Depuis le mois de novembre, la France enregistre une hausse des cas de Covid-19 et des hospitalisations en soins intensifs. En Afrique du Sud, la découverte d’un nouveau variant préoccupe les autorités. Code source fait le point sur l’épidémie avec Aurélie Sipos et Nicolas Berrod, journalistes au Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Sarah Hamny, Raphaël Pueyo et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Benoît Gillon - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : BFM TV, Le Huffpost, RTL.
#omicron #covid #variant
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Sarah Hamny, Raphaël Pueyo et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Benoît Gillon - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Depuis le mois de novembre, la France est touchée par une cinquième vague de Covid-19.
00:16Et pourtant, mi-septembre, tous les voyants étaient au vert,
00:20ceux qui pouvaient laisser espérer une fin prochaine de la crise sanitaire.
00:24Comment la France est entrée dans la cinquième vague de l'épidémie ?
00:27Récit de deux des journalistes en charge du sujet aux Parisiens, Aurélie Sipos et Nicolas Béraud.
00:43Aurélie Sipos, Nicolas Béraud, on a choisi de commencer ce podcast à la fin de la quatrième vague de Covid,
00:49à la fin de l'été.
00:50Aurélie, quels enseignements est-ce qu'on tire de cette quatrième vague de l'épidémie ?
00:55L'hospitalisation a été maîtrisée durant cette quatrième vague et on tire un enseignement principal,
01:01celui de l'efficacité finalement de la vaccination qui a permis d'éviter une saturation de l'hôpital.
01:05Le jeudi 2 septembre, près de 12 millions et demi d'élèves font leur rentrée
01:08et bien sûr on se demande si ça ne va pas faire repartir l'épidémie.
01:11Oui, les regards se tournent à ce moment-là vers la rentrée qui est synonyme de brassage
01:16et donc potentiellement qui peut augmenter les contaminations.
01:19A ce moment-là, on a aussi un virus qui galope chez les 0-9 ans et des pédiatres qui
01:23rapportent
01:24une première hausse un petit peu sensible d'admission de très jeunes enfants à l'hôpital pour du Covid.
01:29Donc forcément à ce moment-là, l'inquiétude est maximale.
01:32Le vendredi 10 septembre, dans le Parisien, Nicolas Béraud vous racontait que tous les voyants de l'épidémie sont au
01:37vert.
01:37Le taux d'incidence par exemple, vous savez, c'est le nombre de cas positifs sur la semaine écoulée pour
01:43100 000 habitants.
01:43Il repasse à ce moment-là en dessous du seuil de 100, tandis qu'il avait grimpé jusqu'à 250
01:48en août.
01:49Les hospitalisations, les admissions en soins critiques chaque jour continuent aussi de diminuer.
01:54On est clairement sortis de la quatrième vague et effectivement la France repasse petit à petit dans le vert.
01:59Malgré tout, Aurélie Sipos, le 12 septembre, un infectiologue que vous interviewez,
02:03Benjamin Davido de l'hôpital Raymond Poincaré de Garges dans les Hauts-de-Seine,
02:08explique qu'il faudra forcément développer un nouveau vaccin.
02:10Oui, parce qu'en fait il reste une menace, celle de l'arrivée d'un nouveau variant.
02:14Et donc que les vaccins, à un moment donné, devront être réactualisés et ne suffiront plus contre ce variant.
02:21Nicolas Béraud, le 17 septembre, vous signez un papier sur le risque de reprise de l'épidémie en raison du
02:28relâchement de la vigilance.
02:29Oui, parce que forcément le risque d'une reprise de l'épidémie, d'une cinquième vague, il est forcément dans
02:34les esprits.
02:34Et Santé Publique France, dans l'enquête qu'elle réalise tous les mois, s'aperçoit qu'il y a une
02:39sorte de relâchement des gestes barrières.
02:41On porte un peu moins le masque, on fait un peu moins attention quand on se salue, on se serre
02:45un peu plus la main, on se sent un peu plus la bise.
02:47Voilà, il y a une sorte de relâchement et on sait que tous ces petits gestes, il faut faire attention,
02:50parce que se faire la bise, se serrer la main, ça peut être très propice aux contaminations.
02:54Le virus, grosso modo, il adore ça.
02:56Au passage, dans ce papier, vous revenez sur un fait que tout le monde n'a pas forcément en tête.
03:00Le vaccin de Pfizer, celui le plus utilisé en France, est beaucoup moins efficace que prévu.
03:06Effectivement, une grande majorité des vaccinés en France ont reçu du Pfizer.
03:10Ce produit, quand on le reçoit, sur le moment, il est très efficace, au temps de 95% contre les
03:15formes graves, par exemple.
03:16En revanche, l'efficacité de ce vaccin, elle baisse au fil du temps, surtout contre l'infection.
03:21L'efficacité, elle va chuter jusqu'à, d'après les études, 60, voire 50%.
03:25Donc, on reste toujours mieux protégé contre les formes graves, même si ça baisse aussi un petit peu.
03:30Mais en tout cas, on peut quand même attraper le Covid et ensuite le transmettre.
03:38Malgré tout, à cette période, les signaux restent au vert.
03:41Le 19 septembre, le Parisien pose la question.
03:44Et si le pire était derrière nous ?
03:46On consacre d'ailleurs un code source à ce sujet, le 23.
03:49La crise du Covid, bientôt derrière nous ?
03:52Point d'interrogation, les raisons d'y croire ?
03:54Aurélie Sipos, vous, à ce moment-là, est-ce que vous avez le sentiment que ça y est, le gros
03:59de l'épidémie est passé ?
04:00On voit quand même que ça va mieux.
04:02Après, en tant que journaliste, on a quand même le souvenir de ces deux années qui ont laissé le virus
04:07parfois nous surprendre.
04:08Donc, finalement, on y croit, mais on reste prudent.
04:11Le 23 septembre, Nicolas Béraud, vous mettez en avant dans le Parisien le mot « endémie ».
04:15C'est quoi une endémie ?
04:16Une endémie, grosso modo, c'est une maladie qui est présente dans une région donnée,
04:20mais qu'on arrive à maîtriser parce qu'on se vaccine, parce qu'on prend des traitements,
04:23et qui ne sature pas véritablement l'hôpital.
04:25Par exemple, la grippe, chaque année, il y a des gens qui sont malades de la grippe,
04:28il y a des gens qui sont hospitalisés, mais c'est une maladie qu'on connaît.
04:31Il y a une campagne de vaccination, on peut prendre des médicaments quand on est malade.
04:35Il y a effectivement des personnes âgées qui vont être hospitalisées, qui vont en décéder,
04:38mais quelque part, c'est comme si on avait appris à vivre avec.
04:41Le 4 octobre, Nicolas Béraud, vous décrivez dans Le Parisien une Europe coupée en deux.
04:46Alors, elle est coupée en deux, on va dire, sur deux plans.
04:48D'abord, sur le plan de la vaccination, parce que dans les pays d'Europe de l'Est,
04:52ça va de 30 à 50% de la population vaccinée.
04:55C'est beaucoup moins qu'en Europe de l'Ouest, où les couvertures vaccinales
04:58atteignent 70, voire 80% de la population de tous âges confondus.
05:02Et il y a aussi une différence par rapport à l'évolution de l'épidémie,
05:05parce qu'on s'aperçoit qu'à ce moment-là, il y a une nouvelle vague qui repart en Europe
05:09de l'Est.
05:09Le nombre de nouveaux cas, il augmente fortement.
05:11Le nombre de décès aussi.
05:13On se dit, ils ont ça parce qu'ils sont peu vaccinés.
05:15Mais on peut quand même se demander, est-ce qu'on est totalement à l'abri ?
05:18À ce moment-là, ça fait plus d'un mois que la rentrée scolaire a eu lieu.
05:22Aurélie Sipos, elle n'a pas provoqué de reprise de l'épidémie.
05:24Il y a plusieurs raisons qui expliquent ça.
05:26On a, de toute façon, à ce moment-là, dans la population générale,
05:29une circulation du virus qui est maîtrisée.
05:31On a aussi des adolescents qui se sont bien vaccinés.
05:34Et puis, on a un élément qui est le temps clément de septembre
05:38et qui a permis, finalement, de respecter une des mesures barrières,
05:42qui est l'aération des classes.
05:43Les centres de vaccination ferment les uns après les autres.
05:46Mais le gouvernement précise qu'ils pourront être rouverts si nécessaire.
05:50Le 8 octobre, Nicolas Béraud, vous évoquez une potentielle cinquième vague à venir cet hiver.
05:55Pourquoi est-ce que ce virus circule plus l'hiver ?
05:58Tout bêtement, quand il fait froid, que c'est l'hiver, on se réunit davantage en lieu clos.
06:02On aère beaucoup moins facilement, on est beaucoup moins à l'air libre.
06:05Et on sait aujourd'hui que ce virus, il adore l'île du Clos.
06:08C'est un endroit qui est très propice aux contaminations, surtout quand on ne s'est pas aéré.
06:11Parce que la transmission par aérosol peut se faire très facilement.
06:14L'Institut Pasteur a estimé qu'il y a une différence de quasiment 30%
06:18entre la circulation du virus en saison estivale et en saison hivernale.
06:22En même temps, vous précisez dans cet article que cette cinquième vague serait sans doute
06:26moins virulente que l'hiver dernier. Pourquoi ?
06:28Alors, on peut espérer que l'impact sur l'hôpital, qui est quand même le critère majeur
06:33quand il y a des mesures à prendre, soit moins important, justement en raison de la vaccination.
06:38Parce qu'on voit dans les différentes études que le risque d'avoir une femme grave
06:42si on est infecté chez une personne vaccinée, il est de 4 à 8 fois moins important
06:46chez les personnes vaccinées que chez les personnes non vaccinées.
06:50L'épidémie reprend légèrement, c'est ce que dit le mardi 19 octobre
06:54le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, dans la matinale d'RTL.
06:58On a vu l'épidémie régresser beaucoup depuis cet été, grâce aux efforts des Français,
07:03grâce à la vaccination, grâce au pass sanitaire, qui a aussi permis de réduire la circulation du virus.
07:09Et qu'est-ce qu'on constate depuis une semaine ?
07:11C'est que l'épidémie recommence à gagner du terrain.
07:14Aurélie Sipos, que se passe-t-il à ce moment-là ?
07:16Les indicateurs qu'on regarde depuis deux ans sont tous finalement en hausse.
07:21Donc on a le taux d'incidence, ainsi que les cas qui à ce moment-là augmentent de 10 à
07:2520% par semaine.
07:26On est sur des petits signaux faibles finalement d'une reprise.
07:29Et moi je ne peux pas vous dire aujourd'hui que ce qu'on observe,
07:32c'est les premiers embruns d'une cinquième vague.
07:34C'est beaucoup trop tôt pour le dire.
07:36À la fin octobre, la reprise de l'épidémie touche toute l'Europe.
07:39Il n'y a plus un seul pays ou quasiment qui n'est épargné.
07:43Certains d'ailleurs sont confrontés à des situations tellement délicates,
07:45notamment en Europe de l'Est, qu'ils doivent prendre de nouvelles mesures
07:48pour justement limiter l'impact de cette reprise de l'épidémie à l'hôpital
07:51et notamment en Europe de l'Est.
07:53Le 5 novembre, le Parlement vote la possibilité de prolonger le pass sanitaire jusqu'à l'été prochain.
07:58Et le mardi 9 novembre, on en est à 12 000 cas positifs enregistrés en une journée.
08:0312 000 cas en 24 heures, ce n'était pas arrivé depuis le 8 septembre.
08:06Donc forcément, on se dit que la cinquième vague est là.
08:09Les experts ne sont pas forcément tous étonnés que ça grimpe comme ça à ce rythme qui semble assez rapide.
08:13Mais toujours est-il que c'est un signal.
08:18Le soir même, le président Emmanuel Macron intervient à la télévision.
08:22Neuvième allocution du chef de l'État depuis le début de l'épidémie.
08:25Nous n'en avons pas terminé avec la pandémie, dit-il.
08:29Il va annoncer finalement un tour de vis pour les plus de 65 ans.
08:32Toutes les études montrent en effet que six mois après le vaccin, l'immunité diminue.
08:37La solution à cette baisse d'immunité est l'injection d'une dose de vaccin supplémentaire, ce qu'on appelle
08:43le rappel.
08:45Une campagne a été lancée depuis la fin de l'été pour tous les plus de 65 ans et les
08:49plus fragiles.
08:50Il nous faut aujourd'hui l'accélérer.
08:53Si vous avez été vacciné il y a plus de six mois, je vous appelle à vous protéger en prenant
08:57rendez-vous dès maintenant
08:58auprès d'un centre de vaccination de votre médecin ou de votre pharmacien.
09:02Il conditionne finalement l'obtention du pass sanitaire à la troisième dose pour les personnes de plus de 65 ans.
09:09Lors de cette allocution il en profite également pour parler aussi de l'élargissement aux plus de 50 ans.
09:14Et finalement il exhorte toute la population à se faire vacciner.
09:18Vaccinez-vous. Vaccinez-vous pour vous protéger, pour pouvoir vivre normalement.
09:23C'est un coup d'accélérateur face à cette cinquième vague qui menace.
09:28Le lendemain, le mercredi 10 novembre, le ministre de la Santé Olivier Véran utilise le terme de cinquième vague.
09:34Il parle d'un début de cinquième vague.
09:36Et le 15 novembre, Nicolas Béraud, le taux d'incidence en France franchit de nouveau un seuil important.
09:42Effectivement le taux d'incidence repasse au-dessus de 100.
09:45Donc ce n'était pas arrivé depuis plusieurs semaines.
09:47Ça reste un seuil on va dire essentiellement quand même symbolique.
09:51Mais bon forcément ça marque les esprits.
09:52Le lendemain, on en est à 20 000 nouveaux cas positifs en 24 heures.
09:57Effectivement, donc 20 000 cas positifs à nouveau, c'est un autre seuil quelque part.
10:00Donc ça peut frapper.
10:01Mais encore une fois, si on regarde d'où on part et la façon dont en général une épidémie croît,
10:07ce n'est pas forcément étonnant.
10:08Comment évoluent les hospitalisations, les cas graves ?
10:10Le nombre d'entrées à l'hôpital, il augmente.
10:12Mais c'est tout simple.
10:13C'est parce que s'il y a de plus en plus de cas positifs chaque jour,
10:16il y aura de plus en plus d'entrées à l'hôpital chaque jour.
10:18Cependant, on constate quand même que grâce à la vaccination,
10:22le ratio, c'est-à-dire le nombre d'hospitalisations par rapport au nombre de formes graves,
10:27il est diminué par rapport à la vague précédente.
10:29Là, à cette époque-là, quand on a 20 000 cas en 24 heures,
10:32on a à peu près 400 hospitalisations par jour.
10:35Grosso modo, on estime que pour un même nombre de cas positifs,
10:38on a deux fois moins d'admissions à l'hôpital chaque jour qu'on aurait eu il y a un
10:41an par exemple.
10:50Le mercredi 17 novembre, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal,
10:54se veut rassurant dans son point presse à l'issue du Conseil des ministres.
10:57Je veux dire aux Français que je sais combien cette situation entraîne de la lassitude.
11:02Je sais combien certains peuvent avoir le sentiment que nous n'en sortirons jamais.
11:05Mais je crois au contraire que nous traversons chaque vague mieux que la précédente.
11:10Gabriel Attal, il dit à la sortie de ce Conseil que nous avons des chances finalement
11:13de ne pas être submergés par cette cinquième vague.
11:16Une des raisons et une des armes qu'il avance, c'est celle de la vaccination.
11:19Nous le devons au vaccin, nous le devons au pass sanitaire qui a été mis en place très tôt dans
11:23notre pays.
11:24Et nous le devons évidemment aux efforts et à la responsabilité de chacun.
11:28Aurélie Sipos, le même jour, vous interrogez un ancien directeur général de la santé,
11:32le bras droit opérationnel du ministre de la Santé.
11:35Il s'appelle William Dab et il est alarmant.
11:38William Dab prend le contre-pied du discours de Gabriel Attal.
11:41Pour lui, si rien n'est fait, la vague va nous submerger.
11:44Et très concrètement, il parle d'un doublement des cas si des mesures ne sont pas prises rapidement.
11:49Et le 19 novembre, vous expliquez dans Le Parisien que cette cinquième vague
11:52jette le doute sur l'efficacité des vaccins.
11:55Mais vous rappelez aussi leur importance cruciale dans la lutte contre l'épidémie.
11:58Le nombre de contaminations par jour jette un doute dans une partie de la population
12:03sur l'efficacité finalement du vaccin.
12:05Or, comme on l'a dit, il reste en fait efficace au moins à 50% contre les contaminations
12:10et surtout à 90% contre les formes graves du vaccin.
12:14Donc en fait, il faut rappeler que finalement ce vaccin, c'est un outil indispensable.
12:18Et ce qu'on comprend en vous lisant, c'est que beaucoup de gens ont sans doute trop misé sur
12:23les vaccins.
12:23L'important, c'est d'avoir une addition de mesures qui permettent de contrer le virus au maximum.
12:28Or, avec la déception finalement du vaccin, qui est moins efficace que prévu,
12:33il aurait fallu garder des gestes barrières au maximum, comme le port du masque, l'aération,
12:37qui permettent finalement de s'additionner avec le vaccin et d'être efficace à 100% contre le virus.
12:45Le jeudi 25 novembre, Olivier Véran tient une conférence de presse au ministère de la Santé.
12:50Vous êtes sur place pour le Parisien Aurélie Sipos.
12:52Il annonce plusieurs mesures.
12:54Oui, la France connaît à son tour une cinquième vague.
12:56Oui, cette cinquième vague sera sans conteste plus forte, plus longue que la quatrième vague survenue cet été.
13:03Oui, deux principales.
13:05Donc la généralisation de la troisième dose à l'ensemble de la population.
13:09Et cette troisième dose devient obligatoire pour avoir un pass sanitaire à partir du 15 janvier.
13:14Seconde mesure très importante, c'est le retour du masque dans les lieux qui étaient soumis à pass sanitaire.
13:18On pense alors au cinéma, au théâtre, dans lesquels on pouvait faire tomber le masque grâce au pass sanitaire.
13:24Le même jour, Nicolas Béraud, une équipe de scientifiques sud-africains, rapporte avoir identifié un nouveau variant.
13:29Non seulement le même jour, mais au même moment, comme en pleine conférence de presse d'Olivier Véran,
13:3312 000 kilomètres plus au sud, des scientifiques sud-africains disent avoir identifié un nouveau variant.
13:39Et ce variant, les scientifiques sud-africains disent qu'il possède beaucoup de mutations dans son génome,
13:43qu'il faut le surveiller de très près.
13:45Voilà, donc quelque part, c'est une alerte importante, on se dit, pour les semaines qui viennent.
13:48Et ce variant sera nommé plus tard par l'Organisation Mondiale de la Santé,
13:53avec une lettre de l'alphabet grec, comme ils le font à chaque fois dorénavant.
13:57Ce variant est nommé Omicron.
13:59Dans la foulée, plusieurs pays prennent des mesures en réaction à ce nouveau variant.
14:04Le jeudi soir, à peine quelques heures plus tard, Israël et le Royaume-Uni annoncent suspendre
14:09les arrivées de passagers en provenance de plusieurs pays d'Afrique australe, dont l'Afrique du Sud.
14:14Le lendemain matin, le vendredi matin, ça va être autour de l'Allemagne, l'Italie, la France, plusieurs pays européens.
14:19Quelques heures plus tard, le Canada, les Etats-Unis.
14:22Pourtant, fermer les frontières de ce que disent les scientifiques, ça peut peut-être retarder l'apparition et l'arrivée
14:28d'un variant,
14:28ça ne pourra pas le stopper.
14:29Mais bon, l'idée, quelque part, c'est de gagner du temps.
14:32Pourquoi est-ce que ce variant Omicron inquiète dès le départ ?
14:36En fait, il préoccupe un peu les scientifiques du monde entier,
14:39parce qu'il pourrait être peut-être le monstre que redoutent les experts depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
14:44C'est-à-dire qu'il pourrait être à la fois plus transmissible, en tout cas très transmissible,
14:48et éventuellement résister à l'efficacité des vaccins.
14:51Ce qui fait craindre cela, c'est que ce variant, il possède notamment pas moins de 32 mutations au niveau
14:56de sa protéine SPAC,
14:58c'est-à-dire la partie de son génome qui est ciblée par les vaccins.
15:0132 mutations, c'est énorme, les précédents variants, ils n'en avaient pas autant à cet endroit-là.
15:06Et du coup, on se demande, ce profil de mutation, quel impact il pourra avoir,
15:10à la fois sur la façon et la vitesse avec laquelle ce variant peut se transmettre,
15:14et puis aussi sur l'efficacité des vaccins.
15:16Justement, Aurélie Sipos, est-ce que l'on sait si les vaccins sont efficaces face à Omicron ?
15:21Non, on ne le sait pas, ça fait partie des inconnus qu'Omicron pose.
15:25On ne le saura pas d'ailleurs avant plusieurs semaines.
15:28Le conseil scientifique le craint.
15:30Il a dit qu'effectivement, théoriquement, on pouvait craindre que ce vaccin soit résistant à ce variant.
15:35Par contre, les laboratoires sont préparés à cette éventualité.
15:38Moderna, par exemple, a annoncé le développement d'un vaccin réactualisé
15:42qu'il pourrait voir naître dans les 100 jours.
15:49Entre le 30 novembre et les premiers jours de décembre,
15:52une dizaine de cas du variant Omicron sont détectés en France.
15:56Mais Delta représente toujours la quasi-totalité des nouvelles contaminations dans le pays.
16:01Le mercredi 1er décembre, on atteint près de 50 000 nouvelles contaminations en 24 heures.
16:08On ne s'était plus arrivé depuis la troisième vague, depuis le début du mois d'avril.
16:11Cet été, au maximum, on a été à peu près à 30 000 cas en 24 heures.
16:15La cinquième vague dépasse largement la quatrième et il est possible qu'elle atteigne,
16:19voire qu'elle dépasse également le pic de la troisième au printemps dernier.
16:22Et d'après le gouvernement, si rien ne change, le pic de cette cinquième vague ne sera pas atteint avant
16:27la fin janvier.
16:29Aurélie Sipos, il y a quelques jours, vous avez fait un reportage pour le Parisien
16:33à l'hôpital universitaire de Strasbourg au service des maladies infectieuses.
16:38Qu'est-ce que vous avez vu ?
16:39Tous les lits sont déjà saturés par des patients atteints du Covid.
16:43Chaque jour, les entrées sont plus importantes.
16:45Et surtout, il y a un voisin allemand qui fait craindre le pire,
16:47puisque en Allemagne, il y a une reprise et une flambée épidémique.
16:51Donc on est très inquiet et on est déjà avec un hôpital qui fait face
16:55et qui commence à être submergé par cette cinquième vague.
16:57Et qui sont les patients hospitalisés en raison du Covid aujourd'hui ?
17:00On a des personnes non vaccinées de 50, 60 ans.
17:03On a par exemple des personnes âgées en fin de protection de deuxième dose.
17:07On a aussi des personnes vaccinées avec des comorbidités.
17:11Ils sont fatigués, il faut le dire, les soignants, ça fait déjà deux ans qu'ils sont sur le terrain.
17:15Et aujourd'hui, alors qu'il y a une solution sur la table, qui est celle de la vaccination,
17:18ils ont du mal finalement à devoir faire face à des patients qui leur expliquent encore une fois
17:23qu'ils ne croient pas aux vaccins, qu'ils ont besoin de recul.
17:26Donc voilà, il y a une lassitude un petit peu générale.
17:28Mais encore une fois, ils sont sur le pont, ils le seront pour cette cinquième vague.
17:32Ça aussi, j'ai pu le constater.
17:34Aurélie Sipos, aujourd'hui en France, il y a toujours environ 6 millions de personnes non vaccinées.
17:39C'est un gros problème pour lutter contre l'épidémie ?
17:42Oui, c'est surtout un chiffre qui ne bouge pas.
17:44En fait, depuis plusieurs semaines, on a toujours cette poche de 6 millions de personnes
17:47qui ne sont pas vaccinées.
17:48Et à l'intérieur, on a des personnes dites fragiles, donc des personnes âgées,
17:52à risque de formes graves, personnes en situation d'obésité.
17:55Ce que le gouvernement veut faire et cherche à faire déjà depuis plusieurs semaines,
17:59c'est d'aller les chercher.
18:00On a par exemple des équipes d'infirmiers qui vont à domicile.
18:02On a des courriers qui, via la poste, leur sont envoyés.
18:06Elles représentent effectivement une urgence, ces personnes, pour les scientifiques,
18:08puisqu'elles peuvent, à terme, engorger les hôpitaux.
18:24Merci à Aurélie Sipos et Nicolas Béraud.
18:27Cet épisode de Codesources a été produit par Thibaut Lambert et Raphaël Pueillot.
18:31Réalisation, Benoît Gilon.
18:33Codesources, le podcast d'actu du Parisien, est disponible sur toutes les plateformes.
18:38Nous publions un nouvel épisode chaque soir de la semaine.
18:41Vous pouvez nous suivre sur Twitter, nous laisser un commentaire sur votre application audio préférée,
18:46ou nous écrire directement codesource.fr.
18:50Sous-titrage Société Radio-Canada
18:53Sous-titrage Société Radio-Canada