Passer au playerPasser au contenu principal
En octobre 2017, la disparition d’Alexia Fouillot, volatilisée après son jogging en Haute-Saône, met la France en émoi. Dans Crime story, la journaliste Clawdia Prolongeau raconte cette enquête avec Damien Delseny, chef du service police-justice du Parisien. Mais la disparition d’Alexia Fouillot cache en réalité un meurtre et une grande mascarade. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en quatre parties.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Anaïs Godard, Thibault Lambert et Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : Audio Network.

Pour ne rien manquer de l’actualité du Parisien:

🎥 Ne ratez aucune de nos vidéos : https://youtube.com/@LeParisien

🔔 Suivre toute l’actualité avec notre abonnement : https://urlr.me/!abonnementleparisien

✉️ En savoir plus sur l’actualité avec notre newsletter : https://bit.ly/new-sletters

👂 Retrouvez nos différents podcasts :

Code Source: L’actualité quotidienne du Parisien : https://bit.ly/_Codesource
Crime Story: Le podcast faits-divers du Parisien: https://bit.ly/_Crimestory
Le Sacre: Revivez le parcours d’un médaillé olympique: https://bit.ly/_Lesacre

Suivez-nous:
Instagram : https://instagram.com/leparisien/
Facebook : https://facebook.com/leparisien/
Tiktok : https://tiktok.com/@leparisien
X : https://twitter.com/@le_Parisien
Snapchat : https://snapchat.com/t/pr3nDoxv
Bluesky : https://bsky.app/profile/leparisien.fr
Threads : https://threads.net/@leparisien

Chapitres:

00:00: Nouvelle accusation : Le beau-frère est-il impliqué ?
01:39: Enquête et doutes : La crédibilité de Daval mise à l'épreuve
03:30: Confrontation et aveux : Daval revient sur ses déclarations
05:00: Le procès débute : Zone d'ombre et accusations choc
11:32: Justice pour Alexia Fouillot

#affairedaval #truecrimepodcast #crimestory

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01Vous écoutez Crime Story, disparition d'Alexia Fouillot, la jogueuse et le mensonge, quatrième et dernier épisode.
00:09En janvier 2018, trois mois après la mort d'Alexia Fouillot, son mari Jonathan Daval reconnaît à la stupéfaction générale
00:16l'avoir lui-même étranglé et avoir mis en scène sa disparition pendant un supposé jogging.
00:22Mais six mois plus tard, il demande à voir le juge d'instruction car il a d'autres révélations à
00:26faire.
00:27Jonathan revient alors sur sa version des fées.
00:30Il a bien participé au meurtre d'Alexia et à la macabre mise en scène, mais ce n'est pas
00:34lui qui l'a étranglé.
00:36Ce serait son beau-frère devant le reste de la famille.
00:40Tous auraient ensuite décidé de faire croire que la jeune femme avait disparu pendant son jogging.
00:47Au début de l'enquête, Grégory Guet avait déjà été auditionné puisqu'il fait partie des dernières personnes à avoir
00:54vu Alexia en vie.
00:55Mais il n'avait jusque-là jamais fait l'objet de suspicions.
00:59Si Jonathan Daval livrait, pourquoi a-t-il attendu des mois avant de livrer cette version des fées ?
01:04Selon son avocat, Jonathan Daval a tout simplement plus de ressources que lors de sa mise en examen.
01:09Il est passé par une phase très dure pendant son incarcération, dit-il.
01:14Maintenant, il va mieux. Il y a eu une phase de maturation.
01:17Le suspect, un temps amaigri et sous traitement contre la dépression, serait aujourd'hui moins fragile
01:23et aurait absorbé le choc du décès de son épouse.
01:27Son avocat, maître Randall Schwerdorfer, confirme et déclare à la presse que son client se dit désormais totalement étranger aux
01:35fées.
01:39Damien Delseny, Grégory, le beau-frère, dément formellement ses accusations.
01:44La mère d'Alexia parle, elle, d'un véritable cauchemar.
01:47Comment est-ce que les gendarmes de la section de recherche de Besançon accueillent ces révélations, si on peut les
01:53appeler comme ça ?
01:53Oui, alors, ils sont évidemment plus que dubitatifs, d'autant que pour eux, cette enquête, elle est quasiment bouclée.
02:00D'ailleurs, il n'y a plus grand monde à la SR de Besançon qui travaille activement sur le dossier.
02:04L'instruction avance, mais l'extrême majorité des investigations ont été faites.
02:09Et puis surtout, en fait, les gendarmes de la SR, ils ont creusé au début de leur enquête la piste
02:14d'une potentielle dispute familiale
02:17qui impliquerait d'autres personnes que Jonathan Daval, mais les investigations, elles n'ont absolument rien révélé de ce côté
02:24-là.
02:24Et finalement, Leto, il a toujours fini par se resserrer autour de Jonathan et seulement autour de Jonathan.
02:31Les enquêteurs ont aussi du mal à croire Jonathan Daval, qui est manifestement un personnage dissimulateur.
02:36Ils ont d'abord beaucoup d'éléments solides, factuels, contre lui.
02:40Et malgré tout, il présente une nouvelle version, donc on va effectuer des vérifications à partir des quelques informations que
02:47va donner Jonathan.
02:48Mais personne n'y croit vraiment.
02:50D'ailleurs, comme vous venez de le dire, Jonathan Daval, il a dissimulé auprès de sa famille, de ses proches,
02:57quasiment de la France entière,
02:58tout ce qu'il avait pu faire pendant des semaines et des mois même.
03:01Donc, on part avec un a priori que Jonathan Daval, il est capable de cacher des choses, de tenter des
03:07manipulations.
03:07Donc, ça ne plaide pas pour sa nouvelle version.
03:10Les juges d'instruction vont convoquer la famille d'Alexia pour leur dire que Jonathan a fait ses déclarations.
03:16Mais ils ne vont jamais être auditionnés au sens strict du terme.
03:19Ils ne vont jamais être placés en garde à vue, pas inquiétés au niveau judiciaire.
03:23Ça en dit long sur la crédibilité qu'on donne au niveau des enquêteurs, aux propos et à la nouvelle
03:28version de Jonathan Daval.
03:30Finalement, ce rebondissement refait parler de l'affaire, mais il n'est pas du tout déterminant pour l'enquête.
03:36Pour la vérité, clairement pas.
03:37Mais il donne à ce fait divers une valeur encore plus exceptionnelle quelque part.
03:43Il remet une pièce dans la machine.
03:45C'est un nouvel épisode du feuilleton, puisque Jonathan Daval va maintenir ses propos encore quelques temps.
03:51Avant de craquer à nouveau, il va craquer à l'occasion d'une confrontation organisée dans le bureau du juge,
03:58avec la maman d'Alexia, avec sa belle-mère.
04:01Et à l'occasion de cette confrontation, c'est d'ailleurs toujours un moment qui est organisé en général par
04:07les juges d'instruction,
04:07pour mettre face à face, dans la même pièce, de personnes dont souvent les versions divergent un peu.
04:13Et le but de cette confrontation, de cette rencontre, c'est justement d'essayer d'obtenir la vérité,
04:19peut-être en espérant que l'une ou l'autre partie craque.
04:21Et c'est ce qui va se passer.
04:23Jonathan Daval, il va s'effondrer pendant cette confrontation face à sa belle-mère.
04:27Et il va reconnaître, une deuxième fois, après ses aveux faits plusieurs mois auparavant,
04:32qu'il a bien donné la mort à Alexia, et il l'a donné seul.
04:36Et que ce mensonge, après, il l'a confectionné, en quelque sorte, il l'a pensé seul.
04:47Il est 8h ce matin, quand le convoi s'engouffre par l'arrière du tribunal de Vesoul.
04:51Derrière ses vitres teintées, impossible de distinguer la silhouette de Jonathan Daval,
04:56transféré sous haute sécurité depuis la maison d'arrêt de Dijon.
04:59C'est donc seul que Jonathan Daval compare, à partir du lundi 16 novembre 2020,
05:05devant la cour d'assises de la Haute-Saône.
05:07Entre-temps, il a fini par reconnaître, lors d'une reconstitution en juin 2019,
05:12et en présence de ses beaux-parents, que c'était bien lui qui avait mis le feu au cadavre de
05:17sa femme
05:17à l'aide d'un briquet et d'une bombe de mousse expansive en guise de chalumeau.
05:22Plus aucun doute ne persistait pour les enquêteurs,
05:25car la bombe de mousse expansive avait été retrouvée entamée à son domicile
05:29et le bouchon, sous le bras droit d'Alexia.
05:32Mais que Jonathan le reconnaisse, était un enjeu important.
05:35A l'ouverture du procès, des photos du cadavre d'Alexia, insoutenables, sont projetées.
05:41En les voyant, Jonathan Daval s'enfonce dans son siège,
05:44au point de disparaître derrière son pupitre.
05:47« Maintenez-vous être impliqué dans la mort de votre épouse et être le seul impliqué ? »
05:51l'interroge le président.
05:52« Oui, souffle Jonathan sous les yeux des proches d'Alexia, dont 18 se sont constitués parties civiles. »
05:59Attentifs, ces derniers écoutent le directeur d'enquête remonter le fil des trois mois d'investigation
06:04qui ont permis de confondre celui que toute la famille, et en premier lieu les fouillots,
06:09voyaient alors comme le gendre idéal.
06:12Ce que révèlent les gendarmes pendant l'audience,
06:14c'est qu'ils ont été mis sur la piste du mari très tôt,
06:17dans les heures suivant la découverte du corps d'Alexia fouillot.
06:20Mais il ne fallait pas se précipiter,
06:22d'autant que l'affaire prenait une dimension médiatique très importante.
06:25Ils ont donc assisté à toutes les manifestations publiques en hommage à Alexia,
06:30pendant lesquelles Jonathan Daval mettait en scène sa tristesse,
06:33entourée par la famille de sa défunte épouse.
06:36Et ils savaient déjà, à ce moment-là, que c'était probablement lui le coupable.
06:41Parmi les actes d'enquête que détaille le gendarme,
06:44il y a les écoutes téléphoniques qui laissent entrevoir comment l'accusé
06:47a pu manipuler, trois mois durant, sa belle famille.
06:51Il s'avère ainsi que le mari éploré qu'ils passent leur temps à consoler
06:55ne pleure jamais au téléphone, à part avec eux.
06:58Une particularité qui frappe tellement les enquêteurs
07:01qu'ils consignent cette remarque par écrit,
07:03ajoutant même qu'il change de voix quand il les a au bout du fil.
07:07Et quelle est sa réaction quand on lui parle de l'enquête ?
07:10Demande maître Cathy Richard, avocate de plusieurs parties civiles,
07:14à l'une des gendarmes chargées de ses écoutes.
07:16Il coupe court, il dit qu'il ne sait pas.
07:19Parfois aussi, il ment.
07:21À Isabelle Fouillot, il prétend ainsi qu'il est disculpé
07:24par l'analyse du bol alimentaire,
07:26un examen qui permet d'estimer l'heure de la mort
07:29en fonction de l'état de digestion du dernier repas.
07:32Une chose est sûre, les heures que j'ai détaillées sont bonnes,
07:36je n'ai rien à me reprocher, lui affirme-t-il avec aplomb.
07:43Damien, le fait que Jonathan Daval ait menti
07:45et manipulé son entourage pendant plusieurs mois
07:47ne change rien à l'affaire sur le plan juridique.
07:50Non, mentir n'est ni un délit ni encore un crime,
07:53mais disons que sur le plan moral et surtout sur le plan médiatique,
07:57c'est un élément important.
07:59Pour les jurés aussi, on le rappelle en cours d'assises,
08:01c'est un jury populaire qui déclare la culpabilité
08:04et qui décide de la peine.
08:06C'est évidemment des jurés qui ont entendu parler de cette histoire,
08:09qui ont, comme tous les Français, vu les différents épisodes,
08:13le mari éploré, puis finalement le mari meurtrier.
08:16Ils vont devoir juger à partir des éléments présentés pendant le procès,
08:20mais bien sûr qu'ils ont en tête, comme tout le monde,
08:23d'avoir face à eux quelqu'un qui a menti, manipulé, trahi.
08:28Et les jurés, ils ont sans doute le même sentiment,
08:30c'est-à-dire qu'ils ont le sentiment, comme tout le monde,
08:32d'avoir été trahi et d'être face à quelqu'un qui est un menteur,
08:36un manipulateur et un meurtrier.
08:38L'enjeu des débats est aussi d'établir si Alexia a été victime ou non d'un viol post-mortem.
08:44Lui prétend avoir tué sa femme lors d'une dispute portant sur son refus à lui d'avoir une relation
08:50sexuelle.
08:51Mais des traces de sperme ont été retrouvées dans le corps,
08:55sur le short et la culotte d'Alexia,
08:57en dépit d'une intense carbonisation qui a justement été faite à cet endroit.
09:02C'est-à-dire que le corps d'Alexia, il a été carbonisé,
09:05on a cherché à le carboniser spécifiquement au niveau des organes génitaux.
09:10Quand les criminels, en général, brûlent ces parties du corps,
09:13surtout des parties du corps des femmes qu'ils ont tuées,
09:15c'est toujours, ou presque toujours, pour masquer un viol,
09:20une agression sexuelle, pour essayer de faire disparaître,
09:22justement, des traces biologiques, des traces génétiques.
09:25L'avocat des parties civiles pense d'ailleurs, lui,
09:27qu'il y a eu une relation sexuelle après la mort d'Alexia.
09:31Là, l'avocat Jonathan va évidemment en crier au scandale,
09:33en disant que ça ne se base sur rien.
09:35Ça ne changerait pas fondamentalement grand-chose sur le plan juridique,
09:40au niveau de la peine, à part l'atteinte à l'intégrité d'un cadavre et le viol,
09:43qui sont évidemment des crimes.
09:45Ça n'aggraverait pas la peine, mais en revanche, ça donnerait, une fois de plus,
09:49une tonalité encore plus compliquée, encore plus sombre,
09:53à l'acte qu'a pu commettre Jonathan Daval.
09:56Ce procès, il est aussi marqué par le débat autour des supposées crises d'Alexia.
10:01Rappelez-vous, le premier argument des avocats de Jonathan Daval,
10:05alors qu'il est toujours en garde à vue, qu'il vient tout juste d'avouer,
10:07c'est de dire, vous savez, la violence dans ce couple-là,
10:10elle n'est pas forcément du côté où on croit, où on pense.
10:14Donc, dès le début, ça a été un axe de défense de dire,
10:16finalement, Jonathan, il n'a fait que se défendre face à une épouse
10:20qui était très directive, qui était violente, qui avait des crises d'hystérie.
10:24Donc, il reste sur cette stratégie de défense-là,
10:28mais simplement, cette stratégie, elle se heurte aussi à un certain nombre de faits
10:32qui sont contradictoires.
10:34Il est avéré, par exemple, que depuis l'automne 2016, soit un an avant sa mort,
10:38Alexia souffrait d'un mal inconnu,
10:41des moments durant lesquels elle avait des sensations d'absence,
10:43des troubles du langage, une impression presque d'être en état d'ébriété,
10:48associé à un goût métallique dans la bouche.
10:50Elle en avait parlé à son médecin traitant,
10:52qui en avait listé les symptômes.
10:54Elle va aussi lui dire, apparemment, je suis aussi agressive
10:57vis-à-vis de mon conjoint, vis-à-vis de Jonathan,
11:00mais j'en ai moi-même pas le souvenir.
11:01J'ai eu une espèce d'épisode d'amnésie,
11:03mais Jonathan, lui, a été témoin de cette agressivité.
11:07Il m'en a parlé.
11:07Donc voilà, elle raconte tout ça à son médecin,
11:10qui va finir par lui prescrire un certain nombre d'examens complémentaires.
11:14Donc en 2017, elle va faire ses examens un peu plus poussés,
11:17notamment au niveau neurologique,
11:19mais qui ne vont rien révéler de précis,
11:22pas de pathologie déterminée.
11:24Selon Jonathan, lui, les crises vont pourtant aller crescendo
11:27jusqu'à se produire trois fois par semaine.
11:32Les échanges de SMS entre les deux époux
11:35dans les jours précédant la mort d'Alexia
11:37sont à ce titre assez évocateurs.
11:39Le jeudi 5 octobre 2017,
11:41Alexia écrit ainsi à Jonathan
11:43qu'elle a l'impression d'être bourrée.
11:45Le mercredi 11, elle dit qu'elle a peur.
11:48« J'ai un goût bizarre dans la bouche », ajoute-t-elle.
11:51Au matin de sa mort, le vendredi 27,
11:53elle parle encore de sa peur
11:55et d'une sensation d'étourdissement avec des maux de ventre.
11:57Il y a beaucoup d'hypothèses,
11:59selon le professeur Antoine Trachy, médecin légiste,
12:03et il en a exploré plusieurs.
12:05Notamment celles invoquées par l'accusé,
12:07le traitement pour la fertilité d'Alexia.
12:10Selon Jonathan,
12:12c'est ce qui aurait pu rendre sa femme agressive.
12:14D'après le médecin, cette théorie ne tient pas,
12:17car la prise de médicaments et les accès de colère
12:19ne coïncident pas tout le temps.
12:21De même pour une supposée maladie mentale
12:23ou les effets secondaires d'un traitement pour l'as.
12:26Émerge alors une théorie particulièrement sordide,
12:29qui intéresse surtout les parties civiles.
12:32Celle de la soumission chimique d'Alexia,
12:34par Jonathan Daval.
12:36La cusénie.
12:37Mais trois molécules,
12:39un somnifère,
12:40un décontractant musculaire retiré du marché depuis 2013
12:43et un anthalgique opiacé,
12:45le tramadol, qui n'est pas en vente libre,
12:47ont été retrouvés dans le sang
12:49et les cheveux d'Alexia.
12:50Des médicaments qui cassent, selon l'expert,
12:53et qui sont donc incompatibles, selon lui,
12:56avec les épisodes de violence décrits par Jonathan.
13:03Damien, maître Cathy Richard souligne
13:06que Jonathan est le seul à parler
13:08de ces épisodes de violence.
13:09C'est effectivement le seul à en parler.
13:11Elle va aussi évoquer ce somnifère
13:13dont les analyses ont déterminé
13:15qu'il a été ingéré par Alexia
13:17ce 27 octobre 2017,
13:19au moment de se coucher.
13:20Elle va se demander si on peut imaginer
13:22qu'Alexia a pris ce somnifère
13:24à son insu.
13:26Les victimes de soumission chimique
13:28racontent souvent qu'elles sont dans un état second
13:30avec une levée d'inhibition,
13:32puis souvent, même quasiment tout le temps,
13:34une amnésie, des trous noirs.
13:36C'est même blackout, finalement,
13:38qu'Alexia décrit par message
13:40à sa propre sœur Stéphanie
13:42ou quand elle en parle avec elle.
13:43Par ailleurs, les médicaments retrouvés
13:45dans le sang d'Alexia
13:47ne sont pas compatibles
13:49avec une grossesse,
13:50c'est-à-dire que quelqu'un
13:51qui cherche à tout prix
13:52qui prend des médicaments
13:53pour la fertilité,
13:54qui cherche à tout prix
13:55à avoir un enfant,
13:55ne peut pas prendre
13:57ce type de traitement.
13:58Donc, c'est un élément
13:59encore plus étrange.
14:01Le procès ne permettra finalement pas
14:03de répondre à cette question.
14:04Non, il n'y a pas assez
14:05d'éléments techniques
14:06pour pouvoir affirmer
14:07ou même affirmer
14:08qu'il y a eu une soumission chimique
14:10ou en tout cas,
14:10une tentative de soumission chimique.
14:12C'est un peu comme
14:13l'histoire du viol post-mortem.
14:15On n'arrivera jamais
14:16à déterminer
14:17s'il y a eu oui ou non
14:18viol post-mortem.
14:19La famille d'Alexia,
14:20elle va rester quand même
14:22avec cette question
14:23et quelque part
14:24un peu cette conviction
14:26personnelle
14:26qu'il y a peut-être eu
14:28soumission chimique.
14:29En tout cas,
14:30peut-être que Jonathan
14:30cherchait à faire prendre
14:32des médicaments à Alexia
14:33à son insu,
14:34mais simplement,
14:35rien ne permet
14:36de le démontrer,
14:37de l'affirmer.
14:38Donc, il ne peut pas être condamné,
14:39il ne peut pas être
14:39poursuivi pour ça.
14:41Finalement, Jonathan
14:42ne répond pas vraiment
14:43aux questions qu'on lui pose,
14:44il reste bloqué
14:45dans un discours stéréotypé
14:47et il utilise
14:48pendant la semaine
14:49que dure son procès
14:50les mêmes mots
14:51et les mêmes expressions
14:52en boucle.
14:53Il n'y a pas grand-chose
14:53de nouveau
14:54dans ce qu'il va déclarer,
14:55même lorsque la maman
14:56d'Alexia,
14:57Isabelle Fouillot,
14:58son ex-belle-mère,
14:59va essayer un petit peu
15:00d'en savoir plus,
15:01de le pousser
15:02dans ses retranchements
15:02pendant le procès.
15:04elle va essayer
15:04surtout de savoir
15:06pourquoi,
15:06parce qu'elle en a besoin,
15:07pourquoi il a tué sa fille.
15:09Elle ne croit pas du tout
15:10au motif invoqué
15:12de la dispute
15:13suite à une relation sexuelle
15:15qu'il aurait lui-même refusée,
15:16suivie d'insultes
15:17sur sa virilité,
15:18suivie d'une morsure.
15:20Elle va s'adresser
15:21à Jonathan
15:22devant la cour,
15:23elle va lui dire
15:24« Ne me dis pas
15:25que tu l'as tué
15:25seulement pour quelques mots,
15:27je n'y crois pas.
15:28Un jour,
15:29tu étais venu nous dire
15:30« Elle a rencontré quelqu'un,
15:31j'ai peur qu'elle me quitte. »
15:33« C'est ça le nœud ?
15:33Tu avais peur
15:34qu'elle te quitte ? »
15:35le questionne-t-elle.
15:36Elle voulait s'en aller,
15:37on est d'accord,
15:38sans elle,
15:38tu n'existais pas.
15:39Mais à toutes ces questions,
15:41il répond
15:41« Non,
15:42non,
15:43non,
15:43ni elle,
15:44ni son avocate
15:45n'arrivent finalement
15:46à tirer quelque chose
15:47de plus. »
15:48Jonathan Daval
15:49reste campé
15:50sur sa version,
15:51sa version de la dispute
15:52qui dégénère
15:53et qui laisse finalement
15:54le champ libre
15:55à d'autres interprétations.
16:01Le samedi 21 novembre 2020,
16:04Jonathan Daval
16:04est reconnu coupable
16:05de meurtre sur conjoint
16:06et condamné
16:07à 25 ans de prison.
16:09Il fait savoir
16:10qu'il ne fera pas appel.
16:11Il pourra entamer
16:12des démarches
16:13pour obtenir une remise
16:14en liberté conditionnelle
16:15à compter de juillet 2030.
16:17Il est également condamné
16:18à verser 160 000 euros
16:20de dommages et intérêts
16:21à la famille d'Alexia.
16:23La famille de la victime
16:24juge cette peine
16:25satisfaisante.
16:26« Je trouve que c'est
16:27une très bonne décision.
16:29C'est exactement
16:30ce que j'espérais,
16:31ce que j'escomptais.
16:32C'est à la hauteur
16:34de notre souffrance
16:35et ça va nous permettre
16:37de tourner une page. »
16:41Un an et demi
16:41après son procès,
16:43Jonathan Daval
16:43accepte de céder
16:44à la famille d'Alexia
16:46sa part de la maison
16:47qu'il avait achetée
16:48avec elle.
16:49Le pavillon
16:49est donc revendu
16:50au profit d'Isabelle
16:52et Jean-Pierre Fouillot.
16:54Cette affaire criminelle
16:55est devenue en France
16:56un symbole des féminicides.
16:58Après avoir mis du temps,
16:59malgré les aveux du mari
17:01à abandonner le terme
17:02de « joggeuse disparue »
17:03pour parler de féminicide,
17:05les médias ont fait
17:06leur examen de conscience.
17:07La défense
17:08de l'avocat de Jonathan,
17:09qui a toujours parlé
17:10de son client
17:11comme d'une seconde victime
17:12à bout après une crise
17:13de trop de sa femme,
17:14a été largement critiquée.
17:16Le meurtre d'Alexia Fouillot
17:18et sa médiatisation
17:19ont contribué
17:20à changer le regard porté
17:21jusqu'alors
17:22sur les féminicides.
17:23Sa famille continue
17:24de militer
17:25et de se battre
17:26pour que jamais
17:27on ne puisse admettre
17:28de justification
17:29au meurtre d'une femme
17:30par son compagnon.
17:31Sur la tombe d'Alexia,
17:33inhumée sous le nom
17:34d'Alexia Daval,
17:35ils ont fait changer
17:36l'inscription.
17:37Elle ne porte plus
17:38le nom de son meurtrier.
17:39Alexia Fouillot
17:40aurait fêté cette année
17:41ses 37 ans.
18:07Vous venez d'écouter
18:08le quatrième et dernier épisode
18:10de notre podcast
18:11« Disparition d'Alexia Fouillot,
18:13la jogueuse
18:14et le mensonge ».
18:15Crime Story
18:16est le podcast
18:17fait divers du Parisien
18:18avec à la production
18:19Raphaël Pueyo,
18:21Thibaut Lambert
18:21et Clara Garnier-Amourou,
18:23à la réalisation
18:24Pierre Chaffanjon
18:25et à la rédaction en chef
18:26Jules Lavi.
18:27Un épisode
18:28que je vous raconte
18:29avec Damien Delsenis
18:30et un podcast
18:31à retrouver chaque samedi
18:32sur le site
18:33leparisien.fr
18:34et sur toutes
18:35les plateformes d'écoute.
18:36Si vous aimez
18:37Crime Story,
18:38vous pouvez nous le dire
18:38en nous laissant
18:39des commentaires
18:39ou des petites étoiles.
18:41C'est le meilleur moyen
18:42de nous faire connaître.
18:43Vous pouvez également
18:44écouter tous les jours
18:45Code Source,
18:45notre podcast d'actualité
18:47et pour ne rater
18:48aucun épisode,
18:49n'oubliez pas
18:50de vous abonner.
Commentaires

Recommandations