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  • il y a 10 heures
La cour d’assises spéciale de Paris a rendu son verdict le 16 décembre dernier. Zoé Lauwereys et Timothée Boutry nous racontent les dernières journées d’audience de ce procès historique.


Code Source est le podcast d’actualité du Parisien disponible chaque soir du lundi au vendredi.


Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Raphaël Pueyo, Nathan Chatelain et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol- Musiques : François Clos, Audio Network - Identité graphique : Upian


Archives : France Inter, France 24, BFM-TV.

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Transcription
00:02Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Suite et fin aujourd'hui de notre série sur le procès des attentats de janvier 2015.
00:17Depuis le 2 septembre, étaient jugés à Paris 14 accusés pour ces attentats qui ont causé la mort de 17
00:23personnes,
00:24notamment au siège du journal Charlie Hebdo et dans un magasin hyper cachère du 12e arrondissement de la capitale.
00:30Dans le deuxième épisode, nous nous étions arrêtés à la stupeur lorsqu'en pleine audience,
00:34on a appris une nouvelle attaque devant les anciens locaux du journal satirique.
00:38CodeSource vous raconte la fin de ce procès hors normes auquel ont assisté Zoé Lovresse et Timothée Boutry,
00:43tous les deux journalistes au service police-justice du Parisien.
00:52Zoé Lovresse, vous avez suivi ce procès pendant les trois mois et demi qu'il a duré
00:56et le 25 septembre, alors que se tient le procès des attentats de Charlie Hebdo et de l'hyper cachère,
01:02vous apprenez, comme tout le monde, qu'une nouvelle attaque a eu lieu devant les anciens locaux du journal satirique.
01:07Un suspect a attaqué plusieurs personnes près de la fresque hommage au dessinateur de Charlie Hebdo,
01:13rue Nicolas Appert.
01:15C'est un homme qui tenait un hachoir, qui a donc attaqué plusieurs personnes.
01:20Il en a blessé deux grièvement.
01:22Est-ce que vous pouvez nous dire quelle est l'ambiance à ce moment-là ?
01:25Il y a une ambiance un peu tendue et puis il y a une suspension d'audience.
01:29Et alors tout le monde s'interroge dans le couloir si le président a suspendu l'audience pour ça.
01:34Et finalement, l'audience reprend un peu comme si de rien n'était.
01:38Donc finalement, non.
01:41Est-ce que vous pouvez nous rappeler qui sont les accusés ?
01:43On a 14 accusés, 11 sont présents dans le box, 3 sont en fuite, dont Hayat Boumediene, la femme d
01:52'Amedi Koulibaly.
01:54Elle était présumée morte, mais elle a été aperçue apparemment cet été dans un camp de réfugiés en Syrie.
02:02Aucun des accusés n'est lié au frère Kouachi, auteur de l'attentat de Charlie Hebdo.
02:06Pour les frères Kouachi, les enquêteurs n'ont trouvé quasiment pas de lien avec les accusés.
02:11S'ils ne connaissaient pas les frères Kouachi, j'imagine qu'ils avaient des relations avec Amedi Koulibaly, l'auteur
02:17des attentats de l'hypercachère.
02:19Comment est-ce qu'ils l'ont connu ?
02:20Une partie l'a rencontré en prison, une autre l'a rencontré à Grigny, là où il a vécu un
02:27certain temps.
02:28Aliris Apollat, par exemple, le principal accusé, l'a rencontré à Grigny, où il vivait.
02:34Et est-ce que les personnes qui sont dans le box connaissaient les projets d'attentat ?
02:37Eh bien, c'est tout l'enjeu de ce procès, c'est de savoir s'ils ont apporté leur concours
02:43en connaissant le projet des terroristes.
02:47Timothée Boutry, vous êtes également journaliste au service police-justice du Parisien.
02:51Comme Zoë Lavrez, vous avez suivi les attentats de janvier 2015.
02:54Parmi les accusés, le seul qui risque la réclusion criminelle à perpétuité, c'est Aliris Apollat.
02:59Qu'est-ce qu'on lui reproche de plus qu'aux autres ?
03:01En fait, on lui reproche la complicité des crimes terroristes commis par Amédi Koulibaly et les frères Kouachi.
03:07C'est le seul accusé présent qui est poursuivi pour ces faits-là.
03:10Il y a un accusé qui était également jugé pour complicité, il s'agit de Mohamed Beloussin,
03:15mais c'est un homme qui est parti en Syrie, il est présumé mort sur place, mais comme on n
03:18'en est pas certain, il était quand même jugé par défaut.
03:21Mais en tout cas, des 11 accusés présents au procès, il y a Aliris Apollat qui ont reproché des faits
03:26aussi graves,
03:27c'est-à-dire une participation active à ces attentats.
03:31Et Aliris Apollat était donc considéré comme complice de cette séquence uneste des 7 au 9 janvier 2015.
03:39Trois jours après la nouvelle attaque rue Nicolas Aper, un élément très important est étudié au procès, ce sont les
03:45échanges téléphoniques.
03:46Est-ce que vous pouvez m'en dire un peu plus ?
03:48Les enquêteurs ont découvert que Koulibaly avait ouvert une dizaine de lignes téléphoniques
03:54et que certaines, la semaine avant les attentats, ne sont réservées qu'à 4 des accusés.
04:00Aliris Apollat, le principal, Amar Hamdani, Mickaël Pastor-Alouatik et Willy Prévost.
04:06Du côté de Saïd et Shérif Kouachi, on l'a dit, tout a été verrouillé,
04:09alors que pour Amédi Koulibaly, sur l'origine des armes, on a des réponses.
04:13On sait qu'elles viennent des pays de l'Est et on sait qu'elles ont transité par l'île.
04:20L'ADN de certains des accusés a été retrouvé sur ces armes.
04:24Ces armes, on sait où il se les est procurées ?
04:26Pour 8 d'entre elles, elles arrivent d'un trafiquant d'armes lillois qui s'appelle Claude Hermand,
04:33qui est assez connu à l'île parce que c'est une figure de l'extrême droite,
04:38mais il est connu pour faire venir des armes et les revendre, démilitariser.
04:41Il dit que jamais il n'en a remilitarisé, mais les enquêteurs sont assez certains que si.
04:46Ce trafiquant, c'est pas n'importe qui. Il est aussi très connu de la police déjà.
04:50Il se trouve que dans les années 2010, il aurait servi d'indicateur aux autorités, à la gendarmerie notamment.
04:57S'il a un lien avec les armes, pourquoi est-ce qu'il n'est pas sur le banc des
04:59accusés ?
05:00Claude Hermand, il n'a pas été mis en examen pour les attentats de janvier 2015,
05:04mais il a été jugé pour un trafic d'armes qui a permis de commettre les attentats de janvier 2015.
05:10C'est la raison pour laquelle il n'est pas dans le box des accusés, aux grandes dames de beaucoup
05:14d'avocats de la Défense.
05:16C'est d'ailleurs une avocate de la Défense, celle d'Ali Rizapolat, qui va demander à ce qu'il
05:21soit cité comme témoin.
05:22Claude Hermand, il dit qu'il a aidé la police et que finalement, grâce à lui, des armes sont sorties
05:27de la rue.
05:28Et de toute façon, il ne reconnaît pas avoir fourni les armes qui ont servi aux attentats de janvier.
05:35Cinq jours plus tard, c'est aux accusés de parler et c'est Willy Prévost qui commence.
05:39Lui, il est accusé d'avoir fourni des gilets tactiques, des couteaux, des gazeuses lacrymogènes et un taser à Amédi
05:45Coulibaly.
05:46Est-ce que vous pouvez me raconter ?
05:47C'est un gars de Grigny, il a connu Coulibaly là-bas, mais il se présente comme le souffre-douleur.
05:54Willy Prévost, il dit « je ne savais pas à quoi allait servir ce matériel, je pensais qu'on partait
05:59sur un braquage de GoFast ».
06:01Il condamne les attentats et de toute façon, il dit qu'il n'a aucun lien avec l'idéologie djihadiste.
06:06Deux jours après, c'est le cas d'Ama Ramdani, un ancien ami de Coulibaly qui est étudié.
06:11Lui, son ADN a été retrouvé sur un billet de banque retrouvé dans l'appartement loué par Coulibaly peu avant
06:18les attentats.
06:19Ramdani, on lui reproche des allers-retours entre Paris et Lille, peu avant les attentats.
06:24On le soupçonne d'avoir convoyé les armes en fait.
06:27Ça signifie qu'ils seraient tous les deux radicalisés ?
06:29Les juges considèrent qu'Ama Ramdani ne pouvait pas ignorer la radicalisation de Coulibaly
06:33parce que ce dernier lui avait montré des vidéos de propagande et que d'ailleurs Ramdani dit « j'ai
06:38eu du mal à les regarder ».
06:39Le 12 octobre, Pasteur Al-Watik prend la parole.
06:42Lui aussi, il a connu Coulibaly en prison, c'est ça ?
06:45Les deux, ils se sont connus dans ce que certains ont appelé la secte de la buanderie.
06:50C'est ces détenus qui travaillent à la buanderie de la prison.
06:54Certains détenus les ont vus en train de réciter des sourates du Coran
06:57et du coup, ils avaient été baptisés la secte de la buanderie.
07:04Michael, Pasteur Al-Watik, il nie avoir connu les intentions de son ami Coulibaly.
07:12Cependant, les juges lui rappellent quand même que Coulibaly la présentait à une femme très radicalisée,
07:18à une salafiste avec qui il s'est marié, qu'il a eu un rappel religieux fait chez lui.
07:25Avec tout ça, les juges ont du mal à imaginer que Pasteur Al-Watik ne pouvait pas voir la radicalisation
07:31de Coulibaly.
07:33Pourtant, sur Pasteur Al-Watik, il y a aussi des éléments qui laissent penser qu'il ne cautionne pas du
07:37tout ses attentats
07:37et notamment la relation qu'il a avec sa sœur et dont elle va venir témoigner.
07:41La sœur de Pasteur Al-Watik vient à la barre et a dit « Mais moi, mon frère, il n
07:45'est pas antisémite, il ne peut pas être radicalisé ni djihadiste
07:48parce qu'en fait, je suis juive, je suis convertie juive et qu'il prépare la fête juive avec moi,
07:53qu'il y participe. »
07:55Elle, elle dit « Je ne peux pas avoir des idées djihadistes. »
08:03Le vendredi 16 octobre, grâce aux lignes téléphoniques, on va essayer de mieux comprendre le rôle d'Ali Rizapolat.
08:10Qu'est-ce qui se dit ce jour-là ?
08:12Ali Rizapolat, il connaît Coulibaly depuis 2007.
08:16Leurs échanges se sont intensifiés à l'approche des attentats.
08:21Et le 7 janvier, le jour de l'attaque contre Charlie Hebdo,
08:25Ali Rizapolat et Coulibaly se retrouvent et ouvrent une nouvelle ligne de téléphone ensemble.
08:31Ce même jour, dans l'après-midi, on apprend qu'un professeur d'histoire-géographie, Samuel Paty,
08:36a été assassiné aux abords de son collège à Conflans-Saint-Honorin dans les Yvelines
08:40pour avoir montré des caricatures de Mahomet en cours.
08:42C'est une information qui tombe à l'instant.
08:45On apprend qu'un homme a été décapité en région parisienne.
08:49On va essayer d'en savoir plus.
08:51L'audience reprend donc le lundi.
08:52Comment les gens réagissent à cette nouvelle ?
08:54À l'extérieur, il y a Richard Malka, l'avocat historique de Charlie Hebdo.
08:59Ils s'en prennent à tous les fondements de la République et à tout le monde.
09:03Ils ont tué des juifs, ils ont tué des musulmans, ils ont tué des chrétiens.
09:07Ils tuent tout le monde.
09:08Ils, ce sont les fanatiques islamistes.
09:10Ils dénoncent ces fanatiques qui tuent tout le monde, les dessinateurs, les non-musulmans, les musulmans et maintenant les professeurs.
09:19Le procès se poursuit, les accusés continuent à se défendre et à clamer leur innocence.
09:24Un témoin très particulier va être entendu quelques jours plus tard.
09:27On le présente comme le mentor des frères Kouachi.
09:30Il s'agit de Peter Shérif, il intervient depuis sa prison de Frennes mais il n'a pas du tout
09:35envie.
09:35Donc il a été forcé par le président de la cour d'assises et il est en visioconférence depuis la
09:42prison.
09:42On lui reproche quoi à lui exactement ?
09:44Il est soupçonné d'être le commanditaire des frères Kouachi.
09:48Il les a connus dans la filière dite des buts de Chaumont à Paris.
09:53Et on soupçonne Shérif Kouachi d'être allé le rencontrer au Yémen, peut-être pour prendre des ordres.
09:58Le lundi 27 octobre, Ali Rizapolat qui est donc le seul accusé qui encoure la réclusion criminelle à perpétuité
10:04est aussi le dernier à être interrogé.
10:07Ça va ressembler à quoi ce moment ?
10:08On attend un peu ce moment parce qu'Ali Rizapolat depuis le début, il est hyper en colère.
10:14Il dit qu'il ne comprend pas ce qu'il fait là, qu'il n'a jamais donné une arme,
10:17jamais donné une balle
10:18et qu'il ne comprend pas pourquoi d'autres ne sont pas dans le box.
10:22Il pense notamment à Claude Hermant, le trafiquant d'armes lillois.
10:25Pour Ali Rizapolat, c'est une injustice.
10:38Quelques jours après qu'Ali Rizapolat s'est exprimée, c'est normalement le début des plaidoiries des avocats.
10:44Mais le Covid vient bouleverser le procès puisque trois accusés sont malades
10:48et l'audience ne reprend finalement que deux semaines plus tard.
10:50Au moment de la reprise, Ali Rizapolat, il n'est toujours pas en forme.
10:54Il souffre des suites du Covid et donc tous les débats se concentrent sur les troubles digestifs de cet accusé.
11:03La Cour veut qu'il soit dans le box.
11:06Sa défense dit qu'il est malade.
11:09Les parties civiles, certains disent qu'il simule.
11:12Mais pour la défense, il est impossible qu'Ali Rizapolat soit dans le box,
11:17pour vomir de temps en temps dans un seau, puis retémoigner, puis être face à la Cour.
11:21Enfin, ce n'est pas possible, ce n'est pas humain selon la défense.
11:24Et donc ces contaminations qui créent tant de problèmes,
11:26elles vont finir par diviser les avocats, y compris les parties civiles.
11:30Le président Régis Dejourna annonce un soir de suspension
11:35qu'il souhaite peut-être s'appuyer sur une ordonnance
11:40que lui a offert le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti,
11:45qui autorise la comparution d'un accusé en visioconférence depuis sa prison.
11:51Et ça, ça divise parce qu'un accusé, face à une cour d'assises, il doit être présent.
11:57Finalement, le Conseil d'État a tranché, a retoqué cette ordonnance du ministère de la Justice.
12:04Le procès était de toute façon suspendu une semaine supplémentaire
12:08et la question a été évacuée.
12:10Donc le procès reprend le 2 décembre, une semaine après,
12:12quand tout le monde est prêt à revenir.
12:14Ce jour-là, Alirizapolat, il est bien dans le box,
12:17il paraît plutôt pâle, mais il est en forme.
12:21Et puis dans l'après-midi, il fait des malaises,
12:26il demande à s'allonger dans le box, ce que refuse le président.
12:31Et finalement, dans les jours suivants, il comparaît normalement.
12:35Les plaidoiries ont alors lieu pour de bon.
12:37Timothée Boutry, vous avez écrit un papier sur celle de Richard Malka,
12:41l'avocat historique du journal Charlie Hebdo.
12:43Pourquoi est-ce qu'elle vous a particulièrement marqué ?
12:46Déjà, c'était la dernière plaidoirie des partis civils.
12:48Et donc, en fait, il a clôturé toute cette séquence
12:51et il a fait une plaidoirie très politique
12:54pour défendre la liberté d'expression, le droit au blasphème
12:58et vraiment la critique des religions, l'esprit Charlie jusqu'au bout.
13:03Il a aussi rendu hommage à ses proches, évidemment,
13:06mais il était en colère, en fait.
13:08Il a dit, voilà, on a abandonné la lutte contre l'islamisme.
13:12Il a attaqué plusieurs personnes à droite, à gauche, des chercheurs.
13:16Et vraiment, il y avait une mélange d'émotions et de rage dans sa plaidoirie
13:20en disant, voilà, Charlie, on l'a abandonné,
13:23on nous a accusé d'être islamophobe, mais c'est pas ça.
13:25La France, c'est le droit au blasphème,
13:27c'est le droit à la critique de toutes les religions,
13:29c'est le pays des Lumières, c'est la raison
13:31et on a le droit de dire merde à Dieu, en fait.
13:34C'était ça, son discours.
13:35Donc c'était fort parce que, voilà, ça clôturait la séquence.
13:39C'était très politique, un peu polémique,
13:41mais c'était dit avec, évidemment, beaucoup de conviction
13:43et énormément d'émotion.
13:48Le 8 décembre, les avocats généraux demandent des peines
13:51allant de 5 ans de prison à la réclusion criminelle à perpétuité,
13:55notamment pour Aliris Apollat.
13:56Qu'est-ce qu'elles représentent, ces demandes de peine-là ?
13:59D'une manière générale, les observateurs en considéraient que ces réquisitions étaient lourdes,
14:04assez sévères, parce qu'en fait, tous les accusés ne se valaient pas,
14:09entre guillemets, et l'implication des uns et des autres n'apparaissait pas aussi intense.
14:15Et finalement, les peines prononcées sont un peu moins lourdes que prévu.
14:1810 des 11 accusés étaient poursuivis pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.
14:25C'est-à-dire qu'il y avait vraiment cette dimension terroriste qui était retenue contre eux.
14:29Or, à l'issue du délibéré, la Cour a décidé de requalifier les faits pour 6 des 11 accusés.
14:35C'est considérable, c'est la moitié.
14:37Ces 6 personnes ont été condamnées pour une association de malfaiteurs classique,
14:42c'est-à-dire un délit de droit commun.
14:44L'étiquette terroriste a été retirée sur toutes ces personnes.
14:48Donc ça, c'est quand même assez important.
14:50Et ça concerne notamment tous les accusés dits de la filière Belgo-Ardennaise,
14:54qui ont traficoté des armes, mais finalement des armes qui n'étaient pas reliées à l'attentat.
15:00Et donc, c'est pour ça qu'on les a condamnées pour ces faits-là,
15:03mais pas pour leur lien avec les attaques de janvier 2015.
15:06Pour le parquet national antiterroriste, qu'on appelle le PNAT,
15:09ça représente quoi que les peines, finalement, soient moins lourdes que ce qui était demandé ?
15:13C'est un désaveu partiel.
15:15Alors, après, pour en reparler avec les magistrats,
15:17on va dire que sur les accusés principaux, que ce soit l'Iris d'Apola ou Nézard Michel-Pastor-Alouatik,
15:24finalement, les peines prononcées sont assez conformes aux réquisitions.
15:28Et donc, pour le parquet national antiterroriste, ma foi, l'essentiel y est.
15:32Mais c'est vrai qu'il y avait une espèce d'obstination, peut-être,
15:37à vouloir que ces accusés de la villière belgo-ardennelle soient considérés comme terroristes.
15:43Et, somme toute, les observateurs en considéraient que le verdict était assez juste,
15:47assez conforme à ce qui s'était passé dans les débats et à l'implication des uns et des autres.
15:51Donc, pour le parquet, ce n'est pas un échec complet, loin de là,
15:55puisque les principaux accusés ont été condamnés à des peines lourdes,
16:0030 ans de prison, 20 ans, ce sont des peines qui sont conséquentes.
16:04Mais c'est vrai que, sans doute, il y a eu une obstination sur tout un point du dossier.
16:19Est-ce que les partis civils, elles, sont satisfaites de ces condamnations ?
16:22Evidemment, les partis civils ne sont pas unanimes, ce n'est pas un bloc en soi.
16:27Mais, d'une manière générale, celles qui étaient les plus présentes
16:31ont été quand même globalement satisfaites.
16:33C'était le procès d'une nébuleuse,
16:36une nébuleuse de personnes plus ou moins proches des terroristes,
16:40ayant fourni plus ou moins d'aide à ces terroristes.
16:44Et ce que dit cette décision, c'est que, sans cette nébuleuse, il n'y a pas d'attentat.
16:49Sans la nébuleuse, il n'y a pas de terrorisme.
16:51Et que toute personne qui participe à cette nébuleuse
16:55peut être sanctionnée très sévèrement.
16:58Tout le monde a considéré que c'était un verdict équilibré.
17:02Et c'est vrai qu'on avait vu des moments assez forts,
17:05de partis civils qui étaient allés voir les acculés,
17:08qui leur avaient parlé.
17:09Et c'est vrai qu'il y a vraiment certaines peines requises
17:11qui n'avaient pas été forcément comprises.
17:13Je pense à celle contre Michel Catineau, le plus âgé, un Belge,
17:17un joueur de poker invétéré, contre qui le parquet avait demandé 15 ans de prison.
17:20Et c'est vrai qu'au moment où cette peine avait été réclamée,
17:23il y avait eu un peu d'héros qui avaient été poussés dans la salle.
17:25Et finalement, Michel Catineau est condamné à 5 ans de prison.
17:28Et je pense que pour beaucoup de partis civils,
17:30cette peine est plus légitime et plus conforme au fait qu'il lui était reproché.
17:34Et les accusés, comment ils ont réagi au moment de l'annonce du verdict ?
17:37Alors, Ali Rizapola a d'ores et déjà annoncé qu'il faisait appel.
17:41Donc, il y aura un nouveau procès.
17:44Nezard Michel, le passeur alouatique, était prostrait.
17:46Vraiment, je pense que c'est celui qui a le plus encaissé.
17:49Il a été condamné à une peine très lourde.
17:51Il avait, lui, expliqué que, certes, il connaissait Koulibaly,
17:54mais qu'il n'avait pas du tout connaissance de ce qu'il allait faire.
17:57Bon, voilà.
17:57Donc, lui, vraiment accusé le coup.
17:59Et c'est vrai que, de l'autre côté du boxe,
18:02chez les accusés de cette filière belgo-ardénaise,
18:05il y avait un soulagement, une satisfaction.
18:08Voilà, maintenant, toute la question est de savoir
18:09s'il va y avoir un appel ou pas,
18:11et si cet appel sera général ou pas.
18:13Donc, on va voir si on refait le match en entier ou pas.
18:15Mais c'est vrai que, pour ces accusés-là et pour leurs avocats,
18:18il y avait une vraie satisfaction,
18:20puisque ça avait été plaidé de manière très, très forte par leurs avocats.
18:23Et là-dessus, ils ont obtenu gain de cause.
18:25Bon, Ali Rizapola, évidemment, n'a pas été satisfait
18:29de verdict, puisque lui, il a passé son temps à dire
18:31de manière assez décousue, bruyante,
18:34qu'il n'était pas au courant,
18:36que, certes, c'était un pote de Coulibaly,
18:38mais qu'il n'a rien à voir dans ce projet terroriste.
18:40Voilà, la Cour ne l'a pas considéré ainsi.
18:42Donc, il a fait appel.
18:43Donc, en fait, il y aura un nouveau procès
18:45des attentats de janvier 2015.
18:55Merci à Zoé Lovresse et Timothée Boutry.
18:58Cet épisode a été produit par Thibaut Lambert,
19:01Nathan Châtelain et Raphaël Pueillot
19:02et réalisé par Julien Moncouquiole.
19:05Vous pouvez retrouver les deux premiers épisodes
19:07consacrés à ce procès hors normes sur notre site Internet
19:09et sur toutes les applications de podcast.
19:12CodeSource est le podcast d'actualité du Parisien
19:14et il est disponible chaque soir, du lundi au vendredi.
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