- il y a 3 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On vient donc d'écouter la Marseillaise qui a clôt le discours du président de la République sur le site
00:05Naval Group de Nantes-Indraire de l'Ouhr-Atlantique.
00:07Moment important puisque le chef de l'État a lancé officiellement le chantier du porte-avions nouvelle génération.
00:13Il s'appellera donc le France Libre Général Pellistrandi. Un nom qui vous va ?
00:18Un nom qui va à toute la France. C'est un nom qui est très symbolique puisqu'il s'inscrit
00:24dans l'affiliation du Charles de Gaulle.
00:27Il s'inscrit dans cette longue histoire de la marine qui fait d'ailleurs cette année ses 400 ans d
00:33'histoire maritime.
00:35Et donc avec ce bateau qui est déjà entré en phase de réalisation industrielle.
00:40Même si nous avons de belles images, c'est déjà une réalité physique très concrète.
00:45Et donc c'est un projet majeur qui engage la France pour un demi-siècle.
00:51C'est vraiment quelque chose qui va être extrêmement important et qui va contribuer à notre indépendance et à notre
00:57souveraineté.
00:58Là on change de tradition. Habituellement c'était des noms de personnalité.
01:02Il y a eu donc le Foch, le Clémenceau, le Charles de Gaulle, le France Libre.
01:08Hommage au mouvement de résistance créé par le général de Gaulle.
01:12Donc filiation avec le porte-avions actuel.
01:14Mais on a eu la Romanche, la Romanche qui était en référence au port d'Aromanche construit par les Américains
01:22le 6 juin 1944.
01:25Donc je crois que c'est un élément qui est extrêmement important.
01:28Et en tout cas, voilà, ça donne...
01:30Ce projet, ça fait 10 ans qu'on travaille dessus.
01:33Et là, enfin, il est concrétisé en quelque sorte par ce nom.
01:37Il faudra être pas sûr, puisque ce nouveau géant des mers ne sera en service qu'en 2038.
01:43Nous sommes avec Marie-Laure Buisson, colonel de réserve de l'Armée de l'Air.
01:47Bonsoir. Est-ce que ça vous va, le France Libre ?
01:49Moi je trouve ça magnifique, je trouve ça merveilleux.
01:51Et puis je trouve que c'est une belle référence à l'esprit de ténacité des Français.
01:56Et de résistance.
01:57Et de résistance absolument des Français.
01:59Puisque la France Libre, c'est d'abord le général de Gaulle qui part d'un port anglais sur le
02:04Nord-Alia pour aller faire son tour d'Afrique.
02:06Souvenez-vous, c'est son expérience malheureuse au départ à Dakar.
02:10Mais la France Libre, c'est aussi quand même la première brigade de la France Libre avec König, celui qui
02:17est devenu le dernier maréchal de France,
02:19maréchal König, et qui est le grand vainqueur de Birakem.
02:21Et je rappelle qu'il y avait 3826 Français qui se sont battus et qui ont gagné contre 45 000
02:28hommes des forces de l'Axe, c'est-à-dire Italiens et Nazis.
02:31Donc vraiment, la France Libre, c'est la France qui triomphe des nazis, c'est la France qui triomphe de
02:36ceux qui sont en surnombre.
02:38Et c'est un beau nom pour ce porte-avions qui verra bientôt le jour.
02:41Mais Ulysse Gosset, il faut revenir sur le fond du discours du Président aussi.
02:44Parce qu'il y a certes le nom, la France Libre, mais ce sur quoi a insisté le chef de
02:48l'État, c'est la puissance du futur porte-avions.
02:51Si on veut être respecté, il faut être craint.
02:55Et la France doit être crainte, la France doit être puissante, a dit le chef de l'État.
02:58Oui, et véritablement, l'outil de sa puissance, c'est le porte-avions.
03:03Aujourd'hui, le Charles de Gaulle, demain, le France Libre, 80 000 tomes, 310 mètres de long, 10 milliards d
03:08'euros.
03:09Et vous dites 2038, il faudra attendre longtemps, 15 ans, c'est demain.
03:13En sachant qu'aujourd'hui, l'enjeu, c'est le financement de la défense de l'Europe et pas simplement
03:19de la France.
03:19Donc la France prend les devants et la France Libre, c'est important parce que dans ce contexte de guerre,
03:25esprit de résistance, esprit français, nous devons rester libres.
03:29Le concept de liberté dans ce monde troublé dans lequel nous sommes en pleine guerre en Ukraine,
03:34aux portes de l'Europe bien sûr, mais aussi au Proche-Orient,
03:37c'est important de rappeler la capacité de la France en termes technologiques, en termes d'innovation.
03:41C'est un porte-avions nucléaire. Il y a deux réacteurs nucléaires.
03:44C'est un porte-avions qui aura vraiment une puissance réelle sur les flots.
03:49Même si nous n'en aurons que deux, si j'ose dire.
03:52Rappelons que les Américains en ont 11 et que les Chinois en produisent régulièrement un ou deux,
03:57tous les deux, trois ans.
03:58Donc si vous voulez, on rappelle que c'est important pour la France,
04:01mais on rappelle que la France n'est pas un géant des mers.
04:04Elle est capable de mettre à flot un géant des mers, comme le France Libre.
04:08La marine chinoise produit tous les deux ans une marine française intégrale,
04:12y compris le porte-avions.
04:12Vous voyez, ça relativise.
04:14Mais c'est très important comme symbole pour les Européens.
04:16C'est-à-dire qu'on voit bien que la nécessité pour la France,
04:19c'est de montrer face à Donald Trump aussi,
04:22qui nous dit « engagez-vous pour libérer le détroit d'Hormuz ».
04:25Et la France dit « ce n'est pas notre guerre ».
04:27Alors si ce n'est pas notre guerre, qu'est-ce qu'il faut attendre de l'OTAN ?
04:30Est-ce qu'on peut avoir des représailles américaines ?
04:31Donc c'est la nécessité de construire un outil de défense.
04:34Et sur le fond, vous avez raison de rappeler qu'il y avait tout ce contexte
04:37où le président de la République a rappelé,
04:38un, la dissuasion nucléaire française,
04:42élément majeur,
04:42et deux, le doublement du budget de la défense
04:45depuis qu'il est président de la République.
04:46Donc c'est un bilan qui va dans ce sens
04:48d'une capacité de défense française à hauteur des enjeux.
04:53Il faut rappeler quand même qu'il y a seulement deux pays au monde
04:55qui sont capables de produire des porte-avions à propulsion nucléaire,
04:58c'est la France et les États-Unis.
04:59Alors en effet, comme le disait Ulysse Gosset,
05:01il y a onze porte-avions américains.
05:03Les Français, nous, on va en avoir bientôt deux.
05:06Enfin, je pense que le porte-avions Charles de Gaulle...
05:07L'un va remplacer l'autre.
05:09Mais le France Libre sera vraiment très important en taille
05:15et approchera la taille du porte-avions...
05:17Et symbole de la puissance militaire française.
05:19Exactement, il approchera la taille du porte-avions Gérald Ford,
05:22par exemple, qui fait 337 mètres de long,
05:24alors que le nôtre fera 310 mètres de long.
05:26Donc on sera dans la même classe.
05:27Justement, ce France Libre,
05:28on va le découvrir à l'état de projet,
05:31en attendant qu'il sillonne les mers.
05:33Avec vous, Général Pellistrandi.
05:35Alors, qu'en sait-on ?
05:37Que peut-on dévoiler ?
05:38Le voilà, à quoi va-t-il ressembler ?
05:41Et pourquoi est-ce qu'il affirmera sa puissance ?
05:43Bon, petite visite, on embarque à bord du...
05:45Avec plaisir.
05:46France Libre, alors, 310 mètres de long, voyez,
05:49c'est énorme, c'est beaucoup plus grand
05:50que le porte-avions actuel Charles de Gaulle.
05:53Alors, on va se concentrer sur le porte-avions,
05:56même si vous voyez au fond les frégates qu'il accompagne.
05:58Le porte-avions, il ne se déplace jamais tout seul.
06:01Alors, qu'est-ce que c'est ?
06:02C'est une base aérienne avec un groupe aéronaval extrêmement puissant.
06:07Alors, particularité, en cœur, voyez, là, en dessous,
06:11deux réacteurs nucléaires K22,
06:13ce sont ces réacteurs qui sont en cours de construction à Indré,
06:17là où le président de la République est,
06:18et aussi à Cherbourg.
06:21Caractéristique, et c'est essentiel,
06:23c'est un choix qui a été extrêmement important,
06:25c'est que, vous voyez, c'est un porte-avions qui a des catapultes.
06:28On a tous vu le film Top Gun.
06:31Ces catapultes, elles sont indispensables.
06:33Elles vont permettre de mettre en œuvre le groupe aéronaval.
06:36Regardez, qu'est-ce que l'on voit ?
06:37Le rafale.
06:39On voit des drones.
06:41Regardez, ces drones de combat qui n'existent pas encore,
06:44mais qui seront au rendez-vous en 2038.
06:47Et puis, il y aura un jour, à l'horizon, on va dire, 2050,
06:52le successeur du rafale que l'on voit ici.
06:57Également, et ça joue un rôle très important,
06:59on en a déjà trois sur le Charles de Gaulle,
07:02mais on aura une nouvelle génération d'avions,
07:04ce sont ces avions de guerre aérien, vous voyez,
07:06avec cette espèce de radar.
07:09Quel est l'intérêt de ces avions ?
07:10Alors, ils sont de fabrication américaine,
07:12mais c'est qu'ils permettent, en fait,
07:14de voir tout ce qui se passe dans un horizon
07:17de plusieurs centaines de kilomètres.
07:19Et donc, vous voyez, cette machine de guerre
07:21extrêmement impressionnante, ultra protégée,
07:23on voit, quand on connaît un certain nombre de détails,
07:26des armements, des canons, des missiles d'autodéfense,
07:30et surtout, ce qui est très important,
07:31c'est que sa propulsion nucléaire
07:34lui permettra d'effectuer des missions très longues
07:36sans être ravitaillée.
07:38Je précise cependant qu'il faut quand même,
07:41et ça, c'est un élément important,
07:43il faut mettre du kérosène, pourquoi ?
07:45Pour faire voler les avions.
07:46Donc, vous voyez, ce qui va être fondamental,
07:50et la construction, elle a démarré,
07:52le porte-avions, il sera en service dans une dizaine d'années,
07:56eh bien, c'est qu'il va vivre et évoluer
07:58pendant un demi-siècle avec le changement de technologie,
08:03l'intelligence artificielle, le quantique.
08:05Et donc, c'est vraiment l'outil qui va fédérer notre puissance.
08:08Et, dernier point, nous sommes les seuls en Europe
08:12à avoir cette capacité unique.
08:13Et ce sera du 100% français ?
08:15Alors, 90% français.
08:17Qu'est-ce qui n'est pas réellement français ?
08:20Effectivement, ces avions, vous voyez,
08:22donc avec ces avions qui sont en cours de fabrication,
08:26et dont cette nouvelle génération sera déjà sur le Charles de Gaulle.
08:30Et puis, oui, les catapultes,
08:32ce sont des catapultes électromagnétiques.
08:35Alors, il y aura trois catapultes.
08:37Sur le Charles de Gaulle, il n'y a que deux catapultes actuellement.
08:40Quel est l'avantage de trois catapultes ?
08:42Ça veut dire que, simultanément, on peut projeter, catapulter des avions,
08:46et en même temps, eh bien, les rafales revenant de mission pourront apponter.
08:52Et donc, ce qui veut dire qu'on augmente notre capacité militaire avec ce choix,
08:56donc catapultes américaines,
08:58et donc une capacité de projection bien supérieure à l'actuel Charles de Gaulle.
09:03Combien d'hommes, vous l'avez dit sans doute, mais combien de marins, rappelons-le ?
09:06Alors, environ, c'est 2000 marins, dont, on va dire, à peu près 500 pour le groupe aérien,
09:13parce qu'il faut, bien sûr, les pilotes, les mécaniciens.
09:16Donc, c'est une... et c'est en même temps une petite ville qui se déplace,
09:19parce qu'il faut pouvoir vivre, travailler,
09:22et le porte-avions, c'est une machine qui fonctionne 24 heures sur 24,
09:26comme c'est déjà le cas du Charles de Gaulle.
09:27Une capacité à rester en mer durant combien de temps, alors, du coup ?
09:31En fait...
09:32Comme c'est à propulsion nucléaire, il n'a pas besoin d'être ravitaillé.
09:34Exactement. La problématique, c'est, on va dire, c'est l'endurance de l'équipage.
09:39On a des missions qui peuvent aller très longtemps.
09:42Je vais prendre un exemple historique.
09:43Le porte-avions Clémenceau, dont on a parlé tout à l'heure,
09:46il a effectué une mission de 400 jours dans le golfe arabo-persique dans les années 80.
09:52Donc, en fait, la problématique...
09:54C'était un problème de ressources humaines,
09:55mais un porte-avions comme le France Libre, mais comme déjà le Charles de Gaulle,
09:59peut effectuer des missions de très longue durée.
10:01La principale innovation, c'est qu'on pourra apponter et décoller en même temps du porte-avions, c'est ça
10:06?
10:06Oui, la problématique, c'est que...
10:07D'où la rapidité d'intervention.
10:09Exactement. Donc, ça veut dire plus de missions,
10:11et ça, c'est un élément extrêmement important, parce qu'il est beaucoup plus grand,
10:15et le choix des trois catapultes, une sur le pont latéral et deux sur le pont à l'avant,
10:21permettent cette accélération des missions.
10:24Merci de ces détails, Général Pellistrandi.
10:27Merci bien. Un mot à ajouter, Ulysse Gosset ?
10:29On peut ajouter que les avions à bord, 40 à 50 appareils, comparés aux 30-40 du Charles de Gaulle
10:35aujourd'hui,
10:36ils pourront emporter, si besoin, l'arme nucléaire.
10:39C'est ça aussi la dissuasion. Aujourd'hui, la dissuasion, c'est la capacité sous-marine et des avions rafales,
10:45mais là, il pourra y avoir des armes nucléaires.
10:48Ça renforce, si vous voulez, cette capacité de dissuasion en cas de conflit potentiel.
10:54On va retrouver Léopold Odebert, qui est au Naval Group, dans un instant.
11:00Marie-Laure Busson, vous vouliez ajouter quelque chose ?
11:02Oui, ajoutez juste qu'il y aura également un radar CIFIRE, qui est produit par Thalès,
11:08et qui permettra aux marins de monitorer 1 000 cibles en même temps.
11:12Je ne sais pas si vous vous rendez compte de l'ampleur de la capacité de ce radar.
11:16Et puis, on pourra également embarquer sur ce nouveau porte-avions des missiles Aster,
11:22qui sont des missiles d'interception, qui peuvent être tirés à la verticale
11:27et qui vont à très haute altitude, jusqu'à 2 500 mètres,
11:30pour neutraliser des missiles qui essaieraient de vouloir venir s'écraser sur notre porte-avions.
11:36Alors, on va retrouver Léopold Odebert, qui est sur le site Naval Group,
11:40où était le président de la République, où il a annoncé le nom du nouveau porte-avions.
11:44Le France Libre. Donc, on a le nom et on a la philosophie, je mets des guillemets bien sûr,
11:49c'est-à-dire qu'il doit symboliser la puissance française,
11:52le fait que la France peut se projeter sur tous les terrains de conflit des mers
11:56et être craint, Léopold.
12:00Oui, c'est ça, France Libre. Alors, effectivement, quand on se replonge dans l'histoire,
12:05c'est le nom également de ce mouvement du général de Gaulle à l'époque,
12:11contre l'Allemagne nazie, mouvement politique également armé,
12:16et pour pouvoir résister cette notion de résistance qui a été évoquée par le chef de l'État
12:20juste avant, justement, de dévoiler ce nom.
12:22C'était un discours très politique qu'a fait Emmanuel Macron ici,
12:26un discours dans lequel il ne s'est pas caché de vanter, selon lui,
12:31des avancées majeures dans sa politique.
12:33Notamment, il a évoqué cette loi de programmation militaire avec, dit-il,
12:38un conseil de défense qui a eu lieu ce matin, un futur vote qui va avoir lieu
12:43en vue d'aboutir à cette trajectoire militaire qu'il avait lui-même avancée.
12:48Également, une sorte de critique également de l'Europe trop en retard, selon lui,
12:54sur la notion d'indépendance et de souveraineté.
12:56Là, il dit que la France, elle, a commencé bien en amont.
13:00En tout cas, c'est ce qu'il a évoqué tout à l'heure.
13:02Et puis, un dernier message qui est important, c'est que selon le chef de l'État,
13:06ces conflits dans les océans, comme il le dit, vont durer dans le temps,
13:11aussi bien pour la guerre en Ukraine avec des enjeux très clairs,
13:16mais aussi, a-t-il dit, la guerre au Moyen-Orient qui va obliger à continuer
13:20à avoir ce type de déploiement militaire très fort.
13:24Discours donc très politique et ce nom donc qu'on retiendra,
13:27le France libre, comme l'a annoncé le chef de l'État.
13:30On a Léopoldo Debert avec Romain Nau en direct du site Naval Group pour BFM TV.
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