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Après la disparition de Delphine Jubillar le 16 décembre 2020, son compagnon Cédric devient à la fois un témoin et le principal suspect pour les enquêteurs.
Crime story raconte cette affaire dans un podcast en six parties quelques semaines avant l’ouverture du procès de son ex-compagnon, Cédric Jubillar, le 22 septembre.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Clémentine Spiler et Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network.
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đź—ž
NewsTranscription
00:00Vous écoutez Crime Story, dossier jubilard, l'affaire sans corps et sans aveu, quatrième épisode sur 6.
00:09Dans la nuit du mardi 15 au mercredi 16 décembre 2020, Delphine Jubilard, une infirmière de 33 ans et mère
00:16de deux enfants, disparaît de chez elle à Cagnac-les-Mines dans le Tarn.
00:20Six mois plus tard, alors que l'enquête semblait stagner, son mari, qui n'avait pas été inquiété jusque-là ,
00:26et certains de ses proches sont placés en garde à vue.
00:30Le mercredi 16 juin 2021, à la mi-journée, des gendarmes se rendent sur le lieu d'un nouveau chantier
00:36que Cédric vient de commencer, deux jours plus tôt, à Albi.
00:39Il lui notifie son placement en garde à vue dans le cadre d'une enquête toujours ouverte pour enlèvement et
00:44séquestration.
00:45Cédric Jubilard est emmené afin d'être auditionné par des enquêteurs, assistés par des analystes du comportement du renseignement criminel
00:52de la gendarmerie.
00:53Au même moment, d'autres gendarmes se présentent au domicile de la mère de Cédric, Nadine Jubilard, pour la placer
01:00également en garde à vue.
01:02Son conjoint Olivier, le beau-père de CĂ©dric, connaĂ®t le mĂŞme sort, et leur domicile de Carmeau, commune situĂ©e Ă
01:08une dizaine de kilomètres de Cagnac-les-Mines, est perquisitionné.
01:12Un autre personnage apparaît à ce moment de l'histoire. Il s'agit d'une femme d'environ 40 ans,
01:17mère célibataire qui s'appelle Séverine, et qui est depuis deux mois en couple avec Cédric Jubilard.
01:23Elle n'est pas placée en garde à vue, mais elle est entendue également, sous le régime de l'audition
01:28libre.
01:29Dans les heures qui suivent les arrestations, rien ne filtre.
01:32Le lendemain, le jeudi 17 juin, le procureur de Toulouse annonce que les gardes à vue sont prolongés pour une
01:38durée de 24 heures.
01:39En réalité, les enquêteurs n'ont jamais envisagé une autre hypothèse que celle d'un féminicide commis par Cédric, un
01:46mari sur le point d'être quitté.
01:48Et ce, en raison de plusieurs incohérences apparues très tôt dans le récit de la disparition de Delphine Jubilard, fait
01:55par Cédric.
01:56Mais aussi grâce à une enquête de fond menée dans le plus grand secret, et sans jamais éveiller les soupçons,
02:02du suspect numéro 1.
02:04Selon Cédric, le soir du mardi 15 décembre 2020, il part se coucher aux alentours de 22 heures, et il
02:10laisse Delphine et Louis devant la télé.
02:12Il est réveillé un peu avant 4 heures du matin par les pleurs de sa fille, et constate à ce
02:16moment-lĂ que Delphine a disparu.
02:18Les deux chiens sont, selon lui, à l'extérieur de la maison, ce qui laisse penser qu'elle a pu
02:23les sortir et ĂŞtre victime d'une agression Ă ce moment-lĂ .
02:26Mais tous les proches de Delphine affirment qu'elle a peur du noir, et qu'elle n'a pas l
02:30'habitude de sortir les chiens le soir.
02:32Cédric aurait-il menti ?
02:38Damien Delsenie, 6 mois après la disparition de sa femme, quand les gendarmes interpellent Cédric Jubilard, il est transformé.
02:45Déjà , il a modifié un peu son apparence physique, il s'est rasé le crâne.
02:49Il vient de commencer, le lundi précédent, un nouveau chantier dans un lotissement à la sortie d'Albi.
02:55Et donc, on le sait, il fréquente depuis deux mois une nouvelle femme, qui est devenue sa compagne, qui est
03:00de 10 ans son aîné,
03:01et qui se trouve d'ailleurs ĂŞtre la maman de l'un de ses amis.
03:05Donc, il donne le sentiment, l'apparence en tout cas, d'avoir commencé une nouvelle vie, d'avoir tourné la
03:11page.
03:11Et sur les écoutes téléphoniques qui sont menées depuis plusieurs semaines par les enquêteurs,
03:16il découvre qu'il se sent un peu au-dessus de tout soupçon.
03:20Cette confiance en soi, elle va être quelque part confirmée, parce que lorsque les gendarmes l'interpellent et lui notifient
03:25son placement en garde Ă vue,
03:27il va leur dire, dans ces affaires, c'est toujours le mari qui est suspect numéro 1.
03:31De toute façon, je sais que je vais aller en prison, leur dit-il.
03:35Pendant les six derniers mois, la cellule d'enquĂŞte de la section de recherche de Toulouse a recueilli un nombre
03:40impressionnant d'indices.
03:41Oui, et tous ces indices vont rendre plausible la thèse d'un féminicide, puisque, selon les enquêteurs,
03:49Cédric Jubilard avait à la fois une très grande difficulté affective à se séparer, à accepter la séparation avec Delphine,
03:56mais surtout, il y a une difficulté matérielle à accepter ce divorce, en lien notamment avec cette maison qu'ils
04:03étaient obligés de vendre dans le cadre du divorce,
04:06et qu'ensuite, il avait tenté de reconquérir Delphine, mais toujours sans succès.
04:10Et dès la nuit de la disparition, dès le signalement de la disparition de Delphine,
04:15les enquêteurs, ils ont été troublés, c'est le moins qu'on puisse dire, par le comportement de Cédric Jubilard.
04:20D'abord, c'est pas un détail, il donne l'alerte à la gendarmerie une vingtaine de minutes, à peine
04:25après l'heure à laquelle il prétend avoir été réveillé par les pleurs de sa fille.
04:30Alors, c'est très rapide, comme alerte.
04:31Alors, on pourrait se dire que, justement, il est très vite inquiet, parce qu'il aime beaucoup sa femme, et
04:35que c'est pas normal,
04:36mais il s'était pas montré aussi réactif le fameux soir.
04:40D'ailleurs, dans cet épisode qu'il a raconté aux gendarmes, où Delphine était partie regarder les étoiles,
04:45était revenue plusieurs heures après en disant « je me suis endormi ».
04:48Et cette fois-là , alors qu'elle avait disparu pendant plusieurs heures pendant la nuit, il n'avait jamais appelé
04:53les gendarmes.
04:54Lorsque les gendarmes arrivent au pavillon du couple vers 4h50 cette nuit-lĂ ,
04:59le compagnon de l'infirmière est en train de lancer une machine à laver.
05:02Oui, étonnant, 4h50 pour lancer une lessive.
05:05Alors, quand les gendarmes passent cette porte d'entrée, effectivement,
05:08ils remarquent que le hublot de la machine à laver, qui se trouve dans l'espace cuisine, est fermé,
05:13mais que, en revanche, la machine n'a pas été lancée encore.
05:17Alors, que contient cette machine Ă ce moment-lĂ ?
05:20Le problème, c'est qu'on n'en sait rien, puisque les gendarmes vont juste constater
05:23qu'effectivement, il y a une machine qui s'apprête à démarrer,
05:26mais ils ne vont pas s'intéresser au contenu du tambour de la machine à laver.
05:30Et c'est seulement le lendemain après-midi, c'est-à -dire 34h plus tard exactement,
05:35qu'une couette lavée et que 4 chaussettes dépareillées sont saisies par les enquêteurs à l'intérieur du lave-linge.
05:42Alors, cette couette, ce n'est pas n'importe quelle couette,
05:44c'est celle qu'utilise Delphine lorsqu'elle fait chambre Ă part,
05:47ce qui est de plus en plus fréquent, pour dormir sur le canapé.
05:50Alors, évidemment, Cédric, il va être interrogé par les gendarmes,
05:53pourquoi cette lessive en pleine nuit, au moment où votre femme vient de disparaître ?
05:57D'autant que les gendarmes, quand ils rentrent dans la maison,
06:00ils voient quand mĂŞme que ce n'est pas des champions de la lessive,
06:02en tout cas pas Cédric, puisqu'il y a du linge sale un peu partout,
06:05la maison est très sale, ils le noteront d'ailleurs dans leur PV de constatation.
06:09Et pourtant, Cédric, il va dire,
06:10« Bah si, là , j'ai fait une lessive cette nuit-là ,
06:12parce que les chiens venaient d'uriner sur cette couette, sur l'edredon. »
06:17Bon, les enquĂŞteurs, ce qu'ils pensent, c'est que cette lessive,
06:19elle est plutôt destinée, peut-être, à effacer des traces,
06:23des traces de sang, des traces, quelque chose qui les amène sur la piste d'un meurtre.
06:27Mais en tout cas, l'expertise qui a été menée assez fine sur cette couette,
06:31justement pour savoir si même après une lessive,
06:34elle pouvait encore porter des traces de quelque chose, de sang ou d'autre,
06:38cette expertise, elle est revenue avec un résultat très clair.
06:41Il n'y a pas de traces particulières, en tout cas,
06:44qui impliquent ou qui incriminent Cédric Jubilard sur cette couette.
06:51Autre constatation intrigante.
06:52La voiture de Delphine, que Cédric avait l'habitude de conduire,
06:56n'était pas garée de façon habituelle.
06:58Elle l'était dans le sens du retour,
07:00alors que l'infirmière avait l'habitude de la garer en marche arrière
07:02pour faciliter son départ au travail.
07:04C'est d'ailleurs ce qu'avait confirmé Anne, l'amie de Delphine,
07:07qui l'avait croisée alors qu'elle descendait de cette même voiture,
07:10garée devant chez elle, le mardi 15 décembre,
07:13quelques heures avant sa disparition.
07:15Les enquêteurs se demandent si la voiture aurait pu être déplacée
07:18par le mari dans la nuit pour transporter un corps.
07:21Un expert mandaté par les juges affirme que c'est une hypothèse crédible.
07:26Des traces de condensation,
07:27qui l'impute à une très probable présence humaine dans l'habitacle,
07:31ont été relevées sur les vitres.
07:33En clair, Cédric aurait peut-être pu utiliser la voiture de Delphine dans la nuit
07:38et se garer dans l'autre sens en rentrant chez lui.
07:41Enfin, Cédric Jubilard prétend avoir cherché son épouse dans toute la maison,
07:46du premier étage au sous-sol.
07:48Mais l'analyse du podomètre de son téléphone ne comptabilise que 40 pas depuis son réveil,
07:53alors que le tour complet de la maison en nécessite 380.
07:57Là encore, ça ne colle pas.
08:00Enfin, Cédric affirme que son téléphone s'est éteint ce mardi soir,
08:04par manque de batterie, alors qu'il était en train de jouer à Game of Thrones.
08:07Il l'aurait ensuite mis Ă charger toute la nuit,
08:10jusqu'au moment oĂą il rallume son appareil Ă 3h53.
08:14Problème, les experts de l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale,
08:19l'IRCGN, ont établi que le jeu s'interrompt en réalité à 22h04,
08:24soit 4 minutes avant la désactivation du téléphone, intervenu à 22h08.
08:30Par ailleurs, le smartphone affiche un niveau de charge de 33% Ă 4h12 du matin.
08:36C'est selon eux incompatible avec la version du mise en cause.
08:40Ils estiment au contraire que le niveau de charge de l'appareil au moment de son extinction
08:45est situé autour de 40% et qu'il n'a pas été mis à charger dans la nuit.
08:50Cédric n'a pourtant aucun intérêt à mentir sur ce point précis.
08:54Sauf s'il veut dissimuler le fait qu'il a volontairement éteint ou mis en mode avion
08:58son téléphone ce soir-là pour ne pas être géolocalisé.
09:02Ce qu'il n'a fait qu'à deux reprises au cours de l'année 2020.
09:05On peut en déduire que ça n'est pas une habitude.
09:08Voilà pour les éléments matériels.
09:10Mais il faut ajouter à ces éléments les témoignages.
09:13Et certains mettent en difficulté Cédric, notamment celui de son fils, Louis.
09:17Lors de sa première audition, le petit garçon de 6 ans avait déclaré n'avoir rien entendu
09:22d'inhabituel la nuit du drame.
09:24Mais quelques semaines plus tard, il est Ă nouveau entendu,
09:27lors d'une audition filmée cette fois, dans une salle dite « Mélanie ».
09:31Ces salles, prévues spécialement pour entendre des enfants,
09:34sont décorées comme le serait une chambre avec de nombreux jouets.
09:37Il y a des poupées, des puzzles et des couleurs pastelles au mur.
09:40Il y a aussi des enquĂŞteurs qui parlent doucement
09:42et sont formés à recueillir les paroles d'enfants, sans suggestivité.
09:53Damien, dans cette salle Mélanie, que dit Louis qu'il n'avait pas mentionné
09:57lors de sa première audition ?
09:59Il y a une chose de très importante.
10:01Il dit qu'il a entendu une violente dispute entre ses parents ce soir-lĂ ,
10:06le soir oĂą sa maman a disparu.
10:08Il évoque également le bruit d'une porte qui claque.
10:10Pour Cédric Jubilard, qui évidemment est interrogé sur ce témoignage de son propre fils,
10:16lui, il dit que Louis s'est probablement trompé de jour, qu'il a confondu.
10:19Mais les enquĂŞteurs, eux, ils se demandent au contraire
10:22si l'enfant, au départ, n'avait pas cherché à protéger son père
10:26dans un premier temps lors de sa toute première audition.
10:29Il apparaît, en effet, dans l'enquête qui a été menée autour de Cédric Jubilard,
10:33qu'il avait des rapports parfois brutaux avec son fils
10:36et qu'il était dominant.
10:37Le plus accablant peut-être est venu du témoignage d'une voisine.
10:41En tout cas, il vient s'ajouter au témoignage du petit Louis.
10:45C'est une voisine qui est un tout petit peu éloignée.
10:47Elle vit à 130 mètres à vol d'oiseau de la maison des Jubilards.
10:51Elle a une quarantaine d'années.
10:52Et le soir du mardi 15 décembre,
10:55elle est en train de fumer une cigarette sur sa terrasse.
10:57Il est environ 23 heures.
10:59Et elle dit avoir entendu un cri.
11:02Pas n'importe quel cri.
11:03Elle parle d'un cri de peur.
11:05Elle dit que c'était fort, que ça criait, puis que ça s'arrêtait.
11:09Et que la peur était si importante qu'elle n'avait pas le temps de reprendre son souffle.
11:14Elle conclut devant les gendarmes.
11:15Ce que je sais, c'est que le cri de cette personne m'a fait moi-même très, très peur.
11:21Selon cette femme, qu'on appelle dans les archives du Parisien Noémie,
11:25la scène aurait duré entre 5 et 10 minutes.
11:28Elle parle de bruits glaçants, donc, qui proviennent de l'extérieur d'une maison.
11:33Et elle précise qu'ils ne sont accompagnés d'aucune voix d'homme,
11:37mais plutĂ´t de couinement qu'elle a la tribu aux chiens.
11:40Alors, invitée par les enquêteurs à localiser l'origine de ces cris sur une carte du lotissement,
11:46elle désigne une zone assez restreinte,
11:48qui comprend 6 maisons,
11:51dont celle de Cédric et Delphine, au 19 rue Montand.
11:55Ce témoignage est confirmé par celui de la fille de Noémie.
11:59Oui, qui est entendu aussi.
12:00Alors, elle est là une dizaine d'années.
12:02Elle avait rejoint sa maman sur la terrasse Ă ce moment-lĂ ,
12:05au moment oĂą sa maman fumait sa cigarette.
12:07Et elle aussi va parler, va se souvenir de cris aigus d'une femme qui criait longtemps,
12:13puis s'arrĂŞtait.
12:14Ça a duré longtemps, comme si elle ne reprenait pas son souffle,
12:17ajoute la jeune fille.
12:18Exactement le même témoignage que celui de sa maman.
12:21Ses cris, elle le confirme aussi, étaient mêlés aux aboiements de deux chiens,
12:25parce qu'il y en avait un qui aboyait plus fort que l'autre,
12:29précise-t-elle enfin, pour confirmer le fait qu'elle a bien entendu deux animaux.
12:34Alors, évidemment, ça colle, puisque les jubilards, ils ont deux chiens.
12:38Alors, Noémie avoue, la voisine, qu'elle a culpabilisé
12:42de ne pas avoir alerté les gendarmes sur le champ cette nuit-là ,
12:45après avoir entendu ses cris.
12:46Mais elle explique qu'elle a d'abord pensé à une bagarre entre les chiens,
12:51avant de songer Ă se rendre sur place,
12:53à faire ses 130 mètres qui la séparent de ses maisons.
12:56Et puis, finalement, elle s'est ravisée,
12:58à cause précisément de la peur qu'elle a des chiens.
13:03Pour déterminer si ces cris peuvent être ceux de Delphine,
13:06les enquêteurs disposent d'éléments très concrets.
13:09Les deux voisines regardaient Retour vers le futur à la télé ce soir-là .
13:13Et Noémie se souvient être sortie sur la terrasse,
13:15au moment où le héros, Marty, joue un solo de guitare.
13:19Cette scène, qui dure un peu moins de 4 minutes,
13:22a été diffusée entre 22h50 et 22h54.
13:26Or, Delphine envoie un dernier message Snapchat Ă Marc, son amant, Ă 22h55.
13:33C'est la photo oĂą on la voit en tenue de nuit,
13:35ce qui laisse penser, a priori, qu'elle avait plutôt prévu d'aller se coucher
13:39que de mettre sa doudoune et de sortir les chiens.
13:42D'après les avocats de Cédric,
13:44il est donc impossible que les cris entendus aient été ceux de Delphine.
13:48Mais la fille de Noémie dit, elle,
13:50que quand elle sort sur la terrasse,
13:52alors que la pub vient de commencer,
13:54on entend toujours les cris.
13:56Et la coupure publicitaire ne peut correspondre qu'Ă la fin du film,
13:59Ă 23h07.
14:01Le récit devient alors compatible avec le potentiel meurtre de l'infirmière.
14:06La théorie des gendarmes,
14:08c'est que Cédric a surpris Delphine en train d'avoir un échange avec son amant
14:11et qu'il a appris Ă cette occasion son existence.
14:14Ou qu'elle lui en a peut-être parlé,
14:15mais qu'en tout cas, il y a eu une dispute ce soir-lĂ ,
14:18très probablement à ce sujet,
14:20ou au sujet de l'avenir de leur couple.
14:22Pour les enquĂŞteurs et magistrats,
14:24CĂ©dric a pris conscience ce soir-lĂ
14:26qu'il allait perdre Delphine
14:28et tout ce qu'il avait avec elle.
14:30La maison, les enfants Ă temps plein,
14:32le confort financier et affectif qu'elle lui a porté.
14:35Et qu'il ne l'a pas supporté.
14:42Damien, il y a encore un élément,
14:45c'est la voiture de Delphine,
14:46on en a déjà rapidement parlé.
14:47Oui, on a déjà parlé de cette Peugeot 207 bleue.
14:50Alors, l'histoire du sens,
14:52est-ce qu'elle était garée dans l'autre sens
14:53par rapport au sens habituel ?
14:54Lui, Cédric, il va dire aux gendarmes
14:55qu'il n'y a pas de sens habituel
14:56et que ça dépend d'où on vient.
14:58Mais les gendarmes, lorsqu'ils vont lui demander
15:00la clé de la Peugeot 207 de Delphine,
15:04véhicule d'ailleurs que Cédric n'a pas pensé
15:06à inspecter au cours de ses supposées recherches
15:08pendant la nuit de la disparition,
15:10les militaires sont tous d'accord
15:12pour dire qu'il se dirige directement
15:14vers un recoin de la pièce principale,
15:15sans hésiter,
15:16oĂą se situe un porte-manteau
15:18et qu'il va chercher les clés
15:19de la voiture de Delphine
15:20dans sa veste marron.
15:22Pourtant, comme il va l'indiquer lui-mĂŞme
15:24lors de sa garde Ă vue,
15:25c'est d'habitude sur le bar de la cuisine
15:28que cette clé de voiture est posée.
15:30Comment pouvait-il donc savoir
15:32Ă ce moment-lĂ
15:33que cette nuit-lĂ ,
15:34ce n'était pas le cas ?
15:35Elle n'était pas sur le bar,
15:37elle était dans la poche
15:37du manteau de sa femme.
15:39On peut encore citer les premiers mots
15:40que Cédric dit aux gendarmes
15:42et qui sont suspects.
15:43Oui, il va dire Ă un gendarme,
15:45les premiers intervenants,
15:47les gendarmes qui arrivent la nuit
15:48où Delphine vient de disparaître,
15:49il va leur dire
15:50« Et qu'est-ce que je vais faire
15:51maintenant qu'elle n'est plus là ? »
15:53Elle est les 5h du matin,
15:54sa femme,
15:55elle a seulement disparu
15:56depuis une heure,
15:58enfin Ă sa connaissance,
15:59donc ce n'est pas peut-ĂŞtre
16:00le moment de se dire
16:01qu'elle n'est plus lĂ
16:02et qu'elle ne reviendra plus.
16:03De la même manière,
16:04vers 8h30 du matin,
16:05quand la mère de Cédric
16:06se présente chez lui,
16:08Cédric est en pleurs,
16:09elle le raconte elle-mĂŞme
16:09et il va dire à sa mère
16:11« J'ai perdu ma femme ».
16:12Enfin, en fin de journée,
16:14après avoir subi
16:15un certain nombre
16:15d'expertise médicale
16:16et une perquisition
16:17de son téléphone,
16:19Cédric, lui,
16:19il ne rentre pas dormir
16:21chez lui.
16:22Donc sa femme vient
16:23de disparaître,
16:23il ne sait pas
16:24si elle est partie
16:25pour quelques heures
16:26ou quelques jours.
16:26On se dit qu'il va l'attendre
16:28fébrilement à la maison.
16:30Ben non, lui,
16:31il part dormir
16:31chez sa mère
16:32le soir mĂŞme
16:33avec ses enfants.
16:33Donc si elle revient,
16:34elle trouvera
16:35une maison vide.
16:36Tout ça ne sont pas
16:37des preuves,
16:38mais c'est un ressenti
16:39de l'attitude d'un homme
16:41qui ne semble pas
16:41vraiment espérer
16:43des retrouvailles.
16:44D'ailleurs,
16:44les gendarmes vont remarquer
16:46qu'après avoir appelé
16:47son épouse
16:47Ă 189 reprises
16:49le mercredi matin,
16:50là , il y a une activité
16:51frénétique,
16:51il essaie absolument
16:52d'avoir des nouvelles
16:53de Delphine.
16:54Ben, dans la soirée,
16:56il n'y a qu'un seul appel.
16:57C'est-Ă -dire,
16:57il appelle beaucoup le matin,
16:59189 coups de fil,
17:00puis une fois dans la soirée,
17:02puis deux fois le lendemain,
17:03et puis plus jamais ensuite.
17:04Comme si pour lui,
17:05l'affaire était réglée.
17:07Tout ça permet d'établir
17:08que la thèse du meurtre
17:10sur conjoint
17:10est crédible.
17:12Pour autant,
17:13il n'y a toujours
17:13aucun élément
17:14qui incrimine
17:16Cédric Jubilard.
17:17Pas directement,
17:18il n'y a pas de traces
17:19d'un potentiel meurtre
17:20commis dans la maison,
17:21de traces de sang
17:22même qui auraient été lavées,
17:23mĂŞme aux abords
17:24de la maison.
17:25Et puis surtout,
17:25il n'y a toujours pas de corps,
17:26pas de preuves,
17:27mĂŞme que Delphine
17:28soit morte,
17:29mĂŞme si tous ses proches
17:31assurent qu'il est
17:32totalement impossible
17:33qu'elle soit partie,
17:34surtout sans ses enfants,
17:36et sans rien dire Ă personne.
17:37Pour résumer,
17:39les gendarmes
17:39attendent beaucoup
17:40de la garde Ă vue
17:41de Cédric Jubilard.
17:43Oui,
17:43parce que c'est un moment
17:44important,
17:44la garde Ă vue,
17:45surtout dans ce type d'affaires
17:46quand on n'a pas de corps,
17:47quand on n'a pas de scène
17:48de crime.
17:49Les aveux,
17:50évidemment,
17:50c'est ce qu'on attend
17:51parce que c'est peut-ĂŞtre
17:52le point de bascule.
17:54Mais il y a beaucoup
17:55d'espoir
17:55qui sont souvent déçus
17:56dans ces cas-lĂ .
17:58Cédric Jubilard,
17:58il est mis
17:59face Ă l'ensemble
18:00de ces éléments
18:02incriminants,
18:02un peu étranges,
18:03mais il va multiplier
18:05les réponses
18:06évasives
18:07sans apporter
18:08de réelles explications.
18:09Il répète
18:10en boucle
18:11quand on lui met
18:12sous le nez
18:12une incohérence
18:13que,
18:13bah oui,
18:14mais d'accord,
18:15c'est peut-être pas cohérent
18:16ce qu'il a dit,
18:16mais c'est pas lui.
18:17Ses avocats d'ailleurs
18:18vont dire
18:19que ces éléments à charge
18:20qui sont présentés
18:21par les enquĂŞteurs
18:22sont Ă la fois
18:23fragiles,
18:24peu convaincants
18:25et très contestables.
18:27Bref,
18:27dans la nuit
18:27du jeudi 17
18:28au vendredi 18,
18:30la garde Ă vue
18:30de Cédric
18:31dure déjà depuis
18:32plus de 35 heures
18:33et ils continuent
18:34de nier,
18:34de tenir en quelque sorte.
18:36Alors,
18:36les gendarmes
18:37vont décider
18:37de jouer leur va-tout.
18:39Ils organisent
18:40une confrontation
18:41entre Cédric
18:42et sa maman Nadine.
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18:54Crime Story,
18:54le podcast
18:55fait divers du Parisien
18:56et plus précisément
18:57le quatrième
18:58des six épisodes
18:59consacrés
19:00au dossier jubilard,
19:01l'affaire sans corps
19:03et sans aveu.
19:04Avec Ă la production
19:05Pénélope Gualchirotti,
19:07Thibaut Lambert
19:08et Clémentine Spiller,
19:09à la réalisation
19:10Julien Moncouquiole
19:11et à la rédaction
19:12en chef
19:12Jules Lavi.
19:13Comme d'habitude,
19:14ce récit était raconté
19:16avec Damien Delsenis.
19:17Les épisodes 5 et 6
19:18seront disponibles
19:20samedi prochain
19:20et en attendant,
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19:23sur le site
19:24leparisien.fr
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