- il y a 9 heures
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Le 31 janvier, pour la première fois depuis le début de la construction européenne, un pays membre a quitté l’UE. Code source raconte en deux épisodes cet événement historique.
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NewsTranscription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavie pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:15Depuis le temps qu'on en parlait, on aurait pu croire qu'il n'arriverait jamais.
00:19Et pourtant, le Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne,
00:24est effectif depuis le 31 janvier.
00:34Donc là, le Royaume-Uni de l'Union Européenne, 47 ans de l'histoire,
00:42qui a pris à un fin, en nom de la sovraînité et l'indépendance.
00:47Comment en sommes-nous arrivés là ?
00:49Comment cette promesse, venue d'un petit parti populiste,
00:52est devenue une hypothèse sérieuse, puis une réalité ?
00:55CodeSource répond à ces questions en vous racontant, en deux épisodes,
01:00« Les événements qui ont conduit au Brexit ».
01:02Récit de Marion Lourd, correspondante du Parisien Long.
01:12Marion Lourd, tout commence avant la campagne pour les élections législatives de 2015.
01:17Un petit parti eurosceptique lance l'idée d'un référendum sur une sortie de l'Union Européenne.
01:23Oui, c'est le parti UKIP, en fait, qui a eu cette idée d'un référendum sur l'Union Européenne.
01:28Bon, quand même, l'euroscepticisme britannique, ça remonte bien avant UKIP.
01:32Ça remonte aux années 80, même à Margaret Thatcher, qui disait « Je veux récupérer mon argent ».
01:37Donc, c'est une histoire.
01:38Mais cette tendance, elle se renforce, en fait, après la crise financière de 2008,
01:45qui a donné lieu à une véritable austérité dans le pays.
01:50Les gens ont été soumis à des coupes budgétaires, etc.
01:53Et donc, il y a une véritable colère dans le pays.
01:55Et en fait, on cherche un bouc émissaire.
01:57Et parmi les boucs émissaires, celui qui est désigné par Nigel Farage,
02:01qui est le patron du parti UKIP, eh bien, c'est l'Europe.
02:07Et donc, il réclame de vile voie, il réclame très fort un référendum sur l'appartenance à l'Union Européenne.
02:16Et c'est une idée qui va effectivement être récupérée.
02:20Et c'est ce que va faire le leader des conservateurs, David Cameron.
02:24David Cameron, il récupère cette idée de référendum.
02:28Mais pourquoi ? Parce qu'en fait, il subit dans les urnes une défaite lors des élections européennes de 2014.
02:35Où c'est le parti UKIP, le parti eurosceptique de Nigel Farage,
02:39qui est le premier arrivé, en fait, aux élections européennes de 2014.
02:42Et donc, pour récupérer sans doute une partie de cet électorat,
02:46David Cameron dit, je vais aller voir l'Union Européenne,
02:50demander des concessions sur plusieurs points.
02:52Alors, il y a la question des normes,
02:55qui, d'après les milieux économiques, seraient un frein à l'activité économique.
02:59Les normes européennes.
03:01Il y a la question de la migration.
03:03Ça, c'est plutôt dirigé vers la working class, la classe ouvrière.
03:07Puis, il y a la question de l'élargissement,
03:09alors qu'il y a un chiffon rouge aussi pour les eurosceptiques.
03:11Donc, il va demander, David Cameron,
03:13des concessions aux 27 autres pays sur tous ces thèmes-là
03:17pour arriver à un statut spécial, en quelque sorte,
03:22de la Grande-Bretagne au sein de l'Union Européenne.
03:24Et ce que dit David Cameron, le leader des conservateurs,
03:27c'est, je vais vous proposer ensuite
03:29de rester dans l'Union Européenne avec ce statut spécial
03:32ou bien de sortir de l'Union Européenne.
03:35Et c'est là que le référendum devient vraiment une idée réaliste
03:39et qu'il devient un projet.
03:42Il est même intégré, en fait,
03:43au programme législatif du Parti conservateur.
03:50David Cameron remporte l'élection le 7 mai 2015.
03:54Il devient Premier ministre
03:56et il va organiser le référendum.
03:58Effectivement, David Cameron a promis ce référendum
04:01pour rester à la tête de son parti.
04:03Et donc, il est obligé de mettre en œuvre cette promesse
04:06puisqu'il l'a inscrite dans le programme du Parti conservateur.
04:10Avant ce référendum, pendant la campagne,
04:12qui se fait le plus entendre ?
04:13Il y a déjà Boris Johnson,
04:15qui est devenu aujourd'hui le Premier ministre britannique,
04:18mais qui est l'un des porte-voix,
04:20l'un des porte-paroles de la campagne du livre,
04:22la campagne de ceux qui veulent quitter l'Union Européenne.
04:26Et Boris Johnson, il a mis un peu de temps
04:29à se décider pour savoir s'il allait faire campagne
04:32pour quitter l'Union Européenne
04:33ou pour rester au sein de l'Union Européenne.
04:35Il a écrit deux tribunes différentes.
04:38Une tribune qui disait
04:39« Nous devons rester au sein de l'Union Européenne,
04:41voilà pourquoi ».
04:42Et une tribune qui disait
04:43« Nous devons quitter l'Union Européenne,
04:46voilà pourquoi ».
04:46Et en fait, il s'est décidé quasiment au dernier moment
04:49sur quelle tribune il allait finalement publier dans la presse.
04:52Donc, il a pris une position un petit peu opportuniste
04:56de défendre la sortie de l'Union Européenne,
05:00sans doute sans y croire complètement.
05:02« I will be advocating vote Leave ».
05:04« Take back control of our country ».
05:09Dans les porte-voix de la campagne du Leave,
05:12de ceux qui veulent partir,
05:13il y a évidemment Ned Jel Farage
05:14et le parti eurosceptique et UKIP.
05:17Et puis Dominic Cummings,
05:19qui est aujourd'hui conseiller spécial de Boris Johnson
05:21et qui est un petit génie de la data, de la donnée.
05:25Il sait manipuler les données,
05:27il sait les utiliser pour en tirer profit.
05:30Ça, c'est du côté du Leave,
05:32du côté du Remain,
05:33de ceux qui veulent rester au sein de l'Union Européenne.
05:35Il n'y a pas vraiment de figure charismatique, en fait.
05:39Il y a David Cameron qui lui dit
05:41« Voyez les concessions que j'ai obtenues,
05:43c'est une bonne idée pour nous
05:44de rester au sein de l'Union Européenne
05:45avec ces concessions. »
05:47Mais au-delà de David Cameron,
05:48il n'y a pas vraiment de grand porte-parole
05:51de la campagne du Remain,
05:53même si, au fond,
05:54une bonne partie des politiques
05:55sont en faveur du Remain.
05:57Mais très peu osent se mouiller
05:58et devenir vraiment des figures de proue du Remain.
06:01Et donc, on a juste une organisation
06:02qui s'appelle « Britain Stronger in Europe »
06:05et qui va devenir plus tard
06:07une organisation d'opposition au Brexit
06:09après le résultat du référendum.
06:11Ceux qui veulent quitter l'Union Européenne,
06:13Nigel Farage ou Boris Johnson,
06:15par moments, ils n'hésitent pas à mentir,
06:17clairement, dans cette campagne ?
06:18Boris Johnson, notamment, est resté célèbre
06:21parce que, sur un bus de campagne,
06:24de la campagne du Leave,
06:25il a laissé inscrire
06:27que si le Royaume-Uni
06:29quittait l'Union Européenne,
06:30il allait récupérer
06:31350 millions de livres par semaine
06:34pour le système de santé Anachès,
06:37le système de santé britannique,
06:38qui est public.
06:39C'était complètement faux.
06:40Il l'a admis, d'ailleurs, après,
06:42en expliquant que c'était
06:43un propos de campagne.
06:48En décembre,
06:49c'est-à-dire six mois avant le référendum,
06:50les sondages montrent clairement
06:51que les Britanniques veulent rester
06:53au sein de l'Union Européenne.
06:54Les sondages, petit à petit,
06:57en se rapprochant de la date fatidique
06:59du référendum, du 23 juin,
07:01deviennent un peu plus tangents.
07:03Mais malgré tout,
07:05la plupart des sondages
07:06donnent quand même le « remain »
07:08gagnant pour le jour du référendum.
07:12Le nombre de votes
07:14qui ont été mis en favori de Leave
07:16était de 17 410 742.
07:22Ce qui signifie que l'Union Européenne
07:24a voté pour quitter l'Union Européenne.
07:27Le 23 juin 2016,
07:29le soir du référendum,
07:30coup de tonnerre,
07:31le Brexit l'emporte avec 52% des suffrages.
07:34Ah oui, c'est la surprise.
07:36C'est le Leave qui l'a emporté.
07:37C'est vraiment un coup de tonnerre.
07:39D'ailleurs, il y a des réactions assez étranges.
07:41Par exemple,
07:41Nigel Farage,
07:42qui finalement était le premier à avoir émis
07:45l'idée du référendum,
07:46Nigel Farage quitte la tête de son parti
07:48de façon un peu précipitée.
07:50Boris Johnson,
07:51lui aussi,
07:52renonce finalement assez vite
07:54à se présenter
07:55à la tête du parti conservateur.
07:57C'est-à-dire que la surprise,
07:57elle est partout,
07:59y compris dans le camp
08:00de ceux qui voulaient quitter l'Union Européenne.
08:02Et David Cameron démissionne.
08:07Il dit,
08:08très peu de temps après le référendum,
08:10je ne pense pas pouvoir être le capitaine
08:13qui conduit le Royaume-Uni
08:14à sa prochaine destination.
08:15C'est son grand échec, finalement.
08:19C'est lui qui a rendu
08:21le référendum possible.
08:22C'est lui qui l'a rendu concret.
08:24Il a fait campagne.
08:25Il est le seul, finalement,
08:26la seule grande figure
08:27à avoir fait campagne
08:28pour rester dans l'Union Européenne.
08:30Il a perdu.
08:3915 jours plus tard,
08:40le 13 juillet,
08:41c'est sa ministre de l'Intérieur,
08:42Thérèse Hamet,
08:43qui devient Premier ministre.
08:45Est-ce que l'on connaît
08:45son point de vue sur le Brexit ?
08:47En fait, Thérèse Hamet,
08:48comme quasiment l'ensemble
08:50des politiques britanniques,
08:52elle a voté contre le Brexit.
08:55Elle a voté contre tout en disant
08:57« Mais si, finalement,
08:59nous sortons de l'Union Européenne,
09:01alors ce ne sera pas la fin du monde. »
09:02C'est ce qu'elle avait dit à l'époque.
09:04Donc, Thérèse Hamet
09:05est une plutôt pro-européenne modérée,
09:09on va dire.
09:10C'était aussi,
09:11et c'est peut-être ça
09:12qui a aidé, finalement,
09:13à sa victoire,
09:14c'était aussi une ministre
09:15de l'Intérieur
09:16assez intransigeante
09:17qui avait notamment
09:18essayé de limiter
09:20beaucoup l'immigration.
09:22Donc, c'est peut-être ça
09:23qui a aidé à la portée
09:24à la tête du Parti conservateur
09:25parce qu'un des ressorts
09:27du vote pour le Brexit,
09:28c'est la lutte
09:30contre l'immigration.
09:30Et donc,
09:31elle arrive
09:31à la tête du pays,
09:33elle fait un grand
09:34remaniement ministériel
09:35et puis elle prend les commandes.
09:36Elle avait voté
09:37pour le maintien
09:37de la Grande-Bretagne
09:39dans l'Union Européenne
09:40et pourtant,
09:41elle prend position
09:41pour un Brexit dur.
09:43En fait,
09:44elle est obligée,
09:44Theresa May,
09:45de défendre le Brexit
09:47puisqu'un référendum
09:48vient d'avoir lieu
09:50et effectivement,
09:51elle se prononce
09:52pour un Brexit dur.
09:54Elle dit
09:54« Brexit means Brexit ».
09:56Traduction,
09:57le Brexit,
09:58ça veut dire Brexit,
09:59mais donc,
09:59ça veut dire
09:59quitter l'Union Européenne.
10:01Alors,
10:01ce sont des mots.
10:03C'est-à-dire que
10:03c'est une position
10:04un peu intransigeante
10:06qui est affichée aussi
10:07parce que pour gouverner,
10:09elle a besoin du soutien
10:11des gens qui ont voté
10:12pour le Brexit
10:13et notamment des gens
10:14qui ont défendu le Brexit
10:15au sein de son parti.
10:16Mais il y a quand même
10:17une erreur de départ
10:19de la part de Theresa May.
10:21C'est que finalement,
10:22au fil des semaines
10:23et des mois,
10:25elle ne va jamais trancher
10:26entre le Brexit dur
10:29qu'elle défend,
10:30qui est un peu sa façade,
10:32et un Brexit plus modéré
10:34avec maintien des liens économiques,
10:38appartenance éventuellement
10:39à l'union douanière, etc.
10:41Elle ne va jamais,
10:42Theresa May,
10:43vraiment trancher
10:43entre ces deux options
10:44et c'est peut-être
10:45une de ses erreurs, en fait.
10:50Neuf mois après
10:51la victoire du livre,
10:52le 29 mars 2017,
10:54elle active formellement
10:55la procédure de divorce
10:56dans une lettre
10:57au président du Conseil européen,
10:59Donald Tusk.
11:00Theresa May envoie
11:01cette lettre à Donald Tusk
11:03sans vraiment avoir
11:04une idée précise
11:06du plan qu'elle a
11:07pour arriver
11:08à mettre en œuvre
11:09le Brexit.
11:10C'est-à-dire qu'elle déclenche
11:11la procédure
11:12sans savoir vraiment
11:13où elle va.
11:13Alors, dans ce courrier,
11:15elle parle du fait
11:16qu'elle veut un Brexit
11:17qui ne bouleverse pas tout.
11:19Il y a déjà,
11:21pour la première fois,
11:23la mention de l'Irlande,
11:24qui va être un des gros,
11:25gros problèmes après
11:26dans la négociation.
11:28Elle dit, Theresa May,
11:28qu'elle ne veut pas
11:29de frontières
11:30entre l'Irlande du Nord,
11:32qui est britannique,
11:33et la République d'Irlande,
11:34qui va rester au sein
11:35de l'Union européenne.
11:37Et puis, elle parle
11:37des citoyens expatriés.
11:38Donc, elle envoie cette lettre
11:39qui déclenche, en fait,
11:41la mise en œuvre du Brexit.
11:42Et à ce moment-là,
11:43une échéance est annoncée ?
11:45Quand on déclenche
11:46l'article 50
11:47qui permet de sortir
11:48de l'Union européenne,
11:49eh bien,
11:49il y a un laps de temps
11:51de deux ans
11:51pour activer
11:52cette procédure, en fait.
11:53Il devra être achevé,
11:55le Brexit,
11:56le 29 mars 2019
11:58et à 23h,
11:59puisqu'il y a un décalage horaire
12:01entre l'Union européenne
12:02et le Royaume-Uni,
12:03donc à minuit,
12:04heure européenne.
12:05Et c'est là,
12:06effectivement,
12:07qui est peut-être
12:08la deuxième erreur
12:09de Theresa May,
12:10c'est de se fixer
12:12une date limite
12:13du 29 mars 2019
12:15sans exactement savoir
12:17comment arriver
12:18à ce qu'elle souhaite
12:20et sans vraiment avoir
12:22encore les moyens
12:24de ses ambitions,
12:24ni l'idée précise
12:25de quelles sont ses ambitions.
12:27À ce moment-là,
12:28Theresa May prend la parole
12:30devant les députés,
12:31un discours très attendu
12:33qui va provoquer
12:34l'hilarité
12:35dans la Chambre des communes.
12:38Plus que jamais,
12:39le monde a besoin
12:40des valeurs libérales
12:42et démocrates
12:43de l'Union européenne.
12:45Il faut savoir
12:46qu'au Royaume-Uni,
12:47l'humour fait partie
12:48intégrante
12:49de la vie politique.
12:51Ce n'est pas vraiment
12:51le cas en France,
12:52mais au Royaume-Uni,
12:53on plaisante très souvent
12:54dans la Chambre des communes
12:55mais effectivement,
12:57à quelques mois
12:58d'un référendum
12:59pour quitter l'Union européenne,
13:00c'est un petit peu décalé.
13:02C'est ça qui fait rire
13:03les députés.
13:03Ça ne les empêche pas
13:04pour autant
13:05de suivre la Première ministre
13:07et de valider sa stratégie.
13:09Et Theresa May,
13:10pour mener à bien
13:11ses négociations,
13:12pour asseoir sa majorité,
13:14organise des élections anticipées
13:16le 8 juin 2017.
13:18Theresa May a envie
13:19d'avoir une majorité large
13:21pour arriver à faire
13:22exactement ce qu'elle veut,
13:23avoir les mains libres
13:24sur le Brexit.
13:25Sauf que,
13:26en fait,
13:26elle se retrouve
13:27avec plus de majorité
13:29du tout.
13:30Son parti arrive le premier,
13:32mais elle n'a pas
13:32une majorité suffisante
13:34à la Chambre des communes.
13:35En fait,
13:35au début,
13:36les sondages des conservateurs
13:38sont plutôt bons,
13:39mais ça baisse.
13:41Alors,
13:41pourquoi ça baisse ?
13:42peut-être parce qu'il y a eu
13:44dans ce laps de temps
13:46plusieurs attentats
13:47et que les questions
13:47de sécurité
13:48sont arrivées sur la table
13:50et notamment
13:50des coupes budgétaires
13:52qui ont obligé
13:53à supprimer des postes
13:53de policiers.
13:54Vous savez qu'à l'époque,
13:55il y avait eu l'attentat
13:56notamment de Manchester
13:57et puis l'attentat
13:58du London Bridge aussi.
14:00Et puis,
14:01l'autre raison
14:01pour laquelle
14:02elle perd cette élection,
14:03sans doute,
14:04c'est la popularité
14:05à l'époque
14:06de Jeremy Corbyn
14:07qui est arrivée
14:08peu de temps avant
14:09à la tête
14:10du parti travailliste
14:11qui a réussi
14:13à faire une campagne
14:14où il ciblait
14:15les jeunes.
14:16Il est allé
14:16dans les festivals
14:18et il s'est forgé
14:19une véritable popularité
14:20notamment auprès des jeunes.
14:21Et donc,
14:22Jeremy Corbyn
14:23gagne du terrain,
14:24Theresa May en perd
14:25et elle se retrouve
14:26avec seulement
14:27317 sièges
14:28pour le parti conservateur
14:30à la Chambre des communes.
14:33Comment est-ce qu'elle gère
14:34cette situation ?
14:35Eh bien,
14:35elle est obligée
14:36de chercher
14:37des alliés
14:37pour garder
14:39le pouvoir
14:40en fait,
14:41Theresa May
14:41puisqu'elle n'a plus
14:42de majorité.
14:42Il va falloir
14:43qu'elle se trouve
14:43des alliés
14:44au sein de la Chambre des communes
14:45et ces alliés,
14:46ça va être le DUP
14:47qui est un petit parti
14:49d'Irlande du Nord,
14:50un parti unioniste,
14:51c'est-à-dire un parti
14:52qui veut absolument
14:54que l'Irlande du Nord
14:55reste rattachée
14:56au Royaume-Uni
14:57et qu'il n'y ait
14:57aucune différence
14:59entre l'Irlande du Nord
15:00et le reste du Royaume-Uni.
15:02Ça va être aussi,
15:04voilà,
15:04c'est peut-être ça
15:05la troisième erreur
15:05de Theresa May,
15:06mais c'est ces élections législatives
15:07parce qu'elle se retrouve
15:08presque otage
15:09de ces dix députés
15:10irlandais
15:11qui ne veulent
15:12aucune différence
15:12entre l'Irlande du Nord
15:14et le reste du Royaume-Uni
15:16et non seulement
15:17elle se retrouve
15:17otage de ce petit groupe
15:18mais en plus,
15:19elle est obligée
15:20pour obtenir
15:22leur soutien
15:23de verser
15:24un milliard d'euros
15:25d'aide à l'Irlande du Nord,
15:26un plan d'aide en fait
15:27qui est un peu
15:28le prix du soutien
15:29du DUP.
15:38Six mois plus tard,
15:39Theresa May annonce
15:40un accord de principe
15:41sur les modalités
15:42du divorce
15:42avec Bruxelles.
15:43Marion Lourd,
15:44le calendrier se précise ?
15:45On entre vraiment
15:47dans le dur
15:47des négociations.
15:49En fait,
15:49ce qui est conclu
15:50à la fin 2017,
15:51c'est une sorte
15:52de première feuille de route
15:54avec les grands principes.
15:56Donc,
15:56on reparle
15:56de l'Irlande
15:58et du fait
15:58qu'il ne faut pas
15:59de frontières
15:59entre l'Irlande du Nord
16:01qui est britannique
16:02et la République d'Irlande
16:03qui est européenne
16:05et qui va leur rester.
16:06On parle aussi
16:07dans cet accord
16:08de la facture
16:09qui va être
16:09un des chevaux de bataille
16:11des anti-européens
16:12des pro-Brexit
16:13et notamment
16:14de Boris Johnson.
16:14Cette facture
16:15qu'il faut payer
16:16lors du divorce
16:17avec l'Union européenne
16:18qui s'élève
16:19à l'époque
16:19autour de 40 milliards d'euros.
16:22Et puis,
16:22dans cet accord,
16:23ici,
16:23il y a la question
16:23des citoyens européens
16:25et britanniques expatriés
16:27pour qui il faut garder
16:29leurs droits.
16:30Donc,
16:30c'est un peu
16:30vraiment les grands principes
16:32qui vont vraiment
16:33poser problème
16:34pendant des semaines
16:35et des mois ensuite,
16:36notamment la question
16:36de la frontière européenne.
16:37Mais au printemps 2018,
16:39elle est sous pression.
16:40Theresa May se retrouve
16:41en fait sous pression
16:43de sa majorité.
16:44c'est-à-dire que c'est
16:45son propre parti
16:46qui la met en difficulté
16:47et notamment
16:48les pro-européens,
16:50les anti-Brexit donc,
16:52qui obligent
16:53Theresa May
16:54par un vote
16:55à la Chambre des Communes
16:56à accepter
16:57qu'il y ait
16:57ce qu'on appelle
16:58un meaningful vote
16:59sur l'accord de sortie.
17:00C'est-à-dire que
17:01les députés
17:02vont devoir
17:03valider
17:04les conditions
17:05de sortie
17:05de l'Union européenne
17:07et s'ils ne l'acceptent pas,
17:09eh bien,
17:09on ne pourra pas sortir.
17:10Le Parlement
17:11reprend en quelque sorte
17:12les commandes
17:13qui lui avaient été
17:13un peu confisquées
17:15par le référendum.
17:16Par ailleurs,
17:17il y a aussi
17:17des problèmes
17:18avec Bruxelles
17:19parce que
17:20Theresa May,
17:21dans ses divers discours
17:22et dans sa négociation,
17:24demande
17:24que le Royaume-Uni
17:25reste au sein
17:26du marché unique,
17:27c'est-à-dire
17:28qu'elle puisse continuer
17:28à y avoir
17:29une libre circulation
17:30des biens.
17:30et Michel Barnier
17:32qui est le négociateur
17:33européen
17:33dit
17:34vous ne pouvez pas
17:35avoir un libre commerce
17:36tout en ne voulant pas
17:38avoir
17:38la libre circulation
17:40des personnes
17:40et par exemple
17:41tout en ne voulant pas
17:42accepter
17:43l'immigration
17:43venue d'Europe de l'Est.
17:47Le 20 octobre 2018
17:49à Londres,
17:50des centaines
17:51de milliers
17:51de Britanniques
17:52défilent dans la rue.
17:54Ils réclament
17:54la tenue
17:55d'un nouveau référendum.
17:58Ça, c'est autre chose
17:59qui fait pression
18:00aussi sur Theresa May
18:01c'est que
18:01le mouvement
18:02des anti-Brexit
18:03s'organise.
18:04Au départ,
18:05on a des petits groupes
18:06un peu épars
18:08et puis petit à petit
18:09les anti-Brexit
18:11se mobilisent,
18:13ils créent
18:14des véritables réseaux
18:15avec des financements
18:16et en avril 2018
18:18se crée
18:19l'organisation
18:20People's Vote
18:20qui fédère un peu
18:21toutes ces organisations
18:23anti-Brexit
18:24et ils organisent
18:26effectivement
18:26une grande marche.
18:28Il y en a une première
18:28en fait au mois de juin
18:29qui est assez peu fournie
18:31en tout cas
18:31moins importante
18:32et en octobre 2018
18:34il y a 700 000 personnes
18:36dans la rue.
18:36C'est quand même
18:37assez impressionnant.
18:38le Brexit !
18:50Merci Marion Lourd.
18:51Dans le prochain épisode
18:52de Code Source,
18:53nous verrons que cette mobilisation
18:54ne freinera pas
18:55le Brexit,
18:56que les élections européennes
18:57de mai 2019
18:58seront les dernières
18:59au Royaume-Uni
19:00et que ce pays
19:01est aujourd'hui
19:02profondément fracturé.
19:08Code Source
19:09est le podcast
19:10d'actualité du Parisien
19:11disponible chaque soir
19:12du lundi au vendredi
19:13à 18h.
19:15Épisode conçu
19:16et préparé
19:17par Marion Bottorel,
19:18production
19:18Benjamin Boucriche,
19:20réalisation
19:21Alexandre Ferreira.
19:22Si vous aimez Code Source,
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