- il y a 1 heure
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Pour passer à l'autre phase maintenant, c'est-à-dire les conséquences de la guerre, c'est la crise
00:03énergétique, c'est l'envolée des prix du carburant.
00:06Et on va aller à l'Assemblée nationale, retrouver Edgar Becker en direct pour BFM TV, parce qu'on a
00:11entendu une phrase prononcée par le ministre de l'économie aujourd'hui,
00:14M. Lescure, au palais Bourbon, nous sommes dans un nouveau choc pétrolier.
00:19Oui, séance de questions au gouvernement, rythmée par la situation au Moyen-Orient et surtout par la hausse des prix
00:26du carburant,
00:27pas moins de 12 questions à ce sujet aujourd'hui. Du côté du Rassemblement national, on demande une baisse des
00:33taxes et notamment de la TVA sur les prix de l'énergie.
00:37Et puis du côté de la France insoumise, on demande un blocage des prix. Réponse du gouvernement, pas d'argent
00:43magique.
00:43Écoutez justement la porte-parole du gouvernement et ministre délégué à l'énergie, Maud Bréjean.
00:48On ne peut pas aujourd'hui, par des baisses de taxes, par des chèques, par des aides qui coûteraient des
00:54milliards d'euros aux finances publiques,
00:57dégradés de manière significative le déficit. Parce que ce qu'on injecterait dans des aides ponctuelles que vous appelez de
01:04vos voeux aujourd'hui,
01:05serait in fine payé par les contribuables. Il n'y a pas d'argent magique.
01:10Où est-ce qu'on prend l'argent ? Les milliards qu'on mettra en quelques semaines pour faire baisser
01:16artificiellement le prix à la pompe,
01:18où est-ce qu'on les trouve ? L'Italie va les chercher dans les transports et la sécurité. Est
01:22-ce que c'est ça la proposition ?
01:24C'est quelques mots de Maud Bréjean que vous venez d'entendre. C'est quelques mots, pas d'argent magique.
01:30Ils font beaucoup parler à l'Assemblée nationale cet après-midi. J'ai fait réagir tout à l'heure Jean
01:34-Philippe Tanguy, député RN,
01:36un monsieur budget, monsieur économie du Rassemblement national. Il m'a répondu ceci.
01:40Quand c'est pour augmenter la contribution de la France à l'Union européenne, là, il y a de l
01:44'argent. Quand c'est pour prêter de l'argent à l'Ukraine, là, il y a de l'argent.
01:48Mais quand c'est pour aider les Français, il n'y en a pas. Les députés qui vont continuer à
01:52parler de ce sujet dans les prochains jours,
01:55demain, un débat sur la situation au Moyen-Orient aura lieu à l'Assemblée nationale.
01:59– Merci Edgar Becquille. À l'Assemblée nationale pour BFM TV.
02:03– Frédéric Bianchi, bonsoir, journaliste BFM Business. Quand même, les mots employés par le ministre de l'économie sont forts,
02:09et ils vont peut-être d'ailleurs inquiéter. Il dit, nous sommes sans doute face à un nouveau choc pétrolier
02:15qui risque de peser sur la croissance économique de la France, et pas seulement de la France. C'est vrai
02:20ça ?
02:20– Oui, c'est difficile. – Vous vous rappelez les chocs pétroliers qu'on a vécu dans les années 70
02:25?
02:25– Alors, 73, 75, voilà, c'est des chocs pétroliers liés à l'offre.
02:28– Alors là, on peut penser que c'est… – Déjà, lié à des guerres au Moyen-Orient.
02:31– C'était lié à des guerres, et bon, on a mis des années à s'en remettre.
02:34Là, on peut considérer que si la guerre s'arrête demain, ça s'arrête, le choc pétrolier s'arrête.
02:38Il n'empêche qu'on est passé en quelques jours, quelques semaines, de 70 dollars le baril de pétrole à
02:44plus de 100.
02:45Alors hier, il a baissé, c'est vrai, suite au message de Donald Trump.
02:48Aujourd'hui, il remonte, on est aux alentours de 105. Oui, donc on est en plein choc pétrolier.
02:52Et l'INSEE a donné ses premières prévisions, et elle revoit déjà la croissance à la baisse
02:57sur les deux premiers trimestres, en prévenant en plus que le plus dur allait arriver.
03:02C'est sur la fin de l'année.
03:03Si le conflit perdure jusqu'en avril, mai, et on voit aujourd'hui pas de port de sortie,
03:09on pourrait avoir un pétrole à 130 dollars, ce qui veut dire un prix à la pompe à 2,30
03:14euros.
03:14On ne sait pas jusqu'où ça peut monter.
03:16Et ça peut se répercuter, ça a commencé déjà un peu à se répercuter sur l'économie,
03:20à travers l'industrie de la chimie.
03:22L'industrie de la chimie, c'est tous nos emballages, c'est à peu près 95% des produits qui
03:25nous entourent
03:26qui pourraient être impactés par la hausse des prix, par les engrais.
03:30Donc ça peut se traduire par des hausses de prix de matières premières agricoles.
03:33Donc oui, on voit que si ça continue à ce rythme-là, toute l'économie va être touchée.
03:39Oui, mais alors Marie Chantret, c'est le grand paradoxe.
03:41Bonsoir, c'est-à-dire à la fois, il y a les propos alarmistes, disent l'économie,
03:45et ensuite à l'Assemblée nationale, quand on interroge Maude Bréjon ou le gouvernement dans son ensemble,
03:50ils disent on n'a plus d'argent, donc plus d'aide, plus de chèques, plus de ristournes,
03:55contrairement à l'Allemagne, à l'Espagne ou l'Italie qui organisent des systèmes d'aide aux particuliers.
04:02Nous, rien pour les particuliers, débrouillez-vous.
04:04En tout cas, à cette heure et à ce stade de ce choc pétrolier peut-être en train de s
04:10'ouvrir.
04:10Même si les carburants ont pris en moyenne 40 centimes depuis le début de la guerre à la pompe.
04:15Et face aux propositions multiples des oppositions, j'ai en tête celle du Parti Socialiste
04:19qui consistait à débloquer un chèque pour les plus vulnérables.
04:23Ce qui est certain à cette heure, c'est que du côté de Matignon,
04:26on observe les réactions des oppositions et de ce qui se passe chez nos compatriotes
04:31comme le lait sur le feu.
04:32Parce que c'est peut-être le début, vous savez, avec leur capteur d'une crise,
04:36celle qui a pu donner lieu à celle des Gilets jaunes.
04:38On est très attentifs aussi à la sémantique employée.
04:41Je pense à ceux des Insoumis qui parlent de profiteurs de guerre,
04:45en écho à ce que peut dire aussi le Rassemblement national.
04:48Et aujourd'hui, l'État, le gouvernement est sur la ligne que vous venez de décrire.
04:53C'est de dire que oui, il n'y a pas d'argent magique.
04:54Et qu'aujourd'hui, faire payer Paul, ou en tout cas payer pour Paul,
05:00c'est faire payer Jacques plus tard.
05:02Et qu'effectivement, les contribuables se retrouveraient finalement
05:05à payer d'une quelconque façon la facture.
05:08Et qu'en effet, les caisses de l'État ne permettent pas aujourd'hui
05:12d'offrir peut-être une aide supplémentaire à certains particuliers en France.
05:16On va en parler dans un instant avec Antoine Armand,
05:18l'ancien ministre de l'Économie, devenu maire de Nancy,
05:20maire Renaissance de Nancy.
05:21Nancy, pardon.
05:22C'est quoi ? Nancy.
05:23Alors, ce n'est pas vraiment au même endroit.
05:25Non, on n'est pas au même endroit.
05:25Il faut redescendre un petit peu plus.
05:27Il n'y a pas de lac à Nancy, je ne sais pas.
05:28Vous verrez, c'est vous.
05:28Vous verrez, c'est vous.
05:29Vous verrez, c'est vous.
05:29Avec plaisir.
05:30Antoine Armand, bonsoir.
05:32Bonsoir.
05:32Mais d'abord, voyons avec vous, Nargis Sajji,
05:35depuis quatre semaines, l'évolution du prix du carburant.
05:38Il y a les hausses et pas de chèques et pas d'aides.
05:41Absolument.
05:41On va regarder l'évolution du prix du baril de Brent.
05:47102 dollars.
05:48C'était ce matin entre 102 et dollars, un petit peu plus de 102 dollars.
05:52C'est un petit peu plus qu'hier, 100 dollars.
05:54Mais lorsque l'on prend de la hauteur, vous le voyez,
05:56c'est quand même en baisse par rapport au 20 mars dernier.
06:00Le prix du baril de Brent était de 110 dollars.
06:03Une baisse.
06:04Et pourtant, la pompe, lui, le prix ne baisse pas.
06:06Vous en parliez, Olivier.
06:08Regardez cette évolution que l'on a faite sur un mois.
06:11Le sansplomb 95 est en moyenne aujourd'hui à 1,98 euros.
06:14C'est donc plus de 30 centimes du litre depuis un mois en augmentation.
06:19Le gazole, quant à lui, est autour des 2,15 euros en moyenne par litre.
06:23C'est donc une augmentation de 46 centimes du litre.
06:26Alors, est-ce que la France peut t'envisager peut-être de faire un geste
06:30comme l'ont fait nos voisins, l'Italie ou encore l'Espagne ?
06:32On a entendu Maude Bréjon et ce matin, elle l'expliquait.
06:34Nous n'en avons pas les moyens.
06:36Écoutez la porte-parole du gouvernement.
06:38Le premier objectif, c'est encore une fois d'accompagner les difficultés de trésorerie
06:43avec des mesures qui sont neutres pour les finances publiques.
06:47Je crois qu'il est important d'avoir un discours de vérité.
06:51J'entends beaucoup d'oppositions politiques,
06:53notamment venir sur vos plateaux avec beaucoup de démagogie,
06:57des demandes de baisse de taxes qui avoisinent les 10 ou 15 milliards d'euros.
07:03Pour l'État par an, ce n'est pas raisonnable.
07:05Nous n'avons plus les moyens du quoi qu'il en coûte
07:08et la situation n'a rien à voir avec ce qu'elle était en 2022-2023.
07:15Elle évoque donc la situation en 2022.
07:17Et pourtant, au début de la guerre en Ukraine, on le rappelle,
07:20dès les premiers mois, dès les premières semaines,
07:22l'État sort à plusieurs reprises le chéquier.
07:25L'objectif, évidemment, atténuer la flambée des prix du carburant.
07:29Et au total, la facture, la voici, 8 milliards d'euros dépensés
07:33pour les différentes remises de carburant en 2022.
07:36Aucune annonce pour le grand public, mais des mesures très ciblées.
07:40Annoncée notamment ce matin sur notre antenne, la ministre de l'Agriculture dévoile plusieurs points
07:44pour soutenir le secteur.
07:47Un prêt des prix carburants à court terme et plus globalement.
07:51Un grand plan en gré, des reports de cotisations sociales,
07:54mais aussi des prêts structurels à hauteur de 500 millions d'euros.
07:58Merci, Nargis Adji.
07:59Alors, Antoine Armand, vous avez été ministre de l'économie de Michel Barnier.
08:05Si vous étiez aujourd'hui à la place de Laurent Lescu, vous tiendrez le même discours.
08:08Pas d'aide, parce qu'on n'a plus d'argent dans les caisses ?
08:10Roland.
08:11Qu'est-ce que j'ai dit ?
08:12Laurent.
08:13Laurent, c'est l'évole, ça fait si mal.
08:14Nancy n'est pas Nancy, et c'est Roland n'est pas Laurent.
08:18Pardon.
08:19Non mais, c'est extrêmement important d'avoir le courage de dire la vérité dans cette période-là.
08:23Première vérité, il n'y a plus l'argent dans les caisses de l'État.
08:26C'est bien placé pour vous en parler.
08:27J'ai été ministre de l'économie, et notre gouvernement a été censuré par inconscience
08:31de la problématique de la dette dans ce pays.
08:34Deuxième vérité, on est malheureusement aux frontières, à l'orée d'un conflit qui est mondialisé,
08:41pas exagérer les choses, mais d'un conflit mondialisé, qui a un impact.
08:44Roland Escu parlait à juste titre d'une forme de pré-choc pétrolier, qui a un impact gigantesque.
08:49Et vous venez très bien d'expliquer qu'en quelques jours, semaines, on peut avoir des variations de 10, 20,
08:5330, 40 %.
08:54Donc, face à ça, sortir un chèque généralisé, un peu comme ça avait été fait il y a quelques années,
09:00100 euros pour 30 millions de foyers égale 3 milliards d'euros en une journée perdue pour le contribuable français
09:06à terme,
09:06sans que ça fasse une très grande différence sur quelques mois,
09:09c'est de la démagogie et de l'argent perdu pour tout le monde.
09:12Une fois que j'ai dit ça, vous voyez bien la situation dans laquelle est aujourd'hui le gouvernement.
09:16Il va falloir apporter une réponse.
09:18Il va falloir apporter une réponse aux agriculteurs qui veulent mettre de l'essence dans leur tracteur
09:22et qui ne vont pas pouvoir indéfiniment supporter ces coûts aux artisans qui ont des chaudières au fioul.
09:27Donc, je pense que la bonne piste, je comprends qu'elle est examinée, j'espère qu'elle le sera vite,
09:31la bonne piste, c'est pour les catégories de professionnels les plus touchés,
09:35pour ceux qui font tourner la machine économique, apporter des solutions ciblées, mais pas balancer des milliards.
09:40Je regarde ce que font nos voisins. L'Espagne a présenté un plan de 5 milliards d'euros
09:45qui inclut une baisse de la TVA et une remise allant jusqu'à 30 centimes par litre de carburant à
09:50la pompe.
09:51En Italie, c'est un décret loi qui a réduit le prix des carburants de 25 centimes par litre.
09:55Et il y a des mesures similaires qui ont été prises au Portugal et en Suède.
09:58Donc, nos voisins peuvent le faire, mais nous, on a tellement dépensé qu'on ne peut plus rien faire, c
10:03'est ça ?
10:04Alors, d'abord, oui. Vous avez très bien résumé la chose.
10:07Oui, l'Italie fait des économies substantielles depuis des années et a un plan de redressement de ses comptes.
10:12Et c'est pour ça qu'elle emprunte aujourd'hui à des taux plus favorables que la France.
10:16C'est la première réalité qui est très désagréable à dire, mais qui est la première vérité.
10:19Ce que dit la porte-parole du gouvernement en Italie, c'est que c'est au dépens, ce crédit, de
10:23la sécurité et des services hospitaliers.
10:24Et deuxième sujet, ces 5 milliards sont pris en partie ailleurs.
10:27Et je ne sais pas si vous avez remarqué, en France, quand on parle de dépenses supplémentaires, on est très
10:30nombreux.
10:31Quand on parle de potentielles économies, il n'y a tout de suite plus personne autour de la table.
10:34Donc, moi, je veux bien, mais que les oppositions qui proposent de dépenser 5 ou 10 milliards en quelques jours,
10:40sans que ça puisse à la fin forcément mener à une baisse du prix, parce que le prix peut continuer
10:44à augmenter,
10:45proposent les 5 ou 10 milliards d'économies en face.
10:47Disons aussi les choses.
10:48Je crois qu'il faut se concentrer sur des aides ciblées pour les professionnels et pour l'économie.
10:52Justement, puisque vous parlez des oppositions, je vous propose d'écouter l'attaque portée aujourd'hui par Marine Le Pen,
10:59qui parle vraiment des profiteurs de crise.
11:03L'État obtient des financements supplémentaires par rapport à ce que le budget a prévu précisément,
11:09parce que l'augmentation du prix entraîne l'augmentation corrélative des taxes.
11:14Donc, l'État se comportant comme un profiteur de crise, compte tenu de l'angoisse dans laquelle cette augmentation plonge
11:25les Français,
11:26ce n'est pas admissible.
11:27Donc, il faut trouver évidemment des solutions, non pas pour dégrader le budget de l'État,
11:33mais pour qu'au moins, il ne se comporte pas comme un profiteur de crise.
11:37– Vous êtes un profiteur de crise au gouvernement ?
11:40– Je pense que chacun a un peu de culture et de mémoire sur ce plateau
11:44et se rend bien compte à quelle rhétorique appartiennent ces mots de profiteur de crise et de profiteur de guerre.
11:52– Est-ce que ça fait gonfler les recettes ?
11:53– C'est la rhétorique très grave d'ailleurs, très grave dans la bouche d'un responsable politique.
11:57– Mais est-ce que ça fait gonfler les recettes de l'État ?
11:59– Ça, c'est concret, est-ce que ça fait gonfler les recettes de l'État ?
12:02– Il y a une partie de taxes qui sont dites flottantes et qui s'adaptent en fonction de la
12:05hausse du prix
12:06et qui sont limitées et qui donc n'augmentent pas indéfiniment.
12:09Puis il y a une autre part, comme la taxe sur la valeur ajoutée,
12:12qui suit une partie de l'augmentation du prix.
12:14Mais on revient à notre argument.
12:16– Oui, mais ça fait combien ?
12:17Moi, je voudrais savoir, Frédéric, on est capable d'avoir un chiffre
12:19combien en quatre semaines l'État a récolté en plus ?
12:24– C'est très difficile à dire.
12:25En tout cas, oui.
12:26– Ça, c'est bien de savoir.
12:27– On peut faire des calculs.
12:31Je ne crois pas qu'ils aient encore été faits.
12:33Je crois que la TVA sur le carburant doit être de l'ordre entre 15 et 15.
12:3620 milliards peut-être par an.
12:38Je parle sous votre contrôle.
12:40Donc si on est sur une augmentation de 30%,
12:42on peut considérer que c'est quelques milliards en plus
12:44qui vont rentrer dans les caisses de l'État.
12:46– Donc ces quelques milliards, on pourrait les revenir sur la TVA.
12:48– Attention, ça c'est 15 à 20 milliards par an.
12:51Là, on parle d'une augmentation sur quelques semaines.
12:54C'est-à-dire que si cette hausse était durable et tenait un an,
12:58alors ça ferait cette somme-là.
12:59– Oui, mais là, est-ce qu'on peut parler en milliards, là ?
13:01– Non, on ne peut pas en trois semaines,
13:03avec des variations en centaines de millions.
13:05– Et c'est pour ça, et il faudrait faire les questions,
13:07c'est pour ça que…
13:08– Ça serait intéressant d'avoir le chiffre,
13:10par souci de transparence pour les citoyens et pour les automobiles.
13:12– Vous avez fait une très belle infographie tout à l'heure
13:14qui montre que de jour à jour, ça change en dizaines de pourcents.
13:18Alors, c'est très pénible de dire une réalité qui fâche,
13:21mais la réalité, c'est que ce n'est pas en bougeant de 10 points la TVA du jour au
13:25lendemain,
13:26ni qu'on va régler le problème, ni qu'on va régler la dette,
13:28ni le problème du pouvoir d'achat.
13:30– Pour être transparent et pour justement peut-être couper court à cette rumeur
13:34comme quoi l'État sera profiteur de crise,
13:37ça serait bien de dire précisément quelles sont les recettes,
13:40est-ce qu'elles sont plus importantes,
13:42et que fait-on de cet argent ?
13:43Est-ce qu'on va le redistribuer plus ou moins aux professionnels ?
13:46– L'État ne regarde pas chaque jour comme un caissier,
13:49ce qu'il a gagné au bout de chaque journée.
13:51– C'est peut-être d'ailleurs le problème.
13:53– Pardon, mais il faut aussi dire la vérité,
13:55on ne peut pas diriger un État en regardant chaque jour une recette ou une dépense.
13:59Malheureusement, j'aimerais bien en temps réel.
14:00– Mais sur 4 semaines, on ne peut pas faire un premier bilan ?
14:02– Peut-être sur 4 semaines, mais si le prix chute ensuite de 30%,
14:05vous aurez récupéré la différence.
14:07Pardon d'être technique, mais la réalité,
14:08c'est que quand on parle au bout de quelques jours d'augmentation
14:12et pas les mêmes de profiteurs de crise,
14:14en réalité, on ne veut pas parler de la crise,
14:15on veut parler des profiteurs, supposés, des boucs émissaires
14:18et on veut se défausser de la vraie responsabilité
14:21qui est faire des économies de long terme pour se permettre…
14:24– Marine Le Pen n'est pas aux affaires.
14:26– Pardon, mais elle a censuré les gouvernements
14:28qui voulaient faire des économies.
14:29– Et vous en savez quelque chose ?
14:31– J'en sais quelque chose.
14:32Vous ne pouvez pas vous plaindre.
14:33– Et notamment le gouvernement Barnier.
14:35– Appeler à des dépenses faramineuses sans le début d'une économie.
14:39– Donc vous renvoyez Marine Le Pen à ses contradictions ?
14:43– Alors, justement, parce qu'il y a l'INSEE qui surveille la conjoncture économique,
14:48Frédéric Bianchi, Marie-Chantret.
14:49Et ce que vient de dire l'INSEE, c'est qu'en raison de la crise des hydrocarbures,
14:53on va avoir des prévisions de croissance revues à la baisse,
14:57c'est-à-dire qu'il va y avoir moins d'activité.
14:58– Pour le moment, c'est léger.
14:59On est sur 0,1, sur 0,1 point, donc ce n'est pas grand-chose encore.
15:03En revanche, si ça se prolonge, on passe de 0,3 prévu à 0,2.
15:08Bon, on n'est pas encore en période de crise.
15:10On ne peut pas vraiment…
15:11On est toujours sur une croissance positive.
15:13En revanche, ce que des lignes c'est aussi, c'est que si ça continue,
15:16c'est à partir de la fin de l'année, en tout cas du deuxième semestre,
15:20si le carburant continue à être aussi élevé,
15:23ça va continuer à se répercuter dans l'économie.
15:25Il y aura moins d'activité et à ce moment-là, évidemment,
15:28il y aura moins de recettes aussi pour les recettes de l'État.
15:31Parce que là, effectivement, peut-être qu'il y a des recettes de TVA
15:33un peu supérieures depuis deux semaines,
15:35mais derrière, s'il y a une crise économique,
15:37eh bien, ça fait moins de recettes fiscales
15:39et on sait très bien que ce qui a creusé le déficit entre 2022 et 2023,
15:43c'est cette activité ralentie.
15:46Juste un mot sur l'Espagne.
15:47C'est vrai que l'Espagne, c'est spectaculaire ce qu'ils ont fait.
15:48L'Espagne, ils ont mis 5 milliards d'euros sur la table.
15:51Ça fait baisser le prix du carburant à 1,50€ à peu près
15:54sur le carburant de sa plan 95.
15:57C'est vrai qu'on se dit 1,50€, moi j'aimerais bien l'avoir à ma pompe
16:00en sortant du travail.
16:01Sauf que l'Espagne, qu'est-ce qu'ils ont fait ?
16:03Ils ont fait ce travail, justement, d'appurer les comptes.
16:05Ils sont dans les critères de Maastricht.
16:08Quand nous, on arrive à 4,5% de déficit cette année
16:11parce que les députés n'ont pas fait leur travail,
16:13on va dire ce qu'ils ont voulu dépenser
16:15en donnant aucune marge de manœuvre à l'État,
16:17quand le premier choc arrive, on ne peut rien faire.
16:21L'Espagne a fait le travail.
16:22Aujourd'hui, ils peuvent mettre 5 milliards pour aider leurs concitoyens.
16:24Ça, c'est une leçon quand même que la France doit retenir, ça, Antoine Armand.
16:27Quand j'étais ministre économie l'année dernière,
16:29j'allais à Bruxelles et je discutais avec mes partenaires européens.
16:33Je discutais avec mon homologue espagnol
16:34qui avait baissé les pensions de retraite de 15%,
16:37baissé, pas désindexé sur l'inflation, baissé.
16:40Je discutais avec mon homologue italien
16:42qui avait traversé une crise
16:43pendant laquelle on avait fait 10 à 20% d'économie.
16:46avec mon homologue laiton
16:48qui avait lui carrément fait des coupes
16:49qui sont folles d'ailleurs et drastiques
16:52et qui ne sont pas souhaitables même pour la France.
16:54Nous ne pouvons pas être le seul pays en Europe
16:56qui continue à avoir un déficit de plus de 5%
17:00et qui croit qu'il peut réagir
17:02comme les autres pays à coups de milliards d'euros.
17:04Nous ne pouvons plus.
17:05Et je pense que malheureusement...
17:06D'accord, vous ne pouvez plus, mais Antoine Armand,
17:07vous avez eu la majorité absolue
17:08pendant 5 ans de 2017-2022.
17:11Quand je dis vous, c'est-à-dire les macronistes.
17:13Emmanuel Macron, à ce moment-là,
17:15aurait pu faire ses économies.
17:17Et le problème, c'est qu'il y a eu le Covid,
17:18le quoi qu'il en coûte,
17:20et tout a déraillé.
17:22Vous avez résumé une partie du problème.
17:24Au début du mandat, il y a eu des économies,
17:26il y a eu une réduction du déficit,
17:28et puis la crise des gilets jaunes,
17:30la crise du Covid,
17:31la crise de la guerre ukrainienne,
17:33et sans doute, moi je n'ai pas de problème à le dire,
17:35une durée du quoi qu'il en coûte trop élevée
17:37et des chèques trop généralisés.
17:39Et encore récemment.
17:40Mais est-ce qu'en tant que, maintenant,
17:42nouvel élu, nouveau maire de terrain,
17:44vous avez des remontées ?
17:46Parce que vous savez, dans le monde politique,
17:48on a ce qu'on appelle ces irritants.
17:50Et ô combien les hausses des prix de l'énergie,
17:52du carburant,
17:54en sont un irritant.
17:557 Français sur 10 se dépêchent chaque jour en voiture.
17:57Exactement.
17:58J'entends votre proposition
17:59d'aider certaines catégories socioprofessionnelles,
18:01mais en tout cas,
18:02ça reste que des millions de Français
18:04ne seraient pas impactés par ces aides.
18:06Est-ce que vous êtes inquiets
18:08de possibles mouvements
18:10qui pourraient, si ça devait durer,
18:12s'inscrire en temps ?
18:13Ça va être très dur pour le gouvernement de tenir
18:14pour les raisons que vous avez indiquées.
18:16Maintenant, il faut faire confiance aux Français,
18:18il faut faire confiance aux habitants.
18:20Les gens comprennent
18:21qu'il s'agit d'une crise mondiale
18:22et que la France,
18:24dans sa situation budgétaire...
18:25Vous pensez que les gens vraiment le comprennent ?
18:26Je pense que les gens feront confiance
18:28aux dirigeants qui ont le courage,
18:30la lucidité de dire
18:31nous ne pouvons plus ouvrir les vannes
18:33et dépenser des milliards.
18:34Merci Antoine Armand,
18:36ancien ministre de l'Économie.
18:37Allez.
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