- il y a 9 heures
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Deux ans après l’irruption de l'affaire des bébés sans bras dans l’actualité, Code source a voulu prendre des nouvelles des familles concernées par l’agénésie. Elles n’ont pas eu de réponses satisfaisantes des autorités sanitaires.
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11L'affaire des bébés nés sans bras a fait irruption dans l'actualité il y a deux ans.
00:16Dans l'Inde, le Morbihan et en Loire-Atlantique, plusieurs enfants sont nés avec ce handicap dans les années 2000
00:22ou 2010, dans des secteurs géographiques restreints.
00:25Chez Codesource, on s'est demandé où en étaient les enquêtes sanitaires, si ce mystère était résolu et dans quel
00:31état d'esprit se trouvaient aujourd'hui les familles concernées.
00:35Claudia Prolongeau.
00:44Samuel Bernard a 44 ans, il est enseignant et habite dans le Morbihan. Avec son épouse, il a eu quatre
00:51enfants, deux filles et deux garçons.
00:53La maman, je l'ai rencontrée dans un établissement scolaire en Picardie, lorsque j'étais un jeune enseignant qui débutait,
00:59c'était en 2003, et nous nous sommes mariés en 2011.
01:03Leur premier enfant, né la même année.
01:05L'aîné s'appelle Maëlle, il vient d'avoir huit ans. La seconde s'appelle Aliénor, elle, elle vient d
01:11'avoir sept ans. Il y a un petit Loïc qui lui a cinq ans et la dernière s'appelle Erin
01:16et elle a trois ans.
01:18Aliénor est née le 13 avril 2013, donc notre second enfant, et c'est elle qui est née avec une
01:23agénésie transverse du membre supérieur.
01:27Ça concerne son bras gauche, c'est-à-dire qu'elle est née sans avant-bras gauche.
01:31Donc si vous voulez, elle a un bras qui va jusqu'au coude, elle a l'articulation du coude, et
01:36après le coude, il n'y a pas de prolongement.
01:38Voilà, donc elle n'a pas d'avant-bras, pas de main, et elle a cinq petits bourgeons qui se
01:44situent au niveau du coude, qui peuvent faire penser à cinq petits doigts.
01:47Mais voilà, on voit bien qu'il y a eu un membre, une partie du membre qui ne s'est
01:50pas développée.
01:52Ce handicap, Samuel et sa femme en ont pris conscience en même temps que les médecins, au cinquième mois de
01:57grossesse.
01:57Tout allait bien, on s'est rendu à l'échographie, donc comment dire au pôle médical de Lorient, et voilà,
02:03durant l'échographie, l'échographiste n'arrivait pas à voir son bras gauche, son avant-bras gauche.
02:09Donc il a fait se retourner ma femme dans différentes positions, parce qu'il pensait que le bébé était couché
02:14dessus, et puis à un moment donné, il s'est rendu compte qu'en fait, ça ne savait pas grand
02:19-chose de chercher plus longtemps, puisqu'il n'y avait probablement pas d'avant-bras gauche.
02:21Donc c'était en décembre 2012, et voilà, donc on a été envoyé ensuite à, comment dire, à l'hôpital
02:28sud de Rennes pour avoir des confirmations du diagnostic qui avait été fait à Lorient.
02:32Le diagnostic a été confirmé, et à partir de là, voilà, donc 3 mois avant l'accouchement, nous, 3-4
02:37mois avant l'accouchement, on a appris l'existence de la malformation.
02:41Donc bon, évidemment, ça a été un choc au départ, et ce qui s'est passé, c'est qu'il
02:45a fallu confirmer le diagnostic, mais aussi vérifier assez vite qu'il n'y avait pas d'autres problèmes qui
02:49pouvaient se présenter pour le bébé.
02:50Et en fait, on a été finalement rassurés en disant que voilà, c'était une malformation qui avait un caractère
02:54isolé, et qu'a priori, voilà, c'était une enfant qui naîtrait certes sans avant-bras gauche, mais n'aurait
03:01pas d'autres problèmes de santé ou moteurs qui se grefferaient là-dessus.
03:05Après l'annonce de cette malformation, aucune explication ne vient. Mais les parents ne se posent pas plus de questions
03:10que ça.
03:11Les problèmes de santé arrivent, ne sont pas toujours expliqués, et finalement, ils sont plutôt rassurés de savoir que leur
03:17enfant, malgré tout, ira bien.
03:19On s'est un peu documentés, et puis on a aussi, comment dire, eu tellement d'images médicales qui ont
03:26été faites pour vérifier qu'il n'y avait pas d'autres problèmes, qu'on a eu des échos 3D,
03:31des photos, des échos couleurs, on a eu des...
03:33Voilà, donc en fait, on savait exactement à ce à quoi la malformation ressemblait. Ce qui fait que le jour
03:38où ma femme a accouché à la maternité, finalement, quand on a vu le bébé pour la première fois,
03:43on ne savait pas que c'était une fille, d'ailleurs, on ne connaissait même pas le sexe de l
03:46'enfant, donc finalement, ce qui a prédominé, c'était juste la...
03:49La joie, que l'accouchement se passe bien. On était content d'avoir une petite fille, parce qu'on avait
03:52un garçon, donc on était absolument révis que le second soit une petite fille.
03:56Et finalement, quand on a vu la malformation, comme on avait déjà vu les échographies détaillées qui avaient été faites
04:01auparavant, on n'a pas du tout été surpris.
04:03De retour à la maison, les choses se passent comme pour tous les parents ramenant leur nouveau-né chez eux.
04:08Finalement, Maël, il a toujours grandi en voyant sa sœur comme ça, et du coup, il n'a jamais posé
04:13lui directement de questions.
04:14Je pense que s'il avait eu 4 ans ou 5 ans, il aurait été interpellé à la naissance par
04:17la malformation, mais du fait qu'il n'avait qu'un an, voilà, il commençait juste un peu à parler,
04:22c'est pas un âge où on pose ce type de questions, et finalement, voilà, et en fait, les autres
04:26sont arrivés après, donc en fait, ils ont toujours grandi en voyant leur sœur comme ça,
04:30et du coup, pour eux, ça fait vraiment partie de leur univers. Pour eux, c'est quelque chose de très
04:33naturel, à tel point qu'ils peuvent aussi être, comment dire, très maladroits,
04:36et voire désagréables, parce que pour eux, c'est quelque chose de naturel, donc ils vont se moquer d'elle,
04:40parfois, sur ce thème-là, comme ils se moqueraient d'une coupe de cheveux ou d'un vêtement,
04:46parce que, voilà, c'est complètement intégré dans la vie de la maison.
04:50Quelques mois avant la naissance d'Aliénor, le médecin généraliste de la famille leur apprend qu'une autre petite fille,
04:56née un an avant, souffre de la même malformation dans la commune.
04:59Il leur propose de les mettre en relation.
05:02Et nous, en fait, dans un premier temps, on s'est dit qu'on ne voulait pas voir d'autres
05:04enfants comme ça avant la naissance de notre fille.
05:06On voulait que le premier enfant qu'on voit avec la malformation soit notre fille, donc on n'avait pas
05:11été sur Internet non plus pour voir des images, des photos, parce qu'on voulait, voilà.
05:16Et donc, on a attendu la naissance d'Aliénor en avril, et en fait, dès juin 2013, donc finalement, deux,
05:21trois mois après la naissance d'Aliénor,
05:23on a rencontré Aguidel, Isabelle, Charlotte, et puis le mari d'Isabelle, voilà.
05:27Donc on les avait reçus chez nous un après-midi, voilà, pour un café, et puis voilà, donc à cette
05:32époque-là, Aliénor avait trois mois, Charlotte avait un an.
05:36À ce moment-là, si vous voulez, on n'était pas encore dans la dynamique des causes, on était deux
05:38sur la même commune.
05:39Bon, finalement, on s'est dit que c'était un coup de chance, ça permettait pour Aliénor d'avoir une
05:43petite fille qui était comme elle.
05:44Nous, ça nous permettait, en rencontrant Isabelle, d'avoir des informations, parce qu'Isabelle avait déjà un vécu que nous,
05:48on n'avait pas encore.
05:49Donc si vous voulez, nos premiers échanges ont surtout tourné autour de ça.
05:53Et finalement, c'est vraiment que deux ans plus tard, en 2015, qu'Isabelle va remarquer, via l'association qui
06:02s'appelle la CDA,
06:04qui regroupe les personnes qui ont des agénésies de membres, donc c'est A2S-E-D-E-A,
06:10via la plateforme Facebook de cette association, elle va remarquer qu'il y a une troisième maman à Aguidel,
06:15qui se trouve aussi dans cette situation, que nous, on n'avait jamais rencontrée, donc c'est Madame Mostini.
06:21Et donc là, on se rend compte qu'il y a trois cas comme ceux-là à Aguidel, et là,
06:25ça paraît quand même suffisamment étrange.
06:27Isabelle l'a raconté, il y avait environ 110, à ce moment-là, une centaine de naissances par an à
06:31Aguidel,
06:32et tout d'un coup, en l'espace de 18 mois, il y avait trois enfants qui étaient nés avec
06:36exactement la même malformation sur la commune.
06:40Et donc, c'est à partir du printemps 2015, si vous voulez, qu'Isabelle prend la peine d'alerter les
06:45autorités sanitaires.
06:47En plus, elle est médecin généraliste, donc elle avait, si vous voulez, des contacts, et elle n'a pas hésité
06:51à le faire.
06:52Et voilà, donc l'alerte est lancée à ce moment-là. On est deux ans après la naissance d'Alien
06:56Nord.
06:59Il faut alors attendre octobre 2016 pour que la famille rencontre des médecins du registre des malformations congénitales en Bretagne,
07:05qui est donc chargée de les répertorier.
07:07On a la chance en Bretagne d'avoir un registre des malformations, il n'y en a que six sur
07:10le territoire français.
07:11On a eu deux médecins du registre qui sont venus à notre domicile pour nous faire compléter un questionnaire.
07:18Ils ont rempli le questionnaire avec eux, on passe plusieurs heures, ils regardent un peu notre jardin, ils regardent un
07:23peu où on habite.
07:24Et puis, ils nous disent, ce qu'on entend très bien d'ailleurs, que voilà, nos dossiers vont être traités,
07:29qu'il ne va pas falloir forcément qu'on attende une réponse rapide, ni peut-être précise,
07:34que peut-être qu'on ne trouverait jamais. Et puis bon, ça, on l'entendait.
07:37C'est vrai que nous, on était quand même plutôt confiants, c'est-à-dire qu'on attendait.
07:40Puis on sait bien que sur ces questions-là, les choses ne vont pas forcément très vite.
07:44Et puis après, en fait, ça a été plutôt un silence radio.
07:47C'est-à-dire qu'on ne nous a pas recontactés.
07:50Et moi et ma femme, on laissait les choses couler.
07:53Mais Isabelle Grassin, comme elle était médecin, elle n'a pas hésité à envoyer des mails
07:57et à contacter le registre des malformations bretons pour les relancer à plusieurs reprises
08:02afin de savoir où en était le traitement des informations du dossier.
08:08À la fin de l'année, après de multiples relances d'Isabelle Grassin auprès du registre,
08:13les familles finissent par apprendre que le dossier a été traité
08:15et que rien de particulier ne s'en dégage.
08:18Et puis les choses en sont restées là. Voilà.
08:20Et en fait, pendant ces deux années-là, on n'a jamais été recontactés.
08:23Et il a fallu attendre, on va dire, l'automne 2018
08:26pour que le rapport produit par Santé publique
08:30concernant justement les enquêtes qui avaient été menées en Bretagne,
08:32mais aussi en Loire-Atlantique et dans l'Ain, soit publié.
08:36Le 26 septembre 2018, dans le 20h de France 2,
08:39un reportage est consacré à l'histoire d'enfants nés sans bras.
08:43Sept en cinq ans, dans le seul département de l'Ain.
08:46L'œil du 20h s'est penché sur un rapport médical troublant,
08:49longtemps resté confidentiel.
08:51Autour de Drouillat, ce village de l'Ain,
08:53en cinq ans, sept bébés sont nés sans bras ou sans main.
08:56Une fréquence hors norme selon la structure qui a donné l'alerte
09:00et qui pourtant, aujourd'hui, est menacée de disparaître.
09:04Cette structure, le Rémera, recense les malformations.
09:08Et c'est Emmanuel Amard, une épidémiologiste y travaillant,
09:11qui est la première à avoir lancé l'alerte.
09:13On s'est retrouvés dans un moment de tempête médiatique
09:15lorsque Emmanuel Amard a joué le rôle de lanceuse d'alerte dans l'Ain.
09:19Et très vite, la connexion s'est faite entre l'Ain,
09:21la Loire-Atlantique et le Morbihan.
09:23Donc là, on a reçu les premiers journalistes, si vous voulez,
09:25à l'automne 2018.
09:28Et dans les semaines qui ont suivi, la Santé publique a publié le rapport.
09:31Jeudi 4 octobre 2018, Samuel apprend via des journalistes
09:34que le rapport de Santé publique France a été publié
09:37et qu'il reconnaît un excès de cas,
09:39mais ne donne aucune explication.
09:41Et que les autorités sanitaires en restent là.
09:43C'est là, véritablement, qu'on a pris conscience
09:46qu'on s'était moqué de nous et que, finalement,
09:50on était venu nous voir pour la forme.
09:52Il y a eu une enquête qui avait été, certes, menée,
09:53mais qui n'était pas du tout une enquête approfondie.
09:55Que ça avait été uniquement une consultation de base de données.
09:58C'est vrai que nous, naïvement,
10:00on a pensé que le médecin qui était venu chez nous
10:02allait prolonger cette interview par une enquête de terrain.
10:06Donc on a tenté bien sagement.
10:07Et là, tout d'un coup, on s'est rendu compte
10:09que non seulement tout ça avait été mis de côté,
10:12alors que nos cas avaient été étudiés depuis 2016.
10:15En 2018, on avait mis tout ça de côté.
10:18Il s'est ressorti, on va dire, sous la pression des médias.
10:20Et on a vu, il y avait cet élément-là qui était quand même très désagréable.
10:24Et puis, d'autre part, on a constaté que les enquêtes menées
10:27ne nous paraissaient pas du tout suffisamment approfondies.
10:30Notamment parce qu'on évoque quand même autour de cette affaire,
10:33même si on n'en est pas sûr, évidemment, à 100% des causes environnementales,
10:36mis à part consulter des bases de données sur des registres concernant les lots ou les sols,
10:41où il n'y avait pas du tout d'enquête de terrain avec des prélèvements qui avaient été faites.
10:46Et là, on se rend compte que les choses avaient été bâclées, pour nous en tout cas,
10:50et que, voilà, en plus, on ne comptait même pas nous revenir vers nous
10:53ou nous communiquer les résultats.
10:54Et donc c'est là vraiment où on prend conscience de l'ampleur, on va dire, du problème.
10:59On bascule sur autre chose que le simple problème de la malformation.
11:02Samuel comprend alors que les plus à même de faire avancer le dossier sont peut-être les médias.
11:07On a compris qu'effectivement, il fallait qu'on mette de la pression.
11:10Donc on a joué le jeu des médias et de la pression médiatique.
11:13Et ensuite, on a été conviés à une réunion qui avait été à l'initiative du maire de Guidel
11:18dans notre commune et qui avait en fait, en quelque sorte, approprié Santé publique début novembre.
11:24Donc un mois après, on a participé à une réunion avec tout l'état-major de Santé publique France
11:28qui a débarqué à Guidel.
11:29On a eu une réunion à la mairie, à caractère privé,
11:31puis il y a eu une réunion publique dans la salle de spectacle de la ville
11:34durant laquelle on a pu essayer de demander des comptes,
11:36mais bon, voilà, on nous disait que le rapport de toute façon allait sortir,
11:41qu'on ne nous avait rien caché, que ceci, que cela.
11:44Enfin voilà, il y avait tout un discours qui était prévu pour l'occasion,
11:48pour nous rassurer, pour nous laisser entendre que finalement le travail avait été fait
11:53et que dorénavant, voilà, ils allaient surveiller avec encore plus, comment dire,
11:59de vigilance les problèmes de malformation.
12:01Mais voilà, il n'y avait pas d'éléments supplémentaires qui nous étaient apportés,
12:04en tout cas en termes de promesses d'enquête et notamment d'enquête de terrain.
12:07Dans la tempête médiatique, Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, est sollicitée.
12:12Elle décide, pour plus de transparence, de créer deux comités afin de rouvrir l'enquête.
12:17Donc un comité d'orientation auquel moi j'ai appartenu, avec madame Grassin, madame Amard
12:22et puis d'autres personnalités, qui avaient pour objectif, on va dire,
12:26d'ouvrir à la société civile en quelque sorte l'enquête
12:30et d'y permettre, on va dire, d'avoir un regard sur ce qui allait se passer.
12:33Et puis il y a eu un comité d'experts scientifiques qui, de son côté, a lui aussi été créé,
12:37qui avait pour objectif d'essayer de proposer une nouvelle enquête
12:44pour éventuellement déterminer les causes des malformations.
12:46Le travail principal qui a été mis en place, c'est de lire la littérature scientifique
12:51au niveau mondial pour essayer de voir s'il y a des éléments qui peuvent déterminer
12:55des thèmes d'enquête ou des sujets d'enquête pour voir s'il y a des causes à rechercher
12:59concernant les malformations à Guidel dans l'Inde ou en Loire-Atlantique.
13:02Donc on nous a tout de suite dit, ben voilà, ce sont des milliers d'ouvrages ou d'articles à
13:06lire,
13:06donc ça ne peut pas être fait tout de suite.
13:08Donc là, on s'est dit que c'était quand même complètement aberrant,
13:10alors non pas d'aller voir la littérature scientifique,
13:12et on s'est dit que c'est un travail qui aurait pu être commencé dès 2015
13:15quand on a donné l'alerte, par exemple,
13:17et qu'en fait, ils attendaient 2019 pour le mettre en route,
13:20donc on a quand même perdu dans 4 ans en cours de route
13:22pour faire cette littérature, cette revue de littérature,
13:25et puis du coup, ben ça mobilise, on va dire, le comité,
13:27et pendant ce temps-là, pas d'enquête.
13:29Alors en plus, ce rapport disait aussi que finalement,
13:32la Loire-Atlantique, il était possible que ce ne soit pas non plus un cluster.
13:35On cherchait un peu à faire disparaître les clusters des tablettes,
13:39et il n'y a que Guidel qui a été conservé,
13:41avec la promesse d'une nouvelle enquête à Guidel.
13:43Ils ont chargé la direction régionale de l'agriculture et de l'alimentation
13:48d'aller interviewer des agriculteurs de notre secteur,
13:53de notre lieu de vie,
13:54pour essayer de recueillir des données
13:57sur, comment dire, des pesticides ou des traitements
13:59qu'ils auraient utilisés il y a maintenant 6, 7, 8 ans.
14:03Donc on en est là.
14:05A priori, l'enquête,
14:07enfin cette fameuse interview d'agriculteurs dans notre secteur est terminée,
14:12mais nous, on n'a toujours pas eu de rendu
14:14ou de résultats officiels qui nous ont été transmis.
14:20Le 5 novembre dernier,
14:22le comité d'orientation auquel appartenait Samuel
14:24leur a annoncé que c'était leur dernière réunion
14:26et qu'ils ne seraient donc plus en mesure
14:28de suivre la suite du dossier.
14:30On n'a eu aucune explication sur la raison de la suppression
14:32de notre comité.
14:33On a posé la question à plusieurs reprises,
14:36ni l'ANCES, ni Santé publique n'ont répondu.
14:39La DGS,
14:40la personne qui est notre interlocutrice à la DGS
14:42est incapable de nous répondre elle aussi.
14:44Donc en fait, voilà, on est quand même dans un certain flou.
14:47Bon, après, voilà, en plus, il y a la crise du Covid
14:48qui est passée par là.
14:49Donc les experts devaient se réunir à nouveau le 7 mai.
14:54Donc il y a quelques jours,
14:55on n'a pas d'infos,
14:56mais à mon avis, il n'y a pas eu de réunion
14:57dans la mesure où je pense que la DGS
14:59a eu notre chat à fouetter ces deux derniers mois
15:00et on le comprend très bien.
15:02Maintenant, on aimerait quand même que cette crise du Covid
15:04ne serve pas à enterrer le dossier des malformations
15:08qui concernent nos enfants,
15:09qu'on aimerait quand même qu'on aille au bout de cette histoire-là
15:11parce que pour nous, elle n'est quand même pas tout à fait terminée.
15:14J'aurais bien aimé aussi qu'à un moment ou à un autre,
15:16la DGS, l'ANCES ou Santé Publique
15:18nous disent publiquement
15:20qu'on n'a pas fait ce qu'il fallait à un moment donné.
15:23Que quelqu'un dise qu'on s'est mis trop tard au travail,
15:25qu'on n'a pas pris les choses au sérieux,
15:26qu'on n'était pas outillés pour le faire,
15:28ça, on ne nous l'a jamais dit.
15:29Et comment votre fille, Aliénor, appréhende son handicap
15:32et vit avec aujourd'hui ?
15:33Bon, il y a des choses qu'elle a du mal à faire
15:34ou qu'elle ne peut pas forcément faire facilement.
15:36Mais bon, voilà, elle fait de la danse depuis qu'elle a 4 ans.
15:39Elle fait aussi du piano depuis cette année.
15:42Donc voilà, elle est quand même dans un univers
15:44où elle fait pas mal de choses,
15:45un peu comme tout le monde.
15:46Même si de temps en temps,
15:47il y a des éléments qui viennent lui rappeler
15:49son handicap et sa malformation.
15:51On a le sentiment qu'elle le vit plutôt bien
15:53et parfois des coups de blouse, évidemment.
15:55Nous, on essaie d'être vigilant,
15:57mais pas non plus la surprotéger
16:00parce qu'elle est dans une fratrie.
16:02Ils sont 4,
16:02donc si on commence à la couver davantage que les autres,
16:06il va y avoir des jalousies.
16:08Il faut aussi qu'elle se confronte à la réunité.
16:11Dans l'ensemble, pour l'instant, ça se passe bien.
16:12Après, on sait qu'il y aura d'autres étapes.
16:14Il y aura notamment l'adolescence
16:15où ça risque d'être un peu plus compliqué
16:17par rapport au corps, à l'esthétique, etc.
16:20Donc, ce sera sûrement un cap à passer pour elle.
16:22Mais pour l'instant, les choses,
16:24elle est relativement coquette.
16:26Elle met des robes.
16:27Elle n'hésite pas à se promener les bras nus.
16:29Voilà.
16:31Elle oublie quand même assez fréquemment sa malformation.
16:33Même si de temps en temps, à la plage,
16:34c'est pas évident.
16:35Les enfants viennent souvent se regrouper autour d'elle
16:36pour la regarder un peu comme une bête de foire.
16:39Donc, pour elle, ça peut être des moments un peu difficiles à passer.
16:41Mais de manière générale, quand même,
16:42voilà, elle s'en sort, elle s'en sort bien.
16:47Claudia Escalienor, la fille de Samuel,
16:49a souffert du regard des autres à l'école.
16:51Jusqu'à l'entrée à l'école,
16:52il n'y a pas du tout eu de problème.
16:53Mais effectivement, c'est devenu un peu plus compliqué à l'école
16:56quand elle a dû se confronter au regard des autres.
16:58Ensuite, sa scolarité s'est très bien passée,
17:01m'a dit son père.
17:02Elle n'a pas tellement envie qu'on la regarde.
17:04Elle est assez pudique,
17:05et notamment dans la rue, parfois, elle est un peu gênée.
17:07Mais elle oublie quand même régulièrement sa malformation.
17:10Et de manière générale,
17:11Samuel dit qu'elle s'en sort bien.
17:13Claudia, en travaillant sur le sujet,
17:15tu as appris qu'une famille du Morbihan
17:16va bientôt porter plainte contre X
17:18pour mise en danger de la vie d'autrui.
17:20D'autres familles l'avaient déjà fait.
17:22Samuel, il y pense ?
17:23Oui, il y pense.
17:25Il dit que ce n'est pas évident
17:26parce que ce sont des démarches qui sont très longues.
17:28Après une plainte,
17:29on suit souvent le dossier pendant plusieurs années.
17:31Et il ne veut pas non plus faire du tort à sa fille
17:33qui, là, est un peu jeune,
17:35mais dans quelques années,
17:36quand elle aura 10-11 ans,
17:37pourrait se demander pourquoi son père
17:39a déposé une plainte liée à sa malformation.
17:42Donc ça, ça le freine un petit peu.
17:44Mais surtout, ce qui fait qu'il n'a pas porté plainte jusqu'à maintenant,
17:47c'est parce qu'il était dans le comité
17:50créé par la ministre de la Santé.
17:51Il voulait donner une chance à ce qui semblait être mis en place
17:54pour apporter des réponses aux familles.
17:55Aujourd'hui, en fait, ils n'ont toujours pas de réponse.
17:58Visiblement, les enquêtes arrivent à leur terme.
18:00Et donc, il se dit effectivement
18:02qu'il pourrait peut-être porter plainte,
18:03non pas pour obtenir des dommages à intérêts,
18:06mais surtout pour qu'on reconnaisse publiquement
18:08que le travail fait pour trouver les causes
18:10des malformations de ces enfants n'a pas été suffisant.
18:12Merci, Claudia Prolongeau.
18:18Code Source est le podcast d'Actualité du Parisien,
18:20disponible chaque soir du lundi au vendredi.
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18:25en mettant des petites étoiles
18:26et en vous abonnant sur votre application de podcast préférée
18:30comme Apple Podcast ou Podcast Addict.
18:33Cet épisode de Code Source a été produit
18:35par Stéphane Jeuneste et Marion Bottorel.
18:37Réalisation, Benoît Gillot.
18:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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