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Les journalistes du Parisien racontent leurs souvenirs avec Jacques Chirac décédé le jeudi 26 septembre 2019.
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NewsTranscription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Quand on a appris la mort de Jacques Chirac ce jeudi 26 septembre, il était presque midi.
00:16Aussitôt, la rédaction s'est mise au travail, certains ont râlé parce que les nécrologies n'étaient pas prêtes,
00:21et chez Codesource, on s'est demandé comment parler de l'ancien président,
00:25alors que les journalistes qui viennent d'habitude à ce micro étaient trop occupés pour nous accorder du temps.
00:30C'est une reportère du service politique, Nathalie Chuc, qui nous a donné la bonne idée.
00:35Un super sujet, ce serait de demander à tous les journalistes qui l'ont côtoyé un petit peu dans leur
00:40profession,
00:40quels souvenirs ils ont de Chirac.
00:41Moi par exemple, j'ai un souvenir qui m'avait fait vraiment rire de lui,
00:44on disait tout le temps que Chirac, il serrait des mains tout le temps à tel point qu'il était
00:47obligé de porter des pansements sur les doigts.
00:53Je me souviens, jeune journaliste, je me retrouve dans une foule et je me dis, je vais faire un test.
00:58C'était à Paris, dans un cocktail, et il y avait plusieurs centaines de personnes, des petits fours partout, etc.
01:03Et il déambulait, il était là au milieu de la foule, comme le roi.
01:07Donc je me mets dans la file d'attente, j'attends.
01:09Il me sert la main une première fois, bonjour madame, voilà.
01:11Et après je me remets très loin dans la file d'attente.
01:13Et 200, 250 personnes, 300 personnes passent avant moi.
01:17Et là, je me représente devant lui, je lui retends la main, il me regarde, il fait un petit signe.
01:22Je vous ai déjà vu madame.
01:23Et donc comme quoi, il s'intéressait vraiment aux gens, c'était pas seulement juste quelque chose de complètement mécanique.
01:28Pour moi, ça avait été un vrai test.
01:29Ça, c'était en 2003.
01:31Pour la suite de cet épisode, on va remonter dans le temps.
01:34Quand Jacques Chirac avait son bureau à l'hôtel de ville de Paris,
01:38Aurélie Audureau est rédactrice en chef adjointe en charge de la photo.
01:41Mon premier souvenir avec Jacques Chirac, c'était à l'époque où j'étais jeune reporter photographe.
01:46Et lui, il était maire de Paris.
01:48Et à l'époque, en 1993, on se demandait qu'est-ce qu'il faisait à la mairie de Paris,
01:52car il attendait clairement de pouvoir candidater à la présidence de 1995.
01:57Donc moi, on m'affecte sur un reportage où on me dit,
02:00écoute, en gros, on va ouvrir son agenda et on va regarder ce qu'il fait toute la journée.
02:04Donc on a négocié avec lui qu'un photographe le suive toute la journée.
02:07Donc moi, j'ai passé une journée avec lui à le suivre.
02:11Donc j'avais un chauffeur et j'avais une voiture qui suivait Jacques Chirac
02:14aux différentes commémorations du jour.
02:16Et il a terminé cette journée avec le concert de Johnny Hallyday au Parc des Princes,
02:23qui fêtait à l'époque de mémoire ses 50 ans pour Johnny Hallyday sur scène.
02:27J'aimerais dédier cette chanson à Jacques Chirac.
02:31Nous avons tous en nous quelque chose de Jacques Chirac.
02:34Et donc moi, je l'ai suivi toute la journée.
02:36J'ai fait tout un tas de photos.
02:37Ça a fait l'objet d'une double page dans Le Parisien quelques jours après.
02:39Et à la fin, je me suis retrouvée à l'hôtel de ville dans la cour de ce bâtiment magnifique.
02:47Dans ma voiture, je suis sortie de la voiture.
02:49Il est venu me rejoindre.
02:51Bernadette était là et il est venu me saluer en me disant
02:53« Voilà, est-ce que ça s'est bien passé votre reportage ? »
02:55Très gentil, j'ai l'impression presque d'être sa fille, très sympathique, très charmant.
02:59« Est-ce que vous voulez que mon chauffeur vous raccompagne chez vous ? »
03:02Je lui ai dit « Non, non, ça va, je vais rentrer comme une grande. »
03:05Vous l'avez trouvé comment à ce moment-là ?
03:07Très accessible.
03:08Il me prenait par l'épaule.
03:09Il m'a emmenée dans les coulisses pour aller voir Johnny Hallyday qui était en suite juste avant le concert
03:14ou juste après.
03:14En tout cas, très familier, prévenant.
03:17Il savait que j'étais là toute la journée.
03:18Alors, il a joué de l'appareil photo parce qu'à l'époque, j'étais reporter et il savait être
03:22séduisant dans l'objectif.
03:24Mais en tout cas, il a eu une attention particulière et il a joué le jeu.
03:27C'était un très bon client pour nous en tant que reporter photographe.
03:31Quelques mois plus tard, Aurélie Audureau couvre l'élection de Jacques Chirac à la présidence de la République.
03:37Nous sommes le 7 mai 1995.
03:40Moi, ce jour-là, ça fait 5 ans que je suis reporter.
03:44Mais je suis encore inexpérimentée.
03:46C'est ma première campagne présidentielle.
03:48Donc, c'est important pour moi aussi.
03:50Et on me demande d'être Avenue Diana dans l'endroit où il va fêter avec les militants, avec éventuellement
03:57sa première garde, sa victoire.
03:59Et évidemment, c'est bondé de monde.
04:00L'Avenue Diana a été totalement privatisée.
04:03Et moi, en tant que jeune reporter, il faut que je me trouve un endroit pour pouvoir faire ce moment
04:07exceptionnel, historique.
04:10Et on sait qu'à un moment, il ouvrira les fenêtres des locaux de l'Avenue Diana
04:13et qui saluera la foule, les gens.
04:16Et j'arrive à négocier avec un camion de régie télé de pouvoir être au-dessus du camion.
04:22Donc, je suis super bien positionnée.
04:24Et à un moment, ça arrive.
04:25Mais on attend.
04:26Tout ça se produit vers 23h, 23h30, minuit.
04:29Parce qu'avant, il a défilé en voiture à faire la fête, à ouvrir les vitres et tout ça.
04:35Il vient de quitter l'Avenue Diana et qui redescend sous les ovations de ses partisans
04:40qui avaient commencé à déserter l'Avenue Diana pour se diriger progressivement, je suppose, vers la place de la Concorde.
04:48Pour l'instant, nous le suivons sans trop savoir.
04:51La meilleure des choses est donc de le suivre.
04:53Mais cette fois-ci, contrairement à ce qui s'est passé à l'aller, il y a des motards qui
04:56ouvrent la route devant la voiture du nouveau président de la République.
05:00Et donc, il arrive à Avenue Diana.
05:02Et là, on le voit ouvrir les fenêtres.
05:04Et il y a Bernadette à côté de lui.
05:07Il y a Hervé Descharettes qui viendra plus tard, un de ses ministres.
05:10Et il ouvre et en fait, il est très grand, Jacques Chirac, bras levés, les mains en V de Victoire.
05:17Et il salue cette foule.
05:18Là, quand je prends cette photo, je me dis qu'il faut que je me dépêche qu'elle soit développée
05:23pour qu'elle soit dans le journal du lendemain.
05:25En fait, à l'époque, on avait des motards.
05:26Donc, à l'époque, on développait les pellicules.
05:29Donc, elles ont été développées rapidement.
05:31Et la photo a été publiée le lendemain.
05:33Et c'est vrai que j'étais assez fière.
05:37Trois mois après son élection, le 16 juillet 1995,
05:41Jacques Chirac va reconnaître le rôle de la France dans la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
05:47Charles de Saint-Sauveur est journaliste politique aux Parisiens.
05:50C'est à lui que j'ai pensé quand le Parisien s'est installé sur le site actuel, boulevard de
05:56Grenelle.
05:56Donc, à l'emplacement de l'ancien Veldrome d'hiver,
05:58où 13 000 juifs avaient été déportés, parqués dans cet endroit, en juillet 1942.
06:05Pourquoi je m'en souviens ?
06:06Parce que Jacques Chirac avait prononcé en 1995,
06:09j'étais assez jeune à l'époque, mais ça m'avait déjà marqué,
06:11un discours qui rompait totalement avec les années précédentes,
06:14les années Mitterrand notamment, mais aussi les années de Gaulle,
06:17parce qu'il reconnaissait la faute de l'État français.
06:19Il parlait de la France qui avait accompli ce jour-là l'irréparable,
06:22les 16 et 17 juillet 1942.
06:24Ces heures noires souillent à jamais notre histoire.
06:28et sont une injure à notre passé et à notre addition.
06:32Oui, la folie criminelle de l'occupant a été, chacun le sait,
06:39secondée par des Français, secondée par l'État français.
06:44Ça a été un tournant absolument décisif dans la mémoire que la France peut entretenir avec son passé,
06:49et notamment avec cette page absolument tragique de notre histoire, douloureuse et honteuse pour tout le dire.
06:54Frédéric Mouchon, spécialiste environnement, était jeune journaliste lui aussi,
06:58quand Jacques Chirac a frappé les esprits une nouvelle fois à la tribune.
07:02À titre professionnel, comme je m'occupe d'environnement, je me souviens notamment de son discours à Johannesburg en 2002.
07:08C'était au sommet de la Terre et c'était le premier président qui lançait un appel au monde,
07:14un message d'alerte sur le réchauffement climatique, et il avait lancé cette phrase devenue très célèbre.
07:19Notre maison brûle et nous regardons ailleurs.
07:23C'était les prémices, les alertes sur le réchauffement climatique, et je m'étais dit,
07:27la France, et en tout cas le président Chirac, commencent à prendre conscience de ces enjeux,
07:32même si c'était une phrase un peu sans lendemain.
07:34Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.
07:43Frédéric Mouchon ajoute un souvenir plus personnel concernant Jacques Chirac et sa famille.
07:48Il en a appris un peu plus sur le président, à l'occasion d'un reportage à Clamart,
07:52dans les Hauts-de-Seine en 2005.
07:53J'ai rencontré ce qu'on appelle la fille adoptive de Jacques Chirac.
07:57En fait, c'est une personne qui s'appelle Anne Dao Traxel.
08:00C'était une réfugiée vietnamienne, une botte people, qui est arrivée en France en 1979.
08:07Et en fait, elle arrive à Paris, à Roissy, avec d'autres botte people.
08:11Et elle ne parle pas un mot de français, elle est prostrée.
08:15Et là, elle raconte, elle me raconte qu'un grand monsieur est venu la voir et lui a dit
08:20« Ne pleure pas, ma chérie. Maintenant, tu vas venir chez nous. »
08:23Et c'était Jacques Chirac qui était alors maire de Paris.
08:25Et elle a passé deux ans avec lui à la mairie de Paris, donc avec Jacques Chirac, avec sa femme,
08:30avec ses filles.
08:30Et elle nous racontait le quotidien avec Jacques Chirac.
08:34Il faisait des blagues avec lequel elle regardait des westerns le soir.
08:37Et qui l'avait incité à prendre des cours de français et qui, à la veille de son premier cours
08:43de français, lui avait rempli son cartable.
08:47Elle en garde un souvenir très ému.
08:49Elle parle de lui comme d'un homme de cœur.
08:51Et elle se considère d'ailleurs comme sa fille de cœur.
08:54Et elle a trois enfants.
08:55Elle est tellement proche du couple Chirac et notamment de Jacques que l'un de ses enfants s'appelle Jacques.
09:00Jacques Chirac aimait donc regarder les westerns avec ses filles.
09:03Il aurait carrément pu jouer dans ses westerns si l'on écoute Henri Vernet, l'un des anciens du service
09:09politique du Parisien.
09:10Quelque part, c'est carré grande.
09:12O'Garry Cooper, il avait ce grand type avec la clope au bec.
09:15On voyait que lui, il avait ce vrai charisme.
09:17Et c'est vrai que ça se ressentait dans ses relations.
09:19Je me souviens, par exemple, un soir, j'arrive, j'étais invité, donc en tant que journaliste, bien évidemment, à
09:24l'Elysée.
09:24C'était un dîner officiel, un dîner d'État.
09:26Donc un chef d'État était arrivé.
09:29Donc dans ces cas-là, on vient un peu sur la pointe des pieds.
09:32On est un peu timide.
09:33Et à l'Élysée, il y a toujours un protocole impressionnant avec des aboyeurs, avec un tapis rouge, avec chaque
09:39invité, aussi modeste soit-il, des filles passent par cette espèce de parade.
09:44Et là, donc après que l'aboyeur ait beuglé votre nom, Jacques Chirac, il est là.
09:49Il me prend le bras.
09:50Il me fait donc faire une vraie présentation devant ses invités, devant Bernadette, en disant, ah oui, oui, Henri Vernet,
09:57le Parisien, grand journal, grand journaliste.
10:00Il me tape sur l'épaule comme si on était les meilleurs amis du monde.
10:03Et donc voilà, ça c'était Chirac parce que je le suivais d'assez loin, comme beaucoup.
10:08Je ne le connaissais pas spécialement.
10:10Mais il avait cette façon.
10:11Je pense que ça l'amusait.
10:13C'était à la fois, c'est vrai que c'est un rapport qu'il aimait bien avoir avec les
10:16journalistes, avec les gens de manière générale.
10:18Il avait cette envie de vous mettre un peu à l'aise, de vous flatter, sûrement quelque part.
10:22Parce que c'est vrai que c'était un politique rompu à cela.
10:24Mais il aimait jouer à ça.
10:26Henri Vernet se souvient d'une visite à Washington en décembre 2000.
10:30Jacques Chirac parvient à rencontrer en tête à tête George Bush Jr.
10:34avant sa prise de fonction officielle à la Maison Blanche.
10:37Ça s'est passé en toute discrétion dans la résidence de l'ambassadeur de France à Calomara Road, donc à
10:43Washington.
10:44Et simplement, ce qui était un super coup diplomatique,
10:48et d'ailleurs, dans l'entourage de Jacques Chirac, commençait déjà à se vanter un peu partout,
10:52ça s'est un peu transformé, non pas en fiasco, mais en tout cas en petit raté.
10:55Pourquoi ?
10:56Parce que ce qu'a fait Jacques Chirac, quand il a abordé ce jeune Bush,
10:59que je crois qu'il ne connaissait pas, qu'il voyait pour la première fois,
11:02il lui a tout de suite parlé de son père, du grand George Bush.
11:06Chirac a souvent dit « je connaissais bien votre père, comme aurait fait votre père ».
11:09Bref, il a eu un côté un petit peu paternaliste, comme il savait faire.
11:13Chirac, il adorait jouer les vieux sages de la planète.
11:16Et donc, il a joué un petit peu ça avec George Bush Jr.
11:18qui, ce soir-là, nous ont raconté après les conseillers.
11:22Il y avait Védrine aussi, Hubert Védrine, qui était ministre de l'Affaires étrangères,
11:25qui était dans la rencontre.
11:26Et Védrine disait « oui, non mais Bush, il n'a pas parlé de toute la rencontre.
11:28En fait, il a émis deux ou trois borborigmes, dixi de Védrine,
11:32et il écoutait Chirac. »
11:33Sauf qu'il l'écoutait en étant un bras agacé, en se disant
11:36« mais enfin, qui c'est ce grand monsieur qui me parle de mon père
11:39et qui vient me faire un peu la leçon ? »
11:41Et évidemment, c'était prémonitoire, puisque finalement, ces deux hommes,
11:44donc le président Bush et le président français Chirac,
11:48deux ans plus tard, trois ans plus tard,
11:50ils allaient s'opposer violemment, s'affronter violemment,
11:52au sujet de la guerre en Irak, à laquelle Chirac dira non.
11:55L'Irak ne représente pas aujourd'hui une menace immédiate telle
12:01qu'elle justifie une guerre immédiate.
12:05S'affranchir de la légitimité des Nations Unies,
12:08privilégier la force sur le droit,
12:11ce serait prendre une lourde responsabilité.
12:14Jacques Chirac a aussi occupé les journalistes du service Police Justice.
12:18Il est devenu en 2011 le premier ancien chef de l'État
12:21condamné au pénal à de la prison avec sursis
12:23dans le cadre d'une affaire d'emploi fictif.
12:26Stéphane Albouillet est aujourd'hui directeur des rédactions.
12:28Début des années 2000, en mars 2001,
12:31le Parisien était l'auteur d'un scoop hors normes
12:35puisqu'il s'agissait de la première convocation
12:37d'un président de la République en exercice
12:40par un juge d'instruction.
12:42Et donc, c'est notre journal qui avait sorti ça à l'époque,
12:45dans des circonstances assez rocambolesques.
12:48Simplement parce que la nature de l'information
12:50faisait que c'était d'une confidentialité absolue.
12:53A l'époque, c'était le juge Alphen qui avait décidé de convoquer le président
12:57comme simple témoin dans une affaire qui est dite de la cassette Mairie.
13:02Des soupçons de remise d'argent liquide.
13:05A l'époque, à Matignon, un des collaborateurs de Jacques Chirac.
13:08D'ailleurs, c'est ce qui a valu cette expression
13:09qui est restée un peu dans l'histoire.
13:11Abracadabrantesque, Jacques Chirac avait qualifié ses accusations
13:15de la sorte à l'époque.
13:17Dans le journal, au moment où on a sorti cette affaire,
13:20il y avait 4 ou 5 personnes au courant réellement
13:22de ce qu'allait être la une du lendemain.
13:25Le visage de Jacques Chirac avec marqué
13:27« Convoqué » qui traversait la une.
13:29La convocation est arrivée hier à l'Elysée par simple courrier.
13:33Dès ce matin, Jacques Chirac, invoquant la séparation des pouvoirs,
13:36fait savoir qu'il ne se rendra pas à la convocation du juge Alphen
13:40qui veut l'entendre comme simple témoin
13:42dans l'enquête sur les HLM de Paris.
13:48Malgré les affaires, Jacques Chirac est resté dans le cœur
13:51d'une grande partie des Français.
13:53Cinq ans après son départ de l'Elysée,
13:55en 2012, suite à l'élection de François Hollande,
13:58Marie-Christine Tabé a signé un reportage en Corrèze,
14:02le fief de ses deux présidents.
14:04Ce qui était frappant, c'est que les gens ne parlaient que de Jacques Chirac.
14:07C'est à la fois très banal, mais effectivement très vrai.
14:10C'était sa convivialité, sa gentillesse,
14:14sa capacité à se souvenir de chacun, à avoir un mot gentil.
14:17Bonjour Marcel, comment ça va ?
14:19Comment allez-vous ?
14:21Comment il va M. Coudert ?
14:28Et son célèbre appétit, le fait qu'il s'arrêtait dans tous les comptoirs,
14:33et puis surtout, il parlait de sa connivence avec François Hollande.
14:37C'était quelque chose...
14:38En fait, étonnamment, François Hollande était vécu sur ces terres-là
14:43comme un héritier plus que comme un adversaire politique.
14:46Ça, ça m'avait frappée.
14:47Et pendant ce reportage, Marie-Christine Tabé,
14:49devenue depuis directrice adjointe de la rédaction,
14:52a discuté avec une femme connue pour avoir tapé dans l'œil de l'ancien président
14:56devant la caméra du petit journal.
14:58J'avais notamment rencontré cette conseillère générale blonde
15:03dont on a beaucoup parlé et qui, effectivement, m'avait confié
15:06qu'elle est décédée depuis, puisqu'elle est morte d'un cancer.
15:09Mais à l'époque, il m'avait raconté comment Jacques Sirac était un homme extrêmement galant
15:14et se levait chaque fois qu'elle rentrait dans une pièce, lui laissait son siège.
15:20Mais surtout, ce qui était extrêmement frappant, c'est à quel point son souvenir était vivace.
15:24On en avait parlé beaucoup parce que Jacques Chirac, qui n'était plus président,
15:29était allé à une réunion publique en Corrèze.
15:32Il la regardait avec appétit et avec un œil souriant et taquin.
15:43Et Bernadette Chirac avait jeté un regard noir, comme elle savait les jeter,
15:48et avait tourné la tête agacée, parce que Jacques Chirac était tout ému par la conseillère.
15:54C'est un mari très exceptionnel.
15:56La preuve, c'est qu'il y en a beaucoup qui auraient bien voulu l'avoir
15:59et qui ont tout fait, d'ailleurs, pour essayer de le faire déraper.
16:04Mais visiblement, ça n'a pas marché.
16:08Charmeur, séduisant, affable, Aurélie Audureau, la responsable photo du Parisien,
16:12se souvient aussi d'un homme au goût simple.
16:15Jacques Chirac, il est venu plusieurs fois au Parisien
16:17à l'occasion d'un exercice qu'on fait régulièrement qui s'appelle le face au lecteur.
16:20C'est-à-dire qu'on met face, là en l'occurrence à un homme politique,
16:23des lecteurs qui vont poser des questions.
16:25J'ai fait ce reportage-là, donc le cahier des charges est très simple,
16:28c'est une photo de groupe avec les lecteurs et Jacques Chirac.
16:31Et à la fin de ce grand exercice, il y a souvent un petit cocktail.
16:36Et à chaque face au lecteur de Jacques Chirac, on s'assurait qu'il y ait de la corona
16:40parce que c'est un fan de bière.
16:42Et donc, il avait toujours, à la fin du face au lecteur,
16:44il buvait sa corona sans verre directement à la bouteille
16:48et il discutait avec les lecteurs.
16:50Jacques Chirac aimait également les arts premiers
16:52ou encore le Japon et sa culture.
16:55Les Japonais le lui rendaient bien,
16:56comme a pu le constater Nathalie Chuc du service politique.
17:00Je l'avais accompagné au Japon, pays qui préférait.
17:03On avait passé une semaine assez incroyable là-bas
17:05et on avait notamment participé à un combat de sumo avec lui.
17:08Alors pas nous, évidemment, à la place des sumos, soyons clairs.
17:11Mais on était dans la foule et on était juste à côté de lui.
17:13C'était très drôle parce que certains membres de la délégation
17:16s'étaient endormis et s'ennuyaient à mourir.
17:18Et lui était à fond, il avait des petits livrets,
17:21il notait tout en direct.
17:22Il y avait eu une scène absolument incroyable à la fin des combats.
17:25Ça avait duré plusieurs heures.
17:26Et à la fin, la salle s'était levée.
17:29On avait entendu les gens scander
17:30« Chiracou, Chiracou, Chiracou »
17:33de plus en plus fort.
17:34Lui s'était levé, il était parti en toute modestie.
17:36C'était extrêmement puissant comme ça.
17:40Merci aux journalistes de la rédaction.
17:50Code Source est le podcast d'actualité du Parisien.
17:53Dossier conçu et préparé par Clara Garnier-Amourou.
17:56Production Jeanne Boézek.
17:58Réalisation Benoît Gillon.
18:00Si vous aimez Code Source, n'hésitez pas à en parler à vos proches
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