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  • il y a 9 heures
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Le tube mondial, «Comme d’habitude» dans sa version originale, a été composé pour Claude François par Jacques Revaux. La mélodie sera bientôt reprise partout dans le monde. Code source vous raconte l’histoire de cette chanson devenue tube planétaire.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Codesource vous raconte aujourd'hui l'histoire d'un tube planétaire né il y a un demi-siècle.
00:17La chanson française la plus reprise au monde.
00:20Comme d'habitude, de Claude François qui deviendra ensuite My Way, chanté par Frank Sinatra.
00:25Récit d'Éric Bureau du service culture du Parisien et de Jacques Revault qui a composé le morceau en quelques
00:32minutes à la fin des années 60.
00:42Éric Bureau, le 4 mars, vous rencontrez Jacques Revault, 79 ans, dans l'hôtel Raphaël, un prestigieux palace parisien à
00:50quelques mètres de l'Arc de Triomphe.
00:54On le rencontre pour les 50 ans de My Way.
00:56Ah, bonjour, bienvenue parmi nous.
01:00C'est un homme assez discret, c'est la première fois qu'on le rencontre.
01:04C'est assez étonnant parce que c'est un homme qui va sur ses 80 ans au mois de juillet.
01:09Il en fait au moins 15 de moins, facile.
01:11Il a le temps à aller et il a un petit pull bien apprêté.
01:17Il arrive de Marrakech avec son épouse qui est là, Lola, pleine forme et on sent que c'est un
01:23phénomène.
01:24On a trois heures devant nous.
01:25C'est bien parce que c'est tout un programme.
01:28Il est très jovial, plein d'humour.
01:31On sent qu'il a envie de parler, qu'il a soif de se raconter et de raconter cette histoire
01:38folle.
01:41Alors, racontez-nous son parcours d'abord.
01:43Qui est Jacques Revault ?
01:44C'est une histoire qui commence en Indre-et-Loire, dans une petite commune qui s'appelle Azé-sur-Cher.
01:50Ses parents sont tous les deux commerçants.
01:53Son papa est charcutier.
01:54Quand il a 10 ans, il décide de monter à Paris pour s'installer à Paris avec leur charcuterie.
02:00Un jour, alors qu'il a 16 ans, une comédienne vient à leur table et c'est une comédienne qui
02:08travaille beaucoup avec Jean Gabin, avec Lino Ventura.
02:12L'adolescent est intéressé.
02:14Elle lui propose de venir sur les plateaux de cinéma pour voir comment ça se passe.
02:18Il accompagne donc cette comédienne sur les plateaux.
02:21Il devient amoureux de cette ambiance, de ses décors, de cet autre monde en fait, qui est si loin du
02:27sien.
02:28Il joue un petit peu de musique à l'époque.
02:30Cinq jours plus tard, il abandonne ses études pour se lancer.
02:34Il prend des cours de comédie.
02:36Il est sur les plateaux, donc il est pris parfois pour des petits rôles.
02:40Pour payer mes cours, comme je ne savais rien faire, hormis jouer de la guitare,
02:44j'ai commencé à faire un cabaret, deux cabaret, trois cabaret, etc.
02:49Et c'est comme ça que je suis devenu non pas comédien, mais chanteur de cabaret
02:56pour après faire des disques et tout dans les années 60.
02:59Voilà tous mes débuts.
03:00Il fait parfois des premières parties de Jacques Brel, de Jean Ferrat,
03:04enfin de gens qui commencent à l'époque.
03:07Il n'est pas mauvais, mais il sent que autant son art de composition
03:11commence à plaire autour de lui, parce que justement,
03:14les chanteurs qui croisent lui demandent s'ils ne peuvent pas leur écrire des chansons.
03:18Autant lui, bon, ce n'est pas un succès démon.
03:22Donc il va finir par se mettre dans l'ombre et devenir justement le compositeur de tous ces gens qu
03:29'il admire.
03:30Et les meilleurs compositeurs que chanteurs ?
03:33En tout cas, c'est ce qu'on lui fait ressentir et ce que lui aussi va finir par ressentir.
03:39C'est quand même l'époque des Brassens, des Brel, Aznavour, Patachou.
03:45À l'époque, il y a quand même des grands grands qui commencent et ils se sont un peu petits.
03:49Jacques Revault va devenir une machine à tube.
03:51C'est dingue, quand on regarde, il y en a une bonne centaine.
03:55Il a écrit exactement 500 chansons.
03:58Je me suis arrêté la 500e parce que tout a une fin.
04:01Et je fais partie des gens qui pensent qu'il ne faut pas faire la chanson en trop,
04:08il ne faut pas faire le film en trop, il ne faut pas faire l'émission en trop, etc.
04:12J'étais obligé d'arrêter. J'étais trop fatigué.
04:15Il y en a une centaine chantée par Michel Sardou, dont il a été vraiment le compositeur à titré.
04:22Comme Sardou venait d'être retenu et engagé chez Barclay, il avait besoin de chansons.
04:26On est en 65-66, j'avais déjà eu des Hallyday, des Shella, des choses comme ça.
04:33Disons que j'étais un compositeur un peu en vue, même pour l'époque.
04:37Et on a commencé, on a fait le premier 45 tours.
04:40Je devais avoir un ou deux titres dessus.
04:42Puis sur le deuxième, j'en avais trois.
04:44Puis après, j'ai, entre guillemets, à partir de 67-8, là, j'étais devenu son compositeur.
04:51C'est dément, c'est la maladie d'amour, c'est les lacs du Connemara.
04:55C'est Je vais t'aimer, c'est la Java de Broadway.
04:59Enfin, bon, c'est fou.
05:00C'est aussi quelques chansons pour Johnny, dont j'ai oublié de vivre.
05:04C'est une chanson pour Aznavour qui s'appelle Toi et moi.
05:06Enfin, il y a de quoi faire.
05:11Éric Bureau, vous allez nous raconter l'histoire de My Way.
05:13Histoire qui commence en février 1967.
05:17Jacques Revault a 27 ans.
05:19Il est en vacances à Meugev.
05:21Racontez-nous ce qui se passe.
05:22Il est au ski et le ski le prend tellement que le vendredi arrive, fin de semaine, il a quatre
05:27chansons à composer et il ne les a pas faites.
05:31Donc, dans sa chambre, il prend sa guitare et il les compose, quatre d'affilé.
05:35J'ai fait ces quatre chansons en une matinée parce que je partais le lendemain.
05:39Merde, j'ai oublié de faire les chansons.
05:41Donc, le matin, vite, j'étais en robe de chambre, j'ai mon maillet au fun qui tourne et puis
05:45j'ai l'habitude.
05:48Je fais, non pas n'importe quoi, mais je fais quatre mélodies différentes.
05:52Il y a une chanson qui va aller à Johnny Hallyday, une chanson qui va aller à Pétula Clark, une
05:58autre qui va aller à Hervé Villard.
06:01Et dans le lot, il y en a une, au hasard, je vous dis celle-ci, je dépose la musique,
06:06parole à faire.
06:07Bon, elle n'était ni meilleure ni moins bonne.
06:10Elle avait le mérite d'exister.
06:12Il ne trouve pas de personne à qui la proposer.
06:18Cette chanson, elle s'appelle For Me, en anglais, For Me.
06:22Pourquoi For Me ?
06:23Parce qu'à l'époque, beaucoup de compositeurs envoient leurs chansons directement à Londres.
06:30Elles sont travaillées par des artistes anglais qui les mettent en anglais parce qu'à l'époque, la mode est
06:38à ce que les Français refassent des tubes anglais.
06:41Et les paroles qui vont être mises sur ces notes à lui sont les paroles d'une chanson qui s
06:47'appelle For Me.
06:48Ça ne restera pas.
06:49Il découvrira plus tard que la personne qui fait les paroles sur cette chanson, c'est un dénommé David Bowie.
06:59David Jones à l'époque, pas encore David Bowie.
07:02Il découvrira aussi qu'il a fait une interprétation de cette chanson qui s'appelle As Usual.
07:17Que fait ensuite Jacques Revaud avec cette chanson ? Il la propose ?
07:20Il le propose à Michel Sardou, il le propose à Hugo Fray, qui ne le sentent pas, ce n'est
07:25pas dans leur style.
07:26À Orlando, pour Talida, pareil, même réponse. Et Pétula Clark, idem.
07:30Et du coup ?
07:31Et du coup, le seul qui a envie de cette chanson, c'est Hervé Villard.
07:35Hervé, lui, c'est celui qui l'a toujours voulu.
07:38Sauf que Jacques Revaud a une autre idée en tête.
07:41Moi, je n'ai pas voulu lui donner.
07:43Pourquoi ? J'ai pour habitude de donner à un interprète le contraire de ce qu'il a l'habitude
07:49de chanter.
07:49Ça a toujours été ma méthode.
07:51Et Claude François, à l'époque, son univers, c'est de la chanson festive, en tout cas dansante.
07:58Et donc, cette balade-là, il se dit que c'est pour lui.
08:02La mélodie de cette chanson, elle est un peu triste ?
08:04Oui, c'est une balade.
08:05C'est assez mélancolique dans ses sonorités.
08:12Que se passe-t-il ensuite ?
08:13Alors, il la propose une première fois à Claude François.
08:16Bon, bof, pas de feeling.
08:18Six mois passent, et là, il se croise à Cannes, donc Jacques Revaud et Claude François, sur la croisette.
08:25Comment vas-tu, Jacques ? Ça va et tout.
08:27On mange un bout ensemble.
08:28Il était une heure de l'après-midi, oui.
08:30On va à la Way Beach, on déjeune tous les deux.
08:32Oui, t'es un salaud, tu ne me fais jamais de chanson ?
08:34Regarde un peu.
08:35Et il me montre dans le ciel un avion moteur qui a au bout de sa queue un calico
08:41où il y a le titre « Plante un arbre », Richard Anthony, disque Pate Marconi.
08:46suivi lui-même, cinq minutes ou dix minutes après, par un avion de Philips qui arbore la même pancarte.
08:54Mon fils, Johnny Hallyday, disque Philips.
08:56C'était les deux succès ou tubes que j'avais pendant l'été.
08:59Et Claude, qui surveille tout à l'époque, sait que c'est moi qui ai fait la musique.
09:04Oui, elle dit « Ma merde, tu fais des musiques pour tout le monde, pour tous ces connards. »
09:09Pas pour moi, je dis « Claude, moi je t'ai montré une chanson, moi j'ai rien d'autre
09:13que celle que je t'ai montrée,
09:14parce que je suis quand même assez têtu. »
09:18Et donc il se redonne rendez-vous dans la maison de Claude François pour réécouter ça.
09:23Le fameux moulin d'Anne-moi, c'est ça ?
09:26Voilà, lors d'une de ces journées où apparemment Claude François recevait plein de gens,
09:31des compositeurs, des amis, tout ça.
09:33Il se retrouve à un moment avec Claude François.
09:35Et Claude François, il dit « Bon alors, tu viens, tu me montes ta merde, bien évidemment. »
09:40Je dis « Claude, non, alors je n'aime pas. »
09:42Je dis « J'ai mon disque, putain ton disque. »
09:45Donc ils vont dans un coin, ils commencent à lui faire écouter le morceau.
09:50Il lui dit « Ah, tu préfères pas me la jouer à la guitare ? »
09:53Je prends la guitare, comme sur les photos qui ont fait la une des podiums et compagnie,
09:58le compositeur qui est en train de lui jouer.
10:00Et là il lui dit « Ah oui, oui, oui, ça me plaît bien, je vois un truc.
10:06Claude François vient de rompre avec France Gall et c'est un moment difficile pour lui. »
10:10Oui, il vivait un amour passionné depuis trois ans.
10:12France Gall, ayant mis fin à leur relation, lui, triste, à la cloche d'or,
10:18sur une nappe, il avait écrit « Je me lève et je te bouscule, tu ne te réveilles pas. »
10:23Et ça coïncidait exactement, note pour note, à ce que moi j'avais fait.
10:27Sauf « Je me lève, c'est pas joli. Je me lève, c'est plus joli. »
10:31Et donc on a rajouté le « La grave, je me lève, do fa, voilà. »
10:36Il a vraiment fait une note supplémentaire, ça c'est la vérité.
10:40Moi ça faisait « Sun, shine and from the sky. »
10:53Et donc avec Gilles Thibault, ils écrivent les paroles de « Comme d'habitude »
10:57qui racontent vraiment cet amour finissant et cette rupture dans les jours qui suivent.
11:05En novembre 1967, le titre « Comme d'habitude » sort.
11:10Et c'est pas un gros succès.
11:12En tout cas, 200 000 ventes à peu près, c'est un gros succès ok,
11:17mais pas pour Claude François.
11:18Claude François, d'habitude, il est à trois, quatre fois plus.
11:21Donc bon, ça part mollement.
11:24Au bout de cinq, six mois, ça commence à devenir un tube.
11:32En février 1968, « Comme d'habitude » est en première place du Hit Parade.
11:37C'est à cette période-là que Polanka découvre ce morceau.
11:41Rappelez-nous d'un mot qui est Polanka.
11:42Oui, Polanka, c'est à l'époque vraiment une super star, crooner,
11:49avec beaucoup de balades romantiques.
11:51Paul regarde la télé, mais Paul voit Claude François chantant cette chanson.
11:55Et lui dit « Mais je connais les chansons.
11:57Oh Gilbert, tu es l'éditeur ? »
12:00Oui, je suis l'éditeur.
12:01« I would like an option. »
12:03Donc on lui donne une option de six mois.
12:05Et Paul part aux Etats-Unis, emmène la chanson pour en faire lui-même le texte.
12:11Il pense déjà à quelqu'un ?
12:12Alors ça, Jacques Revault a du mal à le savoir.
12:15Les droits sont accordés pour six mois.
12:17Les six mois passent.
12:19Et en fait, il n'a toujours pas écrit d'adaptation.
12:21Donc les droits tombent.
12:22Et il se demande s'il en veut toujours.
12:24En fait, si.
12:25Et du coup, il rachète les droits pour six mois supplémentaires.
12:28Et c'est là où Jacques Revault se demande
12:30si en fait, Polanka n'avait pas déjà en tête
12:34de la proposer à Frank Sinatra.
12:45Polanka propose à Frank Sinatra
12:47qui a un moment de creux dans sa carrière.
12:50Et Polanka a vraiment l'impression
12:52que ça peut être la chanson du retour.
12:54À ce moment-là, Frank Sinatra a déjà vécu beaucoup de choses ?
12:57Oui, il est dans un creux de sa carrière.
13:00Il a 53 ans et il cherche à rebondir.
13:03Cette chanson, justement, les paroles racontent ça.
13:06Un homme mûr qui se retourne un petit peu sur ce qu'il a fait,
13:11qui se dit, bon ben voilà, les bons et les mauvaises choses,
13:15en tout cas, je les ai faits à ma façon.
13:18« I did it my way », c'est d'ailleurs le titre de la chanson en anglais.
13:22Ça n'a plus du tout la même résonance que, comme d'habitude,
13:25qui est une chanson d'amour.
13:31Frank Sinatra enregistre « My way » un 31 décembre,
13:35le 31 décembre 1968.
13:42Et Sinatra a fait une prise, pas deux ni trois, une seule.
13:47À l'issue de la prise, ce que l'on m'a raconté après,
13:50c'est que les violons se sont levés et ont tapé sur l'archet
13:54ce qui voulait dire « Félicitations, monsieur Sinatra ».
13:57Il avait fait une version en tout et pour tout.
14:00On se demande si le fait que ce soit le 31 décembre,
14:03il était accompagné de sa famille au studio,
14:06il y avait le réveillon qui l'attendait.
14:08Je n'ai pas le temps, je l'ai fait vite.
14:10Et puis bon, voilà, Frank Sinatra.
14:33Moi, j'ai eu ce qu'on appelle le disque souple,
14:36la démo de l'enregistrement de Sinatra,
14:39ça m'a fait bien, mais bon, pas plus que ça,
14:43je vous jure que c'est comme ça.
14:45J'étais complètement con, quoi.
14:47J'ai même entrevu la dernière note « I did it, my »
14:51qui est légèrement basse à la fin.
14:53C'est tout ce que j'ai trouvé à dire comme critique.
15:13Elle n'est peut-être pas parfaite parfaite,
15:15mais il y a une énorme émotion qui se dégage de cette chanson.
15:17Oui, une émotion qui va toucher tout de suite le public américain
15:21qui va en faire un tube instantané.
15:24Ça va devenir même une chanson reprise très vite.
15:28Par exemple, Nina Simone le reprendra dès 70.
15:32On sent que c'est vraiment un chef-d'œuvre.
15:34Elvis va reprendre cette chanson.
15:36Elvis en 73, lui aussi en fin de carrière,
15:40mais lui vraiment presque à la fin de sa vie.
15:45Et c'est l'une des chansons les plus reprises au monde.
15:48C'est la chanson francophone, au départ,
15:50qui est la plus reprise dans le monde.
15:52Et puis vraiment, dans tous les styles,
15:55de Pavarotti à Tom Jones,
15:58de Nina Simone, que j'ai citée tout à l'heure,
16:05jusqu'à Ray Charles,
16:08les rappeurs aussi, Jay-Z, Kanye West.
16:15Mais oui, c'est une chanson qui traverse les frontières
16:18et les genres musicaux.
16:19Qui a été reprise des milliers de fois, c'est ça ?
16:20En tout cas, Jacques Revault,
16:21qui est le mieux placé pour le dire,
16:23puisqu'à chaque fois, on l'appelle
16:25pour lui demander son autorisation,
16:28dit plus de 3000 reprises professionnelles.
16:32On sait combien ça lui a rapporté ?
16:35Là-dessus, il est un peu plus évasif, c'est normal.
16:37Mais quand on lui dit un million par an,
16:41il dit plutôt plus.
16:43Alors par contre, lui, il est co-compositeur
16:47avec Claude François,
16:49qui a fait des changements sur la chanson.
16:51Il n'est pas auteur,
16:52donc il y a deux auteurs, Claude François et Gilles Thibault.
16:55Donc voilà, il y a déjà ce partage à faire,
16:58les ayant droit de Claude François.
16:59Et donc évidemment, lui, il est loin d'avoir un million
17:01dans sa poche chaque année.
17:03Est-ce qu'il a des regrets, Claude François ?
17:06Il n'en a pas.
17:07Parce qu'effectivement, c'est un homme de l'ombre,
17:09un homme de l'ombre de cette chanson.
17:10C'est un homme de l'ombre aussi de toutes
17:12les chansons de Michel Sardou.
17:14Il dit, je n'étais pas derrière,
17:17j'étais sur le côté.
17:19Et puis bon, voilà,
17:20quand on a écrit une chanson mondialement connue
17:23avec ce que ça rapporte,
17:25on n'a pas de regrets.
17:27Il n'arrive pas lui-même
17:29à expliquer le succès
17:31de Comme d'habitude, de My Way.
17:33Non.
17:33Si je pouvais l'expliquer,
17:35j'en refais dix autres demain.
17:36On ne peut pas l'expliquer.
17:38Il y a un ingrédient final
17:40qui est le public.
17:42Le public aime, il achète.
17:43Il n'aime pas, il n'achète pas.
17:45Le public ne se trompe jamais.
17:54Éric Bureau, et vous, comment vous expliquez
17:56le succès de My Way ?
17:58C'est une mélodie qu'on peut tous chanter
18:00sous sa douche,
18:02comme en pleurant dans son verre de bière.
18:05Et puis, c'est une chanson
18:07dans sa version anglaise
18:08qu'on a tous envie de chanter un jour.
18:10I Did It My Way, je l'ai fait à ma façon.
18:12Que l'on soit féministe,
18:14que l'on soit LGBT,
18:16que l'on soit punk rocker,
18:18on peut tous chanter cette chanson.
18:20Et d'ailleurs,
18:21Sid Vicious,
18:23donc le bassiste des Sex Pistols,
18:24qui, dans la grande escroquerie
18:26du rock'n'roll,
18:27qui est un album et un film
18:29qu'ont fait les Sex Pistols
18:30à la fin des années 70,
18:32il reprend My Way,
18:33dont il fait une version
18:34absolument démente,
18:35en la cabossant,
18:37en la détruisant,
18:38avec le majeur dressé,
18:41en disant,
18:41voilà,
18:41I Did It My Way aussi,
18:43jusqu'aux Sex Pistols.
18:44Voilà,
18:45ça parle à tout le monde,
18:45cette chanson.
18:46I did it my way
19:07Merci à Eric Bureau.
19:09L'entretien avec Jacques Reveau
19:10a été enregistré par Stéphane Geneste,
19:12qui a aussi conçu
19:13et préparé cet épisode.
19:15Production Clara Garnier-Amourou,
19:17réalisation Alexandre Ferreira.
19:20Code Source est le podcast
19:21d'actualité du Parisien,
19:22disponible chaque soir
19:23du lundi ou vendredi.
19:25N'oubliez pas de vous abonner,
19:26gratuitement, bien sûr,
19:28sur votre application de podcast,
19:29comme Apple Podcast
19:30ou Podcast Addict.
19:32Et n'hésitez pas à nous écrire,
19:34code-source-at-le-parisien-point-fm.
19:36And it is my way !
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