- il y a 12 heures
- #paris
- #liberation
- #occupations
Cet été, Code source vous propose une série en quatre épisodes pour raconter l’occupation et la libération de Paris. Deuxième épisode, la vie quotidienne dans le Paris de l’occupation, la répression des Juifs parisiens, et les premiers coups d’éclat de la résistance. Cet épisode est raconté par deux historiens, Sylvie Zaidman, historienne et directrice du musée de la libération de Paris, du général Leclerc et de Jean Moulin, et Renée Poznanski, historienne spécialiste des Juifs en France durant la Seconde Guerre mondiale, au micro de Raphaël Pueyo.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Conception, écriture et voix : Raphaël Pueyo - Production : Thibault Lambert et Clara Garnier Amouroux - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : Audio Network - Identité graphique : Eric Azara -
Archives : INA.
#paris #liberation #occupations
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Conception, écriture et voix : Raphaël Pueyo - Production : Thibault Lambert et Clara Garnier Amouroux - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : Audio Network - Identité graphique : Eric Azara -
Archives : INA.
#paris #liberation #occupations
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien,
00:04Codesources exceptionnelles, 80 ans après la libération de Paris,
00:08racontée en 4 épisodes, une série écrite et présentée par Raphaël Pueillot.
00:14Je vais demander aux Parisiens de vous parler eux-mêmes, et vous dire ce qu'ils en pensent.
00:18Je m'appelle Raphaël Pueillot, et vous écoutez La libération de Paris, un podcast du Parisien.
00:24La capitale se livrait à une joie dépassant le cadre des émotions humaines.
00:29La libération pour moi, c'est des larmes, et c'est du sang.
00:47Je sais la peine immense que cela va vous faire.
00:50Aussi, je vous supplie d'être aussi fort que moi.
00:54À toi, mon père, qui m'a légué le culte du nom et de l'honnêteté,
00:59je jure que je n'ai pas faibli, et que ceux qui le porteront pourront être fiers.
01:04À toi, maman chérie, qui va t'en pleurer, je voudrais qu'une consolation te soit accordée,
01:10celle de savoir que ton grand ne sera jamais complètement mort.
01:14Mes derniers jours ont été adoucis grâce aux bontés de Louisette.
01:18Je vous demande d'être auprès d'elle, l'interprète de ma reconnaissance.
01:24Dites à mon frère, à sa femme, que j'ai beaucoup songé à eux.
01:28Tous, vous aurez été près de moi jusqu'à la dernière minute.
01:32Je vous quitte, chère maman et papa.
01:35Pour la dernière fois, je vous embrasse très fort.
01:39Votre fils qui vous aimait tant, Raymond.
01:44Quand Raymond Losserand écrit cette lettre, son ami Gaston Carré est à ses côtés,
01:50dans une des cellules de la prison de la santé à Paris.
01:53Depuis l'été 1941, ils étaient à la tête de groupes armés
01:57qui ont permis de structurer la résistance communiste dans toute la région parisienne.
02:02Mais le 16 mai 1942, après des semaines de filature,
02:07la répression de Vichy s'abat sur eux.
02:09Ils sont arrêtés par les hommes de la BS2, la brigade spéciale numéro 2,
02:14une unité de la police parisienne spécialisée dans la traque des militants communistes.
02:19La BS2 a repéré, a filé, a arrêté et elle va interroger et torturer.
02:25Denis Péchansky, historien, spécialiste de la seconde guerre mondiale.
02:30On sait par les PV d'interrogatoire de Losserand
02:33qu'il a été interrogé et torturé une cinquantaine de fois quand même
02:38et qu'il n'a pas parlé.
02:40Toujours est-il qu'ils vont être jugés par le tribunal du Grand Paris.
02:46Ils vont être condamnés à mort.
02:49Le 21 octobre 1942, les Allemands viennent les chercher à la prison de la santé.
02:55Les Allemands les transfèrent à Ballard,
02:57donc l'un des principaux lieux d'exécution de résistants,
03:01tenus par la Geimfeldpolizei.
03:04Et c'est quand même très impressionnant parce que quand ils arrivent,
03:07ils se retrouvent en souterrain avec des poteaux au bord d'un mur
03:14et de l'autre côté, les Allemands, les Allemands qui tirent
03:18et nos 12 militants communistes qui la sont fusillés par les autorités allemands.
03:30Notre héros, Henri Tanguy, était lui aussi dans le viseur de la brigade spéciale.
03:35Prévenu juste à temps par son ami Gaston Carré,
03:38il a pu échapper de justesse aux hommes de la BS2.
03:42Alors, à l'automne 1942, où se trouve Henri Tanguy ?
03:51Pour retrouver sa trace, il faut quitter Paris pour se rendre à plusieurs centaines de kilomètres au sud,
03:56non loin de Poitiers, dans le petit village de Quincé.
04:00Il est parti de la région parisienne sur ordre.
04:03L'historienne Sylvie Seidman.
04:05On lui a demandé d'organiser la lutte armée dans toute la partie ouest,
04:10ce qu'on dirait les pays de la Loire aujourd'hui.
04:12Il est beaucoup moins menacé dans cette grande zone où tout est à faire,
04:17au niveau du travail militant, qu'en restant en région parisienne.
04:20Alors, c'est très compliqué parce que les contacts sont toujours très complexes
04:24dans cette zone occupée qui est quadrillée par la police de Vichy et par les polices allemandes.
04:30Et puis, là, il va y avoir aussi un autre problème, c'est qu'on est en 1942.
04:36Les militants de bonne volonté ont vu ce qui s'est passé avec les exécutions d'otages.
04:42C'est-à-dire qu'ils ont bien compris que la façon dont les Allemands allaient répondre aux attaques
04:47contre les personnes et les biens allemands,
04:49ce sera de la manière la plus dure possible en fusillant des otages.
04:55Du coup, quand on a peu d'hommes, quand on a peu d'armes,
04:58finalement, on a assez peu d'espoir en cet automne 1942.
05:06En 1942, à Paris, les résistances sont décimées.
05:10Ils ne font pas le poids face à la police de Vichy,
05:13qui met tout en œuvre pour les traquer, les arrêter et les livrer aux Allemands.
05:19Pour la grande majorité des Parisiens, la vie continue.
05:22Les pénuries, les privations et la présence des Allemands
05:26ne les empêchent pas d'aller au cabaret, au théâtre ou au cinéma.
05:31On continue à sortir sous l'occupation.
05:34Les loisirs, c'est une forme de refuge.
05:36C'est retrouver quelque chose de sympathique
05:39au milieu de ce qui vous entoure et qui est assez lourd à porter.
05:43« Amis de l'écran, le cinéma français a produit cette saison un effort considérable
05:49en réalisant pour votre distraction des films nombreux et de qualité. »
05:55Les gens sortent beaucoup.
05:57Ils vont au cinéma, on a beaucoup dit qu'ils y allaient parce qu'il y fait chaud.
06:01Alors c'est vrai qu'il fait plus chaud dans les cinémas que chez les particuliers
06:04parce qu'il y a une pénurie de charbon qui est très forte
06:08et il est très difficile de se chauffer correctement.
06:12Les Parisiens assistent aussi à des compétitions sportives,
06:15comme ils le faisaient avant-guerre, ça continue.
06:18Ils assistent à des matchs de boxe,
06:20ils assistent à des compétitions cyclistes,
06:23notamment au Valdives,
06:25et puis assistent par exemple à des tournois de football
06:30comme la coupe de football de zone occupée
06:33qui a lieu au Parc des Princes.
06:35Durant ces années noires,
06:37la culture et le sport permettent donc aux Parisiens de s'évader,
06:41mais il faut garder en tête que ces loisirs,
06:43et notamment la culture,
06:45sont avant tout mises au service de l'occupant,
06:48au service du Reich.
06:50Journal de Joseph Goebbels,
06:53ministre de la Propagande du Reich.
06:56Je suis allé à Paris avec Göring.
06:58Quelle ville merveilleuse !
07:00Qu'il est bon de retrouver l'atmosphère d'une ville sans guerre.
07:04J'ai croisé beaucoup de soldats.
07:06Je me suis promené dans les rues avec Göring.
07:08J'ai ensuite acheté quelques babioles.
07:11Le soir, nous sommes allés au casino de Paris.
07:13Il y avait beaucoup de belles femmes qui exhibent leur corps.
07:17J'apprécie la compagnie de Göring, qui est très sympathique.
07:20Il mène un train de vie fantastique.
07:23Ici, à Paris, la guerre semble être à des milliers de kilomètres.
07:29Il déclare en juillet 1940, Joseph Goebbels,
07:32que la France est un pays de tourisme.
07:35Donc, le rôle de la France va être vraiment défini à l'intérieur du Reich.
07:39La France est là pour fournir des peintières premières.
07:42La France est là pour donner au Reich des produits manufacturés,
07:46le cas échéant,
07:48de la main d'œuvre,
07:48et puis surtout accueillir les troupes allemandes au repos.
07:52Le front de l'Est épuise littéralement les forces allemandes
07:56et donc les troupes ont des périodes de repos.
07:59Et pour cela, Paris est tout indiqué.
08:02Pour les Allemands, Paris est présenté vraiment comme un parc d'attractions.
08:06Du coup, à Paris, il y a des loisirs qui sont spécialement développés pour ces troupes allemandes.
08:12Il y a des foyers, des soldats Tönheim,
08:14des cinémas qui ne sont fréquentés que par des Allemands
08:18qui s'appellent des soldats Tönkino
08:20et une quarantaine de maisons closes.
08:22Les Allemands qui sont particulièrement friands
08:26de toutes les grandes chanteuses parisiennes
08:28peuvent y voir Suzy Solidor
08:31qui leur interprète des chansons au Casino de Paris.
08:49Pourquoi certains artistes continuent de se produire devant les Allemands ?
08:53Vous avez d'une part les artistes qui disent qu'il faut bien vivre,
08:58mais il faut voir que les Allemands exercent une sorte de fascination.
09:02Ils représentent la victoire.
09:04Il y a une espèce de magnétisme de la victoire
09:06qui fait qu'une partie de la population est sensible
09:10à ces espèces de héros du nazisme.
09:14Fréquenter les Allemands, c'est à la fois bénéficier matériellement
09:17de l'argent, des richesses,
09:19mais fréquenter les Allemands, ça va au-delà
09:22de bénéficier de tous ces petits privilèges.
09:24C'est aussi fréquenter de près la victoire.
09:27Dès l'automne 1940,
09:30l'ambassadeur d'Allemagne en France,
09:33qui s'appelle Otto Abetz,
09:34commence à donner des soirées
09:36et le tout Paris va se presser à ces soirées-là.
09:39Donc tout cela participe à cette grande mise en place
09:43d'une propagande du Reich pour dire aux Parisiens,
09:47regardez, votre élite, elle vient vers nous.
09:50Vous aussi, faites de même.
09:52En 1942, Paris a faim.
09:55Alors, comment s'organise le gouvernement de Vichy
09:58pour nourrir les Parisiens ?
10:00Le gouvernement décide d'instaurer une carte d'alimentation
10:04le 23 septembre 1940.
10:07Et dès le départ, on s'aperçoit que ça ne marche pas bien.
10:10Il faut faire des queues considérables,
10:13c'est-à-dire passer des heures et des heures chaque jour
10:16pour essayer d'obtenir les denrées qui sont inscrites
10:19sur les cartes d'alimentation,
10:21pour lesquelles on a des coupons aussi.
10:23Et en plus, on n'est pas sûr de les avoir.
10:25Que mangent les Parisiens sous l'occupation ?
10:28Quand on regarde le menu,
10:30en fait, on mange ce qu'on a trouvé,
10:34avec principalement des denrées de très mauvaise qualité.
10:37Du pain qui n'est pas du pain.
10:39Tout le monde dit sous l'occupation
10:41que ce pain n'a aucun goût,
10:43il n'a pas de saveur.
10:45Parce que la situation n'est pas du tout la même
10:47à la campagne, bien entendu.
10:48Mais à Paris, on est en bout de chaîne.
10:51Et on a ce qui reste.
10:53Une fois que les paysans localement
10:56ont prélevé ce dont ils avaient besoin,
10:59une fois que les Allemands ont prélevé eux aussi
11:02ce qu'ils voulaient prélever,
11:03et donc on arrive à manger des pommes de terre germées,
11:07et puis les fameux navets.
11:10Le maréchal,
11:11donc ça fait partie de la propagande du maréchal,
11:13fait distribuer dans les écoles
11:15des compléments pour les enfants,
11:17pour leur permettre
11:19d'être plus forts,
11:21d'avoir des vitamines aussi, beaucoup.
11:25Les enfants français sont privés aujourd'hui
11:27des vitamines indispensables à leur croissance.
11:29C'est tout d'abord
11:30dans ce que furent distribués gratuitement
11:32par les soins du Secours National
11:34les bonbons vitaminés.
11:36Mais tout ça, c'est vraiment des côtes de terre
11:37sur des jambes de bois,
11:38parce que ce qui manque, c'est la base.
11:40Comme il manque de tout,
11:42finalement, ce qui va se passer,
11:43c'est que ça va être le système de la débrouillardise.
11:45Face à ce quotidien,
11:47rendu de plus en plus difficile
11:49par l'occupation,
11:50est-ce que des Parisiens
11:51manifestent ouvertement leur colère ?
11:54Très peu.
11:56Manifester, c'est dangereux.
11:58Une manifestation peut conduire
11:59à des arrestations.
12:01Et donc, le Parti communiste
12:03a intégré la manifestation
12:05dans son champ de propagande,
12:06on va dire.
12:08Pour le Parti communiste,
12:09réussir à avoir
12:11des militants dans la rue,
12:13ça veut dire qu'ils n'ont pas peur
12:15de l'occupant,
12:16ils n'ont pas peur de Vichy.
12:17Et ça veut dire aussi
12:19qu'ils sont du côté
12:20de la population
12:20et des gens qui souffrent.
12:22Donc, il y a un enjeu
12:23extrêmement fort
12:24pour le Parti communiste.
12:26Donc, dans cette idée-là,
12:28dès les débuts de l'occupation,
12:30le Parti communiste
12:32va organiser
12:32des manifestations
12:33de ménagères.
12:34Et donc,
12:35elles vont réclamer
12:36devant les mairies
12:37du lait
12:38pour les enfants.
12:41Le 31 mai 1942,
12:44l'une de ces manifestations
12:45tourne au drame.
12:47Deux policiers sont tués
12:48et en représailles,
12:5022 militants
12:51sont condamnés à mort.
12:53Trois mois plus tard,
12:54le 1er août 1942,
12:57le Parti communiste
12:57est mieux organisé.
12:59Il a même fait appel
13:00à sa branche armée,
13:01les francs-tireurs
13:02et partisans,
13:03pour protéger
13:04les manifestantes.
13:06À leur tête,
13:07on retrouve Henri Tanguy
13:08qui est chargé
13:09pour la première fois
13:10d'encadrer
13:11une manifestation
13:11dans Paris,
13:12arme à la main.
13:14Ce samedi 1er août 1942,
13:17il est 16h,
13:18rue Daguerre.
13:20Lise London,
13:21une militante communiste,
13:22prend la parole.
13:24Il y a une distribution
13:25de tracts
13:25et puis
13:26des échauffourés,
13:28un peu de bagarres.
13:29Mais l'un dans l'autre,
13:30contrairement à la manifestation
13:31de la rue de Bussie,
13:32il n'y a pas de mort
13:33parmi les policiers
13:33ou les Allemands
13:34qui sont présents.
13:35Néanmoins,
13:36il va y avoir une traque
13:37qui va aboutir
13:38en fait de décimer
13:39une partie de l'équipe
13:40qui était autour
13:42de Lise London
13:43et elle-même,
13:44elle va être arrêtée
13:45et donc,
13:46elle va être déportée
13:47et heureusement,
13:48elle va revenir
13:49de déportation.
13:50On a interviewé
13:51une autre résistante
13:53communiste,
13:55Madeleine Audru,
13:56qui a raconté,
13:57elle,
13:57ce qui s'est passé.
13:58Elle a dit
13:59qu'elle a essayé
14:00de s'enfuir
14:00et à ce moment-là,
14:02ce sont les commerçants
14:03eux-mêmes
14:03qui l'ont enfermée
14:04et qui l'ont mise
14:05à la disposition
14:06de la police.
14:07Elle conclua en disant
14:08« Les gens n'étaient pas
14:11en notre faveur ».
14:12Donc,
14:13je pense que là,
14:14les résistants
14:15sentent bien
14:16que l'état d'esprit
14:17de la population parisienne
14:18ne joue pas
14:19pour eux.
14:20Le climat de terreur
14:22que fait régner
14:23l'occupant
14:25déteint
14:25sur tous les Parisiens.
14:26Donc,
14:27tout le monde
14:27peut se sentir
14:29en ligne de mire.
14:30Ça peut aller très vite.
14:32Les gens l'ont compris
14:32en 1942.
14:34Dans l'ensemble,
14:35ces Parisiens,
14:36ils souffrent.
14:37Et parmi eux,
14:38il y en a qui sont encore
14:39plus en ligne de mire
14:41des Allemands,
14:42ce sont les Juifs.
14:44À l'été 1942,
14:46en fait,
14:47Paris est devenue
14:48un endroit
14:49où les Juifs
14:50ne sont plus bienvenus
14:51et c'est marqué
14:52dans l'espace.
14:53Il y a les squares
14:54qui sont interdits
14:55aux Juifs et aux chiens
14:57comme c'est marqué
14:58sur les panneaux
14:59à l'entrée.
15:00À partir de 6 ans,
15:01on est obligé
15:03de coudre
15:03sur les vêtements
15:04de façon très visible
15:05une étoile jaune
15:07de la largeur
15:09d'une paume de main.
15:11À l'intérieur
15:12de cette étoile,
15:13il doit y avoir
15:14le mot « Juif »
15:15qui doit apparaître.
15:17Eh bien,
15:17cher monsieur,
15:19cet envahissement
15:19de la France
15:20tient tout entier
15:21dans une phrase
15:22de Ferdinand Céline
15:23« Un termite,
15:24toute la termitière,
15:26une punaise,
15:27tout le bois de lit. »
15:28Si la colonisation juive
15:29se développe
15:30selon cette norme,
15:31on verra dans un siècle
15:32la France
15:33en pleine décroissance.
15:35Pour comprendre
15:36pourquoi des milliers
15:37de Juifs parisiens
15:38ont été marqués
15:39d'une étoile jaune
15:40à partir de 1942,
15:42il faut revenir
15:43dans les années 30.
15:44Juste avant la guerre,
15:45comment sont vus
15:47les Juifs
15:47à Paris ?
15:48Juifs
15:49constituent
15:51aux yeux
15:51de nombreux Français
15:52le paradigme
15:53même de l'étranger.
15:55Renée Poznanski,
15:57historienne,
15:57spécialiste
15:58des Juifs
15:59en France
15:59durant la Seconde Guerre mondiale.
16:00Et donc,
16:02il est extrêmement difficile
16:03de distinguer
16:06l'antisémitisme
16:07et la xénophobie.
16:09L'antisémitisme
16:10s'exprimant
16:11par de nombreux articles
16:14dans les journaux,
16:15des vociférations
16:17à n'en plus finir
16:18par une extrême droite
16:20antisémite
16:22et qui ont fini
16:24par répandre
16:26des données
16:27totalement fantaisistes,
16:29par exemple,
16:30le nombre des Juifs.
16:31Ils étaient environ
16:31300-330 000 en France.
16:33Or,
16:34ils prétendent
16:34qu'ils étaient
16:35600 000,
16:36800 000,
16:36même 1 million de Juifs.
16:38Et donc,
16:39s'est installé en France
16:40une espèce de consensus
16:42sur le fait
16:43que les Juifs
16:44étaient un problème
16:45en France.
16:46Ils dominaient
16:48la politique,
16:49ils dominaient
16:50la culture,
16:51ils s'étaient emparés
16:52de tous les postes économiques,
16:55de tous les métiers.
16:57résultat,
16:57le chômage,
16:58ils en étaient
16:59les responsables
17:00et de plus,
17:01compte tenu
17:02des bruits de guerre
17:03qui étaient en train
17:04de se multiplier,
17:06c'étaient des fauteurs
17:06de guerre.
17:07Donc,
17:08ils avaient fini
17:08par concentrer en eux
17:10tout ce qu'on reprochait
17:12à la société française.
17:14Comment réagit
17:15l'opinion publique ?
17:17Elle réagit
17:18parfois par indifférence,
17:20mais
17:21souvent
17:22avec une certaine
17:23satisfaction
17:24parce qu'il y avait
17:26un certain consensus
17:28sur le fait
17:29que ce problème juif
17:30était un poison
17:32pour la France.
17:33Et donc,
17:34le maréchal Pétain
17:35s'efforçait
17:36d'y apporter
17:37une solution.
17:38Alors,
17:38tout le monde
17:38n'était pas toujours
17:39d'accord
17:39sur les détails
17:42de cette solution,
17:43sur le moment opportun
17:45pour légiférer,
17:46mais au bout du compte,
17:48il y avait
17:48une certaine satisfaction
17:51à le voir
17:52essayer de résoudre
17:53ce qui avait été
17:54considéré
17:55comme un vrai problème
17:56qui se posait
17:57à la France.
18:02L'anniversaire
18:03du maréchal Pétain
18:04permettra
18:05à tous les Français
18:06de rendre
18:07un hommage nouveau
18:07à celui
18:08qui,
18:09au milieu
18:09des circonstances
18:10les plus tragiques,
18:11a accepté
18:12de prendre en main
18:13les destinées du pays.
18:14Durant l'occupation,
18:15avant chaque film,
18:17une partie était dédiée
18:18aux actualités filmées,
18:20un outil de propagande
18:21très pratique
18:22pour le Reich
18:23et le régime
18:24de Vichy
18:24avec plusieurs objectifs,
18:27glorifier
18:28le maréchal Pétain,
18:29rassurer la population
18:31et attiser la haine
18:32contre les ennemis
18:33du régime,
18:35à savoir
18:35les communistes,
18:37les juifs,
18:38les étrangers,
18:39les francs-maçons,
18:40mais aussi
18:41les anglais.
18:42Frappé directement
18:43par les effets
18:44du blocus,
18:44la population française
18:46connaît aujourd'hui
18:46toutes les restrictions.
18:48équitablement,
18:49la carte d'alimentation
18:50répartit entre tous,
18:51pauvres et riches,
18:52nos maigres ressources.
18:54Et les plus atteints
18:54par les cruautés
18:55du blocus,
18:56ce sont les enfants
18:57privés des vitamines
18:58indispensables
18:59à leur croissance régulière.
19:00Dès leur arrivée
19:01à Paris en juin 1940,
19:03les Allemands
19:04s'attaquent aux Juifs
19:05avec l'aide
19:06du régime de Vichy.
19:07Car le maréchal Pétain
19:09et le chancelier
19:09Adolf Hitler
19:11partagent un même ennemi,
19:12le Juif,
19:13qui serait responsable
19:15de tous les malheurs.
19:16La première étape
19:17de cette politique
19:18d'État antisémite,
19:19c'est le recensement
19:20des Juifs parisiens,
19:22décidés par les Allemands,
19:23qui vont être aidés
19:24par l'administration
19:25de Vichy
19:26et notamment
19:27la police parisienne.
19:29La deuxième étape,
19:30c'est l'exclusion
19:31des Juifs parisiens
19:33de certaines professions
19:34dans la fonction publique,
19:35la presse
19:36ou encore la culture.
19:38Une exclusion décidée
19:39par Vichy
19:40qui va adopter
19:41son propre statut
19:42des Juifs,
19:43plus dur encore
19:44que celui de l'Allemagne nazie.
19:46Enfin,
19:47la troisième étape,
19:48c'est la spoliation
19:49de tous leurs biens
19:50par l'occupant
19:51et par le régime
19:52de Vichy.
19:56À partir du printemps
19:581941,
19:59la pression s'accentue
20:00sur les Juifs parisiens.
20:02Le 14 mai,
20:04c'est plus de 3000 hommes,
20:05principalement étrangers,
20:06qui sont arrêtés
20:07par la police
20:08pour être envoyés
20:09dans des camps d'internement
20:10au sud de Paris.
20:12Mais les arrestations
20:13ne s'arrêtent pas là.
20:15Dans les mois qui suivent,
20:16les rafles se multiplient
20:18jusqu'au 16 et 17 juillet 1942.
20:22Alors,
20:23les 16 et 17 juillet,
20:24dès l'aube,
20:25des policiers français
20:27se présentent
20:29au domicile
20:30de milliers
20:31de Juifs parisiens
20:32pour les arrêter.
20:34Les scènes
20:34sont absolument horribles
20:36et ce qui est
20:37le plus frappant,
20:39c'est qu'on a su
20:41très vite
20:41que la majorité
20:43des arrêtés
20:44sont des femmes
20:44et des enfants.
20:45Pour deux raisons.
20:47La première,
20:48c'est que de nombreux hommes
20:49ont déjà été arrêtés
20:50lors des rafles précédentes.
20:52La deuxième raison,
20:54c'est que les bruits
20:55qu'une rafle de ce type
20:57aurait lieu
20:58avaient couru
20:58dans Paris.
20:59Mais personne
21:00n'imaginait
21:01que femmes et enfants
21:03seraient compris
21:04dans le lot.
21:04Et par conséquent,
21:07la veille de la rafle,
21:08de nombreux hommes
21:09sont allés se cacher
21:10et les femmes
21:12et les enfants
21:12sont restés à la maison.
21:13Ils pensaient
21:14qu'ils n'avaient rien
21:16à craindre.
21:16Et donc,
21:17quand les hommes
21:18sont rentrés à la maison,
21:19ils n'ont plus retrouvé
21:19leurs femmes
21:20et leurs enfants.
21:22Rapport du soldat
21:23SS Heinz Röck
21:24Objet
21:25Arrestation des 16 et 17 juillet 1942
21:28Hommes
21:293 118
21:31Femmes
21:325 919
21:33Enfants
21:344 1115
21:39Décision est prise
21:40d'envoyer les célibataires
21:41et les couples
21:41au camp de Drancy
21:43en banlieue parisienne.
21:45Pour les familles,
21:46il est décidé
21:47de les parquer
21:47au Vélodrome d'hiver,
21:49un complexe sportif
21:50à deux pas
21:51de la tour Eiffel.
21:52Il y avait énormément
21:53de bruit,
21:55de bousculade.
21:55Annette Muller
21:57avait 9 ans
21:57en 1942.
21:59Voici un extrait
22:00de son témoignage
22:01des années plus tard
22:03sur France Culture.
22:04On était serrés
22:06les uns contre les autres
22:07et alors là,
22:09on pataugeait
22:10très rapidement
22:11dans les excréments.
22:13Il n'y avait pas d'eau,
22:14il n'y avait pas à manger.
22:16Il y avait
22:16une sorte d'infirmerie,
22:19c'est-à-dire des gens
22:21étalés par terre.
22:22J'ai reconnu des gens
22:23que je connaissais d'ailleurs,
22:25dont un homme
22:25qui était tout nu
22:27alors que je l'avais
22:28toujours vu
22:29dans la rue
22:30à côté de chez nous,
22:32toujours entouré
22:33du respect
22:33de ses enfants.
22:35Ça me frappait beaucoup
22:36et là,
22:37il était tout blanc,
22:38tout nu.
22:39C'était vraiment
22:41des choses
22:42que je n'avais jamais
22:43vues de ma vie.
22:44Il y avait des globes
22:45au-dessus de nos têtes
22:47de lumière
22:48toujours allumée
22:49et j'avais ce sentiment
22:51bizarre
22:51que quand les globes
22:54allaient s'éteindre,
22:55à ce moment-là,
22:55j'aurais droit
22:56à un spectacle.
22:58Qu'est-ce qu'il se passe
22:59ensuite pour les 13 000 Juifs
23:01raflés par la police parisienne ?
23:03Les Juifs
23:04sont convoyés
23:05par des gendarmes français
23:07dans des trains
23:08de la SNCF
23:09jusqu'à la frontière
23:11allemande
23:12et de là,
23:13ils sont transférés
23:15en Pologne
23:16dans les camps
23:17d'extermination.
23:18Ils arrivent
23:19à Auschwitz-Birkenau
23:21et sont immédiatement gazés.
23:23On assiste
23:24à partir de cette époque-là
23:25à trois convois
23:27par semaine
23:27qui partent
23:28dans les camps
23:28d'extermination.
23:30Ce qu'il faut dire
23:31en ce qui concerne
23:31les autorités françaises,
23:33c'est qu'elles ne
23:34voulaient pas
23:35savoir.
23:37Elles préféraient
23:38ne pas
23:39ouvrir leurs oreilles
23:40ou leurs yeux.
23:50Dans les mois
23:51qui suivent,
23:52les Juifs
23:52continuent
23:53d'être arrêtés
23:54à Paris
23:54et ils continuent
23:55d'être déportés
23:56en masse
23:56depuis le camp
23:58de Drancy.
23:59Que fait
23:59la résistance parisienne ?
24:01La résistance
24:02ne s'en est absolument
24:03pas occupée
24:03à aucun moment.
24:05D'ailleurs,
24:05aucun des journaux
24:06de la résistance
24:07n'a parlé
24:08de la déportation
24:09des Juifs.
24:10Seulement,
24:11la BBC de Londres
24:12en a parlé
24:13en expliquant
24:15ce qui arrivait
24:15aux Juifs
24:16une fois qu'ils étaient
24:17déportés
24:18à l'est de l'Europe.
24:20Jean-Louis Crémieux-Briac,
24:21qui était responsable
24:22d'un service
24:23de documentation
24:24à Londres,
24:25préparait
24:26chaque mois
24:27une enveloppe
24:28qui était envoyée
24:30aux fins de propagande
24:31à tous les mouvements
24:32de résistance.
24:33Il y avait
24:33des informations
24:34sur ce qui arrivait
24:35aux Juifs.
24:37Personne n'en a fait état.
24:38Comment expliquer
24:39la position
24:40de la résistance parisienne ?
24:42Pour la résistance
24:43en général,
24:45la priorité
24:46c'est la libération.
24:47Et donc,
24:48ce qui va être important
24:49c'est de mettre
24:49toutes ces forces
24:51en vue
24:52de cette libération.
24:53Pour la grande partie
24:54de la résistance,
24:56la question
24:57de la persécution
24:58est une question
25:00accessoire
25:00si on peut dire
25:01à l'occupation nazie.
25:02C'est-à-dire
25:03qu'avec la fin
25:04de l'occupation nazie,
25:05il n'y aura plus
25:06la persécution.
25:07Et c'est comme ça
25:08que réfléchissent
25:09les résistants.
25:11Tanguy,
25:12lui,
25:12il suit la ligne
25:13du Parti communiste.
25:14Et la ligne
25:15du Parti communiste
25:16est tout entière
25:17tendue
25:17vers les événements
25:19qui vont se produire.
25:20Donc,
25:20rester apparent,
25:22être visible
25:23en faisant des attentats,
25:25en faisant des sabotages,
25:27tout cela
25:27pour vraiment
25:28peser
25:29pour la libération,
25:32peser
25:32pour l'après-libération.
25:33c'est un combat
25:35politique avant tout.
25:36Donc,
25:37on va plutôt
25:38utiliser
25:39d'autres leviers
25:41comme
25:42le levier
25:43du STO.
25:44C'est le service
25:45du travail obligatoire
25:46qui va être mis en place
25:48par le gouvernement
25:49de Vichy
25:49pour répondre
25:50aux demandes
25:51de main-d'œuvre
25:51de l'occupant
25:52à partir
25:54de 1943.
25:55On va utiliser
25:56plutôt
25:57ce STO
25:58parce que le STO,
25:59en fait,
26:00il va toucher
26:00beaucoup de familles.
26:01beaucoup de familles
26:02ont des enfants
26:03qui ont une vingtaine
26:04d'années
26:05et qui vont être requis
26:06pour ce travail
26:07en Allemagne.
26:08Donc,
26:08évidemment,
26:09ça concerne
26:09éminemment
26:10les Français.
26:11Alors que la question
26:12des Juifs,
26:13au mieux,
26:15ça n'est pas
26:16un centre d'intérêt,
26:17au pire,
26:18c'est répulsif.
26:23Reprenons l'itinéraire
26:24de notre héros
26:25Henri Tanguy.
26:26Où est-il
26:27à la fin
26:28de l'année
26:291943 ?
26:30Henri Tanguy
26:31est rentré
26:31de sa mission
26:32dans la grande région
26:33de l'Ouest
26:34et il a repris
26:35des responsabilités
26:36au niveau parisien.
26:38C'est un FTP
26:39maintenant
26:40et il va être
26:41versé à ce titre
26:43au CAD,
26:44c'est-à-dire
26:44au Comité d'action
26:45contre la déportation.
26:47Alors attention,
26:48il faut bien entendre
26:48le mot déportation
26:49comme étant
26:50l'envoi
26:51de jeunes
26:52au service
26:53du travail obligatoire
26:54en Allemagne
26:54et pas au sens
26:56déportation
26:56des Juifs
26:57ou des Résistants.
26:57Et donc,
26:59il va participer
27:00à la mise en œuvre
27:01logistique
27:01de toute l'aide
27:02à ces jeunes
27:04qui ne souhaitent pas
27:05partir en Allemagne,
27:06que l'on doit munir
27:07de faux papiers
27:08et éventuellement
27:09orientés vers
27:10les maquis.
27:11À ce moment-là,
27:12la situation
27:13sur la région parisienne
27:14notamment
27:15a considérablement changé
27:16parce que,
27:18souvenez-vous
27:19que d'abord,
27:19il y a eu
27:20l'attaque
27:21de l'Allemagne
27:22contre l'URSS
27:23en juin 1941.
27:25Donc,
27:26un rapport de force
27:27qui commence à se modifier.
27:28C'est la fin
27:28du pacte germano-soviétique.
27:30Et puis,
27:31l'entrée en guerre
27:32des États-Unis
27:33du côté des alliés,
27:35c'est-à-dire
27:35de la Grande-Bretagne
27:36et de l'URSS
27:38pour le coup.
27:39Puis,
27:39vient le débarquement
27:41sur les côtes
27:41du Maroc
27:42et de l'Algérie
27:43en novembre 1942.
27:45En plus,
27:46au début de 1943,
27:47il y a l'épisode
27:48de Stalingrad,
27:49c'est-à-dire
27:50le moment
27:50où l'armée allemande
27:52essuie un échec
27:54redoutable.
27:55Ce qui fait
27:56que la population
27:57sent bien
27:58que la donne
28:00est en train
28:00de se renverser
28:01et que l'Allemagne
28:02n'est plus toute puissante
28:03comme ce qu'on pouvait
28:04penser en 1941
28:05et surtout
28:06au début de 1942.
28:12L'Allemagne
28:13est en train
28:14de perdre la guerre.
28:15Est-ce que ça se ressent
28:16dans l'atmosphère
28:17à Paris ?
28:18La situation
28:19sur la région parisienne
28:21en pire,
28:22c'est-à-dire
28:22que les Allemands
28:24sont encore plus
28:25sur la défensive
28:26puisqu'ils sont rentrés
28:28dans ce qu'ils appellent
28:29la guerre totale.
28:30Donc,
28:30c'est très pesant
28:31pour les Parisiens,
28:33ça se durcit.
28:34La résistance,
28:35elle s'étoffe.
28:37Il va y avoir
28:37de plus en plus
28:38de gens convaincus
28:39et surtout
28:40cet afflux
28:41de jeunes
28:41dans les maquis
28:42à cause du fameux
28:44service du travail
28:44obligatoire,
28:45le STO,
28:46qu'ils refusent.
28:47Donc,
28:47il y en a quand même
28:48une grande partie
28:49qui vont être orientées
28:50vers les maquis.
28:50Donc,
28:51il va y avoir
28:51des poches
28:52de résistance
28:53qui vont se constituer.
28:54Et puis,
28:55il faut voir
28:56que les Parisiens
28:57subissent
28:58à minima
28:59des alertes.
29:00C'est-à-dire
29:00que les avions
29:01alliés,
29:03au départ
29:03anglais
29:04et puis anglais
29:05et américains,
29:06vont
29:07survoler Paris
29:08pour essayer
29:09d'aller en Allemagne
29:10et puis parfois
29:11attaquer directement
29:12des nœuds ferroviaires
29:13en région parisienne.
29:14Et là,
29:16il y a des morts
29:17et il va y avoir
29:18des destructions
29:18assez importantes
29:20au niveau
29:20de la région parisienne
29:21et parfois
29:22même dans Paris.
29:25Les attaques
29:27dirigées
29:28contre les centres
29:29ferroviaires
29:30en France
29:31et en Belgique
29:32seront intensifiées
29:34au cours des semaines
29:35qui vont suivre.
29:36Dans la nuit du 20
29:37au 21 avril,
29:39les alliés bombardent
29:40le nord de Paris,
29:42des obus
29:42s'abattent
29:43au pied de la basilique
29:44du Sacré-Cœur,
29:45à quoi ressemble
29:46le quartier
29:47de Montmartre
29:48le matin
29:48du 21 avril
29:501944.
29:51C'est la dévastation
29:52et la désolation.
29:54Donc,
29:55on se retrouve
29:56au petit matin
29:57à constater
29:58les dégâts
29:59et à voir
29:59que finalement
30:00le Sacré-Cœur
30:01a réchappé
30:02de justesse
30:03à un bombardement
30:03qui a fait tomber
30:05des immeubles
30:06dans le 18e arrondissement.
30:08Il y a des trous
30:09dans la chaussée,
30:10il y a des failles
30:11qui apparaissent.
30:12Mais finalement,
30:13ce qui est pire
30:14que les dégâts eux-mêmes,
30:15ce sont les bombes
30:17à retardement.
30:17Et ça,
30:18les bombes
30:19à retardement
30:19qui sont larguées
30:20par les avions
30:21sont terribles
30:22parce qu'elles explosent
30:23quand la défense passive
30:25essaye de déblayer
30:27les ruines
30:28et de sauver
30:29ceux qui sont
30:30encore ensevelis.
30:32Quant au bombardement
30:33eux-mêmes,
30:34on sent bien
30:35que la population
30:36est ambivalente.
30:37On déplore les morts,
30:38on déplore la catastrophe,
30:40on est soumis
30:41à la propagande
30:42de Vichy
30:43qui pointe
30:44les désastres,
30:46etc.
30:46Mais en même temps,
30:48on sait
30:49que quelque part,
30:50c'est une étape obligée
30:52dans la route
30:53vers la libération.
30:54Journée historique
30:55pour la France.
30:56Le maréchal a tenu
30:57à venir assister
30:58à la cérémonie religieuse
30:59célébrée à Notre-Dame
31:01à la mémoire
31:02des victimes
31:02des derniers bombardements.
31:04Pendant toute la durée
31:05de l'occupation,
31:06le maréchal Pétain
31:06ne peut pas venir à Paris.
31:08Mais à l'occasion
31:10du bombardement
31:11d'avril 1944,
31:13il y a une exception
31:14qui est faite
31:14et au contraire,
31:16le maréchal Pétain
31:17est plutôt incité
31:18à venir s'adresser
31:19aux Parisiens
31:20pour témoigner
31:21de la solidarité
31:22et dénoncer,
31:24évidemment,
31:24les alliés.
31:25C'est une opération
31:26de propagande.
31:26Donc,
31:27le maréchal Pétain
31:28se dirige
31:29vers l'hôtel de ville
31:31et va prononcer
31:32un discours.
31:32Je ne peux pas
31:34m'adresser
31:34à chacun de vous
31:35en particulier.
31:37C'est impossible.
31:39Vous êtes trop nombreux.
31:40Les caméras
31:41ont filmé
31:41non seulement
31:42le discours
31:43du maréchal Pétain
31:44mais aussi la foule
31:45qui l'acclame.
31:46Si on regarde
31:47ces images,
31:48on s'aperçoit
31:48que la foule
31:49est relativement
31:50clair-semeille
31:50sur son passage.
31:52À l'hôtel de ville,
31:52il y a du monde
31:53mais en fait,
31:55la foule qui est présente
31:56à l'hôtel de ville
31:57a été rameutée
31:59en quelque sorte
32:00par les collaborateurs
32:01pour faire masse
32:02autour du maréchal Pétain.
32:06Derrière les images
32:07de propagande,
32:08en fait,
32:09il ne vient plus rien.
32:10En fait,
32:11c'est la fin
32:11de ce régime
32:12qui est en train
32:13de partir
32:14en déliquescence.
32:16C'est un régime
32:17qui est de plus en plus
32:17répressif,
32:18qui est de plus en plus
32:20servile
32:21à l'égard
32:22de l'occupant allemand
32:23et qui perd
32:24de sa consistance
32:25tous les jours
32:26parce que
32:26le débarquement
32:27des alliés,
32:28ça n'est plus
32:29qu'une question de jour.
32:30Tout le monde sait
32:31que les jeux sont faits
32:32et que tout est terminé déjà.
32:41A suivre dans l'épisode 3
32:43La bataille de Paris
32:45La libération de Paris
32:46est une série réalisée
32:48par Pierre Chafonjon
32:49Production
32:50Thibault Lambert
32:51et Clara Garnier-Amouroux
32:54Merci à Laurence Vaugeois,
32:56Charles de Saint-Sauveur,
32:57Lisa Jo
32:57et Jean-Hugo Hill
32:58pour leur aide.
32:59La libération de Paris
33:01est un hors-série
33:02de code source,
33:03le podcast d'actualité
33:04du Parisien.
Commentaires