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  • il y a 9 heures
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Le numéro 1 mondial de tennis reste un mal-aimé. De son enfance en Serbie aux grands tournois internationaux, retour sur une histoire sportive et personnelle complexe.

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L’ancien porte-parole du gouvernement, investi par LREM, a dû renoncer à son rêve de devenir maire de Paris et sa vie a basculé en 48 heures. Code source, le podcast du Parisien, raconte son histoire.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Il est numéro 1 au classement des meilleurs joueurs de tennis au monde,
00:15mais il est mal aimé, beaucoup moins populaire que ses grands rivaux,
00:19Roger Federer et Raphaël Nadal.
00:22Récemment, il a été surnommé Joe Covid,
00:24après avoir organisé un tournoi caritatif au cours duquel
00:27lui et plusieurs joueurs ont contracté le coronavirus.
00:31Qui est Novak Djokovic ?
00:33Réponse avec Eric Brunat, journaliste au service des sports du Parisien.
00:43Eric Brunat, le dimanche 14 juillet 2019, se dispute la finale du tournoi de Wimbledon.
00:49La finale du tournoi de Wimbledon avec deux des trois monstres sacrés du tennis,
00:53c'est Djokovic et Federer, avec un favori rationnel qui est Novak Djokovic,
00:58qui domine les deux autres depuis quelques années,
01:00et puis le favori des cœurs qui est Roger Federer,
01:03surtout dans le temple de Wimbledon où il a déjà gagné huit fois le tournoi.
01:06Ce qui est surprenant dans cette finale,
01:09c'est à quel point le public prend fête et cause pour Federer contre Djokovic.
01:14C'est-à-dire, ce n'est pas simplement des encouragements pour un des deux joueurs,
01:17c'est des sifflets, des huées pour l'autre, c'est vraiment à sens unique.
01:20Et Djokovic va se nourrir de cette animosité.
01:23Le match est extrêmement disputé, puisque Roger Federer a deux balles de match.
01:27Sur l'une des deux, notamment, Djokovic la sauve d'un passing de coup droit long de ligne extraordinaire.
01:33Et il va finir par s'imposer 13-12, donc au tie-break du dernier set.
01:38Il y a un regard qui dit un peu au public,
01:40si vous ne m'aimez pas, sur ce coup-là, je ne vous aime pas non plus.
01:43Il va faire comme il a plus coutume de faire,
01:45aller manger un petit brin d'herbe pour déguster ce triomphe.
01:48On peut appeler ça un triomphe.
01:50C'est lui qui réussit le doublé, Novak Djokovic, après l'année dernière.
01:56Qui fait le tour du public en le regardant, en disant
01:59« Vous avez été pour Roger Federer tout au long de ce match. »
02:02Et c'est moi !
02:03C'est moi qui souciez moi, comme il l'avait fait après le premier titre.
02:09Pourquoi il est moins apprécié d'une partie du public ?
02:12Il peut y avoir déjà un facteur lié tout simplement au jeu.
02:16Federer, c'est l'élégance, la gestuelle.
02:19C'est Federer, quoi.
02:20Nadal, c'est le côté taureau, combattant, c'est le mental, c'est l'énergie.
02:24Tous les deux dégagent quelque chose de totalement différent, mais totalement particulier sur un cours.
02:29Djokovic, c'est un champion extraordinaire, qui a des qualités physiques hors normes,
02:33qui a des qualités athlétiques, des qualités d'élasticité.
02:36Mais il n'a peut-être pas le côté spectaculaire et le côté affectif que véhiculent les deux autres.
02:42Djokovic, il est perçu comment par les deux autres ?
02:43C'est un ménage à trois assez délicat.
02:46Il y a une profonde amitié, un énorme respect entre Nadal et Federer,
02:50qui s'invitent l'un l'autre dans leurs académies respectives,
02:53qui font des matchs pour leurs fondations respectives.
02:55Il y a vraiment une proximité entre ces deux-là.
02:57Ces deux-là, il y a un lien qui les unira à jamais.
02:59Et ensuite, les relations entre Djokovic et Federer et Djokovic et Nadal évoluent de bien, en moyen, en passable,
03:09au gré des événements, au gré de ce qui peut se passer.
03:12Mais ça reste plus des relations de travail améliorées qu'un véritable lien indéfectible,
03:18alors que Nadal et Federer, un peu dans tout, sont liés.
03:22On va revenir avec vous, Eric Brunat, sur la vie et sur la carrière de Novak Djokovic.
03:26Vous l'avez rencontré à plusieurs reprises.
03:28Il est comment, Novak Djokovic, en interview ?
03:31Novak Djokovic, c'est quelqu'un qui a un côté charmeur.
03:34C'est-à-dire, c'est quelqu'un qui s'intéresse à son prochain,
03:36qui essaie de se mettre au niveau, qui est très sympathique,
03:39qui parle plusieurs langues.
03:40En l'occurrence, il parle, outre le serbo-croate, l'anglais, l'allemand, l'italien.
03:45Il parle très bien le français, puisqu'il vit à Monaco depuis 2007,
03:48donc il a eu l'occasion de beaucoup le pratiquer,
03:50et il le met en avant pour faciliter justement le lien avec son interlocuteur.
03:54Donc c'est quelqu'un qui vraiment essaie d'être proche de vous en interview.
03:57C'est sincère ?
03:58Ça peut être interprété de plusieurs façons.
04:01Certains vont dire qu'il fait justement des efforts pour son prochain,
04:05d'autres vont dire que c'est de la communication savamment calculée.
04:08La vérité est sûrement entre les deux.
04:09Novak Djokovic, né le 22 mai 1987 à Belgrade, en Serbie.
04:15Ses parents sont restaurateurs.
04:16Ses parents sont restaurateurs dans la capitale yougoslave à l'époque.
04:20Et Novak Djokovic va rester assez peu dans la capitale,
04:23puisqu'à l'âge de deux ans et demi,
04:25il va partir avec ses parents à Copa Onis,
04:27qui est une station de ski dans les montagnes serbes.
04:29Ses parents sont d'anciens skieurs.
04:31Son père, son oncle et sa tante ont fait partie de l'équipe nationale de Yougoslavie en ski.
04:35La famille ouvre là-bas un restaurant et un magasin d'articles de sport.
04:39Et en face de ce restaurant, il y a plusieurs cours de tennis.
04:42Il va passer ses journées à regarder les gens taper la balle.
04:45Il est petit, il a 5-6 ans, jusqu'à un été,
04:48où il va être repéré par une dame qui s'appelle Jelena Genkic,
04:53qui est une ancienne tenniswoman yougoslave,
04:55et qui a notamment découvert et formé Monica Seles.
04:59Et donc, cette Jelena Genkic va découvrir Novak Djokovic.
05:02Elle va commencer à l'entraîner.
05:04Il a 6 ans, on est en 1993.
05:05C'est l'année où Pete Sampras va remporter son premier Wimbledon.
05:09Et ça, c'est une image qui le marque à la télé.
05:11On est donc à l'été.
05:12Il voit ses images à la télé.
05:13En même temps, il va s'entraîner sur le cours à côté.
05:16Il se prend pour un pro.
05:17C'est-à-dire, il a déjà toutes les affaires, le sac, les barres vitaminées.
05:21Il a déjà le tennis vraiment dans un coin de la tête.
05:23À tel point qu'Helena Genkic lui demande immédiatement de lui présenter ses parents.
05:28Et elle va leur dire, voilà, votre fils, à 17 ans, il sera dans le top 5 mondial.
05:34Ses parents, ils sont restaurateurs, mais ils ne roulent pas sur l'or pour autant.
05:38Déjà, ils ont dû partir de Belgrade pour Copaonich à cause de la récession économique
05:43qui commence à frapper la Yougoslavie qui est au bord de la scission.
05:47Et ensuite, il va falloir qu'ils trouvent le moyen de financer les jeunes années de leur fils.
05:51La journée, ils donnent des cours de ski.
05:53Le soir, ils gèrent le restaurant.
05:54Et ils ne comptent pas leurs heures pour l'aider à réaliser son rêve.
05:57Ce qui va marquer beaucoup Novak Djokovic dans son enfance, c'est bien sûr la guerre.
06:02Dans ses plus jeunes années, Djokovic est épargné par la guerre.
06:06Il vit en montagne, à l'écart des grandes villes, à l'écart des conflits, à l'écart aussi des
06:10informations.
06:11Mais il va se retrouver à l'âge de 12 ans, à Belgrade, chez son grand-père,
06:16au moment des bombardements de l'OTAN, donc en 1999, au moment de la scission avec le Kosovo.
06:21Les bombardements durent 78 jours.
06:24Il va donc passer des jours et des jours confinés dans le sous-sol de la maison de son grand
06:29-père
06:29à écouter passer les obus.
06:31Qu'est-ce qu'il ressent à ce moment-là ?
06:32C'est une épreuve terrible. Il fête le 22 mai 1999 son douzième anniversaire dans le sous-sol
06:38en écoutant un happy birthday au son des obus.
06:41Et il en tire, il le reconnaît lui-même, déjà une cicatrice indélébile.
06:45Et ensuite, il en tire une haine qui va être le moteur du début de sa carrière.
06:50Un espèce d'esprit de revanche, surtout sur la vie, sur les gens qui lui veulent du mal,
06:55sur les gens qui veulent du mal au peuple serbe aussi, puisqu'il se sent aussi investi d'une mission
06:59par rapport à son pays.
07:01Et il va en tirer ce sentiment qu'il anime aujourd'hui.
07:05C'est très peu de temps après, toujours à l'âge de 12 ans, qu'il quitte le foyer familial.
07:09Il quitte le foyer familial pour partir près de Munich, à une trentaine de kilomètres de Munich,
07:13à l'académie de Niki Pilic.
07:15Niki Pilic qui est un ancien joueur yougoslave, naturalisé allemand.
07:19Et c'est la première fois qu'il va quitter le cocon familial.
07:21Donc c'est assez difficile, notamment pour son père.
07:23Mais c'est donc nécessaire, puisque l'académie Pilic, comme beaucoup d'académistes,
07:27c'est un endroit où on vit tennis, on mange tennis, on pense tennis.
07:30Pour quelqu'un qui est déjà un peu obsessionnel, c'est l'endroit idéal pour commencer à éclore.
07:35Il devient professionnel à l'âge de 16 ans, en 2003.
07:38Et dès 19 ans, il est classé 16e joueur mondial.
07:41Et il se fait connaître du grand public.
07:44Il a une très belle ascension.
07:45Et le grand public, notamment en France, se découvre à l'occasion de Roland-Garros.
07:49Il va disputer Roland-Garros, il passe trois tours.
07:52Et il vient tomber sur Rafael Nadal.
07:54En quart de finale, il est mené de 7 à rien.
07:57Il est contraint à l'abandon.
07:58Mais déjà, son parcours laisse augurer un avenir radieux.
08:01Mesdames et messieurs, malheureusement, vous en êtes blessus.
08:05On va vous donner le choix contraint à l'abandon.
08:07Jeus 7 et mage, Nadal.
08:09Et c'est à ce moment-là qu'il fait une rencontre importante.
08:11Marianne Vajda, qui va devenir son coach historique, ce qu'on peut appeler historique,
08:15puisqu'il l'a accompagné quasiment toute sa carrière,
08:17sur les cours de Paris-Jean-Bouin, qui est un club à côté de Roland-Garros.
08:21Il est comment sur les cours quand il a 19 ans ?
08:23Il a la fougue de la jeunesse et cette envie de faire le show,
08:26de se faire aimer par le public.
08:28Et il se lance notamment dans les imitations,
08:30notamment avec deux victimes de choix, c'est Rafael Nadal et Maria Sharapova.
08:33Il imite les mimiques, notamment pour Rafael Nadal,
08:36il imite la main qui tire le short.
08:39Voilà, il fait ses petits gags.
08:40En 2007, Novak Djokovic continue son ascension dans le classement ATP,
08:44le classement des meilleurs joueurs au monde.
08:46Il atteint la finale de l'US Open, il gagne deux Masters 1000,
08:50et en 2008, l'année suivante, c'est le début de la consécration pour lui.
08:54Il va remporter son premier grand chlème en janvier à l'Open d'Australie,
08:57en battant en finale un Français, Joe Wilfrid Zonga.
09:00La même année, il va s'imposer aux Masters,
09:03et surtout, il va atteindre le troisième rang mondial,
09:05derrière les deux monstres du tennis, Roger Federer et Rafael Nadal.
09:09Mais l'année 2010 va être difficile pour lui.
09:11En 2010, il perd en quart à Roland-Garros,
09:13il perd en demi-finale à Wimbledon,
09:15il perd en finale à l'US Open,
09:17donc il a du mal à franchir ce dernier petit palier
09:19qui le sépare de la consécration.
09:21En décembre, il va sortir les têtes de l'eau.
09:24Grâce, une fois encore, au tennis français.
09:26En 2008, son premier grand chlème, il le gagne face à Joe Wilfrid Zonga,
09:29et là, en 2010, il va remporter la Coupe Davis avec la Serbie,
09:33face à la France, à Belgrade, chez lui.
09:34Pour la première fois de son histoire, la Serbie remporte la Coupe Davis.
09:39C'est un moment extrêmement fort pour lui,
09:42il est animé d'un grand sentiment de patriotisme,
09:45et gagner une Coupe Davis, donc le trophée de tennis par nation,
09:50chez lui, à Belgrade, devant 16 000 spectateurs,
09:54qui scandent son nom,
09:55qui passent trois jours à crier dans une ambiance indestructible,
09:59pour lui, c'est quelque chose d'incroyable,
10:00ça le touche vraiment au fond du cœur, au fond des tripes.
10:03Derrière, il va enchaîner les victoires.
10:05Il va marcher sur l'eau.
10:06En 2011, il remporte trois des quatre grands chlèmes,
10:09il ne lui manque que Roland Garros, qui reste la propriété de Nadal,
10:12il va devenir numéro un mondial,
10:14et il commence à être totalement inarrêtable sur un cours.
10:16Il va faire des changements dans sa préparation ?
10:18Il va prendre notamment un coach supplémentaire,
10:21en plus de Marianne Vajda, son entraîneur historique,
10:23qui s'appelle Boris Becker,
10:25donc Boris Becker, ça a été un grand champion,
10:27le grand champion allemand, fin des années 1980, début des années 90.
10:31Boris Becker lui amène essentiellement son expérience et sa connaissance des finales,
10:35des matchs coups près, des petits détails, des petits réglages qu'il font le champion ultime.
10:40Et il va prendre aussi, on peut dire, un gourou.
10:42On peut appeler ça un gourou, un conseiller spirituel, on peut l'appeler comme on veut,
10:46qui s'appelle Pepe Imaz, c'est un espagnol,
10:48qui s'est occupé de soigner la dépression de son frère Marco,
10:52parce que le jeune frère de Novak Djokovic, Marco,
10:54rêvait de faire une carrière à l'image de son aîné,
10:57s'est rendu compte qu'il n'y arrivait pas,
11:00et est tombé en dépression.
11:01A été soigné par Pepe Imaz,
11:03et c'est par cet intermédiaire que Novak Djokovic l'a rencontré.
11:06Toujours habillé de blanc,
11:08avec souvent des t-shirts amour épais,
11:10qui est un peu le slogan de son académie en Espagne,
11:12il a une académie à Marbella,
11:14et qui véhicule des valeurs autour de l'amour, du partage,
11:18qui est un adepte de la kalinothérapie,
11:21donc il faut toujours serrer 25 secondes des personnes dans ses bras
11:24pour ressentir leurs énergies,
11:25et donc Novak Djokovic va s'inspirer de ce personnage.
11:28Pourquoi Novak Djokovic ressent le besoin d'aller vers un homme comme celui-ci ?
11:33C'est un être assez mystique, assez ésotérique,
11:37par exemple, il croit à la purification de l'eau par l'esprit,
11:41il s'est laissé, on ne va pas dire prendre,
11:42il s'est laissé séduire par le projet,
11:44et en attirer sa propre source d'énergie.
11:46De la même manière que Novak Djokovic est un adepte de certaines pratiques,
11:50notamment sur le plan alimentaire,
11:52alors déjà c'est un chantre du sang gluten depuis une dizaine d'années,
11:56il pratique, on peut appeler ça une sorte de jeûne quotidien,
11:59à savoir que sur certaines périodes,
12:02il évite de manger pendant 16 heures consécutives
12:04pour régénérer son corps, refaire les énergies,
12:07donc il est un peu dans cette sorte de spiritualisme au quotidien.
12:12Sur les cours, il continue d'essayer de séduire le public ?
12:15C'est vrai que grâce à Pépé Imaz, il a découvert ce geste d'amour
12:18qu'il fait après chaque victoire,
12:20ce salut au public, les bras tendus et ouverts,
12:23pour les quatre tribunes du stade.
12:26Il est fort Novak, il est sympa et en plus il est fort pour la com'.
12:30En 2015, il va perdre en finale à Roland-Garros contre Stan Wawrinka,
12:34et le public lui réserve une standing ovation,
12:37car il comprend à l'époque à quel point Djokovic court après ce rêve.
12:41Donc il a déjà échoué en finale, il est chaque fois près de la victoire,
12:44il n'y arrive pas, et donc il y a ce respect,
12:47cette admiration pour la quête du champion
12:50qui voudrait, voudrait et qui n'arrive pas à conclure.
12:54Comment se passe Roland-Garros pour lui l'année suivante, en 2016 ?
12:59En 2016, c'est la consécration.
13:01Il est débarrassé en route de Raphaël Nadal,
13:04qui à l'époque a des problèmes physiques
13:06et doit déclarer forfait en cours de tournoi.
13:09Lui est dans une de ses meilleures périodes de sa carrière.
13:12Arrive ce qui doit arriver,
13:14il finit par remporter Roland-Garros face à Andy Murray, en finale.
13:28C'est presque plus du soulagement que de la joie,
13:31tellement il est arrivé à faire ce qu'il voulait.
13:33Et il va s'inspirer à l'époque d'un geste
13:36qui avait été popularisé par le brésilien QR10
13:39quand il avait gagné Roland-Garros en 2001
13:40et qui était dans les tribunes ce jour-là.
13:43Il va prendre sa raquette, aller au fond du cours
13:45et tracer un immense cœur pour remercier le public
13:48et pour manifester à quel point cette victoire est importante pour lui.
13:53Cette victoire, pour lui, elle a une saveur particulière ?
13:57Cette victoire, c'est le Graal.
13:58C'est le Grand Schlem qui lui manque
14:00et qui lui permet de réaliser ce qu'on a baptisé le Djokoslam.
14:04Le Djokoslam, c'est-à-dire qu'il détient au même moment
14:08les quatre tournois du Grand Schlem.
14:10Ce n'est pas ce qu'on appelle en tennis le Grand Schlem,
14:12c'est-à-dire gagner les quatre tournois la même année.
14:15Le dernier à l'avoir réalisé, c'est Rod Lever dans les années 60.
14:19C'est déjà un truc extraordinaire
14:22détenir les quatre couronnes en même temps
14:24pouvoir se lever un matin de juin 2016
14:25et se dire « je suis le maître du monde ».
14:27Dans les mois qui suivent, que se passe-t-il pour lui ?
14:30Dans les mois qui suivent, c'est extrêmement difficile pour lui.
14:32On en avait discuté l'année suivante.
14:34Il a une baisse d'énergie mentale incroyable,
14:38c'est-à-dire qu'il est vidé.
14:39Il a consenti tellement d'efforts, de sacrifices
14:42pour arriver à tout gagner
14:44qu'il va avoir une descente aux enfers
14:46à la hauteur, on va dire, de ce qu'il avait accompli avant.
14:50Dans les semaines qui suivent Roland-Garros,
14:52il perd au troisième tour de Wimbledon.
14:55Quelques semaines plus tard, aux Jeux Olympiques de 2016,
14:58il arrive avec de grandes ambitions.
15:00Il rêve de la médaille d'or qu'il n'a jamais gagnée.
15:03Il rêve d'être un ambassadeur extraordinaire de son pays.
15:07Et là, il va se retrouver sorti au premier tour par Del Potro
15:10en quittant le cours avec des larmes
15:13qu'on a rarement vues chez un joueur de tennis.
15:15Il est vraiment touché au plus profond de lui-même.
15:17Et ça ne va pas s'arranger ?
15:18En 2017, l'année suivante, il va se blesser au coude,
15:22sortir du top 10, limoger tout son staff.
15:25Il va se chercher.
15:27Son épouse elle-même, confiée il y a quelques mois
15:30qu'au tournoi de Miami en 2018,
15:32il lui dit, je vais arrêter le tennis.
15:39Là, on est en mars 2018.
15:41Que se passe-t-il pour lui dans les mois qui suivent ?
15:43Dans les mois immédiats qui suivent,
15:46les choses ne s'arrangent pas vraiment.
15:47Il est donc sur deux ans sans avoir gagné de grand chelaine.
15:50Il arrive à Roland-Garros 2018
15:53et il va perdre en quart de finale contre l'Italien Tchekinato.
15:56Une défaite totalement inattendue.
15:59Encore un énorme coup de massue pour lui.
16:01À la fin de ce match, il va débouler
16:03avec une mine de chiens battus en conférence de presse
16:06quasiment dès la balle de match jouée
16:08pour expédier ça rapidement
16:10en disant qu'il ne sait même pas s'il va jouer la saison sur gazon
16:13tellement il est dégoûté.
16:14Et il part.
16:15Il s'en va comme ça, il disparaît dans la nature.
16:17Et après ?
16:17Il va partir avec sa femme
16:19faire une excursion à la montagne Sainte-Victoire
16:22à côté d'Aix-en-Provence.
16:24Ils vivent tous les deux à Monaco
16:25donc c'est pas très loin,
16:26il connaît assez bien le sud de la France.
16:28En arrivant en haut de la Sainte-Victoire,
16:30il va s'asseoir et contempler l'horizon.
16:32Il va réfléchir à sa vie, sa carrière, son œuvre.
16:36Et là, il va y puiser la motivation pour retrouver le sommet.
16:40Et après, le miracle se produit.
16:42Il enchaîne les victoires,
16:43va se retrouver à remporter son quatrième Wimbledon
16:45en finale face à la surprise sud-africaine Kevin Anderson.
16:49Tout est reparti comme en 40.
16:51Il va redevenir assez vite le maître du monde.
16:57En 2020, Novak Djokovic fait un bon début de parcours.
17:00Il remporte son huitième Open d'Australie.
17:02Mais la saison de tennis,
17:03comme tout le sport professionnel et presque toute la planète,
17:06est à l'arrêt à cause de l'épidémie de coronavirus.
17:09Il va se confiner, comme tout le monde.
17:12Mais il va trouver un endroit sympathique pour se confiner.
17:14Il va se retrouver à Marbella.
17:16Il s'entraîne tous les jours parce qu'il a un corps privé à disposition.
17:19Donc c'est vrai que pendant qu'on entend certains camarades du circuit dire
17:22« ou ça ne sert à rien de m'entraîner » ou « je ne peux pas m'entraîner »,
17:25Novak Djokovic, lui, continue de pratiquer chaque jour.
17:28Et il avouera, à la fin du confinement,
17:30ne pas l'avoir dit, justement pour ne pas attiser les jalousies de ses camarades.
17:33Et il va organiser un tournoi en mai et juin
17:36dans plusieurs pays des Balkans, dont la Serbie, l'Adriatour.
17:39Là aussi, c'est dans sa volonté de valoriser son pays,
17:42valoriser sa région, l'image de cette zone, le tourisme.
17:46Et il a l'opportunité d'organiser cette série d'exhibitions
17:49parce qu'il faut déjà savoir qu'en Serbie,
17:53les règles sanitaires, les règles de distanciation sociale
17:55ne sont pas du tout les mêmes que ce qu'elles étaient dans l'Europe de l'Ouest.
17:58C'est-à-dire beaucoup moins sévères,
17:59possibilité d'accueillir du public,
18:01moins de contraintes sur les contrôles.
18:03Donc il a la possibilité d'organiser cette série d'exhibitions.
18:06À l'occasion de ce tournoi, il y aura aussi plusieurs fêtes organisées.
18:09Et là, on a des images de joueurs qui se débattent sur des cours
18:12avec du public qui les encourage,
18:14qui vont faire des soirées en boîte de nuit,
18:16bras dessus, bras dessous, ou torse nu,
18:18en train de danser dans tous les sens.
18:20Et c'est vrai que ça donnait une image très décalée
18:22à un moment même où on était en train de discuter
18:24de l'avenir du circuit, de la tenue ou non,
18:26du prochain US Open et du prochain Roland-Garros.
18:29C'est vrai que le décalage était assez important.
18:31Et dans les jours qui suivent, on apprend que plusieurs joueurs,
18:33dont Novak Djokovic, ont contracté le coronavirus.
18:36Donc ça a commencé par le bulgare Dimitrov,
18:39qui fait partie des meilleurs joueurs du monde.
18:40Puis ensuite, ça a été Bornakorich, donc le croate.
18:43Ça a été Novak Djokovic et son épouse,
18:45qui ont été déclarés positifs, porteurs asymptomatiques du virus.
18:49Au bout du compte, un second test sera négatif pour Novak Djokovic.
18:52En tout cas, il a été vivement critiqué pour l'organisation de ce tournoi.
18:55Il a été vivement critiqué, alors, on va dire,
18:59à juste titre d'un côté, et peut-être un peu trop de l'autre.
19:01C'est-à-dire, à juste titre, sur l'image qu'il a pu donner de son sport
19:05dans une période où tout le monde est très précautionneux,
19:09essaie de vouloir reprendre peu à peu la vie normale du circuit.
19:13Et il a donné une image en total décalage.
19:15Et en même temps, on peut lui accorder le crédit de l'avoir fait deux bonnes fois,
19:19dans le sens où les autorités de son pays autorisaient la tenue de ce type d'événement.
19:23Adria Tour, première édition, qui vire tout simplement au fiasco,
19:27alors que l'objectif était de réunir des fonds pour les plus démuniers,
19:31et puis également de rejouer au tennis,
19:33de retrouver un semblant de compétition après plusieurs mois sans jouer.
19:37L'image du serve, sa crédibilité, elle va forcément être touchée,
19:40elle va forcément en prendre un coup.
19:42Eric Brunat, vous nous racontiez au début de cet épisode
19:45la finale de Wimbledon en 2019,
19:47où vraiment le public était contre lui et pour Fédérer.
19:50Pourquoi est-ce qu'il reste mal aimé ?
19:52Novak Djokovic, c'est quelqu'un qui cherche profondément l'affection.
19:56Il reconnaît qu'il fait partie d'une génération serbe
20:00qui peut-être éprouve plus que d'autres le besoin de séduire,
20:03le besoin d'être aimé.
20:04Il a l'impression qu'il faut en démontrer plus
20:06pour être aimé autant que les autres.
20:07Parce qu'ils avaient le mauvais rôle à l'époque ?
20:09Voilà, parce qu'ils avaient le mauvais rôle,
20:11parce qu'ils avaient l'impression d'être devenus les vilains petits canards.
20:14Et donc, il avait l'impression qu'il fallait faire deux fois, trois fois,
20:17dix fois plus que les autres
20:18pour arriver à la même cote d'amour ou de popularité.
20:22Faire l'effort d'être aimé, ça peut être louable
20:24ou alors on peut trouver qu'on en fait trop.
20:45Merci à Eric Brunat.
20:47Code Source est le podcast d'actualité du Parisien
20:49disponible chaque soir du lundi au vendredi.
20:52Cet épisode a été conçu et préparé par Stéphane Genest,
20:55production Benjamin Boucriche et John Timsit,
20:58réalisation Benoît Laure.
20:59Si vous aimez Code Source, n'oubliez pas de vous abonner
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