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Passé l’élan de solidarité face au coronavirus, cette salariée de l’hôpital Henri-Mondor de Créteil est sceptique face aux promesses du gouvernement. Témoignage.

Notre article, ici : https://www.leparisien.fr/societe/sante/rien-n-a-change-l-amertume-d-ysaline-36-ans-aide-soignante-d-un-hopital-francilien-17-06-2020-8337378.php

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Médecins, infirmiers, aides-soignants, des dizaines de milliers d'hommes et de femmes ont manifesté en France le 16 juin
00:18pour rappeler le gouvernement à ses promesses sur l'hôpital.
00:20Le 20 mai, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a promis des changements d'ampleur et des augmentations de
00:26salaires. Une concertation baptisée Ségur de la Santé par le gouvernement est en cours. Des mesures devraient être annoncées en
00:34juillet.
00:34Pour bien comprendre de quoi souffre l'hôpital depuis de longues années, CodeSource prend le temps aujourd'hui d'écouter
00:41une aide-soignante qui travaille à Créteil, dans le Val-de-Marne. Claudia Prolongeau.
00:54J'ai rencontré Isaline en allant à un rassemblement des soignants devant l'hôpital Mondor à Créteil. Depuis presque un
01:00an et demi, le service des urgences où elle travaille a entamé une grève pour dénoncer le manque de moyens
01:05de l'hôpital.
01:06Elle n'a pas été tout de suite d'accord pour me parler et finalement elle a accepté qu'on
01:10se revoie plus tard. Isaline, qui est aide-soignante, dit de son métier qu'il est aussi sa passion et
01:15que ça a toujours été comme ça.
01:17Alors moi, toutes mes copines à l'école, elles m'appelaient la psychologue. Dès que mes copines avaient un souci,
01:23c'est moi qu'elles venaient voir. Dès qu'elles avaient un problème, c'est moi qu'elles venaient voir.
01:26Elles savaient très bien que quoi qu'il arrive, si je pouvais les aider, je les aiderais. Et pareil pour
01:31ma petite soeur ou mon petit frère, ils savaient très bien que dès qu'ils avaient une situation à gérer,
01:37ils pouvaient compter sur moi.
01:38Et j'aime vraiment, vraiment aider les autres. C'est vraiment la chose primaire de ma vie. Vraiment.
01:45Je ne considère pas du tout mon travail comme un métier, à proprement parler. Je le considère avant tout comme
01:51une vocation.
01:53Le métier d'aide-soignante apparaît donc comme évident dès petite pour Isaline.
01:57Après son brevet, elle passe un BEP carrière sanitaire et sociale, puis obtient le diplôme nécessaire.
02:03Elle travaille brièvement dans un EHPAD avant d'intégrer en 2007 les urgences de Montdor, d'abord en CDD, puis
02:09en CDI sur concours.
02:11Moi, quand je suis arrivée, je me suis tout de suite sentie à l'aise.
02:15Je n'ai pas du tout eu le sentiment d'être la petite nouvelle et avoir du mal à m
02:20'intégrer.
02:21Les urgences, c'est plus que des collègues en fait. C'est vraiment une famille.
02:25Ce n'est pas un service classique. On est une centaine et on vit quand même des choses.
02:32Ce n'est pas tous les jours. Ce n'est pas comme dans les films. Il faut que les gens
02:34s'enlèvent ça de la tête.
02:36Mais il y a des jours où c'est vraiment compliqué et on sent qu'il y a une vraie
02:40solidarité entre nous.
02:42J'aime vraiment beaucoup et je ne me vois vraiment pas travailler ailleurs en fait.
02:47Je ne sais même pas comment exprimer tellement c'est fort.
02:52Moi, vraiment, les urgences, j'y suis arrivée en 2007. On est en 2020 et je n'ai pas envie
02:57de partir des urgences.
02:58Je m'y sens vraiment bien.
03:02Dès ses débuts, Isaline vit des moments qui la marquent.
03:05Je me souviens d'une patiente qui est venue parce qu'elle avait des forts maux de tête.
03:10C'est une dame qui était migraineuse.
03:12Mais en fait, là, sa migraine, elle ne la trouvait vraiment pas comme d'habitude.
03:15Donc, on l'a enregistrée.
03:17On lui a fait passer un scanner crânien.
03:19Et en fait, le résultat était vraiment mauvais.
03:23En fait, cette patiente, elle avait une tumeur cérébrale très mal placée et inopérable.
03:28Lorsque la patiente, elle a appris cela, elle s'est effondrée.
03:31Et elle m'a regardée et elle m'a dit, dites-moi comment je vais faire pour annoncer à mon
03:36mari
03:37que d'ici quelques mois, il va devoir éduquer notre fille sans moi.
03:41Et en fait, à ce moment-là, être présente pour elle, avoir une présence pour elle, qu'elle ne soit
03:45pas seule,
03:46je me suis sentie quand même un minimum utile.
03:49Et vraiment, vraiment, je crois que c'est le souvenir qui m'a vraiment le plus marquée.
03:54Quand elle arrive en 2007 aux urgences de Montdor, les conditions de travail ne sont pas idéales.
03:59Mais Isaline et ses collègues encaissent.
04:01Je pense qu'on ne se rendait pas forcément autant compte du manque de matériel et du manque de recrutement
04:07humain.
04:07Parce que le nombre de passages par jour était quand même moindre par rapport à aujourd'hui.
04:16Ça n'avait rien à voir.
04:19Il y a quelques années en arrière, pour nous, quand on faisait une journée à 120, 130 passages,
04:25pour nous, c'était une grosse journée.
04:27À l'heure actuelle, quand on fait une journée à 130 passages, pour nous, c'est une journée calme.
04:34En fait, on peut l'expliquer de différentes façons.
04:36Déjà, il y a le fait que quand on enregistre les gens aux urgences, les gens ne payent pas.
04:41Déjà, ça, c'est quelque chose qui est assez commun.
04:46C'est-à-dire que les gens, quand ils arrivent, ils savent qu'on ne va pas leur demander de
04:49payer dès l'accueil.
04:50Déjà, il y a ce facteur-là.
04:52Ensuite, il y a le facteur des médecins traitants, des médecins de ville qui sont débordés
04:56et qui, du coup, ne peuvent pas prendre des patients en urgence.
05:01Vous vous levez un matin, vous avez de la fièvre, vous ne pouvez pas aller travailler, il vous faut un
05:05arrêt de travail.
05:06Votre médecin traitant ne peut pas vous prendre parce qu'il est débordé.
05:09Et qu'est-ce qu'ils vont faire les gens ? Ils vont venir aux urgences.
05:13Je pense que c'est deux facteurs qui jouent dans l'affluence.
05:18Les gens viennent un peu trop facilement aux urgences.
05:24Quand le nombre de passages a commencé à augmenter,
05:27que là, on s'est réellement rendu compte qu'il nous manquait du matériel et qu'il nous manquait de
05:31l'humain,
05:32enfin, qu'il nous manquait des collègues pour pouvoir travailler,
05:36on commençait vraiment à venir travailler avec la boule au ventre en se demandant comment on allait pouvoir gérer le
05:43nombre de passages
05:44en étant le même nombre d'aides-soignants et d'infirmiers, en fait.
05:48Et donc, on se demandait vraiment comment on allait faire pour pouvoir gérer tout ça,
05:53pour pouvoir soigner tout le monde convenablement.
05:55Par exemple, quand vous avez quatre patients qui vous demandent en même temps un bassin
06:01et que vous n'êtes pas suffisamment pour leur donner les bassins au bon moment,
06:06c'est un exemple parmi tant d'autres,
06:08du coup, il y a des patients malheureusement qui se font pipi dessus.
06:13C'est malheureux, mais c'est comme ça,
06:15parce que le temps qu'on s'occupe d'un patient, on ne peut pas s'occuper de l'autre,
06:18donc c'est très compliqué.
06:19Ça m'est arrivé à moi, comme à mes collègues,
06:21des fois, on rentre le soir et on se refait notre journée dans notre tête,
06:25en se demandant si on a bien fait notre travail correctement.
06:31Elle ne se souvient pas quand exactement,
06:33mais Isaline se rappelle bien du jour où elle a craqué pour la première fois.
06:37Moi, je suis une personne qu'on peut facilement me dire les choses
06:41où j'arrive à discuter avec les gens,
06:43on peut me dire ce qu'on pense, il n'y a aucun problème.
06:45Et en fait, un jour, il y a un cadre qui est venu
06:48qui m'a dit quelque chose de pas méchant,
06:50quelque chose de classique.
06:53Et en fait, je l'ai très mal pris,
06:54alors qu'il n'y avait pas de raison que je le prenne mal.
06:56Et je suis sortie du bureau,
07:00enfin de la salle de staff en claquant la porte.
07:02Et à ce moment-là, j'ai compris que...
07:04Et je me suis vraiment effondrée.
07:05Et à ce moment-là, j'ai compris qu'en fait, j'étais à bout
07:08et que ce n'était plus possible
07:10et qu'il fallait vraiment, vraiment faire quelque chose.
07:12Parce que moi, ce n'est pas du tout dans ma nature
07:14de m'énerver ou de me mettre à pleurer
07:17parce qu'on me dit quelque chose, entre guillemets, un peu négatif.
07:20Enfin, je veux dire, le cadre, il ne m'a vraiment rien dit de méchant.
07:24Mais là, c'était la parole de trop, en fait.
07:26Alors que quand j'y repense à l'heure actuelle,
07:29il n'y avait vraiment pas de raison de se mettre dans ces états-là.
07:32Au fur et à mesure des années,
07:34ces épisodes se font de plus en plus fréquents
07:36et l'ambiance générale devient de plus en plus délétère.
07:39Chaque journée passée à l'hôpital pèse un peu plus,
07:41dans la vie d'Isaline et de ses collègues,
07:43alors même que l'équipe reste toujours très soudée.
07:46Quand on arrivait tous les matins
07:48et qu'on était en train de se dire
07:51qu'on n'arrivait plus à dormir la nuit,
07:52qu'on se regardait et qu'on se mettait à pleurer
07:54pour un oui, pour un non,
07:56qu'on n'arrivait plus à supporter la pression des patients,
08:00parce qu'il faut savoir que les patients
08:02ne sont pas toujours gentils avec nous.
08:04Il y en a qui sont durs,
08:06qui sont méchants,
08:07qui sont même violents.
08:08Donc quand on arrivait à un moment donné,
08:10on n'arrive plus à supporter ça,
08:11qu'on arrive vraiment au travail,
08:13la boule au ventre,
08:13et que même entre nous,
08:15entre l'équipe qui de base est soudée,
08:17il commence à y avoir des tensions.
08:21Il y avait de plus en plus d'arrêts.
08:22On avait des collègues qui ne s'étaient jamais arrêtés,
08:24qui là commençaient à s'arrêter facilement.
08:29À partir de ce moment-là,
08:30on se dit que ce n'est plus possible.
08:33Le travail, c'est quand même la plus grosse partie de notre vie.
08:36On passe plus de temps au travail qu'ailleurs.
08:39On s'est dit que ce n'est plus possible,
08:40il faut vraiment qu'on fasse quelque chose,
08:42parce qu'on ne va pas tenir.
08:43On va tous s'effondrer.
08:45Là, ce n'était vraiment plus possible.
08:47Du coup, on a décidé de lancer une grève.
08:50On est allé voir les syndicats,
08:51pour voir comment on pouvait procéder.
08:53Et donc, hop, c'était parti.
08:55Ça s'est fait en l'espace d'à peine une semaine.
09:00Début janvier 2019,
09:02médecins, infirmiers, aides-soignants et brancardiers de l'hôpital Mondor
09:05se lancent donc dans ce combat,
09:07sans imaginer une seconde qu'ils vont le mener plus d'un an.
09:10Tous les matins, les cadres affichent un tableau
09:12sur lequel s'inscrivent ceux qui souhaitent être grévistes pour la journée.
09:15Puis la direction décide de qui est assigné et qui est non-assigné.
09:19Donc, assigné, c'est-à-dire qu'on est obligé de venir travailler.
09:23Donc, on est gréviste, mais on travaille.
09:25Et les non-assignés, c'est les gens,
09:27donc c'est le personnel qui doit se présenter au travail,
09:30mais qui ne sera pas en poste.
09:32On allait dans le hall de l'hôpital
09:34pour distribuer des prospectus aux gens,
09:37pour leur expliquer le pourquoi de notre grève.
09:41On faisait également ce qu'on appelle des cagnottes,
09:44parce que forcément, quand on est non-assigné,
09:46on perd notre journée de travail.
09:48Donc, on essayait tant bien que mal de pouvoir,
09:53entre guillemets, financer cette grève,
09:55parce que, mine de rien, ça revient cher d'être gréviste.
09:58On a quand même fait la grève pendant le prêt de la main,
10:00donc financièrement, ça coûte cher.
10:03Et voilà, on faisait aussi également les sorties de métro,
10:06les marchés,
10:07et on se mettait également devant l'hôpital,
10:10devant l'entrée principale de l'hôpital,
10:12donc à l'extérieur, celles qui mènent en parking.
10:15Et il y avait même des médias qui venaient régulièrement.
10:18Jusqu'en janvier 2020,
10:20une vingtaine de salariés des urgences
10:21est donc en grève régulièrement.
10:23Au niveau de l'hôpital, les choses évoluent.
10:25Les urgences obtiennent de la direction
10:26l'ouverture de quelques postes d'aides-soignants et d'infirmiers,
10:29si bien qu'ils estiment aujourd'hui être en nombre suffisant.
10:32On a décidé donc d'arrêter la grève au niveau local,
10:37parce qu'on était quand même satisfaits
10:39que la direction ait quand même, on va dire, cédé sur certaines choses.
10:43Mais pour la revalorisation des salaires et le manque de matériel,
10:46c'est au niveau national que cela se joue.
10:48Le 5 février 2020,
10:50un immense SOS lumineux apparaît sur la façade de l'hôpital Henri-Mondor
10:53grâce à 115 fenêtres allumées dans le bâtiment.
10:57Cette initiative préparée depuis deux mois
10:59est inspirée par l'hôpital de Caen,
11:01qui a fait la même chose quelques semaines auparavant.
11:03Mais si l'action est largement commentée dans l'hôpital
11:05et largement relayée dans les médias français,
11:07le problème de fond est vite mis de côté,
11:10car quelques semaines plus tard, la crise du Covid débute.
11:13On voyait le nombre de patients qui arrivaient chaque jour
11:18pour des suspicions et qui s'avéraient être positifs.
11:23Et puis après, comme tout le monde,
11:25on voit à la télé les infos.
11:27Et puis notre président de la République
11:30qui prend la parole et qui commence à nous parler de guerre,
11:34à ce moment-là, on se dit, oui, ça va être compliqué.
11:37On se dit, on va vivre des jours difficiles.
11:41Vraiment.
11:42Là, même si on est entre guillemets en ombre,
11:45parce qu'en plus on a eu quand même pas mal d'aides extérieures,
11:48les gens, on a beaucoup de collègues qui sont venus des provinces
11:51ou qui n'étaient pas beaucoup atteintes.
11:53Des collègues, par exemple, des infirmières scolaires,
11:56les écoles étaient fermées, donc ils venaient nous aider.
11:58Mais ça reste quand même angoissant,
12:00parce que déjà de base, c'est un virus qu'on ne connaît pas.
12:03Donc on ne sait pas réellement les gens comment ils vont réagir.
12:07On est conscient qu'il va y avoir beaucoup de morts.
12:10Et on est également conscient qu'on va devoir faire des choix.
12:13C'est-à-dire, on sait qu'on va devoir entamer ce qu'on appelle une médecine de guerre.
12:19Il faut qu'on choisisse en vrai qui on sauve et qui on ne sauve pas.
12:23Et oui, c'est angoissant, parce que notre métier de base, c'est pas ça.
12:27Notre métier de base, c'est de sauver les gens.
12:29C'est pas de les laisser mourir.
12:31Si le manque de moyens n'a jamais été ressenti aussi fortement,
12:35à l'hôpital Henri-Mondor, il n'est évidemment pas question de reprendre la grève.
12:38À ce moment-là, oui, on met la grève entre parenthèses,
12:42parce qu'à ce moment-là, notre priorité, c'est vraiment d'être présent pour les patients.
12:48De toute façon, on sait très bien qu'on n'aura même plus le temps d'entreprendre quoi que ce
12:52soit,
12:52étant donné que tout notre temps, on le passe à l'hôpital.
12:54Et puis, il est hors de question qu'on se mette gréviste,
12:58en sachant qu'il faut qu'on soit là pour les gens.
13:01Alors, on a fait beaucoup d'heures sup.
13:02En règle générale, on avait un rythme de six jours travaillés pour un jour de repos.
13:07Le sixième jour étant généralement une heure sup.
13:10On a manqué de matériel.
13:12Oui, alors au début, ça allait, parce qu'on avait, nous, en tout cas,
13:15nous, à l'hôpital Henri-Mondor, on avait encore quelques réserves de masques et de charlottes.
13:20Mais après, forcément, quand on voit qu'en guise de charlottes,
13:23on a des sacs poubelles sur la tête.
13:27Heureusement qu'on a des sociétés qui nous ont fait des dons de masques, surtout.
13:30Donc, au niveau des masques, ça a plutôt été.
13:33Mais par contre, on n'était pas du tout équipés comme il fallait.
13:38Pendant que le coronavirus se propage à grande vitesse,
13:41l'hôpital Henri-Mondor se positionne comme l'un des premiers établissements d'Ile-de-France pour lutter contre.
13:46Un bâtiment en construction qui ne devait ouvrir qu'en septembre
13:49est rapidement terminé pour accueillir les patients positifs au Covid.
13:52On a accueilli des patients de toute l'Ile-de-France, voire d'ailleurs.
13:57C'est un bâtiment qui a vraiment beaucoup servi et beaucoup aidé.
14:02Grâce à ça, on a quand même pu sauver beaucoup plus de patients.
14:05Si jamais il n'avait pas été ouvert, ces patients-là n'auraient peut-être pas été sauvés.
14:09Après six semaines très intenses, l'activité liée au Covid diminue brusquement.
14:13D'un coup, les patients ont commencé à moins arriver.
14:16Donc, on commençait à avoir moins de patients qui venaient pour ça tous les jours.
14:20On avait moins de morts.
14:22Alors ça, c'était assez important.
14:25Parce qu'il faut savoir que des morts, on en avait énormément par jour.
14:29Là, on commençait à quasiment plus en avoir et après en avoir même plus du tout.
14:34Et la plupart des tests revenaient négatifs.
14:37On s'est dit, bon, ça va, ça commence à se calmer.
14:42Et puis bon, après, le soir, quand on rentre et qu'on regarde des infos
14:44et qu'on voit également que les réas commencent petit à petit à se vider.
14:47Et là, on commence à se dire, bon, ça se calme, on va pouvoir souffler un petit peu.
14:59Isaline et ses collègues se disent aussi qu'ils vont pouvoir recommencer à défendre l'hôpital public.
15:03Mardi 16 juin, près de 20 000 personnes ont manifesté
15:06et plus de 250 rassemblements ont eu lieu en France pour exiger plus de moyens dans les hôpitaux.
15:16Dans les cortèges, il n'y avait pas que des blouses blanches.
15:19Et certains ont le sentiment que, enfin, on se mobilise pour eux et avec eux.
15:24Mais Isaline, comme beaucoup de ses collègues, a malheureusement du mal à croire que la situation s'améliorera rapidement
15:30à l'hôpital Henri-Mondor, comme partout ailleurs en France.
15:34Alors là, on reparle de faire grève, voilà, tout à fait.
15:37J'ai vraiment envie de rester dans le public.
15:40Et en fait, j'ai vraiment envie de faire partie de ces personnes qui veulent sauver le secteur public.
15:46En vérité, rien n'a changé.
15:49Tout est comme avant cette crise sanitaire.
15:52Nous, pour ce qui est de la PHP, sur le salaire du mois de mai, on a eu une prime
15:56de 1 500 euros.
15:57On ne va pas se mentir, 1 500 euros, c'est une belle somme.
16:00On est tous contents de l'avoir reçu.
16:03Après, je pense que c'est un peu une goutte d'eau dans la mer.
16:07Il s'est dit, on va leur donner 1 500 euros, ça va les calmer.
16:11Mais bon, c'est facile de donner une prime de 1 500 euros.
16:14Ce qu'on veut, c'est vraiment une reconnaissance, une vraie reconnaissance qui dure dans le temps.
16:19Enfin, une simple prime de 1 500 euros, c'est comme quand il parle de nous donner une médaille.
16:24Ce qu'on a fait là pendant la crise du coronavirus, on l'a fait parce que c'est notre
16:28métier avant tout.
16:31Maintenant, le fait qu'il veut nous donner une médaille pour ça, oui, c'est bien, c'est gentil.
16:35Mais on s'en fiche de sa médaille en fait.
16:39On s'en fiche.
16:44Claudia Isaline n'est pas vraiment convaincue par cette prime de 1 500 euros.
16:48Combien est-ce qu'elle gagne ?
16:50Alors, elle, elle gagne 1 650 euros net par mois, mais ça fait 13 ans qu'elle travaille aux urgences
16:56Henri-Mondor.
16:56Donc, elle a l'ancienneté qui va avec.
16:59Ce qui la préoccupe, même si elle, elle s'en sort, ce n'est pas un gros salaire, mais elle
17:02s'en sort.
17:03Ce qui la préoccupe, en revanche, c'est pour les personnes qui arrivent.
17:05Parce qu'elle se dit que quelqu'un qui arrive aujourd'hui, qui veut être aide-soignant et qui rentre
17:10à Mondor et qui apprend que le salaire, c'est ça,
17:12ce n'est pas très encourageant et la plupart du temps, elle me dit que les petits nouveaux, en fait,
17:17ils préfèrent partir vers le privé.
17:18Une grande concertation baptisée Ségur de la Santé est en cours.
17:22Elle doit se concrétiser d'ici quelques semaines, en juillet.
17:25Est-ce qu'Isaline en espère quelque chose ?
17:27Elle en espère quelque chose, évidemment, mais je dirais qu'elle n'en attend pas grand-chose.
17:32Isaline, elle pense, comme beaucoup d'ailleurs de personnes qui sont à lui manifester le mardi 16 juin,
17:38elle pense que les dés sont déjà jetés et qu'il n'y aura pas grand-chose, ou en tout
17:42cas, qu'il n'y aura pas assez.
17:44Et elle trouve ça vraiment dommage parce que si la crise du Covid n'a pas montré que justement,
17:48il fallait mettre plus de moyens dans l'hôpital public, je ne crois pas qu'il y a quelque chose
17:52qui pourra le montrer de manière plus claire.
17:54Merci Claudia Prolongeau.
17:58Code Source est le podcast d'actualité du Parisien, disponible chaque soir du lundi au vendredi.
18:03Cet épisode a été produit par Marion Bottorel, Stéphane Genest et Myrène Garaïko-Echea.
18:09Réalisation, Benoît Gilon.
18:11Si vous aimez Code Source, n'oubliez pas de vous abonner et de laisser un commentaire sur votre application de
18:16podcast préférée,
18:17comme Apple Podcast ou Podcast Addict.
18:20Vous pouvez aussi nous écrire directement pour nous faire des retours.
18:24Code Source at leparisien.fr
18:26Sous-titrage Société Radio-Canada
18:34Sous-titrage Société Radio-Canada
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