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  • il y a 22 heures
Sylvain Duranton, directeur monde de BCG X, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce mardi 20 janvier. Il est notamment revenu sur le thème amené par Emmanuel Macron, les investissements dans l'intelligence artificielle, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Bienvenue si vous nous rejoignez au cœur de Good Morning Business.
00:03On reprend tout de suite la direction du Forum économique de Davos
00:07où on vous retrouve, Laure Closier, l'intelligence artificielle, la tech
00:10sont bien sûr au cœur des échanges et des préoccupations de cette édition.
00:18Absolument, Erwan, on parle d'intelligence artificielle.
00:21Aujourd'hui on est avec Sylvain Duranton, bonjour, vous n'êtes pas congelé,
00:24vous êtes là, il fait très froid à Davos, je ne vous cache rien.
00:27Aujourd'hui le thème amené par Emmanuel Macron, ce sont les investissements
00:31dans l'intelligence artificielle, est-ce qu'il va y avoir une place pour parler de ça ?
00:35Alors il va y avoir une énorme place, sur la surface on a l'impression
00:38qu'aujourd'hui le seul sujet qui compte c'est la géopolitique.
00:41En fait si on regarde ce qui est la préoccupation des patrons aujourd'hui,
00:46c'est avant tout l'IA, si on regarde les analystes call qui ont été faits
00:49au dernier trimestre, l'IA a été mentionné dix fois plus que la géopolitique,
00:54donc on est vraiment sur le sujet qui intéresse les patrons aujourd'hui.
00:57Donc Emmanuel Macron a des annonces à faire sur le sujet,
01:00je pense que là-dessus il est complètement en cohérence avec les attentes des patrons.
01:05On attend un grand centre européen, un peu ce qui se fait aux Émirats arabes unis
01:08ou dans d'autres pays asiatiques, qu'est-ce que ça change potentiellement pour nous européens ?
01:13Ça change beaucoup parce que c'est un pouvoir d'attraction de talent et c'est très important,
01:16on a trop de talents européens qui vont exercer sous d'autres cieux,
01:21et c'est aussi un moyen de nourrir tout un écosystème qui est extrêmement important.
01:25Si on écoute les patrons, 2026 ce sera l'année de l'IA.
01:30Aujourd'hui ils sont plus de 70% à dire,
01:33l'IA dans mon entreprise c'est moi, on va prendre les choses sérieusement.
01:38On attend, et ça c'est ce qu'eux déclarent,
01:40on attend à ce qu'ils dépensent deux fois plus sur les sujets IA en 2026 qu'en 2025,
01:44dans certains secteurs c'est même trois fois plus,
01:47l'assurance, l'énergie, les biens de grande consommation,
01:49beaucoup de choses vont se passer.
01:50Alors on sait qu'il y a eu des déceptions,
01:53parfois on a dit est-ce que ça rapporte vraiment, on n'est pas sûr, etc.
01:5694% d'entre eux disent,
01:58même si ça ne rapporte pas grand-chose dans les 12 premiers mois,
02:01je continuerai à investir.
02:03Donc on est vraiment sur un sujet qui est ultra stratégique pour les dirigeants aujourd'hui.
02:07Mais c'est intéressant quand vous dites,
02:08ils disent l'intelligence artificielle c'est moi,
02:10c'est-à-dire que ça ne peut passer que par une impulsion du chef d'entreprise,
02:14c'est pas un travail de DSI, c'est pas ça.
02:17Non, c'est le CEO qui doit prendre en charge ça.
02:20En fait, on a eu beaucoup pendant des années,
02:22une approche un petit peu fragmentée, dispersée de l'IA,
02:25et on constate que ça n'a pas complètement porté ses fruits.
02:28Et aujourd'hui, les patrons reprennent la main.
02:31Et d'ailleurs, en moyenne,
02:33quand on les interroge sur ce qu'on attend de l'IA,
02:35est-ce que ça va marcher, est-ce que ça va avoir de l'impact,
02:37ils sont les plus convaincus de leur équipe de direction,
02:40même par rapport à leur DSI.
02:41Sur les inquiétudes, sur les revenus potentiels
02:44que peut amener l'intelligence artificielle,
02:46il y a cette joke qui tourne dans Davos,
02:49OpenAI qui pourrait faire faillite.
02:51Qu'est-ce que vous en dites ?
02:53D'ici deux ans, on a un peu de largeur.
02:55Moi, je pense qu'OpenAI a quand même constitué
02:58quelque chose de complètement unique.
02:59Ils ont eu un impact sur le monde technologique,
03:02sur le monde économique qui est complètement incroyable,
03:03à une échelle incroyable.
03:05Ils ont des fonds de lancement qui sont spectaculaires.
03:07Alors, un signe noir, qu'est-ce qui pourrait se passer ?
03:10Peut-être.
03:10Je pense que la façon d'interpréter ce qui a été dit,
03:13c'est deux choses.
03:13La première, c'est que ces entreprises vont continuer à pivoter,
03:17comme on dit, à adapter leur business model.
03:19Ce n'est pas quelque chose qui va être simplement linéaire.
03:22Ensuite, on parle beaucoup aussi de l'émergence
03:24des petits modèles aujourd'hui.
03:26Et Gartner prévoit, par exemple,
03:27qu'il y aura 50% de petits modèles en entreprise.
03:30Qu'est-ce que ça veut dire, petits modèles ?
03:31Les petits modèles, par opposition aux énormes modèles,
03:34les grands modèles de langage,
03:35frontier model, comme on peut les appeler,
03:37que sont, par exemple, OpenAI a un modèle,
03:41Anthropik a un de ces modèles.
03:43Il y a aussi des modèles beaucoup plus petits
03:44pour des tâches très particulières.
03:46Donc, Gartner dit que 50% des modèles utilisés en entreprise
03:49seront petits.
03:51Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura pas de grands modèles.
03:53Ça veut dire qu'il y aura deux types de modèles
03:54qui coexisteront pour des usages différents.
03:58Et là-dessus, c'est toujours difficile de prévoir l'avenir.
04:00Moi, je ne suis pas analyste financier.
04:03Mais en tout cas, la demande est là.
04:04Les entreprises vont investir plus que jamais.
04:07OpenAI a une position très forte.
04:08D'autres aussi.
04:10On verra bien ce qui va se passer.
04:11Et puis, les actionnaires d'OpenAI,
04:13que ce soit Amazon, que ce soit Oracle,
04:16ils ont quand même les poches.
04:18Ils ont du cash flow.
04:19Ils sont là, quoi.
04:21Bien sûr.
04:21D'où la capacité à pivoter.
04:23C'est plus facile de s'adapter
04:25et de changer de trajectoire
04:26quand on est très bien financé
04:27que quand on ne l'est pas.
04:28Sylvain, l'année dernière, après Davos,
04:30c'était le sommet de l'intelligence artificielle.
04:32C'était le rendez-vous d'après.
04:34Il y avait à peu près tout le monde
04:35de l'intelligence artificielle qui comptait.
04:38Et après, qu'est-ce qui s'est passé après ?
04:39Est-ce que l'Europe a changé
04:40dans sa manière de voir la technologie ?
04:43Alors, je dirais que dans la foulée de Davos,
04:44il y a eu le Global AI Impact Summit
04:46qui a eu lieu à Paris,
04:47qui était bien, avec beaucoup d'annonces,
04:49notamment sur les infrastructures
04:50en Europe et en France.
04:52Les entreprises ont continué à avancer.
04:54Maintenant, il y a une question de souveraineté.
04:56Il y a une question vis-à-vis de l'Europe
04:58qui est-ce qu'il faut adapter ou pas
04:59à la réglementation ?
05:01Qu'est-ce qu'on fait pour faire émerger
05:02des champions européens ?
05:04Là-dessus, bien sûr qu'il faut du temps
05:05pour progresser,
05:06mais on attend un peu de voir des résultats.
05:09L'annonce d'un grand centre de recherche européen
05:12qui est de classe mondiale,
05:13ça, c'est quelque chose qui était très attendu.
05:15C'est une excellente nouvelle.
05:17Donc, je dirais que les entreprises ont avancé,
05:20les États ont avancé.
05:21Maintenant, sur l'Europe, sur la souveraineté,
05:23on aimerait que les choses aillent
05:24un petit peu plus vite.
05:25Est-ce que vous aussi, vous avez eu une conversation
05:26avec Yann Lequin ?
05:28Est-ce que vous savez s'il va amener son entreprise
05:31à Paris ou si ça va être protéiforme ?
05:34Alors, il a ses secrets.
05:36Il est là.
05:36Moi, je pense que ce qui est important
05:38dans ce qu'il fait,
05:39c'est qu'il va apporter une espèce
05:40de deuxième vague d'innovation
05:42par rapport à ce qu'on fait aujourd'hui
05:44pour aller au-delà simplement
05:45de ces grands modèles
05:46qui absorbent des données
05:47déjà interprétées par l'homme.
05:49Et je pense qu'au-delà de ce que lui fait,
05:51l'avenir de l'IA,
05:53la deuxième vague d'IA,
05:54ça va être une IA qui n'apprendra pas
05:56sur ce que l'homme lui demandera d'ingurgiter,
05:58mais qui apprendra en observant le monde
06:00et en appréhendant le monde.
06:01C'est ça qu'il essaye de faire.
06:02Voilà.
06:03Et on va utiliser la puissance de calcul
06:04maintenant pour essayer de faire
06:06des machines qui sont capables
06:07d'apprendre et d'appréhender.
06:09Il nous reste quelques secondes.
06:11Sylvain, vous me dites,
06:122026, l'année de l'IA,
06:13moi j'entends l'année du quantique.
06:15Ça veut dire la même chose ?
06:16Les deux sont liés ?
06:17Alors, les deux sont liés
06:19parce que quand on aura du quantique,
06:20on ira sur certains problèmes
06:22beaucoup plus vite qu'aujourd'hui,
06:23on aura de la puissance de calcul.
06:25Alors, 2026, l'année du quantique,
06:27je ne suis pas sûr qu'en 2026,
06:28on ait déjà l'avantage quantique
06:30qui sera atteint.
06:31En revanche, 2030, pourquoi pas ?
06:34Ce qui est certain,
06:35c'est qu'on va avoir de plus en plus
06:37d'annonces concrètes
06:38de résultats sur le quantique.
06:39Sur le quantique,
06:40pendant 10 ans, chaque année,
06:41on reculait d'un an
06:42la date à laquelle ça allait venir.
06:44Là, maintenant,
06:45on est vraiment en train d'avancer
06:46et c'est un sujet qui devient vrai.
06:48Merci beaucoup,
06:49Céline Duranton,
06:50d'avoir été avec nous ce matin
06:51dans la matinale de l'économie.
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