Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 heures
Pour écouter tous les podcasts du Parisien : http://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/

Code source raconte l’incendie sur le site industriel Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime), la communication de crise, les doutes des habitants et les premières heures de l’enquête.

Notre article : http://www.leparisien.fr/archives/rouen-02h40-26-septembre-2019-07-10-2019-8168001.php

Sur votre smartphone ou votre tablette, écoutez Code source et abonnez-vous sur : Apple Podcasts (iPhone, iPad) : https://podcasts.apple.com/fr/podcast/code-source/id1460276302
Google Podcasts (Android) : https://podcasts.google.com/?feed=aHR0cHM6Ly9mZWVkLnBpcHBhLmlvL3B1YmxpYy9zaG93cy9jb2RlLXNvdXJjZQ Podcast Addict : https://podplayer.net/?podId=2366555
ou Castbox : https://castbox.fm/channel/Code-source-id2099090?country=gb
Deezer : https://www.deezer.com/fr/show/360202
Spotify : https://open.spotify.com/show/4J2KJU7Lcv0e1wH3728Fse

Toute l'actualité du Parisien : http://www.leparisien.fr/

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Quelles conséquences pour l'environnement et pour la santé des citoyennes et des citoyens qui ont respiré les émanations ?
00:19Après l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen le 26 septembre, de nombreuses questions restent sans réponse
00:24et beaucoup d'habitants dénoncent un manque de transparence de la part des entreprises concernées comme des autorités.
00:30Chez Codesource, on a voulu refaire le film de cet incendie, mettre bout à bout les éléments certains pour mieux
00:37souligner les zones d'ombre qui demeurent.
00:39Je veux tout d'abord vous redire combien nous comprenons l'émotion et l'inquiétude que vivent tous les habitants
00:46touchés par cette catastrophe.
00:48Dites-nous qu'est-ce qui a brûlé ? A quoi nous avons été exposés ?
00:54Émilie Torgemene, vous êtes spécialiste environnement au Parisien. Est-ce que vous pouvez nous présenter l'usine qui a brûlé
01:00?
01:00L'usine qui a brûlé, c'est une usine qui s'appelle Lubrizol. C'est une usine qui produit des
01:06lubrifiants et des additifs pour moteur
01:09qu'on retrouve dans l'essence, dans l'essence de nos voitures, dans l'essence pour les avions ou pour
01:14des bateaux.
01:15Ce qui a brûlé, c'est une partie seulement de l'usine, le stockage.
01:19Alors cette usine, elle existe en fait entre Petit-Coville et Rouen depuis 1954.
01:24Donc on peut dire qu'elle est bien installée dans la région et elle est classée Céveso, seuil haut.
01:30C'est le seuil le plus haut, ça veut dire que ce sont des produits chimiques extrêmement dangereux
01:34et que pour cette raison, l'usine est très surveillée.
01:37On sait d'ailleurs qu'il y avait eu une inspection un mois avant l'incendie.
01:41C'est un site très grand, gigantesque.
01:43Il fait 14 hectares et il y a 400 salariés qui sont employés sur ce site.
01:47En 2013, cette usine avait déjà fait parler d'elle.
01:49Oui, en 2013, il y avait déjà eu un accident d'ampleur.
01:52Il y a eu une fuite de mer captant.
01:54C'est un gaz malodorant, alors un peu toxique, mais surtout qui sont très mauvais, qui sent l'œuf pourri.
02:00Parce que cette odeur permet de détecter en fait les fuites de gaz, ce qui peut être d'autant plus
02:04dangereux.
02:04C'était une fuite phénoménale.
02:06On l'a ressenti jusqu'en Ile-de-France et jusqu'en Angleterre.
02:09Mais ce n'est pas tout.
02:10En 2015, il y a aussi eu une fuite dans les eaux de la Seine.
02:13Alors c'était moins dangereux et c'est passé relativement inaperçu.
02:16Mais en tout cas, c'est un site qui a déjà eu des problèmes.
02:18Il y a eu des conséquences judiciaires ?
02:20En 2013, il y avait eu des conséquences judiciaires et l'entreprise avait été reconnue responsable pour cette fuite.
02:26Elle avait été condamnée à une amende de 4000 euros.
02:29L'incendie va se déclarer dans la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 septembre.
02:34D'abord, est-ce que des salariés de Lubrizol travaillent sur le site pendant la nuit ?
02:38Alors là, c'est une question qui reste entière.
02:41En réalité, le PDG de l'entreprise Lubrizol en France a fait part de son étonnement dans la presse en
02:47disant qu'à cette heure-là, personne ne travaille sur le site et que c'est donc assez invraisemblable qu
02:51'un incendie se déclenche.
02:53L'idée, c'est que puisqu'il n'y a pas de salariés sur place, il n'y a pas
02:57de raison qu'un incendie se déclare.
02:59Le PDG ne dit jamais explicitement que l'incendie est criminel, mais il n'arrête pas de faire part de
03:04ses interrogations en laissant entendre malgré tout que peut-être l'incendie a une source extérieure à l'entreprise.
03:11Que se passe-t-il cette nuit-là à 2h40 du matin ?
03:14Il y a une explosion. C'est ce que tous les témoins qui vivent à proximité et même un peu
03:19plus loin racontent.
03:20Il y a une très forte explosion, des flammes gigantesques et l'incendie se propage sur l'entrepôt A5 qui
03:27est un site de stockage.
03:29Ronan Folgoas, vous êtes journaliste au service Police Justice du Parisien.
03:32Quelques minutes plus tard, les pompiers sont déjà sur place. Ils vont être 240 au plus fort de la bataille
03:38contre le feu et ils découvrent sur place un lieu forcément à risque, truffé de pièges.
03:44Ils vont devoir faire face à des explosions successives à 3h, 5h du matin, 6h du matin, de manière évidemment
03:51inopinée.
03:52Et donc ils reculent à chaque fois qu'une explosion survient.
03:56Dans le courant de la journée, le chef des pompiers va décrire les lieux de l'intervention en évoquant notamment
04:02une couche d'hydrocarbures d'une dizaine de centimètres dans laquelle ces hommes ont dû évoluer.
04:06Alors on a rencontré des voisins immédiats, ils habitent en fait de l'autre côté de la rue, donc à
04:11moins de 100 mètres, qui racontent qu'ils se sont approchés de leur fenêtre pour voir ce qu'il se
04:15passait et qu'ils ont senti le souffle sur leur fenêtre.
04:18En sortant, ils ont eu la surprise de voir des fûts, il faut imaginer des gros tonneaux en fait en
04:23fer, qui se sont envolés au-dessus des arbres, nous disait-il en les montrant.
04:27Donc ça veut dire à plus de 20 mètres du sol, puis des flammes, pareil, qui montaient à plus de
04:3120 mètres du sol.
04:32Un spectacle très impressionnant, et ça, ça a été confirmé par les pompiers qui parlaient d'un incendie véritablement dantesque.
04:38Très rapidement, lors du transit, on se rend compte que ça va être une intervention qui est hors norme, un
04:42panache de fumée gigantesque, des flammes de plus de 20 mètres.
04:45Et c'est à ce moment-là qu'on se dit que ça ne va pas être une intervention classique.
04:48À 6h du matin, la préfecture de Seine-Maritime demande aux habitants de rester chez eux.
04:52À partir de 6h30, les habitants reçoivent en fait des coups de téléphone, qui de la mairie, donc de Petit
04:58-Queville, la commune la plus proche, qui de la commune de Rouen, puis de la préfecture,
05:02pour leur dire « Ne sortez pas de chez vous, restez confinés et restez les fenêtres fermées ».
05:07Alors cette consigne a d'abord concerné le tout premier périmètre, donc les 500 mètres autour de l'usine.
05:12Est-ce que la qualité de l'air est testée à ce moment-là ?
05:15Ce que dit la préfecture depuis, c'est que la qualité de l'air est testée immédiatement et tous les
05:19jours depuis ce jour.
05:20Et que disent les analyses ?
05:21Les analyses, pour une partie, sont encore en cours, mais les premiers résultats qui ont été divulgués à partir du
05:27samedi après le sinistre,
05:29donc trois jours après l'incendie, disaient que la pollution au niveau humain était une pollution qui n'était pas
05:36anormale,
05:37sachant qu'il ne fallait malgré tout pas respirer le panache de fumée.
05:40On parle d'un panache qui est très très haut dans le ciel.
05:43Vous, Ronan Folgoas, vous êtes arrivé sur place en fin de matinée pour le Parisien.
05:47Décrivez-nous ce que vous avez vu.
05:49Alors la première image forte, c'est ce panache de fumée qui est visible à 30 km de Rouen.
05:54On était donc sur l'autoroute qui relie Paris à Rouen.
05:57Et voilà, à 30 km, on aperçoit ce panache monumental.
06:02Et puis en arrivant sur les lieux, c'est comme un filet de fumée très dense,
06:07évidemment très haut dans le ciel, mais très orienté très précisément vers le nord-est.
06:11Comment se comportent les habitants à ce moment-là ?
06:13Alors les quartiers qui ne sont pas directement impactés par ce panache,
06:16observent la Seine avec une certaine méfiance, bien sûr, une certaine distance aussi.
06:22Ils s'estiment finalement assez peu concernés.
06:24Ce sont les premiers quartiers que l'on traverse.
06:26Et puis quand on arrive au plus près du site Lubrizol,
06:30là on rencontre des gens qui commencent à être masqués.
06:33Les pharmacies ont été prises d'assaut dans les premières heures de la journée.
06:36Elles sont en rupture de stock.
06:37Il est impossible pour nous-mêmes d'obtenir et d'acquérir des masques.
06:41Ensuite, on va se déplacer dans la ville de Rouen,
06:43et puis dans les alentours, ceux qui sont vraiment touchés au plus près par le phénomène,
06:47et par ce phénomène de suie et de dépôt d'hydrocarbures sur les véhicules par exemple.
06:53Des dépôts d'hydrocarbures que l'on peut voir touchés sur les voitures.
06:58C'est comme une graisse, comme une huile de vidange qui est déposée.
07:04Est-ce que des gens vont à l'hôpital ?
07:06Oui, alors on sait que le premier jour est jusqu'au lendemain midi.
07:10Entre le jeudi et le vendredi, c'est donc le CHU de Rang qui a communiqué.
07:14Une cinquantaine de personnes en 24 heures se sont présentées,
07:18et cinq personnes ont été hospitalisées.
07:19Il y a des gens qui ont eu des vomissements à cause de ces dégagements ?
07:23Oui, il y a des gens qui ont eu des vomissements,
07:24c'est notamment le cas de nos confrères de France 3.
07:27La rédaction de France 3 Normandie est à 800 mètres de Lubrizol,
07:32et il se trouve dans l'axe de la Seine.
07:34Ils ont été pris de forts maux de tête et de fortes nausées.
07:38Étrangement, pas le tout premier jour, mais le deuxième, le vendredi,
07:41et ils ont été contraints de fermer tous les locaux.
07:43L'incendie en lui-même n'a pas fait de victime directement sur le site de Lubrizol.
07:48À ce moment-là, on est toujours jeudi matin, est-ce que les écoles sont fermées ?
07:51Alors à ce moment-là, des écoles sont fermées.
07:53Les écoles de Rouen et de Petit-Queuville.
07:56Ce sont d'ailleurs les seules communes qui ont sonné l'alarme,
08:00pour prévenir qu'il y avait un problème.
08:02Les enfants ne vont pas aller à l'école,
08:04mais la question se pose pour les communes voisines.
08:07Pour ceux qui ne connaissent pas bien Rouen,
08:09il faut imaginer que c'est extrêmement urbain,
08:10les communes se touchent.
08:11En réalité, Petit-Queuville est située derrière Lubrizol,
08:14si on prend le sens du vent.
08:16C'est la commune finalement d'en face qui s'appelle Mont-Saint-Aignan,
08:18qui s'est pris le panache de fumée dessus,
08:21et donc les écoles de Mont-Saint-Aignan,
08:22elles seront ouvertes jeudi matin.
08:25L'après-midi, 12 communes vont rappeler les enfants des écoles
08:30et tous les enfants vont rentrer chez eux.
08:32C'est une odeur assez forte, assez prégnante,
08:34mais très variable selon les quartiers dans lesquels on évolue.
08:37Au bord de la Seine, par exemple,
08:39l'odeur est assez peu perceptible.
08:41En revanche, quand on monte sur les hauts de Rouen,
08:44vers Bois-Guillaume notamment,
08:45on a vraiment l'impression d'être dans un garage automobile
08:47à ciel ouvert, ça sent l'huile de vidange.
08:50C'est une odeur forte, désagréable,
08:52qui irrite la gorge, qui irrite les yeux.
08:54On voit des habitants qui pressent le pas.
08:56Certains sont incommodés.
08:58Dans le centre-ville de Rouen,
08:59de nombreuses personnes sont masquées ou ont mitouflées,
09:02pour se protéger comme elles peuvent,
09:04nous disent-elles alors.
09:05Et puis, il y a une psychose qui s'installe,
09:08parce que très rapidement,
09:10je me souviens par exemple d'une maman
09:12qui nous dit,
09:13mais là, d'accord,
09:14on nous dit qu'il n'y a pas de dangerosité,
09:16mais comment peut-on imaginer
09:17que les aliments,
09:18que les pâturages,
09:20que les animaux eux-mêmes
09:21ne vont pas être touchés
09:22d'une manière ou d'une autre ?
09:23C'est impossible.
09:24On ne nous dit pas tout.
09:26Voilà un petit peu le discours
09:27que l'on perçoit à ce moment-là.
09:31En fin de matinée,
09:32le ministre de l'Intérieur,
09:33Christophe Castaner,
09:34vient à Rouen,
09:35par hélicoptère,
09:36constater les dégâts.
09:36Le ministre de l'Intérieur arrive sur place
09:39et décrit ce panache de fumée
09:41long de 22 kilomètres.
09:43Première prise de parole
09:44du ministre de l'Intérieur
09:45qui va déclencher aussi
09:46quelques propos ironiques
09:48dans les cafés
09:49et les restaurants de Rouen
09:50du style,
09:51voilà, le ministre de l'Intérieur est là,
09:52on est rassuré,
09:53tout va bien se passer.
09:53Quand est-ce que les pompiers
09:54réussissent à éteindre l'incendie ?
09:56Alors le feu est considéré
09:58comme circonscrit
09:59en fin de matinée,
10:02circonscrit puis maîtrisé,
10:03mais pas tout à fait éteint.
10:05Il sera considéré vraiment
10:07comme éteint
10:08en fin de journée.
10:09Le lendemain,
10:10le vendredi 27 septembre,
10:12est-ce que les écoles sont ouvertes ?
10:13Alors le vendredi,
10:14les écoles de ces 12 communes
10:15restent fermées
10:16et il y a une interrogation
10:18pendant tout le week-end
10:18pour savoir si elles vont être ouvertes
10:20ou pas.
10:21Ça c'est pour les fermetures
10:22officielles du rectorat.
10:24Après,
10:24il y a eu un micmac
10:25dans toute la métropole de Rouen
10:26et un peu alentour
10:27sur des professeurs
10:28qui ont fait jouer
10:29leur droit des réserves.
10:30Donc en réalité,
10:31il y a eu beaucoup d'écoles
10:32qui ont été fermées
10:33faute de professeurs
10:34et beaucoup d'interrogations
10:35sur pourquoi de ce côté de la rue
10:37on est ouvert
10:37et pourquoi de l'autre côté
10:39on est fermé.
10:39Le vendredi 27 septembre,
10:41trois autres ministres
10:42font le déplacement.
10:43Celui de l'éducation,
10:44Jean-Michel Blanquer,
10:45Agnès Buzyn,
10:46ministre de la Santé
10:47et Elisabeth Borne,
10:48la ministre de l'écologie.
10:49Oui,
10:50et on sent une petite différence
10:51de communication
10:52entre les ministres.
10:53La ministre de l'écologie,
10:54Elisabeth Borne,
10:55va marteler que la pollution
10:57n'est pas anormale
10:58pendant que la ministre de la Santé
11:01dira que certes,
11:02la ville est très polluée
11:03mais qu'en l'état actuel
11:05de nos connaissances,
11:06il n'y a pas de danger
11:07pour la santé humaine.
11:08Le lendemain,
11:09le samedi 28 septembre,
11:11le préfet de Seine-Maritime,
11:12Pierre-André Durand,
11:13certifie en conférence de presse
11:15que Rouen est, je cite,
11:17à un état habituel
11:19de la qualité de l'air.
11:20Ces résultats,
11:21donc,
11:22sur les composés organiques volatiles
11:24sont tous inférieurs
11:26au seuil de quantification,
11:28c'est-à-dire une quantité
11:28trop faible pour être mesurée,
11:31ce qui permet de conclure
11:33que nous sommes à un état habituel
11:35de la qualité de l'air à Rouen.
11:37En résumé,
11:38la préfecture va expliquer
11:39que Rouen est,
11:40comme à l'habitude,
11:41une ville très polluée
11:43et rien de plus.
11:44Rouen est une ville très polluée
11:46parce que Rouen est
11:46une ville très industrielle
11:48où, de toute façon,
11:49il y a beaucoup de sites industriels,
11:52dont un certain nombre
11:53qui sont classés Céveso,
11:54et de par sa forme de cuvette
11:56a une pollution automobile
11:58très importante.
11:59Donc, rien d'anormal.
12:00Toutes les associations environnementales
12:02vont dénoncer cette communication
12:03en expliquant,
12:04assez simplement,
12:05qu'on n'a trouvé
12:07que les polluants qu'on cherchait.
12:08On a utilisé
12:09les capteurs
12:10d'Atmo Normandie,
12:11une association
12:12tout à fait respectable,
12:13qui mesure la pollution de l'air
12:15et qui mesure les particules fines,
12:17tout ce qui est produit
12:18par nos automobiles.
12:19Donc, on a trouvé
12:21la pollution de nos automobiles,
12:22pas des particules
12:23de pétrole brûlées.
12:24Les détecteurs d'Atmo Normandie
12:25ne permettent pas
12:26de détecter les produits
12:27qui sont partis en fumée.
12:28On apprend que,
12:29sur le site de Lubrizol,
12:30il y avait aussi de l'amiante.
12:31Oui, en réalité,
12:32le toit qui recouvrait
12:33ce stock
12:34était amianté.
12:36On parle d'un toit conséquent
12:37puisque c'est 8000 mètres carrés
12:39de toit
12:40qui était recouvert d'amiante.
12:42Alors, la préfecture
12:43s'est exprimée là-dessus,
12:44a fait des analyses,
12:46et c'est à peu près
12:46les seules analyses
12:47qui sont déjà revenues,
12:49en disant que
12:50les teneurs en amiante
12:51à proximité immédiate du site
12:53n'étaient pas très importantes.
12:54Par contre,
12:55ils demandent aux habitants
12:56qui auraient des morceaux de toit
12:58qui auraient été projetés
12:59dans leur jardin,
13:00et il y en a un certain nombre,
13:01de surtout se manifester
13:02et de surtout ne pas toucher
13:04ces matières dangereuses.
13:06Le même jour,
13:07en fin d'après-midi,
13:07la préfecture annonce
13:09des restrictions
13:09pour les éleveurs
13:10et les agriculteurs
13:11de la région.
13:12Racontez-nous ça.
13:13Oui, alors ça,
13:13c'est un peu la douche froide
13:14pour les agriculteurs
13:15et les éleveurs de la région
13:17puisque le jeudi,
13:18on leur a dit
13:20de nettoyer les légumes
13:22et de rentrer les animaux.
13:23Le samedi,
13:24ils découvrent qu'en fait
13:25toutes les cultures
13:26sont interdites
13:28d'être récoltées
13:28pour le maïs,
13:29les légumes,
13:30les fruits.
13:31Et pour le lait,
13:32tout le lait,
13:33c'est une grosse région
13:34d'élevage laitier,
13:35est interdit
13:35d'être collecté.
13:37En gros,
13:37il doit être jeté directement.
13:39Sans avoir nos réponses
13:40par rapport aux analyses,
13:42ce qui fait qu'on est
13:43vraiment dans le principe
13:44de précaution
13:45pur et dur.
13:47Alors,
13:47je suis 100%
13:49pour le principe
13:50de précaution.
13:50Je préfère être
13:51dans le principe
13:51de précaution
13:52plutôt que de dire
13:53que j'empoisonne les gens.
13:54On n'a pas le choix
13:55que de toute façon
13:56jeter le lait.
13:57C'est une annonce
13:58qui pose beaucoup
13:59de questions sur place ?
14:00Qui pose beaucoup
14:00de questions aussi
14:01pour les consommateurs
14:02puisque du jeudi
14:03au samedi,
14:03finalement,
14:04les produits pollués,
14:06et ça a été constaté
14:07de visu,
14:07y compris par nous,
14:08on a touché
14:09des feuilles de chou
14:10et on s'est retrouvé
14:11avec des corps gras
14:12sur les doigts.
14:13Tous ces produits pollués,
14:14du jeudi au samedi,
14:15ont en fait été vendus.
14:17Et pour les habitants,
14:18quelque part,
14:18ça contredit,
14:19ce que disait le préfet
14:20l'après-midi même ?
14:21Pour les habitants,
14:22ça rajoute de l'inquiétude.
14:23D'autant plus que
14:25le premier jour,
14:26il y a donc,
14:26on en a parlé,
14:2712 communes
14:28qui ont été
14:29mises sous cloche
14:30où les écoles ont été fermées.
14:31Là,
14:32c'est beaucoup plus étendu.
14:33La préfecture de Seine-Maritime
14:34considère que 112 communes
14:36sont concernées
14:37et se sont retrouvées
14:38sous le panache
14:39de fumée polluée.
14:40Et d'autres éleveurs,
14:41d'autres régions
14:42vont être concernées
14:43par ces mesures ?
14:43D'autres régions
14:44vont chercher
14:45des traces
14:45de ces pollutions.
14:46C'est le cas
14:47dans les Hauts-de-France
14:47et dans le département
14:48de l'Oise,
14:49une quarantaine de communes
14:51s'est retrouvée
14:51avec des restrictions,
14:52avec des interdictions
14:53de récolte
14:54et de vente
14:55de certains produits.
14:58Pendant le week-end
14:59du samedi 28
14:59et dimanche 29 septembre,
15:01sur les réseaux sociaux,
15:02au moins deux vidéos
15:03deviennent virales.
15:04On voit de l'eau noire
15:05qui sort d'un robinet.
15:06Avec le recul,
15:07aujourd'hui,
15:08est-ce qu'on sait
15:08si ces vidéos
15:09avaient vraiment un lien
15:10avec l'incendie de Rouen ?
15:12Non,
15:12on ne sait pas
15:12si ces vidéos
15:13sont datées
15:15d'après l'incendie de Rouen.
15:17On ne sait pas
15:17si ces vidéos
15:18ont bien été tournées
15:19à Mont-Saint-Aignan,
15:20comme c'est dit
15:21dans la légende.
15:21C'est très difficile
15:22de savoir
15:23si réellement
15:24de l'eau a coulé noire
15:25après l'incendie de Lubrizol.
15:27Que dit là-dessus
15:28l'ARS,
15:28l'Agence Régionale de Santé ?
15:30L'Agence Régionale de Santé
15:31s'est de toute façon
15:32emparée de cette vidéo
15:33qui est devenue virale
15:35pour dire que
15:35tous les captages d'eau
15:37avaient été testés
15:38et qu'aucune pollution
15:39n'avait été constatée.
15:44Le lundi 30 septembre,
15:46Edouard Philippe,
15:46le chef du gouvernement
15:47en personne,
15:48se déplace à Rouen.
15:49Le lendemain,
15:50il va promettre
15:50toute la transparence
15:52après cet incendie.
15:53Et ce jour-là,
15:54le mardi 1er octobre,
15:55donc,
15:56des riverains manifestent
15:57à Rouen.
15:58Qu'est-ce qu'ils réclament ?
15:59Ils sont 2000 dans les rues
16:00de Rouen
16:01et ils réclament
16:02la vérité.
16:03Les slogans,
16:04c'est Lubrizol,
16:05mensonge d'Etat.
16:06C'est vraiment...
16:07ils remettent en cause
16:08la communication
16:09de la préfecture
16:10qui s'est voulue rassurante
16:11et qui n'a visiblement
16:12rassuré personne.
16:13On a l'impression
16:13qu'on nous cache des choses
16:14et c'est vrai
16:15que c'est assez désarréable.
16:16J'ai peur pour ma santé,
16:17pour celle de mes enfants,
16:18de ma famille,
16:19de mes voisins,
16:20de tout le monde en général.
16:21Peut-être que dans 10 ans,
16:22on nous dira
16:23ben voilà,
16:23c'est le cancer Lubrizol.
16:25Voilà,
16:26on s'interroge.
16:27Et dans la soirée,
16:27la préfecture de Seine-Maritime
16:28publie sur Internet
16:30la liste des produits
16:31qui ont brûlé
16:32dans l'usine Lubrizol.
16:33On apprend déjà
16:34qu'il y a de très nombreux
16:35produits différents
16:37qui ont brûlé
16:37et une quantité très importante
16:39puisque ce sont plus de 5000 tonnes
16:40de produits
16:41qui sont donc partis en fumée.
16:43Donc quand on regarde
16:44la liste qui est très complète
16:45et relativement complexe
16:46puisque ce sont des codes
16:47à peu près incompréhensibles
16:49pour le commun des mortels,
16:50on comprend qu'il y a donc
16:52des produits
16:52qui sont classés cancérogènes,
16:54des produits qui sont classés
16:56reprotoxiques,
16:57ça veut dire qu'ils peuvent
16:58influencer sur notre fertilité.
17:01C'est donc une liste de produits
17:02qui est inquiétante
17:03mais tous les toxicologues
17:05qu'on a interrogés
17:06nous expliquent qu'une fois
17:07qu'on a cette liste
17:08à l'après-verre,
17:09on n'est pas beaucoup plus avancé
17:11puisqu'on ne sait pas exactement
17:13comment se combinent les produits
17:14et surtout
17:15quelle concentration
17:16se retrouve dans l'air,
17:18dans l'eau
17:18et dans l'environnement.
17:19Cette liste a été communiquée
17:21et c'est un bel effort de transparence.
17:22On se retrouve quand même
17:23avec 3000 composants
17:25et c'est une liste
17:26que tout le monde a réclamé
17:27depuis le début.
17:28Donc c'est un effort de transparence.
17:29Après, ça ne rassure personne
17:31et ça n'informe pas tout à fait.
17:33En réalité, ce qu'on va attendre,
17:34c'est les résultats des analyses
17:36qui ont été faites
17:37dans l'air de Rouen,
17:39des analyses qui ont été faites
17:40sur le site de l'incendie
17:42et des analyses qui ont été faites
17:43un peu partout au sol
17:44où les suies sont retombées.
17:48Avec nous également
17:49Jean-Michel Décugis
17:50du service police-justice du Parisien.
17:52Jean-Michel,
17:53qui est-ce qui mène l'enquête
17:54sur cet incendie ?
17:55Alors, il y a des gendarmes
17:56et des policiers.
17:57Il y a la police judiciaire de Rouen
17:59qui a été saisie
18:00et aussi les gendarmes de Clasp
18:02qui sont des gendarmes spécialisés,
18:04un office central
18:05qui est spécialisé
18:06dans la lutte
18:07contre les accidents
18:08liés à l'environnement
18:09et à la santé publique.
18:10Est-ce qu'on sait
18:10où est parti l'incendie ?
18:12Pour l'instant,
18:12on ne sait pas
18:13d'où est parti l'incendie.
18:14On sait qu'il est parti
18:15entre 2h et 2h30 du matin.
18:17Il a pu partir de l'usine
18:19Le Brizol.
18:19Mais il y a aussi
18:20un bâtiment à tenant
18:21de sous-traitants
18:23d'où aussi il a pu partir.
18:25Pour le patron de l'usine
18:26Le Brizol,
18:27l'incendie est forcément volontaire.
18:30Écoutez,
18:30il a porté plein de contrics.
18:32Après,
18:33il a fourni des vidéos
18:34et sur les vidéos
18:36qui ont été analysées,
18:37rien ne prouve
18:38que le feu a pu partir
18:40de l'extérieur.
18:41Rien ne montre
18:42qu'il y a des gens
18:43qui ont pu mettre
18:44le feu à l'extérieur.
18:46Et dans tous les éléments
18:47qui sont entre les mains
18:48aujourd'hui
18:49des policiers
18:50et des gendarmes,
18:51il n'y a rien
18:52qui prouve,
18:53qui démontre
18:54que ça a pu partir
18:55de l'extérieur.
18:56Et certains avocats
18:57vont tout devant
18:58des habitants de Rouen
18:59pour les aider
18:59à engager
19:00des démarches en justice.
19:02L'un d'entre eux,
19:03maître Jonas Haddad,
19:04s'exprimait
19:05le lundi 7 octobre
19:06dans le Parisien
19:07et selon lui,
19:08au moins 80 riverains
19:09ont déjà porté plainte.
19:13Merci à Émilie Torgemaine,
19:15Ronan Folgoas,
19:16Jean-Michel Descugis
19:17et Amandine Pointel.
19:26Codesource
19:27et le podcast
19:28d'actualité du Parisien,
19:29production
19:30Jeanne Boézek
19:31et Clara Garnier-Amouroux,
19:33réalisation
19:34Benoît Gilon.
19:35Si vous aimez Codesource,
19:36n'oubliez pas
19:37de vous abonner
19:37sur votre application
19:38de podcast préférée.
19:40Nous sommes aussi disponibles
19:41sur Deezer
19:42et Spotify
19:43et vous pouvez
19:44dialoguer avec nous
19:44par Twitter
19:45ou à l'adresse
19:46codesource
19:47at leparisien.fr.
Commentaires

Recommandations