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Le petit Philippe, 7 ans, est enlevé à la sortie de son école près de Troyes en janvier 1976. Les ravisseurs demandent un million de francs de rançon à la famille Bertrand. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert, Clara Garnier-Amouroux, Pénélope Gualchierotti, Clémentine Spiler et Clara Grouzis - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : Audio Network
Archives : France TV, Europe 1, Radio France.
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Le petit Philippe, 7 ans, est enlevé à la sortie de son école près de Troyes en janvier 1976. Les ravisseurs demandent un million de francs de rançon à la famille Bertrand. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.
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NewsTranscription
00:01Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast fait divers du Parisien.
00:07Des années à accumuler les haines.
00:09Un jeune garçon de 10 ans a été tué par balle.
00:12Des aveux, 33 ans après.
00:14Son corps a été retrouvé un mois plus tard.
00:17Des hommes cagoulés ont tiré sur les mariés alors qu'ils...
00:19Chaque semaine, je vous raconte une grande affaire criminelle avec le chef du service polyjustice du Parisien, Damien Delsenie.
00:32Bonjour Damien.
00:33Bonjour Claudia.
00:34Aujourd'hui dans Crime Story, la disparition du petit Philippe Bertrand, mensonge et peine de mort.
00:39Un enfant de 7 ans qui se volatilise à la sortie de l'école.
00:43Une opération conjointe de la police et de la gendarmerie ratée.
00:47Et l'un des procès les plus importants du XXe siècle en France.
00:54Le vendredi 30 janvier 1976, il fait particulièrement froid dans l'Est de la France.
01:02La veille, le thermomètre affichait moins 18 degrés à Nancy, moins 17 à Metz et moins 12 à Strasbourg et
01:09Troyes.
01:10C'est dans cette dernière ville, une vieille cité médiévale située entre Reims et Dijon, que vit la famille Bertrand.
01:17A midi, la sonnerie de l'école de Philippe, l'école Saint-Pierre, située rue des terrasses dans le sud
01:22de l'agglomération, retentit.
01:26Les enfants sortent en courant et se précipitent pour jouer dans la neige.
01:30Devant la porte d'entrée de l'école, quelques parents attendent.
01:34Philippe Bertrand, 7 ans et aîné de la fratrie, doit se diriger vers l'école privée de la visitation,
01:39située à 150 mètres où est scolarisé son petit frère, Christophe, 6 ans.
01:45Selon un rituel bien établi, les enfants doivent ensuite se rendre ensemble chez une amie de la famille
01:50qui tient dans le quartier un magasin de fleurs, la roserée.
01:54C'est là que, quelques minutes plus tard, leur père, Gérald, 35 ans, viendra comme à chaque fois, les récupérer
02:01en voiture.
02:02Marie-Françoise, la mère, les attend ensuite tous les trois dans le pavillon familial,
02:06situé assez loin des écoles, dans la banlieue nord de Troyes, à Pont-Sainte-Marie.
02:12Mais ce jour-là, Christophe attend plus longtemps que d'habitude devant son école.
02:16Et son grand frère, Philippe, ne vient toujours pas.
02:20Il se dirige alors seul vers le magasin de la fleuriste.
02:23En arrivant sur place, le père, Gérald, constate que seul un de ses fils l'attend à l'endroit prévu.
02:31Trois quarts d'heure plus tard, le téléphone sonne au pavillon des Bertrand.
02:35Marie-Françoise décroche.
02:36A l'autre bout du fil, la voix d'un homme l'informe que son fils a été enlevé.
02:43Il vous sera rendu contre 100 briques.
02:46Surtout, n'appelez pas la police, on vous rappellera à 18h.
02:51Le terme « briques » est un mot d'argot qui représente une somme d'argent bien précise, 10 000
02:56francs.
02:57Les ravisseurs exigent donc 1 million de francs, soit un peu plus de 150 000 euros,
03:02sans quoi le petit Philippe ne reviendra pas.
03:07Dans la voix de son interlocuteur, Marie-Françoise Bertrand croit décélère un léger accent,
03:12mais elle ne sait pas d'où.
03:14C'est ce qu'elle rapporte aux gendarmes qui sont immédiatement prévenus.
03:17Prenant l'affaire au sérieux, il décide de ne pas se précipiter
03:20et d'attendre, patiemment, l'appel promis à 18h.
03:24Pour la famille de Philippe, c'est le début d'une interminable attente.
03:32Damien, est-ce que la famille Bertrand est une famille particulièrement riche ?
03:36Pas particulièrement, non. C'est une famille aisée mais sans plus.
03:40Dès le début de l'affaire, personne ne comprend vraiment pourquoi ils sont visés, eux en particulier.
03:45On n'a pas beaucoup d'informations sur la maman, Marie-Françoise,
03:48mais on sait que le papa Gérald, il a 35 ans, qu'il est agent d'assurance.
03:52Et avec son beau-père, donc le père de sa femme, qui s'appelle lui Jean Larcher,
03:56il s'occupe d'un des cabinets d'assurance les plus importants de la région.
04:00Donc, peut-être que c'est cet élément qui a donné aux ravisseurs le sentiment
04:04qu'il s'agissait d'une famille avec des gros moyens
04:07et donc c'est pour ça qu'ils demandent une grosse rançon.
04:09Mais en réalité, la famille vit en tout cas de manière très discrète,
04:13pas de signe ostentatoire de richesse dans leur train de vie,
04:16il n'y a rien qui les distingue vraiment de leurs voisins.
04:19Mais la somme d'un million de francs ne semble pas avoir été donnée par hasard.
04:22Oui, les ravisseurs de Philippe paraissent assez au fait des possibilités financières de leurs victimes
04:27puisque lors du coup de fil de 18h, ils vont donner des détails,
04:32ils vont expliquer pourquoi ils demandent cette somme.
04:34Alors, on l'a dit, ils avaient prévenu qu'ils allaient rappeler à 18h précise.
04:38Les gendarmes, entre-temps, ils ont demandé au papa du petit garçon,
04:42à Gérald, évidemment, de prendre l'appel, de répondre
04:44et surtout d'essayer de garder son interlocuteur le plus longtemps possible au téléphone
04:50de manière à pouvoir localiser l'appel.
04:56Le téléphone sonne comme prévu, vers 18h.
04:59C'est donc Gérald Bertrand, le papa, qui va décrocher,
05:03qui va essayer de garder, comme on lui a demandé le plus longtemps possible,
05:06son interlocuteur au téléphone.
05:07Ils vont discuter ensemble pendant plus de 20 minutes.
05:10Le papa, évidemment, supplie cet homme de lui rendre son fils.
05:14Il lui explique qu'il ne peut pas réunir la somme demandée,
05:17qu'en plus, des banques sont fermées le week-end
05:19et qu'il n'a pas cet argent à disposition tout de suite.
05:22Simplement, son interlocuteur va tout de suite lui rétorquer
05:24« Demandez à votre beau-père, lui, il a l'argent ».
05:28Ça démontre donc que ceux ou ces ravisseurs,
05:31ils sont plutôt bien renseignés, qu'ils ont travaillé leurs victimes
05:34puisqu'ils ont l'air d'être au courant d'un certain nombre de choses.
05:36Il se trouve que c'est vrai d'ailleurs,
05:38puisque le grand-père de la famille vient de vendre un bien immobilier,
05:42une maison récemment.
05:44Alors, à un montant qui a varié,
05:45parce que certains ont dit qu'il avait vendu cette maison 800 000 francs.
05:48En réalité, c'est plutôt 250 000.
05:50Ce qui est sûr, c'est qu'en tout cas, les ravisseurs,
05:52ils sont au courant que la famille Bertrand
05:55a encaissé une forte somme d'argent récemment.
05:58Est-ce que les gendarmes parviennent à localiser l'appel comme ils l'espéraient ?
06:02Oui.
06:03Cet appel, il est passé d'une cabine téléphonique publique
06:05qui est située à Bréviande.
06:07C'est une petite commune au sud de Troyes
06:09qui se trouve sur la route de Dijon.
06:11Alors, une fois évidemment qu'ils ont cette localisation,
06:13ils envoient immédiatement une patrouille.
06:18La gendarmerie locale se précipite à Bréviande,
06:21cette petite commune qui s'étire sur 6 kilomètres
06:24et compte 3000 habitants.
06:26Entre-temps, les enquêteurs de la police judiciaire
06:28sont déjà arrivés sur place.
06:30Garés à bonne distance de la cabine téléphonique,
06:33ils voient le ravisseur.
06:34C'est un homme pas très grand, d'environ 1m65-1m70,
06:39avec des cheveux blonds et ondulés mi-longs,
06:41vêtus d'un blouson bleu et d'un jean.
06:44Pour les policiers, la suite des opérations est simple.
06:47Il faut le suivre discrètement.
06:49Nul doute qu'il les conduira jusqu'à Philippe Bertrand.
06:53Mais dans leur hâte,
06:54les gendarmes qui sont en train d'arriver sur place
06:56ont activé leur sirène.
06:58Quand l'homme de la cabine l'entend,
07:00il prend peur et s'échappe.
07:02Les policiers tentent de l'attraper,
07:03mais il est trop tard.
07:05L'homme a disparu.
07:07Dans la cabine téléphonique,
07:08le combiné se balance dans le vide.
07:11L'homme n'a laissé aucune empreinte digitale.
07:14Il est 18h17 et c'est le retour à la case départ.
07:18Pour les enquêteurs, c'est une grosse déception
07:20et pour l'opinion publique, de l'amateurisme.
07:23Fébrile, les parents du petit Philippe
07:25espèrent que les ravisseurs vont rappeler
07:27pour donner de nouvelles consignes.
07:29Mais elles ne viennent pas.
07:31Quelques heures plus tard,
07:32le grand-père de Philippe prend la parole publiquement
07:34sur les ondes pour implorer les ravisseurs
07:37de rendre le petit garçon.
07:39Comprenez la peine d'une mère et d'un père
07:41et de toute une famille.
07:43Vous qui avez enlevé Philippe,
07:44ressaisissez-vous, redevenez des êtres humains.
07:47Pensez à votre propre mère et à vos enfants
07:49si vous en avez.
07:51Relâchez l'enfant, laissez-le n'importe où
07:53près d'un lieu habité.
07:54Je vous en supplie, rendez-moi mon petit-fils.
07:58Pendant ce temps,
07:59220 gendarmes et CRS sont à pied d'œuvre
08:01pour retrouver Philippe.
08:03Ils fouillent en particulier la commune de Bréviande
08:05et le quartier où se situe la cabine téléphonique
08:08d'où le dernier coup de téléphone a été passé.
08:11Des témoignages plus ou moins sérieux
08:13commencent à parvenir à l'hôtel de police de Troyes
08:15dont la police judiciaire de Reims
08:17a fait son quartier général.
08:19Finalement,
08:20les parents n'ont plus de nouvelles des ravisseurs.
08:23Le samedi passe
08:24et le dimanche 1er février au matin,
08:27la mère de Philippe Bertrand
08:28apparaît sur les écrans de télévision.
08:31Je suis la maman de Philippe.
08:32Elle est vêtue d'un manteau sombre,
08:34a les cheveux bruns coupés au carré,
08:36les yeux très clairs
08:37et les très fins.
08:38Je vous en supplie,
08:41rendez-le-moi.
08:42Elle supplie
08:42qu'on lui rende son fils.
08:44Ne nous laissez plus souffrir encore,
08:47je vous en prie.
08:51Mais Damien,
08:52cet appel ne déclenche pas
08:53de nouvelles prises de contact
08:55avec les ravisseurs
08:56et les heures s'enchaînent
08:58sans que rien ne se passe
08:59jusqu'au lundi matin.
09:00Philippe Bertrand a donc disparu
09:02à ce moment-là depuis 4 jours.
09:03Et c'est à ce moment-là
09:05qu'un témoignage important
09:06vient s'inviter dans l'enquête.
09:08C'est un autostoppeur
09:09qui prétend avoir reconnu
09:11l'enfant dans une voiture
09:12la veille,
09:13donc le dimanche.
09:14Il faisait du stop
09:15près de Cézanne,
09:16dans la Marne,
09:16donc on est dans la même région,
09:18quand une Renault 16
09:19couleur crème
09:20avec des sièges en tissu bleu
09:22s'est arrêtée.
09:23A l'intérieur de cette R16,
09:25il y avait deux hommes
09:26et un petit garçon.
09:27Il raconte qu'un des hommes
09:28est descendu
09:29et que sous la menace
09:30d'une arme,
09:31il l'a obligé
09:32à prendre le volant
09:33de cette voiture
09:33et qu'après avoir
09:34un peu conduit,
09:36il s'est ensuite échappé.
09:37Alors c'est déjà en soi
09:38une histoire tout à fait étrange,
09:40une sorte d'enlèvement,
09:41on demande de se mettre
09:42au volant d'une voiture,
09:43on le menace avec une arme.
09:44On ne comprend pas bien
09:45d'ailleurs pourquoi
09:45deux voyous
09:46s'arrêteraient
09:47sur le bord de la route
09:47alors qu'ils sont manifestement
09:49en fuite
09:49pour récupérer un autostoppeur.
09:51Tout ça laisse quand même
09:52un peu dubitatif.
09:54Finalement,
09:55ce témoignage
09:55ne permet pas
09:56une réelle avancée
09:57et le lundi soir,
09:59le grand-père de Philippe
10:00fait une nouvelle déclaration.
10:02Il va se présenter
10:03sur le perron
10:04de la villa familiale.
10:05Il est visiblement
10:07très ému
10:08et il déclare
10:09« Je ne suis pas Rothschild
10:10en référence
10:11à la famille de banquiers.
10:13J'ai commencé
10:13avec rien
10:14il y a 30 ans
10:15et je ne peux pas
10:16payer une telle somme,
10:18le fameux million
10:18réclamé par les ravisseurs.
10:20Les banques,
10:21des amis
10:22ont cependant pu
10:23me l'avancer
10:24jusqu'à une voisine
10:25l'épouse d'un gendarme
10:26qui est venue spontanément
10:27elle me proposer
10:28800 000 francs.
10:30Donc si les ravisseurs
10:30me demandent
10:31d'aller à pied dans la neige
10:32de mettre dans un trou
10:33je le ferai,
10:33je ferai tout
10:34pour retrouver mon petit-fils
10:36ajoute-t-il.
10:37Je ne me connais
10:37absolument aucun ennemi
10:39et je m'étonne
10:40qu'on se soit attaqué
10:41à nous. »
10:42Cet appel,
10:43évidemment,
10:43il est d'abord
10:44très émouvant,
10:45très solennel
10:45mais il est surtout
10:46important parce qu'il envoie
10:48un message primordial
10:49aux ravisseurs.
10:50C'est que la somme
10:51de la rançon,
10:52elle est là,
10:53elle est réunie.
10:56Pourtant,
10:57le mercredi 4 février,
10:59le ou les ravisseurs
11:00n'ont toujours pas
11:01repris contact
11:02avec la famille Bertrand.
11:03Pas de son,
11:04pas d'image
11:04de la part des ravisseurs.
11:06Alors ce qui a aussi
11:07une conséquence légale
11:08et judiciaire
11:09parce que l'article
11:10355 du Code pénal
11:12dit que
11:12si le mineur
11:13enlevé
11:14est libéré
11:15avant le cinquième jour
11:16de sa séquestration
11:17sans qu'une rançon
11:19ait été versée,
11:20ces ravisseurs
11:20sont passibles
11:21d'une peine
11:21de 10 à 20 ans
11:23de prison.
11:23Sinon,
11:24ajoute le Code,
11:25ils pourront être
11:26condamnés
11:26à la prison
11:27à perpétuité
11:28si on dépasse
11:29ce délai
11:30de 5 jours.
11:30Philippe a donc
11:31été enlevé
11:32le vendredi
11:33à midi
11:33donc en principe
11:34à partir du mercredi
11:36midi,
11:36les ravisseurs
11:37ils encourtent
11:38une peine
11:38beaucoup plus lourde.
11:40Ces fameux 5 jours
11:41là,
11:41entre le début
11:42de la séquestration
11:42et la libération
11:43potentielle,
11:44c'est ce qu'on appelle
11:45un délai
11:46de clémence
11:46alors c'est une formule
11:48un peu surprenante
11:48et puis qui scandalise
11:50dirons-nous
11:50l'opinion publique
11:51qui ne comprend pas
11:52pourquoi en gros
11:52on aurait presque
11:53entre guillemets
11:54le droit
11:54de séquestrer
11:55quelqu'un
11:55pendant 5 jours
11:56et que c'est un peu
11:57moins grave
11:57que si on le garde
11:586 jours
11:58ou 7 jours.
12:01En fait,
12:01il y a un élément
12:02qu'il faut bien comprendre
12:03c'est que la question
12:04du laxisme
12:05envers les ravisseurs
12:07d'enfants
12:07en général
12:08elle accompagne
12:10toute cette affaire.
12:11Alors,
12:11nous sommes en 1976
12:12le président
12:13c'est Valéry Giscard d'Estaing
12:15la peine de mort
12:16existe en France
12:17mais il y a une petite musique
12:19qui commence à monter
12:20dans la société
12:21parmi les politiques
12:22pour abolir
12:24cette peine de mort
12:25et donc il y a déjà
12:25des débats
12:26qui sont très vifs
12:27entre ceux qui veulent
12:28la maintenir
12:29et les abolitionnistes.
12:30Tout le monde
12:31participe un peu
12:32à ce débat
12:33y compris d'ailleurs
12:33la presse
12:34qui donne ouvertement
12:35son avis
12:36ce qui était le cas
12:37comme ça à l'époque.
12:38On a un exemple
12:39un article
12:39qui est publié
12:40dans Le Parisien
12:40qui date du mercredi
12:414 février 1976
12:43donc c'était il y a
12:44quasiment 50 ans
12:45un demi-siècle
12:46où le journaliste
12:47va écrire
12:48les monstres
12:49qui se sont emparés
12:50de cet enfant
12:50ne semblent guère
12:51se soucier
12:52des dispositions
12:52de la loi
12:53que l'opinion publique
12:54révoltée
12:55trouve encore trop douce
12:56la mort seule
12:58pouvant sanctionner
12:59un crime aussi atroce.
13:01Donc on voit
13:01qu'il y a
13:02un parti pris
13:03très fort
13:04y compris dans la presse.
13:09Le jeudi 5 février
13:10le petit Philippe Bertrand
13:12a disparu
13:12depuis presque une semaine.
13:14Quelques jours plus tard
13:15les ravisseurs
13:16donnent enfin des nouvelles
13:17en déposant
13:18dans la boîte aux lettres
13:19du curé
13:19de Pont-Sainte-Marie
13:20et proche des Bertrand
13:21un gant
13:22du petit garçon.
13:24A l'intérieur
13:25de ce gant
13:25il y a un morceau
13:26de papier
13:26sur lequel sont notées
13:28les instructions
13:28pour le dépôt
13:29de la rançon
13:29prévues le 10 février
13:31le mardi suivant.
13:33Le jour dit
13:34les policiers
13:35sont en planque
13:35sur la place de parking
13:36d'un hôtel-restaurant
13:37de Montier-Ramé
13:38à une vingtaine
13:39de kilomètres de Troyes.
13:40Il a été convenu
13:42que pendant ce temps
13:42Gérald
13:43le père de Philippe
13:44attendra dans l'hôtel
13:46avec un sac
13:47contenant le montant
13:48de la rançon
13:48un million de francs.
13:53Au bout de quelques minutes
13:54une citroëne
13:55déesse blanche
13:56que les policiers
13:57pensent pouvoir être
13:58celle du
13:59ou des ravisseurs
14:00arrive.
14:01A l'intérieur
14:02on distingue un homme
14:03qui s'arrête
14:04et repart.
14:05Les policiers
14:06tentent de le prendre
14:07en chasse
14:07mais l'homme
14:08leur échappe.
14:09Cependant
14:10l'opération
14:11n'est pas un échec total.
14:12Les enquêteurs
14:13ont relevé
14:14le numéro
14:14de la plaque
14:15minéralogique
14:16de cette voiture
14:16et ils ont découvert
14:18qu'elle appartient
14:19à un certain
14:19Patrick Henry.
14:21Le lendemain
14:22le mercredi
14:2311 février
14:24à 11h du matin
14:25les policiers
14:26interpellent
14:27ce fameux Patrick Henry
14:28dans un appartement
14:29qu'il partage
14:30avec son frère
14:30rue de la République
14:32dans le centre
14:32de Troyes.
14:34Patrick Henry
14:34a 22 ans
14:35les cheveux blonds
14:36ondulés
14:37et une raie
14:38sur le côté.
14:39Il est emmené
14:39au commissariat
14:40et placé
14:41en garde à vue.
14:42Patrick Henry
14:43connaît les parents
14:44du petit
14:44Philippe Bertrand.
14:45Sa famille
14:46et celle
14:47de Gérald Bertrand
14:48sont déjà allés
14:49à la pêche ensemble
14:50plusieurs fois.
14:51Il a même déjà
14:52rencontré le petit garçon
14:53mais c'était
14:53il y a des années.
14:55Par ailleurs
14:55il n'est pas inconnu
14:57des services de police.
14:58Il a déjà été condamné
14:59pour un vol de chèque
15:00puis pour des cambriolages.
15:02Enfin
15:03il s'est rendu coupable
15:04d'un homicide involontaire
15:05celui d'un cyclomotoriste
15:07qu'il a tué
15:08accidentellement
15:09un week-end
15:09au volant de sa voiture.
15:11Il n'avait pas le droit
15:12de la conduire ce jour-là
15:13et a été condamné
15:15à trois ans
15:15de suspension de permis.
15:17Patrick Henry
15:18écrit alors
15:19au président
15:19Valéry Giscard d'Estaing
15:20pour lui demander
15:21que cette condamnation
15:22l'empêchante
15:23de retrouver du travail
15:24soit réduite.
15:25Sa peine est ramenée
15:26à un an et demi.
15:28Ces affaires
15:29qui ne peuvent pas être
15:30qualifiées de délit mineur
15:32n'ont cependant
15:33rien à voir
15:33avec les faits
15:34dont Patrick Henry
15:35est soupçonné
15:35cette fois-ci.
15:37Interrogé dans les locaux
15:38de la police
15:38il nie tout en bloc.
15:40Les enquêteurs
15:41ont beau être convaincus
15:42de sa culpabilité
15:43ou à minima
15:44de son implication
15:45devant ses dénégations
15:47et faute de preuve
15:48ils n'ont pas d'autre choix
15:50que de le relâcher
15:51à l'issue
15:52des 48 heures
15:52de garde à vue
15:53délai légal maximum
15:54prévu par la loi.
15:56Le samedi 14 février
15:58alors que depuis son arrestation
16:00l'attention médiatique
16:01s'est focalisée sur lui
16:02Patrick Henry
16:03donne des interviews
16:04à plusieurs médias.
16:06Ceux qui ont fait ça
16:07ce sont des salauds.
16:09Le garde des Sceaux
16:10M. le Cagnier
16:11disait il y a quelques jours
16:12qu'il était pour la peine
16:13de mort pour les raptes d'enfants
16:14est-ce que c'est aussi votre avis ?
16:16Moi je pense que c'est oui
16:17c'est mon avis.
16:19Damien
16:19on vient de l'entendre
16:21Patrick Henry
16:21est à l'aise
16:22devant les caméras
16:23et il exprime
16:24sans ambiguïté
16:25son opinion
16:26sur la peine de mort.
16:27Oui c'est assez curieux
16:28il vient de passer
16:29plusieurs heures
16:30en garde à vue
16:30alors on n'a rien contre lui
16:31au niveau judiciaire
16:32mais son premier réflexe
16:33c'est effectivement
16:34de répondre
16:35de faire quasiment
16:36des petites conférences
16:37de presse
16:38et dans laquelle
16:38il dit en gros
16:39celui qui a fait ça
16:41il mérite
16:42tout simplement
16:42la peine de mort.
16:43Malgré ça
16:44les enquêteurs
16:45continuent à penser
16:46qu'il est bien
16:46le ravisseur
16:47de Philippe Bertrand.
16:48Oui ils sont persuadés
16:49qu'ils sont sur la bonne personne
16:50donc ils continuent
16:51à le suivre
16:52à le filer discrètement
16:54d'ailleurs lui
16:55il va le raconter
16:56pendant son interview
16:57qu'il est effectivement
16:58qu'il se sent toujours
16:59suivi par les policiers
17:00en parallèle
17:01les enquêteurs
17:02vont faire circuler
17:03la photo de Patrick Henry
17:04en demandant
17:05à plusieurs personnes
17:06aux alentours
17:06un peu ce qu'il a fait
17:08les trois dernières semaines
17:09pour essayer de repréciser
17:10son emploi du temps
17:11auprès de ses voisins
17:12auprès d'un certain nombre
17:12de personnes
17:13et surtout
17:13s'ils ont noté
17:14quelque chose
17:15d'étrange
17:16dans la vie
17:17de ces dernières semaines
17:17pendant quelques jours
17:19ça ne va pas donner
17:20grand chose
17:20cette enquête
17:21de voisinage
17:22en quelque sorte
17:22sur Patrick Henry
17:23jusqu'au mardi
17:2517 février
17:261976
17:27Ce jour-là
17:28le propriétaire
17:29d'un hôtel-restaurant
17:30qui s'appelle
17:30Les Charmilles
17:31et qui est à Troyes
17:32dit au policier
17:34qu'il a bien vu
17:35Patrick Henry
17:36Cet hôtel
17:37des Charmilles
17:38il se situe
17:38dans Troyes
17:39rue Fortier
17:40à environ
17:41un kilomètre et demi
17:42de là où vit
17:43habituellement Patrick Henry
17:45avec son frère
17:46Pourtant
17:46le propriétaire
17:47de cet hôtel
17:48assure que le jeune homme
17:50y a loué une chambre
17:51depuis le 23 janvier
17:52donc ça fait près d'un mois
17:54qu'il loue une chambre
17:54dans un hôtel
17:55qui est à quelques pâtés
17:56de maison de chez lui
17:57ce qui est étrange
17:58mais surtout
17:58ce qu'il l'a encore plus
17:59c'est que cette chambre
18:00il l'a louée sous un faux nom
18:02un autre nom
18:03un certain
18:04Van Der Merch
18:05le patron de l'hôtel
18:06lui
18:06il reconnaît sur la photo
18:08un type qui s'appelle
18:09Van Der Merch
18:09puisque c'est ce nom là
18:10qui a été donné
18:11pour la location de la chambre
18:12mais en revanche
18:13c'est la photo de Patrick Henry
18:14les policiers se demandent vraiment
18:16pourquoi Patrick Henry
18:17a eu besoin
18:18de louer
18:19une chambre d'hôtel
18:20juste à côté
18:21de son appartement
18:22la seule possibilité
18:24c'est qu'il a
18:24caché quelque chose
18:26dans cette chambre
18:38Vous venez d'écouter
18:40le premier épisode
18:41de Crime Story
18:41la disparition
18:43du petit Philippe Bertrand
18:44mensonge
18:45et peine de mort
18:46suite de ce podcast
18:47dans le deuxième épisode
18:49déjà disponible
18:50sur toutes les plateformes
18:51d'écoute
18:51et sur le parisien.fr
18:53Crime Story
18:54est le podcast
18:55fait divers du parisien
18:57de l'accompagne
18:58Sous-titrage Société Radio-Canada
18:59Sous-titrage Société Radio-Canada
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