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  • il y a 10 heures
Des formateurs s'inquiètent du niveau de plus en plus faible des candidats au concours, parfois admis avec une moyenne de 8 sur 20. Dans Code source, on vous explique pourquoi l’Île-de-France particulièrement touchée par ce phénomène. Florian Loisy, journaliste à la cellule investigation Ile-de-France du Parisien.


Code Source est le podcast d’actualité du Parisien disponible chaque soir du lundi au vendredi.


Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Raphaël Pueyo et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian


Archives : Le Parisien, CNEWS.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le niveau des recrues baisse dans la police.
00:15Maîtrise du français, comportement, conditions physiques,
00:18beaucoup de futurs gardiens de la paix ne sont pas à la hauteur selon leur formateur,
00:24constat dressé par le Parisien le 28 décembre dernier.
00:27Alors que s'est ouverte le lundi 25 janvier une grande concertation sur la sécurité en France,
00:32on a voulu revenir sur ce sujet avec l'auteur de cette enquête,
00:36le journaliste Florian Loisy qui fait partie de la cellule Investigation Île-de-France du Parisien.
00:44Florian Loisy, pendant la campagne pour la présidentielle de 2017,
00:48Emmanuel Macron promet de nombreux recrutements au sein de la police et de la gendarmerie.
00:52Ces promesses de campagne sont claires, il y a un manque de police de proximité.
00:57Il promet 10 000 forces de l'ordre supplémentaires.
01:01Parmi ces 10 000 forces de l'ordre, c'est 7 500 policiers approximativement et 2 500 gendarmes.
01:06Ce sera d'ailleurs mis en œuvre très rapidement par Gérard Collomb,
01:10ministre de l'Intérieur de l'époque, en février 2018,
01:13qui annonce justement la création de 10 000 postes durant le quinquennat.
01:16En 2018, il va même y avoir des spots à la télé pour recruter.
01:20Protéger chacun de vous au quotidien est le sens de notre engagement.
01:24Oui, il y a des spots à la télé, il y a des petits clips qui sont à destination des
01:28réseaux sociaux.
01:29L'objectif, c'est de sensibiliser au maximum les jeunes pour leur donner envie d'être gardien de la paix.
01:34Comme il va y avoir plus de postes ouverts, il va falloir du monde.
01:37Rejoignez-nous, devenez policier, devenez gardien de notre paix.
01:45Dans ce podcast, Florian Loisy, vous allez nous parler du niveau des nouvelles recrues chez les gardiens de la paix.
01:51Alors, avant d'aller plus loin, expliquez-nous, c'est quoi un gardien de la paix ?
01:54Le gardien de la paix, c'est celui qui assure la mission d'ordre public au quotidien.
02:00Les gardiens de la paix, c'est ceux qu'on voit dans la rue ?
02:02Ces personnes que l'on voit dans la rue, et ce sont aussi les personnes qui gèrent l'administratif dans
02:07les bureaux,
02:08mais c'est essentiellement tous ceux que l'on voit dans les patrouilles de police secours au quotidien.
02:17Comment sont organisés les recrutements de gardiens de la paix, précisément ? Comment ça se passe ?
02:21Alors, il y a un concours national qui est organisé chaque année.
02:25Les candidats doivent d'abord réussir une partie écrite.
02:28Il y a une scénette qui est jouée devant eux, et ils doivent être capables d'écrire un compte-rendu.
02:32Il y a également une partie QCM, où en fait, ils doivent répondre à des questions psychotechniques.
02:37Donc c'est essentiellement pour évaluer leur psychologie, et leur empathie notamment.
02:42Et derrière tout ça, il y a finalement un test physique.
02:47Donc c'est faire 30 mètres d'un côté, 30 mètres de l'autre, des allers-retours, un va-et
02:50-vient.
02:51Et il y a une dernière partie orale, où des examinateurs jugent de leur motivation.
02:58D'un mot, il y a deux types de candidats, on va dire, pour ce concours de gardien de la
03:01paix.
03:01Ceux qui sont déjà à l'intérieur de la police, ou ceux qui n'en font pas encore partie.
03:05C'est ça. On se retrouve avec une majorité de candidats externes.
03:10Donc des gens comme vous et moi, qui ont envie de devenir policiers.
03:13Et quelques-uns qui sont gendarmes, qui sont déjà adjoints de sécurité.
03:19Donc des gens qui sont déjà dans le domaine, et qui finalement candidatent en interne.
03:23Comment vous est venue l'idée de faire une enquête sur ce sujet ?
03:26Par les réseaux, on apprend qu'il y a eu depuis un ou deux ans des recrutements assez bas.
03:31On n'a pas les notes à ce moment-là.
03:33Donc on se dit qu'il va falloir peut-être gratter, se renseigner de ce côté-là.
03:36On a aussi le contexte actuel avec l'image déplorable de la police du fait des violences policières.
03:42Et puis le contexte plus général, où de toute façon le recrutement des fonctionnaires, on sait que c'est très
03:47compliqué.
03:48Florian Loisy, vous avez pu parler à plusieurs formateurs.
03:51Que font ces fonctionnaires ?
03:53J'ai parlé effectivement avec quatre formateurs.
03:55Ils sont à la fois jurés et formateurs.
03:57C'est-à-dire qu'à la fois, ils les jugent au moment de leur concours.
04:00Puis ensuite, ils les accompagnent sur la partie juridique et physique durant huit mois, avant de les lâcher dans les
04:06commissariats.
04:06On va voir ensemble ce qu'ils vous ont dit dans le détail.
04:09Premier point, les règles du concours ont changé.
04:12Elles ont été assouplies.
04:13Certaines grosses erreurs sont moins lourdement sanctionnées.
04:16Depuis, on va dire, 2016 et 2017, l'administration s'est rendue compte qu'il y avait trop de notes
04:23éliminatoires et qu'il fallait absolument assouplir cette notation pour pouvoir avoir suffisamment de lauréats.
04:30Sinon, il n'y aurait pas eu assez d'admis à chaque concours.
04:33Par exemple, jusque-là, on ne pouvait pas oublier une date ou un nom dans un procès verbal, puisque c
04:40'est quelque chose qui, dans la vraie vie, entraîne la nullité totale d'une procédure et l'abandon de toutes
04:44les charges contre un voleur, un violeur ou qui que ce soit.
04:47Donc, c'est quelque chose qui est rédhibitoire dans la vie de tous les jours juridiquement.
04:50Et donc, durant ce concours, ce genre d'erreur, c'était éliminatoire.
04:54Aujourd'hui, c'est moins 5 points, moins 4 points selon l'erreur commise.
04:57La règle est aussi assouplie en ce qui concerne l'orthographe.
05:00Tous les formateurs nous le disent.
05:02Il y a une frange de 30 à 40 % des candidats où il n'y a pas une phrase
05:07sans une faute de français.
05:08Certains écrivent de manière quasiment phonétique.
05:11Donc, pour ne pas avoir que des candidats qui ont moins 1 point ou moins 2 points à chaque faute
05:18d'orthographe,
05:18et donc des candidats qui se retrouvent à zéro, ils sont obligés finalement de ne plus prendre en compte l
05:23'orthographe.
05:23C'est-à-dire que l'orthographe, aujourd'hui, n'est plus du tout prise en compte dans le concours.
05:27Et les formateurs constatent que certains candidats ont un niveau particulièrement faible.
05:32Certains d'entre eux se sont rendus compte que leurs enfants écrivaient de manière plus compréhensible
05:37que certains candidats, au niveau de la partie, on va dire, orale, où il y a cet entretien,
05:43ils se rendent compte que la discussion est très difficile avec certains,
05:46que l'argumentation est très faible, que certains candidats possèdent un vocabulaire minimal.
05:53Donc, au-delà de l'orthographe, il y a aussi un vrai problème à l'oral.
05:56Quand les formateurs dénoncent une baisse de niveau général, c'est leur sentiment ?
06:00Ou est-ce qu'on peut le vérifier, le quantifier ?
06:02En 2018, les candidats étaient pris avec 12,5 de moyenne.
06:06En 2019, ils sont pris à 11,5 de moyenne.
06:10C'est-à-dire que, rien qu'entre 2018 et 2019, la moyenne générale des admis, des lauréats, a baissé
06:16de 1 point.
06:17Là, aujourd'hui, on descend à 7, 7,5, 8 de moyenne.
06:21C'est-à-dire à quel point on prend bas.
06:22C'est-à-dire des candidats sont pris à 7 ou 8 de moyenne ?
06:25C'est exactement ça.
06:26Parce qu'il faut remplir le quota de postes dont ont besoin les commissariats sur cette année-là.
06:31Quand il y a 3500 postes d'ouvert, effectivement, il y a peut-être 500 candidats qui sont pris à
06:36entre 7,5 et 9 de moyenne.
06:41Florian Loisy, les notes baissent alors même qu'il y a aussi de plus en plus de très bons candidats
06:46qui cherchent à entrer dans la police à cause du chômage.
06:48De très, très bons candidats qui, aujourd'hui, postulent et ne postulaient pas avant.
06:52Ce qui veut dire que, même avec ce rattrapage de très, très bons candidats qui n'existaient pas avant et
06:57qui sont surdiplômés, il y a un niveau général qui baisse.
07:01En gros, quel pourcentage des candidats est retenu ?
07:04Sur 20 000 postulants, il y a à peu près un candidat sur 5 qui est pris.
07:09Jusqu'en 2012, c'était un candidat sur 50.
07:13C'est 10 fois plus facile d'avoir un poste, ce qui explique la baisse de ce niveau général.
07:18Et cette baisse de niveau se constate aussi sur les épreuves de sport et sur la condition physique des candidats.
07:24Tous les formateurs me l'ont dit clairement.
07:26Ils se retrouvent avec des candidats en surpoids, des personnes qui essayent d'esquiver l'épreuve sportive, justement, en présentant
07:33un certificat de blessure.
07:34Personne ne peut aller vérifier si c'est vrai ou si ce n'est pas vrai.
07:37Il suffit d'un certificat médical et on peut passer outre ces épreuves sportives pour interpeller quelqu'un de plus
07:43ou moins sportif, pour lui courir après,
07:45ou simplement même pour le monoter, le maîtriser, le mettre au sol.
07:48C'est un policier qui ne saura pas gérer ces moments-là et qui peut être dangereux pour lui-même,
07:53pour la population ou pour ses collègues.
07:55Ce problème de la baisse de niveau des candidats pour devenir gardien de la paix touche particulièrement l'île de
08:02France.
08:02Pourquoi ?
08:03Pour deux raisons. Vous comprenez bien qu'à salaire égal, quand on commence gardien de la paix, on est entre
08:081700 et 1800 euros selon les bonus liés à l'affectation.
08:12Pour 1800 euros, il vaut mieux avoir un salaire qui ne passe pas intégralement dans le loyer.
08:17À Paris, un loyer est à 1400 euros pour un 30 mètres carrés. En province, il est à 400 ou
08:21500 euros.
08:22Les meilleurs choisissent donc forcément d'aller en province, à la fois parce que le coût de la vie est
08:28moins cher, à la fois parce que leurs proches sont originaires de ce coin-là et que le travail y
08:33est souvent moins difficile.
08:34Alors qu'en île de France, il y a encore plus de besoins parce que justement, les plus anciens partent
08:39souvent en province quand ils le peuvent.
08:40Tout à fait. Le syndicat de police alliance a estimé à 500 le nombre de départs par année de policiers
08:47qui ont 15 ans d'ancienneté.
08:48Du coup, les deux tiers des postes chaque année sont à pourvoir en île de France, pourvu généralement par ceux
08:55qui ont eu la moins bonne note,
08:57puisque ceux qui ont la meilleure note préfèrent partir à Bordeaux, Toulouse ou ailleurs.
09:02Florian Loisy, d'un mot, ce problème de baisse de niveau des candidats au poste de gardien de la paix
09:07touche aussi les postes de commissaire de police.
09:11On se retrouve en 2016-2017 à avoir 30 postes de commissaire à pourvoir lors du concours.
09:18Donc, c'est des personnes qui sont déjà policiers et qui postulent pour ce grade.
09:22Et sur ces 30 postes, il y en a seulement 28 qui ont été pourvus.
09:27Il n'y en avait pas assez qui avaient le niveau. C'était une grande première.
09:30On revient à nos gardiens de la paix. Une fois recrutés, ils doivent encore être formés.
09:34Et là aussi, les fonctionnaires chargés de ce travail constatent parfois un manque de travail, un manque de rigueur.
09:40On se retrouve, selon les formateurs, avec des personnes qui finalement tentent, on va dire, leur première expérience professionnelle.
09:47Donc, n'ont pas ni la motivation ni l'implication nécessaire.
09:51Des gens qui, finalement, lâchent très vite en voyant qu'ils ne vont pas finir dans les premiers.
09:55Ils ne pourront pas échapper à l'île de France.
09:57Et se fichent pertinemment de continuer d'apprendre puisqu'ils ont déjà le concours.
10:01Et en ayant le concours, ils ne peuvent quasiment plus être virés.
10:04Donc, on a une formation qui, finalement, pour certains, ne sert pas à grand chose parce qu'ils sont complètement
10:10démobilisés.
10:11C'est quelque chose d'assez nouveau aussi.
10:14Qu'est-ce qu'ils ne travaillent pas assez ?
10:16Alors, c'est des personnes qui ne cherchent pas à apprendre les techniques d'interpellation.
10:20Donc, vont se retrouver ensuite dans un corps à corps sans savoir le gérer une fois qu'ils seront en
10:24poste.
10:24Qui ne cherchent pas à apprendre plus que ça le juridique.
10:27C'est des personnes qui ne cherchent pas à apprendre les articles de loi qui nécessiteraient d'être appris, par
10:32exemple, sur telle contravention ou telle autre contravention.
10:36Elles ne sauront pas expliquer pourquoi est-ce qu'ils ont appréhendé quelqu'un.
10:41Clorion Loisy, un fait divers récent, en octobre dernier, a illustré ce problème à Nîmes.
10:47On est dans la rue, juste devant le plus grand centre de formation d'élèves policiers de France, à Nîmes.
10:54Et une centaine d'élèves, malgré le couvre-feu, entre 21h30 et 22h, sont en train de faire la fête,
11:01de mettre la musique, de chanter et de faire énormément de bruit.
11:06Moi, je cours dès que je vois des gens.
11:07Un équipage de police vient pour tenter de les raisonner.
11:10A l'arrivée de la patrouille canine, plusieurs individus auraient insulté et sifflé les policiers.
11:16C'est justement cette mentalité-là, ce problème-là, qui est pointé du doigt par tout un tas d'anciens
11:21policiers et par les formateurs, notamment.
11:23Après cette fête polémique, une enquête administrative a été ouverte par l'école de police.
11:34Est-ce que beaucoup de policiers qui sont en formation sont recalés à l'issue de cette formation ?
11:39Sur les 3500 reçus au concours, il y en a seulement 8 qui ont été exclus et 2 qui ont
11:47fait l'objet d'un redoublement sur l'année dernière.
11:49Ça veut dire que tout le monde passe ?
11:50C'est-à-dire que tout le monde passe, puisque de toute façon, même une exclusion, finalement, il faut essayer
11:54de la négocier avec le candidat,
11:57parce que si jamais il décide de faire appel au tribunal administratif, il aura gain de cause quasiment 9 fois
12:02sur 10, puisqu'il a réussi le concours.
12:04Et sur cette dernière promotion dont vous nous parlez, 3500 gardiens de la paix formés, 8 exclusions, 2 redoublements.
12:11Pourtant, les formateurs voulaient en éliminer beaucoup plus.
12:14Oui, alors ils ont fait un signalement sur à peu près 150 candidats qui, pour eux, n'avaient clairement pas
12:21les aptitudes et le niveau pour être policiers.
12:24Mais il faut comprendre que la formation coûte cher à l'État, que l'État a besoin de fonctionnaires et
12:29qu'il est très difficile, du coup, de refuser ces personnes qui sont déjà reçues au concours.
12:34Autre problème, Florian Loisy, la durée de formation a été réduite.
12:38Oui, alors pour faire tenir les 10 000 recrutements durant le quinquennat d'Emmanuel Macron, la durée de formation était
12:46réduite de 12 mois à 8 mois.
12:48Alors c'est un espèce de petit jeu comptable, puisqu'en fait, dans les 12 mois, il y avait également
12:52des stages qui étaient prévus.
12:54Ces stages, aujourd'hui, n'existent plus.
12:56Il y a 8 mois de formation continue et ensuite, on les lâche dans leur commissariat d'affectation,
13:01où là, ils auront un tuteur qui, plus ou moins, suivra leur évolution sur les premiers mois.
13:05Dans les faits, notamment sur tout un tas de commissariats de banlieue parisienne,
13:10des fois, il y a une patrouille pour 8 ou 9 villes, donc 150 000 habitants.
13:14C'est impossible d'avoir le temps nécessaire pour véritablement suivre quelqu'un qui débute dans le métier.
13:25Florian Loisy, pour cette enquête, vous avez aussi échangé avec 5 commissaires qui sont en poste en Ile-de-France
13:31et ils voient sur le terrain les conséquences de cette baisse de niveau.
13:35Qu'est-ce qu'ils vous racontent ? Qu'est-ce qu'ils décrivent ?
13:37Pour eux, il y a 20 à 30% des recrues qui n'ont pas le niveau du tout pour
13:41être policiers.
13:43Certains me disent même qu'en fait, quasiment une procédure par jour peut être frappée de nullité dans chaque commissariat
13:50à cause de ces recrues, parce qu'ils écrivent l'inverse de ce qu'ils ont vu, commettre des faux
13:55en écriture.
13:56Il faut comprendre qu'un faux en écriture, c'est passible de la cour d'assises pour un policier,
13:59puisque c'est finalement comme maquiller une scène de crime.
14:02Mais eux ne le font même pas exprès, c'est juste parce qu'ils n'ont pas le niveau.
14:05Et le fait de mal parler le français par moments, d'avoir du mal à s'exprimer, ça entraîne des
14:10tensions sur le terrain ?
14:11Tout à fait, alors c'est des tensions qui se retrouvent déjà entre collègues,
14:14mais c'est des tensions qui se répercutent surtout sur le terrain,
14:17où on se rend compte qu'un policier n'est pas capable lui-même d'avoir les mots nécessaires
14:22pour tenir la personne qui s'énerve face à elle.
14:25Et finalement, de tout cela découle notamment de nombreuses violences.
14:28Et effectivement, de nombreux commissaires expliquent qu'aujourd'hui,
14:31certaines violences policières, comme elles sont dénoncées,
14:35sont finalement le fait d'un manque de bagages intellectuels.
14:45Florian Loisy, dans votre enquête, vous rappelez qu'un rapport du Sénat de novembre 2019
14:51relevait déjà ce problème d'une baisse de niveau des candidats au poste de gardien de la paix.
14:55Ce rapport, il constate exactement tout ce dont on vient de parler,
14:58et il recommande de baisser le nombre de postes disponibles par an,
15:02parce qu'il n'y a pas suffisamment de candidats pour avoir un niveau convenable.
15:05Le lundi 30 novembre, suite notamment au passage à tabac d'un producteur de musique,
15:10Michel Zéclair, une semaine plus tôt à Paris,
15:13Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, est auditionné à l'Assemblée nationale
15:17par la Commission des lois, et il reconnaît le problème.
15:21Dans des quartiers difficiles, dans des situations difficiles,
15:24ça demande une formation initiale plus importante.
15:27C'est ce que j'ai proposé au président de la République cet après-midi.
15:30Pour lui, réduire la formation de 12 mois à 8 mois a été une erreur.
15:34L'État doit davantage de formation aux policiers.
15:40Florian Loisy, votre enquête est publiée dans le parisien et le parisien.fr le 28 décembre.
15:45Comment réagissent les syndicats de police ?
15:47Plusieurs d'entre eux se sont retrouvés à réagir sur les plateaux télé des chaînes d'info en continu.
15:52Leur objectif était justement maintenant de pouvoir dénoncer quelque chose
15:55qu'ils avaient constaté de leur côté, et qui pose un réel problème au quotidien.
16:00Le 25 janvier, une concertation sur la sécurité en France s'est ouverte,
16:05baptisée Beauvau de la sécurité, puisque le ministère de l'Intérieur est situé place Beauvau à Paris.
16:11Cette concertation doit durer 4 mois.
16:12Qu'est-ce que l'on peut faire face aux problèmes que vous venez de nous expliquer ?
16:16La difficulté, c'est que justement, il faudrait avoir un recrutement, on va dire, plus élitiste,
16:22sauf qu'il y a des besoins réels sur le terrain.
16:25Donc c'est un petit peu justement ce paradoxe, c'est que les syndicats réclament des effectifs,
16:31mais les syndicats réclament des effectifs de qualité.
16:33Or, quand on ouvre davantage de postes, forcément on baisse en niveau sur le recrutement.
16:38Ça semble insoluble.
16:39C'est très compliqué.
16:41C'est pour ça d'ailleurs que les syndicats réclament davantage de formation,
16:44une fois en poste, sans doute, afin de pouvoir pallier justement à ces manques de départ.
17:05Merci Florian Loisy, tous vos articles sont à lire sur leparisien.fr.
17:10Cet épisode a été produit par Raphaël Puyot et Thibault Lambert, réalisation Julien Moncouquiole.
17:15N'hésitez pas à nous écrire codesource at leparisien.fr ou à nous interpeller sur les réseaux.
17:20Codesource est le podcast d'actualité du Parisien, disponible chaque soir du lundi au vendredi.
17:26Pour ne rater aucun épisode, abonnez-vous sur Apple Podcast ou Google Podcast par exemple.
17:31Et puis si vous aimez Codesource, dites-le nous en laissant des petites étoiles ou un commentaire sur votre appli
17:36préférée.
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