00:00À minuit, toutes les cloches de Paris se sont mises à sonner.
00:05Il n'y avait plus de cloches depuis le début de la guerre.
00:11Et je me souviens, mes parents et moi, nous avons pleuré.
00:14On était au balcon là et on pleurait.
00:16On a vu les premiers chars Leclerc, avec leur conducteur, épuisés, épanouis.
00:24On s'est embrassés.
00:26C'était l'impression sublime que nous étions libérés.
00:31Voilà De Gaulle qui arrive, le voilà, il arrive, il arrive.
00:35Et puis au moment où il arrive, il arrive, paf, des coups de feu partout.
00:40J'ai vu ça, mais il y avait la foule, la foule.
00:43Presque autant que pour la victoire de la France en 98.
00:47Je n'ai jamais autant embrassé la libération de Paris.
00:56Je n'avais jamais connu un enthousiasme, une joie pareille.
01:04Samedi 19, c'est le début de l'insurrection.
01:08Samedi 26, le général De Gaulle.
01:11Donc on est passé de l'occupation allemande à la libération.
01:15Voilà, ça c'est la semaine fabuleuse.
01:18Nous sentions tous unis, nous sentions tous frères.
01:22Nous sentions, nous avions peut-être des illusions,
01:27mais on pensait qu'on allait vers un avenir meilleur.
01:31Et ces moments de grande poésie sont rarissimes dans une vie.
01:40Et c'est pour ça qu'il reste, de façon indélébile, dans ma mémoire.
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