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Avec Geneviève Salsat, Fondatrice du cabinet de conseil en stratégie politique Public Conseil, auteure de "La Valse du pouvoir" (Éditions de l’Observatoire)


Retrouvez La France dans tous ses états avec Périco Légasse du lundi au jeudi de 12h à 14h sur #SudRadio.

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##LE_FACE_A_FACE-2026-03-17##

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News
Transcription
00:00Le face-à-face
00:02Vous êtes bien sur Sud Radio en ce mardi 17 mars 2026, il est 13h04.
00:07Nous allons parler politique mais d'une façon très originale, d'une façon poétique, d'une façon culturelle.
00:12Je reçois Geneviève Salsa, ancienne conseillère parlementaire à l'Assemblée Nationale de députés historiques,
00:19on en a parlé tout à l'heure, habituée des coulisses du pouvoir.
00:23Elle a un carnet d'adresses politiques absolument fabuleux.
00:26Elle est présidente et fondatrice de public conseil et je l'invite aujourd'hui pour un ouvrage, une friandise, un
00:33délice,
00:33surtout dans le débat actuel qui est un petit peu tendu, un petit peu quelquefois, un petit peu acide, un
00:37petit peu amer.
00:38La valse du pouvoir, on va vous en dire plus, ce sont des lettres à Jean de La Fontaine.
00:43Geneviève Salsa a rencontré des hommes politiques, des femmes politiques, François Hollande, Manuel Valls, Crétine Lagarde, Eric Verse,
00:49François de Rugy, Robert Ménard et d'autres, et Ségolène Royal.
00:53Et ils se révèlent, elles les révèlent tous à travers des fables.
00:57Geneviève Salsa, merci d'accepter cette invitation sur Sud Radio aujourd'hui.
01:00J'allais dire, quelle mouche vous a piqué pour faire cette lecture de notre classe politique à travers la poésie
01:06et Jean de La Fontaine ?
01:07Merci, merci de me recevoir.
01:09Écoutez, je connais la politique évidemment depuis longtemps.
01:13Et j'adore La Fontaine et je trouvais que finalement, cet auteur a été un des meilleurs chroniqueurs de son
01:21temps, de la cour de Louis XIV et de la politique sous Louis XIV au XVIIe siècle.
01:26Et en relisant ces fables, je les ai trouvées d'une telle actualité que j'ai trouvé qu'elles s
01:30'appliquaient parfaitement à la cour d'aujourd'hui.
01:32C'est du Saint-Simon mais en vert. Enfin, c'est une autre approche, c'est une lecture.
01:36Mais nous apprenons. Alors Saint-Simon, c'est de l'essayisme politique très concret.
01:40Et avec La Fontaine, on a seulement, non seulement une approche, j'allais dire, du pouvoir à la classe politique,
01:45de la société, des mentalités.
01:46Et il se moque, bien entendu, sans les citer.
01:49A l'époque, évidemment, nous sommes sous le règne du roi Soleil.
01:52C'est la monarchie absolue.
01:53Et il se permet des impertinences, des étinsolences qui, paradoxalement, sont toujours valables et correspondent encore à des phénomènes actuels.
02:02Oui, absolument. Alors La Fontaine a dit, je fais parler les animaux pour mieux décrire les hommes.
02:07Mais c'est tout à fait ça.
02:09Et on retrouve dans les vers de La Fontaine, avec beaucoup d'ironie et beaucoup de subtilité,
02:14les trois temps forts, finalement, de la politique que j'ai repris dans mon livre,
02:17qui sont l'ambition, qui est la première étape.
02:20Ensuite vient l'amitié, parce que, finalement, c'est un monde clos, la politique.
02:25Et donc, est-ce que l'amitié existe ?
02:27Et puis, le pendant de ça, et qui est la troisième étape, c'est la trahison.
02:30Alors, avant de rentrer dans le vif du sujet et de passer en revue les personnalités que vous avez la
02:34fontaineisée, si je puis dire,
02:37par quel biais vous utilisez la poésie de La Fontaine ?
02:39Vous refaites une lettre, c'est ça ?
02:41Vous faites écrire la personne concernée ?
02:44En fait, je me suis inspirée de Madame de Sévigné, qui a été sa grande amie,
02:50On reste dans le contexte de l'époque, historique.
02:52On reste dans le contexte de l'époque, qui a été sa grande amie et qui a beaucoup écrit sur
02:55les politiques de leur époque,
02:57les gens qu'elle rencontrait, etc.
02:59Et du coup, moi, j'ai eu envie de raconter à La Fontaine, à la manière de Madame de Sévigné,
03:04les politiques d'aujourd'hui.
03:05Elle fait partie, avec la marquise de La Fayette et Madame de Stal, des femmes dont, je me souviens, Marguerite
03:13Cursenard,
03:13arrivant, nommée première femme nommée à l'Académie française, elle a dit, avant moi, on aurait pu venir, voilà,
03:18ces femmes, Madame de La Fayette, Madame de Stal, Madame de Sévigné, et bien entendu, Georges Sord.
03:23Le fait d'utiliser la poésie, ça a toujours calé avec le profil des personnages ?
03:28Ou quelquefois, vous avez dû adapter un petit peu votre prose ?
03:30Alors, je n'ai pas voulu caler les animaux de La Fontaine sur un personnage politique.
03:36Mais par contre, j'ai calé les fables sur les tranches de vie qu'ils m'ont racontées.
03:41Je suis allée les interviewer.
03:42Donc, vous êtes allée les confesser, si je puis dire, même.
03:45C'est vraiment une confession, ils se confient.
03:48Oui, ils ont tous, je dois dire, joué le jeu.
03:51Ils m'ont raconté des choses de façon très sincère sur les trois sujets du livre.
03:57Et j'ai passé beaucoup de temps avec eux.
04:00Et vraiment, ils se sont livrés à travers ces fables.
04:04On sent bien qu'ils ont compris que vous ne venez pas pour les piéger.
04:07Pas du tout.
04:07On est vraiment dans un profil personnel.
04:09Et d'ailleurs, ce qui est extraordinaire, j'en connais quelques-uns,
04:13soit personnellement, soit à travers leur histoire,
04:15ils vous racontent des choses qu'ils ne disent pas ailleurs.
04:17Et nous découvrons des aspects de leur personnalité,
04:19qu'on les aime ou qu'on les aime pas, un petit peu en attendu.
04:23Vous les humanisez tout à fait à travers ce profil.
04:26Tous se sont confiés facilement ou il y en a qui ont été plus difficiles à questionner ?
04:32Est-ce qu'il a fallu les passer à la question ?
04:33Non, non, je dois dire qu'ils ont joué le jeu.
04:36Alors, sans doute amusés au départ par ce prisme de La Fontaine.
04:40Et puis ensuite, ils se sont pris au jeu.
04:43Et ils ont eu envie de me raconter, finalement, ce qui leur est arrivé
04:47dans le cadre de l'exercice de leur pouvoir.
04:50Et ils ont senti qu'en fait, effectivement, moi, je ne voulais pas les piéger.
04:54Ce n'était pas le but du livre.
04:55Le but, c'était de faire un pendant entre la cour de Louis XIV et les politiques d'aujourd'hui.
05:00Et puis de les humaniser, quelque part, en racontant ce qui leur est arrivé
05:05et en calant des fables qui illustrent ce qu'ils me racontaient.
05:09Alors, vous l'avez dit dans votre intervention, votre premier chapitre, c'est sur l'ambition.
05:14Je cite.
05:15« Deux démons à leur gré partagent notre vie et de son patrimoine ont chassé la raison.
05:19Je ne vois point du cœur qui ne leur sacrifie.
05:22Si vous me demandez leur état et leur nom, j'appelle l'un amour et l'autre ambition. »
05:27Le berger et le roi, livre X.
05:29Pourquoi ce verset-là sur l'ambition ?
05:31Qu'est-ce qu'il raconte en particulier ?
05:32Écoutez, le berger et le roi, c'est la fable type de l'ambition.
05:36Un berger qui est tranquille avec ses troupeaux.
05:39Et puis le roi passe par là.
05:41Il trouve qu'il s'occupe bien de ses troupeaux.
05:43Il lui dit « Laisse-là tes troupeaux et suis-moi.
05:45Je vais te faire le berger des hommes. »
05:48Et ce berger devient le conseiller du roi.
05:52Et évidemment, toute ambition suscite jalousie et on cabale et on suscite contre lui.
05:58Alors vous dites que ça touche une catégorie humaine d'hommes politiques très particuliers.
06:02Vous parlez de ceux d'ailleurs qui peuvent relever de la dynastie.
06:05Les Habits, le ministre de l'Éducation nationale, on s'est fait une réforme Habits.
06:08Dominati avec Laurent, les Pognatowski aussi.
06:12Mais votre premier candidat, si je peux m'exprimer ainsi, pour cette définition d'ambition, c'est François Hollande.
06:18Au début, je ne connaissais personne.
06:19Et oui. Au début, ils ne connaissaient personne.
06:22Mais comme Manuel Valls, comme Éric Wörth, comme Dupont-Aignan, comme beaucoup.
06:27Au début, ils ne connaissent personne.
06:29Et en fait, au fur et à mesure des interviews que j'ai faites, des entretiens que j'ai eus
06:33avec eux,
06:34je me suis rendu compte que c'est des gens qui sont quand même motivés par la politique depuis leur
06:39plus jeune âge.
06:40Ils ne sont pas rentrés parce qu'il y avait de la lumière.
06:41Ils sont rentrés parce qu'ils ont ça dans le sang depuis très longtemps, très jeunes.
06:47Dupont-Aignan, ça l'a pris il y a 12 ans.
06:49François de Rugy, il a vu à 5 ans sa plage souillée par une marée noire.
06:54Les oiseaux englués, ça l'a marqué à vie.
06:57Il a devenu, ça a été l'essence même de son combat politique.
07:00Sauver la nature contre la main destructrice de l'homme.
07:04Voilà.
07:04C'est des gens qui, au départ, ne connaissent personne.
07:06Et qui, à force d'échecs aussi, la victoire ne vient pas tout de suite, arrivent certains au plus au
07:13sommet de l'État.
07:13Il en est même dont on sait que dès leur plus jeune âge, quelqu'un de la famille, une grand
07:17-mère ou une tante a dit tu seras président.
07:20Valéry Giscard d'Estaing savait qu'il avait une destinée présidentielle.
07:23D'autres aussi.
07:24François Mitterrand peut-être.
07:26Et là, en tout cas, avec Emmanuel Macron, on sait que Manette, la grand-mère, lui a toujours dit qu
07:29'il serait quelqu'un de très important.
07:31Et finalement, est-ce que l'on accomplit son destin politique parce qu'on vous y a poussé ?
07:35Ou alors, il peut y avoir le chromosome intérieur.
07:38Depuis le début, on les voit bien.
07:40Il y a des gens qui vous poussent à y aller.
07:42Et puis, il y a aussi, quelquefois, on sort un petit peu du sujet, mais ça pourrait venir,
07:46en fin de carrière, je pense à Jean-Michel Aulas, je n'avais pas du tout vrai vu.
07:49Et puis, à 70 ans, je décide que je vais me lancer en politique parce que finalement, la France ou
07:54le pays a besoin de mes compétences.
07:55Mais vous savez, c'est le cas aussi de Gilbert Collard.
07:59Collard, avocat, avocat, qui est cité dans mon livre, qui pouvait très bien rester avocat.
08:05Mais tiens, à un moment donné, se dit, ça ne suffit pas.
08:08Si je veux faire quelque chose, et c'est sans doute que là, c'est pareil,
08:12si je veux agir, il faut que je passe un cap.
08:15Et le cap, c'est la politique.
08:16Alors, vous les reconnaissez, vous qui les reconnaissez, dans les femmes de La Fontaine.
08:22Chacun a une approche particulière de La Fontaine.
08:25Certains, ça peut être soit d'une façon un peu moqueuse, un peu prémonitoire.
08:29C'est une petite leçon de morale que vous leur appliquez à chaque fois.
08:32Dans les femmes, il y a toujours une petite morale à la fin.
08:36Mais en fait, ils sont comme tous les Français, ils adorent La Fontaine.
08:39Pour l'ironie de La Fontaine, pour la vérité de La Fontaine,
08:43et pour la façon incroyable dont ils décrivent les choses.
08:46Tous m'ont dit, la politique, c'est la vie.
08:48Et La Fontaine, c'est la vie.
08:50C'est peut-être l'auteur le plus universel, d'abord, qui berce depuis notre jeune enfance,
08:54qui reste, et qui restera toujours, d'actualité.
08:56Je reçois Geneviève Salsa, auteur de La Valse du Pouvoir, lettre à Jean La Fontaine,
09:01en passant en revue, j'allais dire, pas tout le personnel politique,
09:06mais une grande partie, en tout cas, de gens qui ont des personnalités spécifiques.
09:09Et vous avez ce décryptage de leur esprit politique, de leur âme,
09:13à travers les poésies de La Fontaine.
09:15C'est un ouvrage, c'est succulent.
09:17C'est vraiment une friandise.
09:18Et dans le débat actuel, c'est un bonheur de vous lire.
09:20Vous nous appelez au 0826-300-300.
09:23Je ne sais pas si vous-même, vous avez une approche lafontaineienne de la vie politique,
09:27ou si vous avez envie d'en discuter.
09:29En tout cas, Geneviève Salsa répondra à votre question,
09:31si vous avez envie de donner un avis.
09:32Vous pouvez même aller sur le dérain politique actuel.
09:35Geneviève Salsa a suffisamment d'expérience et de relations dans le monde politique
09:38pour décrypter hors sujet, puisque l'actualité est très riche,
09:41pour décrypter l'actualité d'aujourd'hui.
09:440826-300-300 et l'excellente Emmanuel Galasso attend votre appel à tous.
09:49Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, Perico-Legas.
09:55Vous êtes bien sur Sud Radio et vous y êtes dit,
09:58mais aujourd'hui que je reçois Geneviève Salsa, auteur de La valse du pouvoir,
10:03est-ce que c'est un essai, est-ce que c'est un traité,
10:05est-ce que c'est presque un document politique, voire historique,
10:07quand on le lira dans 100 ans, on dira, mais c'est extraordinaire,
10:10c'est ce personnel politique de l'époque.
10:12Et Geneviève Salsa passe au crible de la poésie de La Fontaine,
10:17différentes personnalités.
10:18haut placées dans la politique française.
10:21On évoquait, là on est toujours sur le chapitre de l'ambition,
10:24Françoise Salsa, on parlait de François Hollande,
10:26Manuel Valls, sacré personnage lui aussi.
10:28Il est un peu La Fontaine, également.
10:30Oui, alors Manuel Valls, au chapitre de l'ambition,
10:33ce qui est extraordinaire.
10:34Je cite la phrase d'introduction,
10:35vous êtes passionné, happé, vous commencez à avoir des responsabilités,
10:38la politique vous prend.
10:40Ça c'est lui qui le dit.
10:41C'est ça, mais lui, lui vraiment, il est l'incarnation de la politique,
10:44c'est la vie que tous m'ont dit.
10:46Mais Manuel Valls, il a une histoire extraordinaire,
10:48parce qu'il n'est pas français au départ.
10:50Il est catalan.
10:51Il est catalan.
10:52Donc espagnol, mais lui il se dit catalan.
10:54Il arrive en France,
10:58et son entrée en politique,
10:59c'est une lettre, une lettre timide.
11:02Il toque à la porte du Parti Socialiste timidement,
11:04en envoyant une lettre au Parti Socialiste,
11:06en disant, est-ce que j'ai le droit d'adhérer
11:08à un parti politique français, alors que je ne suis pas français ?
11:12Démarche épistolaire, je fais le remarquer juste,
11:14c'est une lettre.
11:15Voilà, on est déjà dans les lettres.
11:17Et il reçoit une réponse magnifique sur l'antifranquisme, etc.
11:23Non pas du Parti National,
11:26mais de la section parisienne,
11:27de quelqu'un qui fera son chemin depuis,
11:30de Bertrand Delanoé,
11:31qui deviendra maire de Paris.
11:32Maire de Paris, qui est son parrain en politique,
11:34et qui lui fait rentrer au Parti Socialiste.
11:36Et ensuite, on connaît la carrière inattendue.
11:39Alors, socialiste très républicain,
11:42patriote sur les laïcités,
11:43et puis devient Premier ministre,
11:45alors qu'il est dernier à la primaire de la gauche.
11:48On reprochera Hollande, d'ailleurs,
11:49si on fait une primaire,
11:50c'est quand même pour faire un choix
11:51dans le personnel politique.
11:52Et tu mets à Matignon celui
11:53dont le peuple de gauche n'avait pas voulu.
11:56Et puis ensuite, l'épisode,
11:57je quitte la France parce que je ne suis pas aimé.
11:59Il va en Catalogne,
12:01il dérape quand même à Barcelone,
12:02même s'il fait un groupe municipal.
12:05Il fait élire contre toutes les pratiques
12:07de la démocratie espagnole
12:08où le premier groupe est élu.
12:09C'est lui, en faisant le jeu des alliances,
12:11quand on est aujourd'hui,
12:12qui fait élire Mme Collao, maire de Barcelone.
12:14Et puis, il revient en France.
12:16Il essaie de se réacoquiner
12:19avec la vie politique française
12:20des liens avec la Macronie.
12:22Et ça ne marche pas.
12:23C'est quand même une déception.
12:25Alors, il l'explique très bien dans le livre.
12:27Moi, je lui ai posé la question,
12:28mais pourquoi Barcelone ?
12:30Alors qu'il savait que ce n'était pas possible.
12:33Il parle catalan.
12:34Il parle catalan,
12:34mais il a très vite compris
12:35qu'il ne gagnerait pas.
12:37Un homme système.
12:38Mais voilà.
12:39Et il m'a dit une phrase extraordinaire.
12:41Il m'a dit,
12:41mais quand vous êtes un homme politique
12:42de premier plan,
12:44soit vous allez chez le psy
12:45et le lendemain,
12:46tout le monde est au courant
12:47de tout ce que vous avez dit,
12:50soit vous essayez de vous réinventer ailleurs.
12:52Et c'est ce qu'il a essayé de faire à Barcelone.
12:54On lui a reproché de venir
12:56comme le missionnaire
12:58de la belle et grande démocratie française
13:00apprendre à ces sauvages de catalans
13:03les valeurs de la démocratie française.
13:05Et d'ailleurs, il y a une scène qui choque.
13:06Il y a le président de la Generalitat
13:07qui vient me saluer
13:08à mon conseil municipal de Barcelone,
13:10qui est élu,
13:11qui est un nationaliste indépendantiste.
13:12Et Emmanuel Valls refuse devant la caméra
13:14de lui serrer la main.
13:15On avait trouvé que ce n'était pas très républicain.
13:18comme geste.
13:19Alors, sa démarche,
13:20ce n'était pas celle-là.
13:21Ce n'était pas
13:21je viens apporter la démocratie française.
13:23Non, c'était plus
13:25parce que c'est une bête politique,
13:27Emmanuel Valls.
13:28Et il a des vraies convictions.
13:30Donc, il fallait qu'il...
13:32S'il ne pouvait plus les porter ici,
13:33il fallait qu'il les porte ailleurs,
13:34dans son pays d'origine.
13:36Et bon, ça n'a pas marché.
13:38Mais c'était une démarche,
13:39au départ, viscérale et sincère.
13:41Qu'en pense La Fontaine ?
13:42C'est un guerrier ?
13:43C'est un courageux ?
13:45C'est un...
13:45Je pense que La Fontaine,
13:47alors, il y a plusieurs facettes
13:49chez Emmanuel Valls.
13:50Il y a le courageux,
13:51mais il y a aussi le traître.
13:53Parce que Emmanuel Valls
13:54a endossé, d'ailleurs, courageusement,
13:56le costume du traître
13:57quand il a refusé de suivre Benoît Hamon.
13:59Il a dit, je ne peux pas.
14:00C'est trop loin de mes convictions.
14:02Mais il n'a fait, finalement,
14:04que faire ce que beaucoup de Français
14:06ont fait en votant Emmanuel Macron
14:08et lui en se ralliant à Emmanuel Macron.
14:11Mais il fallait, quand vous êtes
14:13un homme politique de premier plan,
14:15endosser le costume de traître,
14:16y compris dans votre parti,
14:18ce n'est pas facile.
14:19Il faut le faire avec élégance, en plus.
14:21Donc, il est fabuleux
14:22au sens littéral du terme.
14:25Alors, on continue,
14:26on reste à la gauche.
14:27Édith Cresson
14:28dit à ton père
14:29que François Morland est là.
14:31Qui est François Morland ?
14:32Alors, François Morland,
14:33c'était le nom
14:35de résistance
14:36de Mitterrand.
14:37Vous savez pourquoi ?
14:38Il portait les noms
14:39des stations de métro
14:40de Paris,
14:41le colonel Passy.
14:42Alors, on se dit,
14:43mais Morland, si,
14:43c'est une station
14:44qui n'existe plus,
14:45qui est entre Bastille
14:46et Quai de la Rapée.
14:47D'ailleurs, si on regarde
14:48à travers la ville du métro,
14:49on voit les restes
14:49de la station Morland
14:50qui est à côté
14:51du boulevard Morland.
14:52Et donc,
14:53Édith Cresson
14:55voit arriver chez elle
14:56quand elle est toute petite.
14:57voit arriver pas chez elle,
14:58chez son amie
14:59qui deviendra
15:00la secrétaire
15:01de François Mitterrand
15:02toute sa vie.
15:04Mais Édith Cresson,
15:05elle rencontre
15:06la politique
15:06jeune, petite,
15:08petite fille
15:09de façon violente.
15:10C'est la guerre.
15:11Et ses conversations
15:12avec ses amis,
15:13c'était,
15:13est-ce que tu crois
15:14que sous la torture
15:15on peut ne pas parler ?
15:17C'est quand même
15:18une époque incroyable.
15:20Et peut-être
15:21que ça lui a donné
15:22ensuite le courage
15:23d'affronter
15:24tous les coups.
15:27violents
15:27de la politique
15:28qu'elle a subie.
15:29Il y aura toujours
15:29une ambiguïté
15:30sur la date d'engagement
15:31de François Mitterrand
15:33dans la résistance.
15:34Il n'est pas résistant
15:35en 40 et 41.
15:36Il est à partir
15:37de 43-44
15:38quand il sent
15:38que ça va tourner.
15:40Je me souviens
15:40d'une accusation
15:41de Jacques Toubon
15:43en pleine assemblée nationale
15:44disant,
15:45mettant en cause
15:47les véritables qualités
15:48de résistance
15:49de François Mitterrand
15:49qui est alors
15:50président de la République.
15:51Et Pierre de Ménouville,
15:52député,
15:53fait demi-tour
15:53dans sa voiture,
15:54revient à l'Assemblée,
15:55prend le micro
15:56et dit,
15:56je ne peux pas laisser dire ça.
15:58Il était des nôtres.
15:59Voilà,
15:59c'était un bel épisode
16:01de l'histoire de France.
16:02On va aborder,
16:03on va passer
16:04de l'autre côté
16:04de l'échiquier.
16:05Quelqu'un
16:06qui nous apprécions beaucoup
16:07parce qu'il est seul
16:08dans son courage,
16:09Nicolas Dupont-Aignan.
16:10C'était plus fort que moi,
16:11je pensais qu'à ça.
16:13Courageux,
16:13ce gars quand même.
16:14Alors,
16:15courageux,
16:15oui,
16:16courageux
16:16et pareil
16:17avec une honnêteté
16:18quand même.
16:19Il défend ses convictions.
16:20Insoupçonnable.
16:21Voilà,
16:21il défend ses convictions,
16:23mordicus,
16:23et lui,
16:24c'est pareil.
16:25Alors,
16:26il ne connaissait personne,
16:27mais à 12 ans,
16:29il prenait son vélo,
16:30il passait devant
16:30l'Assemblée nationale,
16:31il repassait en disant,
16:32mais comment je peux
16:33un jour y rentrer ?
16:34Et un jour,
16:35il est invité
16:36par un député
16:37à déjeuner
16:38dans le sein du sein
16:39à l'Assemblée nationale
16:40qui lui donne
16:41un conseil
16:42qu'il n'oubliera jamais,
16:43qui lui dit,
16:44monsieur,
16:45ne revenez que
16:46quand vous aurez un métier.
16:47Sinon,
16:48vous serez happé.
16:50Donc,
16:50il lui dit clairement,
16:51et Nicolas Dupont-Aignan
16:52rappelle,
16:53pas de politicien professionnel.
16:54Pas de politicien professionnel.
16:55On a d'abord un statut social
16:56avec la réalité
16:57de ce qui se passe
16:58dans ce pays.
16:58Et en vertu
16:59de ce qu'on a acquis
17:00par ce statut social,
17:01par cette expérience professionnelle,
17:03cette responsabilité,
17:04on peut prétendre
17:05être le représentant
17:06de la nation
17:07et député de la nation.
17:08C'est une très belle leçon
17:09de Nicolas Dupont-Aignan
17:12qui aimait beaucoup
17:12Marie-France Garrault,
17:14et qui me dit
17:16quelquefois,
17:17quand même,
17:17le thème de la souveraineté
17:19de la République,
17:19de la laïcité,
17:20à un moment donné,
17:21c'est-à-dire
17:21les fondements du gaullisme.
17:22J'étais tout seul,
17:24avec mes petits pourcentages
17:25à apporter
17:25dans ma circonscription
17:27de l'Essonne,
17:27dans ma ville d'Hier,
17:28on me montrait du doigt,
17:29on se moquait de moi,
17:30aujourd'hui,
17:30tout le monde s'en est emparé.
17:32Moi, je reste sur le carreau
17:33et je lui dis tout simplement
17:35nul n'est prophète
17:35en son royaume.
17:37Exactement.
17:38Et on est bien là.
17:39Alors,
17:39un autre personnage truculent,
17:40lui aussi,
17:41il ne fait pas partie
17:42des gens qui ont commencé
17:47« Je veux bien courtiser
17:48la politique,
17:49mais je ne veux pas coucher
17:50avec elle. »
17:50C'est admirable.
17:51Oui, c'est une phrase magnifique
17:52qui m'a dit au cours
17:53d'un entretien,
17:55Gilbert Collard,
17:56c'est un tribun.
17:57Il est tribun
17:58dans l'hémicycle
18:00de l'Assemblée nationale,
18:01il est tribun
18:01dans les juridictions
18:03où il plaide.
18:04Libre penseur,
18:04je pense.
18:05Et c'est un libre penseur.
18:06Et il dit ce qu'il pense
18:07parce que justement,
18:08lui, il a eu un métier,
18:09il a eu une carrière
18:11et il dit totalement
18:13ce qu'il pense,
18:14mais comme Robert Ménard.
18:15Mais ce sont des gens
18:16qui ont des métiers.
18:17en dehors de la politique.
18:18Alors, vous citez pour lui,
18:19« Depuis qu'il est des lois,
18:21l'homme pour ses péchés
18:22se condamne à plaider
18:23la moitié de sa vie.
18:24La moitié,
18:25les trois quarts
18:26et bien souvent le tout.
18:27Le conciliateur crut
18:29qu'il viendrait à bout
18:29de guérir cette vol
18:31et détestable envie. »
18:32Passage de La Fontaine.
18:34Absolument.
18:34Ça lui va comme un gant.
18:35Ça lui va comme un gant.
18:37Je suis avec Geneviève Salsa,
18:39la valse du pouvoir,
18:41l'être agent de La Fontaine
18:42aux éditions
18:42de l'Observatoire.
18:45Appelez-nous au 0826
18:46300-300.
18:47Je suis sûr que vous aussi,
18:48vous avez,
18:49sans avoir des anecdotes
18:50avec les hommes politiques,
18:51mais une vision d'eux,
18:52une interprétation.
18:53Vous pourriez avoir
18:53des personnalités
18:54qui sont soit vos maires,
18:55soit vos députés,
18:56soit des ministres.
18:57Et puis,
18:57on en discutera.
18:59Et vous pouvez même
18:59aller sur le terrain politique.
19:01Vous avez une idée
19:02à transmettre
19:03ou une colère
19:04ou une émotion.
19:04et je sais que l'expérience
19:06politique de Geneviève Salsa
19:08lui permettra
19:09de décrypter
19:09vos interrogations,
19:10de vous rassurer
19:12ou de vous inquiéter.
19:12A tout de suite
19:13sur Sud Radio.
19:15Midi 14h,
19:16Sud Radio,
19:17la France dans tous ses états,
19:19Péricault-Légas.
19:20Nous sommes le mardi 17 mars,
19:22il est 13h30
19:23sur Sud Radio
19:23et je reçois
19:24quelqu'un de très important
19:26dans le paysage politique français
19:27parce qu'elle nous fait
19:28réaimer la classe politique
19:30à travers la prose
19:31et les vers
19:33de Jean de La Fontaine.
19:34La valse du pouvoir
19:36édité aux éditions
19:36observatoires,
19:37Geneviève Salsa,
19:38passe en revue
19:38la presse totalité.
19:40Enfin,
19:40les cas les plus symptomatiques
19:42de notre personnel politique,
19:45des anciens présidents,
19:46des ministres,
19:46des députés.
19:47Et nous avons
19:48ce décryptage littéraire
19:50et poétique
19:50de ce peuple politique
19:53dont on n'a pas forcément
19:54actuellement
19:54une très bonne image.
19:56On a traité
19:57pendant cette première
19:57demi-heure
19:58de l'ambition
19:59qui est l'un des trois éléments
20:00de la construction
20:01d'un trois principaux chapitres.
20:02La première partie,
20:03la deuxième partie,
20:04après l'ambition,
20:05il y a l'amitié quand même.
20:07Et là,
20:07vous citez Socrate,
20:08chacun se dit ami,
20:10mais fou qui s'y repose,
20:11rien n'est plus commun
20:12que ce nom,
20:13rien n'est plus rare
20:14que la chose.
20:15La vraie amitié,
20:16ça existe en politique ?
20:17Écoutez,
20:18c'est justement la question
20:19que je suis allée leur poser
20:20parce qu'a priori,
20:21on pourrait imaginer
20:22que l'amitié est possible.
20:24Vous êtes député,
20:25vous avez votre circonscription,
20:27le député qui siège
20:28à côté de vous,
20:28il peut être
20:29d'une circonscription
20:29totalement ailleurs,
20:30vous êtes sénateur,
20:31vous avez votre département,
20:33les autres sénateurs
20:33ne sont pas du tout
20:34en compétition avec vous.
20:35Donc l'amitié
20:36pourrait s'entendre,
20:37mais la limite de l'amitié,
20:39c'est la conquête du pouvoir.
20:41À partir du moment
20:42où vous vous retrouvez
20:44deux pour un même poste,
20:46l'amitié a des limites.
20:48Alors...
20:48Jean Lafontaine,
20:49je vous interromps,
20:50je vous fais une incise
20:51pour vous suggérer
20:52une méchante idée.
20:54Lafontaine se serait régalée
20:55de se trouver
20:56entre Jacques Chirac
20:57et Édouard Balladur,
20:59les amis de 30 ans,
20:59qui avaient promis
21:00qu'ils ne se présentaient pas
21:01à la présidentielle.
21:02Là, on a un cas de figure
21:02d'amitié nocive.
21:04Alors, c'est l'exemple majeur.
21:06C'est qu'à un moment donné,
21:08le numéro 2 a envie
21:09de devenir numéro 1
21:10et le numéro 1
21:11n'entend pas laisser sa place.
21:13et donc,
21:14l'amitié a des limites.
21:16Mais certains,
21:17justement,
21:18dans ce cas-là,
21:19se demandent même
21:19s'il y avait amitié.
21:21Alors,
21:22il y a peut-être
21:22une dévotion
21:23et, en tout cas,
21:24un début de loyauté.
21:25De même qu'avec Sarkozy
21:27et Chirac,
21:27c'était sa créature,
21:29c'était son petit protégé.
21:31Gigantesque trahison
21:31que Bernadette Chirac
21:32ne pardonnera jamais.
21:34Édouard Balladur,
21:35je me souviens
21:36de l'époque décembre,
21:38décembre 1994.
21:40Les sondages
21:41sont tellement virulents
21:43qu'on se demande
21:44s'il va vraiment
21:45besoin de voter
21:46parce que
21:46Édouard Balladur
21:47est déjà élu
21:48au premier tour
21:48en décembre 1994.
21:51Je sais qu'Alain Juppé
21:52suggère à Jacques Chirac
21:55ce qu'il serait
21:55peut-être pas temps
21:56de se retirer.
21:57Et c'est Jean-Louis Debré,
21:58le fidèle,
21:58qui dit
21:59jamais on sortira.
22:00Et d'ailleurs,
22:00on a l'échange
22:01entre Jacques Chirac
22:02et Arlène Chabot
22:03quand il lui dit
22:03vous êtes sérieuse.
22:06Et la remontada,
22:08et il gagne.
22:09Donc quoi les Français
22:10apprécient un peu ?
22:11Donc personnage
22:11de La Fontaine,
22:12là aussi.
22:14Magnifique personnage
22:15qui va au bout
22:15de son ambition
22:17et qui balaye tout
22:18sur son passage.
22:20Il faut quand même
22:21savoir à l'époque
22:22que Balladur
22:22avait l'intégralité
22:23des parlementaires
22:24derrière lui.
22:25Bien sûr.
22:25Et Jacques Chirac
22:26était à 3%.
22:27Donc Nicolas Sarkozy,
22:29il s'est dit
22:30à un moment donné
22:31je suis Balladur
22:33et puis quand on vous propose
22:34le poste de Premier ministre,
22:35vous pouvez difficilement refuser.
22:37C'est clair
22:38et pourtant
22:39ça doit être très tentant
22:40quand même
22:41vous qui avez côtoyé
22:42cette classe politique
22:42ce poste rend fou
22:44quand même.
22:45Alors écoutez,
22:46moi j'ai un contre-exemple.
22:47J'ai un contre-exemple
22:49c'est Édith Cresson.
22:50Édith Cresson
22:51qui a été
22:52ministre de l'Agriculture
22:53et qui en a bavé
22:54des ronds de chapeau.
22:55qui a pris quand même
22:56des pommes sur la figure.
22:57On va dire ça comme ça.
22:59Excusez-moi,
23:00grande femme politique
23:00je pense
23:01qui a été tellement décriée.
23:02Oui.
23:03Il faut quand même
23:03se souvenir
23:04que ça,
23:05elle me l'a raconté,
23:06elle arrive un jour
23:07à un congrès
23:08FNSEA,
23:09il y a des grandes banderoles
23:10qui étaient inscrits
23:12et dites
23:12on t'espère
23:13meilleur au lit
23:14qu'au ministère.
23:15Ce à quoi elle répond
23:16comme j'ai affaire
23:17à des ports
23:18je vais m'occuper de vous.
23:19Je suis au bon ministère.
23:21Je suis donc au bon ministère.
23:22Vous voyez le climat
23:23et les coûts
23:25qu'elle a reçus.
23:26Ensuite,
23:27Mitterrand l'a exfiltrée
23:28pour être
23:29ministre du commerce extérieur
23:30et puis après
23:31elle est partie
23:31créer sa boîte
23:33où elle travaillait
23:34dans les pays de l'Est
23:35et puis Mitterrand
23:35la rappelle en lui disant
23:36je veux que vous soyez
23:38ma première ministre.
23:39Et au départ
23:40elle refuse.
23:40Elle dit
23:41il n'en est pas question
23:42je suis partie sur autre chose
23:43et il lui dit
23:45oui mais je veux
23:45qu'avant la fin de mon mandat
23:47avoir une femme
23:48premier ministre
23:49ce à quoi elle répond
23:50vous auriez pu y penser plus tôt.
23:52Mais cela étant
23:53on refuse pas
23:54un poste de premier ministre.
23:55Lui il est dans le symbolisme
23:56il veut marquer
23:57il veut laisser sa trace
23:58dans l'histoire
23:58en étant le président
23:59de la République française
24:00qui nommera la première femme
24:01premier ministre
24:02elle le fait avec conviction
24:04et je crois savoir
24:05on ne pourra jamais le vérifier
24:06qu'elle ne démissionne pas facilement.
24:09Et elle lui dit
24:10mais vous savez
24:10que le président de la République
24:11et ce qui est vrai
24:12dans la constitution
24:13de la cinquième république
24:14n'a pas le pouvoir
24:15de défaire le premier ministre
24:16il n'y a que l'Assemblée nationale
24:18qui peut le défaire
24:19soit par un vote de défiance
24:20ou de mention de censure.
24:21C'est pour ça que ça dure
24:22à mettre trois jours
24:22et que Bérégovoy poirotte
24:24avec ses chaussettes rouges
24:25dans l'antichambre
24:26avant d'être nommée à Matignon.
24:27Femme de caractère
24:28femme de conviction.
24:29Alors
24:29femme de caractère
24:30et puis
24:31la relation entre Bérégovoy
24:33et Edith Cresson
24:34c'est la fable
24:35la grenouille
24:36qui veut se faire
24:37plus grosse que le bœuf
24:38c'est-à-dire que Bérégovoy
24:39voit chez Edith Cresson
24:41une ambition démesurée
24:42au point de la faire éclater
24:43alors qu'elle
24:44elle ne voulait pas du poste
24:46donc deux grenouilles
24:46finalement il n'y aura point.
24:48Puisque vous connaissez
24:49si bien ce personnel politique
24:51une petite incise
24:53est-ce qu'Abel Farnou
24:53était vraiment
24:54l'éminence grise
24:55et le père Joseph
24:56de Edith Cresson ?
25:01C'est vrai
25:01mais je n'ai pas eu
25:03cette confidence.
25:04Elle, elle dit
25:04que c'était un très bon conseiller
25:06et qu'elle prenait
25:07quand même les décisions
25:08en conscience
25:08qu'elle n'avait pas besoin de lui
25:09et qu'elle n'était pas sous influence
25:10mais il y a toujours eu ce doute.
25:11Je ne pense pas que ce soit
25:11une femme qui a été sous influence
25:13elle avait quand même
25:13beaucoup de caractère
25:14Edith Cresson.
25:15Donc c'était peut-être
25:16ta façon de la déligrer
25:17que de dire finalement
25:18voilà
25:19c'est Abel Farnou
25:20qui décide de tout pour elle.
25:21Elle a reçu des coups
25:22la politique peut-être violente
25:24mais elle
25:24elle a payé cher quand même.
25:27Républicaine absolue
25:27Oui.
25:28Et aujourd'hui
25:29bon évidemment
25:30elle dit
25:30on a fait beaucoup d'erreurs
25:31notamment sur l'Europe
25:32on a eu des illusions
25:34qui aujourd'hui sont perdues
25:36et on le paiera très cher.
25:38Apparaît dans l'amitié
25:39un personnage
25:40alors
25:40Robert Ménard
25:42là aussi.
25:43Oui
25:43Robert Ménard
25:44Robert Ménard
25:45c'est un homme politique
25:47qui est presque rentré
25:48par effraction
25:51et qui s'est décidé
25:52en 5 minutes
25:54à un feu rouge.
25:55Il est à Béziers
25:56arrêté sur la place
25:57un feu rouge
25:58dont il est le maire
25:59aujourd'hui réélu triomphalement
26:00dont il est maire
26:00réélu triomphalement
26:02et il se désole
26:03de voir sa ville
26:05dans cet état-là
26:06et sa femme s'énerve
26:07à ses côtés
26:07en lui disant
26:08écoute c'est simple
26:08ou tu arrêtes de te plaindre
26:09ou tu te présentes
26:10le feu est passé au vert
26:11il a dit je me présente.
26:12D'accord.
26:12Il a franchi le rubicon
26:13sur une exaspération
26:15qu'il manifestait
26:17rappelons qu'il était
26:17un médecin
26:18médecin sans frontières
26:20dans l'humanitaire
26:22classé droite
26:23à extrême droite
26:24puisqu'il considère
26:25qu'il faut remplacer
26:25un petit peu
26:26ce personnel politique
26:27et qu'effectivement
26:28le rassemblement
26:28le Front National
26:29à l'époque
26:29et Marine Le Pen
26:30ne disent pas
26:31que des bêtises
26:32et qu'il faut savoir
26:32les écouter
26:33aujourd'hui
26:33il a pris des distances
26:34et il reste un homme
26:35un homme solitaire
26:37sur l'amitié
26:38lui il est...
26:39Alors sur l'amitié
26:39moi je l'ai questionné
26:40en fait l'amitié
26:41en politique
26:42il me dit
26:42lui il est rentré
26:43trop tard en politique
26:44il n'a pas fait
26:46des campagnes électorales
26:47il n'a pas conquis
26:48un pouvoir
26:50comme certains
26:50ont pu accompagner
26:51des hommes politiques
26:52pendant 20 ans
26:53avant d'arriver au pouvoir
26:54il me dit
26:56je suis arrivé trop tard
26:57pour avoir des amitiés
26:58en politique
26:59mais il a une règle
27:00qui lui a été donnée
27:01par un journaliste
27:02qui lui a dit
27:04ce que tu ne peux pas dire
27:05en face
27:06les yeux dans les yeux
27:07tu ne l'écris pas
27:08et c'est sa règle
27:09finalement
27:10lui il dit les choses
27:11en face
27:12et quitte à se créer
27:13des amitiés
27:14ou des inimitiés
27:15mais il les assume
27:17il y en a un autre
27:19qui est
27:20après Robert Ménard
27:21aussi
27:22qui est confronté
27:22à des amitiés tumultueuses
27:24c'est
27:25on revient sur Gilbert Collard
27:26qu'il crée une amitié
27:28avec Marine Le Pen
27:29et finalement
27:29il s'en sépare
27:31alors Gilbert Collard
27:32il a une formule
27:33qui avait été donnée
27:34par Mitterrand
27:37qui disait
27:37non
27:38par son ministre
27:39des affaires étrangères
27:40qui disait
27:41Mitterrand
27:42l'amitié
27:42il n'en veut pas
27:43la loyauté
27:44oui
27:44et en fait
27:45Gilbert Collard
27:46il est resté
27:47sur cette ligne
27:47il pense que
27:48l'amitié en politique
27:49ce n'est pas utile
27:50mais ce qui compte
27:51c'est la loyauté
27:52et donc
27:52il a une phrase
27:53très simple
27:53il dit
27:54moi je suis loyal
27:55avec ceux qui sont loyaux
27:56et déloyal
27:57avec ceux qui sont déloyaux
27:58c'est assez cohérent
27:58et aussi une phrase
27:59la politique
28:00c'est la centrifugeuse
28:01qui aggrave
28:01tous les défauts
28:02de l'homme
28:02c'est sûr qu'on y passe
28:05Julien Aubert
28:06qui est un ami de la maison
28:08on le reçoit très souvent
28:09comme observateur
28:09donc député du Vaucluse
28:11à Carpentras
28:12qui depuis
28:12il reste républicain
28:13il n'est plus élu
28:14il a créé
28:15l'association Valmy
28:16lui aussi
28:17c'est un témoin
28:18de l'amitié politique
28:19alors oui
28:21il a un regard
28:23Julien
28:24il a un regard
28:24très factuel
28:27sur la politique
28:27il est capable
28:29de prendre de la distance
28:30et l'amitié en politique
28:31il n'y croit pas beaucoup
28:33en tout cas
28:34il est très sur ses gardes
28:35il est loyal avec ses idées
28:36ah oui
28:37par contre
28:37il est loyal avec ses idées
28:39mais l'exemple typique
28:41de l'amitié en politique
28:42c'est Ciotti Estrosi
28:44alors là
28:45on est en plein dedans
28:45on est en plein dedans
28:46en plus c'est l'actualité
28:47voilà
28:48c'est plus violent
28:49que Chirac
28:50Balladur
28:50parce que là-bas
28:51il n'y a jamais eu
28:52entre les deux
28:53je crois
28:53il n'y a jamais eu
28:53d'altercation
28:54ni d'insulte
28:55voilà
28:55c'était dans le non-dit
28:56alors que là
28:57la confrontation est en direct
28:58c'est le face à face
28:59oui
28:59alors là
29:01Ciotti Estrosi
29:02c'est typiquement
29:03la fable de la fontaine
29:04le renard et le bouc
29:05le renard et le bouc
29:07tombent au fond d'un puits
29:08et le renard dit
29:09mon ami le bouc
29:10il faut qu'on en sorte
29:12et donc le bouc lui dit
29:13bah oui
29:14mais alors là
29:14on est au fond du puits
29:15je ne sais pas comment
29:17et le renard lui dit
29:18écoute
29:19je vais monter
29:19sur tes épaules
29:20tu vas me hisser
29:22le plus haut possible
29:23je vais sortir du puits
29:24une fois que je serai en haut
29:25je te tirerai
29:25alors le bouc dit
29:27j'y aurais pas pensé
29:28mais qu'est-ce que c'est
29:28bien d'être intelligent
29:30et donc
29:31le bouc prend le renard
29:33sur ses épaules
29:33le sort le his
29:34pour qu'il puisse sortir du puits
29:36et puis arrivé en haut
29:37le renard lui dit
29:38mon ami
29:38j'ai une chose plus urgente
29:40à faire
29:40tu te débrouilleras bien
29:41tout seul
29:41et finalement
29:43Ciotti Estrosi
29:44on ne sait pas
29:45qui est le bouc
29:45qui est le renard
29:46parce qu'ils ont été obligés
29:47de monter sur les épaules
29:49l'un de l'autre
29:49de l'un de l'autre
29:50au fur et à mesure
29:51et à tour de rôle
29:52alors on oublie
29:53un troisième personnage
29:54moins connu
29:54que vous citez dans le livre
29:55qui était Lionel Lucas
29:56oui
29:57qui a été député
29:57des Alpes-Maritimes
29:58moi je les voyais toujours
29:59tous les trois
30:00et c'est vrai qu'il y avait
30:02alors
30:02il y avait une vraie parité
30:05Estrosi Ciotti
30:05mais Lionel Lucas
30:07était au site
30:07lui alors il s'est retiré
30:08complètement
30:08il est maire de Villeneuve-Loubet
30:09alors en 2017
30:12il a fallu choisir
30:13avec la loi sur le non-cumul
30:14des mandats
30:14entre l'Assemblée
30:15et la mairie
30:17comme beaucoup de parlementaires
30:18il a choisi la mairie
30:19parce qu'à l'Assemblée
30:20vous êtes 1 sur 577
30:22il y a eu quelques cas
30:22dans cette élection
30:23qui ont renoncé à l'Assemblée
30:24qui ont renoncé à l'Assemblée
30:26ça ne sert plus à rien
30:26je reprends la mairie
30:28vous avez comme on dit en politique
30:29les mains sur les manettes
30:30vous pouvez faire des choses
30:31alors Lionel Lucas
30:32je l'ai interrogé
30:34sur l'amitié
30:35alors lui
30:35il n'y croit pas du tout
30:36l'amitié en politique
30:37je crois qu'il a bien vécu
30:38et qu'il connaît
30:39on ne lui racontera pas l'histoire
30:41on ne la lui fait pas
30:42en gros
30:43et la phrase
30:46parce que c'était lui
30:47parce que c'était moi
30:48de Montaigne et de la Boétie
30:50avec cette amitié indissoluble
30:52il n'y croit absolument pas
30:53l'amitié en politique
30:55pour lui ça n'existe pas
30:56son expérience
30:57t'a convaincu
30:57que c'est une valeur
30:58qui était une illusion
30:59en amitié
31:00il était classé très à droite
31:01je me souviens
31:02Lionel Lucas
31:02il prenait d'ailleurs
31:03souvent des coups
31:04des éditorialistes
31:05même de gauche
31:06en disant
31:07aujourd'hui
31:08quand on voit les propos
31:09de Lionel Lucas
31:09il y a 15-20 ans
31:10ils n'étaient pas plus violents
31:11que ceux de Ciotti
31:13ou d'Estrozi
31:15absolument
31:15le paradoxe
31:16Ciotti-Estrozi
31:17c'est que là
31:17on s'en rentre
31:18dans le débat politique
31:19Estrozi aurait voulu refaire
31:20un front républicain
31:22contre Ciotti
31:23qui rappelons-le
31:24est un député
31:24du parti UDR
31:26qui l'a créé
31:27par dissidence
31:28des républicains
31:28qu'il avait présidé
31:30Eric Ciotti
31:31n'est pas fasciste
31:31je ne pense pas
31:32non pas du tout
31:33donc le fond républicain
31:34contre Eric Ciotti
31:35de la part d'Estrozi
31:35c'est un petit peu
31:38caricatural
31:39vous les avez connus
31:40tous les trois
31:40ou non ?
31:41quand j'étais à l'Assemblée
31:42c'était mes voisins de bureau
31:43donc je les ai bien connus
31:45et alors vraiment
31:46au chapitre de l'amitié
31:47ces deux-là
31:47étaient inséparables
31:49ils partageaient le même bureau
31:50ils étaient tout le temps ensemble
31:52là il y a une vraie fracture
31:54d'amitié
31:55est-ce que la Méditerranée
31:56rapproche ?
31:57et des patronymes
31:57à consonance italienne
31:59écoutez je ne sais pas
32:00si ça les rapproche
32:01mais en tout cas
32:01la bagarre est plus rude
32:03nous sommes avec
32:05Geneviève Salsa
32:06auteur de la Valse du Pouvoir
32:07lettre à Jean de La Fontaine
32:08je vous le dis
32:09c'est un délice
32:11achetez ce livre
32:12lisez-le tranquillement
32:13d'abord ça va vous donner
32:14du baume au coeur
32:15ça va vous montrer
32:17combien La Fontaine
32:18était un poète politique
32:20et un observateur
32:21je vais dire
32:23incomparable
32:23de son époque
32:24et surtout
32:25la pérennité
32:26de sa prose
32:26et de son esprit
32:28qui correspond
32:29j'allais dire hélas
32:30à certaines situations
32:31d'aujourd'hui
32:31les travers de la classe politique
32:33et les travers de l'humanité
32:34sont restés la même
32:35vous nous appelez
32:35au 0826 300 300
32:38Geneviève Salsa
32:38répondra à vos questions
32:39si vous avez envie
32:40de donner votre avis
32:41ou de trouver
32:42qu'il y a d'autres personnages
32:43la Fontaine
32:43que l'aurait peut-être
32:44vous ne connaissez pas tous
32:45pas tous cités
32:47mais il y a peut-être
32:47dans votre tête
32:48vous avez peut-être
32:48un maire
32:49qui est la Fontaine
32:49ou un conseiller départemental
32:51ou un conseiller régional
32:52appelez-nous au 0826 300 300
32:54à tout de suite
33:00nous sommes avec
33:02Geneviève Salsa
33:03auteur de la valse du pouvoir
33:05lettre à Jean de La Fontaine
33:06un document historique
33:07un décryptage
33:09de l'actualité politique
33:10à travers le portrait
33:12vu sous le prisme
33:14des femmes de La Fontaine
33:14c'est un ouvrage
33:15vraiment exceptionnel
33:17vous devriez rentrer
33:18à l'académie française
33:19Geneviève Salsa
33:21et j'espère que
33:23je ne peux pas suggérer
33:24à Muriel Beyer
33:24à votre éditrice
33:26j'enverrai vraiment
33:27ce livre
33:27à tous les parlementaires
33:28de la République
33:29aux ministres
33:30et à nos gouvernants
33:31qu'ils le lisent
33:32juste pour faire un point
33:33je suis sûr
33:34que ça changerait
33:34le visage de la France
33:35bon
33:36je ne suis pas prémonitoire
33:37on aborde
33:39pour cette donnée
33:39le chapitre
33:41j'allais dire
33:41le plus truculent
33:43le plus truculent
33:44et le plus symptomatique
33:45de toutes les classes politiques
33:47la France
33:47n'a pas de mon épaule
33:48la trahison
33:49la citation de Corneille
33:50sublime
33:51au rage
33:52au désespoir
33:52aux vieillesses
33:53ennemies
33:54n'ai-je donc tant vécu
33:56que pour cette infamie
33:57voilà de Corneille
33:58la trahison
33:59on sait faire en France
34:00j'ai l'impression
34:00on a quelques pros
34:01quelques virtuoses
34:02c'est à la fois
34:04le pendant de l'amitié
34:05et c'est à la fois
34:07la conquête du pouvoir
34:08la trahison
34:08parce qu'à un moment donné
34:09il faut tuer le rival
34:11ou tuer le père
34:13Geneviève Salsa
34:14et qu'il existe
34:15un Mozart de la trahison
34:17je crois que
34:18tout homme politique
34:19est en son fort intérieur
34:22un Mozart de la trahison
34:23parce que
34:24refuser un poste
34:27pour ne pas trahir
34:28est-ce que c'est un motif suffisant ?
34:30Jean-Pierre Chevènement
34:31peut-être
34:32oui
34:33Jean-Pierre Chevènement
34:34peut-être
34:34Philippe Seguin
34:35oui
34:36Philippe Seguin aussi
34:37des hommes qui
34:39curieusement très patriotes
34:40très républicains
34:41et Dupont-Aignan aussi
34:43et Dupont-Aignan
34:44je vous l'ai dit
34:45Dupont-Aignan
34:46Sarko lui disait
34:47calme-toi
34:48ses copains lui disaient
34:49si tu n'étais pas aussi
34:51entêté
34:52tu pourrais faire une carrière
34:53Fillon lui disait
34:55calme-toi
34:56tu n'arriveras rien
34:57comme ça
34:57mais c'est plus fort que lui
34:59il n'a jamais pu voter
35:00ce en quoi il ne croyait pas
35:02ce qu'il considère
35:03comme
35:04l'inféodisation
35:06de la France
35:07à l'Europe
35:08et c'est un homme
35:10qui n'acceptera
35:11jamais
35:12de trahir
35:13ses idées
35:14pour avoir un poste
35:15quand on est habité
35:16je commence à avoir
35:17un petit peu de
35:17un peu de bouteille
35:18à 67 ans bientôt
35:19quand on est habité
35:21par des convictions
35:21et j'en ai rencontré
35:22quelques-uns
35:23ils sont effectivement
35:24ingérables
35:25et Philippe Sigard
35:26l'éteint
35:26et j'ai un lien personnel
35:28fort avec
35:29Nicolas Dupont-Aignan
35:30et je vois
35:31qu'il ne dérogera jamais
35:32et renoncera
35:33préférera jusqu'à perdre
35:34sa circonscription
35:36il a été réélu maire
35:37là aussi
35:37et brillamment
35:38brillamment
35:39c'est vrai que
35:40c'est rare
35:40parce que même
35:41le général de Gaulle
35:42que nous vénérons
35:43vous et moi je suppose
35:44on lui dit
35:45bon le discours à Alger
35:46je vous ai compris
35:47et puis finalement
35:48et il avouera
35:49qu'il était arrivé
35:50avec l'idée déjà
35:51qu'il fallait se débarrasser
35:52de l'Algérie
35:52pour éviter que la France
35:53que son village
35:54ne devienne colomber
35:55les deux mosquées
35:56et non pas colomber
35:57les deux églises
35:58mais dans l'idée
35:59de trahison des politiques
36:01il y a quand même
36:01cette notion
36:02d'intérêt général
36:03de ce qu'il considère
36:05être l'intérêt général
36:05de l'État
36:06quand sur l'autre
36:07camp politique
36:09Manuel Valls refuse
36:10de suivre Benoît Hamon
36:12c'est qu'il considère
36:14que oui
36:15il est traître
36:15puisqu'il avait pris
36:16l'engagement
36:17de soutenir
36:18le gagnant
36:18de la primaire
36:19mais
36:20c'est pas possible
36:21pour lui
36:22de renoncer
36:22à toutes ses convictions
36:24pour éventuellement
36:26soutenir un candidat
36:27qui pourrait être président
36:28et qui pourrait lui donner
36:28un poste de ministre
36:29c'est pas le sujet
36:30pour lui
36:32il y a quand même
36:32des hommes droite-gauche
36:34qui ont des convictions
36:35qui font que
36:37ils peuvent pas trahir
36:38c'est pas possible
36:39c'est peut-être
36:40toute la différence
36:40je ne sais pas ça
36:41entre conviction
36:42et certitude
36:43certitude on va se dire
36:44c'est beaucoup plus fort
36:45on les trahit facilement
36:46alors qu'une conviction
36:47on l'a dans l'âme
36:48et on a du mal à déroger
36:49c'est peut-être
36:49c'est ça
36:51on va reprendre
36:52Gilbert Collard
36:53on est entre traites
36:54qui s'entretraissent
36:55la formule est délicieuse
36:57c'est la formule
36:58à la Gilbert Collard
36:59qui est lui aussi
37:00un observateur
37:02un peu satirique
37:04et un peu ironique
37:05de la vie politique
37:07mais c'est vrai
37:08que pour lui
37:09tout ça
37:09ce sont des traites
37:10qui sont entre traîtrises
37:11ça me fait penser
37:12à cette phrase de Céline
37:13dans Voyage au bout de la nuit
37:14même les traîtres étaient faux
37:16c'était
37:16c'était la conclusion terrible
37:17alors on va aborder
37:18un personnage
37:19on en a discuté
37:20un peu hors antenne
37:21que vous avez l'air
37:22d'apprécier
37:22qui est Eric Vers
37:24donc voilà
37:26élu dans l'Oise
37:27à Saint-Lys
37:28ministre
37:28plusieurs fois ministre
37:29alors lui
37:30on a reproché quand même
37:31d'être allé un petit peu
37:32avec tout le monde
37:32avoir couché un petit peu
37:33avec tout le monde
37:34vous semblez dire
37:35qu'il ne faut pas se soucier
37:36vers que ça
37:36l'idée selon laquelle
37:38j'offre mon corps
37:38à la science
37:40entendez à ma famille politique
37:41parce qu'elle possède
37:42des idées que je défends
37:43est un peu courte
37:44voilà
37:45oui oui oui
37:46c'est exactement la phrase
37:47que j'allais vous citer
37:49Eric Vers
37:50à un moment donné
37:51considère
37:52qu'il faut
37:54être cohérent
37:55avec ses idées
37:56qu'on n'est pas forcément
37:57le même
37:58en début de carrière
37:59et en fin de carrière
37:59d'ailleurs Robert Ménard
38:00dit la même chose
38:01et que
38:02c'est pas parce que
38:04on a fait allégeance
38:06à un parti
38:07il y a 30 ans
38:09ou il y a 20 ans
38:09qu'on est
38:11pied et poing lié
38:12et que si
38:13à un moment donné
38:14ses convictions changent
38:15il faut avoir le courage
38:15de changer
38:16d'ailleurs la députée
38:17Virginie Calmel
38:18dit c'est souvent
38:19ceux qui ont le plus trahi
38:20qui vous accusent de trahison
38:21mais oui
38:22on voit facilement
38:22la paille
38:24qui est dans l'oeil du voisin
38:25et pas la poudre qu'on en a
38:26un autre personnage
38:27moins connu qu'on a oublié
38:28qui était Jean-Marie Bockel
38:30dignitaire socialiste
38:32maire de Mulhouse
38:34qui va rejoindre
38:35avec
38:35avec
38:36le gouvernement Sarkozy
38:38avec
38:38avec Kouchner
38:39j'en ai payé le prix
38:41dit-il
38:41de la trahison
38:42oui
38:42alors il en a payé
38:43le prix
38:44parce qu'en fait
38:44l'équipe de Sarkozy
38:46le tannait
38:47pour rejoindre Sarko
38:49pendant la campagne électorale
38:50il était quand même
38:52le patron
38:52des socialistes
38:53dans sa région
38:54il a tenu
38:55à faire le combat
38:57jusqu'au bout
38:58et du coup
38:59il n'a récolté
39:00en se ralliant
39:01à Sarkozy
39:02qu'après
39:02les élections
39:03un poste
39:05de secrétaire d'état
39:06alors que
39:07s'il avait rallié
39:08au début de la campagne
39:10il aurait été ministre
39:11donc il en a payé le prix
39:12mais il voulait aller
39:14au bout du combat
39:15même s'il savait que
39:16Ségolène Royal
39:17c'était pas le bon choix
39:18vous vous souvenez
39:18quand François Mitterrand
39:20après 88
39:21il n'a pas la majorité absolue
39:22à l'Assemblée Nationale
39:23il nomme
39:24Michel Rocard
39:25Premier Ministre
39:25et il débauche
39:26trois personnalités
39:27de la droite
39:27si ma mémoire est bonne
39:28Jean-Marie Roche
39:29Michel Durafour
39:30et Jean-Pierre Soisson
39:31et là
39:32quand on allait
39:33on trahissait
39:34de droite à gauche
39:34c'était moins moche
39:35c'était pas bien
39:36voilà
39:37mais alors trahir
39:38de gauche à droite
39:38c'est absolument ignoble
39:40oui
39:40et c'est pas forcément
39:42compris par vos troupes
39:43quand Nicolas Sarkozy
39:45fait une ouverture à gauche
39:46avec Jean-Marie Bockel
39:47avec Kouchner
39:48etc
39:49Lionel Lucas
39:50je me rappelle
39:51dans les couloirs
39:51de l'Assemblée
39:52a dit
39:53bah croire
39:53qu'il n'y a que des cons
39:54à droite
39:54c'est pas forcément
39:55bien perçu
39:56par vos troupes
39:57c'est clair
40:00traîtres professionnels
40:01il n'y en a pas vraiment
40:02ils ont tous trahi
40:03à un moment donné
40:04vous semblez quand même
40:05considérer qu'il y en a
40:06certains qui le sont
40:07plus que d'autres
40:08par nature
40:08ou par obligation
40:09est-ce que c'est la conjoncture
40:11qui vous oblige à trahir
40:12ce que disait Talleyrand
40:14la trahison
40:15n'est qu'une histoire de date
40:16n'est-ce pas ?
40:17c'est exactement
40:17ce qui est arrivé
40:18à Jean-Marie Bockel
40:19la trahison n'est qu'une histoire
40:20de date
40:20il trahit plutôt
40:22il prend tous les risques
40:23et il perd
40:26un poste de ministre
40:27mais il a voulu respecter
40:29les dates
40:29et les échéances électorales
40:32la trahison
40:33mais quand Talleyrand
40:34trahit
40:35Napoléon Bonaparte
40:36au congrès de Vienne
40:37il trahit Bonaparte
40:38mais il considère
40:39qu'il ne trahit pas la France
40:40il défend les idées
40:41de la France
40:43et j'ai Cédric Villani
40:44qui m'a raconté
40:45une histoire
40:46que j'ai mise dans le livre
40:46que je trouvais extraordinaire
40:47quand Napoléon
40:50était très aimé
40:51par le peuple germanique
40:52et notamment par Beethoven
40:54qui lui avait dédié
40:55une symphonie
40:56une symphonie de l'empreuve
40:56voilà
40:57et quand Napoléon
40:59se fait couronner
41:01empereur
41:01de rage
41:02Beethoven
41:03raye le titre
41:04de sa partition
41:05de sa symphonie
41:06et en déchire sa partition
41:08Beethoven n'avait connu
41:09que le général Bonaparte
41:10que le général
41:11et quand il voit
41:12qu'il bastule lui aussi
41:13dans l'impérialisme
41:15il est déçu
41:17on peut penser
41:18ils ne sont pas
41:19dans votre livre
41:19dans la trahison
41:20je pense à tous
41:21entre 1940
41:23et 1945
41:24ces hommes
41:25qui ont décidé
41:25de jouer le double jeu
41:26et qui ont accepté
41:28la figure du traître
41:28pour noyauter
41:29le régime de Vichy
41:31et qui en fait
41:31ont aidé
41:32on le saura après
41:33parce qu'à la résistance
41:34à la libération
41:35ils vont être accusés
41:35par la résistance
41:36certains vont le payer
41:37de leur vie
41:37et voilà
41:38donc la trahison
41:39n'est pas forcément
41:41pour rendre service
41:42Talleyrand disait
41:43je ne fais que
41:44rendre service
41:44à la France
41:45et si j'ai trahi
41:46c'était que des souverains
41:47qui ne desservaient pas
41:49les intérêts de la France
41:50nuance très subtile
41:52La Fontaine
41:53les traîtres
41:54il y fait souvent référence
41:56dans ses poésies
41:57la déloyauté
41:58le mensonge
41:59la trahison
41:59c'est quelque chose
42:00qu'il aime bien
42:00oui oui
42:01il y fait beaucoup référence
42:02mais en même temps
42:04il a une fable fabuleuse
42:05La Fontaine
42:06c'est le chien et le loup
42:07le chien et le loup
42:08c'est magnifique
42:09le chien et le loup
42:10le chien qui
42:11le loup qui meurt de faim
42:13qui rencontre ce chien
42:14qui est bien nourri
42:15qui est au chaud
42:16et qui lui dit
42:18mais voilà
42:19viens viens
42:20fais comme moi
42:20tu seras nourri
42:21tu seras au chaud
42:22t'as un petit truc au cou
42:23c'est bizarre
42:23t'as une petite trace au cou
42:24et à un moment donné
42:25le loup voit le collier
42:26il lui dit
42:26mais qu'est-ce donc
42:28c'est rien
42:28le chien répond
42:29c'est rien
42:30mais si
42:30mais qu'est-ce que c'est
42:31il lui dit
42:31non mais on t'attache
42:33mais tu dois revenir
42:34quand on t'appelle
42:35et le loup s'enfuit
42:35en disant
42:36je préfère ma liberté
42:37que de trahir mon état
42:39ma nature profonde
42:40je pense qu'il y aura
42:42un deuxième tome
42:43j'aimerais beaucoup
42:44après l'amitié
42:45la trahison
42:46il y aura peut-être
42:46d'autres thématiques
42:47je pense que
42:49La Fontaine
42:50est une source
42:50inépuisable
42:51de réinterprétation
42:52et de relecture
42:53de notre vie
42:53de notre personnel politique
42:54je vous félicite
42:55pour cet ouvrage
42:57c'est merveilleusement écrit
42:58c'est un instant
42:59de détente
43:00et en même temps
43:01de profonde réflexion
43:02pour qui s'intéresse
43:03à la vie politique française
43:04et puis voilà
43:05je redis
43:06je fais un appel
43:07pas du 18 juin
43:08lisez
43:08à nos gouvernants
43:10à nos parlementaires
43:10aux représentants de la nation
43:11lisez
43:12la valse du pouvoir
43:13lettre à Jean La Fontaine
43:14par Geneviève Salsa
43:15aux éditions
43:16de l'Observatoire
43:17merci Geneviève Salsa
43:18d'avoir été avec nous aujourd'hui
43:19je suis persuadé
43:20que j'aurais l'occasion
43:21de vous réinviter
43:22parce que vous et moi
43:23on fait un duo formidable
43:24quand il s'agit de décrypter
43:25de l'actualité
43:25surtout quand il y a un poète
43:26qui est entre nous
43:27merci
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