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(Troisième épisode) Dans une série exceptionnelle en six épisodes, Crime story revient sur l’une des affaires les plus énigmatiques de ces vingt dernières années : un quadruple meurtre incompréhensible en Haute-Savoie. Le mercredi 5 septembre 2012, sur le parking d’une petite route de montagne située à quelques kilomètres de Chevaline, une fusillade éclate. Quatre personnes sont tuées : un cycliste français et trois touristes anglais, membres d’une même famille, assis à l’intérieur d’une voiture. Il y a deux rescapées. Deux petites filles de 7 et 4 ans. Indemne, la plus jeune n’a pas pu donner d’éléments capables d'orienter l’enquête. Hospitalisée dans un état grave, la plus âgée n’est pas encore en mesure de parler. Les premiers soupçons des gendarmes se portent sur un autre cycliste. Il est le premier à être arrivé sur la scène de crime et, coïncidence étonnante, il est lui aussi de nationalité anglaise… Dans Crime story, la journaliste Clawdia Prolongeau raconte cette enquête avec Damien Delseny, chef du service police-justice du Parisien.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Raphaël Pueyo, Thibault Lambert, Clara-Garnier Amouroux, Clémentine Spiler, Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network

Archives : INA.

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#truecrimepodcast #faitsdivers #chevaline

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News
Transcription
00:01Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast fait divers du Parisien.
00:07Avec Damien Delsenis, chef du service police-justice, nous vous racontons aujourd'hui une affaire criminelle en 6 épisodes.
00:15La tuerie de Chevaline.
00:17C'est un promeneur à vélo qui a fait la macabre découverte vers 15h50 cet après-midi.
00:22Une fusillade au fond d'une vallée de Haute-Savoie, 4 morts pour un massacre commis en plein jour presque
00:28sans témoins.
00:30Et le début d'une longue enquête, aux multiples pistes.
00:33Les victimes ont été découvertes sur les hauteurs du lac d'Annecy.
00:36Bienvenue dans notre série, les fantômes de Chevaline.
00:57Troisième épisode sur 6.
00:59Le mercredi 5 septembre 2012, sur le parking d'une petite route de montagne située à quelques kilomètres de Chevaline
01:05en Haute-Savoie, une fusillade éclate.
01:08Quatre personnes sont tuées, un cycliste français et trois touristes anglais, membres d'une même famille, assis à l'intérieur
01:14d'une voiture.
01:16Il y a deux rescapés, deux petites filles de 7 et 4 ans.
01:19Indemne, la plus jeune n'a pas pu donner d'éléments capables d'orienter l'enquête.
01:23Hospitalisée dans un état grave, la plus âgée n'est pas encore en mesure de parler.
01:28Les premiers soupçons des gendarmes se portent sur un autre cycliste.
01:31Il est le premier à être arrivé sur la scène de crime.
01:34Et, coïncidence étonnante, il est lui aussi de nationalité anglaise.
01:43William Brett Martin, âgé de 53 ans, est britannique d'origine néo-zélandaise et il vit à Brighton, en Angleterre.
01:51Pendant trois ans, entre 2006 et 2009, il est venu régulièrement en vacances dans un camping à Doussard, une commune
01:57limitrophe de Chevaline.
01:59Puis, tombé amoureux de la région, il a fini par y acheter une maison.
02:03Elle se situe sur la petite commune de La Tuile, juste à côté de Doussard, et William Brett Martin s
02:09'y rend tous les deux mois environ.
02:10Il adore faire du VTT, et quand il est en Haute-Savoie, il profite un maximum du cadre pour gravir
02:16de nombreuses routes.
02:17William Brett Martin est un jeune retraité de l'armée britannique.
02:21Ancien pilote de chasse de la Royal Air Force, il a quitté l'armée en 1988.
02:26Il a exercé comme pilote dans le civil jusqu'en 2009, puis s'est reconverti en consultant et formateur dans
02:32l'aéronautique.
02:33Le matin du mercredi 5 septembre 2012, William Brett Martin est devant son ordinateur.
02:39Après le déjeuner, à 14h34 précisément, il envoie un dernier mail.
02:44Il a déjà enfilé sa tenue de vélo.
02:46Il ne lui reste plus qu'à prendre son sac à dos noir et orange.
02:50Quelques minutes plus tard, William Brett Martin est dehors, prêt à pédaler.
02:53Il enfourche son VTT.
02:58Le cycliste anglais passe devant la petite église de la Tuile et continue vers le village de Chevaline, en direction
03:03de la Combedire,
03:04une route forestière qu'il connaît bien et qu'il a d'ailleurs déjà empruntée la veille.
03:09En traversant Chevaline, William Brett Martin aperçoit un cycliste au maillot blanc, rouge et noir, qui arrive de Doucard.
03:16C'est Sylvain Mollier.
03:17Il roule à vive allure, lui aussi en direction de la Combedire.
03:21William Brett Martin estime qu'il est à ce moment-là environ 15h10.
03:26Ex-triathlète de bon niveau, William Brett Martin est largement capable de gravir une route de montagne, comme la Combedire,
03:32sans s'arrêter à chaque virage.
03:34Mais Sylvain Mollier est plus rapide.
03:36Son équipement est plus léger aussi.
03:38Il a un vélo de route et son poids fait toute la différence, surtout en montée.
03:43Impossible pour le cycliste anglais de tenir la cadence.
03:46William Brett Martin essaie quand même, mais il le perd rapidement de vue.
03:51Au tiers de la montée, l'ancien pilote de chasse dépasse un autre cycliste, âgé d'environ 60 ans, qui
03:56pousse son vélo à pied.
03:58A la moitié de la montée, il est dépassé à son tour par un break BMW Rouge Bordeaux, celui des
04:03Halili.
04:04Quelques minutes plus tard, William Brett Martin arrive sur le parking du Martinet.
04:11Damien, William Brett Martin remarque tout de suite que le break BMW Bordeaux est celui qu'il a dépassé quelques
04:18instants plus tôt.
04:19Oui, il le reconnaît tout de suite. D'abord, il n'y a pas d'autres voitures sur le parking
04:22à ce moment-là.
04:23Et il voit que cette voiture est garée en marche arrière, que le moteur semble s'être emballé.
04:29Il dira comme si le conducteur appuyait à fond sur l'accélérateur.
04:33Il dit aussi que les roues tournent dans le vide puisque la voiture a reculé jusque dans un petit fossé.
04:39Il ajoute enfin qu'une odeur de caoutchouc brûlé assez forte flotte dans l'air.
04:43Il se retourne, il voit un homme à terre et il reconnaît le cycliste qu'il avait dépassé un peu
04:48plus tôt dans Chevaline.
04:50Oui, l'homme qui s'était engagé sur la combe juste avant lui et qui l'avait distancé au fur
04:54et à mesure de la montée.
04:56Il le découvre allongé sur le dos, inanimé, à environ une trentaine de centimètres, donc tout près de l'avant
05:03-gauche de la BMW.
05:05Le corps est positionné à 45 degrés par rapport à la route.
05:08Sa première impression quand il va découvrir cette scène, c'est qu'il s'agit d'un accident de la
05:13route entre la voiture, la BMW et le cycliste.
05:16Il va ensuite s'approcher de la fillette blessée qui est au sol.
05:20Elle ne bouge pas, elle saigne.
05:22Brett Martin se penche, prend son pouls et constate qu'elle est vivante.
05:26Il dit qu'à ce moment-là, il la prend dans ses bras pour la déposer sur le parking puisqu
05:31'à ce moment-là, elle est au milieu de la route.
05:33Donc, pour sécuriser, il va la déposer sur le parking et il va aussi la mettre, dit-il, en position
05:38latérale de sécurité, ce qui est un geste de secouriste.
05:42Ensuite, il va aussi éloigner le cycliste de la voiture de peur que celle-ci ne lui roule dessus puisque
05:48le moteur est toujours en train de tourner.
05:50Et c'est à ce moment-là qu'il s'aperçoit que le cycliste en question est mort.
05:54Il n'a plus de poux, il a les yeux ouverts et le regard fixe.
05:57Pendant ce temps, la voiture tourne encore.
06:00Oui, et William Brett Martin raconte au gendarme qu'il va, à ce moment-là, prendre la décision d'éteindre
06:06la voiture.
06:07Donc, il va s'approcher, il va s'apercevoir que le volant est à droite, c'est une conduite anglaise.
06:11Il vient à la hauteur de la portière conducteur, la vitre est déjà étoilée, il va exercer une légère pression
06:18dessus, la vitre se casse.
06:19Il peut donc passer son bras à l'intérieur de l'habitacle, il tourne la clé et coupe le moteur.
06:25C'est là que William Brett Martin voit les deux autres victimes à l'arrière du véhicule.
06:31Et qu'il réalise à ce moment-là qu'on n'est plus du tout sur une scène d'accident
06:35de voiture.
06:36Donc, il veut appeler les secours, il n'a pas de réseau, donc il va prendre son vélo pour redescendre
06:40500 mètres plus bas environ.
06:42C'est là qu'il va croiser la route de Philippe qui monte en voiture avec ses amis.
06:47Il le prévient qu'en haut, il y a une scène effroyable avec des morts, mais il ne précise pas
06:52à ce moment-là les gestes qu'il a effectués à l'occasion de cette découverte.
06:56Et ce que les gendarmes, eux, vont comprendre assez vite quand ils vont entendre William Brett Martin, c'est qu
07:01'en fait, il a passé plusieurs minutes à modifier en profondeur la scène de crime.
07:07Il a bougé des corps, il a éteint la voiture et il a laissé ses propres empreintes partout.
07:15Devant les enquêteurs, William Brett Martin précise n'avoir entendu aucun coup de feu.
07:20Son sac à dos est fouillé, il ne contient rien de suspect.
07:23Le cycliste anglais est interrogé plus précisément sur les autres personnes qu'il aurait pu croiser sur la route de
07:28la Combedire, en plus de Sylvain Mollier et des Halili qui l'ont dépassé.
07:32Il parle d'un 4-4 ver foncé, conduit par des agents de l'ONF, l'Office National des Forêts,
07:38un organisme chargé en France de la gestion des forêts publiques.
07:41Il les voit juste avant un petit pont, au deux tiers de la montée. La voiture descend rapidement en direction
07:46de Chevaline.
07:48William Brett Martin s'en souvient bien car le 4-4 est passé à 30 cm de lui et il
07:53a été marqué par cette conduite un peu agressive selon lui.
07:57Cinq minutes plus tard, il croise une moto blanche qui descend doucement.
08:00Le conducteur porte un casque intégral blanc avec une visière baissée et des vêtements noirs.
08:06William Brett Martin a le sentiment qu'il veut lui parler car il ralentit à son niveau.
08:10Mais finalement, le motard poursuit sa route sans s'arrêter.
08:14Les enquêteurs de la section de recherche de Chambéry estiment qu'il est alors 15h38.
08:19Quelques secondes plus tard, William Brett Martin arrive sur le parking du Martinet et découvre la tuerie.
08:25La suite lui occasionne un tel choc qu'il n'est pas vraiment en mesure de donner des détails sur
08:29le motard.
08:30Il se rappelle seulement que c'était une moto blanche avec un phare rond et deux valises sur les côtés.
08:36Mais il a surtout focalisé son attention sur la voiture des Halili, son moteur emballé et la petite fille qui
08:41bougeait encore.
08:43Les gendarmes doivent retrouver et auditionner toutes les autres personnes qui se trouvaient sur cette route entre 15h et 16h
08:49ce mercredi 5 septembre.
08:50En plus de William Brett Martin donc, désormais témoin numéro 1, il y a Philippe, arrivé en deuxième sur les
08:57lieux de la tuerie,
08:58avec sa voiture et ses deux amis, ainsi que le cycliste qui faisait une pause sur la route menant au
09:03parking.
09:04Il y a les agents de l'ONF et le fameux motard.
09:07Il y a aussi un homme, localisé par un hélicoptère des gendarmes environ 2h30 après la fusillade.
09:13Quand il est repéré, à 18h45, il est au niveau d'une ferme de l'autre côté de la Combedire,
09:18sur le chemin de randonnée qui continue après le parking.
09:21Il porte un sac à dos.
09:23Les gendarmes l'interpellent.
09:25Il s'appelle Michael et est de nationalité anglaise, lui aussi.
09:30Étonnante coïncidence.
09:31Il est téléporté jusqu'à la gendarmerie de Faverges.
09:34Son audition peut commencer.
09:39Damien, que dit cet homme aux gendarmes ?
09:42Alors, il leur confirme qu'il est bien ressortissant britannique,
09:45qu'il voyage seul, à pied,
09:47qu'il est arrivé en France le 1er septembre par l'Eurostar.
09:51Après, il s'est déplacé jusque dans l'Aisne,
09:54puis dans l'Aube, puis dans l'Ain,
09:56et il est arrivé finalement en train à Annecy,
09:58la veille des faits, le 4 septembre 2012.
10:01Le 5 septembre 2012, il est parti de son camping,
10:04en dessous de Saint-Joriot sur le lac d'Annecy,
10:07entre 10h45 et 11h.
10:09Toujours à pied, donc, en longeant le lac sur une route parallèle,
10:12il s'est arrêté pour déjeuner un ou deux kilomètres, dit-il,
10:16après d'Oussard, près d'un petit pont.
10:17Il en est reparti, selon son récit, vers 14h10,
10:21dans le but de se rendre jusqu'à Jarzy ou Saint-Pierre-d'Albigny,
10:25en tout cas de l'autre côté du col de Chérel.
10:27Il est donc passé à pied sur la Combedire,
10:30et a priori, il a traversé le parking du Martinet un peu avant 15h.
10:35Alors, si on suit son récit, c'est ça.
10:37Donc, il est donc passé sur ce parking avant la fusillade,
10:40puisqu'on estime l'horaire de cette fusillade entre 15h30 et 15h45.
10:46Il explique qu'avant d'arriver sur ce parking,
10:49il a été dépassé par deux motos de route,
10:52et quelques minutes plus tard, par un cycliste,
10:54avec un vélo tout terrain, qui lui a dit hello en passant.
10:57Quand il arrive, lui, ce marcheur britannique au parking du Martinet,
11:01les deux motos sont arrêtées sur place,
11:04le cycliste aussi, il parle ensemble.
11:07Donc, lui, il va continuer sa route après le parking,
11:09et il sera dépassé plus tard, donc sur la partie de la route
11:12qui est interdite à la circulation,
11:14par un autre véhicule blanc avec une petite remorque.
11:18Ce qui ressemble, trait pour trait,
11:20à la description d'un des véhicules de l'Office National des Forêts.
11:23Vers 18h30, l'hélicoptère de la gendarmerie le récupère.
11:26Oui, et donc, même si probablement,
11:29il n'était pas très loin du parking au moment de la tuerie,
11:32au moment des coups de feu,
11:34il certifie aux gendarmes qu'il n'a rien entendu,
11:37à part le bruit lointain d'une tronçonneuse.
11:39Il va ensuite leur préciser au cours de l'audition
11:41qu'il a l'habitude de voyager seul,
11:44il explique qu'il a des antécédents de dépression,
11:46mais qu'il n'a pas vu de médecin depuis trois ans,
11:48et que le but de son voyage, c'était de traverser en partie la France,
11:51et d'aller jusqu'à Toulon, dans le Var.
11:54Alors, les gendarmes vont évidemment, au terme de l'audition,
11:57faire un certain nombre de prélèvements.
11:59D'abord, ils vont chercher s'il y a des résidus de tir
12:01sur ses mains ou sur ses vêtements,
12:03et ils vont également faire un prélèvement de cellules buccales.
12:06Il va être ensuite relâché.
12:10D'autres témoins potentiels intéressent les enquêteurs.
12:14Après avoir découvert la scène de crime
12:15et constaté avec Philippe et ses deux amis
12:17que la petite Zainab semblait morte,
12:20William Brett Martin et les passagers du Berlingo Gris
12:22quittent le parking du Martinet.
12:24En redescendant la comte d'Ire,
12:26ils informent les promeneurs qu'ils croisent
12:27qu'il ne faut pas monter
12:28et que le mieux est de retourner au niveau de l'ancienne Syrie.
12:32Le cycliste qu'ils ont vu,
12:34arrêté dans la montée et assis sur le muret,
12:36est toujours là.
12:36Mais cette fois-ci,
12:38il est accompagné d'un autre homme,
12:39avec un chien.
12:41Les deux sont entendus.
12:44Le premier s'appelle Michel.
12:45Il est à la retraite depuis 3 ans
12:47et est actuellement en vacances dans un camping voisin.
12:50Il estime être arrivé au niveau de la Syrie
12:52aux environs de 14h50.
12:53Un peu moins d'une heure donc,
12:55avant le début supposé de la fusillade.
12:58En montant en direction du parking,
13:00il a été doublé par Sylvain Mollier
13:02qui roulait vite.
13:03Michel est alors toujours sur son vélo.
13:05Mais la vitesse de Sylvain Mollier l'impressionne
13:07et le démoralise un peu.
13:09Il dira même aux enquêteurs que ça lui a coupé les pattes.
13:13Michel descend de son vélo
13:14et se met à le pousser.
13:16C'est alors que William Brett Martin le double à son tour,
13:19environ 5 minutes après Sylvain Mollier.
13:21Michel s'arrête pour faire une pause.
13:24Là, il est dépassé par une moto
13:26qui monte en direction du parking.
13:2810 ou 15 minutes plus tard,
13:29elle repasse devant lui en descendant.
13:32Le pilote est casqué, visière levée,
13:34avec des lunettes de vue.
13:36C'est probablement le même motard
13:38que celui signalé par William Brett Martin.
13:41Environ un quart d'heure après le deuxième passage de la moto,
13:45Jacques, un homme qui vit à 2 km de la Combedire,
13:48passe en voiture avec son chien
13:49et croise Michel.
13:50Il a prévu de monter jusqu'au parking du Martinet,
13:53mais comme Michel semblait souffler,
13:54il s'arrête pour lui demander s'il va bien.
13:57Une conversation s'engage entre les deux hommes.
13:59Elle est interrompue par le berlingo gris de Philippe
14:02et le VTT de William Brett Martin
14:04qui, en descendant, s'arrête à leur niveau.
14:07Les premiers témoins les préviennent
14:09qu'il y a eu un drame plus haut.
14:11Comme les autres,
14:12Michel et Jacques font demi-tour.
14:16Damien, dans sa déposition,
14:17William Brett Martin a évoqué un 4x4 de l'ONF,
14:20mais la plupart des autres témoins n'en parlent pas.
14:22C'est pas complètement illogique
14:24dans la mesure où, a priori,
14:26William Brett Martin était sur la route
14:28avant les autres témoins entendus.
14:31Et comme il a vu le 4x4 descendre,
14:33ce 4x4, il peut tout à fait être sorti de la Combe
14:36avant que les autres témoins ne soient rentrés
14:39à l'intérieur de cette Combe.
14:40Tout ça reflète la fragilité du témoignage humain
14:43dans ce type d'enquête.
14:44C'est-à-dire que, de bonne foi,
14:46certains témoins peuvent prétendre avoir vu
14:48quelque chose à une heure,
14:49alors qu'en fait, en comparant les autres dépositions,
14:52on se rend compte qu'à la même heure,
14:54des témoins n'ont pas vu la même chose.
14:55Ça ne veut pas dire qu'il y en a un de mauvaise foi,
14:56un de bonne foi.
14:57Ça veut dire qu'encore une fois,
14:59ça démontre la fragilité de ce type de témoignage.
15:01Les véhicules de l'ONF qui sont mentionnés
15:04sont faciles à retrouver.
15:05Oui.
15:06L'ONF, c'est un organisme public,
15:08donc il suffit de savoir qui était de service
15:10ce jour-là et qui est allé sur cette route
15:12à cette heure.
15:13Les enquêteurs vont facilement retrouver
15:15les agents qui étaient en service
15:17cet après-midi-là.
15:18Ils sont trois.
15:19Ils réalisent à l'époque un chantier d'entretien
15:21de la route de la Combe
15:22et ils circulent dans deux 4x4
15:25qui sont siglés ONF.
15:26Ces agents racontent qu'à 15h25 précisément,
15:29ils s'en souviennent,
15:30ils sont partis d'un point au-dessus
15:32du parking du Martinet
15:33pour descendre la route.
15:35Exactement.
15:36Ils sont répartis dans deux voitures.
15:38La première repart avec un agent seul
15:40et la deuxième, quelques minutes plus tard,
15:42le temps de charger les outils dans la voiture
15:45repart donc avec deux agents.
15:47Celui qui est parti en premier,
15:48il descend assez rapidement.
15:50Lui, il évalue sa vitesse à 40 ou 50 km heure
15:53ce qui, sur une petite route de montagne
15:55assez peu carrossable et déjà beaucoup,
15:57il dit qu'il se dépêche
15:58parce qu'il avait prévu d'être au dépôt
15:59à 15h30, donc il est en retard.
16:01La deuxième voiture descend plus lentement
16:03et ses deux occupants vont expliquer
16:06qu'à environ 200 ou 300 mètres
16:08avant le parking du Martinet,
16:10donc ils sont encore au-dessus du parking,
16:11ils ont bien croisé un motard
16:14alors que cette route est en principe
16:16interdite à la circulation des véhicules à moteur.
16:21Après avoir croisé le motard,
16:23l'agent dans la première voiture
16:24passe et continue sa route.
16:26Mais la deuxième voiture ralentit
16:28au niveau du motard qui s'arrête.
16:30Il a levé sa visière,
16:31témoignant des agents de l'ONF,
16:32et a demandé sa route
16:34s'il était dans un cul-de-sac.
16:35Je lui ai dit oui,
16:36sauf pour rejoindre le col de Scherell.
16:38Je lui ai dit que la route était interdite
16:40à la circulation.
16:41Là, il était plutôt gêné.
16:43Il a dit je vais faire demi-tour.
16:46Manifestement un peu agacé,
16:47le motard fait demi-tour.
16:49Puis la voiture le perd rapidement de vue,
16:50car elle roule plus vite.
16:52L'autre agent,
16:53également présent dans ce véhicule ONF,
16:55poursuit sur procès verbal.
16:57Cela ne nous a pas choqué,
16:58car il avait vraiment l'air d'un gars
16:59qui se promenait.
17:00Ensuite, après avoir croisé cette moto,
17:02nous avons poursuivi notre chemin.
17:04Nous sommes passés devant le parking du Martinet
17:06qui était vide.
17:07Ces deux derniers jours,
17:08il y avait beaucoup de voitures.
17:09Et là, nous nous sommes fait la réflexion
17:11qu'il n'y avait personne en montagne aujourd'hui.
17:13L'agent raconte qu'environ deux kilomètres plus bas,
17:15ils ont croisé un break
17:17qui arrivait assez vite
17:18pour le gabarit de la route.
17:19Quand il nous a vus, dit-il,
17:21il s'est arrêté pour nous laisser passer,
17:22car cela ne passait pas à deux véhicules.
17:24Il s'est serré légèrement sur le bas-côté
17:26et nous avons été obligés de faire de même.
17:29Nous nous sommes croisés à une dizaine de centimètres
17:31et nous sommes passés vraiment au ralenti.
17:33C'est là que les agents voient
17:34que le volant de la voiture est à droite.
17:36Le conducteur leur fait un signe de la main,
17:38ils disent qu'il a environ une quarantaine d'années
17:40et qu'à côté de lui,
17:41il y a une fille de 10-12 ans.
17:43Il était poli
17:44et nous a fait un signe de la main
17:45pour nous remercier de s'être serrés,
17:47poursuit l'agent.
17:48Nous avons continué notre route
17:49sans faire plus attention.
17:51Un peu plus bas,
17:52les agents croisent Sylvain Mollier
17:54puis Michel, le retraité à vélo,
17:56serré sur le bas-côté.
17:57Ces témoignages collent donc
17:58avec celui de William Brett Martin d'une part
18:00et avec ceux de Philippe
18:02et ses deux amis d'autre part.
18:10Damien, ce qui est dingue,
18:11c'est que les gens qui étaient à proximité immédiate
18:14n'ont rien entendu, aucun coup de feu.
18:16En tout cas, ni William Brett Martin,
18:18ni les agents de l'ONF,
18:20ni Philippe et ses deux amis en voiture,
18:22ni l'autre cycliste Michel
18:24n'ont effectivement entendu
18:25un quelconque bruit de coup de feu
18:27ou de déflagration.
18:28Ce qui est très étonnant
18:29parce qu'ils sont les plus proches
18:31de la scène de crime.
18:32Il va en revanche résulter
18:34de la vaste enquête de voisinage des gendarmes
18:36que des détonations ont été entendues
18:39depuis une maison de retraite
18:40qui se trouve assez loin.
18:42Et alors, les gens de la maison de retraite
18:45datent ces coups de feu à 16h20, 16h30.
18:47Ce qui n'est pas du tout l'heure de la Turie.
18:49Il y a une heure d'écart.
18:49Alors, ils se sont peut-être trompés d'heure.
18:51Il y a aussi une habitante de Doucard
18:53qui est quand même assez loin du lieu d'effet
18:56qui indique, elle, avoir entendu
18:57des déflagrations de manière enchaînée
19:00sans interruption ni reprise.
19:02Elle, elle donne comme heure
19:03environ 15h30
19:05ce qui la correspond en revanche
19:06à l'horaire de la Turie.
19:08Donc, tous ces témoignages,
19:09ils sont un peu perturbants
19:11parce que ceux qui sont près de la scène
19:12n'ont rien entendu
19:13et quelques témoins qui se trouvent
19:15beaucoup plus loin
19:15ont entendu des coups de feu
19:17mais pas forcément à la bonne heure.
19:19Alors, c'est aussi le problème des sons en montagne.
19:21On peut être près d'une scène
19:22et ne rien entendre
19:23et avec l'écho,
19:24avec la réverbération
19:26sur les parois de montagne,
19:27le bruit peut bouger un peu plus loin.
19:29Mais voilà,
19:30ce n'est pas des témoignages
19:31qui permettent d'avancer vraiment.
19:32Les agents de l'ONF décrivent
19:34la moto qu'ils ont croisée
19:35de la même manière
19:36que William Brett Martin.
19:37Ils parlent d'une moto blanche
19:39avec deux portes-bagages latéraux
19:41gris sur l'arrière,
19:42les fameuses valises
19:43qu'évoquait William Brett Martin.
19:45Ils confirment aussi
19:46que cette moto dispose
19:47d'un phare rond à l'avant.
19:49Ils ajoutent que le pilote
19:50portait un casque intégral noir
19:53avec une visière teintée et fermée
19:55et un équipement complet
19:57de motards de couleur noire.
19:58Ces témoignages sont intéressants
19:59à plusieurs titres.
20:01Ils permettent surtout
20:02d'établir que
20:03quand les agents de l'ONF
20:04passent sur le parking du Martinet,
20:06il n'y a selon eux
20:07personne,
20:09ni voiture avec des touristes
20:10anglais à l'intérieur,
20:11ni cycliste.
20:12Dans leur dos à ce moment-là,
20:13il y a donc le motard,
20:14celui qui s'est engagé
20:15sur le chemin
20:16et qui a fini par faire
20:17demi-tour,
20:17qui va donc passer
20:18sur le parking
20:19un peu après eux.
20:21En descendant,
20:22les agents de l'ONF
20:22vont croiser la voiture,
20:24la BMW des Halili
20:25qui monte.
20:26Ça veut dire
20:27que le motard
20:28et les Halili
20:30se sont croisés
20:31un peu plus haut
20:31à proximité directe
20:33du parking.
20:34Surtout,
20:34ça fait ressortir
20:35un détail
20:36de l'audition
20:37de William Brett Martin.
20:39Oui,
20:39parce que les agents
20:40de l'ONF
20:40sont les premiers
20:41finalement à expliquer
20:42que cette fameuse moto blanche
20:44était au-dessus
20:45du parking
20:46du Martinet
20:47et qu'elle est donc
20:48forcément repassée
20:49sur ce parking
20:50en redescendant.
20:51Or,
20:52au cours de sa
20:53toute première audition,
20:54William Brett Martin
20:55dit aux enquêteurs
20:56que lui croise la moto
20:57qui descend
20:58depuis le parking,
20:59donc sur la route
21:00de la Combedire
21:01et que quasiment
21:02en même temps,
21:03à peine quelques secondes
21:04après selon lui,
21:05il aperçoit au loin
21:06la fillette
21:07qui fait quelques pas,
21:08pousse un cri
21:09et s'effondre.
21:10Ça signifie donc
21:11qu'au moment
21:12où William Brett Martin
21:13croise le motard,
21:14il est tout près
21:15du parking du Martinet
21:17et que l'agression
21:18vient donc d'avoir lieu,
21:19que la fusillade
21:19vient d'avoir lieu.
21:20Donc,
21:21ce motard,
21:22ce mystérieux motard
21:23sur cette moto blanche,
21:24il est soit passé
21:25à côté direct
21:27du carnage
21:27sans s'arrêter,
21:29soit,
21:29et à ce stade,
21:30c'est quand même
21:31le plus probable,
21:32il s'agit du tueur.
21:36Le motard
21:37est activement recherché.
21:38De nombreuses investigations
21:40sont menées
21:40sur les détenteurs
21:41de motos
21:41correspondant au modèle
21:43décrit par les employés
21:44de l'ONF
21:45et par William Brett Martin,
21:46ainsi que sur les sociétés
21:48vendant des casques
21:48similaires
21:49à celui qu'ils portaient.
21:51Quatre hommes
21:52sont entendus longuement,
21:53puis relâchés.
21:54Tous ont pu démontrer
21:55qu'ils ne sont pas impliqués
21:57dans la tuerie de Chevaline.
21:58La vidéosurveillance
21:59du distributeur
22:00de la banque
22:01du crédit agricole
22:02de Doucars
22:02est exploitée,
22:03sans succès.
22:04Les propriétaires de motos
22:06habitant sur les communes
22:07de Doucars et Chevaline
22:08sont également auditionnées.
22:10Mais là encore,
22:11rien de probant.
22:13Chevaline est un petit village
22:14de montagne
22:15comme il en existe
22:16des dizaines en Savoie.
22:17Une route principale,
22:18un clocher,
22:19des maisons en pierre.
22:20150 habitants
22:21pour 300 vaches,
22:23résume le maire.
22:24Il n'y a pas d'école,
22:25pas de commerce,
22:26pas de camping,
22:27pas de fait divers.
22:28Chevaline,
22:29c'est le calme absolu
22:30dans un cadre bucolique.
22:32Ces assassinats
22:33d'une violence inouïe
22:34ont été commis
22:35au fond d'une route
22:36en cul-de-sac,
22:36en plein jour,
22:37sur un lieu de passage
22:38fréquenté
22:39où se croisent
22:40automobilistes,
22:41cyclistes et randonneurs.
22:43Pourtant,
22:43aucun témoin oculaire
22:45n'est en mesure
22:45d'éclairer les faits.
22:47Sauf peut-être Zainab,
22:48la fille aînée,
22:49âgée de 7 ans.
22:50Mais pour le moment,
22:51elle est toujours hospitalisée
22:52et ne peut pas parler.
22:54Pendant que les gendarmes
22:55français avancent,
22:56la presse britannique
22:57multiplie les critiques.
22:58L'histoire de la petite Zina,
23:004 ans,
23:00trouvée au bout de 8 heures
23:02et prétexte à tourner
23:03les enquêteurs français
23:04en dérision.
23:05Comment des hommes formés
23:06à ce genre de situation
23:07peuvent-ils être aussi naïfs ?
23:09Questionnent les tabloïds anglais.
23:14Damien,
23:15il y a un passif
23:16sur les crimes
23:17touchants des citoyens anglais
23:18et commis en France.
23:20Il y a surtout une affaire
23:21qui a marqué,
23:22c'est l'affaire Dominici
23:23qui a eu lieu 60 ans
23:25avant la tuerie de Chevaline.
23:26C'était le meurtre
23:27de la famille Drummond.
23:29Une histoire d'ailleurs,
23:30finalement,
23:31qui a quelques similitudes
23:32avec cette tuerie,
23:33il s'agissait
23:34d'une famille
23:35qui était en vacances,
23:36qui s'était garée
23:37pour camper
23:38sur une propriété
23:39et qui a été retrouvée
23:42massacrée,
23:42on l'a dit,
23:43par Dominici
23:45qui était le propriétaire
23:46du terrain en question.
23:47Ça a été une affaire
23:48à rebondissement
23:48avec des soupçons
23:50d'erreur judiciaire
23:50mais c'est quelque chose
23:51qui a profondément marqué
23:52les relations,
23:53j'allais dire,
23:54judiciaires
23:54entre la France
23:55et l'Angleterre.
23:56Il y a aussi
23:56le viol et le meurtre
23:57de la petite Caroline Dickinson.
23:59Elle était 96 en Bretagne,
24:01elle était venue en vacances,
24:02elle a été violée
24:03et tuée
24:03dans une auberge de jeunesse.
24:05On a d'ailleurs consacré
24:06un crime story
24:07à l'affaire Dickinson.
24:08Donc,
24:09tout ça
24:09ont été des histoires
24:10qui ont un peu
24:11marqué
24:12et surtout abîmé
24:13les relations
24:13entre la police française
24:15et l'Angleterre.
24:16Dès le jeudi 6 septembre,
24:18l'endemain de la tuerie,
24:19les enquêteurs
24:20investissent
24:20la maison
24:21de la famille Alili
24:22en Angleterre
24:23à Claygate.
24:24Oui,
24:24ça fait partie
24:24de l'enquête.
24:25On va essayer
24:26de se renseigner
24:27un petit peu
24:27sur ces victimes.
24:28Donc,
24:29la maison blanche
24:29à colombage
24:30de Claygate
24:31est perquisitionnée.
24:32C'est une maison
24:33plutôt coquette
24:33avec des briques
24:34sur la partie
24:35du rez-de-chaussée,
24:36des grandes vitres,
24:37des grandes baies vitrées.
24:39Très belle maison.
24:39Leur objectif
24:40aux enquêteurs,
24:41c'est de recueillir
24:42des traces ADN
24:44pour identifier
24:44d'abord formellement
24:45les trois personnes
24:46qui sont mortes
24:47dans la tuerie,
24:48même si à ce moment-là,
24:49leur identité
24:50ne fait déjà plus
24:51guerre de doute.
24:51Au passage,
24:52il recueille
24:53les premiers témoignages
24:54des connaissances
24:55de la famille Alili.
24:57Oui,
24:57c'est l'enquête
24:57type de voisinage.
24:59Les habitants
24:59de Claygate
25:00qui ont fréquenté
25:01la famille Alili
25:02ne lui connaissent
25:03aucun ennemi.
25:04Des gens charmants,
25:05disent-ils,
25:06qui discutaient bien
25:06selon une maman d'élève.
25:08Saad,
25:09c'était la gentillesse même,
25:10dit son plus proche voisin.
25:12Après avoir rencontré
25:13Iqbal à Dubaï,
25:14aux Émirats Arabes Unis
25:15il y a une dizaine d'années,
25:16Saad s'était donc
25:17installé dans cette ville
25:18avec son épouse,
25:20avec leurs deux filles.
25:21Ses parents à lui,
25:22à Saad,
25:23vivaient encore à l'époque.
25:24Sa mère est morte
25:25la première
25:25juste avant son mariage
25:26avec Iqbal.
25:27En revanche,
25:28le père de Saad,
25:29lui,
25:29il est mort juste un an
25:30avant la tuerie,
25:31en 2011.
25:32Et ça,
25:32ce n'est pas un événement neutre.
25:34Non,
25:34ce n'est pas un événement neutre
25:35et ça va tellement intéresser
25:37et interpeller
25:38les enquêteurs
25:39que ça va même devenir
25:40une piste.
25:54Vous venez d'écouter
25:56le troisième épisode sur six
25:57de notre série
25:58Les Fantômes de Chevaline.
26:00Un épisode produit par
26:02Clara Garnier-Amourou,
26:03Pénélope Gualquerotti,
26:05Thibaut Lambert,
26:06Raphaël Puyot
26:06et Clémentine Spiller.
26:08Réalisation et mixage,
26:09Julien Moncouquiole.
26:11Rédacteur en chef,
26:12Jules Lavi.
26:14Vous pouvez retrouver
26:15sur notre site internet
26:16les documents
26:16que nous avons cités
26:17et vous pouvez écouter
26:19dès maintenant
26:19la suite de ce podcast
26:20dans le quatrième épisode,
26:22déjà disponible
26:23sur leparisien.fr
26:25et sur toutes les plateformes
26:26d'écoute.

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