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  • il y a 10 heures
Le 14 août 2020, le laboratoire suédo-britannique signe un accord avec l’Union Européenne pour une précommande de 400 millions de doses. Mais dès les phases de tests, un doute commence à entourer le précieux sérum. Code source remonte le fil des événements avec Nicolas Berrod, journaliste au Parisien.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Ambre Rosala, Marion Bothorel, Mathias Penguilly et Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian - Archives : BFMTV, LCI, RTL, AFP.

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Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Après quelques jours de suspension, le vaccin d'AstraZeneca, sur lequel le gouvernement français
00:17compte pour accélérer sa campagne de vaccination, est de nouveau utilisé en France depuis le vendredi 19 mars.
00:24Quel est ce vaccin ? Pourquoi a-t-il été suspendu pendant plusieurs jours ?
00:27Et qui va pouvoir finalement le recevoir ? Cet épisode de Codesource est raconté par Nicolas Béraud du Parisien.
00:43Un mot d'abord, Nicolas Béraud, la France est un pays où les anti-vaccins sont nombreux.
00:48Plusieurs enquêtes menées dans 10-15 pays ont montré que la France était parmi les dernières, voire la dernière,
00:54en termes de volonté d'aller se faire vacciner. Il y a notamment eu une enquête parue fin décembre
00:59qui montrait que seulement 40% des Français avaient cette intention.
01:02C'est tout à fait possible que ça évolue, mais en tout cas, la France part d'assez bas.
01:06Nicolas Béraud, vous allez nous raconter le feuilleton AstraZeneca.
01:09Et on a choisi de commencer ce récit à l'été 2020.
01:13La course aux vaccins contre le Covid-19 est déjà lancée.
01:16200 vaccins sont en développement, on appelle ça dans le milieu des candidats vaccins.
01:21Et parmi ces 200, il y a celui d'AstraZeneca.
01:24C'est un gros groupe pharmaceutique au niveau mondial.
01:27Il est né en 1999 d'une fusion entre le groupe suédois Astra et le groupe britannique Zeneca.
01:34Son PDG actuel est un Français d'ailleurs, Pascal Soriaux.
01:37Une entreprise, elle produit, elle commercialise pas mal de médicaments dans des domaines comme le cardiovasculaire,
01:43dans le domaine digestif également.
01:45Par exemple, le Mopral, un médicament qui est très administré en France.
01:49À l'origine, ça vient d'AstraZeneca.
01:50Pour son vaccin contre le Covid-19, le laboratoire a conclu un partenariat
01:54avec l'université britannique d'Oxford, à 90 kilomètres au nord-ouest de Londres.
02:00Sur quel type de vaccin il travaille ?
02:02Il travaille sur un vaccin à vecteur viral.
02:04C'est, en tout cas, la gamme classique des vaccins.
02:07En fait, le principe, c'est d'injecter dans l'organisme un virus qui a été rendu inoffensif,
02:11qui va générer une réponse immunitaire de l'organisme
02:15et la production d'anticorps face au coronavirus SARS-CoV-2.
02:19Donc ce n'est pas du tout la technique dont on a beaucoup parlé de l'ARN messager ?
02:22Non, non, c'est une technique qui est connue, qui est plus ancestrale, si je puis dire,
02:26qui dispose aussi de plusieurs avantages.
02:28Lesquels ?
02:29Ce projet de vaccin, il offre plusieurs promesses, notamment deux principales.
02:32C'est qu'il est peu cher, autour de 2 euros la dose,
02:35comparé à plus d'une dizaine d'euros pour d'autres vaccins avec une technologie plus moderne.
02:40Et puis, par ailleurs, on peut le transporter à des températures réfrigérées,
02:45donc entre 2 et 8 degrés.
02:46Du coup, il n'a pas besoin d'être transporté, stocké,
02:49à des températures de congélation, moins 20, moins 60 degrés,
02:53comme d'autres vaccins, notamment ceux à ARN messager.
02:57Le 14 août, le laboratoire AstraZeneca signe un accord avec l'Union européenne.
03:02Il y a 300 millions de doses qui sont précommandées,
03:05plus 100 millions en options.
03:07C'est plus que les précontrats qui suivront, notamment Pfizer,
03:10avec 200 millions plus 100 en options.
03:13Alors, ça ne veut pas forcément dire que l'Europe aura 300 millions dans tous les cas.
03:17Ça veut dire que l'Europe va donner une quantité d'argent au laboratoire
03:20pour lui permettre de développer son vaccin, d'y travailler, de le mettre au point.
03:23Et si jamais, au final, ça donne un vaccin qui est mis sur le marché et qui est autorisé,
03:29l'Europe, là, sera assurée de recevoir 300 millions de doses.
03:31Et évidemment, le plus tôt possible.
03:33Le 31 août, AstraZeneca lance la phase 3 de ses essais cliniques,
03:37une phase décisive.
03:38Mais une semaine plus tard, le 8 septembre, elle est interrompue.
03:41Oui, elle est interrompue.
03:42Donc, ses essais de phase 3, ils ont été menés sur plus d'une dizaine de milliers
03:46de volontaires dans le monde.
03:48En fait, ce qui se trouve, c'est qu'un des participants au Royaume-Uni
03:51va souffrir d'une maladie potentiellement inexpliquée,
03:55pour reprendre les termes qui sont employés à l'époque,
03:57et vraisemblablement du candidat vaccin AstraZeneca.
04:00Donc là, effectivement, le groupe annonce qu'il va suspendre l'essai clinique
04:04pour mener une évaluation des données cliniques beaucoup plus approfondies.
04:08Et donc, du coup, dans l'immédiat, suspension des essais.
04:10C'est un coup dur ?
04:11Oui, c'est un coup dur, évidemment, parce que tout le monde anticipe,
04:14mais craint en tout cas que ça n'entraîne des retards dans le développement du vaccin.
04:17Donc, dans la mise sur le marché du vaccin,
04:20qu'au final, les populations y aient accès moins facilement.
04:23Et puis, par ailleurs, évidemment, c'est pas forcément bon pour l'image de l'entreprise.
04:26Donc, a priori, c'est effectivement une mauvaise nouvelle.
04:29La phase 3 des essais cliniques d'AstraZeneca reprend le 12 septembre.
04:33Et le 23 novembre, le laboratoire dévoile ses résultats.
04:36Alors, les résultats, ils montrent qu'en moyenne,
04:39ce candidat vaccin AstraZeneca, il a une efficacité de 70% face au Covid.
04:44Alors, à l'époque, ce chiffre, il surprend et même, il déçoit quelque part.
04:48Parce qu'on est habitué, dans les jours qui ont précédé,
04:50à avoir eu des communications pour Pfizer ou pour Moderna d'efficacité à 94 jusqu'à 95%.
04:57Donc, à première vue, 70%, c'est effectivement peu.
05:01Après, ce que disent les médecins, les experts, bon, ils relativisent.
05:04Parce qu'ils rappellent bien que le vaccin contre la grippe, par exemple,
05:07ben voilà, on peut se contenter d'une efficacité de 50, 60, 70%.
05:10Donc, 70%, ça reste quand même un bon résultat.
05:13Trois jours après l'annonce de ces résultats, le laboratoire est pointé du doigt.
05:17Il est accusé d'avoir dissimulé une erreur commise pendant les tests.
05:21Oui, en fait, parmi les à peu près 12 000 volontaires qui ont participé à ces tests,
05:26il y en a une partie qui a reçu une dose entière, puis une deuxième dose entière un mois plus
05:31tard,
05:31tandis que l'autre a reçu une demi-dose, puis une dose entière un mois plus tard.
05:35Alors, c'est une erreur, ce n'était pas volontaire de la part du laboratoire,
05:38mais une fois qu'il l'a découverte, il a préféré continuer les séqueniques sur ce protocole.
05:42En fait, on s'est aperçu que l'efficacité était meilleure avec une demi-dose, puis une dose,
05:47qu'avec deux doses.
05:49Et du coup, ça intrigue.
05:50Alors, pas forcément sur l'efficacité en soi du vaccin,
05:53mais plutôt, ben voilà, les experts, les gens se demandent,
05:55mais ils n'ont pas été transparents, on l'apprend à ce moment-là.
05:58Est-ce que, du coup, ça ne peut pas cacher quelque chose éventuellement ?
06:00Il y a une sorte de suspicion qui commence à arriver.
06:03Bonjour Olivier Nataf.
06:04Le lendemain, le 27 novembre, le président d'AstraZeneca France, Olivier Nataf,
06:09se veut rassurant sur RTL.
06:12Ce vaccin a démontré son efficacité dans cette analyse-là,
06:17mais aussi un autre niveau d'efficacité,
06:19qui est que 100% des participants étaient protégés de formes graves de la maladie ou d'hospitalisation.
06:25Il se veut rassurant sur plusieurs points.
06:27D'abord, il assure que, du coup, une étude plus approfondie va être menée
06:31pour vraiment lever les doutes qu'il peut y avoir encore sur l'efficacité de ce vaccin.
06:35Il dit aussi qu'il espère toujours une mise sur le marché,
06:37si jamais l'Europe le valide pour janvier.
06:39Nous, si l'Agence européenne du médicament donnait une autorisation de mise sur le marché à notre vaccin,
06:45nous serions prêts en janvier.
06:46Ils tentent de rassurer que ce n'est pas forcément grave,
06:49qu'ils sont conscients qu'il y a pu avoir cette erreur,
06:51mais qu'ils vont publier de nouvelles données et que surtout, ils seront prêts assez rapidement.
06:55Le vaccin, c'est l'espoir le plus encourageant que nous ayons pour sortir de cette pandémie.
07:06Un mois plus tard, le 30 décembre, le Royaume-Uni est le premier pays à donner son feu vert au
07:11vaccin d'AstraZeneca.
07:13Londres commande 100 millions de doses,
07:15mais l'Agence européenne du médicament, elle, est toujours réticente à autoriser sa mise sur le marché.
07:20Alors en fait, il y a des interrogations, notamment sur l'efficacité de ce vaccin chez les personnes âgées,
07:25parce qu'il se trouve que dans les études qui ont été menées,
07:28il y a eu très peu de personnes de plus de 55 ou de 65 ans.
07:32Ça ne veut pas dire que le vaccin n'est pas efficace contre les personnes âgées,
07:35mais ça veut dire qu'on n'a pas de données vraiment complètes permettant d'assurer qu'il est également
07:39efficace.
07:40Le 26 janvier, un mois après le début de la campagne de vaccination,
07:44le vaccin d'AstraZeneca n'est toujours pas autorisé dans l'Union européenne
07:48et le laboratoire annonce un retard de livraison.
07:51Pour le premier trimestre, au niveau européen,
07:54on estime qu'il y aura entre un quart et la moitié ou les trois quarts de doses qui seront
07:58effectivement livrées.
08:00En France, on imagine que ça pourrait aller jusqu'à recevoir seulement moins de 5 millions de doses au premier
08:06trimestre
08:06contre plus de 10 qui étaient attendues.
08:08Donc évidemment, c'est une annonce qui fait un peu un effet de choc.
08:11Il y a des prises de parole assez tendues d'un côté les officiels européens
08:15et puis de l'autre côté les dirigeants d'AstraZeneca qui se défendent, etc.
08:19En fait, l'Europe se demande si au-delà des soucis dans une usine en Europe
08:24qui sont mis en avant par le groupe AstraZeneca,
08:26est-ce qu'il n'y a pas aussi peut-être une tentation de favoriser le Royaume-Uni
08:30qui maintenant n'appartient plus à l'Union européenne,
08:32qui a passé ses propres commandes et qui lui a autorisé AstraZeneca dès la fin du mois de décembre.
08:36En tout cas, ce qu'il y a de réel, c'est qu'il y aura des retards de livraison
08:39d'AstraZeneca
08:40pour les pays de l'Union européenne.
08:42Quelques jours plus tard, le 29 janvier, l'Agence européenne des médicaments
08:46autorise finalement la mise sur le marché du vaccin AstraZeneca pour tous les adultes.
08:51Pourtant, la même journée, le président français Emmanuel Macron
08:53dit qu'il doute de l'efficacité de ce vaccin.
08:56Oui, Emmanuel Macron, il reçoit plusieurs journalistes de la presse étrangère à l'Elysée
09:01et il ne cache pas qu'il a des doutes sur l'efficacité de ce vaccin chez les personnes âgées.
09:06Il dit qu'aujourd'hui, on pense que ce vaccin, pour les plus de 65 ans, est quasi inefficace.
09:12C'est le vaccin qui se disait révolutionnaire, mais sans doute pas pour les plus de 65 ans.
09:16La formule du britannique AstraZeneca n'afficherait que 8% d'efficacité
09:20contre le Covid-19 sur les personnes âgées.
09:22La Haute Autorité de Santé, qui a le dernier mot sur les mises sur le marché en France,
09:27tranche le 2 février.
09:29Elle autorise le vaccin AstraZeneca seulement au moins de 65 ans.
09:34Problème de taille pour un vaccin ?
09:36Oui, ça peut sembler être un problème, effectivement,
09:38parce que les 65-74 ans, qui du coup vont être trop âgés pour bénéficier d'AstraZeneca,
09:44mais ils sont trop jeunes pour profiter du vaccin Pfizer ou Moderna
09:48qui sont utilisés pour le moment aux plus de 75 ans
09:51et à certaines pathologies très graves.
09:53On peut se dire qu'eux, ils vont rester comme les oubliés,
09:56alors que potentiellement, en raison de leur âge avancé,
09:58des comorbidités qu'ils peuvent avoir,
10:01ils sont quand même considérés comme fragiles
10:03et à risque d'attraper une forme grave de Covid.
10:09600 000 doses du vaccin AstraZeneca sont livrées en France début février.
10:13Les premières injections commencent,
10:15à ce stade uniquement pour les soignants de moins de 65 ans,
10:18comme le ministre et médecin Olivier Véran,
10:21devant les caméras le lundi 8 février dans un hôpital de Melun.
10:24Étant moi-même soignant de moins de 50 ans,
10:27j'ai accepté à l'invitation du directeur de l'établissement
10:29de recevoir la première injection du vaccin AstraZeneca.
10:32J'invite l'ensemble des soignants à se faire vacciner
10:34dans leurs hôpitaux, dans les centres de ville,
10:36pour pouvoir se protéger au plus vite.
10:39Problème, de nombreux soignants refusent de se faire vacciner avec AstraZeneca.
10:44Alors c'est avant tout pour une question d'effets secondaires indésirables de ce vaccin,
10:48parce que pas mal de soignants, après avoir été vaccinés avec AstraZeneca,
10:52ont ressenti, alors c'est très souvent des symptômes grippaux,
10:55mais qui sont parfois sévères.
10:56Ça peut être une fièvre jusqu'à 39-40 degrés,
10:59ça peut être passer 24 heures au lit, des maux de tête, des céphalées,
11:03donc on n'est pas bien.
11:04Alors ça ne dure pas très longtemps,
11:05ce ne sont pas des effets graves au sens où on s'en remet,
11:08mais c'est vrai que pour certains soignants, c'est quand même un souci.
11:11Et plusieurs d'entre eux racontent que ça peut aller jusqu'à,
11:15dans certains services, 10, 15, 20% du personnel qui souffre de tels effets secondaires,
11:19au point que plusieurs hôpitaux vont décider d'espacer au sein d'un même service
11:23les injections de vaccins pour ne pas prendre le risque
11:26que la moitié d'un service quelque part se retrouve à l'arrêt forcé
11:28pendant 24 ou 48 heures.
11:31Nicolas Béraud, fin février, vous signez un long papier dans Le Parisien,
11:35vous expliquez que le gouvernement veut encourager l'utilisation du vaccin AstraZeneca.
11:39Pourquoi ?
11:40Parce qu'AstraZeneca, c'est l'un des trois seuls vaccins
11:42qui sont distribués à ce moment-là en Europe et notamment en France.
11:46Or, on sait qu'on est lancé dans une sorte de course
11:48entre les variants du virus et la vaccination,
11:51donc il ne faut pas perdre de temps.
11:52Donc ce serait dommage de laisser des centaines de milliers de doses
11:55quelque part au frigo alors qu'elles sont là à disposition.
11:58Donc le gouvernement va vraiment se mobiliser pour convaincre de se faire vacciner.
12:01Je pense qu'il est tout à fait utile et doit être administré.
12:04Si c'est ce vaccin qui m'est proposé, je le prendrai bien évidemment.
12:07Le vaccin AstraZeneca est d'une remarquable efficacité.
12:10Ce vaccin est un vaccin très efficace
12:14et les réserves qu'il a pu susciter au départ n'ont plus lieu d'être.
12:19Le jeudi 25 février, le monsieur vaccin du gouvernement Alain Fischer
12:23affirme pendant une conférence de presse
12:25que le vaccin AstraZeneca est tout à fait efficace
12:29et qu'il a un taux d'efficacité supérieur à 90%
12:33y compris chez les personnes âgées.
12:36Donc le taux de protection du vaccin AstraZeneca
12:40il est égal au taux de protection assuré par le vaccin Pfizer au-dessus de 90%.
12:45Sur quoi est-ce qu'il s'appuie pour dire ça ?
12:47Alors il se base notamment sur une étude qui a été menée en Écosse en conditions réelles.
12:52C'est-à-dire qu'on a regardé un petit peu ce qui se passait
12:54chez la population qui a été vaccinée soit avec AstraZeneca soit avec Pfizer
12:58et en fait les résultats montrent que le risque d'hospitalisation
13:01avait diminué de 94% chez les patients vaccinés avec AstraZeneca
13:06et de 85% avec Pfizer.
13:08Donc ça peut suggérer que AstraZeneca est au moins aussi efficace que Pfizer
13:12et chez les personnes âgées le risque était réduit de 81%
13:16tous vaccins confondus.
13:17Donc voilà, cette étude, elle suggère fortement, ce que disent d'ailleurs les médecins et les experts
13:22que AstraZeneca est également efficace chez les personnes âgées.
13:29A partir de la fin février, beaucoup plus de Français peuvent avoir accès
13:33au vaccin d'AstraZeneca, les 50-64 ans, puis quelques jours plus tard, les 65-74 ans.
13:41Dans les deux cas, on parle de ceux qui ont des comorbidités dans un premier temps
13:44et nouveauté, Nicolas Béraud, on peut recevoir sa dose d'AstraZeneca
13:49chez son généraliste.
13:50Oui, ça, ça va être lancé le 25 février.
13:53On sait aussi que les pharmaciens arriveront mi-mars.
13:56Donc à la fois, on élargit la cible qui peut recevoir le vaccin,
13:59on élargit les personnes qui peuvent vacciner,
14:01donc les lieux où on peut se faire vacciner.
14:03Donc là, effectivement, on peut s'attendre à une forte augmentation
14:05du nombre de premières doses AstraZeneca.
14:08Donc à partir de ce moment-là, les vaccinations avec AstraZeneca s'accélèrent.
14:12Effectivement, à partir du 25-26 février, on va passer de quelques milliers
14:17de primo-injections AstraZeneca par jour à quelques dizaines de milliers.
14:20On va même atteindre en deux jours, le 5 et le 6 mars, plus de 200 000 primo-injections
14:25dans des cabinets médicaux, mais aussi dans des centres de vaccination
14:28où des doses AstraZeneca qui n'avaient pas été utilisées ont été redispatchées.
14:33Nicolas Béraud, le jeudi 11 mars, on apprend que le Danemark, l'Islande et la Norvège
14:37suspendent jusqu'à nouvel ordre l'utilisation du vaccin AstraZeneca. Pourquoi ?
14:41Parce qu'en tout cas, au Danemark et l'Autriche avaient recensé la même chose
14:45quelques jours plus tôt. Il y a eu un cas de décès suite à une coagulation sanguine,
14:49à une thrombose suite à une vaccination AstraZeneca.
14:52En Autriche, c'est une acharnière qui a perdu la vie.
14:55Et du coup, les autorités se demandent si ce n'est pas lié au vaccin.
14:58Alors, c'est toujours très compliqué d'établir un lien de causalité,
15:01mais disons que par principe de précaution,
15:03donc ces trois pays nordiques, Islande, Norvège et Danemark,
15:07ils vont être suivis par d'autres, la Bulgarie notamment le lendemain,
15:10annoncent suspendre la vaccination AstraZeneca.
15:13L'Agence européenne du médicament, l'Agence française du médicament,
15:16la NSM, tout comme Olivier Véran, se montrent rassurants.
15:20Que disent-ils en résumé ?
15:21Ils considèrent qu'il n'y a pas de lien de causalité avéré
15:24entre la vaccination et le décès et les cas secondaires qui ont pu être observés.
15:29D'autant plus que dans les données dont on dispose pour l'instant,
15:32il n'y a pas de signal particulier.
15:33Et quelque part, si on met en relief le nombre de vies qui peuvent être sauvées
15:37avec ces effets indésirables qu'on peut observer,
15:39ces agences considèrent que le rapport bénéfice-risque
15:41penche toujours en faveur d'une poursuite de la vaccination AstraZeneca.
15:45Sur 5 millions d'Européens,
15:4830 personnes ont présenté des troubles de la coagulation.
15:51Ça ne constitue pas, nous dit l'Agence, un sur-risque statistique.
15:55C'est-à-dire que sur 5 millions d'Européens qui ne se sont pas fait vacciner,
15:59on pourrait s'attendre à ce que 30 d'entre eux présentent également des troubles de la coagulation.
16:06Le samedi 13 mars, AstraZeneca annonce de nouveaux retards de livraison en Europe.
16:10Effectivement, le laboratoire indique qu'il ne sera en mesure de livrer seulement 30 millions de doses.
16:15Et ces 30 millions, c'est inférieur aux 40 millions qui étaient espérés jusque-là,
16:19et puis c'est surtout inférieur aux 120 millions qui étaient initialement annoncés pour le premier trimestre.
16:24D'un mot, comment AstraZeneca explique ces retards ?
16:26Ils expliquent que d'autres pays non-européens les empêchent d'exporter la production qui est faite sur le sol
16:32de ces pays en question.
16:33Alors on peut notamment penser aux Etats-Unis.
16:35Le New York Times venait de révéler que 30 millions de doses qui avaient été mises en flacon
16:40étaient quelque part prêtes à l'emploi dans une usine dans l'Ohio.
16:43Mais visiblement, les autorités américaines bloquent la vente et l'exportation de ces doses
16:48dans l'attente que ce vaccin AstraZeneca soit également autorisé aux Etats-Unis.
16:52C'est une façon pour le gouvernement américain de se réserver ces 30 millions de doses ?
16:56Quelque part, ça peut être vu en effet comme ça,
16:58parce que même si ce vaccin AstraZeneca n'est pas encore autorisé aux Etats-Unis,
17:02l'agence sanitaire n'a pas donné son accord.
17:04On peut tout à fait imaginer que ça finira par se produire peut-être dans les semaines qui viennent.
17:08Et donc, c'est sans doute pour cette raison-là que les Etats-Unis veulent conserver
17:12une part du stock qui sont produits sur leur sol sous certaines conditions.
17:18Nicolas Béraud, le lundi 15 mars, on apprend que l'Allemagne suspend à son tour
17:22l'utilisation du vaccin AstraZeneca.
17:24Les autorités sanitaires allemandes font état de cas de thrombose,
17:28notamment cérébrale, qui sont possiblement liés au vaccin.
17:30Et en gros, ils considèrent que de nouveaux examens sont nécessaires.
17:33Et donc, par précaution, ils prennent cette décision qui est annoncée ce lundi,
17:36en début d'après-midi, de suspendre la vaccination AstraZeneca.
17:40Et quelques heures plus tard, la France suit l'Allemagne.
17:42Elle annonce à son tour la suspension du vaccin.
17:44Effectivement, l'annonce est faite même par Emmanuel Macron,
17:47qui est en déplacement dans le sud de la France.
17:49La décision qui a été prise, en conformité aussi avec notre politique européenne,
17:55c'est de suspendre par précaution la vaccination avec AstraZeneca.
18:01Le chef de l'État dit attendre l'avis de l'Agence européenne des médicaments
18:05qui enquête sur les liens possibles entre la vaccination
18:08et les effets secondaires qui sont recensés.
18:09L'Agence européenne des médicaments rend son nouvel avis sur ce vaccin le jeudi 18 mars.
18:15Et il est très clair, Nicolas Béraud.
18:16L'Agence européenne des médicaments dit plusieurs choses.
18:19Petit un, ce vaccin, il est, je cite, sûr et efficace.
18:22Petit deux, il n'y a pas à ce stade de lien avéré entre la vaccination AstraZeneca
18:27et les cas de thrombose qui ont pu être recensés en Europe.
18:30À ce stade, elle ne voit pas de raison de recommander la suspension prolongée
18:35de la vaccination AstraZeneca, surtout avec une épidémie qui continue de faire,
18:39en tout cas en France, plusieurs centaines de morts par jour.
18:42Dans la foulée, le jeudi soir, Jean Castex annonce la reprise des vaccinations
18:46avec AstraZeneca en France dès le lendemain, le vendredi 19.
18:50Problème, Nicolas Béraud, ce jour-là, la Haute Autorité de Santé
18:53recommande de ne pas l'utiliser pour tout le monde.
18:55La Haute Autorité de Santé, qui s'appuie sur l'Agence européenne des médicaments,
18:59pointe qu'il y a un possible sur-risque de certaines thromboses graves
19:03chez les personnes âgées de moins de 55 ans.
19:06Et c'est pour cette raison que la Haute Autorité de Santé
19:08recommande de reprendre la vaccination AstraZeneca
19:12uniquement chez les personnes âgées de 55 ans et plus.
19:15Soulignons au passage que cet avis de la Haute Autorité de Santé
19:17est un revirement à 180 degrés.
19:20Dans un premier temps, vous l'avez entendu,
19:21elle voulait réserver ce vaccin au moins de 65 ans.
19:25Finalement, ce sera donc pour tous les plus de 55 ans.
19:29Question, Nicolas Béraud, que va-t-il se passer pour les moins de 55 ans
19:33qui ont déjà reçu une première dose d'AstraZeneca ?
19:36Alors, il faut savoir que l'écart entre les deux doses,
19:38il est recommandé entre 9 et 12 semaines.
19:40Donc ces personnes-là ne sont pas censées pour le moment
19:42recevoir la deuxième injection.
19:44Et la Haute Autorité de Santé dit qu'elle communiquera prochainement
19:47sur la démarche qu'ils ont à entreprendre,
19:49que pour l'instant, on est un petit peu en stand-by.
19:51Juste après, Jean Castex reçoit une dose d'AstraZeneca
19:54dans un hôpital de Saint-Mandé, près de Paris, devant les caméras.
19:57Le chef du gouvernement a lui-même précisément 55 ans.
20:00Nicolas Béraud, le gouvernement compte encore beaucoup sur ce vaccin ?
20:03Malgré les retards répétés du laboratoire,
20:06la France est toujours censée recevoir à peu près 4,5 millions de doses
20:09au total au premier trimestre.
20:11Donc bien évidemment, si le Premier ministre, Jean Castex,
20:14veut remplir son objectif d'atteindre 10 millions de personnes
20:17avec au moins une dose au 15 avril, AstraZeneca sera indispensable.
20:28Merci à Nicolas Béraud.
20:30Cet épisode a été préparé par Ambre Rosala,
20:33production Marion Bottorel, Raphaël Pueillot et Mathias Penguilly,
20:37réalisation Julien Moncouquiol.
20:39Code source et le podcast d'actualité du Parisien,
20:41Julien Moncouquiol.
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20:45disponible chaque soir du lundi au vendredi.
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