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La compagnie de sécurisation et d’intervention du 93 vient d’être dissoute. Plusieurs de ses fonctionnaires sont accusés d’avoir agi comme des «ripoux».

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Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le 2 juillet, le préfet de Paris a dissous toute une compagnie de policiers qui travaillaient en Seine-Saint-Denis,
00:19la CSI 93.
00:20Quatre fonctionnaires sont mis en examen, la justice les soupçonne notamment de vols et de violences volontaires.
00:26Au total, une vingtaine d'enquêtes judiciaires sont en cours et le scandale de la CSI 93 ne fait peut
00:33-être que commencer.
00:35Récit de deux journalistes du Parisien, Jean-Michel Décugis du service police-justice et Carole Sterlet de la cellule enquête
00:42Île-de-France.
00:516 policiers placés en garde à vue par la police des polices...
00:55Jean-Michel Décugis, le lundi 29 juin, on apprend que 6 policiers de la CSI 93 sont placés en garde
01:01à vue.
01:02En tout cas, moi sur les coups de 12 heures, je reçois un SMS d'une source qui me dit
01:07« Tu as vu ? Ça pète dans le 93 avec le CSI. »
01:12En fait, j'ai été au courant qu'il y allait y avoir des affaires sensibles qui allaient sortir sur
01:17la police.
01:18Donc j'ai appelé quelques contacts et là, effectivement, j'ai appris qu'il y avait 6 policiers en garde
01:24à vue.
01:25Et parmi ces policiers, il y avait des gradés, un brigadier-chef, deux brigadiers et des gardiens.
01:31Et là, on est dans des qualifications graves, puisqu'il est question de faux en écriture publique,
01:38de vol, mais aussi de violence par personne dépositaire de l'autorité publique,
01:44et puis trafic de stupéfiants. Donc on part pour 96 heures de garde à vue.
01:49C'est quoi la CSI ?
01:50C'est une compagnie de sécurisation et d'intervention.
01:53La première a été créée en 2003.
01:55Alors, elles sont spécialisées pour intervenir lors des meutes de guerrillas urbaines,
01:59mais aussi sur des événements à risque.
02:03Quand il y a eu l'attentat du Bataclan, ou sur la gestion des Gilets jaunes,
02:08ils font de la sécurisation.
02:10Parfois, ils accompagnent des unités d'intervention, comme la BRI ou le RAID.
02:15Et en 2008, elles ont été relancées, ces compagnies de sécurisation et d'intervention,
02:20pour justement aller dans les quartiers sensibles, lutter contre les petits trafics.
02:25Par exemple, les petits trafics de stupes.
02:30Carole Sterlet, vous êtes journaliste à la cellule Investigation Île-de-France du Parisien.
02:34Vous étiez avant en poste pendant une quinzaine d'années en Seine-Saint-Denis.
02:38Où est-ce qu'elle est basée, la CSI du 93 ?
02:40La CSI du 93 est basée à Aulnay-sous-Bois, dans le nord du département.
02:45Mais elle relève d'une sous-direction qui se trouve à Paris.
02:49Carole Sterlet, comment réagissent vos contacts dans la police,
02:52quand on apprend que six membres de la CSI 93 sont placés en garde à vue ?
02:57Ce que j'appelle ne semble pas particulièrement étonné, quel que soit le grade d'ailleurs.
03:01Ce qui se disait, c'est qu'à la CSI, ça allait péter.
03:05Des rumeurs portées sur certains fonctionnaires de cette unité.
03:09C'est une unité qui n'avait pas particulièrement bonne réputation.
03:13Des soupçons pesaient sur certains policiers.
03:15Et finalement, ceux que j'ai au téléphone, à partir du placement en garde à vue de ces policiers,
03:19sont pour certains étonnés que d'autres ne soient pas placés en garde à vue.
03:23Cette section a mauvaise réputation dans les quartiers populaires de Seine-Saint-Denis ?
03:26Alors attention, ce n'est pas la section dans son ensemble, parce qu'on parle quand même de 150 policiers.
03:31Moi, j'ai rencontré des jeunes habitants de quartier qui étaient capables de me dire
03:36que certains policiers dont ils me décrivaient le physique, ils me donnaient le surnom et les habitudes,
03:42se comportaient mal et de manière régulière avec eux.
03:45C'est-à-dire ? De quoi ils se plaignaient ?
03:46Ils se plaignaient de mauvais traitements et de mensonges de certains policiers
03:50qui leur auraient fait porter le chapeau pour du deal ou du trafic et auraient pu aussi leur voler des
03:56objets.
03:57Même des policiers pouvaient se méfier de certains membres de la CSI 93 ?
04:01Un policier me disait que quand on apprenait que la CSI intervenait après une perquisition
04:07où il y avait de l'argent qui avait été trouvé, on se dépêchait de compter les billets avant que
04:10la CSI arrive.
04:11Ils parlent potentiellement de vol d'argent de la part de certains membres de la CSI ?
04:14En tout cas, de craintes, de rumeurs.
04:17Ça laisse planer plus qu'un doute.
04:21Vous-même, Carole Starlet, vous n'êtes pas surprise.
04:23Quand l'affaire éclate fin juin, vous aviez déjà travaillé sur la CSI 93 il y a près d'un
04:29an.
04:29À ce moment-là, vous étiez encore fait diversière pour l'édition de Seine-Saint-Denis du Parisien.
04:34C'était en août 2019.
04:35Un de mes collègues m'alerte sur la diffusion d'une vidéo via Snapchat
04:40où est clairement indiqué CSI 93, Cité Cordon.
04:45La Cité Cordon, c'est une cité à Saint-Ouen.
04:47Saint-Ouen, on est tout près de Paris.
04:49C'est une ville qui est très réputée pour son marché des antiquaires,
04:52mais qui est aussi réputée pour son trafic de drogue.
04:55dont cette fameuse Cité Cordon, surveillée par les guetteurs et on peut se fournir en drogue.
05:00Sur ces images amateurs qui sont filmées en plongée, sans doute depuis les étages,
05:04on voit une bagarre entre deux hommes qu'on pense être au départ un client qui vient acheter de la
05:11drogue
05:11et un dealer.
05:12Ça dégénère, le client prend le dessus, la police arrive et là, on s'aperçoit que le client n'est
05:18pas arrêté
05:19et finalement, on en déduit qu'il est policier lui aussi.
05:22Donc ça ressemble à ce qu'il pourrait être ce qu'on appelle un coup d'achat.
05:25Un coup d'achat, c'est lorsque les policiers sont autorisés à acheter de la drogue pour les besoins d
05:30'une enquête.
05:30Mais c'est strictement encadré par le code pénal et la CSI n'est pas autorisée à faire des coups
05:35d'achat.
05:36Quand moi, je vais sur place, Cité Cordon, pour trouver des témoins de cette scène et essayer d'y voir
05:40clair,
05:41là, je rencontre des jeunes gens qui me parlent directement de la CSI 93
05:44et qui me parlent d'affaires antérieures et de plaintes qui ont été déposées à l'IGPN
05:48contre des policiers de la CSI.
05:50Plaintes pourquoi ? Qu'est-ce qu'ils disent ?
05:52Ils me disent que des policiers de la CSI sont coutumiers du fait d'écarts de conduite et d'arrestations
05:58mensongères.
05:58On me parle d'une affaire très précise où des policiers de la CSI ont mis de la drogue au
06:04pied d'un gars
06:05pour l'accabler, l'emmener au poste pour trafic de drogue
06:08et au passage, on volait un téléphone portable qui aurait servi à filmer la scène.
06:13Donc, on me raconte ça avec précision et on me parle d'un dépôt de plainte à l'IGPN.
06:17Dépôt de plainte dont j'aurai confirmation et c'est à ce moment-là que je m'aperçois
06:21qu'il y a trois saisines de l'IGPN qui visent des policiers de cette compagnie.
06:27Et c'est pour cette affaire Cité Cordon à Saint-Ouen qui remonte à mai 2019
06:32que six policiers sont placés en garde à vue le lundi 29 juin.
06:35La scène a aussi été filmée par la caméra de vidéosurveillance d'un commerce.
06:40On voit trois choses principalement, c'est-à-dire que ce sont des images sans le son.
06:44On voit des policiers qui, en tenue, qui contrôlent, palpent des gens dans la rue, des hommes.
06:50On devine que ce sont des hommes.
06:51On distingue un policier mettre un petit sac de la taille d'un point, on va dire,
06:57un petit sac blanc posé au sol.
07:00Ensuite, on voit que le contrôle continue.
07:03Un des jeunes contrôlés est face à un mur.
07:06Donc, il tourne le dos aux policiers.
07:08Et là, on voit un policier se baisser et l'homme qui est face au mur tomber.
07:12Il a été attrapé par les chevilles et il a chuté face contre terre.
07:16Ça dégénère.
07:17Il y a des coups.
07:18On ne sait pas très bien qu'il frappe.
07:20Et en fait, ça confirme les propos que m'avait raconté un jeune de la cité au mois d'août.
07:26Les personnes interpellées et qu'on voit sur cette vidéo, est-ce qu'elles ont porté plainte ?
07:30Oui.
07:31Deux ont porté plainte.
07:32Un jeune homme de 19 ans, un autre de 34 ans, un magasinier, un chauffeur poids lourd.
07:36Ils ont porté plainte le 5 juin 2019.
07:40Les vidéos du commerce ont été livrées à l'IGPN également.
07:43Donc, l'IGPN était en possession de ces éléments-là dès le 5 juin 2019.
07:48Plainte pour violence, faux et vol du téléphone.
07:53Jean-Michel Décugis, après ses affaires, l'IGPN, la police des polices, commence à travailler sur plusieurs membres de la
08:00CSI 93.
08:01Oui, parce qu'il faut comprendre que l'IGPN a de nombreuses plaintes.
08:0529 au total.
08:06Ils vont, les policiers des IGPN, reprendre toutes ces plaintes.
08:10Certaines font l'objet d'enquêtes qui ont été ouvertes, certaines ont été classées.
08:14Ils vont réouvrir ces enquêtes.
08:15Ils vont en ouvrir d'autres et ils vont travailler.
08:18Et au total, il y a 17 enquêtes en cours.
08:21Ils vont déployer vraiment de gros moyens d'investigation.
08:25Plusieurs suspects vont être placés sur l'écoute.
08:27Non seulement des policiers vont être placés sur l'écoute pendant plusieurs mois,
08:31mais en plus, il va y avoir une sonorisation des voitures de police
08:36qui va se faire à l'insu des policiers par leur hiérarchie.
08:40Et puis, il va aussi y avoir des sonorisations des vestiaires.
08:44C'est des micros qui sont cachés dans les voitures, dans les vestiaires,
08:47dans les endroits où, évidemment, les policiers discutent beaucoup.
08:52Et entre eux, se croyant simplement entre eux, à lui clos, et évidemment pas écoutés.
08:56On sait ce que révèlent ces écoutes ?
08:57Elles sont accablantes, dit-on. Les policiers se lâchent, ils racontent le quotidien, etc.
09:02Les propos sont crus.
09:03D'après ce qu'on sait, il y apparaît des preuves d'exaction.
09:07La hiérarchie de la CSI 93 sait donc qu'il y a un problème avec plusieurs membres de cette section.
09:13Elle va faire un rapport qui sera transmis à la justice.
09:16Alors, c'est concomitant.
09:17Il y a les affaires dont parlait Carole, qui se déroulent au printemps et à l'été 2019.
09:22Et en même temps, il y a la hiérarchie qui fait un rapport à la justice.
09:25C'est la première fois que la justice, officiellement, reçoit un rapport de la part de la hiérarchie policière
09:31qui dénonce un certain nombre de comportements de policiers de la CSI 93.
09:36Alors, il est question de vidéos accablantes, dont Carole a parlé,
09:41mais aussi de preuves que certains policiers ont des comportements totalement illégaux.
09:51Jean-Michel Décugis, en 2014 déjà, il y avait eu un bras de fer entre la direction de la CSI
09:5793 et une vingtaine de policiers.
10:00Oui, alors on est le 31 décembre 2014.
10:05Selon la version de la hiérarchie, un responsable policier surprend une conversation d'un équipage raciste.
10:15Des propos racistes, selon ce responsable.
10:20Les policiers, en gros, se félicitent, se réjouissent d'être de nuit le 31,
10:25parce qu'ils disent-ils, c'est le seul jour où on peut taper sur un certain nombre de personnes.
10:30Évidemment, ce n'est pas dit comme ça.
10:31C'est plus cru.
10:32Donc ça, c'est selon la version de la hiérarchie.
10:35Le responsable qui entend cette conversation déplace l'équipage et le met en journée.
10:41Ce qui va provoquer une fronde.
10:44Et 21 policiers qui vont se mettre en arrêt maladie,
10:48parce qu'ils ne peuvent pas se mettre en grève, évidemment, ils n'ont pas le droit.
10:52Ces policiers, quelques mois plus tard, vont tous être mutés dans des commissariats.
10:58Ça, c'est la version de la hiérarchie.
10:59Carole Sterlet, quelle est la version de ces policiers ?
11:01La version qui est avancée est totalement contestée par plusieurs policiers de l'époque,
11:05que j'ai pu retrouver, qui expliquent qu'il n'était pas question de propos racistes,
11:10mais qu'il était question de vives tensions avec la hiérarchie
11:14qui aurait mis à l'écart une unité, l'unité en tenue, pour favoriser les autres.
11:19Et que cette unité n'était pas traitée à égalité avec les autres fonctionnaires.
11:24Quand arrive le 31 décembre et qu'un équipage est décalé au dernier moment du soir à la journée,
11:31là, on me dit que c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
11:34Beaucoup plus récemment, Carole Sterlet, en mars 2018, la BAC de Bondy, la brigade anticriminalité,
11:40s'était plaint de plusieurs membres de la CSI 93.
11:43Oui, il est question d'un rapport qui date de mars 2018, rapport qui a été rédigé par des fonctionnaires
11:49de la brigade anticriminalité de Bondy, se plaignant de l'intervention de policiers de la CSI 93 sur leur secteur,
11:57alors que ces policiers n'étaient pas autorisés à y être.
12:08Jean-Michel Décugis, à ce moment-là, il y a des sanctions qui sont prises ?
12:11Bien, il y a cette section, c'était la section Alpha 1, qui était sur Bondy, qui va être dissoute.
12:17Mais les policiers n'ont pas été mutés, ils ont été replacés à l'intérieur même de la CSI dans
12:22d'autres sections.
12:23Et là, selon la hiérarchie, ça va contaminer d'autres sections.
12:28C'est-à-dire que les brebis galeuses vont se retrouver avec d'autres policiers
12:32qui vont avoir une mauvaise influence sur d'autres policiers, et ça va créer une contamination, on va dire.
12:38Mais ces policiers, qui sont restés à l'intérieur même de la CSI, vont faire l'objet de rapports successifs.
12:46La hiérarchie va leur demander de signer des rapports de déontologie.
12:50Il va y avoir des dossiers individuels qui vont être montés contre certains policiers,
12:57qui vont passer en conseil de discipline.
12:59Mais tout ça ne donnera rien.
13:01Une source me raconte qu'en fait, le jour du conseil de discipline,
13:05alors que le dossier est en apparence totalement complet,
13:09eh bien au dernier moment, il manque une pièce du dossier qui a disparu.
13:13Et hop, du coup, le type ne passe pas en discipline.
13:15Et certains vont dénoncer le comportement d'un syndicat qui aurait protégé certains policiers.
13:33Jean-Michel Décugis, Carole Sterlet, on en revient au point de départ de ce podcast,
13:37les six policiers placés en garde à vue le lundi 29 juin.
13:41Jean-Michel, vous apprenez qu'après les interpellations,
13:44les enquêteurs vont découvrir de la drogue dissimulée par des policiers.
13:48Oui, ils vont découvrir dès le lundi matin une cache dans une haie de lierre
13:54qui est en bordure du parking automobile de la CSI,
13:58à l'intérieur de la CSI.
14:00Une cache de drogue, du cannabis, conditionné sous forme de petits sachets.
14:05Il y a à peu près 100 grammes qui sont retrouvés.
14:08Et au même endroit, on avait déjà retrouvé un an avant,
14:11eh bien du cannabis, des sachets de cannabis, des sachets d'herbe.
14:15Et en fait, ce qui correspond à ces sachets que les policiers mettent
14:21pour faire de fausses opérations anti-drogue,
14:25c'est-à-dire que les policiers soupçonnent ces gens à tort ou à raison
14:29qu'ils sont des dealers, et pour justifier leur interpellation,
14:32eh bien, ils jettent des petits sachets pour les compromettre.
14:35Et c'est comme ça qu'ils montent des procédures qui sont totalement fausses,
14:39et d'ailleurs ils montent sur les PV.
14:41Ça c'est l'accusation dont font l'objet ces policiers.
14:43Oui, mais les enquêteurs de l'IGPN ont la preuve que c'est bien des policiers
14:51qui sont venus cacher cette drogue dans la haie,
14:54et qui, de temps en temps, viennent et retirent des sachets qu'ils prennent avec eux.
15:00Le jeudi de juillet, 4 des 6 policiers placés en garde à vue depuis le lundi précédent
15:05sont mis en examen.
15:06Alors ils sont mis en examen pour des faits graves,
15:09ils sont mis en examen pour des vols,
15:10faux et usage de faux en écriture publique,
15:13des violences volontaires par personne dépositaire d'autorité publique,
15:17avec une ITT, une interruption temporaire de travail de 10 jours.
15:21Ils sont mis en examen pour du transport et de la détention de stupéfiants,
15:27et placés sous contrôle judiciaire,
15:31suspendus judiciairement,
15:32ça veut dire sans traitement de salaire.
15:35Ils n'ont plus aucun traitement de salaire à ce jour.
15:38Carole Sterlet, ce même jeudi de juillet,
15:40le préfet de police de Paris, annonce une mesure forte.
15:43Il annonce la dissolution pure et simple de toute la CSI 93.
15:46Dissoudre comme ça toute une compagnie, c'est rare ?
15:49Oui c'est rare, la dernière fois c'était en octobre 2012,
15:53c'était la BAC Nord de Marseille qui avait été dissoute
15:56par Manuel Valls, qui était à l'époque ministre de l'Intérieur.
16:00Il y avait eu quand même 7 policiers qui avaient été en détention,
16:03on leur reprochait d'avoir créé un espèce de système de vol,
16:09vol de drogue, vol de cigarettes, vol d'argent.
16:13Pour l'instant ils n'ont toujours pas été jugés,
16:15mais ils vont être jugés pour vol aggravé.
16:20Carole Sterlet, que font les policiers qui étaient membres de la CSI 93 aujourd'hui ?
16:25Alors les 150 hommes et femmes vont devoir choisir un nouveau poste d'affectation.
16:30Ils devaient formuler trois choix.
16:32On ne sait pas encore où ça en est exactement.
16:35Certains disent que ça prendra du temps.
16:37Ce qui est sûr c'est que un 14 juillet en Seine-Saint-Denis,
16:39sans CSI, ça ne s'est jamais vu.
16:42Jean-Michel Décugis, quelles vont être les suites judiciaires à ces affaires ?
16:45Alors il y a une première affaire qui est renvoyée d'ores et déjà au 5 novembre.
16:49Un policier qui va être jugé et l'avocat de la victime, l'avocat du jeune,
16:54lui demande une ouverture d'information pour des actes plus graves,
16:59torture et du vol, parce que cette victime dit avoir été frappée
17:03dans un camion de policiers par plusieurs autres policiers,
17:08et pas qu'un seul, et affirme qu'on lui a tasé, c'est-à-dire électrifié, les testicules.
17:16Ça pourrait s'apparenter à un acte de torture.
17:19Ensuite, il y a cette ouverture d'information où les quatre policiers ont été mis en examen.
17:24Il y a une enquête qui concerne la cache de la drogue
17:28et qui concerne d'autres policiers que les quatre mises en examen,
17:32parce que les quatre mises en examen, ne sont pas responsables de cette cache.
17:35Et puis, il y a ces 17 enquêtes en cours.
17:38On parle de plusieurs phases à venir, d'interpellations
17:42et de déflagrations beaucoup plus importantes que celles qui ont eu lieu début juillet.
17:57Carole Sterlet, à votre avis, quelles questions pose cette affaire ?
18:01Ça interroge la manière dont l'institution policière gère les difficultés internes,
18:07c'est-à-dire les brebis galeuses, les signaux faibles, les signaux forts,
18:10à partir de quand est-ce que la justice est saisie ?
18:12Parce que dans cette affaire, il ne faut pas oublier que le parquet de Bobigny
18:15explique avoir eu connaissance d'une possible problématique de la CSI 93 à l'été 2019.
18:22Or, on voit qu'il y avait eu des rapports administratifs antérieurs.
18:25La deuxième question, ça interroge sur les conséquences pénales
18:29qu'ont eues ces fausses procédures.
18:31C'est-à-dire que si des personnes ont été condamnées sur la base de faux en écriture,
18:35d'interpellations montées, ça pose vraiment des questions.
18:38Jean-Michel Décugis.
18:38Dans ces CSI, notamment la CSI 93, les policiers, pour les fidéliser,
18:44on les monte en grade sans qu'ils passent des diplômes.
18:46Et là, on retrouve parmi les gens qui ont été mis en examen,
18:50un brigadier-chef, deux brigadiers, des gens qui sont devenus brigadiers et brigadier-chef
18:53sans passer le moindre diplôme, sans revoir la déontologie, des choses comme ça.
18:59Et le deuxième problème, c'est le contrôle.
19:01C'est-à-dire que cette CSI, elle dépend de Paris.
19:05Et eux, ils sont en Seine-Saint-Denis.
19:08Ils peuvent faire ce qu'ils veulent, les types.
19:09Ils sont censés travailler sur des directives précises, des télégrammes, chaque matin.
19:14Mais rien ne les empêche d'aller à Bondy et de faire n'importe quoi.
19:19Et c'est très difficile de savoir ce que font ces policiers et de les contrôler.
19:23Parce que l'autorité, elle est à Paris.
19:26Très loin.
19:28Et il n'y a personne dans la voiture.
19:29Ils sont trois ou deux.
19:32Et...
19:33C'est du clos.
19:42Merci à Jean-Michel Décugis et Carole Sterlet.
19:45Code Source est le podcast d'actualité du Parisien, disponible chaque soir du lundi au vendredi.
19:50Cet épisode a été produit par Benjamin Boucriche, Marion Bottorel et John Timsit.
19:55Réalisation, Julien Moncoucciol.
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