00:00Tech & Co Business, les invités.
00:05Allez, on enchaîne, on va parler souveraineté numérique,
00:07parce que les entreprises sont en quête de maturité,
00:10certaines sont plus en avance que d'autres.
00:12Et justement, le 20 janvier à Bercy se déroulait une grande journée
00:15sur la souveraineté technologique,
00:17alors une journée qui a été rythmée par des pitches de start-up,
00:20par des tables rondes d'opérateurs, les plus grands étaient là.
00:24Et justement, l'occasion de parler un peu de tout ça avec Christophe Grobeau.
00:27Bonjour Christophe.
00:28Bonjour.
00:28Bienvenue, directeur de la stratégie de Lima,
00:30c'est l'Innovation Maker Alliance,
00:32qui réunit beaucoup d'industriels, de gens de l'IT,
00:35justement, pour réfléchir à tout ce qui se passe dans notre monde aujourd'hui.
00:39Et Dieu sait si ça va vite.
00:41Et justement, organisateur de cette journée, on y revient dans un instant.
00:44Et Olivier Bitton, bonjour Olivier.
00:46Bonjour.
00:46Merci d'être avec nous, directeur de la transformation technologique
00:48de Crédit Récolessa, membre du COMEX,
00:50et qui justement intervenait lors de cette journée.
00:54Et on parlera des techno-européennes aussi
00:56pour une grande banque internationale.
00:59Christophe, juste un mot sur cette journée.
01:01Alors, on comprend un peu, c'est la deuxième édition,
01:03il y en a déjà eu l'année dernière à la même date.
01:05On comprend un peu l'intérêt encore plus aujourd'hui,
01:07quand on voit, voilà, on en parlait hors micro,
01:10tout ce que déclare Donald Trump à droite et à gauche
01:13et tout ce qui se passe avec les Américains.
01:15Qu'est-ce qu'il faut retenir un peu de cette journée ?
01:17Elle sert à quoi ?
01:18Elle est, donc c'est comme tu le disais, la deuxième édition.
01:23Le contexte actuel la rend encore plus indispensable,
01:27évidemment, l'apparition de, disons, d'actions un petit peu irrationnelles
01:32de la part du président américain qui nous laisse penser
01:34qu'aujourd'hui, il serait capable potentiellement
01:35de plus nous considérer comme des alliés,
01:36voire même de nous couper l'accès au numérique,
01:40disons, au numérique et de manière générale,
01:42je pense, à nos capacités technologiques,
01:44fait que ce sommet prend encore plus son sens.
01:46Mais l'idée est que nous, en tant que groupement
01:48des directions technologiques d'une bonne partie,
01:51disons, des grands groupes publics et privés français,
01:53on doit défendre leur autonomie numérique
01:54puisqu'on doit défendre leur capacité d'évolution à long terme.
01:57Aujourd'hui, l'indépendance numérique,
02:00et je pense que Crédit Agricole, qui est un de nos groupes,
02:02en parlera mieux que moi,
02:03est un sujet qui est absolument primordial pour tous nos groupes
02:06puisque, comme tu le disais,
02:09l'évolution géopolitique internationale
02:12laisse penser qu'on pourrait rentrer
02:13dans une sorte de guerre froide technologique demain
02:15et qu'à 10 ans ou à 15 ans,
02:17on pourrait, en gros, perdre notre capacité d'indépendance,
02:20voire être manipulé depuis l'étranger.
02:22Et donc là, le but de la journée, c'est montrer que,
02:24oui, c'est possible.
02:25On a beaucoup de start-up dans tout un tas de domaines,
02:29dans l'IA, bien entendu, dans la cyber, dans la data,
02:31enfin, on a beaucoup de domaines qui interviennent.
02:33On a tous les grands groupes qui sont là,
02:34les Orange Business,
02:34les OVH Cloud,
02:37enfin, tous ceux qui comptent un peu dans cet esprit de souveraineté sont là.
02:41Et le but, c'est quoi ?
02:41C'est de sortir une sorte de livre blanc en disant,
02:43voilà, on est là, on est capable,
02:45et voilà un petit peu les pistes sur lesquelles on peut accélérer.
02:49Il y a plusieurs objectifs.
02:50Alors, on avait sorti un manifeste, justement, avant l'été,
02:52qui réunissait tout un tas de recommandations
02:53qu'on avait faites avec nos groupes.
02:54L'objectif premier, c'est l'acculturation.
02:56Il y a un défaut de connaissance des capacités des offreurs souverains,
03:00dans toutes les brides technologiques dont tu viens de parler.
03:01Donc, l'idée, c'est de les faire monter sur scène,
03:03qu'ils soient capables d'expliquer ce qu'ils sont capables de faire,
03:05qu'ils soient capables aussi de montrer que leurs solutions,
03:07parfois, sont à compétence équivalente par rapport à ce qui se passe.
03:09On vient de le voir avec Michel Vandenberg qui était là il y a un instant.
03:11Faire connaître ça à l'ensemble des décideurs technologiques
03:13de nos organisations adhérentes,
03:14qui pourront, en fait, prendre connaissance de ça durant l'événement.
03:18Deuxièmement, c'est montrer par l'exemple.
03:20Donc, il y a plusieurs groupes, justement, comme Crédéricole,
03:22qui vont monter sur scène en montrant les plans de transition
03:25vers une indépendance numérique plus élevée,
03:27qui viendront présenter, certains avec des plans qui sont extrêmement ambitieux,
03:31et qui donneront envie, peut-être, aux autres dans la salle de faire pareil.
03:33Et puis, troisièmement, il y aura beaucoup de présentations aussi
03:35de type institutionnel, et je dirais de la cartographie,
03:38pour être capables de montrer l'évolution des offres souveraines en Europe,
03:41l'évolution aussi de la réglementation,
03:43et en tout cas, des changements politiques qu'on peut voir au niveau européen,
03:47qui essaient de pousser au développement des offres souveraines,
03:48pour montrer le fait que l'Europe et aujourd'hui la France
03:50prennent le sujet en main, et qu'on va dans le bon sens.
03:53Alors, qu'on va dans le bon sens, et Crédéricole va aussi dans le bon sens.
03:56C'est vrai que c'était l'un des messages publicitaires à une époque,
03:59mais ça le reste aujourd'hui.
04:01Pour vous, Olivier, en dépit de toutes les inquiétudes géopolitiques,
04:06il y a la place pour les technologies européennes.
04:08Même quand on a un grand groupe, alors on est conscient qu'il y a les Américains,
04:11on ne peut pas passer outre les grands hyperscalers,
04:15les technologies bureautiques, les grands logiciels,
04:17mais il y a de la place pour les technologies européennes.
04:20Il y a clairement de la place pour les technologies européennes,
04:22et finalement, en ce moment, on a des coups de semonstres qui nous réveillent.
04:24Ça fait longtemps qu'on devrait avoir de la place.
04:27Donc nous, on y est intéressés à deux titres.
04:29En fait, une banque, c'est un grand acteur de technologie.
04:31Quand on a la taille du Crédéricole, c'est un très grand acteur de technologie,
04:34consommateur de technologie.
04:36Le budget, c'est plus de 5 milliards.
04:37On s'approche de 6 milliards quasiment sur l'année dernière.
04:41Donc ça vous donne une idée de l'enjeu pour nous.
04:43Donc en tant que consommateur de technologie,
04:44les technologies européennes, on souhaite qu'elles se développent.
04:47Et on est aussi un acteur de l'économie.
04:50Et donc, c'est important pour développer l'économie dans laquelle nous vivons,
04:53d'accompagner ce développement.
04:54Donc on va le faire comme consommateur et comme investisseur.
04:56Et donc, ça veut dire parce que le Crédéricole est lancé
04:59dans un vaste plan de transformation numérique.
05:02Ça fait plusieurs années.
05:03Mais voilà, il y a différentes étapes.
05:05Mais enfin, on sent qu'il y a beaucoup de choses qui sont faites en interne,
05:07mais aussi pour les clients, sur les applications.
05:10Enfin voilà, tout ce qu'on peut imaginer autour d'un établissement financier,
05:13et puis vers les entreprises aussi également.
05:15Et là, quand on est patron de tout ça, on se dit, oui, c'est possible.
05:20C'est possible d'avoir notre propre autonomie.
05:22Alors je crois qu'il y a beaucoup de choses qui sont faites en interne.
05:24Le cloud, c'est un cloud principalement interne.
05:27Bien sûr, avec des tests, parfois avec les clouds publics.
05:30Mais voilà, c'est possible.
05:32Et ce n'est pas parce qu'on est une banque avec beaucoup de moyens.
05:34Voilà, on invite les autres groupes à réfléchir aussi à comment fonctionner.
05:38Alors évidemment, c'est beaucoup plus facile quand on a des moyens et des besoins importants.
05:43Il ne faut pas se leurrer.
05:44Néanmoins, en fait, moi j'aime bien parler pour ça d'autonomie stratégique.
05:47C'est-à-dire que vous devez décider en tant que dirigeant,
05:49pour chaque sujet, des dépendances que vous acceptez.
05:52Et si on n'accompagne pas le développement des technologies européennes,
05:55on aura une latitude de décision qui va s'amoindrir.
05:57Donc on a effectivement un cloud privé qui est de très loin là
06:01que tourne l'essentiel de nos applications.
06:04On a également beaucoup de forces de développement
06:06puisqu'on a quasiment 25 000 personnes dans l'IT,
06:09dans le crédit à l'école en force de travail.
06:11Mais si nous ne faisons pas un vrai effort pour encore renforcer notre autonomie,
06:15accompagner le développement de technologies qui partagent nos valeurs,
06:18alors on pourrait avoir un réveil difficile dans 5 à 10 ans.
06:21Donc aujourd'hui, notre dépendance est relativement bonne.
06:23On pense qu'on peut encore l'améliorer et être à rebours de ce qui se fait
06:27si on laisse faire la nature.
06:28Y compris, et on va en parler dans un instant,
06:30on a nos débriefeurs qui viennent parler de l'actualité en intelligence artificielle,
06:34y compris en IA où on sent quand même que les investissements sont colossaux.
06:38On parle maintenant de l'unité de valeur, c'est la désert,
06:41centaines de milliards de dollars.
06:44On voit que c'est OpenAI, on voit que c'est Google,
06:45on voit qu'il y a les acteurs asiatiques aussi.
06:47Mais quand on est justement à la tête de toute cette transformation numérique,
06:50du digital au crédit de l'école,
06:53on ne s'affole pas ?
06:54Alors, il ne faut jamais s'affoler d'abord en technologie,
06:57sinon on fait des bêtises.
06:58Mais en fait, l'IA, effectivement,
07:00elle exacerbe un problème qui est déjà présent avant.
07:02Donc c'est la version plus-plus de ce qu'on connaît depuis quelques années
07:05sur la gestion des dépendances.
07:07Et donc oui, on investit aussi pour ça sur des capacités en propre.
07:10On ne se prétend pas à faire de la concurrence à OpenAI ou autre sur les modèles,
07:14mais on peut travailler sur ça avec des acteurs européens.
07:16On peut hybrider nos infrastructures
07:18en ayant une partie de l'IA qui tourne on-prem,
07:20une partie dans des clouds publics,
07:22et puis entre les deux, petit à petit,
07:23il va se créer des clouds de confiance,
07:26souvent on les appelle comme on veut,
07:27qui vont gérer cet intermédiaire finalement.
07:29Donc sur l'IA aussi, par contre,
07:31ça demande de la maîtrise tout de suite
07:33et ça demande de se projeter dans le vrai coût de l'IA.
07:36Ça aide à prendre des bonnes décisions.
07:37Oui, c'est vrai que quand on regarde un peu toutes ces dépenses
07:39et on voit ces pertes colossales pour certains acteurs de l'IA,
07:44mais vous avez employé un terme important, Olivier,
07:46c'est le terme de confiance.
07:46C'est ça qu'il faut instaurer,
07:48y compris au sein de vos équipes,
07:49auprès de vos clients, de vos partenaires,
07:51mais même auprès de l'industrie,
07:52de montrer, nous, on est un acteur de confiance numérique,
07:55c'est ça ?
07:55Exactement.
07:55En fait, notre métier, c'est la confiance de base
07:57en tant que groupe bancaire.
07:59Et donc la confiance, aujourd'hui,
08:00elle passe par la confiance numérique.
08:02On parle de confiance numérique pour les services métiers,
08:04on parle de numérique de confiance pour les sous-jacents,
08:06les logiciels, les matériels.
08:08Et donc, plus on maîtrise la chaîne de valeur,
08:10plus on peut faire une vraie promesse
08:11de confiance à nos clients.
08:13On a toujours vraiment protégé leurs données
08:15de l'exposition à l'externe,
08:16mais la continuité de l'activité, la résilience,
08:18ça, on a un travail énorme,
08:19comme le disait Christophe tout à l'heure.
08:21Christophe, justement,
08:22on rappelle cette journée sur la souveraineté numérique
08:24qui se déroule à Bercy.
08:25Là, on est les Français,
08:26il faut réfléchir à un niveau européen.
08:28Est-ce que tous les gens qui sont là
08:30ont parlé de l'Europe,
08:32enfin, ont vraiment cette...
08:33parlent à cette échelle, aujourd'hui ?
08:35On est obligé, en matière de régulation,
08:37déjà, de parler au niveau européen.
08:38Tout ce qu'on va pouvoir faire
08:39au niveau de la protection
08:40de certains marchés critiques
08:41va se faire forcément de manière européenne.
08:43Deuxièmement, on aura, durant la journée,
08:45plusieurs acteurs allemands
08:47qui viendront présenter, par exemple,
08:48T-Systems.
08:48T-Systems, il sera là, oui.
08:49On va présenter son cloud souverain.
08:53Et je pense que, pour revenir, justement,
08:55sur ce que disait un petit peu Olivier,
08:56aujourd'hui, la granularité, en fait,
08:59des différents types de clouds,
09:00d'un cloud privé jusqu'à un cloud hybride,
09:03comme on peut voir avec, par exemple,
09:05l'Axens, jusqu'à des clouds souverains,
09:07jusqu'à un cloud international,
09:09doit dépendre de la criticité des données.
09:12Et ça, ça se joue au niveau européen.
09:13Il faut qu'on soit capable
09:14de créer des champions européens,
09:15comme on l'a déjà lancé,
09:16qu'ils soient capables
09:17de monter en puissance.
09:19Donc, c'est forcément un sujet européen.
09:21Toutes les présentations de demain
09:22parleront de facto
09:23des capacités européennes.
09:25Pour ceux qui n'ont pas pu
09:26assister à la journée,
09:27on peut retrouver tout le déroulé
09:28de cette journée
09:29sur le site de l'IMA.
09:31ima-dt.org
09:33Voilà, sur ima-dt.org
09:36Voilà, si vous n'avez pas pu suivre
09:39tous les pitchs de toutes ces startups,
09:41tous les tables rondes,
09:42toutes les interventions
09:43comme celle d'Olivier Vuitton.
09:44Merci, messieurs.
09:45Merci.
09:46Christophe Grobeau,
09:46directeur de la stratégie
09:47de l'IMA Innovation Maker Alliance,
09:49qui regroupe,
09:50qui rassemble plusieurs patrons
09:51du digital,
09:52de l'innovation,
09:53de grands groupes
09:53et du secteur public
09:54pour discuter des enjeux,
09:57alors pas futurs,
09:58des enjeux actuels,
09:58c'est bien d'aujourd'hui
09:59dont on parle,
09:59et organisateur de cette journée
10:01du 20 janvier à Bercy
10:02sur la souveraineté.
10:03Et merci Olivier Vuitton,
10:04directeur de la transformation
10:05technologique du Crédit Agricole SA.
10:07On vous recevra bientôt
10:08pour parler un peu plus
10:09en détail de ce que vous faites
10:10au sein du Crédit Agricole.
10:11Allez, à tout de suite,
10:12notre débrief de l'actu
10:13hier avec nos experts.
10:15C'est tout de suite.
10:17Tech & Co-Business
10:18sur BFM Business.
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