naturelle et haut de gamme à suivre sa fondatrice Charlotte Bouygues.
00:50C'est Iconic Business, bienvenue.
00:54On parle beaucoup de beauté ces derniers temps, je le disais, ça fait à peu près toute l'actualité, avec les gros deals, avec les centaines et les centaines de lancements.
01:07Chloé Arjona, directrice, Pôle beauté chez Nelly Rodi, bonjour.
01:10Marie-Christine Jean, directrice du département chez Ipsos, bonjour.
01:14L'état des lieux aujourd'hui, quel est-il, Chloé Arjona ? La beauté est hautement stratégique ?
01:19Complètement, c'est exactement ce que vous disiez en introduction.
01:22Il y a beaucoup de deals qui se font en ce moment, notamment historiques entre L'Oréal et le groupe Kering qui a eu lieu il y a quelques semaines à peine.
01:314 milliards de dollars pour reprendre, pour un partenaire stratégique, pour reprendre les marques iconiques de Kering.
01:39Donc, entre autres, Creed, Balenciaga, Bottega Veneta, McQueen.
01:43Pour que L'Oréal puisse s'occuper du segment de la beauté, du bien-être et de la longévité.
01:49C'est exactement ça qu'il y avait écrit dans le communiqué de presse.
01:53Et donc ça, ça dessine, c'est un signal fort aussi pour toute l'industrie.
01:56Ça dessine finalement le futur aussi de cette industrie de la beauté qui est en profonde mutation.
02:02Profonde mutation, mais est-ce qu'en fait, il va y avoir à terme les acteurs spécialistes ?
02:08Est-ce qu'on va vers une consolidation finalement ?
02:10Oui, c'est ce qu'on est en train d'observer en effet ces dernières années.
02:14Plutôt vers une consolidation avec notamment L'Oréal qui a vraiment la part belle dans toutes les dernières acquisitions.
02:22Mais il y a justement des nouveaux deals, des nouvelles acquisitions qui se font toutes les semaines.
02:26Je pense juste cette semaine, Estée Lauder qui a pris une prise de participation minoritaire dans une marque de parfumerie de niche mexicaine.
02:34L'Oréal encore avec une marque de soins pour la peau chinoise.
02:38Donc c'est un segment qui est très dynamique en effet.
02:41Marie-Christine Jean, directrice du département chez Ipso, je le disais, ça tire les marges, ça tire aussi l'innovation parce que l'offre est pléthorique.
02:49L'offre est pléthorique, oui.
02:52Il y a aussi une atomisation de l'offre des marques notamment avec toutes les petites marques indépendantes qui arrivent.
02:59Il y a sans doute, je parle d'un point de vue consommateur, des attentes aussi qui, je veux dire, on n'arrive plus à moyeniser ce qui était les attentes par le passé de, je caricature un petit peu,
03:16mais je veux quelque chose d'anti-âge qui va corriger les rides et hydrater la peau.
03:20Là, on arrive dans une pluralité, une diversité des attentes consommateurs qui fait qu'on est obligé de raisonner par segments.
03:28Et par segments, pas uniquement d'âge ou de sexe ou de région, mais par segments en termes attitudinaux aussi, en termes comportementaux, en termes de style de vie.
03:37Le potentiel pour le luxe et les autres, une réelle transformation.
03:41Alors on ne raisonne pas en termes d'âge, mais pourtant les usages ont changé notamment avec l'influence de la Gen Z.
03:48Oui, les usages changent définitivement.
03:52Il y a quelque chose, par exemple, de très marquant qui est l'arrivée des hommes sur le marché de la beauté et qui est sans doute un phénomène,
03:58c'est toujours un peu, quand on étudie les consommateurs, la poule ou l'œuf, qu'est-ce qui est générationnel et qu'est-ce qui a trait au stade de vie.
04:07Là, on a l'impression que c'est un phénomène générationnel.
04:09Il y a, par exemple, d'après l'étude Ipsos BVA qu'on a menée pour Cospétic Mag, récemment, 43% des jeunes hommes qui déclarent se maquiller.
04:19Ce qu'on ne voyait absolument pas il y a 20 ans, il y a même 10 ans.
04:24Le parfum a une importance aussi prépondérante.
04:28Mais le soin, le soin capillaire, les produits pour le corps, on voit que tout s'étoffe et se complexifie, se sophisticalise.
04:35Chloé Argena, vous voyez aussi également ça, l'influence de la Gen Z, le poids des réseaux sociaux, l'effet TikTok et tous ces usages,
04:45tout ce segment beauté qui a été transformé par les consommateurs ou même par leurs exigences eux-mêmes.
04:50Tout à fait. Et avec les Gen Z, en effet, en première ligne, parce que même s'ils représentent, je crois, à peu près 25% de la population mondiale,
04:58bien évidemment, pas autant en termes de poids économique, de dépenses.
05:03Donc on peut se demander pourquoi est-ce qu'on s'intéresse, pourquoi est-ce qu'on est obsédé, pourquoi tout le monde est obsédé par les Gen Z ?
05:08Parce que pourtant, ils sont encore très jeunes, donc ce n'est pas forcément eux qui payent,
05:12ce n'est pas eux qui ont le plus grand pouvoir d'achat, mais c'est eux qui ont le pouvoir d'influence.
05:15Et c'est ça qui a le plus de poids, en fait, finalement, c'est ça qui compte le plus.
05:19Et c'est pour ça que les marketeurs et les marques sont toutes obsédées par cette génération,
05:24parce que c'est eux qui font bouger les lignes, en fait, tout simplement, de toute l'industrie.
05:27Et donc, en s'intéressant aux Gen Z, on s'intéresse au futur de la beauté,
05:32et qui sont déjà en train d'influencer toutes les générations au-dessus d'eux,
05:37parce qu'ils sont très vocaux, ils sont très bavards, ils sont très connectés,
05:42évidemment, sur les réseaux sociaux et TikTok, notamment, qui a la part belle là-dedans,
05:47et donc diffusent ces nouvelles attentes auprès du public le plus large possible.
05:54– Marie-Christine Jean, vous l'avez vu dans votre étude,
05:58TikTok, pour vous, c'est devenu la nouvelle salle de bain ?
06:01– TikTok est devenu la nouvelle salle de bain, un énorme prescripteur, effectivement,
06:06et tranquillement, pas vite, c'est encore minoritaire,
06:09mais aussi un canal d'achat, ce qui est intéressant.
06:12On a quand même à peu près 10% des Gen Z qui nous disaient avoir acheté sur TikTok.
06:17C'est aussi, j'ouvre une autre porte, le moyen de découvrir les dupes,
06:24le moyen privilégié et de loin.
06:26Donc oui, un vrai pouvoir de prescription.
06:29En même temps, TikTok et je dirais les réseaux sociaux dans leur ensemble,
06:32c'est un peu mi-figue mi-raisin, parce que c'est quelque chose qu'on suit,
06:38quelque chose qui est inspirationnel pour la Gen Z,
06:40mais aussi quelque chose qui est portant d'injonction à la perfection,
06:43dans un contexte où on a une génération qui n'est pas nécessairement tout le temps en santé
06:47en termes de bien-être mental, ça peut être lourd à porter.
06:51On a la flop era, par exemple, avec des jeunes qui choisissent carrément
06:55de se déconnecter, de s'auto-disqualifier de tous ces dictates.
07:03– Chloé Arjona, on parlait des nombreux lancements,
07:06des relais de croissance que ça représente.
07:08Quand on se lance aujourd'hui, il faut absolument avoir en tête
07:12faire du care et, au fur et à mesure, tirer vers la longévité.
07:20C'est de la prémunisation, de l'expérience,
07:23et ce sont quoi les VIC qui sont complètement ciblées ?
07:26– Pas nécessairement.
07:27En fait, la force, justement, de ce concept, de cette notion de longévité,
07:32déjà, c'est que c'est une notion complexe qui englobe pas mal de choses.
07:36Une notion assez 360, c'est à la fois une idée quantitative,
07:39c'est-à-dire vivre plus longtemps, mais surtout très qualitative.
07:43Vivre plus longtemps en bonne santé.
07:45Et ce qui va tourner autour, on va dire, les domaines adjacents de la longévité,
07:50ça va être évidemment la santé.
07:52D'ailleurs, on peut se demander quel rapport entre la santé et la beauté.
07:55Il y a beaucoup de liens, on pourra en parler si vous voulez.
07:57La santé, la nutrition, le sommeil, l'activité physique, l'équilibre mental.
08:02Et c'est pour ça aussi que ça intéresse, entre autres, aussi les jeunes générations
08:05qui sont plus attentives à leur équilibre mental.
08:09Et enfin, le lien social.
08:10Dans une étude Nelly Rodi sur la longévité qu'on a menée il y a quelques mois,
08:14on mettait en avant que pour les jeunes, on a interrogé les moins de 30 ans,
08:17des femmes de moins de 30 ans.
08:19Le lien social, c'était un élément prépondérant, fondamental,
08:24de la longévité à 35% de mémoire.
08:26Et ça, c'est intéressant aussi pour les marques,
08:28ce qui veut dire qu'au-delà des produits, il y a des expériences qui doivent être là
08:32et de l'expérience plutôt physique aussi et humaine.
08:37Rencontrer des gens, être mis en relation avec des personnes qui représentent la marque,
08:42des experts qui vont vous accompagner, qui vont vous suivre dans vos diagnostics,
08:45dans vos routines de soins, mais aussi d'autres consommateurs,
08:49d'autres personnes de votre communauté qui partagent les mêmes valeurs,
08:52les mêmes centres d'intérêt autour de la longévité.
08:54Donc c'est un domaine passionnant, c'est clairement un relais croissant,
08:58c'est sûrement un des points essentiels qui dessineront la beauté et le luxe de demain,
09:03et aussi parce que c'est si global et c'est un vrai changement de paradigme,
09:09en fait, pour la beauté.
09:11Et d'où cette bataille de la plupart des groupes de se positionner dès à présent,
09:17parce que c'est une croissance à deux chiffres potentiellement.
09:19Exactement. Et c'est des mouvements qui étaient déjà là et qu'on observait depuis des années.
09:24La beauté, déjà depuis un certain temps, ce n'est pas seulement superficiel,
09:27ce n'est pas seulement esthétique, mais on voit qu'il y a beaucoup de choses bien plus profondes
09:31qui sont à l'œuvre. La santé mentale en fait partie, l'équilibre mental.
09:35Et on voit que la longévité, c'est la suite logique, en fait, on va dire,
09:39de cet apport de sens, cette densité qui commence à être là sur ce segment.
09:46Et donc la longévité, c'est la suite de ça, une notion plus intégrative, plus large,
09:52qui donne plus de sens aussi au-delà de l'esthétique.
09:55Marie-Christine Jean, vous l'avez évoqué tout à l'heure,
09:58il y a un objet à part, un produit à part, c'est le parfum.
10:02Le parfum, on croyait qu'il y avait trop d'offres, trop de produits.
10:09Alors sur certains marchés, des licences à tout va, sur d'autres, moins.
10:13Mais finalement, ça ne cesse de grossir.
10:16Non, les jeunes gens, y compris les jeunes hommes, consomment énormément de parfums.
10:22Et je pense que c'est que le début, parce qu'on voit que ça commence même chez les alphas.
10:27On étudie beaucoup moins les alphas parce qu'ils sont tout petits encore
10:30et qu'il y a des questions à la limite éthique au fait de les interroger.
10:34Mais les brumes pour le corps, la K-Beauty qui entre là-dedans.
10:38Ce qui est intéressant aussi, c'est de voir qu'on n'utilise pas un parfum, la Gen Z.
10:43Donc c'est une collection de parfums.
10:45Je suis sur le parfum depuis X années.
10:49Des influenceurs qui sont uniquement concentrés sur le parfum, pas sur la beauté en général.
10:54Le parfum qui est un vecteur d'expression de soi, un vecteur d'affirmation de sa personnalité,
10:59qui est là pour toutes les occasions de la vie.
11:02Donc pas du tout confiné à des occasions spéciales.
11:05Ce qui était probablement le cas, en particulier chez les hommes, par le passé.
11:09Et un parfum qui va s'appliquer à différentes...
11:13Ce ne sont pas un parfum polyvalent, mais différents parfums en fonction de l'occasion,
11:18en fonction du contexte, en fonction de ce qu'on a envie d'exprimer,
11:21de comment on sent de la saison.
11:22On ne reste plus attaché à un parfum comme on pouvait le faire,
11:26en ayant trouvé le bon parfum.
11:27Là, on consomme.
11:29Je pense qu'il y a un peu des deux.
11:31Puisque les jeunes nous déclarent à la fois être en quête de nouveautés, beaucoup.
11:36Mais ils nous déclarent aussi une certaine inertie.
11:39C'est-à-dire rester fidèles à leur marque.
11:42Et ce qu'ils nous déclarent aussi, c'est qu'ils ont tendance à utiliser de plus en plus de produits.
11:47Et en dynamique.
11:48Donc ils nous disent, oui, j'en utilise plus qu'il y a cinq ans.
11:51Et ensuite, quand on regarde par sous tranche d'âge auprès de la Genesie,
11:54on voit qu'effectivement, l'espèce de panier moyen, si je puis dire la pharmacie moyenne plutôt,
12:00a grossi.
12:03Donc effectivement, je ne sais pas si on peut dire qu'il y a moins de loyauté, forcément.
12:09Mais il y a un énorme attrait pour la nouveauté, pour l'innovation.
12:12Et puis, c'est une façon différente de consommer aussi.
12:16C'est-à-dire qu'on a toujours son flacon signature, quelque part.
12:20Sauf qu'avant, on n'utilisait que ça, on va dire.
12:22Maintenant, on construit autour, à différents moments de la journée, en fonction d'un rendez-vous.
12:28Par exemple, avant, on pouvait se remettre du rouge à lèvres avant de rentrer dans une réunion importante.
12:33Maintenant, les jeunes générations ont plus tendance à te sprayer un coup de parfum.
12:37C'est une espèce de transformation pour se mettre dans un autre état, garder confiance, etc.
12:44Et donc, on va consommer le parfum en mode un peu plus snacking, en fait, avec des plus petits formats,
12:49d'autres types de galéniques, pas que du spray, aussi des roll-on, des baumes, etc.
12:54qu'on va pouvoir jouer tout au long de la journée.
12:57Et c'est le passage obligé pour les maisons.
12:59On a vu des lancements pour Miu Miu, on a vu et on attend côté Jacquemus.
13:06Ça fait partie de la casque qu'il faut cocher.
13:09Le parfum ?
13:10Oui.
13:11Définitivement, c'est devenu, pour continuer ce qu'on disait, un objet lifestyle, en fait,
13:17qui est vraiment sorti de la coiffeuse, on va dire, pour être dans notre sac à main,
13:23être sur notre bureau, être dans notre voiture.
13:26Un peu partout, c'est devenu un objet, un geste lifestyle.
13:29Et parfois, en fait, quand on rentrait dans des maisons luxe par un accessoire ou par un rouge à lèvres,
13:33là, potentiellement, on rentre par le parfum ?
13:35Oui, tout à fait.
13:36C'est vraiment une démocratisation, je trouve, du parfum avec une relation aussi plus décomplexée, on va dire, quelque part.
13:45On parle globalement du segment beauté, cosmétique.
13:51La France est un gros exportateur.
13:54Est-ce qu'avec l'impact des droits de douane, avec la Chine, qui développe ses propres marques,
14:04des marques nationales, une préférence nationale, est-ce que c'est en train, Chloé Arjonat, de se redistribuer ?
14:09Oui, complètement. Je pense qu'on est, je ne sais pas si on peut dire une phase de démondialisation,
14:14c'est peut-être un peu fort, mais en tout cas, la mondialisation, dans le sens culturel, on va dire,
14:19a atteint une sorte de palier, en tout cas, ça c'est certain.
14:21Et donc, on a des poches comme ça de création qui émergent dans des pays notamment comme la Chine, en effet,
14:28où tout à l'heure, on parlait du Mexique avec de la parfumerie, encore une fois.
14:33L'Inde, évidemment, qui va arriver, qui va monter de plus en plus.
14:37Et donc, on a des nouveaux hubs, la Corée, des nouveaux hubs de création et d'inspiration
14:47qui vont parler et résonner plus fort avec les populations locales.
14:52Il y a une forme de patriotisme culturel, de la beauté, mais aussi qui va rayonner,
14:58aussi grâce aux réseaux sociaux, qui va rayonner dans le monde.
15:01Et parce que ces jeunes générations, elles ont envie d'essayer, de tester, d'explorer des nouvelles choses,
15:06des nouvelles approches, et pas forcément de passer que par les maisons, les grandes maisons traditionnelles.
15:12Donc, on est entre les deux, en fait. On va chercher une grande maison,
15:17mais on va aussi chercher à avoir quelque chose qu'on a choisi, qui est plus proche de nous,
15:22qui engage notre communauté, que ce soit une préférence nationale ou autre, finalement.
15:27Oui, et quand on le voit, il y a une énorme mixité.
15:31Déjà, c'est intéressant, parce qu'on ne peut même plus raisonner en termes de circuit d'achat.
15:34L'espèce de segmentation qu'on avait par le passé de premium, pharma, masse,
15:40tout ça est de plus en plus brouillé, notamment par Internet,
15:44parce qu'on peut tout acheter sur Amazon, par exemple, ou sur d'autres sites,
15:51mais aussi parce que les consommateurs mixent énormément en termes de positionnement, si je puis dire.
15:58Donc, on va avoir un soin d'une marque très luxe, mais un anti-cerne d'une petite marque fun and quirky
16:06et une bébé crème coréenne, de la K-Beauty.
16:13Comme on a, surtout dans le soin, des routines qui ont tendance à se complexifier, à s'étoffer,
16:20on va les piocher un peu partout.
16:23Donc, ce qui est un peu compliqué pour les marques traditionnelles,
16:25qui avaient l'habitude de pouvoir vendre leurs...
16:28Et de flécher.
16:29Avec des segmentations très précises, c'est ce que vous disiez,
16:32les publics sont de plus en plus fragmentés,
16:33et en fait, les consommateurs sont de plus en plus informés et intelligents.
16:37Ils font du pick and choose en comparant les compositions, les formules,
16:42les rapports qualité-prix, qui sont de plus en plus interrogés aussi.
16:44Le prix où on est à une époque où c'est souvent le premier critère de choix, en fait.
16:53Donc, il faut faire attention.
16:54On parlait de la Gen Z, c'est une génération qui, en tout cas, pour le moment,
16:57a un moindre pouvoir d'achat.
16:59Et en plus, on est à une époque en post-inflationniste,
17:02où, de toute façon, on a le sentiment que les consommateurs
17:07auraient peur d'être pris pour des imbéciles,
17:10s'ils ne se souciaient pas du prix.
17:12D'où le débat signal prix, valeur et dupe aussi qu'on a retrouvé sur l'ensemble.
17:18Il y aurait encore beaucoup de choses à dire sur ce segment ultra dynamique et concurrentiel de la beauté.
17:24Merci beaucoup à toutes les deux d'avoir été dans Iconic Business.
17:28Chloé Arjona, directrice Paul Beauté chez Nelly Rodi.
17:31Marie-Christine Jeanne, directrice du département chez Ipsos.
17:34Merci à toutes les deux.
17:35Care Longévité sourcing.
17:37Charlotte Bouygues, elle, a lancé 10 hectares, une marque beauté pas comme les autres.
17:42Tout de suite, donc, avec elle, les désirables de la semaine.
17:44Tout ce qui nous a fait envie, séduit et intrigué ces derniers jours.
17:51La sélection, cette semaine, dans les désirables de la semaine, c'est avec Charlotte Bouygues, fondatrice de 10 hectares.
17:56Bonjour.
17:57Une famille bien connue et vous êtes venue mettre votre pierre à l'édifice.
18:03On va comprendre pourquoi.
18:0410 hectares, c'est une parcelle, c'est un lieu et c'est pas anodin dans l'histoire et l'ADN de la marque de beauté.
18:11Parce que c'est une marque de beauté, mais ça vient s'inscrire dans un patrimoine familial, c'est ça ?
18:16Absolument.
18:1610 hectares, c'est une maison de soins 100% d'origine naturelle, dont la particularité est d'être adaptée aux saisons
18:22et dont les ingrédients actifs proviennent de notre propre parcelle qui, elle, prend racine dans un terroir viticole de Château-Montrose,
18:31qui est donc un terroir qui appartient à notre famille.
18:34À la famille, c'est lié au Médoc, on est en 2006, Martin-Olivier Bouygues opte pour le vin, plus d'une décennie plus tard, sur ces mêmes terres.
18:42Vous optez pour la beauté. Pourquoi ce choix ? C'était lié à votre parcours, l'Oréal notamment ?
18:50Il y a une suite logique ou lié à une diversification ou lié à cette envie de raconter la terre, la nature différemment ?
18:58Alors, je pense que j'avais déjà, pour démarrer, une envie entrepreneuriale assez forte, un prisme des cosmétiques,
19:06puisque c'est effectivement là où j'ai démarré mon parcours professionnel, donc chez L'Oréal pendant trois ans.
19:11Et puis, l'envie aussi de s'inscrire, je pense, dans un luxe plus durable, plus responsable.
19:16Et pour moi, Château-Montrose, c'était la vitrine parfaite pour ça.
19:20C'est 200 ans d'histoire et de patrimoine, et je trouvais ça beau de pouvoir s'ancrer dans un lieu aussi fort.
19:26Et c'est aussi des valeurs très fortes, puisque, vous l'avez dit, on a racheté Montrose en 2006,
19:32avec l'envie de produire des beaux produits, des produits de luxe, des grands vins,
19:38mais aussi de pouvoir les produire de manière durable et pouvoir les transmettre à la génération suivante dans le meilleur état possible.
19:46Et comment est née cette idée ? On se dit qu'on a une parcelle, on a ce qu'il faut,
19:49on peut créer et avoir les actifs sur notre terrain, mais après, c'est tout le développement, toute la R&D qu'il y a derrière et tout le positionnement.
20:00Absolument, et c'est très, très lié au positionnement, justement, de 10 hectares, cette intégration verticale.
20:06Je pense qu'on a vu l'essor du luxe après le Covid, et on a aussi vu un petit retour de bâton
20:12quand les marques ont continué à augmenter leur prix et que, finalement, la valeur perçue par les consommateurs
20:17n'était pas tout à fait en ligne avec ce qui était proposé par les marques.
20:20Et c'était, justement, une manière différente de voir le luxe que j'ai voulu proposer
20:26en remettant tout ça en question et en disant comment est-ce qu'on peut créer des produits de la meilleure qualité possible,
20:31vraiment de la graine à la crème.
20:33Et donc, ça passait par cette intégration verticale, ce qui est assez rare pour une marque de notre taille aussi jeune pousse, quelque part,
20:40et de vraiment commencer par nos actifs.
20:42On a créé notre propre laboratoire sur le domaine et vraiment de tout formuler sur place avec notre propre équipe de R&D.
20:48Et tout peut être produit, sourcé sur place.
20:50Alors, c'est la différence.
20:52Donc, les plantes viennent de chez nous.
20:54On travaille avec un partenaire, un laboratoire de biotechnologie pour les extractions.
20:59Et la production industrielle, elle, est faite par un partenaire à Lyon.
21:02Mais toutes les recettes, toute la propriété intellectuelle, toute la recherche est faite sur le domaine,
21:07dans un laboratoire qui fait face à la ferme.
21:10Et pour moi, c'était très important d'être maître vraiment de nos développements
21:15et de ne prendre aucun raccourci pour la qualité de nos produits.
21:17Et après, vous venez vous adosser à un outil productif, à un outil industriel, justement,
21:22pour viser les passages à l'échelle.
21:24Une gamme de soins luxe et naturelle.
21:27On ne se lance pas aujourd'hui si on ne fait pas ça ?
21:30Alors, je pense qu'on a tous un prisme différent.
21:33Peut-être que les marques de skin care coréennes le diraient différemment.
21:37Différemment.
21:37Mais en tout cas, pour moi, c'était cette vision un peu utopiste de dire,
21:42vraiment, je veux savoir d'où viennent mes actifs.
21:44Je veux connaître le producteur, quelque part.
21:47Donc, la même chose qu'on demande aujourd'hui à notre assiette.
21:49On ne peut pas s'en prendre qu'à soi, même quand on lance sur ces terres.
21:52Exactement.
21:53Avec les aléas que ça implique, météorologiques.
21:56Et donc, on ramène aussi ce côté un peu aléatoire qu'on peut avoir dans le vin.
22:00Et je trouve que c'est aussi le côté un peu romantique de la marque.
22:03Est-ce que je peux me permettre de vous demander si est-ce que Caudalie pourrait être un modèle ?
22:10Caudalie est absolument un modèle par ce qu'il représente, par cette réussite d'une famille française.
22:14Je pense qu'ils ont vraiment été pionniers à une époque où, aujourd'hui, l'entrepreneuriat est beaucoup plus célébré.
22:19Mais je pense qu'à l'époque, il fallait quand même avoir un peu de tripes pour lancer une marque de cosmétiques face au mastodonte.
22:26Parce que c'était vraiment ça, le marché.
22:27C'était des grands groupes.
22:29Et Caudalie a pris ce parti du raisin, du côté anti-oxydant.
22:36Et je pense que c'est aussi très lié tout de suite au côté French.
22:40Donc ça, c'était très fort.
22:42Et c'est pour ça que, pour 10 hectares, j'avais envie de le lier à mon rose.
22:45Mais c'était important pour moi d'avoir un concept différent de celui de Caudalie,
22:49pour ne pas empiéter sur leur plate-bande et pour vraiment avoir cette histoire de terroir.
22:53Nous, on est plus une histoire d'agroécologie, de terre, de terroir.
22:56Et de saisonnalité, donc.
22:57Absolument.
22:58Et donc, comment ça se traduit ?
23:00Vous avez une gamme de produits, à l'heure actuelle, restreinte, très exclusif, pour débuter.
23:08Quelques produits, trois produits et par saison.
23:11Il y avait cette envie de changer le vestiaire, en fait, selon les saisons.
23:17Alors, c'est vrai qu'on a deux temps forts de lancement par an.
23:20Le premier jour du printemps et le premier jour de l'automne, pour accompagner les six prochains mois.
23:24Donc, ça peut faire, effectivement, fortement penser à la mode.
23:28Ce n'est pas forcément par la mode qu'on a pris ça.
23:32C'était surtout que la philosophie de 10 hectares, elle est directement pensée.
23:37Elle prend racine dans celle de la terre.
23:39On a observé ce qui se passait dans notre parcelle.
23:41C'est ce qu'on connaît le mieux à Montrose.
23:43C'est vraiment nos terres.
23:44Et on s'est dit, mais en fait, finalement, la terre et la peau sont deux structures très similaires.
23:49Les deux ont trois couches.
23:50Les deux sont des écosystèmes vivants, stratifiés, connectés.
23:53Et chacune des couches a des fonctions similaires.
23:56Et c'est comme ça qu'on a un peu déroulé le fil en disant, finalement, aujourd'hui, on sait qu'on est capable de régénérer le sol.
24:02Et c'est d'ailleurs le premier levier naturel aujourd'hui face au changement climatique, l'agriculture régénératrice.
24:08Comment est-ce qu'à travers notre marque de skin care, on peut aussi régénérer la peau ?
24:11Et on a vu que les saisons, les solstices, les équinoxes permettaient à la nature d'atteindre un équilibre global.
24:19Et c'est comme ça, on s'est dit aussi, finalement, la peau traverse des environnements différents.
24:23Elle n'a pas les mêmes besoins au même moment.
24:25Là, par exemple, l'hiver vient d'arriver, il fait froid.
24:28On le voit et la fonction barrière de ma peau est altérée.
24:32Le film hydrolipidique n'est pas le même.
24:35Et donc, on lui apporte une action ciblée en fonction de ce qu'elle traverse.
24:39Une beauté holistique dans l'air du temps.
24:41Et quand on vous entend parler, il y a aussi l'histoire.
24:45Est-ce que c'est davantage l'histoire autour et plus que le produit en lui-même ?
24:51Ou évidemment, tout va ensemble avec ce packaging haut de gamme ?
24:56Comme si on avait une recette faite chez soi qui fait écho.
25:02C'est l'ensemble, en fait, qui parle pour cette marque ?
25:06Alors, on est vraiment focalisé produit.
25:08Avant tout, comme à Montrose, la première directive, c'est de faire les plus grands vins à Montrose.
25:13Nous, c'est de faire les meilleures crèmes et les plus efficaces, avant tout.
25:17On n'est pas juste une belle histoire romantique.
25:19En revanche, ce que je voulais, c'était de ne pas faire de compromis.
25:21Et c'était un énorme challenge, faire un packaging qui soit à la fois beau et à la fois durable.
25:28Ce n'était pas simple.
25:30Mais je pense qu'ils vont main dans la main.
25:32Je pense qu'on adresse un consommateur qui souhaite les deux aujourd'hui.
25:36Et l'offre est-elle d'ailleurs que c'est un consommateur qui arbitre ?
25:40Oui, absolument. Et on le voit aujourd'hui sur le segment plus accessible ou même le segment pharmacie.
25:46Aujourd'hui, il y a une offre clean responsable qui est assez diversifiée.
25:50Sur le segment haut de gamme auquel on parle, c'est quelque chose aujourd'hui d'assez peu adressé finalement.
25:56Et vous vendez où à l'heure actuelle ? Vous avez démarré où pour les points de vente ?
26:02Est-ce qu'il y a des revendeurs, des corners, des boutiques en propre à venir ?
26:07Alors aujourd'hui, on est exclusivement sur notre propre site Internet.
26:11Je pense que pour nous, c'était important de démarrer petit à notre rythme,
26:14de comprendre ce que voulait le consommateur, d'éventuellement faire les ajustements nécessaires.
26:18Et on a des partenaires qui arrivent en 2026 à Paris et en Angleterre.
26:23Est-ce que la suite logique pour avoir une offre complète, pour avoir cet ensemble d'expériences,
26:30est-ce que c'est l'ouverture d'un spa, soit sur le domaine, soit ailleurs,
26:34mais d'avoir quelque chose de vraiment global en termes de beauté ?
26:38Je pense qu'en tout cas, moi, j'ai une vision pour 10 hectares très globale.
26:44Et aujourd'hui, on parle de cosmétiques, mais j'espère que demain, ça sera même plus large que ça.
26:49Bien sûr que tout ça passe par l'expérience et je pense que c'est une marque dont on a voulu l'ADN,
26:55la direction artistique extrêmement riche, avec beaucoup de profondeur,
27:01avec un art de vivre à la française très présent.
27:04Donc oui, bien sûr, ça serait formidable de le décliner sur les supports que vous avez décrits.
27:10Mais aujourd'hui, on va au rythme de la nature, on va au notre rythme,
27:14celui aussi d'une entreprise familiale qui veut perdurer dans le temps
27:18et qui ne veut pas chercher la croissance folle à tout prix non plus.
27:21Donc nous verrons bien.
27:23Déjà développé la gamme saison après saison.
27:26Merci beaucoup Charlotte Bouygues, fondatrice de 10 hectares, d'avoir été dans Iconic Business.
27:31C'est évidemment à retrouver en replay sur BFM Business.
27:35On se retrouve dès la semaine prochaine, TV Radio, dès 21h.
27:40Iconic Business, le luxe by BFM Business.
27:43Sous-titrage Société Radio-Canada
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