00:00Et dans la French Tech, désormais on reçoit des entreprises rentables.
00:02C'était le cas hier avec Deezer, c'est ce matin avec United qui nous rejoint.
00:06Charles Aigli, bonjour.
00:07Vous êtes le PDG et cofondateur de United, spécialiste dans le crédit instantané.
00:12Un an que vous êtes coté et le premier bilan est quand même assez positif.
00:15Même super positif.
00:17On affiche notre premier résultat net positif annuel
00:21en excluant l'acquisition d'Elios qu'on a fait l'été dernier.
00:25Donc oui, c'est plutôt un bon milestone pour United.
00:28Je le disais pendant la publicité, mais avant on recevait des entreprises
00:31qui faisaient des levées de fonds de 50 à 100 millions quasiment tous les deux jours.
00:35Maintenant, place aux entreprises rentables.
00:37Il vous a fallu quoi ? 15 ans ?
00:39Hier, Deezer disait « il m'a fallu 15 ans ».
00:41Alors, il nous a fallu 15 ans.
00:43On a levé à peu près 600 millions d'euros des coûtis,
00:46dont 150 millions d'euros lors de notre introduction en bourse en décembre.
00:50Et là, effectivement, on arrive à un stade où on n'a plus besoin de capitaux additionnels,
00:55à part peut-être pour des opérations futures.
00:57Mais voilà, on est rentable, donc on est assez content.
01:00Donc on voit quand même que la consommation est assez fragile en France notamment.
01:04On tourne autour de 0,9% de croissance.
01:08Il y a quand même ce besoin de micro-crédit qui est parfois avec des frais,
01:13parfois sans frais.
01:13Ça ne fonctionne pas toujours de la même manière.
01:15Il y a toujours une demande.
01:16Tout à fait.
01:17Nous, on a grossi notre production de crédit de plus de 50% sur l'année.
01:21Et on est sur tous les produits de crédit possibles.
01:24Le prêt personnel classique.
01:26Vous faites une demande de crédit sur notre site pour acheter un canapé,
01:29une cuisine, pour aller faire un voyage.
01:31Ou alors, on est présent sur la checkout page de nos marchands,
01:36physiques et digitaux.
01:38Et là, vous avez la possibilité de faire votre paiement,
01:41soit comptant, soit en étalant,
01:43sur 3, 4, 36, 48, 96 mois.
01:46Donc on est présent à peu près sur tous les aspects du crédit
01:51en France, en Italie, en Espagne et au Portugal.
01:53Léa ?
01:53Alors vous, votre fort, c'est le scoring banking,
01:56la note de confiance qu'on donne à un emprunteur.
01:58Vous utilisez les données bancaires en temps réel,
02:00alors que les banques traditionnelles,
02:02elles, se basent encore sur des vieux fichiers statistiques.
02:06C'est ça, en fait, la différence ?
02:07Exactement.
02:08Il y a eu une directive européenne en 2016,
02:11donc c'est sur l'open banking,
02:12en gros, ça permet aux clients bancaires
02:16de mettre à disposition de tous les établissements
02:19leur historique bancaire.
02:20Donc nous, on demande le consentement
02:22à l'emprunteur qui fait une demande de crédit chez nous,
02:24on demande son consentement pour pouvoir
02:26aspirer son historique bancaire
02:28et lui donner une réponse instantanée,
02:30oui ou non, à sa demande de crédit.
02:31Donc on n'est plus obligé de lui demander son bulletin de paie,
02:34puisqu'on voit son salaire dans son historique bancaire,
02:36on n'est plus obligé de lui demander s'il paye des loyers,
02:39s'il a des crédits en cours,
02:41puisqu'on voit ça sur son historique bancaire,
02:42on n'est pas obligé de lui demander son IBAN, son RIB,
02:44on a tout ça.
02:45Donc moins de travail pour lui,
02:47ce n'est pas d'échange de justificatifs, de papiers,
02:50c'est automatisé et en quelques minutes,
02:53il a une réponse définitive.
02:54Et comment c'est que la banque classique,
02:55elle n'arrive pas à faire ça ?
02:57Après, aujourd'hui, on vous demande vos revenus
02:59d'il y a trois ans qui, en règle générale,
03:01n'ont plus rien à voir avec ce que vous êtes aujourd'hui.
03:02Alors, certaines banques peuvent le faire sur certaines parties du scoring
03:07et certaines catégories de clients,
03:09mais c'est assez poussif,
03:11parce que c'est vrai qu'il faut changer tous les tunnels,
03:13tous les middle office, tous les back office,
03:15tous les front office.
03:17Il y a un legacy chez les banques
03:20qui fait que ce n'est pas immédiat et évident
03:22de passer sur un process totalement automatisé,
03:26comme on a chez Gini.
03:28Et en plus, nous, on rajoute aussi maintenant de la Gen AI
03:31pour accélérer les interactions entre clients et nos back office.
03:37La Banque de France, la dernière fois qu'elle a regardé
03:38un petit peu l'endettement des Français,
03:40elle s'est inquiétée du développement du microcrédit,
03:42notamment parce que chez les jeunes, ça prend beaucoup.
03:44Est-ce que c'est un sujet d'inquiétude ou pas ?
03:47Alors, c'est toujours mieux, dans n'importe quelle économie,
03:50que les prêts d'argent soient régulés.
03:54Effectivement, le BNPL, jusqu'à 200 euros
03:56et jusqu'à 3-4 mois de maturité,
03:58était dans une zone grise, donc non régulée.
04:01Alors, ça va changer.
04:02Qu'est-ce que vous mettez derrière BNPL ?
04:03Alors, c'est l'étalement d'un paiement sur...
04:07Donc, c'est le fractionné, quoi.
04:08Voilà, c'est ça.
04:09C'est le paiement fractionné.
04:10Et sur les petits montants et petites maturités,
04:12ce n'était pas régulé.
04:14Donc, vous n'étiez pas obligé d'être un établissement de crédit
04:17pour faire, pour octroyer des BNPL.
04:19Donc, en dessous de quel montant, à peu près ?
04:21200 euros.
04:22Donc, il y avait plein d'acteurs qui sont développés
04:24sur le BNPL à 50 euros.
04:26Désormais, ça va passer dans la réglementation crédit conso.
04:31Donc, vous ne pouvez pas monter au-dessus
04:32d'un certain niveau de pourcentage de revenus ?
04:35Mais maintenant, tous les montants vont devoir faire l'objet
04:39d'un contrat de crédit.
04:41Donc, c'est quoi le montant ?
04:42Ça va partir de 50 euros.
04:44Non, mais c'est-à-dire que tu ne pouvais pas être au-dessus
04:46d'un certain niveau d'endettement global ?
04:48C'est quoi ?
04:49En fait, c'était juste sur l'argent prêté, à la limite.
04:51C'est-à-dire que quand on prêtait moins de 200 euros,
04:53ce n'était pas régulé.
04:54Quand on prêtait sur moins de trois mois, ce n'était pas régulé.
04:58Désormais, ça, ça va être régulé.
04:59Alors nous, on était régulé depuis le début, même sur ces montants,
05:02puisque dès notre lancement, on était régulé.
05:05Vous avez dit que vous utilisez l'intelligence artificielle
05:07pour améliorer la relation client.
05:09Est-ce qu'on peut imaginer que demain,
05:10ce soit finalement l'IA qui décide d'octroyer un crédit
05:13en se basant sur ces données ?
05:15Est-ce que vous pouvez automatiser ce process ?
05:16Alors la décision, non.
05:18Alors l'aide à la prise de décision, bien évidemment, est aidée par l'IA,
05:22mais ce n'est pas l'IA qui prendra la décision.
05:24Par exemple, sur notre relation avec nos clients et prospects,
05:29l'IA nous permet de répondre facilement à des questions basiques,
05:33afin que les humains, nos opérateurs,
05:37puissent se focaliser sur les questions les plus complexes.
05:40Donc en fait, c'est un facilitateur de relations.
05:43Ça n'exclut pas la relation humaine.
05:47Dernier point, vous allez rallier Visa.
05:49On a beaucoup parlé sur ce plateau des questions de souveraineté
05:52à travers les paiements.
05:54Pourquoi c'est important pour vous ?
05:56Est-ce que c'est une demande des clients ?
05:58Alors nous, on a racheté l'été dernier
06:02la plateforme digitale de produits bancaires Elios,
06:06qui propose des comptes courants de l'assurance-vie et des cartes.
06:09Donc là, on prolonge et on élargit notre partenariat avec Visa.
06:16On va devenir membre principal Visa,
06:18ce qui nous permet d'émettre facilement des cartes internationales
06:21et de faire de l'innovation sur les cartes.
06:23Alors bien évidemment, le label Visa,
06:26c'est plus facile à obtenir que le label carte bleue.
06:30On est également en réflexion pour pouvoir aussi avoir le label carte bleue,
06:34parce qu'on pense également beaucoup à la souveraineté chez United.
06:37Merci beaucoup d'être venu ce matin, Charles Aigli,
06:40pour nous parler de United.
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