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Dans le Paris occupé de la Seconde guerre mondiale, les autorités découvrent que l’hôtel particulier d’un médecin a été le théâtre d’une série de meurtres effroyables.
Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Raphaël Pueyo et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network

Archives : INA

#crime #truecrime #docteurpetiot

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Transcription
00:01Vous écoutez Crime Story, le docteur Petiot, deuxième et dernier épisode.
00:09Le samedi 11 mars 1944, alors que Paris est sous l'occupation allemande depuis 4 ans,
00:15des habitants du 16e arrondissement contactent la police pour se plaindre d'une odeur nauséabonde.
00:20Dans la cave de l'hôtel particulier où il se déploie, au 21 rue Le Sueur,
00:25les enquêteurs tombent sur un véritable charnier.
00:27Des os, des corps démembrés, partiellement calcinés, il y en a au moins 27.
00:33Dans cette maison, les policiers découvrent aussi une chambre à gaz artisanale
00:37et une immense chaudière destinée à brûler les corps.
00:40Dans une pièce, ils trouvent des valises, des bijoux, plus de 650 kg d'effets personnels
00:46ayant appartenu aux victimes du docteur Petiot.
00:51En août 1944, Paris est libéré.
00:55L'épuration commence.
00:57Les personnes ayant collaboré avec l'occupant nazi deviennent des cibles.
01:01C'est le cas de Georges Massu.
01:03Déchu, l'inspecteur chargé de l'enquête sur le docteur Petiot
01:07est arrêté pour collaboration et emprisonné à Frennes pendant 8 mois,
01:10avant d'être finalement libéré.
01:13Entre-temps, l'inspecteur Henri Soutif l'a remplacé.
01:17Distingué pour son action dans la résistance,
01:19il a donc hérité de la traque de Marcel Petiot.
01:22Et il décide de mettre un coup d'accélérateur à l'enquête,
01:25entendant un piège au médecin tueur.
01:28Au mois de septembre, avec ses collaborateurs,
01:31l'inspecteur Henri Soutif publie dans le journal Résistance,
01:34sous le nom d'emprunt Simonin,
01:36un article intitulé « Petiot, soldat du Reich ».
01:39Il espère que le médecin, piqué au vif,
01:42va utiliser son droit de réponse.
01:44Ce qu'il fait.
01:46Marcel Petiot envoie alors une lettre au journal
01:48pour se défendre d'être un collaborateur.
01:51Et pour preuve, il dit être un officier des forces françaises de l'intérieur.
01:56Ce groupe, constitué en février 1944,
02:00réunit les membres des principaux groupements militaires de la Résistance.
02:03Si le docteur Petiot en fait partie,
02:06c'est qu'il est un noble allié de la France
02:07qui poursuit les collaborateurs,
02:09et pas un ennemi qui aurait capitulé avec les Allemands.
02:13Henri Soutif récupère la lettre manuscrite de Petiot
02:16et l'envoie à toutes les casernes des forces françaises de l'intérieur.
02:19Il demande aux responsables de vérifier
02:22si l'écriture correspond à celle d'un de leurs officiers.
02:25C'est la caserne de Saint-Mendé, près de Paris, qui fait le lien.
02:29Cette écriture est exactement la même
02:32que celle du capitaine Valéry.
02:35Le mardi 31 octobre 1944,
02:37l'inspecteur Henri Soutif aperçoit le capitaine Valéry
02:40à la station de métro Saint-Mendé-Tourelle.
02:43Il lui saute dessus.
02:45Dans sa poche,
02:46on retrouve un pistolet 9 mm
02:48et plusieurs cartes d'identité.
02:50Après 7 mois et demi d'enquête,
02:52la police tient enfin
02:53le docteur Marcel Petiot.
03:02Damien, les policiers réalisent qu'en fait,
03:04dans ce dossier,
03:05ils ont déjà eu affaire à Marcel Petiot.
03:08En fait, ils vont s'apercevoir que l'homme
03:10qui est venu le jour de l'incendie,
03:11le jour de la découverte du charnier,
03:13qui s'était présenté comme le frère du docteur Petiot,
03:16était en réalité le docteur Petiot lui-même,
03:18qui était en quelque sorte venu un petit peu fouiner
03:20aux nouvelles de ce qui se passait
03:21dans son cabinet et dans son charnier.
03:24Et effectivement,
03:25il aurait pu être arrêté tout de suite,
03:26quelques minutes après la découverte des corps.
03:28Qu'est-ce qu'on sait du parcours de cet homme ?
03:30On sait qu'il est né le 17 janvier 1897 à Auxerre,
03:34donc il a 47 ans au moment de son arrestation.
03:37Alors dans sa ville natale,
03:38il est surtout connu depuis l'enfance
03:40pour massacrer des chats.
03:42C'est un petit garçon qui est assez cruel envers les animaux
03:44et ça, ça se sait.
03:46Ensuite, il va être mobilisé
03:48pendant la Première Guerre mondiale,
03:49donc assez jeune,
03:50et il va être blessé en 1918.
03:53Et là, il va être réformé après cette blessure
03:56parce que les médecins lui ont diagnostiqué
03:58des troubles psychiatriques.
04:00Ça ne l'empêche pas de devenir médecin lui-même.
04:03Il obtient son diplôme avec la mention
04:05« Très bien » en 1921
04:07et il s'installe comme généraliste.
04:09Oui, alors la date peut surprendre
04:10parce qu'il est démobilisé en 1918-19
04:14et il est déjà médecin en 1921.
04:16Mais en fait, c'est justement lié
04:18au fait qu'il ait été blessé pendant la guerre.
04:20Il y avait une sorte de régime de faveur
04:21donc il a fait des études de médecine un peu express
04:23mais qui sont officielles.
04:25Donc il va s'installer dans Lyon,
04:27à Villeneuve-sur-Yonne
04:27et il va recevoir des patients
04:29qui le décrivent au départ
04:31comme un très bon docteur
04:32qui soignent même gratuitement
04:34les personnes qui n'ont pas d'argent.
04:36Ça va devenir même une personnalité
04:38tellement appréciée dans le coin
04:39qu'il va être d'abord élu conseiller municipal
04:41dès 1925,
04:43puis maire de Villeneuve-sur-Yonne en 1926.
04:46Il va se marier un an plus tard
04:48et il aura un enfant dans la foulée.
04:50C'est en apparence donc quelqu'un
04:51qui mène une vie à la fois assez banale
04:54de médecin de campagne,
04:55de médecin de province
04:56mais c'est aussi un notable.
04:58Sauf qu'au bout d'un moment,
04:59il commence à se faire remarquer
05:01pour une autre facette de sa personnalité.
05:03La facette très sombre du docteur Petiot
05:06parce que certes,
05:08il aide ceux qui n'ont pas les moyens,
05:09il fait des consultations gratuites
05:11mais par ailleurs,
05:12il vole aussi un certain nombre
05:14de ses patients,
05:15ceux qui sont d'ailleurs les plus aisés.
05:17Il a cette tendance à la kleptomanie
05:19et ce bruit va commencer à circuler
05:22dans la ville
05:22que le médecin, le docteur Petiot
05:24est aussi un voleur.
05:25Donc forcément, sa réputation,
05:26elle va en prendre un coup.
05:27Il va d'ailleurs être condamné
05:29pour plusieurs délits
05:30mais à chaque fois,
05:31il va échapper à la prison ferme.
05:33En revanche, il finit par être révoqué
05:35par le conseil municipal de Villeneuve-sur-Yonne.
05:38Oui, parce que c'est difficile
05:39d'être maire d'une ville
05:39et en même temps d'être condamné pour vol.
05:41Donc là, il est un peu au pied du mur.
05:43Son statut social,
05:44il est un peu fichu,
05:46il n'est pas rattrapable.
05:46Alors, il va quitter Villeneuve-sur-Yonne.
05:48Il va partir à Paris en 1933
05:50et il va commencer une nouvelle vie
05:52en quelque sorte
05:53en ouvrant un cabinet médical
05:54au 66 rue Comartin
05:56dans le 9e arrondissement.
05:57Mais trois ans plus tard,
05:59en 1936,
06:00il va de nouveau être arrêté par la police
06:03pour un vol à l'étalage
06:05dans la librairie Gibert
06:06qui est au cœur du quartier latin,
06:07boulevard Saint-Michel.
06:09Il est déclaré irresponsable pénalement
06:11et il est interné
06:13à la maison de santé d'Ivry
06:14pendant sept mois.
06:16Étonnamment,
06:16quand il sort de cette maison de santé,
06:19il reprend ses consultations.
06:20Oui, au même titre
06:21qu'il a fait ses études de médecine
06:22alors qu'il avait déjà eu
06:24des troupes psychiatriques
06:24après la guerre.
06:25Là, pareil,
06:26il sort de l'asile
06:26et il va continuer,
06:28il va reprendre sa patientèle,
06:29il va continuer à soigner des gens
06:31comme si de rien n'était.
06:32Et en 1941,
06:34il achète
06:34le fameux hôtel particulier
06:36de la rue Le Sueur
06:37et il va se créer
06:38une nouvelle identité,
06:40celle du docteur Eugène
06:41et c'est là
06:41qu'il va commencer
06:42sa macabre entreprise.
06:47Entre les mains de la police,
06:49le docteur Petiot
06:49continue à assumer
06:50les 27 assassinats
06:51dont on l'accuse
06:52et tente de les transformer
06:54en actes de bravoure
06:55menés contre l'ennemi
06:56de la France.
06:57Il va même plus loin que ça
06:58et il en revendique 63.
07:02Mais pour étoffer
07:03le dossier d'instruction,
07:04la police a une idée.
07:05Elle organise
07:06ce qu'elle appelle
07:07une exposition Petiot.
07:09Au commissariat,
07:10n'importe qui
07:11est invité à venir
07:12jeter un oeil
07:13aux affaires retrouvées
07:14chez le docteur
07:14afin de voir
07:15si certains en reconnaissent.
07:18À partir de l'ouverture,
07:19le vendredi 10 novembre 1944,
07:22des centaines de personnes
07:23se pressent
07:24pour venir contempler
07:25ces objets.
07:26Et ça fonctionne.
07:27Une femme est formelle,
07:29elle reconnaît
07:30les affaires de son mari.
07:32Un certain Joachim Guchinov.
07:34Ce juif,
07:35d'origine polonaise,
07:36était fourreur
07:37Ruko Martin,
07:38juste à côté de là
07:39où vivait le docteur Petiot.
07:41Et il n'a plus donné
07:42de nouvelles
07:42à partir du vendredi
07:442 janvier 1942.
07:46L'identification
07:47de cette victime
07:48met à mal
07:49les explications du docteur.
07:51La femme raconte
07:52qu'à la fin
07:52de l'année 1941,
07:54Joachim Guchinov
07:55va trouver
07:55le docteur Petiot.
07:57En échange
07:58de 25 000 francs,
07:59celui-ci promet
08:00de lui faire quitter
08:00la France.
08:01Il lui donne rendez-vous
08:03le vendredi 2 rue Le Sueur
08:05et lui précise
08:06de ne prendre avec lui
08:07que des choses
08:08peu encombrantes
08:08mais avec la plus grande
08:10valeur possible.
08:11Sa femme doit le rejoindre
08:12quelques mois plus tard
08:13en Argentine.
08:14Elle n'a plus jamais
08:15de nouvelles.
08:17En attendant son procès,
08:19Marcel Petiot
08:20est incarcéré
08:20à la prison de la santé
08:21dans le 14e arrondissement
08:22de Paris
08:23où il partage son temps
08:24entre la lecture
08:25et la confection
08:26de broderies.
08:28Pendant un temps,
08:29les enquêteurs
08:29s'interrogent
08:30sur les potentiels
08:31complices du docteur.
08:32Sa femme et son frère
08:33notamment sont inquiétés
08:35car des objets
08:36ayant appartenu
08:37aux victimes
08:37sont retrouvés
08:38chez eux.
08:39Mais l'enquête
08:40n'aboutit pas
08:41et le juge
08:42rend finalement
08:42un non-lieu.
08:43C'est donc seul
08:44que Marcel Petiot
08:45compare
08:46à partir du lundi
08:4718 mars 1946.
08:48Pour donner à l'affaire
08:50son vrai jour,
08:51la cour s'est déplacée
08:52rue Le Smeur
08:52jusqu'à la maison du crime
08:54qui, pour la première fois
08:55depuis deux ans,
08:55a ouvert ses portes.
08:57Petiot,
08:58menottes aux mains,
08:59y refait le chemin
09:00que firent Naguère
09:01ses victimes
09:02lorsque,
09:02cherchant une sortie
09:03hors de France,
09:04elles ne trouvèrent
09:05que l'entrée
09:05d'une tombe.
09:10Il faut croire
09:11que le crime
09:11garde une fascination.
09:13Dans le monde entier,
09:15le docteur Petiot
09:15fait aujourd'hui
09:16autant de bruit
09:16que Naguère
09:17le fameux Landru
09:18et qu'était Landru
09:19à côté de Petiot
09:20qui, selon l'accusation,
09:21compte 27 victimes
09:23et selon sa propre
09:24comptabilité,
09:2463.
09:26Ce jour-là,
09:27il se présente
09:28devant la cour d'assises
09:28de la Seine
09:29en costume sombre
09:30et noeux papillon.
09:31Il a des cheveux noirs
09:32et épais
09:33qui tombent sur sa nuque,
09:34la peau très blanche,
09:35un nez pointu
09:36et de grands yeux agacés
09:38qu'il pose tour à tour
09:39sur le juge,
09:40les curieux,
09:41les journalistes.
09:42Les 72 valises
09:44récupérées dans l'hôtel
09:45particulier de Marcel Petiot
09:46sont numérotées
09:47et empilées
09:48dans la salle d'audience.
09:50Elles forment un mur
09:51de plus de 2 mètres de haut
09:52et 3 mètres de long.
09:54Le docteur,
09:55plein de gouailles,
09:56ne se défile pas.
09:57Il amuse la galerie,
09:59pratique l'humour noir,
10:00se montre coléreux
10:01et familier.
10:02Il explique tout sourire,
10:04comment il tuait,
10:05découpé
10:05et calcinait
10:06ses visiteurs du soir.
10:08Mais il soutient
10:08que c'est lui la victime.
10:10Tout au long du procès,
10:12pendant deux semaines et demie,
10:13il persiste et signe,
10:14ses proies travaillaient
10:16pour la Gestapo.
10:17Des Allemands,
10:18des Juifs indicateurs
10:19et des prostituées
10:20soumises à l'occupant.
10:22Il était à la tête
10:23d'un réseau
10:24appelé Flytox,
10:25mais il refuse
10:26de livrer les noms
10:27de ses camarades.
10:28Car ils ne sont pas coupables,
10:30dit-il,
10:30pas plus que moi d'ailleurs.
10:32Certains m'ont proposé
10:33de venir témoigner ici
10:34en ma faveur,
10:35je n'ai pas voulu.
10:36Car à ces hommes
10:37qui mériteraient
10:37la croix de la libération
10:38pour avoir supprimé
10:39des boches,
10:40vous mettriez les menottes.
10:42Il explique comment
10:43il détectait
10:44les mouchards
10:45de la Gestapo,
10:46comment il les passait
10:47à la casserole.
10:48Quand il n'a plus la parole,
10:50qu'il s'ennuie,
10:51Marcel Petiot
10:52s'accoude à la rambarde
10:53du banc des prévenus
10:53et fait une petite sieste,
10:55la tête soutenue
10:56par sa main.
10:57La question
10:58de sa potentielle démence
10:59est mise sur la table.
11:00Mais les différents experts
11:02réfutent cette hypothèse.
11:04Ils décrivent
11:04le macabre docteur
11:06comme entièrement responsable.
11:07Un simulateur
11:09remarquablement intelligent,
11:10un pervers
11:11qui a le goût du mal,
11:13un être amoral.
11:14Aux assises,
11:15devant le décor
11:16des 72 valises
11:17volées aux morts,
11:18l'avocat général,
11:19monsieur Dupin,
11:20l'accusé
11:21et son défenseur,
11:22maître Floriot,
11:23se disputent la tête
11:24de celui
11:24qui tour à tour
11:25violent,
11:26ironique,
11:26amer,
11:27plaisant
11:28ou méprisant,
11:29joue avec fureur
11:30son rôle
11:31de vedette du crime.
11:32Damien,
11:33ce procès
11:34est considéré
11:35comme l'un des plus grands
11:36procès
11:36de l'histoire criminelle française.
11:38Oui,
11:38alors déjà,
11:39il survient
11:39juste après la guerre.
11:40On sort d'une période
11:41de conflit,
11:42d'occupation,
11:43donc c'est un peu
11:43le premier spectacle
11:45judiciaire
11:45d'après-guerre.
11:46Et puis,
11:47le fait divers
11:47est quand même
11:48complètement hors norme
11:49à bien des égards.
11:50Le nombre de victimes
11:52officielles,
11:53le nombre de victimes
11:53revendiquées,
11:54la personnalité
11:55de l'accusé.
11:56Il y a des familles
11:57de victimes
11:57qui vont se défiler
11:59pour venir témoigner.
12:00Et puis,
12:01Marcel Petiot,
12:02il est défendu
12:03par le ténor
12:04du barreau de l'époque,
12:05ses maîtres
12:06René Floriot.
12:08Alors,
12:08René Floriot,
12:09il est connu jusqu'alors
12:09pour avoir beaucoup défendu
12:11de collaborateurs
12:12et de criminels de guerre.
12:13Mais ça reste
12:14un personnage
12:14très charismatique
12:16et qui va d'ailleurs
12:17se lancer
12:18dans une plaidoirie fleuve
12:19qui va durer
12:19plus de six heures.
12:20Il y a une intervention
12:22en particulier
12:23de l'avocat René Floriot
12:24qui va marquer les esprits.
12:25Oui,
12:26alors une intervention
12:26à double tranchant.
12:27C'est assez fréquent
12:28chez les avocats,
12:29notamment de la Défense,
12:30de jouer des coups de poker.
12:32Et là,
12:32il va tenter un coup de poker
12:33pour semer le doute
12:34dans l'esprit des jurés.
12:36Il va,
12:36à un moment donné,
12:37se tourner vers la porte
12:38d'entrée
12:38de la salle de cour d'assises
12:40et il va dire
12:41si les victimes
12:42rentraient par cette porte
12:43à ce moment-là.
12:44Il va créer
12:44une sorte de suspense.
12:46Et à ce moment-là,
12:47toute la salle,
12:48toute publique
12:48va se retourner
12:49vers cette porte
12:50alors qu'on sait très bien
12:51que personne ne va rentrer.
12:52Mais en fait,
12:52la seule personne
12:53qui ne va pas se retourner,
12:55c'est Petiot dans son box
12:56parce que Petiot,
12:56lui,
12:56il ne peut pas imaginer
12:57évidemment que les victimes
12:58vont revenir
12:59par la porte d'entrée
12:59de la salle.
13:00Donc cette espèce
13:01de coup de poker,
13:02de stratégie de Florio,
13:04elle va complètement échouer
13:05parce que là,
13:06on comprend que Petiot
13:07est totalement coupable.
13:08Le jeudi 4 avril 1946,
13:11c'est le jour du verdict.
13:12Comme le veut la procédure,
13:14après la plaidoirie de l'avocat,
13:15c'est toujours à l'accusé
13:16de prendre la parole
13:17pour avoir un dernier mot
13:18pour sa défense.
13:19Donc on va lui demander
13:20de s'exprimer
13:21et lui,
13:21il va répondre
13:23la cour va se retirer
13:24pour délibérer
13:25et après à peine deux heures,
13:27elle revient donner son verdict.
13:28Vers 23h50,
13:30elle déclare
13:31Marcel Petiot
13:31coupable
13:32de 24 assassinats.
13:34Il y en a trois
13:35sur les 27
13:35pour lesquels
13:36il a été poursuivi,
13:37sur lesquels
13:37on n'a pas assez d'éléments
13:38et c'est la peine capitale
13:40pour Marcel Petiot,
13:41c'est la peine de mort.
13:42Marcel Petiot,
13:43il est condamné,
13:44vous venez de le dire,
13:45pour 24 assassinats.
13:46Lui,
13:47il en revendique 63.
13:48Qu'est-ce qu'on sait
13:49de ces autres crimes ?
13:51En réalité,
13:52pas grand-chose
13:52puisqu'on n'a jamais
13:53retrouvé les corps,
13:54donc c'est impossible
13:54d'avoir une comptabilité
13:56exacte et parfaite.
13:58On a par exemple
13:59retrouvé un pyjama d'enfant
14:01dans sa maison,
14:01il n'y avait pas d'enfant
14:02dans la liste officielle
14:03des victimes,
14:04mais ce pyjama d'enfant,
14:05ça a beaucoup marqué
14:06quand même
14:07et ça a mis à mal
14:08sa défense,
14:09son axe de défense
14:10sur le fait
14:11qu'il ne tuait que
14:11des collaborateurs
14:12ou des ennemis de la France.
14:14Donc forcément,
14:14ce chiffre de 24
14:16pour lesquels
14:17il sera définitivement condamné
14:18est forcément
14:19un chiffre sous-estimé,
14:20mais à ce moment-là,
14:22on n'a pas plus
14:23pour le condamner
14:24et ça suffit quelque part
14:25pour le condamner à mort.
14:26Quand il va être d'ailleurs
14:28condamné à cette peine capitale,
14:30juste avant de quitter la salle,
14:32il va simplement
14:32crier à sa femme
14:33qui est dans le public,
14:34il lui dira
14:35il faudra me venger.
14:36Pendant le procès,
14:37on a appris
14:38certains détails glaçants
14:40sur les crimes
14:41du docteur Petiot.
14:41Alors sur le mode opératoire
14:43utilisé par le docteur Petiot,
14:45on sait maintenant
14:45que ça se passait
14:47selon un scénario
14:47à peu près identique
14:49à chaque fois.
14:49Les victimes arrivaient,
14:51il leur expliquait
14:52cette histoire de vaccination
14:53qu'il fallait qu'il les pique
14:54avant de les envoyer
14:55en Argentine.
14:57Alors qu'est-ce qu'il mettait
14:57dans ce vaccin ?
14:59On n'en sait trop rien,
15:00mais en tout cas après,
15:01il conduisait ses victimes
15:02dans une pièce triangulaire,
15:05capitonnée,
15:06qui était d'ailleurs munie
15:07d'un Judas
15:07qui lui permettait
15:08de regarder
15:08ce qui se passait
15:09à l'intérieur de cette pièce.
15:10Et on pense,
15:11on a des éléments
15:12pour penser
15:12que cette pièce
15:13était en fait
15:14une chambre à gaz
15:15dans laquelle
15:16il achevait ses victimes.
15:18C'était un peu
15:18l'antichambre de la mort.
15:19Et ce Judas,
15:20il servait sans doute
15:22pour lui
15:22à assister quelque part
15:25à l'agonie de ses victimes
15:26et puis à vérifier
15:26qu'elles étaient vraiment mortes.
15:28Le mobile de ces crimes,
15:29il était financier,
15:31le docteur Petiot
15:31prenait de l'argent
15:33à ses victimes.
15:34Est-ce qu'on a retrouvé
15:35cet argent ?
15:35Alors l'hôtel particulier
15:37à l'époque,
15:37il a été fouillé.
15:39On a creusé partout
15:40à la recherche
15:41de ce butin
15:41qui est quand même estimé
15:42à 200 millions de francs
15:44de l'époque,
15:44ce qui n'est pas rien.
15:46Mais bon,
15:47après l'immeuble
15:47il a été rasé.
15:49Il y a un immeuble
15:49de 6 étages
15:50qui a été construit
15:51à la place,
15:51un immeuble moderne
15:52avec un ascenseur,
15:54un parking souterrain.
15:55Mais en tout cas,
15:55ce qui est sûr,
15:56c'est que les fouilles
15:56n'ont jamais permis
15:57de retrouver
15:58un centime
15:59du butin de Petiot.
16:00Et alors en revanche,
16:01ce butin,
16:01certains pensent
16:02que le docteur Petiot
16:03a laissé des indications
16:05sur l'endroit
16:05où il pourrait se trouver.
16:06Oui,
16:07alors c'est un peu alambiqué
16:07mais pendant qu'il est en prison
16:09entre le moment
16:10où il est condamné à mort
16:11et le moment
16:11où il va être exécuté,
16:13assez étrangement,
16:14le docteur Petiot
16:15va écrire un livre
16:16qui s'appelle
16:16Le hasard vaincu
16:18qui est un livre
16:19qui est destiné
16:19à ceux qui jouent
16:20aux courses,
16:21aux cartes,
16:22à la loterie
16:23et qui prétend
16:24qu'en lisant ce livre
16:26ils vont gagner
16:27à tous les coups.
16:27C'est une sorte
16:28de martingale.
16:29Mais certains
16:30ont pensé
16:31qu'en réalité,
16:32comme il était quand même
16:32très tordu,
16:33Petiot,
16:34que ce livre
16:35était une sorte
16:36de guide
16:37dans lequel
16:38il donnait
16:38des pistes
16:39peut-être
16:40pour retrouver
16:40des endroits
16:41où il avait caché
16:42le trésor.
16:43Mais enfin,
16:43jusqu'ici c'est une légende totale
16:45puisque personne
16:45n'a jamais rien retrouvé
16:46et le livre
16:47n'a pas non plus été vendu
16:48à des millions d'exemplaires.
16:52Le samedi 25 mai 1946,
16:55juste avant
16:55que le jour se lève,
16:56on vient chercher
16:57le docteur Petiot
16:58dans sa cellule,
16:59la numéro 7
17:00du quartier 7
17:01de la prison de la santé
17:02où il est placé
17:04sous haute surveillance
17:05pour éviter
17:05qu'il ne se suicide.
17:07À 5h05,
17:09il monte à la guillotine.
17:11Autorisé
17:11à s'exprimer
17:12une dernière fois,
17:13il déclare
17:14« Je suis un voyageur
17:16qui emporte ses bagages. »
17:18Puis,
17:18ça ne va pas être beau à voir.
17:23À 5h07,
17:25Marcel Petiot
17:25devient le premier
17:26condamné de droit commun
17:27guillotiné
17:28après la libération.
17:47Vous venez d'écouter
17:48Crime Story,
17:49le podcast fait divers
17:50du Parisien,
17:51avec à la production
17:52Emma Jacob
17:53et Thibaut Lambert,
17:54à la réalisation
17:56Julien Moncouquiole
17:57et à la rédaction en chef
17:58Jules Lavi.
17:59Si vous avez aimé
18:01cet épisode,
18:01vous pouvez nous le dire
18:02avec des petites étoiles
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18:04des commentaires.
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18:10qui nous ont permis
18:10d'écrire cet épisode.
18:12Crime Story
18:13est un podcast raconté
18:14avec Damien Delceny
18:16et à retrouver
18:16chaque samedi
18:17sur leparisien.fr
18:19et sur toutes les plateformes
18:20d'écoute.
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