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(Deuxième épisode) Dans une série exceptionnelle en six épisodes, Crime story revient sur l’une des affaires les plus énigmatiques de ces vingt dernières années : le meurtre incompréhensible d’une famille britannique et d’un cycliste en Haute-Savoie. Le mercredi 5 septembre 2012, sur le parking d’une petite route de montagne située à quelques kilomètres de Chevaline, une fusillade éclate. Quatre personnes sont tuées : un cycliste et trois membres d’une même famille à l’intérieur d’une voiture. Une fillette gît sur le sol, elle est entre la vie et la mort. Huit heures plus tard, alors que des dizaines de gendarmes sont sur place, une petite fille de quatre ans est découverte dans la voiture… Dans Crime story, la journaliste Clawdia Prolongeau raconte cette enquête avec Damien Delseny, chef du service police-justice du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Raphaël Pueyo, Thibault Lambert, Clara-Garnier Amouroux, Clémentine Spiler, Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network
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NewsTranscription
00:01Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast fait divers du Parisien.
00:07Avec Damien Delsenis, chef du service police-justice, nous vous racontons aujourd'hui une affaire criminelle en 6 épisodes.
00:15La tuerie de Chevaline.
00:17C'est un promeneur à vélo qui a fait la macabre découverte vers 15h50 cet après-midi.
00:22Une fusillade au fond d'une vallée de Haute-Savoie, 4 morts pour un massacre commis en plein jour, presque
00:28100 témoins, et le début d'une longue enquête aux multiples pistes.
00:33Les victimes ont été découvertes sur les hauteurs du lac d'Annecy.
00:36Bienvenue dans notre série, les fantômes de Chevaline.
00:55Deuxième épisode sur 6
00:58Le mercredi 5 septembre 2012, sur un parking d'une petite route de montagne située à quelques kilomètres de Chevaline
01:04en Haute-Savoie, une fusillade éclate.
01:07Quatre personnes sont tuées, un cycliste et trois membres d'une même famille à l'intérieur d'une voiture.
01:13Huit heures plus tard, alors que des dizaines de gendarmes sont sur place, une petite fille de 4 ans est
01:18découverte dans la voiture.
01:25Le gendarme qui a ouvert la porte de la voiture souffle doucement, et en anglais à la petite fille, «
01:30Viens avec moi ».
01:31Puis il la prend dans ses bras.
01:33La petite fille sourit.
01:35« Il n'y avait alors plus d'enquêteurs, de procureurs », racontera plus tard Eric Maillot, le procureur de
01:41la République d'Annecy.
01:42Juste des hommes et des femmes, heureux d'avoir retrouvé une survivante.
01:46Les larmes ont coulé.
01:48La petite fille est indemne.
01:50Elle lâche quelques mots à son tour.
01:52En anglais, elle raconte que de mauvaises personnes, des « bad people », ont fait beaucoup de bruit.
01:58Elle a eu peur et s'est cachée derrière le siège de son père, au niveau des pieds de sa
02:02mère.
02:03Afin d'éviter les regards et les flashs des journalistes qui font le pied de grue en bas de la
02:06compedire,
02:07les enquêteurs la dissimulent sous un manteau et l'emmènent par précaution à l'hôpital d'Alberville.
02:12La petite fille est placée en observation.
02:15L'appel providentiel du directeur de camping de Saint-Joriot n'a pas seulement permis de délivrer la fillette de
02:21sa cachette.
02:22Il a aussi donné aux victimes un nom de famille.
02:27Un prélèvement sanguin est réalisé sur chaque victime, ainsi qu'un curtage sous les ongles pour confirmer leurs identités.
02:34Les corps sont transportés au centre hospitalier de Grenoble.
02:38Les enquêteurs apprennent que le véhicule BMW est enregistré en Grande-Bretagne au nom de Saad à Lili.
02:44Et les résultats des analyses permettent d'identifier définitivement les victimes.
02:48Le conducteur est donc Saad et les deux femmes à l'arrière sont Iqbal, son épouse, et Swahila, la mère
02:55d'Iqbal.
02:56La petite fille que les enquêteurs ont retrouvée par terre et blessée s'appelle Zainab et a 7 ans.
03:01La plus jeune, retrouvée cachée sous la jupe de sa mère, s'appelle Zina et a seulement 4 ans.
03:11Les Halili vivent à Claygate, une petite ville située à 26 km au sud-ouest de Londres et réputée pour
03:17son calme.
03:18Essentiellement pavillonnaire, pourvue de plusieurs parcs et n'ayant quasiment aucun immeuble ni boulevard,
03:24elle accueille une population aisée d'environ 7000 personnes.
03:28Malgré sa proximité avec une des plus grandes villes du monde, ses habitants apprécient son côté village.
03:34A la fin du mois d'août, en France comme en Angleterre, l'heure de la rentrée scolaire approche.
03:39Mais cette année, les Halili ont décidé de jouer les prolongations.
03:43Six jours avant la tuerie, dans la soirée du jeudi 30 août, la famille charge les affaires dans le break
03:48BMW,
03:49le 530 D Touring, de couleur rouge Bordeaux, auquel ils ont accroché une caravane.
03:54A 22h45, ils embarquent sur un ferry à Douvres, au sud de l'Angleterre, pour une traversée nocturne de la
04:01Manche.
04:02Direction la France.
04:05Cette année, la mère d'Igbal, Swahila, qui a 74 ans, est venue passer les vacances avec eux.
04:11C'est exceptionnel, mais elle vient de perdre son mari, et comme elle habite à Stockholm,
04:15elle n'a pas souvent l'occasion de passer du temps avec sa fille et ses deux petites filles.
04:19Elle est arrivée à Clegate le vendredi 24 août, 8 jours plus tôt, et embarque avec la famille sur le
04:25ferry.
04:26A 1h45 du matin, les Halili, leur break rouge Bordeaux et leur caravane, débarquent à Calais, dans le nord.
04:33Ils entament alors un périple vers la Haute-Savoie, où ils ont prévu de passer une semaine de vacances, dans
04:38un camping.
04:39Sur le trajet, ils prennent leur temps.
04:42C'est en tout cas ce que montre leur itinéraire.
04:44La famille s'arrête pour une première nuit, en Heure-et-Loire, dans un camping près de Dreux.
04:49Le vendredi 31 août, à 14h30, Saad achète avec sa carte bancaire une barre de remorquage.
04:55Un petit élément qui permet d'accrocher la caravane au break, et qu'on leur a volé dans la nuit.
05:00Puis la famille passe sa deuxième soirée, dans un autre camping, à côté de Nevers, dans la Nièvre.
05:05Le samedi 1er septembre, au troisième jour de leur voyage, en début de soirée,
05:10les Halili atteignent enfin leur destination en Haute-Savoie, Saint-Joriot, près du lac d'Annecy.
05:16Là, la grand-mère, les parents et les deux petites filles passent d'abord deux nuits au camping Europa, un
05:22établissement 4 étoiles.
05:24Le dimanche, ils se baladent dans la vieille ville d'Annecy et se prennent en photo devant les bâtiments colorés.
05:29Puis, le lundi 3 septembre, ils repartent en direction d'un camping plus discret que la famille a déjà fréquenté
05:35l'été dernier.
05:36Le solitaire du lac.
05:43Damien Saad Halili, le père de famille, est irakien et il est arrivé en Angleterre quand il avait 9 ans.
05:49Oui, il est né en Irak, où ses parents étaient des notables.
05:54Sa mère était enseignante, son père était un riche homme d'affaires qui a fait fortune en créant des usines
06:00dans des secteurs d'ailleurs assez différents.
06:02Avant d'arriver en Angleterre, il vivait à Bagdad.
06:05C'était une famille aisée, on peut même dire riche, avec déjà un style de vie à l'occidental.
06:11C'est en 1971 que les Halili ont décidé de quitter l'Irak pour fuir le régime de Saddam Hussein.
06:18Avec leurs deux fils, Zaïd l'aîné et donc Saad, le plus jeune qui a 8 ans à l'époque,
06:23ils vont d'abord s'installer à Londres, dans le centre, puis dans cette banlieue chic à Claygate.
06:29Saad et Iqbal se rencontrent en 2003.
06:32À Dubaï, Iqbal vit dans cet émirat.
06:35Saad, lui, il vient de temps en temps en vacances.
06:38Entre eux, c'est le coup de foudre et ils se marient peu de temps après.
06:41Quand elle s'installe à Claygate, dans la maison où vivent encore les parents de Saad et son grand frère
06:46Zaïd,
06:47elle ne travaille pas, son diplôme de dentiste n'est pas valable.
06:51En Angleterre, il faut faire un certain nombre de démarches administratives.
06:55Lui, Saad, il est ingénieur en freelance.
06:58Il est spécialisé dans la conception de satellites à usage civil.
07:03En parallèle, Saad et Iqbal, qui ont eu deux enfants, qui ont accueilli deux petites filles,
07:08se consacrent beaucoup à leur éducation.
07:11Saad et Iqbal adorent la France et ils y voyagent souvent.
07:14Alors non seulement la France, mais surtout la région d'Annecy en particulier.
07:19Ils apprécient le calme, l'élégance, la variété des paysages entre lacs et montagnes.
07:25Et l'un comme l'autre se verrait bien changer de vie.
07:29Et pourquoi pas quitter l'Angleterre pour s'installer un jour dans les Alpes,
07:33soit du côté français, donc vers Annecy, soit du côté suisse,
07:36puisque nous sommes tout près de la frontière.
07:39Le lundi 3 septembre, Saad appelle l'agence Crédit Agricole de Lausanne, en Suisse.
07:44La famille Alili y a un compte.
07:47Dans l'après-midi, il passe d'autres coups de téléphone.
07:50Deux jours plus tard, le mercredi 5 septembre, il fait particulièrement chaud.
07:55Le thermomètre flirte avec les 30 degrés.
07:58Pour trouver un peu de fraîcheur, les Alili décident de se rendre à la grotte de Septnay,
08:02à une vingtaine de kilomètres au sud de leur camping.
08:05C'est la seule grotte ouverte au public en Haute-Savoie.
08:08Les parents Alili ont découvert cette attraction le matin même,
08:11en ouvrant une brochure touristique disponible à la réception du camping.
08:15Profiter d'une activité qui offre fraîcheur et découverte ludique,
08:18voilà qui leur semble être le plan idéal pour satisfaire les petites filles, comme les adultes.
08:24Après le déjeuner vers 14h, Saad, Iqbal, Swahila, Zainab et Zina quittent le camping
08:30à bord de leur BMW Bordeaux, délestés de la caravane.
08:34Plutôt que d'emprunter la route la plus rapide,
08:36ils choisissent de prendre leur temps et de s'arrêter à Doucars,
08:39une commune située au sud du lac d'Annecy.
08:41La météo est radieuse.
08:44A 15h17 précisément, les Alili sont arrêtés sur la route du Moulin,
08:48à quelques centaines de mètres de la route forestière,
08:51dans un charmant hameau traversé par Lyre,
08:53un torrent qui descend de la montagne jusqu'au lac d'Annecy.
08:57Swahila prend une photo de la famille, sa fille, son gendre et leurs deux enfants.
09:02Sur l'image, on voit Saad, les cheveux grisonnants,
09:05habillé d'un polo bleu et dans une position légèrement courbée.
09:09Il pose affectueusement les mains sur le ventre de sa fille aînée,
09:12Zainab, debout juste devant lui.
09:14A sa gauche, Iqbal, sa femme, est vêtu d'un haut noir à manches courtes
09:18et d'une jupe large en jean bleu, qui descend jusqu'à mi-mollet.
09:22Un sourire timide éclaire son visage,
09:24encadré par des cheveux longs et bruns, teintés de quelques reflets rouges.
09:28Elle tient dans ses bras sa fille cadette, Zina.
09:31Derrière l'appareil, la grand-mère Swahila est vêtue de vêtements amples
09:35et à la tête recouverte d'un châle noir.
09:43Damien, quelques minutes plus tard, la famille s'installe à nouveau dans la voiture.
09:48Oui, et comme Zainab est malade habituellement en voiture,
09:52elle va s'installer à l'avant, surtout qu'en montagne, les routes ont tendance à tourner.
09:56Sa mère, sa grand-mère et sa petite sœur vont donc se mettre à l'arrière.
10:01La voiture démarre.
10:02Ils vont passer devant la Syrie, dépasser le fameux panneau qui indique qu'au bout de cette route,
10:08c'est une forme de cul-de-sac et ils vont continuer sur cette route forestière de la Combedire.
10:13C'est un endroit très fréquenté.
10:14En tout cas, l'été, c'est un lieu de passage.
10:17Pourquoi ? Parce que cette route mène au départ d'une dizaine de chemins de randonnée.
10:22On y croise des voitures, des piétons, des vélos.
10:26C'est d'ailleurs quelque chose qui marquera plus tard une des procureurs qui a travaillé sur l'affaire
10:31puisqu'elle refera le même trajet que les Halili à la même période
10:35et elle notera que ce n'est pas du tout un endroit isolé, que ce n'est pas du tout
10:38une route peu fréquentée.
10:40D'ailleurs, le 5 septembre 2012, environ 15 minutes avant que les Halili ne s'engagent sur cette route,
10:46Sylvain Mollier, le cycliste, qui fait lui aussi partie des victimes,
10:50est également passé devant l'ancienne Syrie et s'est engagé sur cette même route.
10:55Sylvain Mollier est originaire de Savoie.
10:57Oui, il est du coin, comme on dit. Il a 45 ans ce jour-là.
11:00Il est parti de chez lui vers 14h pour une sortie longue à vélo, seul,
11:05comme il a l'habitude d'en faire assez souvent.
11:07Il dit à sa compagne qu'il veut rejoindre une combe au-dessus de Doucard
11:12sans donner plus de précision sur son trajet.
11:14À 15h28, le téléphone de Sylvain Mollier sonne et il répond.
11:18Oui, ça permet de confirmer ce que pensent les gendarmes.
11:22En répondant, il va déclencher un relais, celui de Taloir, à côté du lac d'Annecy.
11:28Ensuite, c'est son ex-femme qui l'appelle.
11:30Et là, il lui répond d'ailleurs, il lui dit qu'il est en plein effort,
11:33qu'il est assez essoufflé, qu'il la rappellera donc plus tard.
11:37Donc très probablement, à cette heure-là,
11:40Sylvain Mollier est déjà engagé sur la route qui monte,
11:43la route de la Comte d'Ire,
11:45et qu'il se trouve à ce moment-là devant Léa Lili.
11:49Sylvain Mollier est né à Annecy, le 12 avril 1967.
11:53Il vit à Ugine, une bourgade ouvrière à une dizaine de kilomètres d'Alberville,
11:58une vingtaine de chevalines.
12:00Dernier né de la fratrie, il a trois frères, plus âgés que lui,
12:03et une sœur, Sylviane, dont il s'est toujours sentie très proche.
12:07Plusieurs membres de sa famille font partie des témoins de Jéhovah, mais pas lui.
12:12Comme beaucoup de jeunes de sa génération à Ugine,
12:14il est embauché à 21 ans au sein de l'usine Césus,
12:17une filiale du groupe Areva, où il occupe un poste de compacteur soudeur.
12:22En interne, Sylvain Mollier se fait surtout connaître
12:24comme président du club de foot en salle de l'entreprise.
12:28Après une vilaine blessure, ce sportif accompli se détourne du ballon rond
12:31pour dépenser son énergie dans un sport moins traumatisant, le cyclisme.
12:36Dès l'arrivée des beaux jours dans les Alpes,
12:38il fait plusieurs sorties par semaine au guidon d'un vélo plutôt haut de gamme,
12:41acheté d'occasion à un de ses collègues de travail.
12:45Sylvain Mollier est père de trois garçons.
12:47En 2012, Léo et Matisse ont 12 et 15 ans.
12:50Ils sont issus d'une première union.
12:53Son troisième fils, lui, a seulement deux mois.
12:55Il est le fruit d'un coup de foudre qu'il a eu pour Claire, rencontrée il y a deux
12:59ans.
13:00Claire a 29 ans et elle est propriétaire d'une pharmacie à Ugine.
13:03Elle gagne très bien sa vie, ce qui permet notamment à Sylvain
13:07de prendre un congé paternité à la naissance de Louis.
13:10Claire, comme tous les autres proches de Sylvain,
13:12dit de lui qu'il est un homme franc, serviable, calme, casanier et un peu rêveur.
13:18Le plus souvent, quand il part rouler,
13:20Sylvain Mollier est seul et trace son itinéraire au gré de ses envies et de sa forme du jour.
13:25Le mercredi 5 septembre 2012,
13:27il dit à sa compagne qu'il va se rendre au-dessus du village de Doucard.
13:31C'est Thierry, le père de Claire, qui lui a parlé, plusieurs mois auparavant,
13:35d'une belle montée, au-dessus de Marceau, l'un des hameaux qui composent le village.
13:43Damien, Sylvain Mollier s'engage sur cette route de la Combedire,
13:46donc au bout de laquelle il y a un parking, le parking du Martinet.
13:50Ce parking, c'est en fait surtout un point de départ pour les randonneurs.
13:54C'est-à-dire que quand on arrive à cet endroit, souvent en voiture, au bout des 3,3 km
13:59de route,
14:00il y a un endroit pour se garer, pour garer une dizaine de voitures,
14:03et une route qui va continuer après, mais avec une barrière et un panneau
14:07qui indiquent très clairement que la circulation est interdite à partir de cet endroit au véhicule motorisé.
14:14La barrière, elle est ouverte, mais le panneau précise bien qu'à moins d'une dérogation, c'est interdit.
14:19Et de toute façon, un peu plus loin, cette route, elle va se diviser en deux,
14:23avec un virage à gauche et une route très difficilement praticable,
14:27et à droite, un chemin destiné exclusivement aux randonneurs
14:31ou éventuellement aux cyclistes munis d'un VTT.
14:34D'un point de vue touristique, cette route de la Combedire n'a pas beaucoup d'intérêt.
14:38Alors, aucun sinon de desservir les fameux chemins de randonnée qui se trouvent plus haut.
14:42On l'a dit, une Combe, c'est presque une sorte de ravin au fond de laquelle il y a
14:47un passage,
14:48mais aucun point de vue, pas d'attraction touristique à part,
14:51donc si on veut faire de la randonnée pédestre ou du VTT.
14:55En gros, il n'y a pas vraiment d'autre raison pour emprunter cette route.
14:59Or, on suppose que les Halili, eux, n'ont pas prévu de randonnée pédestre,
15:04tout simplement parce qu'ils ne sont pas habillés pour.
15:07Le père porte des crocs, ce sont des chaussures ouvertes ce jour-là.
15:11Sylvain Mollier, lui, il a un vélo de route, pas du tout un VTT,
15:15donc pas du tout adapté au chemin sur lequel il va tomber après le parking du Martinet.
15:21En clair, la question qu'on se pose, c'est de savoir pourquoi ils sont allés,
15:26les Halili comme Sylvain Mollier, sur cette route.
15:29Alors, c'est vrai que si, en haut du parking, il est très clair qu'on ne peut pas aller
15:34plus loin,
15:34en bas, la formulation écrite sur le panneau routier n'est pas extrêmement claire.
15:40Donc, il est tout à fait possible qu'en allant à cet endroit précisément,
15:45les Halili, tout comme Sylvain Mollier, se soient tout simplement trompés de route.
15:53Au total, 21 balles ont été tirées avec la même arme.
15:5717 ont atteint les victimes.
16:00Il est possible qu'il y ait eu plusieurs agresseurs,
16:02mais si c'est le cas, un seul d'entre eux a tiré.
16:05Et avec une telle précision, c'est forcément un tireur aguerri.
16:09Les gendarmes se demandent d'abord si le mobile n'est pas un accident de chasse.
16:13Le chasseur aurait tué quelqu'un sans faire exprès,
16:16et il aurait décidé d'éliminer ensuite les témoins directs de cet accident.
16:20Mais le calibre de l'arme ne semble pas aller dans le sens de cette hypothèse.
16:24Les enquêteurs récupèrent les douilles,
16:26elles sont marquées de l'inscription T93.
16:28Mais il n'y a aucune empreinte exploitable dessus.
16:31On tente d'identifier une autre affaire criminelle portant la même signature balistique.
16:35On ne trouve rien.
16:37Les autopsies des corps des victimes permettent d'établir que Sylvain Mollier a été touché à cinq reprises.
16:43Les époux à Lily quatre fois chacun, et Swahila, la grand-mère, trois fois.
16:48Point commun très singulier,
16:50les victimes ont toutes été atteintes d'une ou de deux balles dans la tête.
16:54Mais dans quel ordre ont-elles été visées ?
16:58Sur la scène de crime, les enquêteurs isolent également deux morceaux de plastique de couleur rouge bordeaux,
17:03pouvant provenir de la crosse d'une arme de poing, ainsi que des petits débris blancs.
17:07Le calibre de l'arme utilisé, 7,65 par abellum, et les éléments issus de la crosse permettent de savoir
17:13que c'est un Luger P06-29,
17:16un pistolet de fabrication suisse datant des années 1950.
17:20En Suisse, tout citoyen est considéré comme militaire jusqu'à l'âge de 50 ans.
17:24A 20 ans, les jeunes se voient remettre à l'occasion de leur service militaire
17:28soit un pistolet avec un étui et deux chargeurs, soit un fusil d'assaut.
17:32Ils gardent cette arme jusqu'à la libération de leurs obligations.
17:36Jusqu'en 2008, les soldats conservaient également une boîte de cartouches scellées correspondant à leur arme de service.
17:42Entre le service militaire et la libération de ses obligations,
17:45le soldat suisse est astreint à des tirs obligatoires dans un stand de tir militaire.
17:49C'est l'occasion à chaque fois de lui remettre des munitions correspondantes au calibre de son arme.
17:55Ses tirs ne sont pas vraiment surveillés et il est possible que des munitions soient sorties du stand.
18:01Une fois libérée de ses obligations, l'ancien soldat peut conserver son arme et n'est pas obligé de la
18:06déclarer.
18:13Damien, à partir de ces informations, les enquêteurs espèrent remonter jusqu'au propriétaire du pistolet.
18:19Le nombre de l'ouguère P0629 qui circule en Suisse est de 28 086 pièces.
18:28C'est très précis.
18:29Une seule série, par contre, de l'ordre de 6 000 armes environ, était équipée de ces plaquettes rouges dont
18:35la fragilité était d'ailleurs connue, répertoriée.
18:38La plupart des plaquettes étaient d'ailleurs échangées contre d'autres fabriquées par la maison Mauser en Allemagne.
18:45Seuls les collectionneurs cherchaient à conserver ces plaquettes d'origine.
18:49Quant aux dernières armes de type P06, elles ont été mises en service en 1952.
18:56Conclusion, cette arme est à la fois ancienne et relativement rare.
19:01Ce type d'arme peut être utilisée avec des chargeurs de 8 balles, mais 21 munitions ont été tirées en
19:08l'occurrence, ce qui n'est pas un multiple de 8.
19:10Donc, première information d'abord, l'arme, elle a été rechargée pendant la tuerie, au moins deux fois.
19:18Deuxième info, soit il manquait des balles dans le dernier chargeur, soit l'arme s'est enrayée, ce qui est
19:24possible parce qu'on l'a dit, une arme ancienne qui ne fonctionne peut-être plus très bien.
19:30Étant donné la fréquence très rapide des tirs ce jour-là, l'arme peut très bien s'être enrayée.
19:34En tout cas, on pense que le tireur n'a pas sciemment choisi de ne pas utiliser toutes ses munitions.
19:41Pourquoi ? Parce que c'est la manière dont il a frappé Zainab, la petite fille, avec la crosse de
19:47l'arme.
19:47Ce qui laisse penser qu'il n'a pas réussi à la tuer alors qu'il avait essayé au préalable
19:53de lui tirer dessus.
19:54D'ailleurs, il y a un projectile qui a atterri dans l'épaule de Zainab.
19:57Donc, on a l'impression qu'il est à bout de munitions et qu'il finit par se servir de
20:02sa crosse pour essayer de tuer la petite fille.
20:04S'il avait pu, il lui aurait sans doute tiré une balle dans la tête, comme aux autres victimes.
20:09Donc, soit il manquait des balles dans un des chargeurs, soit l'arme s'est enrayée.
20:16Le lendemain de la tuerie, le jeudi 6 septembre à 11h30,
20:21deux officiers de police judiciaire se présentent à l'hôpital d'Alberville,
20:24où est placée en observation Zina, retrouvée dans la voiture de ses parents.
20:28La petite fille, prostrée dans son lit, se repose.
20:31Le personnel médical les informe que depuis son arrivée, la veille, la fillette ne parle pas et pleure beaucoup.
20:38C'est seulement quand une infirmière lui lit des livres en anglais qu'elle se calme un peu.
20:42Les officiers sont accompagnés d'une employée du consulat de Grande-Bretagne pour faire la traduction.
20:47Dans un premier temps, ils ne parlent pas de l'affaire, mais restent avec Zina pour tenter de la mettre
20:51en confiance.
20:53Au bout de quelques heures, une psychiatre et un psychologue passent voir la fillette.
20:57Ils n'émettent aucune objection à ce qu'elle soit auditionnée.
21:01Après leur passage, Zina s'installe sur les genoux de la traductrice.
21:05A 16h15 précisément, un des officiers allume la caméra destinée à filmer l'entretien.
21:11L'audition commence.
21:14La petite fille confirme qu'il y avait cinq personnes dans la voiture.
21:19Saad, son père, était au volant.
21:21Zainab, sa grande sœur, était assise à l'avant.
21:23Et elle, assise à l'arrière, entre sa mère et sa grand-mère.
21:27Elle raconte qu'en partant du camping, ils se rendent directement au parking du Martinet, qu'elle appelle le lieu.
21:33Zina n'a pas le souvenir d'avoir vu un autre véhicule sur la route de la Combedire.
21:38Quand la voiture s'arrête, son père et sa sœur descendent.
21:41Les trois passagers arrière s'apprêtent également à sortir.
21:43Mais la chose, comme dit la petite fille, commence.
21:48En prononçant ces mots, la chose, Zina se referme et se blottit contre la traductrice.
21:54Elle regarde par la fenêtre et cesse de parler.
21:57Les officiers l'incitent à continuer.
22:00Zina poursuit, en disant qu'elle reste dans la voiture avec sa mère et sa grand-mère.
22:04Elle n'entend pas si son papa discute à l'extérieur de la voiture, mais elle sait qu'il est
22:08dehors.
22:09À un moment, elle entend son père appeler sa sœur qui est sortie elle aussi.
22:14Puis il remonte dans la voiture.
22:16Ce qu'elle assimile alors à un feu d'artifice commence.
22:19Zainab n'est pas revenu.
22:20Les portières et les fenêtres de la voiture sont fermées.
22:23Le feu d'artifice continue.
22:24Se sentant en danger sur le siège, Zina se cache au pied de sa mère.
22:28Et elle ne bouge plus.
22:30Au bout de quelques minutes, elle demande à ses parents ce que c'est que cette chose.
22:34Ils ne répondent pas.
22:36Zina dira ensuite être restée très longtemps dans la voiture.
22:40Depuis sa cachette, elle sent que sa mère ne bouge plus.
22:43Avec sa main, elle dessine le filet de sang qu'elle voit couler de la commissure de ses lèvres jusqu
22:48'à son cou.
22:50Ensuite, Zina entend la voix d'un homme et celle d'une femme qui lui semblent parler une autre langue.
22:55La petite fille est fatiguée et a de plus en plus de mal à répondre aux questions.
23:00Elle dit ne plus vouloir parler de la chose.
23:02L'audition prend fin à 16h50, après 35 minutes d'entretien.
23:13Damien, ce même jour, les autopsies sont pratiquées sur les corps.
23:17Les conclusions sont les suivantes.
23:19Sylvain Mollier a été touché par 5 balles qui ont occasionné plusieurs fractures au niveau des côtes et de l
23:25'omoplate gauche.
23:27D'autres tirs ont visé sa tête, puis son visage, de face comme de dos.
23:33Sans doute des tirs pour l'achever.
23:35Les constatations sur la scène de crime avaient permis de retrouver des traces du sang de Sylvain Mollier
23:40sous le châssis de la voiture des Halili.
23:43Et l'autopsie révèle des lésions d'écrasement.
23:46Donc, l'hypothèse privilégiée à ce stade, c'est que Sylvain Mollier a d'abord reçu des tirs sur le
23:52haut du corps.
23:53Il est tombé au sol.
23:55La voiture, le break BMW des Halili, lui a roulé dessus.
23:59Il l'a traîné sur le sol, sur quelques mètres.
24:01Et qu'après ça, le tueur, le tireur, est venu l'achever en lui tirant dans le visage et dans
24:07la tête.
24:08Saad a lui aussi été visé par plusieurs coups de feu, tiré depuis l'extérieur de la voiture.
24:14Oui, on pense qu'il n'a pas été touché quand il était à l'extérieur, mais une fois qu
24:19'il s'était rassis derrière le volant,
24:21que les coups de feu ont donc été tirés à travers la portière ou à travers la vitre de la
24:25voiture,
24:26comme pour sa femme Iqbal d'ailleurs et sa belle-mère Swahila.
24:30Au total, Saad et Iqbal ont reçu quatre projectiles chacun et Swahila, trois.
24:35Des prélèvements sont également réalisés sur les deux petites filles qui sont encore en vie.
24:40Oui, Zainab, on l'a dit, la petite fille de 7 ans qui a été sévèrement blessée.
24:44Elle, elle a pris une balle dans l'homoplate et ensuite, elle a été frappée fortement par un objet contondant
24:51qui pourrait être, on l'a vu, la crosse du pistolet.
24:54Les coups portés sur Zainab ont été suffisamment violents pour qu'elle perde connaissance,
24:59pour qu'elle soit même entre la vie et la mort pendant quelques heures.
25:03Malgré ce contact donc rapproché entre le tueur et la petite fille,
25:07on ne trouve pas de profil génétique étranger et exploitable, ni sur elle, ni sur ses vêtements.
25:14Idem pour sa sœur Zina qui était cachée, on le sait, à l'arrière de la voiture.
25:18Le seul élément découvert, c'est un poil de Brett Martin,
25:23donc le cycliste anglais qui est le premier témoin de la scène,
25:25mais cela ne permet nullement de conclure quoi que ce soit.
25:32Les analyses des traces de pneus laissées sur le parking du Martinet par la BMW,
25:36le résultat de l'expertise balistique et le premier témoignage de Zina,
25:40permettent aux enquêteurs d'esquisser un scénario de la tuerie.
25:43Ils supposent que les choses se sont déroulées de la manière suivante.
25:47Après s'être garés en marche avant, en haut du parking,
25:50Saad, le père, et sa fille aînée, Zainab, sortent de la voiture.
25:54Sylvain Mollier, le cycliste, est présent à leur niveau.
25:57Impossible de dire précisément combien de temps s'écoule,
26:00mais le père se met à hurler sur sa fille pour qu'elle revienne se mettre à l'abri dans
26:03la BMW.
26:05La fusillade a commencé.
26:07Le père démarre en marche arrière.
26:09Sylvain Mollier, déjà fauché par plusieurs balles à cet instant, s'est écroulé.
26:13Au cours de cette manœuvre en forme d'arc de cercle,
26:16la voiture accroche et traîne le corps du cycliste savoyard sur 3,50 m.
26:20Impossible toutefois de savoir si Sylvain Mollier a été visé en premier.
26:25Les coups de feu se poursuivent.
26:26Ils visent les occupants de la voiture en mouvement.
26:29Saad Alili est probablement grièvement atteint.
26:32La BMW heurte le talus qui borde le parking et s'immobilise.
26:37Les roues arrière tournent dans le vide.
26:39Le tueur s'approche du véhicule et exécute le père, la mère et la grand-mère.
26:45Chacun reçoit deux balles dans la tête.
26:47Puis Sylvain Mollier, probablement déjà mort, est achevé d'une balle dans le visage.
26:52Touché d'une balle à l'épaule, Zainab est toujours en vie.
26:55Mais le tueur n'a plus de munitions.
26:57Il s'approche alors d'elle et tente de l'achever en la frappant un coup de crosse.
27:10Damien, selon les experts, la fusillade s'est déroulée dans un temps très court.
27:14De l'ordre de 90 secondes selon les estimations.
27:18Une minute trente donc.
27:19Ensuite, le tireur a tenté d'achever Zainab en la frappant.
27:24Alors, pourquoi est-il parti ensuite ?
27:26Pourquoi a-t-il pris la fuite à ce moment-là ?
27:28Alors, soit on l'a dit parce que son arme s'est enrayée,
27:30soit parce qu'il s'est retrouvé à court de munitions,
27:33soit parce qu'il a cru avoir tué Zainab en la frappant avec la crosse du pistolet.
27:38Dernière possibilité, et ça c'est une hypothèse intéressante,
27:41c'est que c'est l'arrivée d'un témoin,
27:44et en l'occurrence du cycliste anglais William Brett Martin,
27:48qui l'a empêché d'achever sa besogne.
27:51Vu la configuration en cul-de-sac du parking du Martinet,
27:54on suppose que William Brett Martin a forcément croisé le véhicule des tueurs
27:58s'ils sont repartis en voiture.
28:00Oui, et pourtant, Brett Martin dit que non.
28:03Alors, dans les enquêtes criminelles,
28:05on dit toujours que la première personne qui a vu les victimes,
28:10qui a vu les victimes mortes,
28:11est aussi souvent statistiquement la dernière à les avoir vues vivantes.
28:17Alors, une des premières pistes logiques des enquêteurs qu'ils vont étudier,
28:21c'est que le tueur, ce soit lui, le cycliste anglais William Brett Martin.
28:33Vous venez d'écouter le deuxième épisode sur six de notre série « Les fantômes » de Chevaline.
28:40Un épisode produit par Clara Garnier-Amourou,
28:43Pénélope Gualquierotti,
28:44Thibault Lambert,
28:45Raphaël Puyot et Clémentine Spiller.
28:48Réalisation et mixage,
28:49Julien Moncouquiole.
28:51Rédacteur en chef,
28:52Jules Lavi.
28:53Vous pouvez retrouver sur notre site internet les documents que nous avons cités
28:57et écouter la suite de ce podcast dans le troisième épisode,
29:01déjà disponible sur leparisien.fr
29:03et sur toutes les plateformes d'écoute.
29:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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