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  • il y a 8 heures
Ce mardi 20 janvier, Olivier Biton, directeur de la Transformation technologique de Crédit Agricole S.A. et Christophe Grosbost, directeur stratégie de l'IMA Innovation Makers Alliance, sont revenus sur les enjeux de la souveraineté numérique pour les entreprises en quête de maturité dans l'émission, Tech&Co Business présentée par Frédéric Simottel. Tech&Co Business est à voir ou écouter le mardi sur BFM Business.

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00:00Tech & Co Business, les invités.
00:05Allez, on enchaîne, on va parler souveraineté numérique,
00:07parce que les entreprises sont en quête de maturité,
00:10certaines sont plus en avance que d'autres.
00:12Et justement, le 20 janvier à Bercy se déroulait une grande journée
00:15sur la souveraineté technologique,
00:17alors une journée qui a été rythmée par des pitches de start-up,
00:20par des tables rondes d'opérateurs, les plus grands étaient là.
00:24Et justement, l'occasion de parler un peu de tout ça avec Christophe Grobeau.
00:27Bonjour Christophe.
00:28Bonjour.
00:28Bienvenue, directeur de la stratégie de Lima,
00:30c'est l'Innovation Maker Alliance,
00:32qui réunit beaucoup d'industriels, de gens de l'IT,
00:35justement, pour réfléchir à tout ce qui se passe dans notre monde aujourd'hui.
00:39Et Dieu sait si ça va vite.
00:41Et justement, organisateur de cette journée, on y revient dans un instant.
00:44Et Olivier Bitton, bonjour Olivier.
00:46Bonjour.
00:46Merci d'être avec nous, directeur de la transformation technologique
00:48de Crédit Récolessa, membre du COMEX,
00:50et qui justement intervenait lors de cette journée.
00:54Et on parlera des techno-européennes aussi
00:56pour une grande banque internationale.
00:59Christophe, juste un mot sur cette journée.
01:01Alors, on comprend un peu, c'est la deuxième édition,
01:03il y en a déjà eu l'année dernière à la même date.
01:05On comprend un peu l'intérêt encore plus aujourd'hui,
01:07quand on voit, voilà, on en parlait hors micro,
01:10tout ce que déclare Donald Trump à droite et à gauche
01:13et tout ce qui se passe avec les Américains.
01:15Qu'est-ce qu'il faut retenir un peu de cette journée ?
01:17Elle sert à quoi ?
01:18Elle est, donc c'est comme tu le disais, la deuxième édition.
01:23Le contexte actuel la rend encore plus indispensable,
01:27évidemment, l'apparition de, disons, d'actions un petit peu irrationnelles
01:32de la part du président américain qui nous laisse penser
01:34qu'aujourd'hui, il serait capable potentiellement
01:35de plus nous considérer comme des alliés,
01:36voire même de nous couper l'accès au numérique,
01:40disons, au numérique et de manière générale,
01:42je pense, à nos capacités technologiques,
01:44fait que ce sommet prend encore plus son sens.
01:46Mais l'idée est que nous, en tant que groupement
01:48des directions technologiques d'une bonne partie,
01:51disons, des grands groupes publics et privés français,
01:53on doit défendre leur autonomie numérique
01:54puisqu'on doit défendre leur capacité d'évolution à long terme.
01:57Aujourd'hui, l'indépendance numérique,
02:00et je pense que Crédit Agricole, qui est un de nos groupes,
02:02en parlera mieux que moi,
02:03est un sujet qui est absolument primordial pour tous nos groupes
02:06puisque, comme tu le disais,
02:09l'évolution géopolitique internationale
02:12laisse penser qu'on pourrait rentrer
02:13dans une sorte de guerre froide technologique demain
02:15et qu'à 10 ans ou à 15 ans,
02:17on pourrait, en gros, perdre notre capacité d'indépendance,
02:20voire être manipulé depuis l'étranger.
02:22Et donc là, le but de la journée, c'est montrer que,
02:24oui, c'est possible.
02:25On a beaucoup de start-up dans tout un tas de domaines,
02:29dans l'IA, bien entendu, dans la cyber, dans la data,
02:31enfin, on a beaucoup de domaines qui interviennent.
02:33On a tous les grands groupes qui sont là,
02:34les Orange Business,
02:34les OVH Cloud,
02:37enfin, tous ceux qui comptent un peu dans cet esprit de souveraineté sont là.
02:41Et le but, c'est quoi ?
02:41C'est de sortir une sorte de livre blanc en disant,
02:43voilà, on est là, on est capable,
02:45et voilà un petit peu les pistes sur lesquelles on peut accélérer.
02:49Il y a plusieurs objectifs.
02:50Alors, on avait sorti un manifeste, justement, avant l'été,
02:52qui réunissait tout un tas de recommandations
02:53qu'on avait faites avec nos groupes.
02:54L'objectif premier, c'est l'acculturation.
02:56Il y a un défaut de connaissance des capacités des offreurs souverains,
03:00dans toutes les brides technologiques dont tu viens de parler.
03:01Donc, l'idée, c'est de les faire monter sur scène,
03:03qu'ils soient capables d'expliquer ce qu'ils sont capables de faire,
03:05qu'ils soient capables aussi de montrer que leurs solutions,
03:07parfois, sont à compétence équivalente par rapport à ce qui se passe.
03:09On vient de le voir avec Michel Vandenberg qui était là il y a un instant.
03:11Faire connaître ça à l'ensemble des décideurs technologiques
03:13de nos organisations adhérentes,
03:14qui pourront, en fait, prendre connaissance de ça durant l'événement.
03:18Deuxièmement, c'est montrer par l'exemple.
03:20Donc, il y a plusieurs groupes, justement, comme Crédéricole,
03:22qui vont monter sur scène en montrant les plans de transition
03:25vers une indépendance numérique plus élevée,
03:27qui viendront présenter, certains avec des plans qui sont extrêmement ambitieux,
03:31et qui donneront envie, peut-être, aux autres dans la salle de faire pareil.
03:33Et puis, troisièmement, il y aura beaucoup de présentations aussi
03:35de type institutionnel, et je dirais de la cartographie,
03:38pour être capables de montrer l'évolution des offres souveraines en Europe,
03:41l'évolution aussi de la réglementation,
03:43et en tout cas, des changements politiques qu'on peut voir au niveau européen,
03:47qui essaient de pousser au développement des offres souveraines,
03:48pour montrer le fait que l'Europe et aujourd'hui la France
03:50prennent le sujet en main, et qu'on va dans le bon sens.
03:53Alors, qu'on va dans le bon sens, et Crédéricole va aussi dans le bon sens.
03:56C'est vrai que c'était l'un des messages publicitaires à une époque,
03:59mais ça le reste aujourd'hui.
04:01Pour vous, Olivier, en dépit de toutes les inquiétudes géopolitiques,
04:06il y a la place pour les technologies européennes.
04:08Même quand on a un grand groupe, alors on est conscient qu'il y a les Américains,
04:11on ne peut pas passer outre les grands hyperscalers,
04:15les technologies bureautiques, les grands logiciels,
04:17mais il y a de la place pour les technologies européennes.
04:20Il y a clairement de la place pour les technologies européennes,
04:22et finalement, en ce moment, on a des coups de semonstres qui nous réveillent.
04:24Ça fait longtemps qu'on devrait avoir de la place.
04:27Donc nous, on y est intéressés à deux titres.
04:29En fait, une banque, c'est un grand acteur de technologie.
04:31Quand on a la taille du Crédéricole, c'est un très grand acteur de technologie,
04:34consommateur de technologie.
04:36Le budget, c'est plus de 5 milliards.
04:37On s'approche de 6 milliards quasiment sur l'année dernière.
04:41Donc ça vous donne une idée de l'enjeu pour nous.
04:43Donc en tant que consommateur de technologie,
04:44les technologies européennes, on souhaite qu'elles se développent.
04:47Et on est aussi un acteur de l'économie.
04:50Et donc, c'est important pour développer l'économie dans laquelle nous vivons,
04:53d'accompagner ce développement.
04:54Donc on va le faire comme consommateur et comme investisseur.
04:56Et donc, ça veut dire parce que le Crédéricole est lancé
04:59dans un vaste plan de transformation numérique.
05:02Ça fait plusieurs années.
05:03Mais voilà, il y a différentes étapes.
05:05Mais enfin, on sent qu'il y a beaucoup de choses qui sont faites en interne,
05:07mais aussi pour les clients, sur les applications.
05:10Enfin voilà, tout ce qu'on peut imaginer autour d'un établissement financier,
05:13et puis vers les entreprises aussi également.
05:15Et là, quand on est patron de tout ça, on se dit, oui, c'est possible.
05:20C'est possible d'avoir notre propre autonomie.
05:22Alors je crois qu'il y a beaucoup de choses qui sont faites en interne.
05:24Le cloud, c'est un cloud principalement interne.
05:27Bien sûr, avec des tests, parfois avec les clouds publics.
05:30Mais voilà, c'est possible.
05:32Et ce n'est pas parce qu'on est une banque avec beaucoup de moyens.
05:34Voilà, on invite les autres groupes à réfléchir aussi à comment fonctionner.
05:38Alors évidemment, c'est beaucoup plus facile quand on a des moyens et des besoins importants.
05:43Il ne faut pas se leurrer.
05:44Néanmoins, en fait, moi j'aime bien parler pour ça d'autonomie stratégique.
05:47C'est-à-dire que vous devez décider en tant que dirigeant,
05:49pour chaque sujet, des dépendances que vous acceptez.
05:52Et si on n'accompagne pas le développement des technologies européennes,
05:55on aura une latitude de décision qui va s'amoindrir.
05:57Donc on a effectivement un cloud privé qui est de très loin là
06:01que tourne l'essentiel de nos applications.
06:04On a également beaucoup de forces de développement
06:06puisqu'on a quasiment 25 000 personnes dans l'IT,
06:09dans le crédit à l'école en force de travail.
06:11Mais si nous ne faisons pas un vrai effort pour encore renforcer notre autonomie,
06:15accompagner le développement de technologies qui partagent nos valeurs,
06:18alors on pourrait avoir un réveil difficile dans 5 à 10 ans.
06:21Donc aujourd'hui, notre dépendance est relativement bonne.
06:23On pense qu'on peut encore l'améliorer et être à rebours de ce qui se fait
06:27si on laisse faire la nature.
06:28Y compris, et on va en parler dans un instant,
06:30on a nos débriefeurs qui viennent parler de l'actualité en intelligence artificielle,
06:34y compris en IA où on sent quand même que les investissements sont colossaux.
06:38On parle maintenant de l'unité de valeur, c'est la désert,
06:41centaines de milliards de dollars.
06:44On voit que c'est OpenAI, on voit que c'est Google,
06:45on voit qu'il y a les acteurs asiatiques aussi.
06:47Mais quand on est justement à la tête de toute cette transformation numérique,
06:50du digital au crédit de l'école,
06:53on ne s'affole pas ?
06:54Alors, il ne faut jamais s'affoler d'abord en technologie,
06:57sinon on fait des bêtises.
06:58Mais en fait, l'IA, effectivement,
07:00elle exacerbe un problème qui est déjà présent avant.
07:02Donc c'est la version plus-plus de ce qu'on connaît depuis quelques années
07:05sur la gestion des dépendances.
07:07Et donc oui, on investit aussi pour ça sur des capacités en propre.
07:10On ne se prétend pas à faire de la concurrence à OpenAI ou autre sur les modèles,
07:14mais on peut travailler sur ça avec des acteurs européens.
07:16On peut hybrider nos infrastructures
07:18en ayant une partie de l'IA qui tourne on-prem,
07:20une partie dans des clouds publics,
07:22et puis entre les deux, petit à petit,
07:23il va se créer des clouds de confiance,
07:26souvent on les appelle comme on veut,
07:27qui vont gérer cet intermédiaire finalement.
07:29Donc sur l'IA aussi, par contre,
07:31ça demande de la maîtrise tout de suite
07:33et ça demande de se projeter dans le vrai coût de l'IA.
07:36Ça aide à prendre des bonnes décisions.
07:37Oui, c'est vrai que quand on regarde un peu toutes ces dépenses
07:39et on voit ces pertes colossales pour certains acteurs de l'IA,
07:44mais vous avez employé un terme important, Olivier,
07:46c'est le terme de confiance.
07:46C'est ça qu'il faut instaurer,
07:48y compris au sein de vos équipes,
07:49auprès de vos clients, de vos partenaires,
07:51mais même auprès de l'industrie,
07:52de montrer, nous, on est un acteur de confiance numérique,
07:55c'est ça ?
07:55Exactement.
07:55En fait, notre métier, c'est la confiance de base
07:57en tant que groupe bancaire.
07:59Et donc la confiance, aujourd'hui,
08:00elle passe par la confiance numérique.
08:02On parle de confiance numérique pour les services métiers,
08:04on parle de numérique de confiance pour les sous-jacents,
08:06les logiciels, les matériels.
08:08Et donc, plus on maîtrise la chaîne de valeur,
08:10plus on peut faire une vraie promesse
08:11de confiance à nos clients.
08:13On a toujours vraiment protégé leurs données
08:15de l'exposition à l'externe,
08:16mais la continuité de l'activité, la résilience,
08:18ça, on a un travail énorme,
08:19comme le disait Christophe tout à l'heure.
08:21Christophe, justement,
08:22on rappelle cette journée sur la souveraineté numérique
08:24qui se déroule à Bercy.
08:25Là, on est les Français,
08:26il faut réfléchir à un niveau européen.
08:28Est-ce que tous les gens qui sont là
08:30ont parlé de l'Europe,
08:32enfin, ont vraiment cette...
08:33parlent à cette échelle, aujourd'hui ?
08:35On est obligé, en matière de régulation,
08:37déjà, de parler au niveau européen.
08:38Tout ce qu'on va pouvoir faire
08:39au niveau de la protection
08:40de certains marchés critiques
08:41va se faire forcément de manière européenne.
08:43Deuxièmement, on aura, durant la journée,
08:45plusieurs acteurs allemands
08:47qui viendront présenter, par exemple,
08:48T-Systems.
08:48T-Systems, il sera là, oui.
08:49On va présenter son cloud souverain.
08:53Et je pense que, pour revenir, justement,
08:55sur ce que disait un petit peu Olivier,
08:56aujourd'hui, la granularité, en fait,
08:59des différents types de clouds,
09:00d'un cloud privé jusqu'à un cloud hybride,
09:03comme on peut voir avec, par exemple,
09:05l'Axens, jusqu'à des clouds souverains,
09:07jusqu'à un cloud international,
09:09doit dépendre de la criticité des données.
09:12Et ça, ça se joue au niveau européen.
09:13Il faut qu'on soit capable
09:14de créer des champions européens,
09:15comme on l'a déjà lancé,
09:16qu'ils soient capables
09:17de monter en puissance.
09:19Donc, c'est forcément un sujet européen.
09:21Toutes les présentations de demain
09:22parleront de facto
09:23des capacités européennes.
09:25Pour ceux qui n'ont pas pu
09:26assister à la journée,
09:27on peut retrouver tout le déroulé
09:28de cette journée
09:29sur le site de l'IMA.
09:31ima-dt.org
09:33Voilà, sur ima-dt.org
09:36Voilà, si vous n'avez pas pu suivre
09:39tous les pitchs de toutes ces startups,
09:41tous les tables rondes,
09:42toutes les interventions
09:43comme celle d'Olivier Vuitton.
09:44Merci, messieurs.
09:45Merci.
09:46Christophe Grobeau,
09:46directeur de la stratégie
09:47de l'IMA Innovation Maker Alliance,
09:49qui regroupe,
09:50qui rassemble plusieurs patrons
09:51du digital,
09:52de l'innovation,
09:53de grands groupes
09:53et du secteur public
09:54pour discuter des enjeux,
09:57alors pas futurs,
09:58des enjeux actuels,
09:58c'est bien d'aujourd'hui
09:59dont on parle,
09:59et organisateur de cette journée
10:01du 20 janvier à Bercy
10:02sur la souveraineté.
10:03Et merci Olivier Vuitton,
10:04directeur de la transformation
10:05technologique du Crédit Agricole SA.
10:07On vous recevra bientôt
10:08pour parler un peu plus
10:09en détail de ce que vous faites
10:10au sein du Crédit Agricole.
10:11Allez, à tout de suite,
10:12notre débrief de l'actu
10:13hier avec nos experts.
10:15C'est tout de suite.
10:17Tech & Co-Business
10:18sur BFM Business.
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