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  • il y a 9 heures
Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, les images montrant les dérives des forces de l’ordre se multiplient. Ce début d’année 2020 marque un changement de ton de l’exécutif autour des violences policières. Récit.

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11J'attends de nos policiers et de nos gendarmes la plus grande déontologie.
00:16Déclaration d'Emmanuel Macron le 14 janvier dernier à Pau, le chef de l'État évoque également des comportements qui
00:22ne sont pas acceptables.
00:24Cela faisait plus d'un an que le sujet des violences policières était dans l'actualité.
00:28Alors pourquoi ce changement de ton maintenant de la part du chef de l'État et du gouvernement ?
00:33CodeSource refait le film des événements avec deux journalistes du service police-justice du Parisien, Éric Pelletier et Jean-Michel
00:39Décugis.
00:47Éric Pelletier, on va parler aujourd'hui des violences policières, mais soyons clairs d'emblée, les policiers eux aussi subissent
00:54des violences de leur côté.
00:55Bien évidemment, il y a un contexte. Il y a un contexte qui est un contexte très lourd, très tendu,
01:00avec des policiers qui sont eux-mêmes la cible d'exaction,
01:04des tentatives de lynchage qui peuvent parfois être assimilées à des tentatives de meurtre.
01:09Et dans ce contexte, il y a des dérives individuelles, des dérives nombreuses et sans doute qui n'ont pas
01:14été sanctionnées à la hauteur de leur dangerosité.
01:18Jean-Michel Décugis, le 1er décembre 2018, l'acte 3 du mouvement des Gilets jaunes est particulièrement violent à Paris.
01:26Racontez-nous.
01:26On assiste à des scènes de guerrilla urbaine.
01:30Les policiers sont complètement dépassés.
01:33Il y a des banques, des enseignes de luxe, des magasins qui sont incendiés, saccagés, pillés.
01:39Il y a des barricades qui sont constituées dans les avenues adjacentes aux Champs-Elysées.
01:45On voit sur une barricade à la fois des activistes de ultra-gauche, de ultra-droite, mais aussi les jeunes
01:51des quartiers et des Gilets jaunes radicalisés.
01:54Et il va y avoir un épicentre qui va être la place de l'étoile où les manifestants vont prendre
02:00d'assaut l'Arc de Triomphe.
02:02Ils vont saccager la flamme d'un soldat inconnu, ils vont taguer sur les murs, ils vont piller le musée,
02:10ils vont s'en prendre aux forces de l'ordre.
02:12Un policier va manquer de se faire lyncher, il va être sauvé d'ailleurs par deux des Gilets jaunes qui
02:18vont le pousser vers la sortie.
02:20Il va avoir un affrontement pendant plusieurs heures entre les forces de l'ordre et les manifestants.
02:26D'un côté, à coups de grenades, de canons, et de l'autre côté, à coups de pavés.
02:31On va avoir 110 blessés, dont 17 gendarmes et policiers blessés.
02:37On va avoir 190 départs de feu, 287 interpellations, donc un bilan vraiment très lourd.
02:45Le même jour, le soir, toujours à Paris, dans le même quartier, dans un Burger King de l'avenue Wagram,
02:50dans le 17ème arrondissement, des CRS tabassent des manifestants.
02:54Il est environ à peu près 19h, il y a un nuage qui recouvre la place de l'Étoile et
03:00les Champs-Elysées.
03:01Les compagnies CRS essayent d'éloger un millier de manifestants qui restent encore sur place.
03:06Et tout d'un coup, on va voir sur des vidéos des CRS, une quinzaine de CRS, s'engouffrer dans
03:13le Burger King de l'avenue Wagram.
03:15Et là, taper, frapper avec leur matraque des manifestants.
03:24Il y a un jeune manifestant, Mathias, qui va recevoir 27 coups de matraque portés par 6 policiers différents.
03:31Et la scène va durer à peu près une minute.
03:33Et les CRS vont partir sans interpeller personne.
03:37On a le sentiment d'une violence totalement gratuite, d'une action de défouloir.
03:41Mais ces images ne reçoivent pas un grand écho dans les jours qui suivent.
03:45Au début, quand on va recevoir ces images, quand on va les visionner, on ne va pas croire tout de
03:49suite.
03:49On va penser à un montage.
03:50Et puis, on va s'apercevoir qu'il y avait des journalistes qui ont filmé, qui étaient sur place et
03:55qui ont même été frappés.
03:56En fait, on a vu les CRS s'engouffrer dans le Burger King.
03:59On pensait que ça allait être ou une nasse, comme ça arrive souvent en manifestation, ou qu'il y ait
04:03même des interpellations.
04:04On pouvait penser à ça.
04:04Mais je ne pensais pas qu'ils allaient rentrer dedans et qu'ils allaient tabasser tout le monde.
04:08Il y avait une espèce de haie de CRS.
04:11Et ils bastonnaient tous les mecs qui sortaient.
04:13Ces images, elles passent au second plan par rapport au choc qu'est la place de l'étoile,
04:18que représente ce pouvoir élu démocratiquement et qui est en train de vaciller.
04:23On est dans une ambiance insurrectionnelle et on a le sentiment que là, il s'agit d'un à côté
04:29qui n'est pas du tout anecdotique.
04:30Loin de là, il y a des brutalités policières.
04:32Mais c'est vrai que ces exactions ne sont pas relevées avec suffisamment d'acuité par les médias.
04:39Le 3 décembre, à Marseille, une femme de 80 ans, Zineb Redouane, meurt à l'hôpital des suites de ses
04:44blessures.
04:45Elle a reçu une grenade lacrymogène en plein visage alors qu'elle fermait les volets de son appartement pendant une
04:50manifestation.
04:51Jean-Michel Décugis, quelques semaines plus tard, le samedi 5 janvier, à Paris,
04:55Le ministère de Benjamin Griveaux, qui est porte-parole du gouvernement à ce moment-là, est pris pour cible.
05:00Racontez-nous ce qui se passe précisément.
05:01On est entre 16h30 et 17h.
05:04Il y a un engin élévateur qui va se porter sur la porte cochère du ministère et va la défoncer.
05:12Et une trentaine de manifestants vont s'engouffrer dans le ministère
05:16et on va être obligés d'évacuer Benjamin Griveaux qui va partir par l'arrière du bâtiment.
05:22Il faut savoir que les manifestants sont rentrés à l'intérieur du ministère avec des barres de fer.
05:26Ensuite, les manifestants vont s'enfuir sans attendre la police
05:30et on va retrouver l'engin élévateur devant une devanture de banque, mais à quelques centaines de mètres.
05:36Ça veut dire que le conducteur de l'engin a pu faire plusieurs centaines de mètres en plein Paris à
05:40bord de cet engin élévateur.
05:43Comment le gouvernement réagit face à ces événements ?
05:46Le ton est à la fermeté.
05:47Castaner va aller au journal télévisé de TF1 où il va avoir des propos très forts.
05:53Il va parler de manifestants qui sont venus pour blesser, voire pour tuer.
05:59Et il propose un changement de doctrine avec une police beaucoup plus offensive
06:04et beaucoup plus interventionniste qui va aller au contact.
06:08Alors difficile ensuite, après, évidemment, de reconnaître et de sanctionner des policiers qui ont commis des dérapages.
06:17Là, quel est le but ? Quelle est l'idée de cette nouvelle doctrine de maintien de l'ordre ?
06:20On a vu une police qui était débordée et des policiers qui étaient menacés,
06:24certains étant isolés de leur groupe et menaçant d'être lynchés.
06:27Donc l'idée, c'est de rompre avec cette doctrine traditionnelle du maintien de l'ordre à la française
06:32qui avait fait école pendant des dizaines d'années et qui reposait sur cet état de fait.
06:37Pour éviter des blessures et des blessures graves, il fallait maintenir l'adversaire, les manifestants hostiles, à distance.
06:44Mais le pendant et le revers de cette doctrine, c'est qu'on voit que pendant ce temps-là,
06:49se construisent des barricades, sont réalisées des exactions, exactions qui sont filmées en direct
06:54et les policiers semblent totalement impuissants.
06:56Donc à partir de ce moment-là, l'idée qui naît, c'est d'avoir des unités plus mobiles, moins
07:02structurées,
07:02mais qui vont aller au contact et qui vont aller chercher les manifestants les plus hostiles.
07:07Les forces de l'ordre vont sortir tout leur matériel d'anti-émeutes.
07:10On va avoir droit aux blindés qui vont garder les institutions, les hélicoptères, les canons à eau,
07:16les policiers à moto, à cheval, les LBD, ces fameux lanceurs de balles,
07:22et puis les grenades de désencerclement.
07:24Donc on va avoir vraiment tout l'attirail.
07:27Et sur les violences policières, il y a un déni politique.
07:30On va faire le choix, parce qu'on est dans un climat insurrectionnel et qu'on a besoin des policiers,
07:37et bien ne pas sanctionner à titre même conservatoire ces policiers.
07:41Et la place Beauvau va se réfugier derrière le ministère de la Justice
07:45en disant qu'ils attendent les résultats des enquêtes judiciaires.
07:49D'un mot, les sanctions à titre conservatoire, c'est quoi et pourquoi il n'y en a pas ?
07:54Il n'y a aucune administration, et en l'occurrence la direction générale de la police,
07:58a la possibilité de suspendre des fonctionnaires dans l'attente d'une décision judiciaire.
08:03C'est-à-dire qu'il faut comprendre qu'il y a possiblement deux enquêtes qui sont menées en parallèle.
08:09L'une judiciaire par les magistrats, forcément ça prend un peu de temps,
08:12et puis l'autre administrative.
08:14Et avant même l'issue judiciaire et une éventuelle condamnation,
08:18on peut considérer, l'administration peut considérer,
08:20que la faute est suffisamment grave et caractérisée
08:22pour être une entorse à la déontologie, à la doctrine,
08:26et suspendre le fonctionnaire.
08:28Et là, il n'y a pas de suspension à titre conservatoire ?
08:30À ce moment-là, il n'y a absolument aucune sanction administrative,
08:33et ça c'est une volonté, puisque le gouvernement ne peut pas se passer de ses policiers.
08:37Le gouvernement a peur de froisser les policiers ?
08:40À ce moment-là, il y a des violences incroyables.
08:42On peut imaginer à un moment donné que l'Elysée,
08:45que le ministère de l'Intérieur vont être pris d'assaut,
08:48et le dernier rempart démocratique, ce sont les policiers.
08:51Avant l'armée, bien évidemment,
08:52puisqu'il est même question de faire intervenir l'armée.
08:54Et en étant ce dernier rempart démocratique,
08:57physiquement, les policiers sont pris à partie,
09:00blessés, menacent d'être lynchés,
09:02et donc le gouvernement leur est redevable.
09:05Et Edouard Philippe, Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur,
09:08se refusent même à utiliser les mots de violences policières ?
09:11Il y a un tabou autour de ce terme de violences policières.
09:14Un tabou d'ailleurs qui perdure encore aujourd'hui.
09:17le gouvernement, l'Elysée, l'inspection générale de la police,
09:21c'est-à-dire la police des polices,
09:22refuse d'utiliser ce terme de violences policières.
09:25Pourtant, si on se reporte au dictionnaire policière,
09:28c'est l'adjectif qui veut dire relatif à la police.
09:31Donc si on regarde les images qu'on a vues,
09:34c'est bien des violences exercées par des policiers.
09:37Alors ce sont bien évidemment des dérives individuelles,
09:40il n'y a pas de consignes là-dessous,
09:41mais on a entendu par exemple Emmanuel Macron dire
09:44« Si vous parlez de violences policières,
09:46vous considérez que la police, dans son ensemble, est violente,
09:50et donc s'oppose à un autre camp, qui est celui des manifestants. »
09:53En réalité, si on en revient aux termes stricts et au dictionnaire,
09:56une violence policière, c'est une violence exercée par un policier,
09:59et c'est ce dont il s'agit.
10:01Mais donc les membres de l'exécutif,
10:02ou la police des polices,
10:04ils utilisent quel terme ? Ils disent quoi ?
10:05Il parle de violences illégitimes,
10:07de forces disproportionnées,
10:09mais il n'utilise pas le terme de violences policières.
10:11« Moi je ne connais aucun policier, aucun gendarme,
10:13qui est attaqué des Gilets jaunes.
10:15Par contre, je connais des policiers et des gendarmes
10:17qui utilisent des moyens de défense,
10:18de défense de la République, de l'ordre public.
10:20Et vous savez, il n'y a pas de liberté sans ordre public. »
10:26Jean-Michel Décugis, à partir du 4 décembre 2018,
10:29les violences policières sont recensées
10:31par un journaliste indépendant sur Twitter
10:33avec ses mots-clés « Allô place Beauvau »,
10:35c'est pour un signalement.
10:37Racontez-nous ça.
10:37« C'est David Dufresne, le journaliste,
10:39c'est un journaliste engagé, un écrivain aussi,
10:41et il va recenser toutes les blessures
10:45des manifestants sur Twitter.
10:47Alors, c'est une démarche empirique et militante,
10:50mais elle va avoir le mérite de faire émerger
10:52sur la place publique le problème des violences policières
10:55et surtout obliger la place Beauvau à y répondre.
10:59Et un mois et demi après,
11:02vous allez avoir Eric Morvan,
11:03le directeur général de la police nationale,
11:05qui va faire une note dans laquelle il va rappeler
11:09les règles de l'usage du LBD
11:12et aussi dire que ces règles répondent
11:15à une nécessité et une proportionnalité.
11:19Le samedi 16 mars, l'acte 18 des Gilets jaunes
11:22est marqué par des pillages à Paris,
11:24le Fouquet s'est incendié,
11:25tout comme une voiture de police au Halle.
11:28Deux jours plus tard,
11:29Edouard Philippe annonce l'arrivée
11:30d'un nouveau préfet de police de Paris,
11:32Didier Lallement,
11:33qui a une réputation de fermeté.
11:35Cette nouvelle stratégie se traduira
11:37par des mouvements à la tête de la préfecture de police.
11:40Mercredi, en Conseil des ministres,
11:42le président de la République
11:43nommera préfet de police M. Didier Lallement,
11:45ancien secrétaire général du ministère de l'Intérieur,
11:48actuel préfet de la Nouvelle-Aquitaine.
11:49C'est un changement d'hommes,
11:51c'est un changement de doctrine,
11:53et c'est aussi la conséquence de la force des images.
11:55C'est-à-dire qu'on a le sentiment,
11:56pendant les premiers mois de l'année 2019,
12:00que la police reprend peu à peu le terrain,
12:03réussit à mieux gérer les débordements,
12:05et puis survient.
12:06Des événements très forts,
12:09filmés, diffusés de manière planétaire,
12:12donc le 16 mars 2019,
12:14avec l'incendie du Fouquet.
12:15C'est évidemment la limite du système
12:18et de la doctrine du maintien de l'ordre à la française
12:20qui est pointée.
12:21Qu'est-ce qu'on voit ?
12:21On voit des manifestants qui, sans opposition,
12:24s'approchent de ce restaurant,
12:26l'incendie, avec des forces de l'ordre
12:27qui sont à distance, qui sont groupées,
12:30et on a le sentiment que ces forces de l'ordre
12:32laissent faire.
12:33Et pour autant, tout ça est filmé
12:35par les manifestants Gilets jaunes eux-mêmes,
12:37et même par les équipes de télévision.
12:39Donc on est à la fois, en tant que spectateur,
12:41très proche de l'événement,
12:43et on voit très clairement les forces de l'ordre
12:45très lointaines.
12:47Alors pourquoi est-ce qu'elles restent à distance ?
12:48Précisément pour ne pas aller au contact
12:50et ne pas risquer des blessures
12:52chez les manifestants.
12:53Mais on voit bien que cette doctrine
12:54atteint ses limites.
12:55D'où la nécessité, une nouvelle fois,
12:57de changer de doctrine.
12:58La doctrine, elle avait évolué,
12:59mais elle n'avait pas été bouleversée.
13:01On s'était dirigé vers des unités plus mobiles,
13:04mais cette fois-ci,
13:05et à partir de l'arrivée du préfet Lallemand,
13:07qui est vraiment le préfet à poigne,
13:09on muscle ces unités,
13:12on muscle les unités motocyclistes,
13:14notamment,
13:15et là, le contact,
13:16c'est clairement la doctrine.
13:17Et puis, le préfet Lallemand arrive de Bordeaux
13:20à précéder d'une réputation
13:21de fermeté, de dureté,
13:23c'est un personnage clivant,
13:24et qui va incarner, d'une certaine manière,
13:27la volonté du gouvernement de reprendre le terrain.
13:29C'est, pour le gouvernement,
13:31l'homme qu'il faut, au moment où il faut.
13:36Le samedi 23 mars, à Nice,
13:38une manifestante de 73 ans, Geneviève Leguay,
13:41est blessée lors d'un rassemblement
13:43qui n'avait pas été autorisé.
13:45Elle est poussée par un policier.
13:46Cet épisode-là entache le crédit de la justice.
13:49Pourquoi ?
13:50Parce que, dans un premier temps,
13:51le procureur de la République de Nice
13:53affirme et indique
13:54que cette personne n'est pas tombée
13:57à la suite de la charge des policiers.
13:59Ça, c'est le premier temps.
14:00Et puis, une vidéo va contredire
14:03ce discours du procureur.
14:05Et on sait aujourd'hui
14:06que cette dame a été bousculée,
14:09peut-être involontairement,
14:10mais en tout cas, a été bousculée
14:11dans la charge policière.
14:13Et puis, le deuxième temps,
14:15c'est une prise de parole, encore une fois,
14:17malheureuse, de ce même procureur
14:19qui indique que, s'il n'a pas évoqué
14:22l'intégralité des faits,
14:23c'est qu'il ne souhaitait pas
14:24désavouer le président de la République.
14:26Autrement dit, c'est le président de la République,
14:28dans cet esprit-là,
14:29qui devrait définir
14:30ce que sont les faits.
14:31Donc, forcément,
14:32cette prise de position pose problème
14:33dans la mesure où
14:34la justice,
14:36élément central dans une démocratie,
14:37semble aux ordres
14:38de la présidence de la République.
14:41En avril 2019,
14:42un collectif de gilets jaunes blessés
14:44est créé,
14:45le collectif des mutilés pour l'exemple,
14:47et une arme est régulièrement mise en cause,
14:49le LBD,
14:50le lanceur de balles de défense.
14:52Je vous propose d'écouter
14:53un extrait d'un précédent code source,
14:55Alexandre Fré,
14:56une victime,
14:56témoigne au micro de Claudia Prolongeau.
14:58Ce n'était plus une manifestation,
15:00c'était déjà sauver sa vie.
15:02Je me dis,
15:02il faut qu'on se sorte de ce guépier.
15:04Je vois qu'on nous tire dessus,
15:06et puis là, d'un coup,
15:08je vois comme les traceurs de snipers,
15:12et je vois tout ça sur moi,
15:13des trucs rouges,
15:15le laser.
15:16Après, j'en prends une dans l'œil.
15:17À ce moment-là,
15:19j'entends des bruits,
15:21je vois flou.
15:23J'ai balancé mon œil
15:24sur les Champs-Elysées,
15:25j'avais tout mon œil dans ma main,
15:26donc j'ai balancé mon œil.
15:29C'est peut-être le regret que j'ai dans ma vie.
15:36Éric Pelletier,
15:37c'est quoi précisément un LBD ?
15:38Le LBD,
15:39c'est l'évolution du fameux flashball,
15:41évolution vers une arme
15:43qui est plus soi-disant performante,
15:45plus puissante,
15:46plus récente,
15:46et un peu plus précise.
15:48Déjà, c'est une arme
15:49de force intermédiaire,
15:51c'est-à-dire que,
15:52dans l'esprit des concepteurs
15:53de cette arme,
15:55il s'agit d'éviter
15:56le recours ultime
15:57à l'arme à feu.
15:58C'est-à-dire qu'au lieu de sortir
16:00son arme à feu
16:01pour se défendre,
16:02le policier va être amené
16:03à utiliser une arme intermédiaire,
16:05en l'occurrence,
16:05le lanceur de balles de défense.
16:08Mais la question qui est posée là,
16:09au travers des multiples blessures,
16:12et on en a eu là un exemple,
16:14c'est donc,
16:14est-ce que cette arme-là,
16:16qui est pensée plutôt
16:16pour se dégager,
16:18par exemple dans les cités,
16:19lorsque les policiers
16:20sont pris à partie,
16:20est-ce que dans une manifestation,
16:22avec un groupe constitué,
16:24c'est une arme efficace ?
16:26Et à l'évidence,
16:27si elle peut se révéler efficace,
16:29elle est risquée.
16:29Et c'est une arme
16:30qui n'est pas adaptée
16:31au maintien de l'ordre.
16:32Pourquoi précisément
16:33c'est risquée ?
16:33C'est risquée parce qu'elle est
16:35insuffisamment précise,
16:36elle est puissante,
16:37et surtout,
16:38elle lance
16:39ces fameuses balles de défense
16:40qui sont des balles en caoutchouc,
16:41et qui sont d'un diamètre,
16:43qui est un diamètre
16:43absolument égal
16:44au lobe de l'œil,
16:46et qui provoque
16:47des mutilations très graves.
16:49Et la balle part
16:51relativement lentement,
16:52c'est ça ?
16:52Il y a trois secondes,
16:53à peu près,
16:53entre le temps
16:54quand le policier tire
16:56et au moment de l'impact.
16:58Et du coup,
16:58le manifestant
16:59va, par réflexe,
17:01bouger
17:01quand il entend le bruit,
17:02et si on est dans une foule
17:04à 30 mètres de distance,
17:05c'est quelqu'un d'autre
17:06qui peut le prendre
17:07à sa place
17:08ou même, lui,
17:09dans le visage,
17:10alors que même
17:10le policier
17:11a visé le thorax.
17:12Plusieurs hauts responsables
17:14de la police
17:14reconnaissent en off
17:15que cette arme
17:17ne devrait pas
17:17être utilisée
17:18dans des manifestations ?
17:19Oui, c'est le paradoxe.
17:20Il y a une réflexion
17:21qui est même assez aboutie
17:22et qui va plutôt
17:23dans le sens
17:24de l'abandon
17:25de cette arme
17:26au sein du maintien de l'ordre.
17:27Et cette réflexion,
17:28elle est partagée
17:29par de nombreux hauts policiers.
17:31Simplement,
17:32on l'a rappelé,
17:33l'administration
17:33et le gouvernement
17:34est véritablement dépendants
17:36des policiers
17:37qui, eux,
17:37pour leur propre sécurité,
17:39les policiers de terrain,
17:40ne veulent pas
17:40abandonner cette arme.
17:42Donc, on est dans cet entre-deux
17:43où on s'est rendu compte
17:45que cette arme
17:46n'était pas adaptée
17:46mais on ne peut pas
17:47la retirer aux policiers
17:49qui la réclament.
17:50Donc, se prépare actuellement
17:51un schéma,
17:52un schéma national
17:53du maintien de l'ordre
17:54qui va redéfinir
17:55toutes les doctrines
17:56d'ici à quelques semaines
17:57et il va falloir
17:58être attentif
17:59au fait de savoir
18:00si le lanceur de balles
18:01de défense
18:02est éventuellement interdit
18:03ou s'il y aura
18:04un moratoire
18:05sur le fameux LBD.
18:07Et des autorités
18:08quand même
18:09de la République
18:10comme le défenseur des droits
18:11se sont déjà prononcés
18:12pour l'interdiction
18:13du LBD
18:14dans le maintien de l'ordre.
18:15On a entendu aussi
18:16Alain Bauer
18:17dire que ce n'était pas
18:17une arme adaptée du tout.
18:19Jean-Michel Lécugis,
18:20le LBD sera évoqué
18:21dans ce nouveau schéma ?
18:22On a posé la question
18:23au ministère de l'Intérieur
18:24et on nous a répondu
18:25que non,
18:26on n'en parlerait pas
18:27dans ce plan.
18:28Justement,
18:28pour le ministre de l'Intérieur
18:29Christophe Castaner,
18:30il n'y a pas de problème
18:31avec le LBD
18:31officiellement
18:32d'après ce qu'il dit ?
18:33Officiellement,
18:33c'est une arme
18:34dont on ne peut pas se passer.
18:35Ce que je sais,
18:35c'est que si on les retire
18:36à nos policiers,
18:37il leur reste quoi ?
18:38Il leur reste le corps à corps
18:40quand ils sont agressés
18:41parce qu'ils ne peuvent pas
18:42se défendre
18:42ou il leur reste
18:43leur arme de service.
18:44Moi, je ne souhaite pas
18:45évidemment,
18:46ni vous ni moi,
18:46qu'ils utilisent
18:47leur arme de service
18:48et je souhaite éviter
18:49le corps à corps.
18:50Ils disent que
18:50c'est une arme très importante
18:52puisque c'est une arme
18:53intermédiaire
18:54qui empêche
18:55les policiers
18:56de tirer à balle réelle.
19:02Il y a un drame
19:03dont on va beaucoup parler,
19:04qui n'est pas en lien
19:05avec le mouvement
19:06des Gilets jaunes
19:07mais où la police
19:07est là aussi montrée du doigt.
19:09C'est la mort
19:10de Steve Maya Canisso,
19:12un jeune homme
19:12de 24 ans à Nantes,
19:13la nuit de la fête
19:14de la musique,
19:15le 21 juin.
19:16C'est une fête techno
19:17avec des jeunes
19:18et la fin de la fête
19:20est interrompue
19:21par des forces de police
19:22qui demandent
19:23aux tuffeurs
19:23de quitter les lieux.
19:25Alors les lieux,
19:25c'est important
19:26de le rappeler,
19:27c'est une sorte
19:28de zone industrielle
19:29et surtout
19:30qui est en bordure
19:31de Loire
19:32et lorsque les forces
19:33de police arrivent,
19:34disent-elles,
19:35elles sont prises à partie
19:36et elles reçoivent
19:37des canettes
19:38et des jets de projectiles.
19:39D'où la décision
19:40d'intervenir
19:40et c'est là
19:41que les difficultés
19:42vont arriver.
19:43Il y a cette intervention
19:44qui est décidée
19:45et dans la bousculade,
19:47un certain nombre de gens,
19:47une douzaine,
19:48tombent à l'eau
19:49et parmi eux,
19:50un jeune homme
19:51dont on retrouvera
19:52le corps plus tard,
19:53donc le fameux Steve.
19:54Et là,
19:54la vérité a mis du temps
19:56à éclater ?
19:57Oui, bien sûr.
19:57Et on voit
19:58une certaine déconnexion
19:59du ministre de l'Intérieur
20:00vis-à-vis de la réalité
20:02du terrain.
20:02Il y a du retard
20:03à l'allumage
20:03par rapport à une réaction
20:04qui devrait être
20:05tout de suite
20:06celle de l'enquête,
20:07voire de la dénonciation
20:08des conditions
20:09dans lesquelles
20:09les policiers
20:10sont intervenus.
20:11Pourquoi ?
20:11Parce que normalement,
20:13on n'intervient pas
20:14de cette manière-là
20:15lorsqu'on est proche
20:16d'une zone dangereuse.
20:18Et la Loire
20:19est évidemment
20:19une zone dangereuse.
20:21La suite va le montrer,
20:23mais finalement,
20:24il faudra attendre
20:24une certaine mobilisation
20:26des jeunes,
20:27localement,
20:28nationalement,
20:29la médiatisation
20:30de l'affaire
20:30pour que Christophe Castaner
20:32prenne la mesure
20:33et la dimension
20:33de cette affaire.
20:36En 2019,
20:38de nombreuses vidéos
20:39de violences
20:39commises par des policiers
20:41circulent sur Internet.
20:43Qu'est-ce que l'on peut voir
20:43sur ces images,
20:44par exemple ?
20:44On voit notamment
20:45des actes individuels
20:46qui sont répréhensibles,
20:48des passages à tabac
20:49très clairement
20:50et pas à des fins
20:51d'interpellation.
20:52C'est vraiment
20:52une sorte de vengeance.
20:53On voit aussi
20:54des tirs de lanceurs
20:55de balles de défense
20:56de LBD
20:56à bout portant,
20:58alors que la distance minimale
20:59normalement est de 3 mètres
21:00avec des règles
21:01d'engagement très précises.
21:03En tout cas,
21:03on voit des choses
21:04qui, indépendamment
21:05du contexte
21:06dans lequel elles se situent,
21:07très souvent,
21:08les policiers sont pris à partie,
21:09sont indéfendables.
21:11Des vidéos très marquantes.
21:12Je pense à ce policier
21:14commandant
21:15qui commandait
21:17un dispositif
21:17à Toulon
21:18lors d'une manifestation
21:19des Gilets jaunes
21:19et qui, en marge,
21:20va s'en prendre,
21:21on va le voir,
21:22en train de tabasser
21:22deux manifestants.
21:24Je pense aussi
21:25à Bordeaux
21:26où un manifestant
21:27va prendre
21:28une balle de LBD
21:29dans le dos.
21:30Et sans doute,
21:31le ministre de l'Intérieur
21:32aurait dû
21:33prendre des mesures
21:34conservatoires,
21:35ce qui aurait permis
21:35d'apaiser peut-être
21:37un peu les choses
21:37et surtout
21:38de ne pas avoir
21:39le sentiment
21:40dangereux
21:41qu'il y a une impunité
21:42dans la police.
21:43Est-ce qu'il y a des sanctions ?
21:44Est-ce qu'on a des chiffres ?
21:45On a le chiffre
21:46des enquêtes
21:47sur toute la France.
21:48Au 15 janvier,
21:49selon le ministère
21:50de la Justice,
21:50il y avait 401 enquêtes
21:53qui avaient été confiées
21:54à la police des polices,
21:55à l'IGPN.
21:56Parmi ces 401 enquêtes,
21:58la moitié concerne Paris.
21:59Un tiers des enquêtes
22:01ont été classées.
22:03Sans suite,
22:03toutes les autres
22:04sont en cours
22:05ou en cours d'analyse
22:06et parmi celles-ci,
22:08il y a 32
22:09qui ont débouché
22:10sur une information judiciaire
22:12pour les cas
22:12les plus graves.
22:14Et à ce jour,
22:15il n'y a seulement
22:16à Paris en tout cas
22:17que deux policiers
22:18qui ont été condamnés.
22:20L'un a 4 mois de prison
22:22avec sursis
22:23pour avoir giflé
22:25un manifestant
22:25et un autre
22:26a 2 mois de prison
22:27avec sursis
22:28pour avoir lancé
22:29un pavé
22:30qu'il avait reçu.
22:32Éric Pelletier,
22:33juste après les fêtes,
22:34le 3 janvier,
22:35un livreur,
22:35Cédric Chouvia,
22:36est contrôlé à Paris,
22:38plaqué au sol.
22:39Il fait un arrêt cardiaque
22:40et il va succomber
22:41deux jours après à l'hôpital.
22:43Une nouvelle fois,
22:44la police est montrée du doigt.
22:45C'est en ce début d'année
22:46un tournant dramatique
22:47avec un contrôle
22:49qui se passe mal,
22:50une tentative d'interpellation,
22:51un menottage au sol
22:53avec un plaquage dit ventral
22:55et le décès de la personne.
22:56Donc une enquête, évidemment.
22:58Et finalement,
22:58pour la première fois,
22:59on entend
23:00un Christophe Castaner
23:01plus réactif
23:02disant qu'évidemment,
23:04cette situation
23:04pose un certain nombre
23:05de questions
23:06et qu'il va falloir
23:07clarifier les conditions
23:08dans lesquelles
23:09Cédric Chouvia est mort.
23:10Le 8 janvier,
23:11à Paris,
23:12le ministre de l'Intérieur
23:13présente ses voeux
23:14à l'UNSA police
23:15et le changement
23:15dont vous parlez
23:16s'entend dans son discours.
23:17C'est très marqué.
23:18À la fin de son discours
23:20de voeux
23:20à cette organisation syndicale
23:22qui représente
23:23les gardiens de la paix,
23:25Christophe Castaner
23:26renvoie les policiers
23:27à leur devoir d'exemplarité.
23:29Il le dit,
23:29il le martèle
23:30et il le martèle
23:31notamment au chef de police.
23:33Et il prend pour ça
23:34un exemple
23:35qui date de la veille,
23:36c'est tout récent.
23:36Le matin même,
23:38l'intéressé a été suspendu
23:39de ses fonctions
23:40puisqu'il s'agit
23:41du directeur départemental
23:42de la sécurité publique
23:43au cadre de la police
23:45de Nice
23:46et qui est donc suspendu.
23:48Pourquoi ?
23:49Il est suspendu
23:49pour une affaire
23:50de soupçon
23:51de malversation financière
23:52donc ce n'est pas
23:53du même ressort
23:54mais malgré tout
23:55le ministre
23:56utilise cette enquête
23:58pour rappeler
23:59les policiers
24:00à leur devoir
24:00d'exemplarité.
24:01Le jeudi 9 janvier
24:02à Toulouse
24:03en marge d'une manifestation
24:04va se dérouler
24:05une scène de violence policière
24:06filmée là encore
24:07et qui sera peut-être
24:09la vidéo de trop.
24:10On voit une jeune manifestante
24:11à Toulouse
24:12qui n'est pas du tout
24:13menaçante
24:14elle a même
24:14les bras levés
24:16un policier
24:16la pousse en avant
24:17et un autre policier
24:18qui se trouve
24:19juste devant elle
24:20lui fait un croche-pied
24:21elle chute
24:22elle tombe lourdement
24:23sur le trottoir
24:24et sa tête
24:24manque de heurter
24:26un poteau.
24:26Cette image
24:27en fait
24:28elle est très marquante
24:29pourquoi ?
24:30Parce qu'il y a tout
24:31on y voit
24:31l'exaspération
24:32de la police
24:33ça raconte
24:34les mois
24:35de maintien de l'ordre
24:36de difficultés
24:37etc.
24:37Mais il y a aussi
24:38la transgression
24:40du code de déontologie
24:41du policier
24:42qui n'est pas là
24:43pour faire un croche-patt
24:45mais pour garder
24:46la paix
24:48et là
24:48on a vraiment
24:49un geste
24:50de transgression
24:51et c'est ça
24:52qui est
24:52très choquant.
24:53C'est particulièrement choquant ?
24:55Oui c'est de la violence
24:55gratuite
24:56et c'est perçu
24:57comme ça
24:57au ministère de l'intérieur
24:58et c'est sans doute
24:59ce qui va marquer
25:00encore plus fortement
25:01l'inflexion
25:02dans le discours
25:03et les prises de parole
25:04il faut mettre fin
25:05à ces pratiques.
25:06Christophe Cassaner
25:07par exemple
25:07va parler de ça.
25:08Oui il parle de cette vidéo
25:09en tout cas il fait allusion
25:10à cette vidéo
25:11en disant qu'il n'est pas possible
25:12de faire des croche-pieds
25:13à l'éthique.
25:14Et le mardi 14 janvier
25:16à l'occasion
25:16d'un déplacement à Pau
25:17Emmanuel Macron
25:18lui-même
25:19évoque les violences policières
25:20sans bien sûr
25:21utiliser ce terme.
25:22Des comportements
25:22qui ne sont pas acceptables
25:23ont été ou vus
25:25ou pointés.
25:26Je ne veux pas en faire
25:27la majorité du genre
25:28je ne veux pas généraliser
25:29et je ne veux pas que
25:30justement ça atteigne
25:31la crédibilité
25:32et la dignité
25:34de nos professionnels
25:35des forces de sécurité intérieure.
25:37Mais pour cela
25:37il ne faut avoir
25:38aucune complaisance.
25:39Et il demande
25:39à son ministre de l'Intérieur
25:41de faire des propositions
25:42pour renforcer
25:43la déontologie
25:44des forces de l'ordre.
25:45Ce discours
25:45il est forcément
25:46mal perçu
25:47par beaucoup de policiers
25:48qui subissent
25:49eux aussi des violences.
25:50Les syndicats
25:51se sentent trahis.
25:53Nos collègues
25:53subissent la foudre
25:54subissent le chaos
25:55et c'est les derniers remparts
25:56de la République.
25:57Donc M. Macron
25:59il ne doit pas diviser
26:01mais rassembler
26:02et aujourd'hui
26:02avec de tels propos
26:03c'est une charge en règle
26:05sur la police nationale
26:06sur les forces de l'ordre
26:07et pour nous
26:08c'est d'un très mauvais goût.
26:08Ils se posent en victime
26:09ils disent
26:10qu'ils ont été
26:12instrumentalisés
26:12par le ministère de l'Intérieur
26:14qui les a soutenus
26:14quand il y avait
26:15un climat insurrectionnel
26:16et qui maintenant
26:17les lâchent
26:18parce que la situation
26:20redevient plus calme.
26:21Il y a quand même
26:22dans le discours syndical
26:23une voix discordante
26:24c'est celle du syndicat
26:25des commissaires
26:26de la police nationale
26:27syndicat majoritaire
26:28et qui dénonce
26:29le fait que
26:30des sanctions
26:31n'aient pas été prises
26:32plus tôt.
26:33Cela fait plus d'un an
26:33que le sujet
26:34des violences policières
26:36est dans l'actualité
26:37tous les médias
26:37en parlent régulièrement
26:38le parisien aussi bien sûr
26:39le parisien qui en a fait
26:41deux fois
26:41son dossier d'ouverture
26:43son fait du jour
26:44en mai
26:44et en novembre
26:45pourquoi ce changement
26:47de ton maintenant ?
26:48Plusieurs raisons
26:48d'abord l'effet d'accumulation
26:50on a vu des dizaines
26:51de vidéos
26:52qui montrent
26:53des dérives individuelles
26:54de policiers
26:55et de policiers
26:56qui jusqu'à preuve du contraire
26:58n'ont pas été sanctionnés
26:58administrativement
26:59et dont les enquêtes
27:00sont toujours en cours
27:01seulement aujourd'hui
27:02deux condamnations
27:03à paris
27:04de policiers
27:04donc premier temps
27:05c'est l'effet d'accumulation
27:06deuxième temps
27:07c'est ce fameux
27:09croque en jambe
27:09dont on a parlé
27:10à Toulouse
27:10qui est une violence
27:11totalement gratuite
27:12et puis
27:13on l'oublie un peu
27:14trop souvent
27:15mais ça c'est
27:16l'arrière-plan
27:16le programme
27:17d'Emmanuel Macron
27:18en matière de sécurité
27:19c'est deux piliers
27:20la lutte contre le terrorisme
27:22et le rétablissement
27:23des liens
27:23entre la police
27:24et la population
27:25et donc là
27:26on est au coeur
27:26du programme
27:27d'Emmanuel Macron
27:28il est parfaitement conscient
27:30qu'il est en train
27:30d'échouer sur ce point
27:32et qu'il faut reprendre
27:33l'initiative
27:33donc il demande
27:34au ministère de l'Intérieur
27:35et en l'occurrence
27:36à Christophe Castaner
27:37d'infléchir
27:38le discours
27:39et de faire des propositions
27:40en matière de déontologie
27:42on peut quand même
27:43noter que
27:44la déontologie
27:45elle est codifiée
27:46elle est cadrée
27:47au ministère de l'Intérieur
27:48et que
27:49nul n'est besoin
27:50de faire de nouvelles propositions
27:52pour que les policiers
27:52fassent preuve d'exemplarité
27:54ce code de déontologie
27:55il existe
27:56et on n'a pas besoin
27:57de nouvelles dispositions
27:59ce qu'on voit
28:00là clairement
28:00sur les vidéos
28:01sous réserve
28:02d'investigation
28:03c'est quand même
28:04des actes
28:05qui sont des entorses
28:06évidentes
28:06au code actuel
28:07de déontologie
28:13merci à Eric Pelletier
28:15et Jean-Michel Décugis
28:20épisode préparé
28:21produit par Stéphane Geneste
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