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Après sept mois d’enquête et trente heures de garde à vue, Patrick Dils, 16 ans, reconnaît le meurtre des deux jeunes garçons. Il est inculpé mais quelques jours plus tard, il revient sur ses aveux. Son combat pour être innocenté va durer plusieurs décennies.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert, Clara Garnier-Amouroux et Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network

Archives : INA, Faites entrer l’accusé.

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News
Transcription
00:02Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast faits divers du Parisien.
00:08Décidément, ce sont les faits divers et leurs conséquences qui ont la vedette aujourd'hui.
00:14Des restes humains ont été retrouvés sur la propriété.
00:17Le préfet de la région Corse a été assassiné de plusieurs balles dans la tête ce soir.
00:21Un couple et ses quatre enfants ont donc disparu. L'enquête se remonte aujourd'hui vers un geste criminel.
00:26Chaque semaine, je vous raconte une grande affaire criminelle en m'appuyant sur l'expertise du chef du service police
00:33-justice du Parisien, Damien Delsenis.
00:38Bonjour Damien. Bonjour Claudia.
00:40Aujourd'hui dans Crime Story, troisième épisode et suite donc de notre podcast diffusé la semaine dernière, le double meurtre
00:47de Montigny-les-Messes.
00:51Le dimanche 28 septembre 1986, deux petits garçons de 8 ans, Alexandre Bécriche et Cyril Bénin, partent faire du vélo
00:59près de chez eux, à Montigny-les-Messes, en Moselle.
01:02Alors que leurs familles s'inquiètent de ne pas les voir revenir, des recherches officielles commencent.
01:07Trente minutes plus tard, leurs corps sont retrouvés par un agent de police sur un talus près des voies SNCF.
01:13Leurs crânes ont été enfoncés à coups de pierre.
01:16Après sept mois d'enquête, Patrick Diels, un apprenti cuisinier de 16 ans, est inculpé.
01:21Un jeune homme de 16 ans a été inculpé aujourd'hui d'homicide volontaire.
01:25Il reconnaît les faits au bout de 30 heures de garde à vue.
01:28Mais quelques jours plus tard, il se rétracte et commence à clamer son innocence.
01:35Dès la veille de la reconstitution, Patrick Diels a commencé à dire à son avocat qu'il était innocent.
01:41Il le lui a plus précisément écrit, dans une lettre rédigée dans un style enfantin et presque écrite en phonétique.
01:48Mais parallèlement, pendant des semaines, il ne proteste pas contre les accusations dont il fait l'objet.
01:54Ni à la fin de sa garde à vue, ni lors de sa première comparution devant la juge d'instruction,
01:58ni au moment de la reconstitution.
02:01Dans les entretiens qu'il a en face à face avec son avocat, en revanche, le jeune homme dit bien
02:05être innocent.
02:07Mais maître Bertrand Becker ne le croit pas.
02:10Interviewé des années après dans l'émission Faites entrer l'accusé, il raconte que d'habitude, les innocents gueulent leur
02:16innocence.
02:16Il m'a dit je suis innocent comme s'il m'avait dit monsieur, j'aimerais un verre d'eau.
02:22Quand quelqu'un est innocent, généralement, pardonnez-moi l'expression, il gueule son innocence.
02:29Là, nous avions un garçon passif, étranger.
02:34Patrick est passif, enfermé dans son silence, selon son avocat.
02:39Après ces échanges dans lesquels le jeune homme lui certifie ne rien avoir fait,
02:43maître Bertrand Becker se pose la question de refuser la reconstitution.
02:47Puis il accepte.
02:48Et le jour où elle a lieu, le jeudi 7 mai, il dit à son client Patrick, refais les gestes
02:54que tu as fait ce jour-là, pas plus, pas moins.
02:58Puis, sidéré, il observe l'apprenti cuisinier se mouvoir et détailler presque sans aucune émotion comment il a tué les
03:06deux petits garçons de 8 ans.
03:08C'est après que l'avocat vacille.
03:10Quand il constate que son client ne parvient pas à situer précisément le lieu du meurtre,
03:15quand il l'entend dire au policier ne pas savoir où exactement il a commis l'irréparable,
03:19Bertrand Becker commence à douter.
03:22Et si Patrick Dils était vraiment innocent ?
03:25Le samedi 30 mai, du fond de sa cellule et alors qu'il est incarcéré depuis un mois,
03:30le jeune accusé écrit une nouvelle lettre à son avocat.
03:34« Cher maître, je viens à vous par cette présente lettre pour vous demander de bien vouloir me dire
03:39tout ce que vous n'arrivez pas à comprendre à mon sujet en me posant des questions.
03:43Et je ferai de mon mieux pour vous répondre, car j'aimerais vraiment vous prouver que je suis innocent.
03:48Et je suis vraiment innocent. Je suis vraiment sincère en vous le disant. »
03:53Cette fois-ci, maître Bertrand Becker le croit.
03:56Son client ne s'est pas révolté au bon moment et c'est très déroutant.
04:00Mais selon lui, ça ne remet pas en cause son intime conviction,
04:04celle que Patrick Dils est innocent.
04:13Damien, quand on demande à Patrick Dils pourquoi il a donné des précisions
04:17que seul l'auteur du crime pouvait connaître, qu'est-ce qu'il répond ?
04:21Il dit avec une formule bien à lui « j'en sais rien pourquoi j'ai dit ça ».
04:26Contrairement à son avocat, en tout cas, la chambre d'accusation de Metz,
04:29elle ne vacille pas dans ses certitudes et elle décide de renvoyer Patrick Dils devant la cour d'assises des
04:36mineurs.
04:36Pendant deux ans, Patrick Dils attend son procès en prison.
04:40Oui, et dans des conditions plutôt particulières, puisqu'il n'a pas le droit de recevoir la visite de ses
04:46parents.
04:47Ses parents vont demander, évidemment, des parloirs qu'ils n'obtiennent pas.
04:50En fait, la juge ne veut pas qu'ils puissent les rencontrer, en particulier sa mère,
04:55parce qu'elle pense que ses parents savent quelque chose et qu'ils ont même couvert les agissements de leur
05:01fils.
05:02Alors, coupable ou pas, c'est quand même un ado de 16 ans qui a maintenant 17
05:06et dont on sait qu'il a à peu près 10 ans d'âge mental,
05:09qui est toujours présumé innocent malgré tout
05:12et qui est incarcéré, seul, sans visite et surtout sans possibilité de voir sa famille.
05:18Ouverture à Metz du procès du meurtrier présumé de deux garçons âgés de 8 ans.
05:23Le procès de Patrick s'est ouvert à huis clos devant la cour d'assises des mineurs.
05:26Le mercredi 25 janvier 1989, son procès s'ouvre devant la cour d'assises des mineurs de la Moselle.
05:32Oui, à Metz, au palais de justice de Metz.
05:34Alors, une cour d'assises des mineurs, ça fonctionne toujours de la même manière.
05:38C'est à huis clos, c'est-à-dire que, ni public, ni journaliste,
05:43il n'y a que les personnes convoquées qui ont le droit d'assister à l'audience.
05:47Il en est ainsi pour la justice des mineurs en France, y compris pour les cours d'assises.
05:51Au moment où il va se présenter dans le box, Patrick Dils n'a pas encore 18 ans.
05:55Il va les avoir, mais il ne les a pas encore.
05:57Les journalistes, ils n'ont accès qu'au tout début de l'audience,
05:59c'est-à-dire le moment où l'accusé arrive avant l'ouverture des débats.
06:03Ils vont, en quelques minutes, distinguer cette silhouette mince, pâle et les cheveux roux de Patrick Dils.
06:11Il va s'asseoir dans le box.
06:12Ensuite, tout le monde sort, les journalistes sont sortis de la salle
06:16et le procès débute porte fermée à huis clos.
06:20Pour la première fois depuis avril 1987, c'est-à-dire depuis presque deux ans,
06:26ses parents sont autorisés à le voir.
06:28Mais ça va durer cinq minutes dans un couloir entouré de policiers.
06:32La suite va durer trois jours, la durée du procès, mais évidemment sans beaucoup de détails
06:37puisque personne n'est autorisé à raconter ce qui se passe dans la salle de la cour d'assises.
06:42Est-ce qu'on sait quand même comment il apparaît ?
06:44On sait que ça ne se passe pas très bien pour lui.
06:46Pour la première fois, il a revu ses parents, donc ça lui a probablement créé aussi un peu d'émotion.
06:52Son avocat, on le sait, lui a décidé de plaider non coupable,
06:55mais il se retrouve avec un Patrick Dils pas très coopératif, qui est toujours mutique, qui ne se défend pas.
07:02Il semble même étranger finalement à son propre procès.
07:07Quand il est questionné, il répète un peu en boucle qu'il ne sait pas pourquoi il a pu donner
07:11tous ses détails.
07:12Mais c'est tout.
07:14Alors il y a évidemment une grosse tension, notamment au moment du rapport d'autopsie abominable des deux enfants.
07:20Et même lorsqu'il entend ça depuis son box, Patrick Dils ne semble pas ému, il ne bronche pas.
07:27Ça a l'air de lui couler un peu dessus ce procès finalement.
07:34Bertrand Becker, son avocat, dit avoir un sentiment de pile ou face.
07:38Face à l'attitude de son client, il n'est pas capable d'anticiper si celui-ci sera acquitté
07:42ou condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
07:45Le vendredi 27 janvier 1989, après trois jours d'audience, les jurés rendent leur verdict.
07:52Patrick Dils est coupable.
07:54Il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité et, fait très rare,
07:59il est exempté de l'excuse de minorité, normalement appliquée aux criminels mineurs
08:04et qui aurait, à l'époque, ramené sa peine à 25 ans.
08:08Ça fait de lui le plus jeune condamné de France à subir cette peine.
08:1218 ans depuis quelques jours et condamné à la réclusion criminelle à perpétuité,
08:16Patrick est depuis hier soir le plus jeune condamné à perpétuité en France.
08:20Il n'avait que 16 ans au moment des faits.
08:24Cette peine est la plus lourde qui existe dans le code pénal
08:26depuis l'abolition de la peine de mort, moins de 10 ans plus tôt, en 1981.
08:32Patrick Dils a seulement 18 ans et il pourrait passer le reste de sa vie en prison.
08:37La grand-mère d'Alexandre Bécriche, l'un des deux petits garçons tués,
08:40dit qu'elle aurait voulu encore plus, mais que comme c'est le maximum, elle trouve ça bien.
08:45Le père de Cyril Bénin, l'autre enfant retrouvé tué,
08:49dit quant à lui qu'il n'a qu'un regret, que la peine de mort ait été abolie.
08:54Patrick Dils retourne en prison.
08:56Désormais jugé et condamné, il a le droit de recevoir des visites de ses parents et de son frère, Alain.
09:02Trois fois par semaine, Jean et Jacqueline Dils se rendent au parloir.
09:06Depuis sa cellule, Patrick Dils écrit beaucoup de lettres à ses proches,
09:09qu'il signe « Patrick l'innocent incompris ».
09:12Il passe un CAP de cuisinier et un CAP de pâtissier
09:16qui laissent penser qu'il s'épanouit en quelque sorte en prison.
09:19Mais le jeune homme est condamné pour des meurtres d'enfants,
09:22ce qui, entre prisonniers, est le crime suprême.
09:25Les autres détenus le savent et ils considèrent qu'eux aussi ont à le condamner pour ça.
09:30Les coups pleuvent, les insultes fusent.
09:32Pour Patrick Dils, le pire moment est celui de la douche.
09:36Il racontera plus tard que c'est dans les sanitaires de la prison,
09:39où il est seul sans gardien et où il est nu, qu'il est le plus vulnérable.
09:43Patrick est abassé, violé, mais Patrick ne dit rien.
09:48Il attend et tente de maintenir, dit-il, ses souffrances et ses douleurs.
09:53On me parle, on m'insulte, meurtrier, assassin d'enfant, on va te faire la peau, on va te lyncher,
10:00tu mérites pas d'exister, tu mérites pas de vivre, et bien le pas c'est des meilleurs.
10:05Ça, ça a été au quotidien.
10:08Mais on vous dira, ce ne sont que des mots.
10:11Encore une fois, les mots font plus de mal qu'un coup porté.
10:19Damien, Patrick Dils ne peut pas faire appel.
10:21Non, à l'époque, il n'y a pas d'appel possible pour les condamnations en cours d'assises.
10:25C'est le cas seulement depuis l'an 2000 et une loi sur la présomption d'innocence.
10:30À l'époque donc, on peut juste faire un pourvoi en cassation,
10:34en sachant que le pourvoi ne va pas examiner les éléments de fond du dossier,
10:38mais uniquement les éléments de forme du procès.
10:41Il va quand même, Patrick Dils, via son avocat, se pourvoir en cassation.
10:46Et le 10 janvier 1990, la Cour de cassation rejette ce pourvoi.
10:52Concrètement, cela veut dire que la Cour de cassation estime
10:55qu'il n'y a pas eu de vice dans la procédure, de vice dans le procès.
10:58Donc la condamnation est bel et bien définitive.
11:01L'autre levier que peut actionner l'avocat de Patrick Dils,
11:04c'est la demande de révision du procès.
11:06La révision, c'est un autre outil, entre guillemets,
11:09mais la révision, elle exige notamment qu'il y ait de nouveaux éléments
11:13dans le dossier, des éléments qui n'ont pas fait partie du procès,
11:16qui n'ont pas été débattus.
11:18Donc il faut vraiment venir avec un dossier sérieux
11:20et avec de nouveaux éléments.
11:21Pour appuyer cette demande,
11:23l'avocat de Patrick Dils va obtenir de nouvelles informations
11:27qui, selon lui, justifient cette procédure en révision.
11:31Il va notamment souligner le fait que l'officier de police judiciaire,
11:34qui a mené l'interrogatoire de Patrick Dils
11:36pendant sa garde à vue au SRPJ de Metz,
11:39a assisté ensuite à l'intégralité de la première
11:42et très longue comparution de Patrick Dils
11:45devant la juge d'instruction.
11:47Pratique inadmissible et réprimée par le code pénal,
11:50selon l'un des avocats du jeune condamné.
11:52Fort de ces éléments,
11:54une demande officielle de révision
11:56est déposée en juillet 1990.
11:59On est un an et demi
12:00après la condamnation de Patrick Dils
12:02devant les assises.
12:03Il demande donc officiellement la révision de son procès.
12:07En plus de ces pratiques inadmissibles selon les avocats,
12:10il y a aussi le fait que l'accusation repose uniquement sur des aveux.
12:14Oui, alors, à l'époque,
12:15on a coutume de dire que l'aveu est la reine des preuves.
12:19On n'est pas encore autant de l'ADN et de la police technique et scientifique.
12:22À l'époque, les aveux, c'est extrêmement important.
12:24Les aveux de Patrick Dils,
12:26ils ont été passés,
12:27après plusieurs heures de garde à vue,
12:29par un suspect qui, selon les experts psy,
12:33est fragile, immature.
12:34On le répète, à l'âge mental d'un enfant de 10 ans maximum.
12:39Donc, les avocats veulent que la juge Agnès Maubert,
12:42la juge d'instruction,
12:43soit aussi entendue,
12:45questionnée sur la façon dont elle a mené son instruction
12:47et des interrogateurs de Patrick Dils.
12:50Ils vont aussi dénoncer d'autres vices de procédure,
12:53notamment la manière dont la garde à vue a été menée,
12:56le fait que la reconstitution ait eu lieu avant l'interrogatoire sur le fond
13:01et que Patrick Dils n'a jamais pu communiquer avec sa famille
13:05pendant toute la durée de l'instruction.
13:07Et puis, il y a des questions plus factuelles dont on a déjà parlé.
13:10Il n'y a pas vraiment de mobile dans le double meurtre
13:13qu'on impute à Patrick Dils.
13:15Et puis, il y a ces problèmes d'horaire,
13:17c'est-à-dire qu'à l'heure où les enfants sont susceptibles d'avoir été tués,
13:20Patrick Dils, il n'est pas encore rentré de week-end.
13:22Qu'est-ce que c'est exactement que la commission de révision et comment elle procède ?
13:26La commission de révision, elle est constituée uniquement de magistrats professionnels
13:31de la cour de cassation.
13:33Ils vont se réunir, ils vont examiner cette demande de révision,
13:36ces motivations, vérifier si effectivement il y a des éléments nouveaux
13:39qui n'ont pas déjà été « réglés » par le premier procès
13:43et qui seraient susceptibles de faire naître un doute sur la culpabilité du condamné.
13:48Elle va se réunir, cette commission, et elle va refuser la réouverture de l'enquête.
13:57En mai 1994, Patrick Dils s'est emprisonné depuis 7 ans
14:01et ses avocats continuent à tenter d'exploiter tous les recours possibles
14:05pour le faire libérer.
14:06Le vendredi 6 mai, il formule une demande de grâce présidentielle
14:10directement adressée à François Mitterrand.
14:13La grâce présidentielle est un pouvoir dont dispose le président de la République
14:17et qui lui permet de décider de dispenser une personne condamnée
14:21de l'exécution de sa peine.
14:22Le président peut choisir d'accorder la grâce pour la totalité de la peine
14:26ou seulement pour une partie.
14:28Et il n'est pas obligé de justifier sa décision.
14:31Les avocats de Patrick Dils ne souhaitent pas que François Mitterrand
14:34grâcie totalement leur client, mais qu'il commut sa peine,
14:38c'est-à-dire qu'il la transforme, en peine à durée déterminée,
14:41afin que Patrick Dils ait un horizon.
14:44Les familles des victimes sont outrées par cette demande
14:46et le font savoir.
14:48Là, il y a deux enfants qu'il a tués dans des circonstances abominables
14:52et alors il faudrait maintenant raccourcir la peine pour question d'humanité.
14:55Mais où est l'humanité ?
14:57Et nous, on ne peut pas parler d'humanité, nous, avec notre enfant.
15:00Moi, je ferai des kilomètres pour voir mon enfant, moi, en vie.
15:04Le vendredi 17 juin, la réponse de François Mitterrand arrive.
15:07La demande de grâce est refusée.
15:10Plus que ça, le président en personne écrit aux familles
15:13d'Alexandre Bécriche et de Cyril Bénin
15:15pour leur assurer sa détermination
15:17à ne jamais prendre de mesures de clémence
15:20envers les assassins d'enfants.
15:25Damien, le lundi 28 novembre 1994,
15:29la commission de révision rejette une deuxième demande.
15:32Oui, parce que les avocats de Patrick Dix ont reposé une nouvelle requête,
15:37une nouvelle demande de révision.
15:38On peut en poser presque autant de fois qu'on le veut
15:41à condition d'arriver avec des nouveaux éléments.
15:44Après cette nouvelle décision de rejet
15:47et après la demande de grâce présidentielle refusée,
15:50les avocats ont vraiment exploité tous les recours possibles
15:54à ce moment-là, en tout cas en l'état actuel du dossier.
15:57Pour qu'ils puissent formuler une nouvelle demande,
16:01il faudrait vraiment qu'un nouvel élément arrive dans le dossier.
16:04Alors, c'est résumé dans l'article 622 du Code de procédure pénale.
16:08La révision d'une décision pénale définitive
16:11peut être demandée au bénéfice de toute personne
16:14reconnue coupable d'un crime.
16:15C'est le cas de Patrick Dix.
16:17Après une condamnation,
16:19s'il vient à se produire un fait nouveau
16:21ou à se révéler un élément inconnu de la juridiction
16:24au jour du procès,
16:27de nature à établir l'innocence du condamné
16:29ou en tout cas à faire naître un doute sur sa culpabilité.
16:32Et c'est justement ce qui va se produire.
16:35Et pas n'importe quel fait nouveau.
16:37Nous sommes en 1997.
16:39Les parents de Patrick Dix,
16:40qui cherchent toujours à prouver l'innocence de leur fils,
16:43découvrent un élément capital.
16:46Le dimanche 28 septembre 1986,
16:49c'est-à-dire le jour où Alexandre Bécriche et Cyril Bénin ont été tués,
16:53un tueur en série était présent à Montigny-les-Messes,
16:57pas très loin de la voie ferrée.
17:03Vous venez d'écouter le troisième épisode sur 4
17:06de Crime Story,
17:07le double meurtre de Montigny-les-Messes.
17:10Suite et fin de ce podcast dans le quatrième épisode,
17:13déjà disponible sur toutes les plateformes d'écoute
17:15et sur leparisien.fr.
17:17Crime Story est le podcast fait divers du Parisien.
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