- il y a 9 heures
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Cet été, Crime Story raconte l’affaire Cécile Vallin en quatre parties. Deuxième épisode : les enquêteurs se penchent sur sa personnalité pour déterminer si elle aurait pu organiser sa propre disparition. Ce fait divers exceptionnel est raconté dans Crime story par la journaliste Clawdia Prolongeau et le chef du service police-justice du Parisien, Damien Delseny. Crédits.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert, Clara Grouzis, Clémentine Spiller, et Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network - Identité graphique : Eric Azara
Archives : INA.
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Cet été, Crime Story raconte l’affaire Cécile Vallin en quatre parties. Deuxième épisode : les enquêteurs se penchent sur sa personnalité pour déterminer si elle aurait pu organiser sa propre disparition. Ce fait divers exceptionnel est raconté dans Crime story par la journaliste Clawdia Prolongeau et le chef du service police-justice du Parisien, Damien Delseny. Crédits.
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NewsTranscription
00:13Le dimanche 8 juin 1997, Cécile Vallin, une lycéenne de 17 ans qui s'apprête à passer le bac,
00:20sort de chez elle en fin d'après-midi à Saint-Jean-de-Maurienne, en Savoie.
00:24Des témoins la voient marcher le long de la route départementale qui traverse la ville.
00:27Puis plus rien. La jeune fille a disparu.
00:31D'intenses recherches commencent.
00:33Toutes les pistes sont examinées, de la fugue à l'enlèvement, en passant par le suicide.
00:38Cinq jours après la disparition de Cécile Vallin, le vendredi 13 juin, et toujours sans aucune trace d'elle,
00:44le parquet d'Alberville ouvre une information judiciaire pour enlèvement.
00:51Dès le vendredi 13 juin, les gendarmes rédigent un procès verbal de synthèse
00:55dans lequel ils détaillent leurs premières investigations.
00:58Une cellule d'enquête spéciale a été constituée et divisée en cinq groupes.
01:03Un groupe de commandement, un second chargé des recherches sur le terrain,
01:07un troisième qui a pour mission d'établir la personnalité de Cécile,
01:11un quatrième qui va préciser la chronologie exacte des événements,
01:15et un dernier pour exploiter tous les renseignements et témoignages.
01:20Un numéro vert a été mis en place pour recueillir d'éventuelles confessions ou éléments.
01:25Des affiches ont été collées dans la région, notamment dans les gares.
01:28Et la presse écrite, radiophonique et télé, régionale mais aussi nationale,
01:33a massivement relayé l'appel à témoins.
01:35Chaque appel sur le numéro vert est pris au sérieux.
01:39Il peut être capital, mais il peut aussi mener les enquêteurs à s'éparpiller sur de fausses pistes.
01:43C'est le cas d'un premier signalement qui conduit les gendarmes à vérifier la présence de Cécile
01:49à un rassemblement évangéliste dans les environs de Grenoble, dans le département voisin de l'Isère.
01:55Très vite, ils s'aperçoivent que la disparue ne fait pas partie des 600 fidèles réunis pour cette cérémonie.
02:00D'autres informations ramènent pourtant les militaires vers la ville de Grenoble.
02:05Plusieurs personnes, qui ont consulté les affiches de l'appel à témoins,
02:09affirment avoir reconnu Cécile dans les rues de la ville.
02:12C'est une piste à vérifier.
02:14Cécile avait prévu de poursuivre ses études à Grenoble après son bac,
02:17afin de devenir prof de sport.
02:20Elle ambitionnait même de chercher un petit appartement d'étudiants
02:22qu'elle partagerait avec sa meilleure amie Sandrine.
02:26Dans l'hypothèse où elle serait partie de son plein gré,
02:29elle aurait pu choisir de s'établir à Grenoble.
02:32Une équipe de gendarmes se déploie donc en ville,
02:34pendant plusieurs jours, près des lieux où Cécile aurait été vue.
02:39Ils finissent par identifier une jeune fille, qui pourrait être elle.
02:42En tout cas, elle lui ressemble énormément.
02:45Mais il s'avère que c'est une jeune femme de nationalité polonaise.
02:49Et donc, pas Cécile.
02:53Parallèlement, les enquêteurs épluchent l'agenda de Cécile, retrouvée dans sa chambre.
02:58Ils effectuent des vérifications systématiques et procèdent à de nombreuses auditions.
03:03Mais aucune des connaissances de la jeune fille n'a d'informations sur sa disparition
03:07et personne n'a été en contact avec elle depuis le 8 juin.
03:12Au domicile de la mère et du beau-père de Cécile,
03:15les gendarmes installent un dispositif d'écoute sur le téléphone familial.
03:19Quelques appels et correspondants font l'objet de vérifications.
03:23Sans résultat.
03:24La personnalité de Cécile est bien sûr au cœur des investigations.
03:29Les gendarmes cherchent à savoir quelle adolescente elle est.
03:32Si elle a des secrets, comment elle est perçue par son entourage.
03:35De manière unanime, Cécile est présentée par ses amies comme une jeune fille vivante
03:41avec beaucoup de charme.
03:42Ce que confirme son père, Jonathan Oliver.
03:46Elle était très belle, très chaleureuse, très sympa, très affectueuse.
03:53On m'envoyait des petits mots.
03:55Ce n'était pas quelqu'un d'absolument parfait.
03:59Mais elle était heureuse de sa vie.
04:03Elle avait des amis.
04:06Tout le monde l'a trouvé bien.
04:09Elle est aussi décrite comme très sportive.
04:12Tout le monde confirme sa passion pour l'escalade,
04:14qu'elle pratique plusieurs fois par semaine sur des murs d'entraînement spéciaux
04:17ou sur les nombreuses parois naturelles qui entourent Saint-Jean-de-Maurienne.
04:21Elle court aussi souvent.
04:22Quand elle est stressée, elle a l'habitude d'aller faire un footing pour se défouler.
04:27Mais le dimanche 8 juin, lorsqu'elle quitte le domicile familial peu après 17h,
04:31tous ceux qui la voient affirment qu'elle n'était ni en tenue d'escalade,
04:35ni en tenue de jogging.
04:38La synthèse des auditions des proches de Cécile font presque d'elle une fille modèle
04:42à qui tout semble réussir.
04:44Son petit ami officiel, qu'elle a trompé pendant le week-end précédant sa disparition,
04:49assure ne pas être choqué par cet événement.
04:51Il dit même n'y voir aucun inconvénient
04:53et dresse le portrait d'une jeune fille équilibrée
04:56qui gère sa vie de manière organisée.
04:59Bien sûr, Cécile était fatiguée et un peu stressée à l'approche des épreuves du bac.
05:03Mais il exclut lui aussi qu'elle ait pu fuguer.
05:07Quand elle avait des problèmes, elle s'en ouvrait aux autres.
05:10Et elle ne restait jamais dans son coin.
05:13Les militaires décident d'interroger également la professeure de philosophie de Cécile.
05:17C'est aussi sa professeure principale au lycée.
05:20Elle la connaît bien et elle l'a vue évoluer tout au long de l'année scolaire.
05:24Elle parle d'une élève motivée et intéressée,
05:27un peu plus mûre que la majorité de ses camarades
05:29et toujours ouverte à la discussion.
05:31Rien dans ses copies ou dans ses conversations
05:34ne laissait sous-entendre une envie de partir, de quitter sa famille.
05:38Et elle n'avait pas non plus de penchant suicidaire.
05:41En somme, la professeure n'a remarqué aucun changement dans l'attitude de Cécile.
05:45les semaines et les jours précédant sa disparition.
05:52Damien Delsenis, les gendarmes demandent ensuite à sa professeure principale
05:56si, à sa connaissance, Cécile pouvait être attirée par des mouvements sectaires.
06:00Et la professeure va répondre tout de suite non,
06:03notamment parce que, justement,
06:05le problème général des sectes, des superstitions et des religions
06:08avait été évoqué pendant l'année scolaire dans le cadre du cours de philo.
06:12Et la prof précise, Cécile avait affirmé sa position
06:16en disant qu'elle était étrangère à tout cela
06:18et même un peu hostile à toute idée de religion.
06:22À la fin de l'audition,
06:23la professeure remet au gendarme une note manuscrite de Cécile.
06:27Oui, un bout de papier sur lequel elle a été invitée à écrire en début d'année,
06:31comme tous les autres élèves.
06:32Cécile y parle de ses lectures,
06:34de son envie de devenir prof d'EPS,
06:36mais aussi un peu de philosophie.
06:38Elle écrit « C'est pour moi une matière très abstraite.
06:42Croyant au départ que nous devions tout chercher en nous-mêmes,
06:45j'ai appris qu'il fallait beaucoup apprendre », écrit Lalicène.
06:51Cette enquête de personnalité
06:52persuade les enquêteurs que la vie de Cécile
06:55ne présente pas de déséquilibre ou de faille
06:57qui aurait pu l'amener à disparaître volontairement.
06:59Il peut y avoir quelques témoignages
07:01évoquant des rapports parfois difficiles avec son beau-père,
07:04décrits comme assez autoritaires,
07:06mais rien de plus.
07:07Le divorce des parents de Cécile
07:09remonte à une dizaine d'années déjà.
07:11Il n'a pas du tout été conflictuel.
07:13En conclusion, la jeune fille allait bien,
07:16avait des projets
07:17et ne se trouvait confrontée qu'à des problèmes banals
07:19pour une adolescente de 17 ans
07:21qui allait bientôt devenir majeure
07:22et quitter le cocon familial.
07:25Sur le répondeur du téléphone familial,
07:27Maryse, la maman de Cécile,
07:29laisse un message à destination de sa fille
07:32au cas où celle-ci s'aventurerait à appeler.
07:34« Cécile, ma chérie, je t'attends et je te fais confiance.
07:38Je t'aime. Laisse-moi un message. C'est important. »
07:41Dans la chambre de Cécile,
07:43son gros nounours en peluche
07:44l'attend aussi sur le lit.
07:46Le juge d'instruction qui vient d'être saisi du dossier
07:49prend connaissance de la liste des hypothèses
07:52établies par les gendarmes.
07:53L'accident ou le suicide
07:54sont pour les enquêteurs hautement improbables.
07:57La fugue reste d'actualité.
08:00Mais, précise les gendarmes,
08:02cela veut dire que Cécile aurait trouvé refuge
08:05hors de son cercle familial et amical.
08:08Quelques jours après la disparition de la lycéenne,
08:10un curieux appel arrive sur la ligne du lycée Paul-Héroux,
08:14l'établissement où elle était scolarisée
08:15et dont son beau-père est le proviseur.
08:18Il est minuit 48 quand le téléphone sonne.
08:21À l'autre bout du fil,
08:22l'interlocuteur laisse un message.
08:25Il ne dit rien, mais on l'entend pleurer.
08:27La communication finit par être localisée.
08:30Elle a été passée depuis une cabine téléphonique de Chambéry.
08:34Là encore, des vérifications sont menées dans le secteur
08:37et dans quelques squats proches de la cabine téléphonique.
08:40Mais ce mystérieux appel ne débouchera jamais sur rien.
08:43Et l'enquête continue, en vain.
08:46Toujours aucune trace de Cécile
08:48ou de son passage dans les jours qui ont précédé.
08:54Damien, la mère et le beau-père de Cécile,
08:57qui sont en contact régulier avec les enquêteurs,
09:00leur transmettent à plusieurs reprises
09:01des informations sur de possibles points de chute de Cécile.
09:05Oui, et contrairement aux enquêteurs,
09:07ils sont eux très sensibles au signalement des radiesthésistes.
09:10Alors, comme on l'a dit dans le premier épisode,
09:12c'est assez fréquent que les familles de victimes de disparition
09:15soient contactées par ce type de personnes.
09:18Très fréquent aussi d'ailleurs que les radiesthésistes
09:20contactent directement les enquêteurs.
09:22Alors, pour les familles, c'est toujours un espoir qui naît.
09:26Parce que quand on vit nuit et jour dans l'angoisse,
09:28on finit par se raccrocher à tout,
09:30même à des procédés qui peuvent paraître étranges,
09:33voire même à la limite du charlatanisme.
09:36Mais les gendarmes effectuent quand même des vérifications
09:38sur la base de ces témoignages.
09:40Ils se disent pourquoi pas.
09:41D'abord, il ne faut négliger aucune piste.
09:42Aussi par diplomatie vis-à-vis de la famille
09:45qui a l'air de croire au dire de ces radiesthésistes.
09:48Mais les gendarmes qui vont effectuer des vérifications
09:50sur la base de ces informations
09:52vont quand même écrire dans un procès verbal
09:55qu'ils sont très réservés sur la suite
09:57à donner à ces informations.
09:58Et d'ailleurs, tous les recoupements effectués
10:01à partir de cette méthode
10:02vont se révéler négatifs.
10:06Les semaines passent
10:08sans que l'enquête ne connaisse de véritable avancée.
10:10Jusqu'à ce qu'une information filtre
10:12sur la possible présence de Cécile
10:14à l'autre bout de la France.
10:17Nous l'avons déjà dit.
10:18Dans le cas d'une disparition
10:19avec la diffusion d'appels à témoins,
10:21il est fréquent que les enquêteurs
10:23soient un peu submergés
10:24par les appels de personnes
10:25qui pensent avoir aperçu
10:27le ou la disparu.
10:29L'enquête sur Cécile Vallin
10:30n'échappe pas à la règle
10:31et les gendarmes passent beaucoup de temps
10:33à vérifier des témoignages.
10:35Mais l'un d'entre eux
10:36suscite un peu plus d'attention que d'autres.
10:39Le samedi 6 septembre 1997,
10:42près de trois mois
10:43après la disparition de Cécile,
10:45les enquêteurs reçoivent le coup de téléphone
10:47d'un médecin généraliste.
10:49Il exerce à Vigneux-de-Bretagne,
10:51en périphérie de Nantes,
10:52en Loire-Atlantique,
10:53donc à l'opposé de la Savoie.
10:55Et il explique au gendarme
10:57qu'il a ausculté,
10:58au cours de l'été,
10:59une jeune fille pouvant correspondre
11:01à Cécile Vallin.
11:02Des gendarmes locaux
11:03décident de se rendre immédiatement
11:05au cabinet du médecin.
11:07L'après-midi même,
11:08un premier contact est pris
11:09et le praticien est convoqué
11:11le lendemain
11:11à la brigade de gendarmerie
11:13la plus proche de son domicile
11:14pour y être entendue.
11:16La déposition de ce jeune docteur,
11:18âgé de 34 ans à l'époque,
11:19est assez troublante.
11:24Damien,
11:25dans le village
11:26où exerce ce médecin,
11:27il y aurait une communauté
11:28de pentecôtistes
11:29qui occupent une maison en pierre.
11:31Oui, alors les pentecôtistes,
11:33c'est une communauté chrétienne
11:34évangélique
11:35dont la parole est relayée
11:36par des pasteurs.
11:37C'est une communauté
11:38qui est surtout présente
11:38aux Etats-Unis
11:39et effectivement,
11:40elle a une antenne
11:41dans ce village de Loire-Atlantique.
11:43Donc le médecin,
11:44il est contacté par une amie
11:45de la maman de Cécile
11:47et c'est comme ça
11:47qu'il sait que Cécile a disparu.
11:49Mais de prime abord,
11:50ça ne lui évoque rien.
11:52Mais il va apprendre
11:52des détails
11:53sur le contexte
11:55de cette disparition.
11:56Oui, il apprend
11:56que Cécile avait passé
11:58le week-end toute seule,
11:59qu'elle était un peu perdue
12:00et qu'elle est partie
12:01le dimanche
12:02en fin d'après-midi
12:03avec juste sa carte bancaire
12:04et ses papiers.
12:05Mais surtout,
12:06il prend connaissance
12:07d'un détail physique
12:09concernant Cécile.
12:10Un détail qui est mentionné
12:12dans la circulaire
12:13de recherche édité
12:14depuis le mois de juillet
12:15mais qui n'a pas été
12:16tellement divulgué
12:17au grand public.
12:18Ce détail,
12:19c'est que Cécile
12:20a sous le sein droit
12:21une cicatrice
12:23en diaconale
12:24d'environ 10 cm.
12:26Et ce détail
12:27va faire tilt
12:28dans la mémoire du médecin.
12:29Il explique aux gendarmes
12:30qu'un jour de beau temps
12:31qu'il situe
12:32environ au mois de juin,
12:34trois jeunes
12:35et un adulte
12:36se sont présentés
12:37à son cabinet.
12:38Il a ausculté
12:38une jeune fille
12:39dont il estime
12:40l'âge autour de
12:4019-20 ans.
12:42Elle portait
12:43des cheveux courts
12:44et foncés,
12:45dit-il aux enquêteurs,
12:46et avait comme
12:47particularité physique
12:48d'avoir
12:49une cicatrice
12:50qui lui barrait
12:51le dessous
12:52du sein droit.
12:55Le médecin se souvient
12:56d'avoir demandé
12:57à sa patiente
12:58à quoi correspondait
12:59cette cicatrice
13:00et qu'elle lui a répondu
13:01qu'il s'agissait
13:02d'une chute
13:02pendant son enfance.
13:04La cicatrice
13:05de Cécile Vallin
13:06est liée en réalité
13:07à une opération
13:08qu'elle a dû subir
13:08juste après sa naissance
13:10et pas à une chute.
13:11Mais cette jeune fille,
13:13si elle est bien Cécile,
13:14aurait pu mentir.
13:16En conclusion
13:17de son audition,
13:18le praticien ajoute
13:19que la consultation
13:20a été réglée par chèque,
13:21par l'adulte
13:22qui semblait
13:23accompagner ses jeunes.
13:24Ce témoignage
13:25vient redonner
13:26de la crédibilité
13:26à la piste de la fugue
13:28ainsi qu'à celle
13:28d'une emprise sectaire.
13:30La maman de Cécile,
13:32contrairement à son père,
13:33n'a d'ailleurs
13:34jamais cessé d'y croire.
13:36Mais pour la première fois,
13:37cette piste est étayée
13:38par un témoignage
13:39très crédible.
13:40Il est donc urgent
13:42pour les gendarmes
13:43de creuser
13:44et de remonter
13:45la trace
13:45de cette jeune fille.
13:47Et ils ont bon espoir
13:48d'y parvenir
13:48puisqu'une trace existe.
13:50Une trace capitale
13:51le chèque
13:52avec lequel
13:52l'homme
13:53qui accompagnait
13:53la jeune fille
13:54a réglé la consultation.
13:56Les gendarmes
13:57demandent au médecin
13:58d'éplucher sa comptabilité
13:59à la recherche
14:00de ce paiement.
14:01Le médecin tente
14:02de retrouver
14:03le numéro du chèque
14:04et le nom écrit dessus,
14:05mais le rendez-vous
14:06date de plus de trois mois.
14:07Une éternité
14:08pour un praticien
14:09qui voit défiler
14:10des dizaines de patients
14:11par semaine.
14:12Malgré ses efforts,
14:13il ne retrouve pas
14:14le chèque.
14:15La piste ouverte
14:16par ce médecin
14:17et qui semblait
14:18accréditer la fugue
14:19de Cécile
14:19pour rejoindre une secte
14:20est refermée.
14:22Pour le père
14:23de la jeune fille,
14:24c'est une de plus.
14:26Il y avait beaucoup
14:27de pistes
14:28partout en France,
14:30mais ça n'a pas mené
14:32à une vérité.
14:35Donc, j'ai accepté ça,
14:38mais cette acceptation,
14:39ce n'était pas
14:40de la résignation.
14:42Parce que dès qu'il y avait
14:43quelque chose
14:44qui pouvait être important,
14:46j'étais disponible.
14:47Cette même semaine
14:48de septembre 1997,
14:51la gendarmerie
14:52de Saint-Jean-de-Maurienne
14:52reçoit un courrier.
14:53C'est une circulaire
14:55envoyée à toutes
14:56les gendarmeries de France.
14:57Elle a pour objet
14:59identification
15:00de victime de viol
15:01et rapprochement judiciaire.
15:07Damien, pour résumer,
15:08cette circulaire,
15:09c'est une lettre
15:10dans laquelle
15:10les gendarmes
15:11de la section de recherche
15:12de Besançon
15:12dans le Doubs
15:13expliquent
15:14qu'ils ont arrêté
15:15trois mois plus tôt
15:16un homme.
15:17Ça s'est passé
15:18le mercredi
15:1818 juin 1997.
15:21On est donc
15:21dix jours
15:22après la disparition
15:23de Cécile.
15:24C'est une patrouille
15:24des douanes
15:25de mortaux
15:26dans le Doubs
15:27qui sillonne
15:28les environs
15:28de la frontière suisse.
15:29On est à 300 kilomètres
15:31de Saint-Jean-de-Maurienne.
15:32Ils ne savent pas
15:33les douaniers
15:33qu'il y a une lycéenne
15:34qui a disparu
15:35là-bas depuis quelques jours
15:36et que des gendarmes
15:37en savoient la recherche.
15:38Ce jour-là,
15:39dans le Doubs,
15:40les agents décident
15:41de contrôler un véhicule
15:42Peugeot 309
15:43qui circule dans les rues
15:44de Villers-le-Lac.
15:46Le propriétaire
15:46de la voiture
15:47qui est seul à bord
15:48présente ses papiers.
15:49Il s'appelle
15:50Jean-Marc Reiser.
15:52Il a 37 ans
15:52et il est domicilié
15:53en Alsace,
15:54à Strasbourg.
15:56Les douaniers
15:56jettent un coup d'œil
15:57dans l'habitacle
15:58puis demandent
15:59à la personne contrôlée
16:00d'ouvrir son coffre.
16:02À cet instant,
16:03ce contrôle
16:04a priori banal
16:05va prendre
16:05une toute autre tournure.
16:09Dans le coffre,
16:11les agents découvrent
16:11un arsenal inquiétant.
16:13Un fusil à pompe,
16:14une baïonnette,
16:15un pistolet
16:16de calibre 6,35
16:17avec 9 cartouches,
16:18un couteau à cran d'arrêt
16:20muni d'une lame
16:20de 34 cm,
16:22un scalpel de chirurgien
16:23et de nombreuses munitions
16:24de différents calibres.
16:26Mais les douaniers
16:27n'ont pas encore tout vu.
16:28Toujours dans le coffre,
16:29ils mettent la main
16:30sur des produits stupéfiants,
16:32une cagoule,
16:33des menottes
16:33et des cordelettes.
16:35Surtout,
16:36ils saisissent
16:36un lot de photographies
16:38pornographiques
16:38qui semble avoir été prise
16:39par Jean-Marc Reiser lui-même.
16:41Ce sont des photos de femmes
16:43qui ont l'air d'être endormies.
16:45Elles sont nues,
16:46parfois dans des positions
16:47suggestives.
16:48Jean-Marc Reiser
16:49est placé en retenue douanière,
16:51les douaniers ne disposant pas
16:52légalement
16:53du pouvoir
16:54de placer quelqu'un
16:54en garde à vue.
16:55Mais ils alertent immédiatement
16:57les gendarmes
16:58de la brigade locale
16:59qui décident de venir
17:00récupérer le suspect
17:01pour le placer en garde à vue
17:03dans leurs locaux amortaux.
17:04Les enquêteurs
17:06entendent Jean-Marc Reiser
17:07sur les armes découvertes
17:08dans sa voiture.
17:09Certaines sont interdites
17:10et quoi qu'il en soit,
17:12c'est tout de même
17:12un arsenal bizarre.
17:13Ils veulent en savoir plus,
17:15mais ils n'imaginent pas
17:16une seconde
17:17ce qu'ils vont découvrir.
17:23Damien,
17:24en fait,
17:24cet homme
17:25fait l'objet
17:25d'une fiche de recherche.
17:26C'est-à-dire qu'un signalement
17:27a été fait
17:28à tous les commissariats
17:29et gendarmeries de France
17:31dans le cadre
17:32d'un viol
17:33commis deux ans plus tôt
17:34pendant l'été 1995
17:36en Gironde,
17:37près de Bordeaux.
17:38A l'époque,
17:39il est soupçonné
17:39d'avoir violé
17:40une femme
17:41qu'il avait prise en stop.
17:42Et c'est pas tout.
17:43Son nom apparaît
17:44dans une autre affaire criminelle,
17:45plus sombre encore
17:46et non résolue,
17:48celle de la disparition
17:49d'une jeune femme
17:50en 1987
17:51à Strasbourg,
17:53l'affaire Oman.
17:56L'affaire Oman
17:57remonte donc
17:58à 10 ans
17:59avant la disparition
18:00de Cécile Vallin.
18:02À cette époque-là,
18:03Françoise Oman
18:04est une jeune femme
18:05de 23 ans
18:05et elle est représentante
18:06en aspirateur.
18:08C'est-à-dire
18:08qu'elle fait du porte-à-porte
18:09pour vendre des aspirateurs
18:11dans Strasbourg
18:12et sa région.
18:13En septembre 1987,
18:15elle est aperçue
18:16dans un immeuble
18:17du quartier de Haute-Pierre
18:18où elle tente
18:18de placer ses appareils.
18:20C'est le dernier endroit
18:21où on la voit.
18:22À partir de ce moment-là,
18:24Françoise Oman
18:25se volatilise.
18:26Seule sa petite Peugeot 205
18:28est retrouvée
18:29sur le parking.
18:30Le dernier homme
18:32à lui avoir
18:32ouvert sa porte
18:33est incertain
18:34Jean-Marc Reiser.
18:36Il est entendu
18:37par les enquêteurs
18:38mais à l'époque,
18:39ce fonctionnaire
18:40qui travaille à la poste
18:41n'a pas
18:42de casier judiciaire
18:43et faute d'éléments probants,
18:45les investigations
18:46le concernant
18:46s'arrêtent là.
18:48Huit ans plus tard,
18:49le contrôle des douaniers
18:50de Mortaux
18:51change la donne.
18:51Non seulement
18:53Reiser est recherché
18:54pour un viol,
18:55mais il a dans sa voiture
18:56tout l'attirail
18:57d'un dangereux prédateur.
18:59Le dossier Oman
19:00est donc rouvert
19:01et les gendarmes
19:02de Besançon
19:03qui ont récupéré
19:03le dossier
19:04envoient une circulaire
19:05à tous les commissariats
19:07et gendarmeries
19:08en septembre 1997.
19:11Comme tous les policiers
19:12et les autres gendarmes français
19:14donc,
19:14ceux de Chambéry
19:15qui enquêtent
19:16sur la disparition
19:17de Cécile Vallin
19:17reçoivent
19:18cette circulaire
19:19de recherche.
19:20Il s'y intéresse
19:21d'abord en raison
19:22du profil de Reiser
19:23et du timing
19:24de son arrestation.
19:25Le contrôle
19:27a eu lieu
19:27près de la frontière
19:28suisse
19:29le 18 juin,
19:30c'est-à-dire
19:31dix jours
19:32après la disparition
19:33de Cécile.
19:40Damien,
19:41quels éléments
19:42fournissent
19:42les gendarmes
19:43de Besançon
19:44sur Jean-Marc Reiser ?
19:45Ils vont joindre
19:46à leurs collègues
19:46de Chambéry
19:47un inventaire
19:48des armes
19:49et des objets
19:49saisis dans la voiture
19:50de Jean-Marc Reiser.
19:52Ils disent aussi
19:52que lorsque les douaniers
19:53l'ont interrogé
19:54sur son itinéraire
19:55le 18 juin,
19:57Reiser a indiqué
19:57qu'il venait de Suisse
19:59mais souhaitait
20:00se rendre en Italie.
20:01Il peut donc
20:02tout à fait
20:02dans le cadre
20:03de son périple
20:04qui ne semble pas
20:05d'ailleurs suivre
20:05de plans particuliers
20:06avoir été présent
20:07en Savoie
20:08au moment
20:09de la disparition
20:09de Cécile.
20:10Mais surtout,
20:11ce courrier
20:12est accompagné
20:13d'un lot
20:13de photos.
20:14Oui,
20:14c'est le lot
20:15des photographies
20:16pornographiques
20:17qui avaient été saisies
20:17dans le coffre
20:18de sa voiture
20:19et ce sont plus précisément
20:20des agrandissements
20:21qui ont été faits
20:22en zoomant
20:23sur les visages
20:24présents sur ces photos.
20:25Et une de ces femmes
20:26ressemble
20:27beaucoup
20:28à Cécile Vallin.
20:33Vous venez d'écouter
20:34le deuxième épisode
20:35sur quatre
20:36de notre série
20:37Cécile Vallin
20:38Les secrets
20:39d'une disparition.
20:41Une série produite
20:42par Clara Grousis
20:43et Thibaut Lambert
20:45Réalisation
20:46et mixage
20:46Julien Moncouquiol
20:48Rédaction en chef
20:49Jules Lavi
20:50Vous pouvez retrouver
20:51sur notre site internet
20:53les références
20:53des documents
20:54que nous avons cités
20:55et déjà écouter
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