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Cet été, Code source vous propose une série en quatre épisodes pour raconter l’occupation et la libération de Paris. Quatrième et dernier épisode, les Parisiens fêtent la libération de la capitale alors que la guerre et ses exactions continuent. Cet épisode est raconté par trois historiens, Sylvie Zaidman, historienne et directrice du musée de la libération de Paris, du général Leclerc et de Jean Moulin, Denis Peschanski, historien spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et Renée Poznanski, historienne spécialiste des Juifs en France durant la Seconde Guerre mondiale, au micro de Raphaël Pueyo.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Conception, écriture et voix : Raphaël Pueyo - Production : Thibault Lambert, Clara Garnier Amouroux et Barbara Gouy - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : Audio Network - Identité graphique : Eric Azara

Archives : INA.

#liberation #resistance #paris

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien,
00:04CodeSource exceptionnel, 80 ans après la libération de Paris,
00:08racontée en 4 épisodes, une série écrite et présentée par Raphaël Pueillot.
00:14Je vais demander aux Parisiens de vous parler eux-mêmes, et vous dire ce qu'ils en pensent.
00:18Je m'appelle Raphaël Pueillot, et vous écoutez La Libération de Paris, un podcast du Parisien.
00:24La capitale se livrait à une joie dépassant le cadre des émotions humaines.
00:29La Libération pour moi, c'est des larmes et c'est du sang.
00:35Quatrième et dernier épisode, le jour d'après.
00:39Chers auditeurs, c'est enfin Paris qui vous parle.
00:44Le 26 août 1944, le résistant et poète Paul Éluard célèbre Paris et la liberté retrouvée
00:52après 4 longues années d'occupation.
00:54La France délivrée sera redevenue ce qu'elle n'a jamais cessé d'être pour ceux qui lui gardaient intact
01:04leur amour.
01:07Paris est libéré, mais Paris continue de souffrir.
01:11Les Parisiens comptent leur mort,
01:12et dans les rues, des tireurs non identifiés sèment la panique depuis les toits.
01:17Ce 26 août 1944, après avoir descendu les Champs-Élysées en héros,
01:23que fait le général de Gaulle ?
01:25De Gaulle, dans un premier temps, il va continuer son chemin.
01:28Il va s'arrêter à l'hôtel de ville et il va finir à Notre-Dame.
01:31L'historienne Sylvie Zaidman, directrice du musée de la Libération de Paris,
01:36du général Leclerc et de Jean Moulin.
01:38Il est venu jusqu'à Notre-Dame pour écouter une messe d'action de gloire pour cette libération de Paris.
01:45Et là, dans la cathédrale, il est le seul à rester debout au milieu des tirs.
01:51Alors que tout le monde s'est couché et sous les bancs, lui il continue, il est droit.
01:56Le général de Gaulle fait son entrée, il relève les chaises, il a échappé miraculeusement à cet attentat.
02:00Et tandis que les soldats de la 2e DB vont pourchasser dans les galeries et essayer de trouver ses tireurs,
02:07lui il va être imperturbable.
02:08C'est l'image même de la résistance et du retour à l'ordre.
02:14Il ne se laissera pas ébranler.
02:16Ce Gloria chanté sous les pétarades est vraiment une chose magnifique.
02:22On n'a jamais vraiment élucidé s'il s'agissait de collaborateurs, juste de gens qui voulaient semer la panique.
02:29Mais ça nourrit l'idée qu'en fait il y a des gens qui veulent déstabiliser la République.
02:36Et de Gaulle l'a très bien compris.
02:38De Gaulle a toujours un petit peu une méfiance vis-à-vis des communistes,
02:42pensant qu'ils veulent se réapproprier la libération de Paris.
02:46Et donc le 27 août, De Gaulle convie au ministère de la guerre, des chefs FFI.
02:53Il convoque Roll et Madame.
02:56Donc Cécile est la seule femme dans cette réunion d'hommes.
02:59Et il annonce de manière assez sèche que pour lui, le retour à l'ordre passe par l'intégration des
03:06FFI aux troupes régulières.
03:08On passait devant lui un par un et qu'est-ce que vous faisiez en 40, etc.
03:11Alors moi, quand je suis arrivé devant lui, mon 40, mon général, j'étais cité à l'ordre de mon
03:17régiment.
03:18Bien, c'est bien, c'est bien.
03:19Dans un documentaire diffusé en 1988, Henri Roltangui revenait sur la dissolution des FFI par De Gaulle.
03:26Quand tout le monde a fini de passer, il m'a bien connaissé très bien.
03:33Et il disait, maintenant, il faudrait aller à l'école.
03:36Et 48 heures après, ordre de dissolution des FFI à l'intérieur.
03:43Eh bien, nous sommes sortis de là avec gros cœur.
03:46De Gaulle manifeste peut-être une condescendance vis-à-vis de la résistance intérieure.
03:52En tout cas, il a bien pris la mesure du fait que la résistance, en général, était un adversaire politique.
03:59La première chose à faire, c'est de leur voler la victoire, en quelque sorte, et de les remettre dans
04:04le rang.
04:05Et puis, pour lui, en tant que militaire de carrière, ces gens-là, ce ne sont pas des militaires.
04:12Ce sont des guerrilleros.
04:14D'autant plus que, en ce qui concerne Roltangui, il était dans les brigades internationales en Espagne.
04:20Ils représentent des guerrilleros communistes.
04:23Donc, il va falloir faire rentrer dans le rang tous les hommes qu'ils souhaitent combattre.
04:29Les faire rentrer dans le rang, ça passe par une remise à niveau, entre guillemets,
04:33pour qu'ils acquièrent les principes de discipline de l'armée.
04:37Comment se passe l'intégration des forces françaises de l'intérieur dans l'armée ?
04:41C'est très humiliant, ça va très mal se passer.
04:44L'intégration ne va pas être facile.
04:46Il va même y avoir une colonne qui va être menée par le colonel Fabien, qui est un communiste,
04:53qui va aller vers les Américains, plutôt que de se soumettre à l'armée française.
04:59Et Rolt, lui, sa mission, juste après la libération de Paris,
05:03ça va être de faciliter l'entrée des forces françaises de l'intérieur dans l'armée régulière.
05:09Il sera facile de faire de cette armée de guérillas une armée régulière.
05:13Le combat pour la même cause est le meilleur ciment de l'unité.
05:17Sylvie Zeidman, le 27 août, au lendemain du défilé des Champs-Elysées,
05:21est-ce que Paris en a fini avec la guerre ?
05:23Il faut avoir une vision globale de la région parisienne les 27 et 28 août.
05:28On se bat.
05:29On se bat au Bourget, les combats sont très intenses,
05:32la deuxième DB participe au combat.
05:34Et vraiment, c'est un anneau défensif que les Allemands ont refait derrière Paris.
05:39Tout le monde sait que la guerre n'est pas terminée.
05:42Et en plus, le 26 août, ce soir, il y a eu un bombardement,
05:46le dernier bombardement de Paris, qui a touché notamment l'hôpital Bichat.
05:51On est encore dans le chaos.
05:54On peut voir sur certaines images, assez dures,
05:57que les soldats allemands sont pris pour cible par les Parisiens.
06:01Les colonnes de prisonniers reçoivent des coups, des crachats, des injures.
06:07Enfin, on voit vraiment qu'il y a une tension et un désir de revanche vis-à-vis de ces
06:12Allemands,
06:13qui ont quand même fait passer quatre années très difficiles à la population parisienne.
06:18Et nous avons les images d'au moins une exécution sommaire,
06:22où on voit des Allemands qui n'ont plus leurs chaussures,
06:26donc ne sont pas en mesure de s'enfuir.
06:28Le FFI qui a la garde de ces Allemands, qui est débordé par le déchaînement de la population,
06:34et qui finit par exécuter les soldats allemands.
06:37Donc il y a eu des exécutions sommaires, on en est sûr.
06:40Reste à savoir quelle ampleur ça a pris.
06:42Disons que la plupart des Allemands seront prisonniers de guerre.
06:45Les prisonniers allemands arrivent, les mains derrière la nuque.
06:50Je vous assure qu'ils n'ont pas l'air fiers, une foule immense les suit.
06:54Cette haine, qui s'exprime au lendemain de la Libération, ne se dirige pas seulement contre les Allemands.
07:00Des Parisiens vont aussi subir la vindicte populaire, soupçonnée d'avoir collaboré avec l'occupant.
07:07Il faut voir la frustration, le désir de revanche, cette espèce de force noire que la Libération va ouvrir, va
07:16laisser se déchaîner.
07:17Comme il reste dans la ville des personnes qui ont collaboré, ou qui sont suspectées d'avoir collaboré,
07:25parce qu'évidemment on ne sait pas tout, il va y avoir aussi beaucoup d'erreurs.
07:28Ces personnes-là vont être arrêtées, et puis certaines vont être violentées, battues.
07:38Et les femmes subissent un châtiment particulièrement humiliant.
07:43Celles qui sont suspectées d'avoir été des indiques pour la police notamment,
07:48ou celles qui sont suspectées d'avoir livré les résistants à la police,
07:54elles vont avoir le crâne rasé.
07:56Ça se passe dans la rue, et c'est vraiment de la vengeance immédiate, sans vérification, sans contrôle.
08:02Il y en a d'autres sur lesquelles on marque, voire on tatoue, une croix gammée sur le front.
08:07Et donc elles doivent se promener avec cette croix gammée, plus de cheveux, au milieu de la foule,
08:12au milieu d'une foule composée d'hommes et de femmes.
08:14Des femmes qui vont devoir vivre avec ça après.
08:18Les combats ont fait environ 1700 morts du côté français,
08:21et quasiment le double côté allemand.
08:24Que dire du bilan humain de la libération de Paris ?
08:27Je voudrais commencer par remettre la libération de Paris,
08:31qui est un événement hautement symbolique,
08:33dont on va parler jusqu'à Valparaiso et jusque dans les camps de concentration.
08:37Je voudrais la remettre dans sa réalité,
08:40au niveau des pertes, des dégâts, etc.
08:43Il s'agit d'un événement qui a compté 100 fois moins de morts que, par exemple, la prise de
08:50Berlin.
08:51Heureusement, Paris a subi très peu de destruction.
08:54La libération s'est faite très rapidement avec, finalement, peu de victimes.
09:01Et donc c'est une ville délivrée qui se retrouve dans une liesse, dans une joie.
09:06Il y a des balles qui vont s'improviser,
09:08qui vont s'improviser dans les rues de Paris, sur les places de Paris.
09:11Lundi soir à Paris, avec un groupe de FFI,
09:14des jeunes parisiens qui ont fait le coup de feu pour chasser les Allemands de la capitale.
09:18La fête, elle va durer plusieurs jours.
09:20On sait qu'il va y avoir des soirées torrides qui vont se passer,
09:24avec des soldats de la 2e DB, avec des FFI, avec des soldats alliés.
09:30Donc c'est vraiment un grand moment de liesse populaire.
09:34Derrière cette liesse populaire, je voudrais quand même dire
09:36que l'Allemagne ne s'est pas encore rendue,
09:39que les combats continuent.
09:41D'autres ne se réjouissent pas totalement,
09:43parce qu'ils ont des amis qui sont morts,
09:45parce qu'il y a des résistants qui ont été torturés,
09:47parce que tout ça, ils l'ont vu.
09:49Et ça ne peut pas être une fête parfaite.
09:54Durant ce mois d'août 1944,
09:57les parisiens découvrent aussi l'ampleur des crimes nazis.
10:00Juste avant le début de l'insurrection,
10:02des résistants ont été massacrés au pied de la cascade du bois de Boulogne.
10:06Et au lendemain de la libération,
10:09d'autres charniers sont découverts.
10:11Quant à l'épuration sauvage,
10:13elle se poursuit au sein même de la capitale.
10:17Sylvie Zeynman,
10:19quel est le sort qui est réservé aux présumés collaborateurs
10:22arrêtés par les forces françaises de l'intérieur ?
10:25Ces présumés collaborateurs sont arrêtés,
10:29sont malmenés,
10:30et ils vont être enfermés dans quelques lieux dans Paris,
10:33dans 6-7 lieux dans Paris,
10:35et notamment à l'Institut d'Enterre.
10:37C'était un lieu qui a été créé sur les fonds d'un Américain,
10:43qui se souciait de bien-être social,
10:46et qui voulait qu'il y ait un lieu pour soigner les dents
10:49des petits parisiens pauvres.
10:51Et donc là vont être amenés des présumés collaborateurs,
10:54et puis aussi,
10:55alors l'histoire est particulièrement louche,
10:58des gens qui ont vu des choses qu'ils n'auraient pas dû voir,
11:01des exactions commises notamment par des FFI,
11:04et donc ils vont se trouver pris dans la nasse,
11:08et ciblés par des gens qui veulent les faire taire aussi.
11:11Donc c'est une histoire assez sordide,
11:13où il va y avoir des exécutions et des corps
11:16qu'on va retrouver du fait des FFI.
11:19L'épuration sauvage, assez sommaire,
11:22si on fait un décompte,
11:24aujourd'hui on estime qu'il y a 9000 personnes
11:28qui ont été tuées.
11:309000 personnes dans la France entière
11:31ont été exécutées sommairement,
11:35suite à des dénonciations et pour faits de collaboration.
11:39Ça n'est que 9000.
11:41C'est déplorable, mais ça n'est que 9000.
11:44Vous imaginez, c'est un pays de 39 millions d'habitants,
11:49on aurait pu s'attendre encore à pire.
11:52Et puis il va y avoir l'épuration menée par l'état de droit.
11:56Et là, il va y avoir des morts aussi.
11:59Il va y avoir des gens qui vont avoir un procès équitable
12:03et qui, suite à cela, vont être exécutés.
12:06Alors, la condamnation à mort, c'est la condamnation ultime.
12:09C'est celle qu'on réserve vraiment aux grands traîtres.
12:12Je peux citer Pierre Laval,
12:13qui a été le premier ministre de Pétain.
12:17Et donc lui, il est condamné à mort et il est fusillé.
12:21Il faut voir qu'il y a beaucoup plus de procès
12:23que de condamnations à mort.
12:24Beaucoup de gens vont être condamnés à des peines de prison
12:27ou alors à l'indignité nationale.
12:31L'indignité nationale implique plusieurs sanctions.
12:35La perte du droit de vote,
12:37du droit de se présenter à une élection
12:39ou encore la confiscation des biens du condamné.
12:43En ce qui concerne le bilan de l'épuration judiciaire,
12:46sur les 75 000 affaires traitées par la justice,
12:50c'est 1 500 condamnations à mort
12:52qui seront prononcées en France,
12:54mais toutes ne seront pas exécutées.
12:56Comment expliquer ce chiffre
12:58par rapport aux 9 000 morts de l'épuration sauvage ?
13:02Soit on prenait la solution d'une épuration maximale
13:06et là on se prive de tous les cadres
13:10qui pourraient participer à la reconstruction.
13:13Denis Péchansky, historien spécialiste de la Seconde Guerre mondiale.
13:18L'autre solution, c'était une épuration minimaliste.
13:22C'est-à-dire, on ne va pas trop loin,
13:24ce qui nous permettra de conserver les cadres,
13:27mais vraiment massivement pour pouvoir reconstruire.
13:31Sauf que là, il y a un autre effet,
13:33c'est que ça délite totalement le tissu social.
13:36Comment voulez-vous que les Français puissent accepter
13:40que l'épuration soit si minimaliste,
13:45alors même qu'ils ont bien vu
13:47qu'il y avait une collaboration active
13:50entre l'État français et l'occupant allemand ?
13:53Donc il fallait une solution intermédiaire
13:56et au bout du compte,
13:57l'épuration à la française, on va dire,
14:00s'est plutôt bien déroulée justement
14:02par cette solution moyenne qui a été trouvée
14:05avec des procès aussi symboliques, très forts,
14:09qui sont les procès des deux principaux dirigeants,
14:12c'est-à-dire Pétain et Laval.
14:15Pétain va être condamné à mort,
14:18mais la peine va être commuée
14:21en perpétuité par De Gaulle
14:23et Laval va être condamné à mort, exécuté.
14:26Pourquoi sauver le maréchal Pétain ?
14:27Exécuter un vieillard de 87 ans,
14:31c'était quand même un peu compliqué.
14:33Donc le garder en prison, oui,
14:36mais l'exécuter, c'était problématique.
14:38Vis-à-vis de l'opinion, tout simplement,
14:40alors il y avait peut-être encore la volonté
14:44de ménager une opinion
14:46qui, très longtemps, a conservé
14:49une forme de respect, voire d'admiration
14:51pour l'ancien vainqueur de Verdun,
14:53alors qu'ils avaient un rejet total de Laval.
14:57Laval, c'était comme le symbole absolu
14:59de la collaboration,
15:00alors même que Pétain avait joué cette carte
15:02tout au long de la guerre.
15:07La bataille de Paris est gagnée.
15:10Mais à l'Est, la guerre continue.
15:12Pour l'emporter face à Hitler,
15:14l'armée française peut désormais compter
15:16sur les FFI.
15:18Henri Roltangui est intégré
15:20au 151e Régiment d'Infanterie.
15:23Après avoir libéré Paris,
15:25il lui faut maintenant continuer le combat à l'Est
15:27pour mettre fin à la guerre.
15:29Nous voulons que l'armée française devienne de plus en plus puissante.
15:33C'est aussi le vœu de la France toute entière
15:36et la conscience de ses droits comme de ses devoirs.
15:41Quittons Henri Roltangui et le front de l'Est
15:43pour revenir à Paris.
15:45Nous sommes au début du printemps 1945.
15:48Les parisiens assistent au retour des prisonniers,
15:51des travailleurs forcés du STO
15:53et des déportés.
15:54Les prisonniers reviennent chaque jour par milliers.
15:57Pour eux, le cauchemar est fini.
15:59Dans ce reportage du 27 avril 1945,
16:02c'est la figure du déporté politique,
16:05présenté comme un patriote résistant,
16:07qui est mis en avant.
16:08Ces Français,
16:09parce qu'ils ont été les premiers résistants,
16:11ont été jetés dans des camps qui étaient des bannes.
16:13Seulement 4 000 Juifs reviennent des camps de la mort
16:16sur les 75 000 qui ont été déportés à l'Est.
16:2011 000 d'entre eux étaient des enfants.
16:22Ces Juifs arrivent au Lutetia.
16:25Ils sont accueillis par des organisations philanthropiques,
16:31sociales, qui les prennent en charge
16:33et parfois par un membre de leur famille
16:35qui a réussi à échapper à l'arrestation.
16:38L'historienne Renée Poznanski,
16:41spécialiste des Juifs en France.
16:42C'est l'horreur.
16:43Ils arrivent dans des situations épouvantables.
16:45Ils sont eux-mêmes extraordinairement affaiblis,
16:48amaigris.
16:49Ils ne savent pas qui ils vont retrouver.
16:51Les gens sont à gare.
16:52C'est une situation d'horreur.
16:54La parole des Juifs n'est pas vraiment écoutée
16:56à ce moment-là.
16:58Pourquoi ?
16:59Tout le monde a été victime pendant la guerre
17:00et il ne faut pas en parler.
17:02Il faut reconstruire la France
17:04et il vaut mieux ne pas trop en parler.
17:06Alors, en fait,
17:07ce qui est assez dramatique d'une certaine façon,
17:09c'est qu'il y a, à cette époque-là,
17:11des manifestations antisémites dans Paris.
17:14Alors, elles sont minoritaires,
17:16mais ce sont les seules manifestations qu'il y a.
17:20Alors, quelles sont ces manifestations ?
17:22Ce sont des manifestations,
17:23souvent,
17:24de gens qui ont profité des spoliations
17:27et qui ont peur de voir les Juifs reprendre leur bien.
17:31Et partout,
17:32face aux administrations,
17:34les Juifs se voient répondre
17:36« Écoutez, il ne faut pas de victimes privilégiées.
17:38Vous allez réveiller l'antisémitisme.
17:40Il vaut mieux que vous restiez discrets. »
17:43On appelle les Juifs à être discrets
17:45sur le sort qui a été le leur pendant la guerre.
17:49Certaines restitutions se sont pas trop mal passées.
17:51Certaines ont été réintégrées dans leurs droits.
17:54Mais tout s'est fait dans la douleur
17:56et surtout dans la discrétion.
17:57Est-ce que la mémoire juive
17:59parvient quand même à exister
18:01dans les mois qui suivent la Libération ?
18:03La mémoire juive, très rapidement,
18:06s'est exprimée
18:07dans ses propres cadres juifs.
18:10Il y a eu dans ce cadre-là
18:12des organisations juives,
18:13des journaux juifs,
18:14le Centre de Documentation Juive Contemporaine
18:17qui est devenu le Mémorial de la Shoah,
18:19qui a été créé dans la clandestinité
18:21en 1943,
18:22puis recréé en France dès la Libération.
18:25C'est chargé de collecter des documents,
18:27de publier des livres
18:29sur ce qui est arrivé aux juifs
18:30pendant la guerre.
18:31Mais c'était une institution privée.
18:35Les institutions nationales publiques
18:38n'ont strictement rien fait.
18:41Ça ne les concernait pas.
18:43C'est comme s'il y avait une histoire
18:44des Français et une histoire des Juifs.
18:47Comme s'il s'agissait de deux sujets
18:49qui n'avaient aucun rapport
18:50l'un avec l'autre.
18:57Aujourd'hui, les armées de la République,
18:59les armées françaises victorieuses,
19:02défilent de l'étoile à la Concorde.
19:0418 juin 1945, à Paris.
19:07L'Allemagne nazie a capitulé
19:09face aux forces alliées
19:10et l'armée française, victorieuse,
19:13défile sur les Champs-Élysées.
19:14L'homme de la France
19:15est l'homme de la fidélité.
19:17Pourquoi De Gaulle choisit la date du 18 juin
19:20pour célébrer la victoire sur le nazisme ?
19:22Le choix, évidemment, de De Gaulle
19:25du 18 juin n'est pas du tout
19:28le fait du hasard.
19:29L'historien Denis Péchansky.
19:31C'est qu'il fait le pont avec son appel
19:34du 18 juin 1940.
19:36Et d'une certaine façon,
19:37il efface Vichy
19:40en s'inscrivant dans la continuité
19:42de son appel.
19:43La France était à Londres
19:45et elle est là maintenant
19:46aux Champs-Élysées.
19:48La souveraineté
19:49est maintenant reconnue
19:51et lui,
19:53au sommet de l'État,
19:54bien entendu,
19:55même si c'est un gouvernement
19:58très large
20:00qui est derrière lui,
20:01dans lequel on trouve
20:02les communistes.
20:06Sur les Champs-Élysées,
20:08Henri Roltanguy reçoit
20:09la croix de la libération
20:11des mains de De Gaulle,
20:12la plus haute distinction
20:14aux yeux du général.
20:16Sylvie Zeidman,
20:17en 1945,
20:18est-ce que Henri Tanguy
20:20devient l'une des figures
20:21reconnues
20:22de la libération de Paris ?
20:23Il faut voir
20:23qu'on est dans un moment
20:25où tout le monde
20:25sort de l'ombre.
20:27Tous les clandestins,
20:28tous les résistants
20:28sortent de l'ombre.
20:30Donc,
20:30il y a tout un mouvement
20:31de reconnaissance.
20:33Et dans ce mouvement-là,
20:35Rol prend une place
20:37tout à fait singulière.
20:38On va voir fleurir
20:41des petites images
20:43d'épinales à découper
20:44avec le visage de Leclerc.
20:46Et on va voir aussi
20:47des planches
20:49avec des FFI
20:50en train de faire
20:51le coup de feu
20:51contre notamment
20:52le Luxembourg
20:53ou d'autres lieux
20:54dans Paris.
20:57Rappelons-nous
20:58il y a un an de cela.
21:00C'est dans ces mêmes cours
21:01que l'insurrection
21:02de Paris s'organisait.
21:0325 août 1945.
21:05Un an après la libération,
21:08Paris commémore ses morts.
21:09On les attaquait des fenêtres
21:10avec des moyens de fortune,
21:11presque à main nue.
21:12N'oublions rien de tout cela.
21:15Dans ce pays meurtri
21:16par la guerre,
21:17que représente
21:18la libération de Paris
21:19pour les Français ?
21:21S'il y a bien
21:22un épisode
21:23qui est resté
21:24dans la mémoire collective
21:24des Français
21:25comme un élément
21:26structurant
21:27de leur représentation
21:29de la Deuxième Guerre mondiale,
21:31c'est évidemment
21:31la libération de Paris.
21:33Elle symbolise
21:34la façon
21:36dont les Français
21:36ont voulu
21:37prendre en main
21:39leur propre libération.
21:41Et cette symbolique-là
21:42fait que ça va rester
21:44vraiment ancré
21:45dans la mémoire du pays
21:46parce que c'est évidemment
21:48dans le souvenir
21:50de l'héroïsme
21:51qu'on reconstruit le pays.
21:53Dans les mois
21:54qui suivent,
21:55Henri Roltanguy
21:56reste dans l'armée,
21:57il est même promu
21:58à la tête
21:58du 27e régiment
21:59d'infanterie.
22:01Sylvie Zeidman,
22:02que dire de la place
22:03qu'il occupe
22:03dans l'armée ?
22:04C'est à la fois
22:05une personnalité reconnue
22:07à laquelle De Gaulle
22:09a décerné les honneurs
22:11et en même temps
22:13quelqu'un
22:14qui est extrêmement controversé.
22:15Il y a des campagnes
22:16de calomnie
22:17à son encontre.
22:22Du fait de son ancienne position
22:24de chef des FFI,
22:26donc on va lui attribuer
22:27des vols,
22:28des pillages,
22:29etc.
22:29et puis principalement
22:31du fait qu'il est communiste.
22:32Il faut bien voir
22:33qu'à ce moment-là,
22:34on est en train
22:35de rentrer dans
22:36une nouvelle époque,
22:37ce qu'on appelle
22:38la guerre froide,
22:39bloc contre bloc,
22:40le bloc soviétique
22:41avec l'URSS
22:43et puis les pays satellites
22:44contre le bloc occidental
22:46avec les Etats-Unis
22:47et les démocraties européennes.
22:51Denis Péchansky,
22:52dans ce contexte
22:53de guerre froide,
22:54comment sont vus
22:55les résistants communistes ?
22:56Sont considérés
22:57comme des ennemis
22:57de l'intérieur,
22:58comme ils étaient liés
23:00à Moscou
23:01et que l'ennemi,
23:02c'était Moscou
23:03et donc le combat
23:04qui est mené
23:05au niveau international
23:06se retrouve aussi
23:08dans les pays.
23:09Par exemple,
23:10en 1947,
23:11les communistes français
23:12ne sont plus au gouvernement.
23:14Ce qui est difficile
23:15pour Roll,
23:16c'est que,
23:17évidemment,
23:17il a une carrière
23:18dans l'armée
23:19mais on ne veut pas
23:19de communistes
23:20dans l'armée.
23:21Alors,
23:21surtout à son niveau
23:22de responsabilité
23:23parce qu'il a une légitimité
23:25extraordinaire
23:25qui est née
23:26de ses responsabilités
23:27à la tête
23:29des FFI
23:29d'Île-de-France
23:31donc les considérés
23:32comme un danger.
23:37Roll,
23:38qui est à la fois
23:39un libérateur
23:40et à la fois communiste,
23:43va subir des pressions
23:44de toutes parts
23:45et il verra très rapidement
23:47qu'il n'est plus
23:47personne à grata
23:48au sein de l'armée.
23:49L'armée,
23:50qui a fait
23:51quelques efforts
23:52pour l'intégrer,
23:53ne va plus
23:54du tout en faire
23:55et va retrouver
23:56son tropisme
23:57anticommuniste.
23:58Donc,
23:59à partir de 1952,
24:01il va se retrouver
24:03sans affectation
24:05et donc,
24:06il va devoir pointer
24:08au dépôt central
24:09des isolés.
24:10Ça,
24:10c'est une vraie
24:11humiliation
24:11parce que non seulement
24:12l'armée le refuse
24:14puisqu'il n'a pas
24:14d'affectation
24:15mais en plus,
24:16elle le considère
24:17comme le rebut
24:18de l'armée
24:19parce qu'au dépôt central
24:20des isolés,
24:20vous avez des gens
24:21qui sont trop malades
24:22pour pouvoir participer
24:23à l'effort de guerre
24:25par exemple
24:25et vous avez aussi
24:26beaucoup de gens
24:27qui n'ont pas
24:28un casier judiciaire vierge
24:29on va dire
24:30dont l'armée
24:30ne peut pas vraiment
24:31se séparer
24:32mais en même temps
24:33qu'elle ne veut pas
24:33dans ses rangs.
24:34Donc,
24:34il va être traité
24:35un petit peu
24:36comme un voyou
24:36et il va passer
24:38dix années
24:39à être en marge
24:41de l'armée
24:42à laquelle il avait
24:43quand même dédié
24:44beaucoup de choses
24:45dans laquelle
24:45il s'était vraiment investi
24:46et ce,
24:48alors même
24:48que son dossier militaire
24:50est tout à fait exceptionnel.
24:51On imagine facilement
24:52l'humiliation
24:53qu'a dû ressentir
24:54Henri Rolt-Tanguy
24:55à l'époque
24:56comment est-ce qu'il a réagi ?
24:58Rolt-Tanguy
24:58c'est un militant communiste
25:00et à partir du moment
25:01où l'ordre
25:02donné
25:03aux militants
25:04qui sont dans l'armée
25:05de continuer
25:06à rester
25:08au sein de l'armée
25:09Rolt se plie
25:10à ses directives
25:12et il va protester
25:13il va demander
25:14pourquoi il est traité
25:15ainsi
25:16donc il proteste
25:17mais dans le cadre
25:18disciplinaire
25:19il ne sort jamais
25:20du cadre
25:21c'est un moment
25:22de passage à vide
25:23quand même
25:23c'est un moment difficile
25:24heureusement
25:25pour lui
25:26il a sa famille
25:27il a quatre enfants
25:28maintenant
25:29et puis il y a
25:30son environnement
25:31tout son entourage
25:32communiste
25:33qui le soutient
25:35et donc
25:36il va être amené
25:37à rester
25:37pendant une dizaine
25:38d'années
25:38jusqu'en 1962
25:40dans ce dépôt
25:41des isolés
25:42à Versailles
25:42donc Rolt-Tanguy
25:44en fait
25:44prend sa retraite
25:45il a 54 ans
25:47et il va se consacrer
25:49à une activité
25:50très militante
25:51déjà il va
25:52travailler
25:53beaucoup
25:54pour la mémoire
25:55des brigadistes
25:56de l'Espagne républicaine
25:58pour que cette mémoire
25:59ne s'éteigne pas
26:00il va aussi
26:01prendre sa part
26:02de militant
26:03au sein du comité central
26:04du parti communiste
26:05et c'est vrai
26:06qu'il représente
26:07la figure
26:08du résistant
26:09mais en même temps
26:10une figure
26:11qui n'est pas
26:12toujours appréciée
26:13des dirigeants
26:13communistes
26:14lui-même
26:15il sentait bien
26:16qu'il y avait
26:16un peu de réticence
26:17de la part
26:18de certains dirigeants
26:20et ça va être
26:21encore plus fort
26:22au moment
26:22où il va y avoir
26:24un nouveau secrétaire général
26:25du parti communiste
26:26Georges Marchais
26:27Georges Marchais
26:28n'est pas un résistant
26:30et donc
26:31Rolt-Tanguy
26:32aura beaucoup de mal
26:33et se mettra
26:34vraiment en retrait
26:35par rapport à Georges Marchais
26:36il n'acceptera
26:37jamais d'être
26:38vraiment
26:39à ses côtés
26:40pour travailler
26:41notamment
26:42sur
26:42les positions
26:44du parti communiste
26:45par rapport à l'armée
26:46ou aux relations internationales
26:48Dans les années qui suivent
26:49malgré la guerre froide
26:51Henri Rolt-Tanguy
26:52reste une figure centrale
26:54de la libération de Paris
26:55il est régulièrement
26:56invité dans les médias
26:57et en 1966
26:59il est l'un des personnages
27:00principaux
27:01du film
27:02Paris brûle-t-il
27:02c'est l'acteur
27:04Bruno Crémer
27:04qui est choisi
27:05pour interpréter son rôle
27:06aux côtés d'acteurs
27:08comme Alain Delon
27:09Kurt Douglas
27:10ou encore
27:11Jean-Paul Belmondo
27:12Attention
27:15ici c'est le colonel Roll
27:17qui vous parle
27:18chef des FFI
27:19pour la région parisienne
27:21Sylvie Seidman
27:22vous avez rencontré
27:23Henri Rolt-Tanguy
27:24en 1992
27:25il avait 84 ans
27:27quel homme était-il ?
27:29j'ai rencontré
27:30Henri Rolt-Tanguy
27:31en 1992
27:33ou 93
27:34en tout cas
27:35avant le cinquantenaire
27:37de la libération de Paris
27:38à l'époque
27:39je travaillais sur
27:41la résistance en banlieue
27:43et donc
27:43en face de moi
27:45j'ai eu
27:45un homme grand
27:47assez massif
27:48avec une présence
27:50absolument incroyable
27:51et donc
27:52il parlait
27:53avec un naturel
27:54confondant
27:54et une élocution
27:56parfaite
27:57il racontait
27:58ces années de guerre
27:59d'occupation
27:59il expliquait
28:01comment on faisait
28:01un cocktail molotov
28:02une bombe
28:03c'était à la fois
28:04confondant de naturel
28:05et extrêmement précis
28:08il n'y avait pas
28:09un mot en trop
28:12il avait fait
28:13la guerre d'Espagne
28:14il avait fait partie
28:15des FTP
28:16il avait libéré Paris
28:17avec le général Leclerc
28:18Henri Rolt-Tanguy
28:19était l'une des dernières
28:21grandes figures
28:21de la résistance
28:22il est mort dimanche soir
28:24en laissant un vide
28:25chez ceux
28:25pour qui le mot résistance
28:26veut dire
28:27quelque chose
28:27le 8 septembre 2002
28:29Henri Rolt-Tanguy
28:30s'éteint
28:31dans un hôpital parisien
28:32entouré de ses proches
28:33à l'âge de 94 ans
28:364 jours plus tard
28:37il reçoit
28:38les honneurs militaires
28:40aux invalides
28:40le président de la république
28:42Jacques Chirac
28:43rend un dernier hommage
28:45au héros
28:46de la libération de Paris
28:47« Je garderai toujours
28:48comme tant de français
28:50celle de ce colonel
28:52FFI
28:53au visage énergique
28:56accueillant avec fierté
28:58aux côtés du général Leclerc
29:00le général de Gaulle
29:02le chef de la France libre
29:04c'était le 25 août 1944
29:08Jacques Chirac solennellement
29:10va rappeler toute la vie
29:13et toute l'action
29:14surtout de Rolt-Tanguy
29:15depuis la guerre civile espagnole
29:17jusqu'à la libération de Paris
29:19et il va souligner
29:20la personnalité de Rolt-Tanguy
29:23il va souligner son courage
29:25son humanité
29:27son charisme
29:28et il va aller jusqu'à
29:30comparer les appels de Rolt-Tanguy
29:32aux appels de Victor Hugo
29:34en 1870
29:35il installe l'icône
29:37après la mort d'Henri Rolt-Tanguy
29:39un collège, des rues, des places
29:41et quelques avenues
29:42ont été rebaptisés à son nom
29:44mais c'est sans comparaison
29:46face à d'autres figures
29:47de la libération de Paris
29:48comme celle du général Leclerc
29:50qui compte aujourd'hui
29:51plus de 1400 rues et avenues
29:54Sylvie Ziedemann
29:56comment expliquer
29:56une telle différence mémorielle
29:58entre ces deux héros
29:59de la libération de Paris
30:00que sont le général Leclerc
30:02et Henri Rolt-Tanguy
30:03vous avez une histoire
30:05qui est une histoire parisienne
30:06et une autre histoire
30:07qui est une histoire internationale
30:09Leclerc a contribué
30:11à la fois en Afrique
30:13et puis après
30:14avec le débarquement
30:15à la libération de la France
30:16et jusqu'à la capitulation
30:17de l'Allemagne
30:18donc on a un personnage
30:20par un certain côté
30:21qui a une envergure
30:22au-delà de la simple région parisienne
30:25Leclerc est mort en 1947
30:27ses funérailles ont été grandioses
30:29il a été élevé
30:31à la dignité de maréchal
30:33on a donné son nom
30:35à une avenue
30:36qui est l'avenue
30:37qu'il a empruntée
30:38le 25 août 1944
30:40au matin
30:41quand il s'est agi
30:42de donner le nom
30:43d'Henri Rolt-Tanguy
30:45à une portion de rue
30:47finalement
30:48ce qui a été retenu
30:49et ce qui a été décidé
30:50c'est simplement
30:50la portion
30:51qui se trouve
30:52entre
30:53on va dire
30:54le débouché
30:55de l'avenue
30:56du général Leclerc
30:57et le Lyon de Belfort
30:58c'est à dire
30:59un petit bout de trottoir
31:00qui doit faire une cinquantaine de mètres
31:02à rapporter avec
31:05l'immensité de l'avenue
31:06du général Leclerc
31:07ça montre bien
31:08que dans le récit national
31:09dans la construction
31:11qu'on a fait du récit national
31:14Leclerc c'est le libérateur
31:16et c'est lui qui représente
31:17la France en armes
31:19il y a moins de place
31:21dans le récit national
31:22pour les forces françaises
31:23de l'intérieur
31:28Le 8 mai 2020
31:29alors que la France commémore
31:31le jour de la victoire
31:32face au nazisme
31:33Cécile Roltanguy
31:34pousse son dernier souffle
31:35elle avait 101 ans
31:38jusqu'au bout
31:39elle a tenu à entretenir
31:40la mémoire
31:41de la libération de Paris
31:42la mémoire
31:43de son mari
31:45Cécile a repris
31:46le flambeau d'Henri
31:47elle a été vraiment
31:48extrêmement présente
31:50pour défendre
31:52la mémoire
31:53et plus encore l'histoire
31:54elle a vraiment voulu ça
31:56et elle a légué
31:57le flambeau
31:57à ses enfants
31:58je pense que ça
32:00c'est vraiment
32:00une belle histoire
32:01mais c'est aussi
32:03une histoire de continuité
32:05Cécile on lui doit
32:06vraiment beaucoup
32:07parce que c'est grâce
32:08à Cécile Roltanguy
32:09que le musée
32:10de la libération de Paris
32:11musée du général Leclerc
32:12musée Jean Moulin
32:13est installé
32:14là où il est actuellement
32:15c'est parce que Cécile
32:16voulait absolument
32:17que l'abri de défense passive
32:20dans lequel elle a passé
32:21une semaine
32:21plutôt pénible
32:23lors de la libération
32:24de Paris
32:25que ce soit accessible
32:26et qu'on puisse
32:27montrer ces lieux
32:28au public
32:29et donc
32:30il y a quelques semaines
32:32on a inauguré
32:33dans Paris
32:35une école
32:36Cécile Roltanguy
32:37dans le 20ème arrondissement
32:38à côté de la rue Louis Gagne
32:4380 ans après
32:44la France continue
32:46de célébrer
32:47la libération de Paris
32:48pour que ne tombe pas
32:49dans l'oubli
32:49ceux qui ont participé
32:51à la libération
32:51de notre territoire
32:53à la chute
32:54du nazisme
32:55à l'occasion
32:56des commémorations
32:57qui auront lieu
32:58cet été à Paris
33:00rappelons-nous
33:00d'Henri
33:01et Cécile Roltanguy
33:02et de ses milliers
33:03d'autres
33:03ceux qui sont morts
33:05pour la France
33:06Misak Manouchian
33:08était l'un d'entre eux
33:08Aux côtés
33:10d'Henri et Cécile
33:11ce jeune militant
33:12communiste arménien
33:13s'est battu
33:14jusqu'au bout
33:14avec la résistance
33:15parisienne
33:16Le 21 février 1944
33:18il tombait
33:20sous les balles
33:20des nazis
33:21Cette année
33:2280 ans
33:23après son exécution
33:24au Mont Valérien
33:25la France lui rendait
33:27hommage au Panthéon
33:28Ce jour-là
33:29pour la première fois
33:31de l'histoire
33:31un résistant
33:32communiste
33:33étranger
33:34entré au Panthéon
33:35Ce jour-là
33:36Misak Manouchian
33:38entré dans sa dernière demeure
33:39aux côtés de sa femme
33:41Méliné
33:42Denis Péchanski
33:44vous avez été
33:44le conseiller historique
33:45du comité
33:46pour la panthéonisation
33:47de Misak Manouchian
33:48Ce 21 février 2024
33:50vous étiez présent
33:51au Panthéon
33:52pour assister
33:53à ce jour historique
33:54Il y avait une
33:55charge émotionnelle
33:57extraordinaire
33:57avec cette remontée
33:59des deux cercueils
34:00le long
34:02de la rue Soufflot
34:04depuis le jardin
34:05du Luxembourg
34:05mais arrive
34:06un moment suspendu
34:09l'interprétation
34:10de La Fiche Rouge
34:12par Feuchatterton
34:14il est dehors
34:15il est sous la pluie
34:17il est face au cercueil
34:18et derrière
34:19face à la rue Soufflot
34:20et au-delà
34:22la tour Eiffel
34:23et là
34:24il va comme
34:25se sublimer
34:26il va chanter
34:27La Fiche Rouge
34:28comme jamais
34:29il ne l'a chanté
34:30vous n'avez réclamé
34:33la gloire
34:35ni les larmes
34:37ni l'orgue
34:39ni la prière
34:41aux agonisants
34:43c'était
34:44La Libération de Paris
34:45une série réalisée
34:47par Pierre Chaffanjon
34:48production
34:49Thibault Lambert
34:51et Clara Garnier-Amourou
35:00Merci à Laurence Vaugeois
35:02Charles de Saint-Sauveur
35:03Lisa Jo
35:04et Jean-Hugo Hill
35:05pour leur aide
35:05et puis un remerciement
35:08tout particulier
35:09aux historiennes
35:10et aux historiens
35:11qui ont participé
35:12à cette série
35:13Denis Péchanski
35:14Jean-François Murassiol
35:15René Poznanski
35:17et Sylvie Zeidman
35:27La Libération de Paris
35:29est un hors-série
35:30de Codesources
35:31le podcast
35:32d'actualité
35:32du Parisien
35:33La justice viendra
35:37sur nos pas triomphants
35:40Ah, mon amour
35:44ma mélinée
35:46mon orpheline
35:54et je te dis de vivre
35:57et d'avoir
36:00un enfant
36:12ils étaient vingt et trois
36:14quand les fusils fleurivent
36:21vingt et trois
36:22qui donnaient
36:24leur cœur
36:25avant le temps
36:29vingt et trois
36:31vingt et trois
36:31étrangers
36:32et nos frères
36:34pourtant
36:37vingt et trois
36:39amoureux
36:41de vie
36:42à en mourir
36:50vingt et trois
36:52qui crièrent
36:53la France
36:56en s'abattant
37:00en s'abattant
37:02en s'abattant
37:03un enfant
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