- il y a 9 heures
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L’adolescent a été poignardé à mort aux Lilas (Seine-Saint-Denis) le 4 octobre 2019. Code source a rencontré sa sœur et une de ses amies.
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L’adolescent a été poignardé à mort aux Lilas (Seine-Saint-Denis) le 4 octobre 2019. Code source a rencontré sa sœur et une de ses amies.
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00:00Bonjour, c'est Jules Lavie pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:14La guerre des bandes, les prives de lycées.
00:17Dans un précédent podcast, le 25 septembre, on vous parlait d'adolescents contraints de changer d'établissement pour réchapper au
00:23règlement de compte.
00:24Depuis, ces rivalités ont fait plusieurs morts en région parisienne.
00:27Il y a notamment Oliver Tony, 17 ans, lynché et jeté dans l'eau dans le canal de Lourdes près
00:32de Paris.
00:33C'était dans la nuit du 6 au 7 novembre.
00:35Ou encore, Kévy Yikilmaz, 15 ans, poignardé à mort au Lila le 4 octobre.
00:41Dans ces deux affaires, des suspects ont été arrêtés et mis en examen.
00:44Et les proches des victimes se mobilisent aujourd'hui, témoignent, pour essayer de mettre un terme à ce fléau.
00:50Claudia Prolongeau a rencontré la sœur et une amie de Kévy Yikilmaz pour qu'elle nous raconte qui il était.
01:02C'est un samedi, il est 13h. Kévy est mort il y a 40 jours.
01:06Pour lui rendre hommage, sa famille et ses amis ont organisé un repas dans le préau d'une école du
01:10Pré-Saint-Gervais.
01:11Sur des tables sont disposées des nappes en papier blanc et le couvert est dressé pour une centaine de personnes.
01:16Deux cafés, les filles.
01:19Il y a des choses que je garde ici, alors à côté de moi, on ne sait jamais, n'est
01:22-ce pas ?
01:23Tiens, madame, la journaliste, du café. Vous voulez du sucre avec ?
01:26Contrairement à ce que j'imaginais, le tableau est loin d'être austère.
01:30Vous êtes qui, vous, par rapport à Kévy ?
01:32On est ses voisins et amis en même temps.
01:35C'est comme si c'était un peu notre famille. On est proches, on est là, on les assiste, on
01:42aide comme on peut.
01:43Moi, personnellement, je ne sais pas si ça va durer encore toute l'après-midi, mais je vais rester jusqu
01:48'à la fin et on va aider, on va nettoyer.
01:52Est-ce que vous pouvez me dire ce que c'est ce gâteau ?
01:54Ça s'appelle Halva.
01:55C'est kurde.
01:56Ça, on le fait à base de farine et d'huile ou de beurre avec du sucre aussi.
02:01Traditionnellement, en fait, c'est fait à la suite d'un mort.
02:05Donc là, on en distribue à toute la salle.
02:08Et le mieux, c'est que tout le monde en mange.
02:12On me présente une jeune femme avec de grands yeux bruns et un t-shirt blanc sur lequel est imprimée
02:16une photo de Kévy et sa date de naissance.
02:1918 juin 2004.
02:21Depuis que je suis arrivée, je la vois faire le tour de la salle pour saluer les invités, recharger les
02:25tables en pain et en eau, vérifier que personne ne manque de rien.
02:29Elle sourit, remercie, embrasse, ne flanche jamais.
02:32Je suis loin de me douter que c'est une très proche de Kévy.
02:36Berfine a 21 ans, elle étudie les ressources humaines en alternance.
02:40C'est sa grande sœur et la deuxième d'une fratrie de six enfants.
02:43Il y a mon grand frère Mazdoum qui, lui, est marié.
02:47Ensuite, il y a moi, il y a Kévy, il y a ma petite sœur Avesta qui a 13 ans,
02:52il y a mon petit frère Jeanne qui a 12 ans, mon petit frère Argin qui a 11 ans et
02:58la petite dernière qui a 2 ans, Ravine.
03:01Kévy, il adorait le rap.
03:03Après, il a écouté toute la génération nouvelle, donc RK, Cobalade, des choses de ce style en fait.
03:11Physiquement, alors il est beaucoup plus grand que moi, donc des fois dans la rue, on pensait que c'était
03:15moi la petite sœur et lui le grand frère.
03:17Il avait 15 ans, il en faisait 20, avec une jolie babe, les cheveux longs, il se faisait des petites
03:22couettes de temps en temps.
03:24Toujours le sourire, même quand il était triste en fait.
03:27C'est comme si la forme du sourire, elle était tracée sur ses lèvres en fait.
03:33Et il avait des petits yeux, des petits yeux un peu bridés.
03:37Mais franchement, je ne dis pas ça parce que c'est mon frère, mais il était vraiment beau.
03:42Franchement, c'était un garçon simple, avec une gentillesse, un respect et un amour pour le foot surtout énorme.
03:50C'était le PSG.
03:51Après, il connaissait vraiment tous les clubs avec les joueurs, les numéros joueurs, il connaissait tout par cœur.
03:56C'était vraiment son point fort.
03:58Et je ne sais pas si on m'a dit, mais du coup, il avait signé au Red Star, qui
04:02est une équipe qui est en Ligue 2.
04:04Et en fait, il avait commencé ses entraînements et ses matchs en août 2019.
04:08Il avait joué quelques fois avec eux.
04:11Ils avaient demandé qu'ils reviennent en avril 2020.
04:15Malheureusement, ça, ce n'est pas fait.
04:17En général, on bat presque à tous ses matchs.
04:18Comme c'est le week-end, on ne travaille pas.
04:21Donc avec mon père, on y va souvent.
04:22Que ce soit en déplacement ou à la maison, on y va souvent.
04:26Et je pense que c'était un gros point pour lui parce que...
04:30Je pense que pour un enfant, avoir le soutien de sa famille, c'est vraiment énorme.
04:34Et je crois que c'est ça qui lui a donné un peu de force à évoluer.
04:36Parce qu'en fait, au début, mon frère, il a commencé en tant que gardien.
04:39Il n'était pas si doué que ça.
04:40Et c'est au fur et à mesure qu'il a amélioré son jeu.
04:42Et avoir le soutien de sa famille, le soutien de ses entraîneurs, je pense que ça lui a beaucoup apporté.
04:47Et voilà, franchement, il se réveillait.
04:48Il avait le ballon, il dormait, il avait le ballon, il mangeait, il avait le ballon.
04:51C'était... Pour lui, il n'avait que ça, en fait.
04:53C'était vraiment que ça.
04:55Et il avait réussi à atteindre un petit bout de son objectif.
04:58Mais malheureusement, on lui a pris la vie avant.
05:02Cet été, j'ai passé beaucoup de temps avec mon frère.
05:05Parce que du coup, il est rentré plus tôt de vacances par rapport au foot.
05:08Moi, je n'étais pas partie, donc on était tous les deux sur Paris.
05:11Je pourrais vous parler de la dernière soirée qu'on a passée ensemble.
05:13Le 30 septembre, on était sortis entre frères et sœurs.
05:17On était partis manger dehors.
05:20Et cette soirée, franchement, c'était une de nos meilleures soirées entre frères et sœurs.
05:25Et je me rappelle encore là, j'ai encore les images de comment il mangeait son hamburger avec les fourchettes.
05:29Il n'arrivait pas à manger.
05:31On est rentrés, on a mis de la musique, on dansait.
05:33En fait, c'était que de la bonne humeur.
05:35Il y avait une ambiance festive.
05:37Et franchement, je me dis, heureusement que cette soirée, elle a eu lieu.
05:40On est une famille nombreuse.
05:42On est vraiment une famille soudée.
05:46Et on passait beaucoup de moments en famille.
05:48Vraiment beaucoup.
05:49Franchement, mes parents, ils faisaient tout pour le bonheur de leurs enfants.
05:52Donc, beaucoup de voyages, beaucoup de vacances.
05:55On était vraiment une famille heureuse et soudée.
05:59Maintenant, on est encore plus, mais on est moins heureux.
06:02Dans l'islam, le 40e jour suivant le décès est particulièrement important.
06:06C'est ce jour-là que l'âme de Kévi quitte sa tombe pour rejoindre le paradis.
06:09Après la fin du repas et avant qu'on ressorte les gâteaux,
06:13deux imams viennent accompagner les prières.
06:30On le connaissait comme notre frère, comme notre fils, à la maison.
06:35Mais son comportement extérieur, on l'a connu au fur et à mesure que les gens nous l'ont décrit.
06:42Il y a des choses que même nous, on ne savait pas qu'ils faisaient pour les gens.
06:45Par exemple, aider les courses pour une dame âgée, des choses comme ça.
06:48On ne le savait même pas.
06:49On l'a appris.
06:51Au fur et à mesure que les gens venaient à la maison suite à son décès,
06:54tout le monde nous disait, ton fils il m'a fait ça, ton fils il était comme ça.
06:58C'est au fur et à mesure qu'on s'est rendu compte que même si à la maison il
07:02n'en faisait qu'un peu qu'à sa tête,
07:04à l'extérieur, aux yeux des autres, c'était vraiment quelqu'un que tout le monde voudrait avoir dans son
07:10entourage.
07:11C'était clairement ça.
07:13Et il y a eu des milliers de personnes qui sont venues, du plus petit au plus grand.
07:17Et je ne dis pas ça parce que c'est mon frère, mais je pense que vous pouvez le voir
07:20avec tout ce que les gens disent,
07:22il n'y a pas une personne qui nous a dit du mauvais.
07:25C'est ça qui me fait plus mal au cœur, c'est de voir qu'il est tant aimé, qu
07:28'il a fait tant de bonnes choses,
07:29et qu'aujourd'hui il n'est plus parmi nous.
07:31Et je pense que la phrase « les meilleurs partent en premier », c'est là que je me suis
07:34rendu compte qu'elle est vraiment réelle.
07:36Le vendredi 4 octobre, Kévy a fini les cours plus tôt, comme c'était le cas pour lui habituellement ce
07:41jour-là.
07:41Il avait rejoint ses copains au stade municipal des Lilas, dans la commune voisine, où un cours de PS avait
07:46lieu.
07:47Et c'est là, sans que personne ne sache exactement pourquoi,
07:51qu'il a été poignardé par trois adolescents du même âge que lui qui sortaient du cours.
07:55C'était un vendredi, donc moi je travaillais ce jour-là.
07:58Je suis partie au travail comme d'habitude, sans me soucier de ce qui allait se passer.
08:02J'étais à la cantine avec mes collègues, on était en train de manger.
08:05Et je reçois un appel de Najwa, qui est proche de notre famille.
08:09Et elle me dit « il y a quelque chose qui passe aux infos, comme quoi un jeune est blessé,
08:14sa fille lui dit que c'est mon frère. »
08:17Je lui dis « ça se peut pas, il est à l'école, j'y croyais pas en fait. »
08:22Donc je lui raccroche et j'appelle mon frère, il répond pas.
08:25Je l'appelle, ça sonne, ça sonne, ça sonne, il répond pas, je lui envoie des messages.
08:29J'appelle des amis pour demander qu'ils appellent mon frère.
08:31J'appelle tout le monde sans savoir vraiment ce que je vais dire à la personne qui va me répondre.
08:35Et en attendant, du coup, je me précipite pour rentrer.
08:38Dans le métro, j'appelle le commissariat de police, j'appelle les écoles, j'appelle les hôpitaux.
08:43J'étais dans un état où, là aujourd'hui, quand je vous en parle, j'en tremble encore.
08:48Et j'étais pas encore arrivée.
08:50J'appelle mon frère pour lui demander s'ils sont encore au commissariat pour que j'aille le rejoindre, justement.
08:54Parce qu'on voulait pas nous dire à quel hôpital il était.
08:57On le disait pas parce qu'il est pas parti à l'hôpital, en fait.
08:59Il est mort sur le coup.
09:01C'est quand j'appelle mon frère pour lui demander s'ils sont encore au commissariat.
09:04J'arrive à Porte des Lilas.
09:05Et il me dit « ça sert à rien d'y aller, viens à la maison. »
09:09Je comprends que c'est trop tard, en fait.
09:12J'arrive chez moi, je tombe déjà dans le métro, je tombe, je pleure, je crie.
09:20Je voyais même plus ce qu'il y avait autour de moi, les gens et tout, je voyais plus.
09:24Et une fois que j'arrive chez moi, je vois les pompiers descendre.
09:27Je me dis « mais pourquoi vous descendez les mains vite ? Il est où mon frère ? »
09:30Je monte, je vois la commissaire, je lui dis « mais pourquoi vous partez ? Il est où mon frère
09:34? »
09:34Je lui pose la même question.
09:35Et j'étais tellement énervée que je la secouais un peu limite.
09:39Je suis tombée par terre et je dis « non, je ne rentre pas dans cette maison si mon frère
09:41n'est pas là. »
09:43C'est mon père qui a dû venir me chercher de force pour me faire rentrer chez moi, sinon je
09:46ne voulais pas rentrer.
09:48Le 13 octobre, une marche blanche pour Kévy a réuni plus de 1000 personnes.
09:52Dans le silence, le cortège est parti du Pré-Saint-Gervais pour rejoindre le stade des Lilas, là où l
09:57'adolescent a été tué.
10:00Jusqu'à la marche, je n'avais toujours pas réalisé que… voilà.
10:03Pourtant, on avait vu le corps entre-temps et je ne le réalisais pas.
10:06Pour moi, il dormait, pour moi, il allait revenir.
10:08Et même aujourd'hui, je vous en parle, mais je ne réalise pas forcément.
10:12Je ne réalise pas forcément.
10:14Franchement, on était content de voir qu'autant de monde nous soutienne.
10:19Mais pour le moment, il n'y a aucun changement, à part le fait qu'il y a eu des
10:24choses organisées en son hommage.
10:26Mais au niveau de la sécurité des écoles pour les autres élèves ou des choses comme ça,
10:32franchement, pour le moment, je n'ai rien vu encore.
10:34Alors, j'espère que ça va être fait, j'espère que ce genre de drame ne va plus arriver.
10:39Mais pour le moment, on est encore dans l'attente de voir ce changement, justement.
10:44Selon la légende urbaine, la rivalité entre les Lilas et le Pré-Saint-Gervais aurait commencé par une histoire de
10:49casquette volée en 1997.
10:51Mais personne n'en est certain.
10:53Ça sort d'une histoire qui remonte à très longtemps, qui au fur et à mesure, il y a un
10:59côté qui s'est dit,
10:59bon, je vais me venger parce qu'un tel a tué un tel.
11:02Après, la personne se venge parce que l'autre personne s'est vengée de la personne.
11:05En fait, c'est que vengeance sur vengeance, représace sur représace.
11:09Je crois que même les gens qui sont dans ces embrouilles-là, vous allez les voir, vous leur dites, pourquoi
11:12vous faites cette guerre ?
11:13Ils ne sauront pas vous répondre.
11:14Ils vont juste vous dire, parce qu'ils n'habitent pas dans notre ville.
11:16Eux-mêmes, ils n'ont pas de réelle cause de cette guerre.
11:18Alors que le repas se termine, je rencontre Cilia, une amie de Kévy, qui a 15 ans elle aussi.
11:23Depuis un mois, elle a fondé et est devenue coprésidente de l'association Pas de la même ville et alors.
11:29Avec d'autres adolescents de son âge, ils envisagent de faire de la médiation et d'aller parler dans des
11:33classes
11:34pour endiguer cette violence devenue leur quotidien.
11:38J'étais une amie à Kévy, une bonne amie à Kévy, voire même meilleure amie, ouais.
11:43Et vous ne comprenez toujours pas ce qui s'est passé ?
11:45Non, je sais juste que, voilà, c'était une bagarre, quoi.
11:50Et ça a dérivé en assassinat.
11:53C'était un gentil garçon, je traînais tout le temps avec lui, ça veut dire que, je sais c'était
11:58qui,
11:58genre c'était pas le genre de personne à chercher la merde, tout ça.
12:01Il était pas comme ça.
12:02Un an avant la mort de Kévy, presque jour pour jour, c'était le 13 octobre 2018,
12:07Abou Bakar, un collégien de 13 ans, avait lui aussi perdu la vie dans une rixe.
12:11Des jeunes, des Lilas, de Bagnolet, du Pré-Saint-Gervais et de Romainville
12:15s'étaient affrontés avec des bâtons, des barres de fer et un pistolet de paintball.
12:19On a décidé de créer cette association, bah déjà on devait la créer l'année dernière
12:23et au final on l'a pas fait, je sais pas pourquoi on a abandonné.
12:26Abou Bakar Ossou n'était grave proche de lui.
12:28Et là cette année, bah, on a décidé de la faire et bah là on l'a monté.
12:31Vous avez 15 ans et vous avez deux amis déjà qui sont morts, tués par d'autres jeunes de votre
12:36âge ?
12:37Oui. Clairement, je dis pas que notre association en gros va arrêter toutes ces embrouilles, etc.
12:42Mais j'aimerais parce que genre l'année prochaine, au mois d'octobre,
12:45j'ai pas envie d'entendre qu'un autre meilleur pote à moi décède pour x ou y raison.
12:52Après Abou Bakar, il n'y a rien qui a changé.
12:55Et après mon frère, on est toujours en attente, or que ça fait déjà plus d'un mois.
12:58Combien de jeunes on va encore enterrer avant que tout ça change en fait ?
13:03Ce qu'on peut faire c'est juste ne surtout pas l'oublier et qu'on peut juste continuer notre
13:06vie en fait.
13:07Après c'est sûr qu'on va se battre pour que la justice soit faite.
13:10J'espère que justement, vraiment, vraiment, tout va être mis en place pour que la sécurité soit renforcée.
13:17Mais clairement là, comme je dis, comme je réalise pas forcément la chose,
13:22moi je sais pas comment faire, quoi faire.
13:26Donc voilà, j'ai pas pensé.
13:28Je sais juste qu'il faut que je reste forte pour ma famille, pour mon frère,
13:31parce que je sais que s'il aurait été là, il m'aurait dit de rester forte.
13:36Claudia, est-ce qu'on saura un jour ce qui est arrivé à Kévy ?
13:39Peut-être, l'enquête n'est pas terminée et c'est elle qui doit le déterminer.
13:42Mais pour les enquêteurs, il est évident que cette agression a bien eu lieu
13:45dans un contexte de rivalité locale, comme on le disait dans le reportage.
13:49Et aujourd'hui, il y a trois adolescents de 14 et 15 ans
13:52qui ont été mis en examen pour assassinat en bande organisée.
13:55Quelles ont été les réactions dans le lycée où Kévy était scolarisé ?
13:59Les enseignants ont exercé un droit de retrait
14:01et aujourd'hui, les enseignants du collège Marie Curie et du lycée Paul Robert,
14:05où était scolarisé Kévy, ont demandé le classement de leur établissement
14:08en réseau d'éducation prioritaire, qu'on appelle REP.
14:11Et Jean-Michel Blanquer, qui a déjà réagi plusieurs fois sur le sujet,
14:15a pas répondu pour un éventuel classement en REP.
14:17En revanche, il a dit qu'il était tout à fait envisageable
14:20que le secteur soit classé en zone prévention violence.
14:22Les enseignants doivent rencontrer le ministre de l'Éducation nationale bientôt
14:25et donc on devrait en savoir plus dans les prochains jours.
14:33Merci Claudia Prolongeau.
14:39Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien,
14:42production Clara Garnier-Amourou, réalisation Alexandre Ferreira.
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